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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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16 février 2011 3 16 /02 /février /2011 18:25

Il y a eu plusieurs choses à fêter au mois de janvier, nous sommes donc allés déjeuner dans deux étoilés, la Table du Lancaster et le Restaurant (de l'Hôtel).

 

- La Table du Lancaster: restaurant du Lancaster, hôtel luxueux proche des Champs. Drivé par le discret mais fameux Michel Troisgros, cette table est à son image: elle ne fait pas les gros titres, mais régulièrement, tous ceux qui la mentionnent en disent beaucoup de bien.

J'ai depuis longtemps envie de goûter la cuisine de Troisgros, et la carte de la table du Lancaster (chef exécutif J. Roucheteau) avait un côté intrigant, jouant sur les intitulés et les notes acides qui sont paraît-il la marque de fabrique de Troisgros.

Bémol sur les prix, mais hourrah je cherchais quelque chose d'ouvert le dimanche midi et je vis qu'ils proposaient une formule "jour de fête" à 65 euros pour entrée/plat/fromage et dessert.

Même pour une cuisine "au rabais", ça se tentait.

Finalement, rien de tout ça, puisque cela correspond au menu déjeuner habituel, où on retrouve certains plats de la carte, dont certains "signatures" de Troisgros (je m'interroge du coup sur la "marge" du restaurant en soirée...).

 

Donc, ce midi, après une amuse-bouche acidulée/asiatisante qui annonce la couleur:

- foie gras de canard aux mirabelles (tranche généreuse mais sans trop de surprise, choix de Priscilla) et une cueillette de légumes d'hiver avec bouillon de citronnier: comme quoi, un bon chef peut vous faire manger n'importe quoi, en ce qui me concerne des légumes de type carottes, navets, etc, dont je ne raffole pas particulièrement, surtout quand ils ne sont pas servis dans un ragoût quelconque. Visuellement, ça paraît un peu fade (légumes pâlots, effet renforcé par le bouillon laiteux), mais au goût c'est tonique. Un bon départ.

Priscilla accompagne cela d'un Riesling bien fruité dont je n'ai pas noté la référence, quant à moi je choisis un Ventoux blanc on ne peut plus quelconque.

 

- Saint-Jacques en feuilleté "Pierre Boulez", un classique de la maison mère, dont le compositeur casse-burnes était un client régulier. Superbe, délicieux. A noter que les légumes servis avec sont à peu de choses près les mêmes que ceux de mon entrée (donc heureusement que ce fut le choix de Priscilla).

J'hésite longuement à choisir la sole à la ciboulette (un autre classique), mais je souhaite goûter le Côte-Rôtie de J.M. Gérin proposé au verre (Champin le Seigneur, 2008, 28 euros le verre - e.g. à peu de chose près le prix de la bouteille). J'opte donc pour la côtelette Iberico à la diable, qui fut la seule déception de la journée. La viande est goûteuse, mais un peu fine et donc ferme. C'est surtout la sauce qui manque de peps, j'attendais autre chose. De bons gnocchis aux olives en accompagnement, mais le plat est largement dominé par la puissance du vin, que j'ai cependant trouvé un peu trop boisé pour mon palais hypersensibilisé par 2 annés de mauvais californiens.

 

- Cannelloni de chèvre frais battu aux herbes pour suivre: un fromage travaillé, ça change de l'habitude. C'est bon, plutôt rafraîchissant quoiqu'un peu gras peut-être.

 

- En dessert, Priscilla opte pour le Saint honoré aux amandes et combava, un dessert bien gourmand. Alors que je n'avais jusque là pas été très heureux dans mes choix, je tombe enfin sur la tuerie de la journée, peut-être l'un des meilleurs desserts que j'ai goûtés: les dim sum à la pistache et à la fraise.

Ce sont en fait des petits "raviolis" à la pâte ultra-fine, fourrés avec une sauce tiède chocolat-pistache, le tout baigné dans un jus acidulé à la fraise. La pâte explose dans la bouche, libérant le chocolat qui se mélange avec la soupe de fraises.... yummy. Et super beau.

 

En restant raisonnable sur les vins (ce qui n'a pas été mon cas, mais il y a un choix correct de vins au verre autour de 12-16 euros), avec de l'eau et un café, on s'en tire pour moins de 100 euros par tête. La salle est finalement assez petite, avec une table centrale au milieu pour la préparation des serveurs. Serveurs "à l'américaine" (à savoir très voire trop prévenants, trop "visibles", ce qui finit par s'avérer stressant), mais jeunes et souriants. Peut-être aussi parce que nous sommes arrivés les premiers, et qu'on a donc eu l'impression d'avoir les 4-5 serveurs pour nous tous seuls pendant la première partie du repas...

 

Je n'ai pas été aussi scotché que ce que je l'espérais, mais ce fut un agréable moment. Je ne sais pas si j'y retournerai le soir pour un menu dégustation (je me demande si les jeux sur l'acidité ne s'avèrent pas un peu pénibles sur 7 plats), mais pour un déjeuner, ça se retente, surtout en été où la terrasse, à défaut d'être magnifique, est bien isolée et paraît ensoleillée.

 

lancaster.jpg

 

- Le Restaurant: un nom original pour le restaurant d'un hôtel historique ou mourut par exemple Oscar Wilde et au nom là aussi bien trouvé, l'Hôtel, à Saint-Germain.

C'est Chrisos qui m'en avait parlé quand je lui avais demandé il y a quelques temps une petite liste d'établissements de qualité à l'addition comprise entre 100 et 150 euros. Encore un étoilé un peu "under the radar" (le nom y est peut-être pour quelque chose), même si le Figaroscope en parle assez régulièrement.  

A l'époque déjà, ça m'avait fait envie mais pour des raisons de calendrier nous avions opté pour le Chiberta.

J'ai quand même gardé l'idée au coin de ma tête, ce d'autant plus quand j'ai vu sur leur site la formule dite pompeusement "éveil des sens". Soit 1h dans leur piscine privatisée, hammam, massage, suivi d'un déjeuner entrée/plat/dessert avec eau minérale et café pour 130 euros/personne (le menu seul est normalement autour de 55 euros): une bonne idée de cadeau.

Le site lastminute propose une réduction sur cette formule, à 110 euros, valable toute la semaine sauf le dimanche. Je ne suis pas un adepte forcené des réductions internet, mais dans le cas présent, ça valait le coup, et nous avons été parfaitement accueillis.

Nous nous y sommes rendus un samedi matin pour 10h30: la piscine, en fait un bassin, est en sous-sol sous une voute, le hammam attenant. C'est la classe, peignoirs, serviettes, carafe d'eau, tout est fourni et un rideau nous isole de l'extérieur dans ce décor médiéval: le seul bémol est le manque d'endroit pour s'asseoir et faire un break en lisant le journal entre deux longueurs et 10 minutes de cuisson à la vapeur.

Le massage est fait par une pro (probablement un kiné venant de l'extérieur) et dure une demi-heure: ultra-relaxant, et la masseuse est sympa et n'hésite pas à donner des conseils d'étirement pour la suite (que je n'ai bien entendu pas suivis).

Bref, à 12h30, nous sommes top relax pour aller déjeuner.

Dans l'ensemble, quelques réminiscences du déjeuner au Ritz, en un poil moins formel: cuisine classique qui ne cherche pas l'épate, déco old school un peu chargée, service aux petits oignons, plutôt jeune et assez décontracté pour l'endroit.   

Un amuse-bouche à la betterave original pour commencer, suivi d'un carpaccio de saint-jacques au citron: très bons produits, assaisonnements bien maîtrisés, petit jeu sur les textures avec une mousseline fine sous le carpaccio. En plat, un risotto de gambas bluffant: gambas de top niveau, et un riz un peu spécial (grains fins de forme allongée qui donnaient une texture plus déliée au risotto).

Pour accompagner le tout, une demi-bouteille de Pernand-Vergelesses de la Maison Champy, 2007 (facturée 37 euros). Très bien avec la saint-jacques, malheureusement faisant ressortir un petit goût "métallique" sur la gambas.

Les desserts sont superbes, et eux aussi de grande qualité, tant le crémeux caramel, glace fleur de sel et crumble que le chocolat tanzanie, brownie et glace chocolat blanc.

Pour accompagner les douceurs, deux verres de Maury (Mas Amiel Vintage 2007 pour Priscilla, très "chocolat", et cuvée 1980 pour moi - pour essayer mon "millésime", en général l'un des plus pourris du siècle dernier si j'en crois les amateurs - plus sur les pruneaux, un peu moins vin de dessert peut-être).

 

hotel-resto.jpg   

Un très bon moment dans l'ensemble*, symbolisant parfaitement la "douceur de vivre".

Je crois que finalement, j'aime beaucoup ces endroits où la cuisine, bien qu'étant de grande qualité (à 55 euros, le menu est ici un excellent rapport qualité-prix), ne cherche pas à s'imposer comme la star qu'il faut "contempler", mais se fait plutôt brillant "second rôle". 

Je pense qu'on y retournera pour le menu dégustation, un soir (155 euros pour 7 plats et 4 verres). 

 

 

En ce moment, c'est beaucoup plus calme... il faut dire que le déménagement approche et qu'il faut penser à garder les pépettes pour acheter des meubles.

On s'y remettra probablement en avril: dans mes options futures, l'Arome, Agapé, Michel Rostang, Lasserre et en province peut-être Michel Bras et/ou l'Arnsbourg...

 

 

 

* même pas miné par la table de vieux très "nouveaux riches" à côté de nous (le reste de la clientèle étant composé de couples en fête, de businessmen habitués, et de touristes discrets).

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Published by mixlamalice - dans Restos
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commentaires

docadn 17/02/2011 13:43



Voilà où va votre argent messieurs mesdames les contribuables  !!


Joli tableau de chasse mine de rien, avantage à "Le Restaurant" à ce qu'on peut lire (le rapport Q/P semble en effet bon à très bon) !! Très joli coeff pour Gérin au verre, bien trop jeune en
effet et peu représentatif au vu du millésime... En restant sur cette thématique, il y a pire que 80 dans le siècle passé... Pour le fun, je me suis souvent amusé à chercher des quilles de mon
année de naissance : il y en très peu car année exceptionnelle pourrie et il vaut mieux les acheter 3-4 ans avant ou après les 20-30-40 ans qui font souvent flamber les prix...



mixlamalice 17/02/2011 13:58



Oui, j'ai "préféré" le Restaurant, que j'ai trouvé plus régulier. Pour la Table du Lancaster, en tout cas le midi, il faut sans doute préférer les "classiques" et y aller un jour un peu plus
effervescent pour être un peu moins choyé (il y en a sans doute à qui ça plaît, mais je préfère être un peu plus peinard à ma table). Bon rapport qualité prix en effet, même si pas si différent
des autres étoilés parisiens le midi (généralement entre 65 et 85). Les prix restent par contre assez "raisonnables" en soirée (menu 4 plats à 95 ou 125 avec vin, on est à 75 de plus au
Lancaster...).


Pour le Gérin, on doit être sur du coeff' 5 (le verre était plutôt généreusement servi et on m'a même proposé du "rab" pour le fromage). Je ne m'y connais pas trop sur les coeffs habituellement
proposés en vin au verre, mais ça ne doit pas être scandaleux, non (surtout vu les coeffs pratiqués habituellement dans les palaces, où la clientèle ne cherche pas spécialement à faire de bonnes
affaires)? 


Je t'avais dit que c'était du 2006, mais après vérification, c'était le même millésime que celui goûté dernièrement chez Lavinia (dégustation un peu décevante avec peu de coups de coeur, mais tu
m'avais prévenu). A réessayer sur un autre millésime à l'occasion donc...