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  • : La vie au labo
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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 16:41
Depuis le début "officiel" des vacances, vendredi à 19h (tellement officiel que l'établissement où j'effectue ma recherche comme celui où j'effectue mon enseignement sont fermés, jusqu'au 2 janvier), j'ai reçu quatre sollicitations, trois émanant d'élèves et une d'un éditeur scientifique. Cela n'a pas l'air énorme, mais c'est largement plus que la moyenne journalière habituelle des quatre mois qui ont précédé (de la part d'élèves et d'éditeurs, hein, pas tout compris)...
 
Si je mets de côté la démarche de l'éditeur scientifique (qui, tout WTF que soit le fait de demander une review le 22 décembre, me laisse la possibilité de jouer la montre, puis d'éventuellement refuser ou au moins quelques semaines pour faire le job si j'accepte) et me concentre sur les demandes des élèves, je trouve que cela révèle beaucoup sur l'image qu'ils ont des enseignants-chercheurs, et plus généralement la façon dont les gens conçoivent la notion de "service": en fait quelqu'un qui serait à leur disposition 24h/24, 7j/7, un domestique en quelque sorte.
Dans le cas des enseignants-chercheurs, homme à tout faire serait le bon mot puisqu'il peut s'agir aussi bien de répondre à des questions de cours que d'aider à résoudre des problèmes administratifs, aider à trouver du boulot, ou que sais-je encore.
 
Ainsi, parmi les 3 sollicitations, l'une me demandait de clarifier des points du cours qui avait eu lieu l'avant-veille (ce à quoi j'ai failli répondre "parfois il faut laisser décanter un peu plus de 48h et on finit par comprendre tout seul"), l'autre me demandait de déplacer une date d'examen parce que l'élève s'est inscrit à deux UEs dont les dates sont incompatibles (chose qui, même si elle était possible - je dois m'assurer de la cohérence des dates au sein de mon équipe, je ne peux pas m'occuper de vérifier tout ce qui se passe dans les autres départements-, ne serait pas de mon fait mais de la responsabilité de la scolarité et du service planification des examens).
Enfin, la troisième me demandait de mettre à disposition des annales corrigées pour l'examen qui a lieu dans plus de 6 semaines. Une fois ceci fait, j'ai ajouté à ma réponse "Nous sommes maintenant le 23 décembre et je souhaiterais profiter quelque peu de mes premières vacances depuis mi-août, merci de votre compréhension".
 
On me répond sur Twitter que j'"overreact" un peu et que je n'ai qu'à pas répondre ou pas lire mes mails, ou bien que les sollicitations n'ont pas nécessairement un caractère urgent. Certes, mais c'est plus subtil que ça. Aujourd'hui on sait très bien que tout le monde ou presque est connecté en permanence*. Quand on fait la démarche d'envoyer un mail à quelqu'un en période de vacances ou même pendant le week-end, on sait très bien, surtout s'il a moins de 40 ans, qu'il y a de grandes chances qu'il ne le lise avant la fin de la période non travaillée susmentionnée.
Psychologiquement, on l'incite donc à prendre sur son temps de repos pour répondre (je ne parle pas ici de tous les mails, on peut bien envoyer des FIY ou autres, mais de mails qui impliquent une action de la part de celui qui le reçoit, demandée par celui qui l'envoit) ou à ce que lui culpabilise s'il attend, comme c'est son bon droit, de le faire sur son temps de travail.
Cette technique très basique est utilisée par de nombreuses hiérarchies pour aliéner leurs cadres en les persuadant qu'ils sont indispensables et par les administratifs de l'enseignement supérieur et de la recherche qui donnent des deadlines le 3 janvier ou le lundi à 7h du matin pour ensuite avoir, eux, 8 mois pour agir tranquillou (cf les appels ANR, par exemple).
 
Bon, je surinterprète effectivement peut-être un peu. Alors, revenons au point basique.
Il me semble que ce n'est juste pas très poli, courtois, bienséant, de solliciter quelqu'un quand on sait pertinemment qu'il est en congés, sauf cas d'extrême urgence. Si urgence il n'y a pas, on attend gentiment qu'il se soit remis de son indigestion et de sa gueule de bois et qu'il ait recommencé le travail.
Dans le même registre, il me semble judicieux de prendre rendez-vous plutôt que de se pointer non annoncé dans le bureau à 18h15 en estimant naturel que l'enseignant-chercheur ait nécessairement 1h à vous consacrer right here right now.
De même qu'on ne rentre pas dans un magasin de prêt-à-porter pour essayer 10 pulls 3 minutes avant la fermeture alors que le vendeur est en train de faire la caisse et a commencé à ranger.
 
Qu'en pensez-vous? (si vous en pensez quelque chose)
 
 
Bon, sinon; ne nous laissons pas abattre, Joyeuses Fêtes quand même et mangez/buvez bien (sans modération) demain et après-demain.
 
 
* Il n'y a guère que quand je pars en vadrouille pendant les vacances d'été qu'il peut m'arriver de ne pas consulter mes mails au moins 1 fois par jour (pas d'internet pendant 5 jours cet été au Kazakhstan, record de l'année). C'est un comportement d'addict que je déplore, mais il existe (et c'est en partie pour ça que je ne veux pas de smartphone, je passe déjà suffisamment de temps comme ça sur Internet).

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Published by mixlamalice - dans L'enseignement
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commentaires

régis 01/01/2013 17:10


Bonjour et meilleurs voeux!


Ce que j'en pense, c'est que les facilités qu'offrent les télécommunications modernes tendent à tuer la stratégie et que les acteurs ayant une faible propension à l'autonomie en abusent pour fuir
toute responsabilité et refiler le mistigris au premier venu dès lors qu'il est investi d'une quelconque autorité. Ca a un avantage: cela permet très vite de sélectionner les "bons", en revanche
c'est cruel pour les "moyens anxieux" qui sont refoulés dans le même sac que les incompétents par paresse ou par sottise...


A propos, puisque tes étudiants ont tes coordonnées, combien y en a-t-il qui se fendent d'un petit message de bons voeux le jour de l'an?


 

mixlamalice 04/01/2013 11:05



Bonjour, de même.


A ce jour je n'ai pas reçu de messages de "meilleurs voeux" de la part d'élèves. Ceci n'est pas très grave, mais je remarque que beaucoup sont également plus forts pour demander quelque chose
(ayant plus souvent à voir avec une note/une assistance administrative qu'avec des questions de cours) que pour dire merci (ou écrire) après qu'on a passé 1h à leur répondre. Ceci est
valable à tous niveaux et tous âges...



Gizmo 24/12/2012 10:21


Moi pareil que Pierre P. Si je n'ai pas le temps de préparer une réponse automatique (ou si j'ai des vacances "à trous", ie 2 jours de congés, 1 jour de reprise, 1 jour de congé etc...), j'écris
quelque chose du style : 'j'ai bien pris connaissance de votre message, et j'y répondrai à compter du...". Ce qui permet de signaler qu'on est effectivement connecté, et qu'on est capable de
distinguer l'urgent du non urgent. Ce qui, vis à vis des étudiants surtout, me semble aussi faire partie de mon "devoir d'éducation".

mixlamalice 24/12/2012 10:30



Oui, c'est sans doute plus diplomatique que "je souhaiterais profiter quelque peu de mes vacances, merci de votre compréhension" tout en permettant effectivement de faire comprendre que tout le monde n'a pas le même "agenda" et les mêmes critères urgent/moins urgent. J'aime bien, j'y penserai,
merci.



mixlamalice 24/12/2012 09:34


Un commentateur, Pierre P., http://cupnet.net/, m'envoie ce message qu'il n'arrive pas à poster, je le poste donc pour lui


"


Bonjour,



ton article m'inspire trois remarques.



1. Je pense que le mail est souvent utilisé comme "poste restante" (en tout cas, il m'arrive régulièrement de l'utiliser comme ça). On
envoie un mail sans urgence immédiate. Le destinataire le lira quand il pourra. Si il y a urgence, il suffit de le préciser dans le mail avec éventuellement une deadline. Peut-être qu'une partie
des mails que tu as reçus entrait dans cette catégorie.



2. Comme tu le soulignes, on est maintenant tous connecté, partout et tout le temps. Alors évidemment, on est toujours tenté de vérifier
ses mails, comme ça, au cas où. C'est pratique dès fois. Malheureusement, tous les mails qu'on n'aurait pas aimé recevoir agissent comme des mind-fuckings. Une fois qu'on les a lus, difficile de
les oublier complètement et finalement, on craque et on répond.



3. Last but not least. Pour ma part, je n'ai pas envie non plus que mes étudiants pensent que je suis en vacances chaque fois qu'ils le
sont eux. Du coup, la meilleure solution que j'ai trouvée, c'est de configurer ma messagerie avec un message d'absence (en français puis en anglais) qui est envoyé automatiquement à tous les gens
qui m'envoient des mails. Dans ce message, je précise que je suis "out of office" (sans préciser la raison), de la date truc à la date machin. Sachant que la date machin est en général un jour
après ma date réelle de retour au labo (histoire de me garder une marge de manoeuvre pour les trucs vraiment urgents). Ca a toujours très bien marché et en général mes collaborateurs comme mes
étudiants apprécient. Evidemment, ça n'empèche pas de répondre à quelques mails si le besoin s'en fait sentir...



Sur ce, bonnes vacances."

mixlamalice 24/12/2012 09:40



En combinant le 1. et 2., il me semble que dans certains cas on peut faire preuve d'un peu de discrétion mailienne: si on sait que le mec est en vacances dix jours, qu'il lit ses mails en
vacances, et que ce qu'on lui demande de faire n'est absolument pas urgent, on peut s'abstenir de le lui envoyer le temps qu'il rentre (ou alors dire "désolé de te déranger c'est juste pour
t'informer blabla", y mettre un peu les formes quoi)... Bon, encore une fois il y a une différence entre les mails "FIY" (pas gênants voire parfois utiles, plutôt que d'apprendre un truc
important dix jours plus tard) et "prière de faire ça".


 


Pour le point 3, j'avais essayé cette méthode mais n'avait jamais réussi à configurer Mozilla Thunderbird (pour une raison que j'ai oubliée, mais il me semble que c'est compliqué). C'est ça
d'être une quiche en informatique. Si quelqu'un sait comment ça marche et me fait un tutorial gratuit je suis preneur... (pendant ses vacances :))


 


Bonnes vacances itou