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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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21 décembre 2011 3 21 /12 /décembre /2011 10:22

Suite à mon "brûlot" consécutif à une dépression post-correction de copies*, dans lequel je m'insurgeais contre l'inculture scientifique de futurs ingénieurs, on m'a opposé quelques arguments.

 

Le principal étant, en gros, qu'on ne peut pas tout retenir, et que comme ça (en prenant l'exemple de la surface d'un disque) ne leur servira à rien dans leur métier/vie futur(e), ce n'est pas si grave s'ils oublient (ou même ne l'ont jamais su).

 

Certes.

 

Je répondrai uniquement deux choses:

 

- Dans ce cas là, il ne faut pas s'offusquer des commentaires du style de ceux de N. Sarkozy qui trouvait idiot de proposer des questions de littérature aux concours d'entrée dans l'administration publique.

« L'autre jour, je m'amusais, on s'amuse comme on peut, à regarder le programme du concours d'attaché d'administration. Un sadique ou un imbécile, choisissez, avait mis dans le programme d'interroger les concurrents sur “La Princesse de Clèves”. Je ne sais pas si cela vous est souvent arrivé de demander à la guichetière ce qu'elle pensait de “La Princesse de Clèves”... Imaginez un peu le spectacle ! »

Au contraire, il faut appeler de ses voeux les fameux "Master McDo" où un jeune n'est formé QU'en vue de son futur job. Finis les idéaux civilisateurs de l'"enseignement", on choisit l'ère de l'"apprentissage" pur et dur.

 

- Plus généralement, le fait de ne pas comprendre des concepts simples comme la notion d'ordre de grandeur ou de modèle, et de ne pas maîtriser les opérations mathématiques de base me semble préjudiciable pour analyser n'importe quelle idée politique, économique, et sociale. Même si on se targue d'être cultivé parce qu'on a eu une formation littéraire.

Quand on ne sait pas faire une addition, qu'on ne comprend pas ce qu'est un pourcentage, comment peut-on déterminer si une proposition est simplement cohérente et qu'on n'est pas en train de vous enfumer? 

Quand, à la fin de son cursus scolaire, on n'a toujours aucun recul sur ce qui a été enseigné 15 ou 20 ans auparavant (plus grave selon moi que de ne pas se souvenir d'une notion de base: être incapable de la retrouver en posant un problème simple), comment peut-on espérer avoir une perception claire de notions extrêmement plus complexes auxquelles on sera confronté au quotidien comme dans la vie professionnelle?

Je pense qu'on est alors clairement à la merci des idéologies**.

 

 

 

 

* ça ne s'est pas amélioré deux jours plus tard, en regardant le journal de 20 heures: on demandait à des élèves de prépa scientifique de résoudre à brûle-pourpoint un problème de CM2. "10 objets coûtent 22 euros, combient coûtent 15 de ces objets?". Pas un (sur une dizaine) n'a donné la bonne réponse. Ca n'a évidemment rien de représentatif (on ne sait pas combien de personnes ils ont interrogé, on ne sait pas quelles "coupes au montage" ont été faites etc), mais ça m'a quand même fichu un coup, deux jours après mes temps de refroidissement de saladiers en plastique de 1000 heures...

 

Le ministre de l'Education Nationale n'était pas capable de faire le calcul non plus: du coup, on peut se demander si les politiciens sont vraiment conscients des énormités de chiffrage qu'ils énoncent parfois, ou du fait qu'ils comparent souvent "oranges and apples"... je ne sais pas ce qui serait le plus inquiétant entre "malhonnête" et "incompétent" (copyright Lagardère), finalement.

 

 

 

** Loin de moi la prétention d'affirmer qu'on peut comprendre la macroéconomie, la crise des subprimes ou le déficit de la France simplement parce qu'on a des bases de calcul.

Par contre, comprendre que, par exemple, proposer une économie de tant quand il faudrait trouver 1000 fois plus, c'est bien mais pas suffisant, et donc probablement plutôt pour faire plaisir aux électeurs à peu de frais que dans un réel but d'amélioration, c'est intéressant (cas de la taxation supplémentaire des plus hauts revenus récemment, par exemple).

Ou alors, autre exemple, être conscient que Jacques Attali est à l'économie ce que Pierre Ménès est au football peut faciliter l'utilisation de la télécommande.

 

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Published by mixlamalice - dans L'enseignement
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commentaires

Vanessa 20/09/2012 21:10


Besoin de rebondir à la suite de résultats scolaires un peu décevants?
Le soutien scolaire en ligne est une alternative pouvant faire la différence.
Dans notre esprit, l’aide aux devoirs est une déclinaison judicieuse.
Le manque d’application dans les exercices à la maison explique en effet bien des mauvaises notes.
Avec nos corrigés de devoirs, l’élève est éclairé sur la méthode et le raisonnement.
Cet outil de soutien scolaire en ligne l’aidera à être plus enthousiaste dans le
traitement de ses devoirs.
Tant il est vrai qu’on est toujours plus motivé quand on comprend ce que l’on fait.

Jérôme 25/12/2011 21:20


Autre exemple pour apporter de l'eau à ton moulin : la notion d'intervalle de confiance pour les sondages (la marge d'erreur recouvre souvent les écarts entre les propositions e.g. intentions de
votes pour les candidats, qui dépend de l'échantillonnage).


 


Sinon, le système scolaire en général sélectionne notamment des élèves capablent de bachoter et de restituer des connaissances pendant des intervalles de temps courts ; plus tard, ces
connaissances se perdent car elles ne sont plus sollicitées. Cela provient à mon avis du mode d'apprentissage scolaire : on peut exceller en biostats lors d'un exam, et quelques années après ne
pas sourciller quand un sondage (mieux des conclusions "scientifiquement prouvées") se base sur un échantillon 124 individus après briefing des sondés...

mixlamalice 26/12/2011 11:03



Bon, je peux calmer mes ardeurs vu que mes parents, symboles de l'éducation républicaine qui était mieux avant chère à Brighelli et à mes yeux pourtant pas ignares, ne savent pas non plus
résoudre le problème de CM2. A leur décharge c'était très tôt le 25 au matin (ah, les discussions de comptoir du réveillon...).


Ca vient peut-être spécifiquement de l'école que j'ai faite, mais disons que si j'ai bourriné jusqu'à la fin de la prépa et peut-être aussi en 1ère année d'école d'ingé, il me semble qu'ensuite
la plupart des profs nous encourageait à essayer de prendre un minimum de recul et à raisonner "grossièrement" pour au moins savoir si ce qu'on racontait était complètement idiot ou raisonnable
(ma prof de physique de prépa aussi faisait un effort dans ce sens, il a peut-être fallu cinq ans pour que ça me pénètre). Dans mes exams de DEA il y avait finalement très peu de calculs.


Après, quand on a une formation scientifique, je trouve ça à peu près "normal" de ne pas savoir refaire un exam de méca flotte si on s'est beaucoup éloigné du domaine. Ne plus (ou
n') avoir aucune compréhension de la physique en général et de ses principes (ton histoire d'échantillonnage par exemple) est plus inquiétant...