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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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3 janvier 2011 1 03 /01 /janvier /2011 11:14

Dans le Courrier International du moment dédié à la "folie cuisine", que j'ai à peine eu le temps de feuilleter, un article sur les tendances horripilantes de la gastronomie moderne a attiré mon attention.

 

Il est écrit par un blogueur anglais, Simon Majumdar, et on peut lire la version intégrale et originale ici: http://www.guardian.co.uk/world/wordofmouth/2009/dec/29/worst-food-trends-decade

 

Voici un petit résumé (mal) traduit par mes soins (je n'ai pas accès à la version du Courrier) de ce top 10 à l'envers:

 

10. Les tics de présentation: je voudrais manger dans une assiette et pas dans une plaque d'argile dont on dirait qu'elle vient directement de Stonehenge. Je voudrais avoir la dose idoine de sauce et pas une virgule préparée avec le dos de la cuillère.

 

9. Les tapas: faire un repas entier à base de petits plats et tapas a l'air sympa au début, jusqu'à ce que l'addition arrive. Surtout avec des serveurs qui poussent à la consommation. Ah, et depuis quand tout accompagnement servi à part est un "tapas"?

 

8. Les morceaux "oubliés" à prix d'enfer: Il y a dix ans mon boucher me rajoutait généreusement de la poitrine de porc dans ma commande de la semaine parce qu'il ne voulait pas la jeter. Aujourd'hui on vous vend ça à prix d'or avec de la queue de boeuf sous le vocable "morceaux oubliés" (ça marche aussi avec les légumes, NdMix).

 

7. Les restos temporaires ou underground: aujourd'hui tout bon resto se doit d'avoir un concept. La mode en ce moment ce sont les restos temporaires où il faut se ruer pour avoir la chance d'apprécier le talent du chef, ou ceux qui se tiennent dans des appartements auxquels on accède par des portes dérobées avec un mot de passe, ce qui revient à aller dîner chez des amis en payant. Dire qu'à une époque, le seul concept, c'était d'être bon.

 

6. MasterChef: au départ, c'était un honorable divertissement pour le samedi après-midi. Maintenant il y a environ 15 versions, pour que chaque branche sociale puisse expliquer au jury à quel point il a appris de son "incroyable expérience".

 

5. La cuisine moléculaire: Je comprends qu'on puisse être fan de ce que font Adria ou Blumenthal. Mais sachant qu'un appareil pour faire de la mousse coûte 30 euros, n'importe quel blaireau peut se déclarer adepte d'Hervé This. Ce n'est parce que vous pouvez, que vous devez.

 

4. La bistronomie (en VO les gastro-pubs): je n'ai rien contre les troquets qui servent à manger pour arrondir les fins de mois, mais je n'aime pas quand on ne sait pas où on met les pieds: inconfortable pour manger, mais néanmoins bourré de tables de dîneurs et donc impossible d'y boire un coup peinard. A la fin, un oeuf mayo à 5 euros (ou une assiette de saucisson à 10).

 

3. "de saison" et "producteur local": il y a quelques années on nous gavait avec l'"organique", ç'a été remplacé par ça. On en fait tellement que ça n'a plus aucun sens: ainsi, la dernière personne qui me reprochait d'acheter du "non-local" était en train de boire du thé.

 

2. Les blogueurs: j'en suis un, mais je crois que ça devient un peu hors de contrôle. Nous étions une poignée, nous sommes désormais une armée, et la multitude d'avis devient imbittable. Il est peut-être temps de reposer notre appareil photo ou de demander à changer de place au resto pour avoir une meilleure lumière, et de se remettre à apprécier nos repas.

 

1. Les chefs "marque déposée": cocottes, bouillons cubes, livres de recettes, la liste est sans fin. Je ne reproche pas aux chefs de se faire du blé, mais qu'ils arrêtent de me pipoter en prétendant que toutes ces activités ne nuisent pas à la qualité de leur cuisine, et à leur présence derrière les fourneaux... 

 

 

 

Ca m'a fait rigoler. Je dois avouer que j'aurais préféré ne pas me rendre compte que le sieur Majumdar était devenu récemment juré dans IronChef, mais bon...

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Published by mixlamalice - dans Autour de la gastronomie
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commentaires

docadn 02/03/2011 17:33



Aussi loin et un peu plus jeune, Roellinger perpétue "le chariot mémère des desserts", et quand il y en a qu'un pour tout le resto... C'est long, mais long :


http://escapades.over-blog.fr/article-32358315.html



mixlamalice 03/03/2011 12:01



Oui, je me souviens que tu avais eu une expérience mitigée au Bistrot du coquillage... J'avais bien plus accroché, mais - c'était avant que le 3* ne ferme - il faisait très beau -on
était arrivé tôt et on avait pu prendre l'apéro peinards dans le jardin sur la baie - il y avait assez peu de monde - on l'avait joué plus simple avec le menu à 54euros (j'avais mangé une très
bonne sole avec une sauce aux agrumes et de la purée à l'huile d'olive - ultra-"simple", ultra-bien réalisé, nickel).


N'ayant pas eu à attendre 30m le chariot de desserts, je l'avais trouvé impressionnant et fort appétissant.


D'après mon collègue qui a fait les deux  "il est trois fois plus grand chez Bocuse"...



docadn 01/03/2011 21:16



Salut Mix,


Oui, nous sommes quelques uns à savoir ce que le Gros Rouge a de bon. J'avoue régulièrement, avoir fait sans honte aucune, mon apprentissage avec ce dernier (à l'époque, il n'y avait que le
G&M et lui, pas difficile comme choix).Alors il est la cible de choix pour la critique. autant comme tu dis, il peut souffrir d'une ou 10 énormités, mais au global, au vu du peu de risques
pris, pas d'aberrations flagrantes... Alors oui, il y a  les mythes à ne pas égratigner (le G&M a été plus malin en inventant le concept "d'icone de la restauration" comme ça, rien à
redire, ils restent au sommet pour l'histoire), et on attend patiemment que le père Bocuse casse sa toque pour le remettre dans son rang...La nouvelle patronne du Bib est allemande et en quoi
est-elle concernée par ces mythes ?? Soit, c'est un "pur produit du pneu" et puis ? Elle se doit de perpétuer "l'esprit Michelin", à la bonne heure !! Quand les guides alternatifs se fourvoient
dans le hype de la com' à outrance, ou les ridicules glapissements de caniches pseudo-savants aux méthodes Coué discutables, je me dis que le Rouge a encore de beaux jours devant lui malgré
tout... A quand un guide qui se la joue pas à tout prix "on est pas pareil, nous on est sérieux, mais on sait manger nous, contrairement à tous les autres blaireaux !!!". Qu'ils acceptent le rôle
excitant de découvreurs, de défricheurs avec toute l'humilité et le sérieux que cela impose, pour finir en véritables références, et laissent le Rouge à sa place sans lui tomber dessus tous les
ans fin février, alors qu'ils ont des modes de fonctionnement peut-être guère plus éthiques (copinage, communautarisme philisophique, végétariens de la nouvelle lune, etc...). Tiens, bonne idée
ton "Nous on est pas le Michelin II" !! 



mixlamalice 02/03/2011 10:24



"(le G&M a été plus malin en inventant le concept "d'icone de la restauration" comme ça, rien à redire, ils restent au sommet pour l'histoire)": bonne idée, effectivement, je ne connaissais
pas.


Concernant Bocuse, je pense que les "habitués" des 3* peuvent être déçus pour le côté "poussiéreux" de la cuisine comparé à des tables plus excitantes, mais d'après ce que m'en a dit un collègue
amateur de bonnes chère, ça reste un grand moment. Je dois avouer que j'aimerais bien y aller avant qu'il ne casse sa pipe, ne serait-ce que pour le chariot de desserts "à la mémé".


 



docadn 28/02/2011 18:58



Salut Mix,


Là est la force du Gros Rouge, maudit, houspillé, voué aux flammes de l'enfer, il continue imperturbablement à faire la pluie et le beau temps. Et on en parle encore et encore... Il fait encore
trembler nombre de chefs quand les guides hype, ou S(l)o(w) F(c)oo(l)d s'agitent frénétiquement pour avoir découvert le chef, la table ou la déco pas finie de demain... Le Gros Rouge impassible,
anoblit, confirme et surtout RASSURE !!



mixlamalice 01/03/2011 10:12



Eh ouais, tu sais bien aussi que le Gros Rouge a du bon...


D'autant que, depuis que je suis ça d'un peu près, je vois qu'on parle de "petit millésime" quand ce n'est pas de "ridicule dont se couvre Michelin", mais on ne donne guère qu'un ou deux exemple
pour corroborer ces dires (Decoret qui n'a pas sa 2ème étoile, la Chevre d'or qui garde les siennes malgré 2 changements de chef, Besson qui perd son étoile, Bocuse qui ne les vaut plus - mais
quel intérêt de déboulonner un monument qui est nettement plus proche de sa fin de carrière que du début et où les gens vont de toute façon pour "un moment d'histoire")... bref, les
"scandales" se comptent chaque année sur les doigts d'une main, et personne ne s'attarde vraiment sur la majorité des récompensés, pauvres étoilés de province où le chroniqueur mondain n'ira de
toute façon jamais...


Quand ces rois de la hype nous disent que le Michelin "fonctionne sur des critères obsolètes voir opaques hérités dune France de combines, arrangements, services, obédiences,...", je me demande
s'ils y croient vraiment ou s'il font semblant de ne pas voir la poutre dans leur oeil (notamment quand ces mêmes parlent "librement" de quelques restos bien précis au moins une fois par
mois ici et la depuis six mois, depuis l'achat de la première chaise jusqu'au poil de barbe en caméra numérique du serveur...).


Ca mériterait presque un "nous on n'est pas le Michelin" part 2, si j'ai le temps...



mixlamalice 28/02/2011 13:14



Et comme chaque année, "personne ne court après le Michelin", mais tout le monde en fait des tartines dessus... entre prédictions madamirmesques et commentaires fielleux. Preuve que le Guide
Rouge reste probablement la référence, puisque lorsque les autres guides sortent, tout le monde s'en tape (sauf lorsqu'on crée une polémique artificielle sur un prix décerné à un restaurant pas
ouvert).



docadn 24/02/2011 23:02



Salut Mix,


Dommage que les pros se bastonnent dans 100 km2 et ignorent les 547 000 autres !!... Après en termes de budget, avec un ticket moyen plus élevé, 2 ou 3 tables évitées paient largement un
aller-retour au Havre ou à Reims !! F. Simon a je pense une ligne budgétaire qui doit faire baver d'autres pros et des amateurs reveurs, mais il transpire un tel dégout de quitter Paname qu'il ne
peut s'empecher de filmer, d'écrire et de décrire tous les travers "Deschiennesques" croisés lors de ces très rares virées "à la campagne"... Un créneau battu et rebattu par le malin Pudlo qui
doit financer ses escapades à la Jean-Pierre Pernaud avec son désormais historique et fourre-tout "Pudlo-Paris"... Là encore les conflits d'interets jonchent son blog avec les connivences de
rigueur de cuistots tout contents d'etre reconnu par un "Champerard de la ville" qui claque la bise à tout va et donne de l'orgueil à tous "les gardiens de la tradition gastronomique"... Eh
Verjus alors ? Fini les visites de chantier ??



mixlamalice 25/02/2011 11:07



C'est clair que certains devraient se dire que meme les plus parisiens des parisiens n'auront rien à faire de la 123eme critique dithyrambique (ou de la 35eme mauvaise, parce qu'il y a divers
niveaux de branchitude) de Rino, Spring ou Saturne, et qu'aller chez Tartarin ou dans d'autres tables de chefs en TGV ou TER, ça pourrait faire plaisir aux lecteurs bouseux (ceux qui ne sont pas
déjà partis) ou à ceux pour qui sortir au-dela de la zone 3 du RER B sans que ce soit dans une classe business vers NY n'est pas le sport extreme de l'année (bon, je fais mon donneur de leçons
comme d'hab, mais en ce moment je suis largement plus parisien que la moyenne...).


Ah non, Verjus continue de faire un article sur 3 sur le Saturne, 1 article sur 3 sur le Dauphin, et 1 article sur 5 sur le Food Festival à Deauville. Le reste est occupé par les boulangers
sexys, les produits de saison, et de temps en temps un resto lambda: quand la "jeune critique" fait tout comme l'ancienne, en somme... Par contre, son flux RSS (des autres blogs culinaires) est
plutot bon.


Concernant l'"ancienne" vague, je ne connais pas Pudlo personnellement, ni ne lis son guide. Vu que sur son blog il y a en moyenne 6 repas par jour, je me doute qu'il a des collaborateurs (au
moins certains sont avoués) ou qu'il se contente de servir la soupe aux amis parfois. Cela dit, il me semble relativement bien informé, et sur la Cote d'Azur c'est souvent assez pas trop mal: si
je dois attendre des infos du Fooding sur les nouveaux restos niçois...


Quant à F. Simon, il a son petit coté poseur, genre "ah les brasseries Costes c'est tellement bling-bling que ça en devient génial", façon un peu honteuse d'avouer qu'il aime bien ce genre
d'endroits. Y a pas de mal, mais du coup c'est vrai que les tables bcbg feutrées et vieillottes, c'est pas son truc. Meme s'il avait beau jeu de défendre Gérard Besson (avant d'y placer son
copain).