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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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16 novembre 2010 2 16 /11 /novembre /2010 20:28

Comme je navigue à vue en ce moment... ou plutôt non, à ce niveau là, je ne navigue plus du tout, je surnage à peine et passe plus de temps la tête complètement sous l'eau, soyons brefs.

 

Et rions un peu avec les classements d'automne des universités.

 

Voir notamment cet article: http://www.nytimes.com/2010/11/15/education/15iht-educLede15.html?src=twrhp

 

Je cite les passages les plus intéressants (désolé pour mes lecteurs ne parlant pas anglais, mais je n'ai pas le temps de traduire - mais en gros, c'est une histoire de données bibliométriques visiblement pas très bien pondérées, dans la mesure où elles ont pu être fortement influencées par un seul chercheur, aux pratiques potentiellement douteuses, et jouer sur le classement global):

 

" The news that Alexandria University in Egypt had placed 147th on the list of the Times Higher Education — just below the University of Birmingham and ahead of such academic powerhouses as Delft University of Technology in the Netherlands (151st) or Georgetown in the United States (164th) — was cause for both celebration and puzzlement."

 

....

 

"Researchers who looked behind the headlines noticed that the list also ranked Alexandria fourth in the world in a subcategory ( "citations", which accounted for 32.5% of the total weighting) that weighed the impact of a university’s research — behind only Caltech, M.I.T. and Princeton, and ahead of both Harvard and Stanford."

 

...

 

"Phil Baty, deputy editor of Times Higher Education, acknowledged that Alexandria’s surprising prominence was actually due to “the high output from one scholar in one journal” — soon identified on various blogs as Mohamed El Naschie, an Egyptian academic who published over 320 of his own articles in a scientific journal of which he was also the editor."

 

....

 

Et je voudrais remercier le journaliste, D.D.Guttenplan qui, dans un article pas que drôle, bien équilibré ne diabolisant pas spécialement tous ces classements, énonce néanmoins précisément quelques évidences que les politiques et media français oublient eux un peu vite:

 

" The first step in using rankings wisely is to be clear about what is actually measured. Jamil Salmi, an education expert, also called for policy makers to move “beyond rankings” to compare entire education systems. He offered the model of Finland, “a country that has achieved remarkable progress as an emerging knowledge economy, and yet does not boast any university among the top 50 in the world, but has excellent technology-focused institutions."

 

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Published by mixlamalice - dans La recherche
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commentaires

Guil's 17/11/2010 21:31



100% d'accord avec postdoc, j'ai toujours du mal à comprendre l'existence des UMR par exemple.



postdoc 17/11/2010 17:14



Je ne sais pas si c'est vraiment un outrage. Le classement est largement fait sur des critères qui avantagent largement les universités américaines. Au final les universités françaises ne s'en
sortent pas si mal que ça. Après si on enlevait le nombre ridicule de structures se superposant en France entre les grandes écoles qui ne font pas tellement de recherche que ça, le CNRS qui fait
de la recherche mais n'est pas toujours lié à une université, les labos mixtes auxquels pas grand monde comprend quelque chose (c'est d'ailleurs une plaisanterie régulière dans les colloques à
propos des français ayant des affiliations à rallonge avec des noms de labo qui changent tous les 5 ans), les universités trop petites qui n'ont pas la masse critique pour avoir une visibilité
suffisante, etc. Allez, soyons fou, intégrons tout le monde dans les universités, passons la charge d'enseignement de 192 heures à 50 heures par an et fusionnons les universités (y'a vraiment
besoin de 13 universités publiques différentes sur Paris sans compter les dizaines de grandes écoles ?). Je suis persuadé que soudainement on aura un bien meilleur classement.



mixlamalice 17/11/2010 19:24



La politique actuelle, c'est plutot de multiplier encore les structures, si possibles les plus grosses possibles, d'"excellence". LabEx, EquipEx, PRES, Poles d'excellence, etc etc.


 


Des gens d'horizons très divers, qui ne se verront jamais ne serait-ce que parce qu'ils sont à 500 kms de distance, mais qui administrativement appartiendront à une entité qui fera bien dans les
classements...


 


Bref, du flan, et rien qui change sur le fond (hormis le temps qu'on passe à remplir des dossiers branlette et à les évaluer, et donc plutot moins de temps qu'avant pour faire de la recherche,
parce que c'est pas simplement avec des LabEx qu'on va redonner envie aux étudiants de faire une thèse).



Guil's 17/11/2010 15:27



Peut-être que les Américains prêtent moins attention aux classements parce qu'ils sont largement en tête. En France on a reçu une vraie gifle avec Shangai et le THE, l'Allemagne, l'Australie ou
les Pays-Bas faisant mieux que nous. Le gouvernement est devenu obsédé par la correction de cet outrage national annuel, puisque même ses grandes écoles chéries se prennent une raclée.



mixlamalice 17/11/2010 19:19



Oui, c'est possible après tout: 


mais soyons plus précis. Disons que les étudiants me semblent plus choisir un labo de thèse en fonction d'une réputation "historique" voire des noms de profs qui y bossent qu'en fonction de
classements comme celui du THE ou de Shanghai.


Ils me semblent conscients qu'un département excellent au sein d'une fac moyenne signifie plus pour la carrière qu'un département moyen plus dans une fac excellente... 


Et que donc un classement global n'est pas forcément le meilleur indicateur.


 


Après, concernant le classement proprement dit, l'article prend l'exemple de la Finlande, qui semble avoir le bon sens d'avoir d'autres chats à fouetter que d'améliorer leur présence dans le top
50. Quant à nos grandes écoles, elles sont presqu' intrinsèquement exclues du classement: beaucoup ne font que très peu de recherche. Beaucoup n'ont guère plus que quelques centaines d'étudiants
(meme les "petites" facs du classement comme Harvard en ont plusieurs milliers), et ne forment pas de docteurs... bref, elles sont invisibles (comme les établissements finlandais, visiblement).



Chrisos 17/11/2010 09:37



ce classement foireux rappelle la guéguerre Michelin et autres classements des 50 meilleurs restaurants...



mixlamalice 17/11/2010 09:46



Les scientifiques ne sont malheureusement pas, sortis de leur champ de compétence (et encore) plus raisonnables que le commun des mortels: agitez leur un hochet et beaucoup deviendront tout
fou. Généralement, ils sont juste moins chers à "corrompre", puisqu'il suffit de leur flatter l'ego et rarement le portefeuille.


 


Cela dit, cette mode anglo-saxonne des classements nous fait beaucoup de mal, parce qu'on s'y est mis récemment et j'ai l'impression que très rapidement, on a pris ça plus à coeur que les ricains
ou english. Aux US, tout est sujet à classement et à discussions sans fins autour de ces classements ou statistiques (surtout en sport), mais il me semble que c'est fait avec pas mal de légéreté
et un peu d'auto-dérision (dans la mesure où ce trait de caractère existe aux US). En tout cas un poil de recul et la conscience qu'un classement ou une stat n'est pas un absolu, et que les
critères doivent être explicités... Il me semble que chez nous, on a plus tendance à prendre ça pour un chiffre magique qui délivre une vérité incontestable. Je ne sais pas si c'est entretenu par
le médiatico-politique ou si c'est plus culturel et profond, et peut-être que je me trompe... mais je n'ai jamais entendu personne aux US parler du classement de Shanghaï, et je n'ai pas vu que
ça faisait les gros titres là-bas, alors que chaque année à la même époque on a droit à un dossier spécial université et des tribunes libres sur le sujet dans le Monde et autres...