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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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17 janvier 2013 4 17 /01 /janvier /2013 15:41

Je voudrais écrire quelques mots sur la "Tenure", le système nord-américain régissant l'emploi des Professeurs d'Université.*

 

En effet, on en parle souvent sur Twitter, mais:

- le système est complexe et ne survit pas toujours aux approximations inhérentes au dialogue en 140 caractères.

- il me semble malgré tout qu'un certain nombre de personnes a une vision un peu simpliste de ce système (cela, de façon générale, des politiques aux particuliers, est je trouve assez fréquent quand on parle des Etats-Unis)

 

Je ne prétends pas avoir tout compris moi-même, mais je vais essayer de coucher ce que je sais (j'ai posé beaucoup de questions à beaucoup de gens pendant mes deux ans là-bas, et continue à le faire dès que je rencontre un collègue américain, ce qui est assez fréquent), ce que je pense être vrai, les quelques chiffres que j'ai pu trouver, ce qui permettra de poser les bases de discussion, précisions, corrections etc.

 

 

Définition rapide:

Après un processus de recrutement sur lequel je ne reviendrai pas (extrêmement différent à tous niveaux du système français), un "département" (l'équivalent français serait typiquement le laboratoire ou l'UMR) embauche un Assistant Professor.

La différence avec un Maître de Conférences est significative en termes de recherche: un Assistant Professor a pour mission de "construire" un groupe. Activité de recherche propre, recrutement d'étudiants, recherche de financements (très important) etc. Il est généralement nommé pour "combler" un trou thématique d'un département (et donc pas pour joindre une équipe préexistante).

Ce poste est en quelque sorte "à l'essai", on dit que le Prof est sur la "tenure track".

 

Au bout de 3 ans, il subit une "mid-review", de la part du département (puis ensuite du "college", échelle supérieure constituée d'un conglomérat de département, puis de l'administration centrale de l'Université elle-même). Le but est d'évaluer à quel point les missions (enseignement, financements, publications, nombre d'étudiants etc) sont bien remplies**: c'est, de ce qu'on m'a dit, un processus qui, bien que stressant, est surtout "administratif", dont il ne ressort le plus souvent que peu d'informations ou de décisions concrètes, même si la sonnette d'alarme peut être tirée à ce moment là, sur un point précis ou sur tous.

 

Au bout de 6 ans (cela peut être moins si la personne est exceptionnelle, plus notamment s'il y a eu des arrêts maladie, parentaux etc), le même processus est réédité, mais il s'agit de l'évaluation finale.

 

Soit l'Assistant obtient la tenure et devient Associate Professor (avec une revalorisation salariale, relativement mineure d'après ce qu'on m'a dit - le saut se faisant surtout au passage Full Professor, ~5 ans plus tard-).

Premier point assez important: dans ce cas, le job est "à vie"***, sauf dans le cas où l'Université coule ou décide de fermer un département entier, dans le cas où le Professeur tue ou viole un étudiant, etc. Un peu comme un fonctionnaire donc, mais au niveau de l'Université et pas de l'Etat. Il faut d'ailleurs noter qu'il n'y a pas de "retraite obligatoire" pour les "tenured faculty", ceci ayant été considéré il y a une quinzaine d'années comme une discrimination par l'âge. C'est donc dans certains cas vraiment "à vie": ceci coûte extrêmement cher et pousse les Universités à proposer des départs volontaires très généreux à leurs professeurs de plus de 65 ou 70 ans... (voir par exemple ici ou la). 

 

Dans le cas contraire, on lui "dénie" la tenure (tenure denial). Eg, la personne doit quitter l'Université, et trouver un autre job si elle peut (qui peut être dans une autre Université, ou dans le privé par exemple). Il faut noter que dans ce cas, le groupe construit depuis six ans est dissout et les étudiants sont dans la merde aussi, mais on ne s'attardera pas sur la question (je suis un permanent, hein, rien à foutre des étudiants). 

 

 

La question qu'il faut se poser est: quel est le pourcentage de "tenure denial"?

Hélas, comme le regrette cet article, il n'existe pas de statistiques au niveau fédéral, voire même au niveau des Universités pour la plupart d'entre elles.

 

L'article en question s'intéresse au cas de Penn State University, Université d'Etat plutôt renommée, avec des données relativement anciennes et très générales (aucunes distinctions, si elles existent - ce qui serait, d'expérience, mon "gut feeling"-, entre sciences molles et dures, ou entre colleges...): entre 1990 et 1998, 55% des Assistant Professors ont obtenu la tenure en 7 ans.

Il faut souligner que cela ne veut pas dire que 45% ont vu leur tenure "denied": en effet, un nombre non nul d'Assistant Professor quitte l'Université sans aller jusqu'à la "review" (soit parce qu'ils savaient qu'on les virerait, soit parce que ça n'était pas leur trip finalement, soit parce qu'on leur a proposé plus de thunes ou un meilleur job dans une autre Université, soit parce qu'ils sont partis dans l'industrie quand ça s'y prête, soit parce qu'ils ont arrêté plus d'un an, etc).

Il faut d'ailleurs noter que les "appréciations positives" des demandeurs au niveau du college sont, au bout de 6 ans, de 90%.

 

Le taux de tenure est donné, pour une seule année (04-05) et pour 10 Universités, et on voit qu'il varie énormément (de 33% à 67%), même si la moyenne est elle très proche du 55% susmentionné.

 

Deuxième point important: il me semble que pour un certain nombre de français, l'imaginaire est que le taux de succès à la tenure est extrêmement faible, de l'ordre de 20 ou 30%. Or, on voit que cela est très variable selon l'Université, et qui plus est ne semble pas vrai en général. Cela existe, mais ce n'est pas la norme.

Ainsi qu'on me l'a expliqué, pour une majorité d'Universités et de départements, le but a priori est vraiment de garder les gens: embaucher pour 6 ans est un investissement lourd, virer peut être désastreux (on ne sait pas si on pourra réallouer le poste, ce n'est pas bon pour l'image à tous les niveaux, etc), bref on veut que (et on fait tout pour que) ça marche, même si on se garde la porte ouverte.

D'ailleurs, il semble que le processus aille rarement à son terme "négatif": autrement dit, beaucoup de ceux à qui on "dénierait" probablement l'application quittent de leur "plein gré" le système avant les six ans (notamment après la mid-review).

Je pense que cela est dur à comprendre pour nous français tant cela diffère de notre mentalité depuis tout petit (par exemple l'examen qui n'est jamais là pour simplement vérifier que c'est compris mais toujours là pour piéger, etc).

Que cela soit un processus stressant et compétitif, je ne le nie pas: mais je pense que la vision que l'on a souvent en France selon laquelle il s'agit d'ultra-darwinisme social est exagérée.

 

 

Je vais maintenant donner des chiffres "invérifiables", ceux que m'ont donné à la louche divers collègues de diverses institutions, allant de Harvard ou du MIT, à des universités plus obscures comme University of North Dakota).

Les chiffres, outre qu'ils sont à prendre avec des pincettes, concernent les domaines que je connais (soit les départements de Physics, Chemical Engineering, Mechanical Engineering, Materials Science etc), ce qui peut expliquer les différences d'avec ceux de l'article.

 

A Harvard, le taux de réussite à la tenure est effectivement très faible (autour d'un tiers): cela s'explique par la politique de l'établissement, assez simple à comprendre. Recruter les "meilleurs aux dents longues" pour les faire bosser comme des chiens pendant 6 ans, ramener un max de thunes et produire à mort. Une fois qu'on les a crevés, on garde les tops du top, et pour le reste on recrute comme "Associate" en siphonnant les autres Universités. Il faut voir que les recalés d'Harvard ne finissent que rarement sous les ponts, et que plein d'universités un peu moins côtés sont contents de les accueillir à bras ouverts.

Cette politique est également pratiquée (avec des taux un peu plus élevés, autour de 50%, par le MIT, Stanford etc).

 

Dans la plupart des Universités, il semble qu'on tourne typiquement autour de 80% (voire plus dans les "petites"):

 

Au sein de mon département, qui, même s'il n'appartenait pas à une Université globalement prestigieuse, fait régulièrement partie du "top 5 US" dans son domaine**** n'a encore jamais "dénié" la tenure à qui que ce soit, sur une quinzaine de Professeurs. Deux sont partis avant la fin du processus (l'un parce qu'on lui aurait probablement dénié, l'autre simplement parce que ça ne lui plaisait pas et qu'on lui offrait mieux dans l'industrie).

 

Un collègue dans un petit département d'une petite Université m'a expliqué qu'ils avaient mis un an à pourvoir le poste avant son arrivée, que les attentes étaient modestes et qu'il faudrait vraiment qu'il y mette du sien pour ne pas avoir sa tenure.

 

 

 

Voila pour quelques éléments qu'il me semblait important de préciser.

Si vous avez des compléments d'informations, des contradictions, des sources à apporter en commentaires, n'hésitez pas...

 

 

 

* je signale qu'il existe des postes, relativement peu nombreux, sans "tenure" mais permanents malgré tout, dits de Research Scientist. On les trouve dans les instituts nationaux (type NIST) mais aussi au MIT ou ailleurs: ils n'impliquent pas d'enseignement, et généralement moins de responsabilités en termes de financements, vie de groupe etc. On pourrait les placer, je pense, à la frontière entre IR et CR. Je pense que les perspectives d'évolution ne sont par contre pas super excitantes.

 

** il faut noter que ces missions peuvent varier extrêmement en proportion d'un endroit à l'autre, entre "college" (instituts ne formant pas de docteurs, centrés sur l'enseignement même si les plus prestigieux prennent aussi en compte la recherche, faite en formant les "undergrads") et universités ultra-prestigieuses et compétitives comme Harvard.

 

*** les Professeurs perdant de l'activité en recherche, soit parce qu'ils décrochent moins de contrats soit parce que cela les intéresse moins, sont peu à peu assignés à des activités plus administratives ou d'enseignement. Les aller-retours sont possibles au long de la carrière.

 

*** autre détail qui a son importance: aux US il y a des bons départements dans des universités médiocres. Il y a aussi de bons chercheurs dans des départements médiocres.

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Published by mixlamalice - dans La recherche
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commentaires

Fabrice_BM 12/08/2013 22:14


Désolé de toujours revenir sur ce sujet pour lequel nous avions échangé sur twitter. Il semblerait que j'ai largement sous-estimé le nombre de précaires/vacataires dans l'ESR US, a fortiori la
vision que tu en donnes dans le blog ou ailleurs, si j'en crois ce blog (même si je n'ai pas encore recoupé ces chiffres):


"Second,
you deprofessionalize and impoverish the professors (and continue to create a surplus of underemployed and
unemployed Ph.D.s)


V.P. Joe Biden, a few months back, said that the reason tuitions are out of control is because of the high price of college faculty. He has NO IDEA what he is talking about. At latest count, we
have 1.5 million university professors in this country, 1 million of whom are adjuncts. One million professors in America are hired on short-term contracts, most often for one semester at a time,
with no job security whatsoever – which means that they have no idea how much work they will have in any given semester, and that they are often completely unemployed over summer months when work
is nearly impossible to find (and many of the unemployed adjuncts do not qualify for unemployment payments).  So, one million American university professors are earning, on average, $20K a
year gross, with no benefits or healthcare, no unemployment insurance when they are out of work. Keep in mind, too, that many of the more recent Ph.Ds have entered this field often with the burden
of six figure student loan debt on their backs."


Tiré de ce blog:


http://junctrebellion.wordpress.com/2012/08/12/how-the-american-university-was-killed-in-five-easy-steps/

mixlamalice 13/08/2013 09:14



Je ne comprends toujours pas très bien ce que tu me reproches...


 


L'article ci-dessus parle de la tenure-track et des idées reçues qu'en tant que français nous pouvons avoir sur ce processus, ça ne préjuge pas des précaires du système US. Un peu comme si sur un
article sur le recrutement des EC en France on me reprochait de ne pas parler des ATER...


 


Je n'ai jamais fait d'article sur la précarité dans le système US, "précarité" que l'on retrouve de toute façon, si l'on veut, à tous les niveaux puisque le "CDI" n'est pas le contrat type
là-bas. Ca ne veut pas dire que je pense que ça n'existe pas (vu que le système de fonctionnement d'un labo ricain est très pyramidal à l'échelle d'une équipe de recherche - 1 PI et des
"précaires" qui travaillent/sont payés par lui-).


 


Je ne sais pas non plus ce qu'est un adjunct Professor, je n'ai jamais entendu ce titre dans la bouche de mes collègues ou vu dans les départements fréquentés. Je ne sais pas s'il s'agit d'un mot
regroupant un ensemble de fonctions différentes, ou si c'est une fonction propre qui n'existait pas là où j'étais (soit parce que ça se trouve plutôt dans les college ou petites universities que
dans les universities de prestige, soit parce que c'est plus un truc qu'on voit en SHS par exemple qu'en physique ou chimie).


La précarité à laquelle j'ai plutôt été confronté est celle des cohortes de post-docs chinois, indiens ou turcs, thèse + 6, + 8 ou que sais-je, aussi nombreux dans le labo que les Profs TT.


Je pense que comme en France, la situation est difficilement comparable entre sciences dures et molles (la tenancière du blog est visiblement Prof de lettres, "creative writing", "théatre" ou
quelque chose comme ça), sans parler des différences entre college donnant des diplômes type L3-M1, et les universities délivrant jusqu'au doctorat. De plus les chiffres sont toujours difficiles
à trouver car il n'y a pas de données globales à l'échelle fédérale.


 


Dans les postes "non-tenure", je connais:


- TA teaching assistants, l'équivalent de nos allocataires moniteurs


- lecturer: un poste de chargé de cours (un équivalent du PAST français, ou de vacataire). Pas d'obligations de recherche, cela ressemble à ce qui est décrit dans l'article (qui ne semble pas
parler de recherche). On en trouve surtout dans les niveaux bachelor, et donc j'imagine largement dans les college où il n'y a que peu de recherche (puisque pas de grad students). 


- research associate: un poste à cheval entre CR et IR, pas d'obligations de cours, moins de pression sur le pognon à ramener dans le département, mais pas vraiment de possibilité de monter un
groupe de recherche conséquent. 


 


 


Si on ne s'intéresse qu'à l'enseignement en France, on a ~50000 EC, puis ~15000 (en équivalent temps plein) vacataires, ~6k ATER, ~3k PAST, ~12k moniteurs.


D'autre part environ ~10-15k (ETP) sont assurés par les EC eux-mêmes par le biais des heures complémentaires (ce qui n'est pas autorisé dans tous les pays - ou plutôt, avoir plus d'enseignement
implique faire moins de recherche et n'est pas rémunéré en sus). L'université française repose aussi beaucoup sur les précaires (et la, les chiffres sont publics). Et encore, on ne parle pas de
Sciences-Po et autres.


 


Tout dépend aussi de ce qu'on appelle "précarité", puisque la "tenure" est plutôt une anomalie dans le système US où le "CDD reconduit de façon tacite" est en quelque sorte la règle, dans le
public comme dans le privé (flexibilité plutôt que sécurité). Il y a des tas de postes "pérennes" qui fonctionnent sur cette base, contrairement à la France... 



postdoc 24/01/2013 14:17


Peut-être que les profils ciblés dans ton domaine restent suffisamment ouverts. Mais dans le mien, en caricaturant à peine c'est « le candidat doit avoir travaillé sur tel type d'objet, avec
telle méthode, en utilisant tel code. ». Évidemment pas grand monde ne rentre dedans au final. Même les profils américains les plus ciblés sont très, très larges en comparaison et englobent à
chaque fois une fraction assez importante de la commnauté.


 


Sinon pour le coup du 0 papier, je me demande comment il a eu sa qualif, c'est une bonne remarque. Peut-être que c'était 1 papier soumis mais qu'en fait il n'a jamais été accepté. Je ne
connaitrai jamais le fin mot de l'histoire de toute façon surtout que c'est dans un sous-domaine assez éloigné.

mixlamalice 24/01/2013 14:32



Oui, les profils que tu décris sont plus proches de ce que j'appellerais des "postes fléchés" du CNRS, voir les fameux "postes à moustache" pour candidats locaux en MCF... J'entendais plutôt le
type de postes "semi-fléchés": on a une idée assez précise de la thématique (au sens assez large) qu'on aimerait voir abordée, mais la personne peut être par exemple plus expérimentatrice ou
théoricienne, maîtriser telle technique plutôt que telle autre etc.


Pour rester sur l'exemple de notre recrutement de l'an dernier, et sans vouloir dire qu'on avait parfaitement fait les choses, on avait été à la fois suffisamment précis tout en se laissant des
portes ouvertes pour avoir 3 ou 4 bons candidats sur le profil, + 3 ou 4 un peu hors profil mais bons scientifiquement et qui auraient été des bons fits dans l'équipe (bon, finalement, tous ne
sont pas venus à l'audition mais c'est un autre problème...)



postdoc 24/01/2013 13:38


Ça révèle un peu le problème des recrutement des MdC quand même. J'imagine que le profil était suffisamment étroit pour qu'il y ait peu de candidats rentrant crédiblement dedans. Du coup des gens
qui ne seraient pas passés au CNRS (ou du moins pas encore) arrivent quand même à avoir des postes pour peu que les circonstances soient un peu favorables, comme celles que tu décris. Après chez
nous on a déjà très peu de postes de MdC (disons pas plus que de postes CNRS) et les profils sont souvent tellement étroit que je ne rentre pas dedans même avec un chausse-pied de compétition. Et
du coup il y a parfois des thèse+0 avec 0 papiers qui passent. Et plein de gens brillants qui restent sur le carreau lors du concours CR. Si encore les profils étaient suffisamment larges pour
avoir plusieurs dizaines de candidats crédibles, ce serait certainement plus juste.

mixlamalice 24/01/2013 14:07



Je ne suis pas partisan des "profils ouverts" pour les postes MCF dans la mesure où ils révèlent souvent:


- le fait que chaque équipe veut recruter son ou ses poulains et que la part de "guerre interne" va prendre beaucoup plus d'importance pendant les délibérations que tout le reste. Bref, la part
d'impondérable pour le candidat, déjà grande usuellement, augmente beaucoup... (on reconnait ces profils à un assemblage de mots-clefs sans queue ni tête qui correspondent chacun à une thématique
d'équipe)


et/ou


- l'absence de politique scientifique, ou de vision commune du labo: vers où on veut aller, quel axe ou quelle thématique on veut privilégier et pourquoi (ceci est d'ailleurs quelque chose qui
revient souvent en négatif dans les évaluations AERES). Il doit y avoir selon moi un minimum de cohésion interne dans le labo, un peu comme cela, me semble-t-il, se faisait aux US (on cherche à
combler tel vide dans le département, donc on va essayer de recruter tel profil).


 


Je reconnais que cela est difficile pour les candidats "senior" surtout quand on finit par leur reprocher leur âge... par contre thèse+0 et 0papiers, il me semble qu'on fait partie des recalés à
la qualif... et pour revenir au cas que je connais, mon équipe, ni la plus sexy ni la plus pourrie de la terre (attractivité moyenne avec du positif et du négatif), on avait quand même, je pense,
5 candidats auditionnés parfaitement valables pour un poste MCF même si 2 pas tout à fait sur le profil qu'on cherchait. 



postdoc 24/01/2013 13:16


« Mais j'ai le cas d'une copine recrutée l'an dernier après 6 mois de post-doc, qui n'a jamais "écrit de papier" au sens participé intensément à la rédaction hors réalisation des figures... »


 


Fuck me. C'est décidé, je m'en vais acquérir une solide corde de ce pas.

mixlamalice 24/01/2013 13:18



Elle n'a je pense volé la place de personne: c'était un poste MCF dans un labo plutôt bon mais pas forcément ultra-attractif, elle n'y était pas connue ni "locale", elle a eu un peu de chance
avec des désistements de candidats avec plus de bouteille, et a elle a convaincu à l'audition parce qu'elle a quand même fait une bonne thèse en montrant beaucoup de compétences diverses...



Aisling 24/01/2013 11:48


Alors ca c'est fou! Mon experience est completement differente - aux US, la ou j'etais, il y avait plein de techniciens et ingenieurs de recherche, et c'est un peu le choc de revenir ici et de
devoir tout bricoler soi-meme pour ainsi dire. Meme les labos exerimentaux (surtout les labos experimentaux!) de mon institut comportaient un bon personnel de soutien technique et les collegues
ici sont bluffes d'en entendre parler! Bon apres, il y a un leger probleme structurel dans mon labo actuel dans la mesure ou en pratique les IE et les IR font exactement le meme boulot que les
CR/MCF et comme cette organisation perdure depuis longtemps et que personne n'a d'autorite reelle sur les IE/IR, personne ne va se meler de leur dire qu'en fait il faudrait qu'ils fassent le
boulot d'IR/IE au lieu de CR/MCF de peur de declencher une guerre des tranchees... C'est malin...

mixlamalice 24/01/2013 12:04



Oui, complètement opposé...


il y avait un seul "staff" dans le labo US, affecté à l'AFM: toutes les manipes home made étaient bricolées/montées/interfacées par les grad students et les post-docs. Tous les appareillages
achetés étaient maintenus par les students, la formation était assurée par eux aussi (d'où le pb de n'avoir souvent personne de rééllement "spécialiste" sur une machine: les gens ne savaient
faire que ce qu'ils avaient besoin de faire).


Dans mon ancien labo de post-doc français il y a un service instru/mécanique/électronique génial qui monte toutes les manipes, dans mon ancien labo de thèse c'était moins abouti mais il y avait
aussi ce genre de personnels. Mon thésard ricain et une copine US post-doc sont ébahis d'avoir des IE/IR/T (même s'ils ne savent pas vraiment ce que c'est et les différences) dans les labos.


Dans mon nouveau labo, notre IR a une fonction proche de MCF (avec beaucoup moins d'enseignements) mais il est aussi en charge des manipes, mais c'est un cas atypique. Les autres IE/IR/T sont
plus 9 to 5, en charge d'une manipe "commerciale" (un instrument acheté et utilisé tel quel) et ne sont pas des "créateurs" (ni pour la construction de manipes ni pour l'analyse des résultats)