Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : La vie au labo
  • La vie au labo
  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
  • Contact

Profil

  • mixlamalice
  • Misanthrope optionnellement misogyne et Esprit Universel.

Recherche

2 juin 2011 4 02 /06 /juin /2011 14:32

Hier soir, pour la première fois, je me suis montré grossier envers un élève.

Une jeune fille, au dernier rang, qui a passé une demi-heure à glousser peu discrètement, en me regardant assez fréquemment dans les yeux. J'ai fini par en déduire qu'elle se foutait de ma gueule, soit directement, soit au moins indirectement...

J'aurais sans doute du lui dire plus tôt d'arrêter, mais je n'ai jamais été formé aux notions de respect de la discipline. Et j'estime que ça n'est pas le rôle premier d'un enseignant du supérieur...

Mais bref, une fois que j'ai eu vérifié que ma braguette n'était pas ouverte, ça a fini par m'énerver, mon humeur étant probablement également affectée par le fait que c'était le 3ème cours magistral de 4 heures en 3 jours, dont le deuxième en cours du soir, et que je suis un peu malade...

"Mesdemoiselles, au fond, ça commence à me gaver. Soit vous arrêtez tout de suite, soit vous sortez vous mettre de l'eau sur la gueule pour vous calmer, soit vous vous barrez, je n'en ai rien à foutre mais ça suffit. Vous arrêtez immédiatement de rigoler comme une conne et de vous foutre de ma gueule. Ok?"

Bref, le sarkozyste en moi a ressurgi, et n'aurait pas du. 

Je crois que j'ai tendance à me la jouer, plus ou moins inconsciemment, comme "le prof djeun's", probablement pour me rassurer de ne pas être vraiment devenu comme ceux dont je me moquais souvent quand j'étais vraiment djeun's.

Je pense qu'en fait, c'est une attitude complètement "uncool", surtout face à des élèves en formation initiale. Pour les èlèves "adultes" qui reprennent leurs études, on peut plus facilement rentrer dans une relation quasi-amicale*, mais pas avec des "vrais jeunes". Peut-être à la limite quand on n'est "que" le chargé de TD ou l'encadrant de TP, mais pas quand on donne un cours magistral.

Et la grossièreté est de toute façon toujours à proscrire, même face à un comportement insupportable, et la fatigue n'étant pas une excuse.

Il faut que j'apprenne à me maîtriser et à agir avant d'être vraiment en colère. Et à admettre d'"habiter un peu plus la fonction", moi aussi...

 

 

* notamment parce qu'ils sont dans une vraie démarche personnelle d'apprentissage, avec une forme un peu old school de respect du professeur, et pas dans l'optique de la majorité des étudiants classiques, qui est d'attendre plus ou moins tranquillement que ça se passe.

Partager cet article

Repost 0
Published by mixlamalice - dans L'enseignement
commenter cet article

commentaires

régis 03/06/2011 11:36



J'ai encore une activité très marginale d'enseignement à des équivalents BTS pas tjs très coopérants, car ma discipline est également très périphérique de leurs préoccupations. Quand j'avais
moins de 30 ans, c'était pfs l'épreuve de force... la meilleure façon de faire taire les perturbateurs était d'en prendre un et de l'envoyer au piquet. Ca paraît incroyable mais ça marche très
bien, il faut simplement ne pas en abuser:


- l'effet de surprise est considérable. Le regard change. Le petit malin qui jouait les emmerdeurs roule des yeux éperdus. Il bredouille deux ou trois paroles confuses comme pour se justifier,
mais il n'est pas mis en accusation: "je ne vous reproche rien, je vous dis d'aller au coin"


- pour ne pas perdre la face, il rétorque qu'il préfère s'en aller. "Vous faites comme vous voulez. Je ne vous interdis pas d'assiter à mon cours": pas autoritaire, juste désabusé, je reste
maître, in fine, du champ de bataille;


- ça glousse un peu puis ça se calme au premier regard sévère.


Egalement parler longuement, un peu vite, du fond de la salle ça marche bien: le pertrubateur est moins à l'aise quand il ne peut pas regarder l'enseigant en face.



mixlamalice 03/06/2011 12:00



J'avais un élève au premier semestre qui était un peu dans le registre "crise d'adolescence tardive, conflit avec l'autorité". Le pb était que c'était un élève alternance, donc obligé de venir en
cours (et à peu près certain d'avoir à terme son diplome, aussi). Il s'est embrouillé quasiment avec tous les profs, de cours, de TP, de TD... c'était aussi le porte-parole de la classe (une
classe franchement médiocre à tous points de vue) quand il fallait pleurer sur les notes (parce qu'en plus ils n'assumaient pas de prendre des cartons et voyaient ça comme une vengeance de notre
part). Finalement, l'ironie désabusée ne marchait pas trop mal avec lui, même si un collégue a fini par lui souffler dans les bronches verbalement et que ça l'a calmé au moins pour la fin de la
séance...


On a tous des techniques, je vois, qui marchent bon an mal an mais dont on n'est pas toujours très fier... S'il y avait une méthode pédagogique infaillible, cela dit, je pense qu'elle aurait été
découverte, au bout de quelques milliers d'années.



foodista 03/06/2011 07:59



Bienvenue au club !!! Après 4-5 ans de cours en amphis de 1ère année de 400 à 500 étudiants, je suis de plus en plus démunie face à ce genre d'étudiants que l'on rencontre de plus en plus
souvent. Je pensais naivement que les étudiants non intéressés désertaient assez rapidement, mais non. J'ai essayé de caser les cours à 8h du mat', peine perdue ils sont toujours là et bien
réveillés ! J'essaie d'oeuvrer dans le long terme (cours volumineux de 80h par an), alors je repère les groupes chahutteurs et je vais leur parler à la pause, histoire de ne pas les
stigmatiser devant l'amphi (ce qui souvent les conduit à radicaliser leur comportement), ça marchait assez bien mais ces dernières années j'ai l'impression de me trouver face à des animaux avec
qui je ne parle plus le même langage. Quand je pète les plombs, ce n'est pas le sarko qui ressurgit mais le Jospin !!!! je débranche le micro et je me casse genre "je ne suis pas formée à faire
cours à des animaux, c'est impossible de dérouler un propos dans cette foire, démerdez-vous seuls, moi je vais me prendre un café ou rentrer chez moi, en tous cas faire des choses plus
intéressantes, bye bye" !!! on a tous de l'homo politicus qui sommeille en nous !!!



mixlamalice 03/06/2011 11:52



Pff, un amphi de 400 personnes, je serais complètement démuni face à ça. Même en tant qu'élève je n'ai jamais connu plus grand que 100 (voire 50)...


La technique Jospin est sans doute plus raisonnable, sauf quand on l'applique comme mon collègue, qui m'a dit comme une fleur au premier semestre, sur un autre enseignement: "ils sont
insupportables, je me suis cassé et je n'y retournerai pas, donc c'est toi qui gère les cours restants, la surveillance d'exams, et les tps". Avec une semaine de préavis, c'était moyennement
sympa de sa part (je l'ai d'ailleurs envoyé chier pour les cours, parce que faut pas déconner: parler de ce que je ne connais pas avec un mois de préparation, passe, mais pas -encore- avec une
semaine).



mikeroaming 02/06/2011 15:52



Quel a ete sa reaction premiere ? Surprise ? Etonnement ? Embarras ? Fermage de gueule et presentage d'excuses ? Ou alors Renafoutre, cause toujours j'en ai rien a cirer ? Pour avoir vecu aussi
ce type d'experience pendant ma these, on a beau se dire qu'il ne faut pas franchir la ligne rouge, mais putain......ca soulage et ca libere...et ca permet d'etre plus concentre, meme si apres on
se dit "Et merde !"



mixlamalice 02/06/2011 20:19



C'est une UE où je n'interviens qu'une quinzaine d'heures sur 60, donc je suis loin de mettre un nom sur tous les visages, voire même de reconnaître tous les élèves, mais je ne l'avais jamais
remarquée, et je ne crois pas qu'elle soit le profil type "casse-brunes qui s'assume".


Donc elle est devenue toute rouge, elle s'est écrasée, et on ne l'a plus entendue. Elle n'est pas partie à la pause, et elle a même fait partie des rares participants au TD ensuite...


Quant à moi, j'ai eu un peu de mal à me reconcentrer immédiatement après, probablement parce que: 1- je ne suis pas habitué à gueuler. 2- j'ai du sentir de suite que j'avais été borderline...
mais effectivement l'ambiance était plus "tranquille" ensuite.


J'hésitais un peu à m'excuser, mais j'en étais encore à réfléchir à la formulation correcte (je regrette la forme, pas le fond), et elle est partie comme un pet sur une toile cirée...