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  • : La vie au labo
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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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  • Misanthrope optionnellement misogyne et Esprit Universel.

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31 mars 2010 3 31 /03 /mars /2010 14:01

Cas (un peu particulier mais que je commence à maîtriser) du post-doc recherchant un job académique en France. C'est carré, précis presqu'à la semaine près, et tellement enrichissant, au sens premier mais aussi humainement, professionnellement... 

 

- Septembre: début du post-doc.

- Septembre/novembre: recherche de contacts en vue d'une candidature CNRS. Séminaires, entretiens, conférences, etc.

Septembre/décembre: (une fois tous les quatre ans) préparation du dossier de qualification pour pouvoir postuler aux concours MdC.

- Décembre: écriture du projet CNRS.

- Janvier: envoi du dossier de candidature au CNRS. Recherche de contacts en vue des candidatures MdC. Entretiens, séminaires, conférences, etc.

- Février: préparation de l'audition, répétitions etc.

- Mars ou avril: audition CNRS (en cas de réussite, sautez ce qui suit, mettez en vous une bonne et concentrez vous sur votre recherche jusqu'en juillet puis prenez 6 bonnes semaines de vacances avant de commencer votre nouvelle vie de "permanent". Sinon, voir ci-dessous).

- Mars: préparation et envoi des dossiers de candidature aux postes MdC.

- Avril: préparation des auditions pour les postes MdC. Eventuelles préauditions, séminaires, rencontres, etc.

- Mai: auditions MdC (en cas de réussite, voir ci-dessus).

- Juin: dépression plus ou moins marquée.

- Juillet: recherche de contacts pour trouver un autre post-doctorat. Dans l'hypothèse d'un post-doc de 2 ans, période de manipes intenses.

- Août: vacances (avec un peu de chance) ou déménagement, recherche d'appartement etc.

 

Réitérer autant de fois que nécessaire jusqu'à réussite ou abandon.

Aux heures perdues, si possible, faire un peu de recherche, obtenir quelques résultats, écrire des papiers, faire des enseignements, etc. C'est censé améliorer le pourcentage de chances de décrocher quelque chose. Ou vous faire prendre conscience que finalement, zob. 

 

Cas du post-doc recherchant un job dans le privé en France: un peu moins réglé à la minute près, mais quelques étapes clefs.

 

- Apprendre à écrire (ou peaufiner) son CV* et ses lettres de motivation.

- Chercher des contacts pouvant fournir lettres de recommandation.

- Passer des entretiens.

- Attendre que la crise soit derrière nous.

- Fournir un minimum de travail au labo pour ne pas se faire remarquer (relativement aisé normalement).

- Essayer de décrocher un post-doctorat financé par un industriel avec une éventualité non nulle d'être embaûché derrière (moins facile).

 

Petite remarque amusante en ce qui concerne les post-docs industriels: actuellement, je suis financé par le CNRS et travaille dans un laboratoire universitaire, mais sur des thématiques proposées (et financées indirectement) par un industriel. En gros, pour les aider à faire des choses relativement appliquées, je dois répondre à quelques questions fondamentales sur les systèmes qu'ils utilisent.

Là où ça devient rigolo, c'est que:

1- ils ne veulent pas me dire ce que sont ces systèmes. Ils me donnent un nom de code.

2- comme ils sont quand même obligés de m'en donner un peu pour que je puisse faire des manipes, ils font mieux: ils me donnent un système qu'ils pensent proche de celui qu'ils utilisent, mais qui n'est pas exactement celui-là.

Ils ont raison, le pifomètre il n'y a que ça de vrai pour faire de la belle science (le pire c'est que ça marche plutôt bien jusque là).

 

 

* Comparativement à l'académique, la forme est importante.

Donc on ne cite pas in extenso ses 8 papiers et 22 confs, mais on écrit par exemple: Communication scientifique (8 articles dans des revues internationales à comité de lecture).

On ne dit pas: "doctorat, compétences expérimentales en..., encadrement de stagiaires" mais "conduire un projet R&D, fonctionner en mode projet, pluridisciplinarité, maîtrise du management".

Et on met une jolie photo de soi en costard, l'oeil pétillant et le sourire conquérant sans être présomptueux.

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Published by mixlamalice - dans La recherche
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commentaires

Aisling 01/04/2010 20:16



Aaaah, aaah, tu oublies de preciser que pour ceux qui sont en post-doc aux US les "vacances" se passent en riants voyages d'audition. Apres, l'ete, ben le 4 juillet est ferie, hein.



mixlamalice 01/04/2010 21:57



En post-doc aux US cela dit, il est impossible de tout faire, sauf cas de chef complaisant qui est un vieux pote à Jean-Pierre qui veut vraiment vous recruter.


Donc généralement on se concentre soit sur la phase contact pour plus tard (par le biais d'une conférence internationalo-française si on a un chef français ou compréhensif), soit sur les
auditions CNRS, soit sur les auditions MdC en étant très sélectif sur les postes (genre chez les gens qu'on connait déjà un peu).


Pour les dossiers CNRS on a quand même une semaine de vacances à Noël et puis quand même, une semaine en août pour décompresser...


Du coup c'est une situation moins "permanente" (ah ah), plus ponctuelle. Mais très sympa c'est vrai: dépenser les 2000$ dollars économisés dans l'année pour une audition mitée de 27 minutes, ça
fait toujours plaisir.


L'avantage d'être à l'étranger par contre, c'est qu'on évite de subir les discussions de couloir, les on-dit, les tractations quant aux guerres internes du labo, les crasses sur les
candidats etc... choses stressantes qui finissent par un peu lasser quand on est candidat sur place et auxquelles il est très difficile d'échapper, tant la recherche française est un
petit monde très parisiano-centré (en tout cas dans ma partie).


Les dossiers ont été transmis il y a 3 jours, depuis ça n'arrête pas. L'audition étant prévue le 18 mai, le temps va être long, je vais peut-être me crever les tympans.



tiusha 31/03/2010 20:29



sensiblement la même galère. première tournée, et déjà je me vois mal en faire une deuxième. tant d'énergie perdue pour les activités de recherche... (pas rech d'emploi, pour le coup, hein!) on
m'avait prévenu, ben c'est pire.



mixlamalice 01/04/2010 09:48



L'an dernier, je n'avais fait que la campagne MdC, et encore, que pour deux postes au même endroit, chez des gens que je connaissais déjà. Et dans une optique plutôt d'essai pour voir. Bref, ça
ne m'avait bouffé la vie que de mars à mai et déjà j'avais trouvé ça long.


Là je fais ça plus à fond, même si je me suis épargné la phase "recherche de contacts" en candidatant toujours chez des personnes connues. N'empêche, depuis décembre, je fais pas grand chose
d'autre (j'ai du trouver un post-doc entre temps aussi).


Si je n'ai rien cette année, je ne pourrai pas sûrement pas recandidater au même endroit, il faudra donc vraiment que j'aille de nouveau sucer des q... euh je veux dire à la pêche aux contacts,
trouver un nouveau labo prêt à envisager d'éventuellement considérer ma potentielle adoption. Je crois que c'est cette phase là qui me gonfle le plus, et l'impression qui va avec d'être,
après x années de post-doc, toujours considéré comme un petit padawan étudiant de master.  Ca aussi qui me fait réécrire mon CV pour le privé ou je me dis de façon peut-être naïve qu'on me
prendra plus pour un adulte qui a déjà fait des choses dans sa vie.