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  • : La vie au labo
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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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2 juillet 2010 5 02 /07 /juillet /2010 09:45

Vous connaissez sans doute le sketch de l'ascenceur du regretté Pierre Desproges. Sinon, voyez ci-dessous:

 

 

 

J'ai une variante: que faire quand vous rencontrez dans un wagon de RER ou de métro (vide) un collègue ou une vague connaissance avec lequel vous ne partagez absolument aucun sujet de discussion?

 

Soit vous vous asseyez à côté de la personne, et vous passerez donc une demi-heure interminable entre évocations de la météo, anecdotes platissimes sur le week-end passé ou à venir ou sur la semaine de boulot, et silences fleurant le malaise*. Soit vous vous mettez plus loin, ce qui peut passer pour de l'impolitesse ou de la franchise un poil trop assumée, et faire passer une relation de virtuellement non-existante à tendue, ce qui est toujours dommageable.

 

Certes, si vous l'avez vue venir de loin, il est toujours possible de se plonger dans son journal et d'essayer de faire semblant de ne pas l'avoir remarquée. Si elle est un peu psychologue, elle fera de même et ira se foutre à l'opposé du wagon en faisant également semblant de ne pas vous voir. Il vous suffira ensuite, d'un commun accord tacite, de regarder dans deux directions opposées pendant le trajet pour veiller à l'absence totale de eye contact, c'est jouable.

 

Mais parfois, l'effet de surprise est réel, malheureusement. Si le siège voisin de celui ou vous souhaitiez poser votre fondement est occupé par la personne en question, you're screwed, la bienséance ne vous laisse plus le choix. Qaund on se voit d'un peu plus loin cependant, le choix vous est laissé, mais il faut prendre sa décision en une fraction de seconde.

 

La mésaventure m'est arrivée récemment, avec une étudiante du labo. Nos goûts, musicaux, cinématographiques, littéraires, nos opinions politiques, sociales, nos hobbies ou sujets d'intérêts sont, de ce que j'en sais, on ne peut plus disjoints. De plus, un peu jeune et buveuse d'eau, elle a tendance à trouver beaucoup de choses "trop géniales" ou "trop marrantes", du dernier blockbuster américain en passant par l'ultime accessoire in, ce qui porte un peu sur les nerfs du misanthrope blasé que je suis.

 

 

Notre façon de bosser même est assez incompatible, mais heureusement nous ne travaillons que rarement sur les mêmes manipes voire dans les mêmes salles. Bref, dans le cadre d'une pause café en groupe, ça passe, mais dans l'ensemble nous n'avons pas grand chose rien à nous dire.

Généralement nos horaires sont également dissemblables, tout va donc pour le mieux.

Il nous est cependant arrivé de rentrer ensemble une première fois il y a quelques temps. Je venais d'arriver, je souhaitais "m'intégrer", et même si je soupçonnais déjà qu'on n'avait que peu de points communs, j'ai tenté le coup. Comme ce fut l'une des demi-heures les plus longues de ma vie, lorsque la situation s'est représentée dernièrement, je n'ai donc pas franchement hésité, ai simplement fait un petit salut de la tête avant d'aller m'asseoir ailleurs avec l'Equipe et mon walkman.

A priori, la conscience de note incompatibilité est assez partagée (c'est toujours mieux que les casse-couilles qui ne se rendent pas compte qu'ils le sont), donc je pense qu'elle ne m'en tiendra pas spécialement rigueur. Et puis, je me barre dans deux mois, et entre les vacances et les congrès, les jours où l'on va se croiser sont comptés, donc, who cares?

 

 

 

* Il y a des gens que ce genre de discussions ne semble absolument pas déranger, parfois même ils semblent les apprécier. Sont-ils un peu "creux" ou plus doués que moi pour faire semblant? Je dois avouer que de mon côté, j'ai beaucoup de mal, et que ce côté taciturne qui s'empare alors de moi montre un peu trop clairement que je me fais grave chier.

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commentaires

JF 03/07/2010 07:54



Bah, insiste pas, tu t'enfonces... 


 


(quant à l'anonymat il est très relatif, je suis certain que avec les éléments que tu donnes sur ton blog qqn qui te connaît IRL te reconnaîtrait, et que qqn qui voudrait trouverait en moins
d'une demi-journée)



mixlamalice 03/07/2010 12:00



"Bah, insiste pas, tu t'enfonces... "


C'est ce que je me disais aussi au moment de poster...


Pour l'anonymat, je sais bien qu'il est très relatif, plusieurs personnes m'ont déjà "reconnues", quelques potes/connaissances lisent ces pages plus ou moins régulièrement, et pour
ceux qui ont envie de jouer au S. Holmes, je pense que quelques dizaines de minutes suffiraient (la demi-journée, c'est large)...  



JF 02/07/2010 21:06



 


Hé bien, il te reste à espérer qu'elle ne lit pas ton blog, sinon la prochaine fois que tu la croises ça pourrait être plus tendu...


 


(Ou alors ça vous fera un sujet de conversation : "hihihihi, j'ai lu un article trop génial sur un blog que je lis, à propos de rencontres fortuites dans le RER. C'est un type qui rencontre une
fille trop gourde dans le métro et qui sait pas trop comment se comporter. Hihihihi... Le type écrit sous pseudo, un certain Mix... Pourquoi vous devenez vert, Mr. XXXXX ?" )



mixlamalice 03/07/2010 02:10



Normalement je suis assez anonyme, mais bon...


Et puis, j'ai pas dit qu'elle était gourde, juste qu'on avait pas grand chose à se raconter et qu'elle était un peu trop enthousiasmée par la vie en général pour moi... j'assume mon côté pas
toujours très social. Et puis, on peut pas kiffer tous les gens avec qui on bosse (comme disait Renaud, on choisit ses amis, mais pas sa famille, on choisit pas toujours non plus ses collègues).
Nos relations ne sont d'ailleurs pas mauvaises.