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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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24 janvier 2014 5 24 /01 /janvier /2014 13:02

Résumé du 1er épisode: Faidherbe-Chaligny, à cheval entre le 11ème et le 12ème arrondissement (la rue du Faubourg Saint-Antoine constitue la limite, le nord étant le 11ème, le sud le 12ème)  est, de façon un peu inexplicable, l'un des coins de la capitale présentant le plus de restos "connus" (et potentiellement intéressants) au mètre carré.

 

Dans le premier épisode, j'avais parlé de deux "bistrots", l'un archi-recommandé et pour CSP+, le bistrot Paul Bert dans la rue du même nom, l'autre plus dans son jus rue de Montreuil, la Ravigote.

 

Aujourd'hui, tournons nous vers deux autres restaurants français, un bistrot et un "semi-gastro".

 

Au Petit Panisse: 35 rue de Montreuil (site web). Alors celui-là, il est assez amusant. En deux mots, ce bistrot a si peu d'originalité, ou plutôt est un tel assemblage hétéroclite d'identités variées, qu'il finit par avoir, de façon complètement inattendue, une personnalité propre, et, ma foi, plutôt agréable.

Le décor "dans son jus" de vieille baraque, de boiseries, d'objets vintage, l'incontournable ardoise, ne révèle absolument pas une maison historique, mais un établissement inauguré en 2008. 

La carte est un assemblage de recettes régionales, du basque par-ci, de l'ardéchois par là, un peu de corse, de l'alsacien même, et aussi quelques composantes "world food".

Des terrines de lapin ou de taureau, un oeuf poché cèpes, crème de potiron chataîgnes, buffala panée en entrée; saucisse de sanglier chou rouge, tartare italien frites, thon au pistou gnocchi, poulpe à la galicienne ou même des spaëtzle en plat; fondant à la châtaigne, tarte du jour ou fromage en dessert. En sus de la carte 1 ou 2 propositions du jour qui changent régulièrement.

Et, la encore, bien que ce genre de cartes fasse habituellement craindre le pire, tout ce que nous avons pu goûter dans ce gloubi-boulga est bon, avec toujours un petit quelque chose d'original ou de bien venu. Les plats sortent peut-être un peu vite pour qu'on puisse croire au fait minute, mais le fait maison me semble un label non usurpé ici.

La carte des vins pioche aussi un peu partout, avec les grands néoclassiques (Richaud, Gramenon, tout ça), à noter quelques vins corses (et d'ailleurs une eau minérale de là-bas aussi) agréables et qu'on ne trouve pas partout. Les coeffs ne m'ont pas semblé délirants pour Paris, autour de 3.

Le menu complet est à 32€ le soir, et la formule complète est à 19 au déjeuner. Le rapport qualité-prix est pas mal du tout, le service très sympathique et a payé son coup en fin de repas (une petite liqueur de châtaigne, pas très forte, assez sucrée, pas mal).

C'est souvent plein le midi, et les soirs de week-end. En semaine, on doit pouvoir trouver une place en dernière minute, mais une petite réservation me semble prudente.

Franchement, il est un peu sous le radar dans le quartier par rapport à la concurrence bistrotière (même s'il a été foodingué en 2010 et 2012), mais c'est mieux qu'un plan B, malgré la crainte que m'inspirait ce côté totalement artificiel de bistrot "marketé école de commerce".

Je vous renvoie vers le site de V. Delmas, ma critique étant tout à fait raccord avec la sienne il y a un an.

 

Le Tintilou: 37 bis rue de Montreuil (oui, à 100m du précédent, et de la Ravigote...), site web. Le chef, J.F. Renard, a pas mal bourlingué, été étoilé à 26 ans à Paris, avant de partir au Portugal, puis de revenir dans la capitale à la Carte Blanche, et d'ouvrir le Tintilou en 2011. J'en avais vaguement entendu parler à l'époque (en tout cas c'est ce dont je me suis persuadé depuis que j'habite à côté), et il apparaît dans le Fooding et le Michelin (bib gourmand, 1 couvert). Cela dit, mes camarades blogueurs gastronomiques à la page semblaient presque tous ignorer l'existence de ce lieu, il n'est donc pas dans le haut du panier des adresses à connaître.

On est vraiment là dans le registre de la bistronomie tel que je le conçois.

Le lieu est assez informel, mélange d'ancien (pour la maison, ancien relais de poste je crois) et de moderne "passe-partout" (pour le mobilier). Cela ne se remarque pas trop de l'extérieur, mais c'est vraiment grand (un salon d'une douzaine de personnes, 1 salle principale avec une trentaine de couverts, une autre plus petite, et visiblement une dernière à l'étage).

Surtout, la cuisine se définit, et je suis assez d'accord, comme une "cuisine d'auteur", assez imaginative et de saison (peu de choix) avec pas mal d'influences world et du terre-mer à profusion. Par exemple, en décembre, un carpaccio de Saint-Jacques, mangue, radis noir, coriandre bien dosé et très frais, de la joue de cochon, palourdes et blé vert ou Saint-Pierre, coco de Paimpol girolles. En dessert, une poire au vin moelleux caramel gingembre.

D'un point de vue de la cuisine seule, j'ai beaucoup aimé le repas; ça pourrait être plus copieux, mais c'est vraiment original, bien fait, et très bon.

La carte des vins compte une trentaine de référence, 15 en blancs, 15 en rouge, avec des prix variant de 20 à 150€. Le problème, du coup, c'est que les références entre disons 20 et 35 se limitent à une dizaine tout compris, pas forcément hyper excitantes. Le Montlouis-sur-Loire de Chidaine à 34 était cependant assez étonnant, coeff me semble-t-il raisonnable.

Malheureusement, il y a deux problèmes, l'un a priori récurrent, l'autre qui ne fut peut-être que la conséquence d'un mauvais jour, mais tourna presque à la farce et fait que l'on n'y remettra probablement jamais les pieds.

- Premier problème: le rapport qualité-prix. A la carte, on est à 50€ sans le vin. Ok, c'est original et bon, mais ça reste quand même cher selon moi, même par rapport aux produits utilisés. Il y a d'ailleurs une promo -30% la Fourchette sur la carte. A 35 on est plus dans le juste prix, mais on se demande du coup l'intérêt d'avoir une promo si celle-ci ramène simplement à un prix "normal". Mais tout le monde n'est visiblement pas du même avis, puisque, même si nous avons réservé à la dernière minute (genre 19h30 pour 20h), le resto sera quasiment plein en ce vendredi soir. Du coup, les "promotionnés" se retrouvent un peu parqués dans la salle du fond, pas forcément hyper agréable, car les tables sont assez serrées.

- Deuxième problème: le service, véritable catastrophe industrielle ce soir là, genre Cauchemar en cuisine, à peu près du niveau de ce qu'a connu Doc récemment. Il y avait beaucoup de jeunes en panique, ce que l'on peut excuser. Toutefois, une chef de salle, assez peu sympathique au demeurant mais avec plus de bouteille était là et, à défaut de remettre tout le monde en selle, ne semblait même pas vraiment plus dans le coup. En cuisine, les plats sortaient correctement, donc le chef aurait aussi pu ou du prendre le temps de régler les problèmes, car ça a touché toute la clientèle, au moins dans la salle où nous étions.

On arrive dans le resto alors peu rempli, on nous assoit puis il ne se passe rien pendant 10 minutes, avant que l'on ne finisse par nous donner une carte. Puis plus rien encore pendant un laps de temps non négligeable. Tout à coup, deux personnes différentes viennent nous prendre la commande à 2mns d'intervalle, ce qui arrivera aussi à d'autres tables. Il y a des erreurs de commande de partout, les plats sont servis aux mauvaises tables, ils retournent en cuisine avant de revenir (la chef de salle me reproche même de ne pas faire son boulot à sa place l'avoir laissée repartir sans signaler que c'était mon assiette, alors qu'en fait, les yeux dans les chaussettes elle ne m'a pas vu tenter désespérément de lui faire signe). Le vin arrive alors que l'entrée est bien entamée. Nos voisins ont mis tellement longtemps à être servis que, devant aller au spectacle, ils ne prirent qu'un plat. On demande l'addition, on attend 20mns avant de finir par décider de se lever pour aller payer au comptoir. Où plusieurs serveurs nous regardent mais ne nous calculent pas (on aurait du partir sans payer), il faut bien encore 5mns avant que l'un nous demande ce qu'on veut. "A ton avis, à 23h? Payer si vous voulez bien, mais surtout se barrer"... L'addition est fausse bien sûr, avec notamment le Montlouis-sur-Loire placé en Languedoc (why not). Ils n'ont pas la machine à carte, se questionnent pour savoir où elle peut bien être, puis ne savent pas la faire marcher, etc.

Bref, le sketch intégral, et pour la première fois depuis 2 ans je pense, je n'ai pas laissé de pourboire malgré une apparente bonne volonté chez certains jeunes (mais passé un certain stade, ça ne suffit plus à faire passer l'incompétence). Cela dit, c'était tellement too much qu'on avait plutôt envie de rigoler (il y a eu plusieurs regards et sourires complices entre différentes tables face au désastre...) que de s'énerver, donc c'était presque un mal pour un bien.

 

Prochain épisode: cuisines non françaises, a priori. Au choix, italien, chinois, marocain, irlandais, éthiopien...

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Published by mixlamalice - dans Restos
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commentaires

Pof 26/01/2014 23:18


Hello. Le restau éthopien, c'est un truc aléatoire lancé en bas de note ? Parce que j'en connais effectivement un dans la rue de Montreuil...

mixlamalice 27/01/2014 15:40



Non, il s'agit bien d'un resto où je suis allé, le même visiblement... le négus, ça s'appelle. J'ai bien aimé, j'y suis même retourné (spoiler), donc j'en parlerai...