Musico-littéro-gastro, l'Art en somme

Mercredi 14 décembre 2005 3 14 /12 /2005 08:54

Ben oui, je ne vais pas parler que de ma vie et que du labo. Il faut trouver des sujets brûlants pour appâter le chaland. Quoi de mieux qu'Harry Potter, donc?

J'annonce fièrement la couleur, je brandis l'étendard du non-conformisme: je fais partie des sept blaireaux qui n'ont jamais, JAMAIS, ouvert un livre de J.K. Rowling, même sur un présentoir de fnac. Mes autres faits d'arme dans l'opposition bête et méchante à ce qui me semble être du moutondepanurgisme sont nombreux: je n'ai jamais vu Titanic. Je n'ai jamais lu le Da Vinci Code. Si, monsieur.

Dans la vie il y a deux catégories de personne. Celles qui aiment le cassoulet et celles qui ne l'aiment pas. Et puis deux autres: celles qui aiment lire et celles qui n'aiment pas. Le lecteur invétéré peut facilement passer pour un monomaniaque. Il lit n'importe quand. Quand il fait caca, quand il mange ses céréales, quand il prend son bain (il essaye quand il prend une douche, mais c'est vraiment pas facile). Il peut lire n'importe quoi. S'il n'a rien de mieux sous la main, il peut lire le mode d'emploi du shampoing quand il fait caca aussi bien que la composition énergétique de son pain de mie pendant le petit déjeuner.

Pourquoi des gens adorent lire? Eh bien, peut-être parce que la lecture fertilise l'imaginaire. Bon, c'est limité dans le cas du shampoing, mais des fois, je vous assure, c'est bien. Autre chose, ça occupe l'esprit. Lors de ma dépression nerveuse, par exemple, lire m'a sauvé. Lire permet de se concentrer sur quelque chose d'agréable et de ne pas avoir à penser. A cette époque là, je devais lire mes dix livres par mois au bas mot (le ryhtme a baissé depuis, heureusement). Je pense que les gens qui ne lisent pas manquent de courage, en quelque sorte. C'est plus l'effort de la lecture qui les rebute.

La grande qualité d'Harry Potter, à mon sens, est d'avoir fait accéder certains hermétiques de la lecture (notamment la génération Game Boy, et leurs parents que j'appellerais la génération Voici) aux joies que procure icelle. A cette élévation de pensée, à ce développement de l'imagination que j'ai essayé de décrire (brièvement, c'est une chronique, pas un essai philosophique de 600 pages) ci-dessus. Je pense que ce sentiment est suffisamment fort, pour, lorsqu'il est inconnu, provoquer lors de sa découverte les explosions commerciales auxquelles nous avons pu assister lors de la sortie des derniers épisodes de la saga (surtout lorsque le tout est saupoudré d'un marketting type rouleau-compresseur. Regardez le dernier Astérix: 95% des acheteurs s'accordent à dire que c'est une merde qui dénature la série entière et ferait se retourner René dans sa tombe. Pourtant, grâce au matraquage incessant, il est resté en tête des ventes un bon petit moment).

Je pense malgré tout que, pour ceux qui avaient déjà une certaine expérience du lire (ce n'est pas une faute de frapppe), Harry Potter reste une oeuvre mineure. Vous savez (enfin, ceux qui lisent savent), ce genre de bouquins qu'on lit pour se détendre entre deux "vrais" livres (ces livres qui vous apportent vraiment quelque chose. Des auteurs comme Hugo, Dumas, Levi, Rushdie, Lodge, Orwell, etc...). Moi, par exemple et entre autres, j'aime bien lire un polar de Connelly de temps en temps (plus jeune, c'était Patricia Cornwell).

Voila pour une première ébauche de réflexion, j'y reviendrai sans doute quand j'aurai plus de temps.

Par mixlamalice - Publié dans : Musico-littéro-gastro, l'Art en somme
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Mercredi 14 décembre 2005 3 14 /12 /2005 18:18

Dans mon premier article, j'ai fait une référence underground à Manowar.
Comme j'aime bien étaler ma culture telle une confiture  visqueuse, je vais vous en dire plus sur Manowar.

Manowar est un groupe de musique américain, orienté, comme son nom peut le laisser supposer, vers le hard-rock, ou plutot le heavy metal. Ils ont conceptualisé le "true" heavy metal, par opposition au "false metal" représenté a l'époque, d'apres Manowar, par les glamouzes.
Formé à l'origine, au début des années 80, par Joey de Maio, bassiste, toujours aujourd'hui "âme" et "philosophe" (si j'ose dire) du groupe.
Pour la petite anecdote, Joey de Maio était à cette époque roadie du grand Black Sabbath (mais si, vous avez tous vu le décrépit lobotomisé Ozzy Osbourne sur MTV, exploité par sa femme comme un singe en cage dans un zoo).

Joey de Maio s'est adjoint les services de Ross The Boss à la guitare, et de Eric Adams au chant. Plus tard arriva Scott Colombus à la batterie (le monsieur était bûcheron avant, ce qui donne une idée de son jeu tout en subtilité).
Leur premier contrat fut signé avec leur sang, parce que la cause du métal méritait bien ça.

Quelques rimes cultes de chansons de Manowar donneront une meilleure idée de Manowar que  mes longs et oiseux discours. "The others bands play, Manowar kills", "Death to false metal", et "born to rock drink and fuck". La mascotte du groupe apparaissant sur la quasi-totalité des pochettes est un gros barbare bodybuildé tenant une énorme épée ou des crânes dans sa main, voire des nibards de plantureuses amazones.

A leurs débuts, ils se vêtaient de peaux de bêtes, car ils estimaient que les groupes en cuir étaient des fiottes. Depuis, ils en sont revenus (le slip en peau d'ours, ça n'en jette plus en 2005), mais reste que Manowar se revendique comme le seul groupe de "true metal" au monde.

Manowar premiere époque

Manowar maintenant, comme quoi 25 ans plus tard la sagesse se lit sur leurs fronts.

La légende veut qu'ils se déplacent en Harley (modele chopper) pendant leur tournée, et non dans un tour bus.
La réalité veut qu'ils soient dans le Guiness book en tant que "groupe le plus fort du monde": 135 dbs. Un temps détrônés par U2 (sauf qu'eux jouent dans des salles de 5000 personnes et pas de 50000 comme U2), ils ont dans la semaine qui suivit donné un concert pour reprendre leur trône.
(Petit ajout, depuis l'été 2008, ils sont également le groupe ayant fait le concert le plus long du monde, 5h30 en Bulgarie: 5h30 a 130 dbs, imaginez les saignements d'oreilles dans la salle)

Je n'ai jamais réussi à déterminer si Manowar était vraiment premier degré et donc totalement stupide, ou second degré. Leurs fans les plus extrêmes, les "brothers of metal" et les "sisters of steel",  eux, sont clairement à fond (tatouages du barbare, groupies qui montrent leurs nibards avant d'aller se faire tringler dans les loges...). Dans un de leurs DVDs, une scène ou le bassiste vient à la rescousse de ses potes avec leurs choppers enneigés, lui-meme en moule-bite sur un scooter des neiges aurait tendance à me faire pencher vers la seconde solution, mais rien n'est moins sûr. Manowar se proclame totalement dédié à ses fans "you're the blood in our veins". Ils sont en fait absolument inconnus aux Etats-Unis, mais ils connaissent un succès monstre en Allemagne (où ils remplissent des salles équivalentes à Bercy dans une quinzaine de ville à chaque tournée- sans doute est-ce la preuve du bon goût et de la finesse allemandes), dans les pays nordiques et au Brésil.

Quoiqu'on en dise, Manowar est un groupe génial sur scène, même si son succès est bâti en relevant les instincts primaires du mâle: on a des grosses couilles, ouais, on est pas des tapettes, ouais, on va toutes les niquer, ouais, on boit de la bière, ouais. C'est assez facile de se prendre au jeu, de bomber ses maigres pectoraux ou bander ses pseudo-biceps en hurlant telle une bete sauvage. Bref, de débrancher les neurones pendant deux heures et de réveiller le male dominant qui dort, frustré, en soi.

Je ne vous conseillerais pas d'albums en particulier, puisque leur style a assez peu évolué depuis 25 ans. Mais si vous êtes curieux et que vous aimez l'ironie, jetez-y une oreille.

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Dimanche 18 décembre 2005 7 18 /12 /2005 00:42
Qui suis-je pour parler d'influences?

Un petit thésard. Un scientifique. Je ne veux pas ici évoquer des personnalités scientifiques qui m'ont influencé. Hormis le fait qu'il n'y en a probablement pas à l'heure actuelle (plutôt des gens dont j'admire le génie scientifique), ça ne ferait pas un sujet de chronique très bandant.

Je voudrais écrire quelques mots sur mes influences artistiques. Le terme "influence" est sans doute mal choisi, puisque je ne suis ni écrivain, ni musicien, ni plus généralement artiste . Au sens propre du terme, ils ne m'ont donc pas influencé. Alors disons plutôt qu'ils ont provoqué en moi des émotions. Fortes.

Dans le domaine littéraire (je commence par là puisque, pour ceux qui ont la comprenette difficile malgré ce que montre ce blog, je suis un écrivain raté, ou un non-écrivain frustré, à votre convenance), mon hugophilie est très connue au sein de mon cercle d'amis. Sans parler de l'homme, si contrasté, l'écrivain Hugo est à mon sens le plus grand. The greatest, si ce surnom n'était pas déjà attribué à Mohammed Ali dans un tout autre domaine. Son talent de plume est inégalé. Hugo manie tellement bien la phrase dans son ensemble (sa longueur, son champ lexical, sa musicalité) qu'une argumentation hugolienne est toujours irréprochable et incontestable, quand bien même on ne partage pas son opinion. Ses affirmations apparaissent à la fois péremptoires et en même temps inattaquables. C'est très fort.
Sa faculté à provoquer l'émotion chez le lecteur est également phénoménale (amours impossibles, dévouement sublime...).
500.000 personnes se sont massées à son enterrement au Panthéon, en 1885. Autant que sur les Champs-Elysées en 1998 quand la France a gagné la Coupe du Monde. C'est dire si Hugo n'était pas n'importe qui, puisqu'il fut à un siècle décart l'égal de 22 footballeurs.

Toujours dans le romantisme français, j'ai une grande affection pour Alexandre Dumas père. "Je viole peut-être l'Histoire, mais je lui fais de si beaux enfants", aurait-il dit. Il n'y a rien à ajouter. Je passerai sans polémiquer sur ses "nègres" (perfidement, je soulignerais juste que Maquet, le plus célèbre d'entre eux, commença une carrière solo après leur séparation, pour sombrer illico dans les oubliettes de la littérature, tandis que Dumas restait à son sommet). Dumas écrit sans doute moins bien que Hugo, et que la plupart des écrivains de l'époque (Stendhal, Balzac, Flaubert), d'un strict point de vue technique. Mais son génie de conteur d'histoires n'a jamais été surpassé. Dumas et ses ficelles pas toujours très fines (suspense de bas de page, histoires à rallonges, de l'action à tout va, du sexe, de la mort) sait appâter le lecteur comme pas deux et provoquer un engouement, une quasi-dépendance. Je ne connais personne qui n'ait fini "le Comte de Monte Cristo" et ses 2000 pages en moins d'un mois, même chez des lecteurs rien moins qu'invétérés.

Dans la littérature contemporaine, Haruki Murakami a écrit les plus beaux romans d'amour qu'il m'ait été donné de lire. "La ballade de l'impossible" et surtout  "Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil", sont des chefs-d'oeuvre. Peut-être parce que j'y ai trouvé une métaphore de ma propre histoire, peut-être parce que je trouvais là superbement couché sur le papier des sentiments ressentis que je n'avais jamais su exprimer, moi, par écrit? Quoiqu'il en soit, le texte est poétique, éthéré, beau tout simplement. Sa deuxième facette, plus orientée vers un fantastique teinté d'absurde, m'est moins familière.

Enfin, j'apprécie grandement David Lodge, auteur britannique. David Lodge, à l'instar d'Umberto Eco, a d'abord été universitaire (prof de littérature anglaise, spécialiste de Joyce et Austen) avant de se lancer lui-même dans l'écriture. Avec une grande réussite. Les histoires (qui ne sont souvent, je le subodorre, que des prétextes) ne sont guère plus que du vaudeville. Tout est dans le traitement: Lodge, grâce à sa grande culture, développe dans chaque roman un thème philosophique (souvent théologique) qui ne tombe pas comme un cheveu sur la soupe (et n'est pas là que pour impressionner le lecteur, chose que j'aurais par exemple tendance à reprocher à Eco) mais vient subtilement donner plus d'intérêt à l'histoire. D'autre part, une grosse dose d'humour british, fait d'ironie, de petites méchancetés et d'une grosse dose d'auto-dérision, me correspond assez bien. Je me soupçonne d'aimer Lodge car il me montre, en quelque sorte, ce à quoi ressembleraient sans doute mes romans si j'étais capable d'en écrire.
J'apprécie plus généralement tous les romans de ce que j'appellerais les affiliés de David Lodge (qui commence à se faire vieux), les petits jeunes british qui montent: Hornby, Baddiel, Coe, Fielding, Mc Cauley (lui, il est de Boston).

En BD, je rendrai hommage à Greg et son Achille Talon, qui m'ont fait aimer la langue française et donné le plaisir d'enrichir mon vocabulaire à un âge ou ce n'est pas forcément la préoccupation première. Goscinny pour sa faculté à jouer avec les mots (que ce soit dans Lucky Luke, Astérix, avec Gotlib, etc) a toujours beaucoup compté.

Pour conclure sur le chapitre littéraire, je me dois de coucher ici le nom de Pierre Desproges, que j'ai déjà cité dans un autre article, qui alliait de grandes qualités d'écrivain et un humour dévastateur sorti droit d'un esprit férocement misanthrope. Coluche, quoique touchant un public plus populaire, était beaucoup plus subtil qu'on ne le présente souvent.

Musicalement, ce sera plus court: il y a un groupe qui a fait de moi l'amateur de musique que je suis devenu. Iron Maiden. Eh oui, ce n'est pas récent. De plus, la baffe qui m'a conduit au métal est venue d'une écoute, à la Fnac, de l'intro de "Sign of the cross" dans l'album X-Factor (alors que j'avais 14 ans) , album qui est sans doute (et sans doute à raison)  l'un des moins aimés du groupe. Je ne classerai pas ici les trois chanteurs de Maiden, puisque je les apprécie tous, et que selon moi la force du groupe vient plutôt des compos de Steve Harris, le bassiste. Maiden, certes, finit par tourner un peu en rond, mais a eu le mérite d'inventer ou de populariser les duels de guitare, et la basse type cheval au galop, deux éléments qui sont désormais quasiment des définitions du heavy métal.
J'ai toujours voulu jouer de la guitare comme dans Iron Maiden et quand je m'y suis mis, j'étais convaincu de devenir une rock star (comme tout le monde lorsqu'il commence la guitare). Malheureusement, mon manque de volonté patent m'a plutôt conduit à faire dans le Hughes Aufray: vous savez, le pote qui ramène sa gratte à toutes les soirées au coin du feu et qui vous fait chanter les grands classiques de U2 ou de Téléphone. Je suis sûr que vous en avez un comme ça dans votre entourage.

Enfin voilà, je ne suis pas devenu un guitar hero permanenté vêtu d'un collant moule-burnes et alignant les soli à 3000 à l'heure, mais Maiden m'a fait aimer le métal et découvrir une foultitude de groupes que j'écoute toujours aujourd'hui (WASP, Megadeth, Manowar, Metallica, Helloween, etc...), même si je suis maintenant un petit vieux (qui plus est, qui vit en couple. Et Manowar ne renforce bizarrement pas le couple) qui s'est mis aux Cranberries et à Ben Harper.

Je m'intéresserai au cinéma dans une chronique prochaine, car, voyez-vous, il est tard. En vous souhaitant, amis lecteurs, une bonne nuit, je m'éclipse.
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Lundi 19 décembre 2005 1 19 /12 /2005 17:02

Sans inspiration, l'artiste expire.

Moi.

Je ne sais pas si quelqu'un l'a déjà faite, en tout cas, je suis content de l'avoir trouvée. Elle est pas mal, non?

Bon, enfin, voila, quoi. Je vais m'arrêter là car aujourd'hui je n'ai pas trop la flamme. J'ai même plutôt la flemme.

 

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Samedi 24 décembre 2005 6 24 /12 /2005 18:03

A partir du milieu des années 90, écouter du rock ou du hard-rock était devenu le comble du has-been. Je situerais ça immédiatement après la mort de Kurt Cobain. Kurt Cobain et le grunge ayant déjà précipité la chute des énormes machines hard de la fin des années 80, les Gun's, Metallica et tutti quanti.

C'est donc sans doute en partie parce qu'écouter cette musique testostéronée faisait de vous un être "différent" à l'époque de mon adolescence boutonneuse que je m'y suis mis (j'ai toujours eu une propension non négligeable à me considérer comme différent, en mieux bien évidemment, du vulgum pecus). Ecouter du métal et m'habiller en noir (sans maquillage ni chaînes, je restais tout de même mesuré dans la rebéllion) me permettait de marquer mon originalité au sein de mes petits camarades. En effet, mes autres traits de caractère (mes parents sont des nazes, la vie c'est de la merde) et mes excès de sébum étaient plus classiques, digne de n'importe quel ado lambda.

Et puis, assez subitement, alors que les divas type Mariah Carey, la pop électroniquo-torturée à la Radiohead, et le hip-hop faisaient tranquillement la loi sur les ondes et dans les bacs, le rock a fait son retour, d'abord subrepticement, puis en force.

Je me suis rendu compte qu'il était bel et bien redevenu le courant dominant lorsque j'ai vu Pascal Obispo s'y mettre en se déguisant en Gene Simmons de Kiss dans l'un de ses clips (ce type est pathétique: si la mode devenait la musique tzigane, il serait le premier à s'y mettre en clamant son amour de toujours pour cette musique. Il n'y avait dès lors plus de doute possible).

Depuis, mes sentiments à l'égard de cet état de fait son ambivalents. Ma rebéllion d'ado s'est terminée, mais cette musique est toujours celle de mon coeur même si j'ai depuis élargi mes horizons.

Je suis donc heureux de pouvoir continuer à écouter mes amours de jeunesse qui, grâce à cette mode, en vivent une seconde (nous n'avons pas affaire ici à un zeugma. Si quelqu'un connaît le nom de cette figure de style, je suis preneur, merci d'avance), et de pouvoir aller les voir se produire dans des salles trois fois plus grandes qu'il y a cinq ans.

D'un autre côté, je trouve, en vieux con de base, que les concerts c'était mieux avant, quand il n'y avait que les "vrais fans" et pas ces groupes de petits merdeux caricaturaux qui ne savent pas pogoter, qui ne connaissent le rock que par les chansons de merde qu'on leur passe à la radio, et qui viennent avec papa pour surveiller dans les tribunes. Réaction bête, je vous l'accorde, puisque les "vrais fans" devaient penser la même chose que moi lorsque j'assistais à mes premiers concerts (encore que j'y allais tout seul et pas avec ma bande de puceaux sauvages).

Et puis, ma réaction hésite entre rires et larmes lorsque je vois les clips de Kyo, Emma Daumas ou Patricia Kaas vêtus de bracelets de force et de cuir, entourés de gratteux aux cheveux longs alignant les accords de puissance sur leur Gibson devant un mur de Marshall, singeant pitoyablement l'imagerie métal. Je m'esclaffe parfois devant tant de ridicule, entre les minets du 16ème déversant à des gamines enfiévrés des textes plus mielleux qu'un nougat de Montélimar sur une musique aussi couillue qu'un transsexuel (malgré l'utilisation éffrénée de pédales de distorsion) et les anciennes chanteuses à voix voulant se reconvertir dans le rock testostéroné pour ne pas pointer à l'ANPE (Céline Dion qui reprend du AC/DC, Patricia Kaas qui clame à qui veut l'entendre son amour de toujours pour le vrai rock'n'roll. Dieu sait que Lara Fabian fait de la merde, à mon humble avis, mais au moins elle a su rester digne).

Et parfois, les larmes l'emportent sur le rire quand je songe à ce détournement mercantilement honteux d'une imagerie certes un brin ridicule (jeans moule-burnes, chaînes et clous, perfectos, santiags, cuites à la Heineken, cheveux longs et moustaches, etc), mais qui avait au moins le mérite d'être authentique. Alors j'ai honte. Alors je songe à Manowar, "Just true metal people, that's Manowar's crowd: wimps and posers, leave the hall".

Par mixlamalice - Publié dans : Musico-littéro-gastro, l'Art en somme
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