Présentation

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog

Calendrier

Juillet 2008
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>
Jeudi 17 juillet 2008

Petite annonce envers les réalisateurs français. Plus particulierement tous ceux, interchangeables, qui font le meme film, interchangeable, et chiant, sur des français moyens et leur vie moyenne (assez souvent, le français en question a la trentaine et a peur de s'engager, mais la crise de la cinquantaine ou la crise de l'adolescence ça marche aussi). 
L'idée c'est que ça soit pas triste, juste bien morose, gris foncé, pas drole et fourré de réflexions philosophiques que ne renieraient pas Ana Gavalda.

Alors l'histoire est totalement originale: c'est un scientifique de 28 ans. Déja ça commence pas mal, un scientifique, c'est pas marrant et c'est vilain, pas de risques d'avoir un beau gosse plein de thunes qui s'éclate.
Il est expatrié dans la cambrousse ricaine, dans une ville de 20000 habitants, et vit dans une chambre chez une lesbienne de 78 ans et son fils informaticien puceau, la cinquantaine. Le fils travaille a 150 kms de son domicile, part de chez lui a 6 heures du matin et revient le soir a 20h passées. Il s'occupe aussi de sa soeur schizophrene et handicapée, qui vit a quelques kms de la.
Le scientifique est en CDD, et cherche a obtenir un CDI a 1800 euros par mois, CDI que 50 personnes largement aussi compétentes que lui, convoitent. La chambre dans laquelle il vit est meublée d'une mousse a meme le sol, d'un bureau années 1950, et d'une télé datant de 1972. La fac dans laquelle il bosse a un petit coté soviétique, architecturalement parlant (béton grisatre, briques bordeaux et tours). Son bureau est le seul de l'étage sans fenetre. Il ne connait personne a part ses collegues qu'il ne fréquente pas en dehors des horaires de boulot. Le soir, il joue sur son ordinateur, regarde la télé, et lit.  
Voila, a part ça il ne se passe pas grand chose. Théoriquement, dans mon scénario, le scientifique retrouve sa partenaire le week-end dans la grande ville, mais si ça apporte un peu trop de joie au film, ça peut etre supprimé, je suis ouvert a la discussion.
Le film est censé durer un ou deux ans, mais on peut se concentrer sur les mois d'hiver, quand il fait -10 et qu'il tombe 20 cms de neige en deux heures. L'été, c'est un peu trop lumineux.

Je pense que ça peut rafler un paquet de Césars, a défaut d'avoir des spectateurs (qui auraient raison de préférer aller voir Hellboy 2).

Me contacter par mail pour acquérir les droits.

par mixlamalice publié dans : Musico-littéro-gastro, l'Art en somme
ajouter un commentaire commentaires (4)    créer un trackback recommander
Mercredi 9 juillet 2008

Petite anecdote a Provincetown, dans un café-resto réputé de la ville.
Comme une grande majorité des restos ricains, il propose jusqu'a une heure avancée de l'apres-midi une carte type brunch avec pour une dizaine de dollars des plats oscillant entre les pancakes ou le muesli-salade de fruits d'une part, et les omelettes-patates-bacon d'autre part. Je dois avouer que c'est un plaisir assez coupable, en terme de graisses saturées et de sucres divers et variés, que nous nous accordons de temps a autre.
Il était midi et demi, c'était le coup de feu, nous étions le seul couple hétéro, et les 4 serveuses se répartissaient les tables avec une certaine dextérité, maintenant le temps d'attente a des niveaux raisonnables.

Arrivent a la derniere table libre, a coté de la notre, deux hommes, plutot look peres de famille que musclors ou folles, l'air gentil. Le premier, taille et corpulence moyenne, mat, cheveux poivres et sel, le deuxieme tendance ploucos en vacances (le genre a porter une banane).

La serveuse qui les a placés s'éclipse, et une autre serveuse arrive quelques minutes apres leur demander s'ils souhaitent a boire. La banane demande si le service est "réparti", la serveuse lui explique que non, sa collegue les a juste installés, mais que désormais c'est elle qui s'occupera d'eux (sans doute premiere erreur de la part de la serveuse, car en effet, meme si elle était la serveuse principale de ce coin de tables, d'autres passaient de temps a autre remplir les tasses a café ou vérifier que tout se passe bien). Je crois qu'ils commandent leur thé, jusque la tout va bien.

Deux minutes plus tard, la banane alpague la serveuse entre deux aller-retours a la cuisine chargée de plateaux pour lui demander de quoi est fait le smoothie qu'il aperçoit a une table voisine. Notamment, monsieur voulait savoir (et il a bien insisté sur ce point) si le lait utilisé était du low fat, juste histoire de se renseigner pour savoir s'il allait s'en commander un. Alors qu'elle n'avait pas que ça a foutre, la serveuse a pris le temps d'expliquer gentiment tous les fruits utilisés, la marque du lait et tutti quanti. 
A ce moment la, je commençais déja a apprécier, comme cela m'arrive souvent, la patience et le sens du commerce des serveurs ricains, il est vrai favorisés par leur mode de paiement mais tout de meme. 

Finalement banane fut convaincu, on lui apporte son smoothie, ils commandent. Je crois bien que le meme a trouvé le moyen de demander 43 précisions sur le menu pourtant on ne plus détaillé, mais a ce moment la je ne me disais pas encore que le gars était particulierement casse-burnes.
J'ai commencé a le ressentir fortement quand, 5 minutes apres, il a rappelé la serveuse pour lui demander des précisions sur le bacon servi en side dish avec son omelette. Je n'ai pas tout saisi, et je dois avouer que je me demande quelles questions on peut se poser a propos de deux tranches de bacon (est-ce que c'est du low fat?...), mais, la encore, la serveuse a été tres politiquement correcte alors que moult tables l'attendaient qui pour l'addition, qui pour le café, qui pour recevoir ses french toasts. 

Il y a bien du avoir une ou deux remarques sur le temps d'attente ensuite, ou sur le verre d'eau vide et pas immédiatement rempli, toujours de la part de banane (l'autre ne disait rien, était-il habitué, mal a l'aise, je ne sais pas). 
Finalement, les deux plats a dix dollars arrivent, et banane commence a manger. Il rappelle la serveuse pour lui demander de la Worcestershire sauce. Je crois qu'a la place de la serveuse, a ce moment la, je la lui aurais immédiatement envoyée dans la gueule, sa sauce. Il me semble qu'a ce moment la aussi, malgré leur bonne volonté, elle començait a perdre patience.

Pendant quelques minutes, alors que nous sommes en train de régler, j'entends banane expliquer a son pote que quand meme les patates ont un gout bizarre, que c'est épicé etc. 
Au moment ou nous nous levons, il interpelle une fois de plus (probablement la dixieme fois en une demi-heure) l'une des serveuses pour lui expliquer qu'il est tres mécontent, qu'en plus du temps d'attente tres long, les patates sont immangeables, beaucoup trop fortes (mon Dieu, probablement trop de poivre high fat). Toujours relativement zen comparativement a moi par exemple, la demoiselle propose de ramener d'autres patates (oui, mais si c'est pas trop long hein), avant d'aller en référer a la patronne. M'imaginant encore a sa place, j'aurais dit a la patronne, bon j'en peux plus de ce connard, vous vous en occupez vous-meme, vous lui offrez le repas ou vous le virez je m'en fous, mais c'est votre probleme. 

Puis nous sommes partis. Je n'ai malheureusement pas la fin de l'histoire. Peut-etre y est-il encore, a se plaindre qu'il y a des grumeaux dans son smoothie, ou que l'eau a un gout de chlore. Etait-il casse-couilles a ce point par religion, dans l'espoir de bouffer a l'oeil, la question reste posée. Il me semble en tout cas, placé aux premieres loges, que ses gémissements étaient pour le moins globalement illégitimes.

Certes, le client ricain est souvent plus exigeant que le client français vis a vis du service au restaurant, notamment parce qu'il le paye "directement". C'est parfois une bonne chose, mais la le client était vraiment un chieur premiere classe, catégorie qui me semble moins rare que chez nous (voyez les commentaires, quel que soit le resto, sur citysearch.com: 90% des mauvaises critiques sont liées au serveur trop ceci, au maitre d'hotel pas assez cela, on a presque l'impression que la bouffe est secondaire). 
Pour ma part, j'ai trop tendance a laisser faire et je me dis que je devrais remiser mon éducation feutrée au placard et gueuler plus souvent quand la situation dérape vraiment (typiquement quand il faut 3h pour terminer un entrée plat dessert comme cela m'est arrivé a la Table Corse, maintenant fermée, ou a Coco de Mer, et que visiblement vous passez apres toutes les autres tables). Je pense me comporter trop souvent comme un hote alors que je suis un client, pour vous donner une idée. Mais les vraies mauvaises expériences sont assez rares, probablement moins de 5% des cas, et je pense que la plupart du temps, on peut laisser pisser les petits aléas de service. Il faut aussi adapter ses attentes au resto ou l'on va, et la, typiquement, le mec semblait exiger pour sa petite personne l'attention d'un resto 3 étoiles dans un café bondé, sans prétention et pour une addition de 15 dollars service compris.  

par mixlamalice publié dans : Musico-littéro-gastro, l'Art en somme
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Lundi 23 juin 2008
Avec ma douce, nous avons assisté a deux concerts ce week-end, chose que nous n'avions pas fait depuis longtemps, en solo ou en duo.
Iron Maiden le vendredi soir, Yael Naïm le samedi soir. On peut difficilement plus éclectique, et mon but ici n'est pas de comparer qualitativement les prestations de l'icone heavy metal des 80's avec la nouvelle perle franco-israëlienne de la world-folk (je n'ai pas lu Télérama donc je ne sais pas sous quelle catégorie elle a été placée), mais de vous livrer quelques impressions a posteriori.

Iron Maiden est probablement "mon groupe préféré", pour reprendre la terminologie des fans de moins de 16 ans.
J'en ai parlé assez peu ici, car c'est un groupe plus "consensuel" que Manowar. Qu'on aime ou pas leur musique, Maiden est un groupe sérieux, pas franchement ridicule (certes ils portaient du cuir ou des spandex dans les années 80, mais ils n'ont jamais sombré dans la peau de bete, le maquillage ou la permanente) qui personnifie le hard-rock heavy-metal sans trop de clichés, un peu comme AC/DC ou Metallica avant que ces derniers ne succombent a la teinture peroxydée, a la psychothérapie de groupe et au néo-metal.
Bref, il n'y a pas vraiment de quoi se marrer en parlant d'Iron Maiden (ils n'ont meme pas pour eux de se droguer ou de se taper Pamela Anderson), du coup, je reste concentré sur Manowar ou W.A.S.P. quand je souhaite communiquer au monde ma passion pour la musique douce.

Toutefois, c'est par ce groupe que je me suis vraiment intéressé a la musique, et que je suis ainsi devenu, moi aussi, un fan de moins de 16 ans tendance rebelle.
Auparavant, j'écoutais NRJ ou Foun Radio, quelques cds de mon frangin, un peu tout et n'importe quoi, mais en dilettante, sans que cela soit vraiment quelque chose d'important pour moi comme la lecture pouvait l'etre.
Et puis, un jour de 1996, je me suis retrouvé a la Fnac et ait été intrigué par la superbe (et de bon gout) pochette du X-Factor , le premier album de Maiden post-Dickinson (le chanteur emblématique, parti apres l'album Fear of the Dark, en 1992).


Je connaissais déja un peu Iron Maiden, par le biais de leurs lives de la tournée Fear of the Dark justement, dont j'avais enregistré sur cassette quelques titres apres avoir emprunté les cds a la médiatheque niçoise.
Cet album a été pour le moins décrié par la suite (pas que pour sa pochette, et un peu abusivement a mon gout), mais l'écoute de la premiere chanson (Sign of the Cross) et sa géniale montée en puissance introductive ont été la premiere claque musicale de ma vie, et ont signé mon entrée dans le fan club éternel de Maiden.
Meme si j'ai depuis largement élargi mon horizon musical, je leur reste sentimentalement tres attaché, et continue a aller les voir des que possible en concert (le groupe ayant été fondé fin des années 70, les musiciens ont maintenant la cinquantaine bien tassée, et sont donc plus proches de la retraite que du début de leur carriere: je me dis donc que chaque concert auquel j'assiste est potentiellement le dernier). 

Pour la petite histoire, Maiden s'est reformé en 2001 (i.e., ils ont fait revenir Bruce Dickinson - ainsi que le guitariste Adrian Smith- et ont viré Blaze Bayley qui l'avait remplacé sans démériter). Pour etre franc, je crois que la reformation a eu pour principale raison le pognon plutot qu'une quelconque vélleité artistique, mais toujours est-il que, le retour du rock au top de la mode aidant, Iron Maiden connait depuis une deuxieme carriere exceptionnelle, enchainant des albums de qualité respectable (contrairement a pas mal d'autres groupes eux aussi reformés pour des questions pécuniaires) et remplissant des salles de superficies inégalées depuis leur heure de gloire au milieu des années 80, et ce partout dans le monde.

Bref, revenons a notre concert. A Mansfield, MA, 30 minutes au sud-ouest de Boston, dans un amphithéatre en plein air, a moitié couvert, d'une capacité que je situerais entre le Zénith et Bercy (disons dans les 10000 places ou moins - apres vérification, il semble que ce soit plutot 15000, plus grand que ce qu'il m'avait semblé).
La tournée actuelle est censée etre focalisée sur les quatre albums qui ont amené Maiden a la gloire (Piece of Mind, 1983, Powerslave, 1985 et sa tournée pharaonique, c'est le cas de le dire, Somewhere in Time, 1986 et Seventh Son of a Seventh Son, 1988). Ils avaient déja suivi le meme principe avec leur trois premiers albums en 2005 pour une tournée intitulée Early Days.
J'ai été un peu déçu que, contrairement a cette fois la, ils n'aient pas joué le jeu a 100% et aient malgré tout interpreté 5 classiques n'ayant pas été composés dans cette période. Comme ils ne passent pas toujours par les USA (le heavy metal "classique" n'est pas en odeur de sainteté ici, du fait de groupes plus modernes comme Slikpnot, et Maiden est sans doute l'un des seuls représentants du genre a pouvoir se permettre d'y venir tout de meme sans se ruiner), je ne sais pas si la set-list est un spécial best-of pour la foule ricaine sevrée, ou si elle sera la meme en Europe. Dans ce cas la, ce serait dommage, car ces 5 classiques, je les ai entendus a chaque tournée de Maiden depuis 2001, c'est a dire au moins 5 fois, et je dois avouer que j'aurais préféré m'en passer cette fois-ci au profit de titres plus joués sur scene depuis 20 ans (cela dit, il y a eu tout de meme 5 ou 6 chansons "inédites" en live, tout au moins de mon temps).

Toutefois, a part ce petit reproche, et la pluie qui a donné a la performance un coté rock'n'roll pas forcément apprécié de ma douce un brin frigorifiée, l'ambiance festive et familiale typiquement américaine était plutot plus sympa que chez nous et le concert était globalement tres bon. Comme toujours avec Maiden. Les décors et la pyrotechnie étaient phénoménaux, et Iron Maiden, malgré les années qui passent, reste un grand groupe de scene, tres pro, tres carré.
Et c'est la que je voulais en venir. Tres pro, tres carré, et, me dis-je, limite trop. Attention, rien a voir avec par exemple Muse et son chanteur-guitariste talentueux mais aussi charismatique qu'un caramel mou, qui enchaine tous ses titres non-stop, sans un mot au public, et avec exactement la meme sonorité "parfaite" que sur album. Il y a incontestablement plus de vie chez Maiden, mais tout de meme, le show est calibré pile-poil, les speechs sont bien rodés, la set-list est la meme chaque soir, et ils ne feront jamais une chanson de plus pour récompenser un public particulierement chaleureux, par exemple. Bon, je ne leur en veux pas, et je comprends qu'apres 30 ans a faire ça, on perde un peu la spontanéité des débuts.
Mais la différence avec Yael Naïm le lendemain m'a sauté aux yeux. Yael Naïm, israëlienne vivant a Paris, est connue depuis peu pour sa jolie chanson New Soul qui a fait la pub ici pour le nouveau Mac. Son premier album est tres sympa, les chansons agréablement mélancoliques, avec des instrumentations intéressantes et un beau brin de voix.
Samedi soir, on les (elle et ses trois musiciens) sentait authentiquement heureux d'etre la, spontanés, complices, souriants, encore émerveillés par la présence du public et le remerciant a tour de bras, allongeant les chansons pour faire chanter la foule, improvisant allégrement etc. Vraiment un chouette concert dans une chouette salle (une sorte d'Olympia rutilante appartenant a la fac de musique de Boston), avec une premiere partie elle aussi tres agréable (Piers Faccini, un jeune anglais, croisement entre Bob Dylan et Ben Harper - pour lequel il a d'ailleurs ouvert- période Blind Boys of Alabama).

Quoi qu'il en soit, deux bons moments.
par mixlamalice publié dans : Musico-littéro-gastro, l'Art en somme
ajouter un commentaire commentaires (2)    créer un trackback recommander
Lundi 16 juin 2008

Pour ceux qui vraiment débarqueraient de Mars, les smileys, ce sont ces petits dessins stylisés qui, pour les plus simples, représentent une figure souriante :-) ou clignant des yeux ;-) ou pas contente :-(.

La plupart du temps, ils sont employés pour ponctuer une boutade, ou pour bien signifier "attention je déconne la, c'est du second degré".
Il y en a de plus complexes, sur MSN notamment, mais le principe est le meme (encore que le mouton d'hotmail je n'ai jamais compris a quoi il servait...)

Ils foisonnent sur les blogs.

A mon sens, c'est un peu l'équivalent du roulement de tambour que les mauvais comiques de music-hall utilisent pour bien montrer a leur public desespéré que oui, la, faut rire. Ou au moins sourire.
L'autre utilisation potentielle n'est pas meilleure: se sentir obligé de montrer qu'on fait du second degré, c'est soit mépriser son lecteur en le considérant incapable de bitter toute tentative d'humour, soit prouver qu'on est soit-meme usuellement tellement premier degré qu'on vient de s'impressionner au point de devoir le souligner.

Les smileys sont surabondamment utilisés par ces blogueurs qui tiennent a préciser sur leurs profils qu'ils n'aiment ni la guerre, ni la méchanceté ni l'hypocrisie.

Bref, ça et les lol (ou autres xplsdr, ptdr), sans parler de l'écriture SMS, sont les fossoyeurs de l'immense majorité de la littérature bloguesque. En attendant peut-etre l'extension a toute la littérature. Remarque, ça sera peut-etre pas pire que du Christine Angot. ;-)

par mixlamalice publié dans : Musico-littéro-gastro, l'Art en somme
ajouter un commentaire commentaires (2)    créer un trackback recommander
Lundi 9 juin 2008
Comme je l'ai mentionné subrepticement ici, je m'essaye pour la premiere fois a la lecture en anglais dans le texte. En effet, il se trouve que j'ai fini les 7-8 bouquins en français que j'avais ramenés, et que la seule librairie bostonienne vendant des livres dans la langue de Moliere ne propose que des auteurs francophones (vous me direz que c'est logique. Certes, mais, ça aussi je l'ai dit ailleurs, je n'aime pas trop les écrivains contemporains français, et je ne suis actuellement pas d'humeur a lire des classiques). Alors, tant qu'a faire, pourquoi ne pas?

A vrai dire, je n'étais pas sur d'en etre capable, et finalement ça s'est pas trop mal passé.

Toutefois, l'un dans l'autre, ça m'a conforté dans mon jugement a priori, que je vais vous exposer illico.
Cet avis, j'avais pu le murir au cours d'une discussion quelque peu enflammée avec l'une des personnes les plus stimulantes intellectuellement que j'ai pu rencontrer. Sans rentrer dans des détails intimes, nous nous sommes légitimement mais malheureusement un peu perdus de vue, et je dois avouer que parfois je le déplore. Bon, treve de guimauve, je ne pense pas qu'elle lise ces lignes, mais si c'est le cas, je pense qu'elle se reconnaitra et donc salut a toi. Ah, pour finir, comme j'avais (ai) plus tendance qu'elle a désirer avoir le dernier mot, j'avais (ai) tendance a devenir, au fur et a mesure de l'argumentation, de mauvaise foi (plutot consciemment, pour ma défense). Bref, je vais essayer d'etre plus pondéré (vu qu'ici je n'aurais pas a potentiellement avoir a admettre que quelqu'un d'autre puisse etre dans le vrai).

Je crois que nous parlions de Lolita de Nabokov.
Pour ceux qui l'ignorent, Nabokov, émigré russe, d'abord en France puis aux Etats-Unis, a, vers l'age de 40 ans alors qu'il était un écrivain en langue russe reconnu, choisi de composer la suite de son oeuvre littéraire en anglais. Lolita est son troisieme ou quatrieme roman dans cette langue, et, selon beaucoup, l'un de ses chef-d'oeuvre d'un point de vue stylistique (en plus du reste).

La personne en question avait lu l'opus dans la langue de Shakespeare (ou de Nabokov en l'occurence). Connaissant mes opinions sur le bouquin (que j'avais lu, en traduction, quelques années auparavant), elle a tenu a m'informer qu'il l'avait également profondément marquée, et, notamment, par sa forme (autant sinon plus que par son fond). Elle m'a ensuite tenu a peu pres ce langage: "pour moi ce livre est intraduisible". 

Je passerai outre la legere humiliation que j'ai ressentie (oui, elle savait que je l'avais lu en français. Oui, je pense que sa remarque était sincere et sans réelle volonté de me faire passer pour un noeud. N'empeche, ça peut expliquer une partie de la mauvaise foi qui a suivi). 

Ce n'est pas non plus le coté "intello" ("bobo", "parisien", "inrock", "snobinard", "teleramesque", choisissez votre insulte favorite d'aculturé qui s'assume) qui me rebute dans la tirade entre guillemets avec des pincettes, encore que: je me doute bien que dans le tas de crétins qui s'extasient devant l'art contemporain, le dogme et Lars Von Trier ou encore le rock lo-fi, il y en a des honnetes qui aiment vraiment ça. Apres tout, tous les gouts sont dans la nature, pour faire dans le plus abject des lieux communs. 
Mais, parfois j'ai beau essayer tres fort, ben j'y crois pas: quand je vois, par exemple, cette sombre merde qu'est "Rois et Reines", mal joué, nombriliste, totalement vain et sans intéret encensé, analysé, décortiqué par tous les critiques la bouche en cul de poule, je me doute. Je persiste a croire qu'il y en a un bon paquet qui se sont autant fait chier que moi, qui n'ont rien compris non plus parce qu'il n'y a rien a comprendre, mais qui creveraient plutot que d'admettre qu'ils auraient préféré aller voir Scary Movie 3 (c'est dire), plutot que d'admettre qu'ils se sentent obligés de dénigrer tout ce qui est "populaire" et d'encenser tout ce qui plait a moins de 6 blaireaux, simplement pour cette raison.
Ainsi, ce qui n'est probablement qu'une fiente (le peuple a mauvais gout, certes, et il peut se tromper, recertes, mais pas toujours) est élevé au rang de chef d'oeuvre conceptuel pour initiés du bulbe*.
Je prends ici l'exemple du cinéma, car par association d'idées, je me rappelle nos débats houleux également sur le principe voisin de la V.O.S.T. pour les films. La, pour le coup, je dois reconnaitre que j'abusais en défendant le point de vue opposé au sien -i.e. la V.O.S.T. c'est quand meme mieux-, car effectivement c'est quand meme mieux, a de rares exceptions pres (les animés par exemple, avouez qu'on s'en fout meme si le progres fait qu'ils en sont presque a restituer le mouvement des levres... autre exemple, certaines "voix" collent si bien au personnage et ont tellement marqué qu'elles sont presque mieux que la vraie, comme pour Bruce Willis ou Eddie Murphy).
J'admets meme que je me fourvoyais en prenant comme exemple les comédies: je disais que de toute façon les blagues intraduisibles on ne les comprenait pas en V.O., donc on ne perdait pas grand chose a voir la V.F.. Certes, pour ces films, généralement, le budget doublage doit etre de 23 euros et on se retrouve avec des voix nazes, mal calés et des dialogues traduits en version pas drole.

Mais je m'égare quelque peu, comme a l'accoutumée.

"Pour moi, ce livre est intraduisible". Tout simplement, je considere que cette affirmation péremptoire est globalement non fondée. 
En effet, a part quelques personnes totalement bilingues, meme les gens maitrisant bien la langue (i.e. ceux qui, comme moi, peuvent soutenir correctement une conversation quel que soit son sujet, comprendre dans sa globalité un film sans les sous-titres - on y revient- etc) sont, forcément, moins a l'aise que dans leur langue natale et ont donc des lacunes, de vocabulaire notamment. En gros, il y a souvent des subtilités qui leur échappent, que ce soit a l'ecrit ou a l'oral. 
En ce qui concerne l'écrit, il existe toujours la possibilité de lire avec un dictionnaire sous la main, mais a mon sens, s'il y a bien quelque chose qui annihile le processus d'implication dans l'oeuvre lue, c'est bien de passer deux minutes toutes les deux pages a chercher trois mots dans le dico: je le réserve aux cas de nécessité majeure, par exemple si c'est un passage clé du bouquin que je ne saisis pas. Si c'est moins important, je laisse pisser et tente de deviner le sens de ce qui m'a échappé.

Du coup, il y a deux sortes de bouquin. Ceux ou l'anglophone basique comprend 99% ou plus de ce qui est écrit. Pour ces livres la, on peut se dire que, probablement, un bon traducteur saurait rendre l'essence meme du livre (a part peut-etre trois jeux de mots, deux alitérations ou oxymores et une référence culturelle que de toute façon 99% des lecteurs ne remarquent pas meme dans la version originale). Donc, pour ces livres la, on ne perdra sans doute pas beaucoup a la traduction. Un exemple dans mes lectures récentes: Haroun and the sea of stories de Salman Rushdie (je suppute, car je ne me suis pas encore amusé a le relire en français pour vérifier). Comme c'est un conte pour enfants, la forme est assez simple. Il y a quelques seconds sens, j'en ai compris quelques uns et ai du en rater beaucoup d'autres, mais, l'un dans l'autre, j'ai tout saisi.  

Et puis il y a les bouquins plus complexes, ou l'anglophone lambda pige l'histoire dans sa globalité et la majeure partie de ce qui se passe, mais ou certains dialogues ou disgressions - pour le fond-, certaines constructions de phrases - pour la forme- lui échappent. Dans ces cas la, une traduction - bonne (j'insiste et j'y reviendrai) - meme, nécessairement, imparfaite, sera donc plutot bénéfique. Je termine en ce moment le dernier Martin Amis (The House of Meetings): aucune incompréhension majeure, mais certains apartés historiques (le livre traite des camps d'internement en URSS) ou métaphysiques ont pu m'échapper, ainsi que certains procédés stylistiques. Cela dit, je pense que l'originalité du style d'Amis vient plus de la construction de ses bouquins que de la langue qu'il emploie, qui n'a me semble-t-il, rien de spécialement intraduisible. Je suis heureux d'avoir tenté l'expérience et apres un démarrage délicat, je suis parvenu a rentrer dans l'histoire. Toutefois, je n'aurais pas été contre le lire en français pour mieux apprécier, et il me semble que j'ai atteint ma limite linguistique, ou pas loin.

Je ne parle pas de la troisieme sorte de bouquins, celle ou le langage, le style, la forme sont si soutenus que seul le pur bilingue bittera quoi que ce soit (je n'ai pas essayé mais Ulysse de Joyce doit etre un bon exemple). 
 
Ainsi, il me semble qu'il y a généralement plus a gagner qu'a perdre en lisant la version française. Et normalement, apres cette démonstration sans faille, vous devez adhérer, tout ébaudis, a mon point de vue.

Pour conclure, je reviens au concept de "bonne" traduction. Difficile de juger de la qualité d'une traduction sans avoir lu la version originale. Cependant, quelques indices qui me semblent prouver la bonne tenue d'une version francaise:
généralement, les auteurs reconnus ont un traducteur attitré. Cela permet une certaine symbiose entre un auteur et un traducteur, une connaissance de la personnalité de l'auteur et de son style littéraire. Dans les contemporains, je peux citer Lodge (qui évoque d'ailleurs le probleme dans l'un de ses ouvrages de théorie littéraire). Certains auteurs multilingues surpervisent meme leurs traductions (Nabokov, encore et toujours). Certains traducteurs sont aussi des écrivains marqués par une oeuvre au point qu'ils veulent ne laisser a personne d'autre le soin de la retranscrire (Chateaubriand a passé plusieurs années sur le Paradis Perdu de Milton, au point que la version française est sans doute un peu son oeuvre aussi, Baudelaire a traduit Edgar Allan Poe).
D'autre part, quand on lit une version française superbement écrite, on peut penser que le traducteur a bien fait son boulot et a su retranscrire une oeuvre de qualité (et s'il a vraiment fait de l'excellent boulot en transformant de la merde en bronze - attention jeu de mot intraduisible- eh bien, on ne va pas se plaindre). Je citerais par exemple les Enfants de Minuit du meme Salman Rushdie. Ce livre était étourdissant, non seulement par son histoire, mais également par son style. Sachant que Rushdie est réputé pour son talent d'écrivain, je dis chapeau au traducteur. Je ressens la meme chose lorsque je lis la plupart des textes de Haruki Murakami: le coté onirique ressort magnifiquement, je suis persuadé que le traducteur n'y est pas pour rien.
Attention, ce n'est pas réciproque: un livre traduit pourri est peut-etre bien en V.O.. Je pense a ce livre de Donald Westlake recommandé par cette - encore- meme personne: la traduction était visiblement minable - fautes d'orthographe, de syntaxe... comme je l'ai souvent remarqué pour les polars et la SF (l'équivalent des comédies au cinéma...). Puis-je vraiment conclure que Westlake est un écrivain merdique? Ce n'est vraisemblablement pas le cas).

Mais baste, treve de bavardages: l'important reste de lire, en anglais, en français ou meme en mandarin si ça vous botte. D'ailleurs, moi, j'y vais.

* Desproges analyse bien mieux que moi ce phénomene dans sa chronique de la Haine ordinaire intitulée la démocratie, extrait: "... les intellectuels démocrates les plus sincères n'ont souvent plus d'autre but, quand ils font partie de la majorité élue, que d'essayer d'appartenir à une minorité. Dans les milieux dits artistiques, où le souci que j'ai de refaire mes toitures me pousse encore trop souvent à sucer des joues dans des cocktails suintants de faux amour, on rencontre des brassées de démocrates militants qui préféreraient crever plutôt que d'être plus de douze à avoir compris le dernier Godard. Et qui méprisent suprêmement le troupeau de leurs électeurs qui se pressent aux belmonderies boulevardières."
Ah tiens, pour le "crever plutot que", c'est un hasard. Sisi, je vous assure.

** L'accouchement a été laborieux...
par mixlamalice publié dans : Musico-littéro-gastro, l'Art en somme
ajouter un commentaire commentaires (2)    créer un trackback recommander

Derniers Commentaires

Recherche

Profil

  • : mixlamalice
  • laviedemix
  • : Homme
  • : 13/05/1980
  • : PARIS BOSTON AMHERST
  • : Misanthrope optionnellement misogyne et Esprit Universel.
Blog : Loisirs sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus