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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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19 juillet 2013 5 19 /07 /juillet /2013 09:00

La dernière mise à jour ayant eu lieu en 2010, et une discussion sur Twitter ayant ravivé quelques souvenirs, où en suis-je dans ma quête des lectures que j'aimerais faire mais que je n'ai pas encore faites et que je ne ferai sans doute jamais?

 

Donc, le but est de lister ici par pays les écrivains (romanciers) que je n'ai pas encore eu la chance de découvrir, que j'ai déja un peu lus (et qui ne m'ont pas plu) ou dont je n'ai jamais terminé un livre, histoire de leur donner une seconde chance.

 

Je ne suis pas de "plan de lecture", ni ne consulte chaque mois cette liste pour en voir l'avancée, c'est un peu au feeling.

Je reste à l'écoute de vos éventuelles suggestions. Les noms soulignés correspondent aux écrivains qui étaient dans les précédentes version de la liste, mais dont j'ai lu un ou plusieurs livres depuis (c'est un peu le tonneau des Danaïdes).


Pour une liste concernant mes favoris parmi les livres et auteurs que j'ai déjà lus, et qui peut expliquer l'absence de certains grands noms, voyez ici et .

 


- France:
La Fayette - La Princesse de Cleves qui a connu une deuxième jeunesse suite à une déclaration bien vulgos de notre ex-président.
Chateaubriand - Les Mémoires d'outre-tombe
Sade - j'avais commencé Aline et Valcour, a retenter (échos pas terribles cependant)
Saint-Simon - Mémoires: un mec qui raconte sa vie en 25 volumes de 1000 pages, ça ne peut etre qu'intéressant, non?
Flaubert - Bouvard et Pécuchet, c'était chiant. Je n'ai jamais réussi a me farcir l'Education Sentimentale, faudrait que je tente Madame Bovary
Maupassant - Bel Ami, mais les "romans d'éducation", c'est un peu tout le temps pareil quand meme
Ponson du Terrail - Rocambole. Hélas introuvable désormais, ou presque.
Malot - Sans famille. Les aventures du petit Rémi. Assez étonnemment, le dessin animé est finalement extrêmement fidèle. Sinon, c'est un roman d'aventures du 19ème siècle avec les qualités (lecture prenante et facile) et les défauts (morale sociale qui a pas forcément très bien vieilli, incohérences dans le récit, suspense parfois un peu fastoche, personnages binaires...) du genre. On a depuis assimilé ça à un roman pour la jeunesse, mais elle doit avoir le coeur bien accroché, avec toutes ces morts affreuses qui s'enchaînent. 
Proust - 1 seul suffira je pense.
Peguy - ?
Aragon  - ?
Colette - Chéri. Selon moi, une merde petite-bourgeoise par excellence. Les problèmes existentiels d'une rentière pré-ménopausée: dois-je porter la robe bleue ou la verte pour continuer à plaire au petit puceau dilettante? J'en ai rien à foutre (passez-moi l'expression) et j'en parle ailleurs.

Kessel - la belle découverte de ces dernières années, j'ai lu les Cavaliers à mon retour du Kazakhstan, un superbe roman sur les nomades, le bouzkachi, l'honneur, la steppe. L'armée des ombres, sur les réseaux résistants, et la Steppe Rouge, recueil de nouvelles sur la Russie d'avant 17, m'ont moins marqué mais j'en essayerai d'autres.
Radiguet - Le diable au corps. Radiguet a été peut-être le premier "phénomène littéraire" vendu comme tel par son éditeur et son protecteur Cocteau, par le biais d'une campagne de pub annonçant l'avènement du "plus jeune romancier de France". Radiguet fréquentait les cercles littéraires et artistiques parisiens dès l'adolescence, juste après la Première Guerre, et a écrit le Diable au corps à 16 ans. Il mourut à 20 ans pour se faire un destin à la Rimbaud. En ce qui concerne le Diable au corps, c'est un roman (plutôt une nouvelle) que j'ai trouvée insupportable. Pas tant au niveau du style, somme toute assez classique, qu'au niveau du fond: le narrateur, qui se trouve être l'alter ego de Radiguet, est un jeune homme prétentieux, qui à travers l'histoire d'amour qu'il raconte, ne parle que de lui. La jeune femme qu'il séduit semble juste un prétexte, une abstraction. Le narrateur est également un pleutre, qui justifie ses actions comme mûrement pensées alors qu'elles sont juste le reflet d'une couardise sans nom. Enfin, comme un certain nombre d'adolescents, il est assez primaire mais est persuadé d'être le seul être humain doué d'intelligence et de sensibilité. Dans ce sens c'est intéressant, puisque rare sont les adolescents qui écrivent (ou en tout cas qui sont publiés), qui plus est sur les émois de l'adolescence. Bref, insupportable, mais probablement à lire (et puis ça fait 100 pages écrit gros).
Valéry - ?
Martin du Gard - Les Thibault, mais a-t-il écrit autre chose?
Mauriac - Noeud de viperes
Bernanos - Sous le Soleil de Satan
Bataille - ?
Céline - Je n'ai pas fini Voyage au bout de la nuit, j'avais trouvé ça vieillot (super, il parle en argot... so what? cf mes commentaires sur Orange Mécanique). A retenter quand même.
Duras et Yourcenar - En bon misogyne, je suis sûr que c'est le même genre intello-chiant (de Beauvoir ca doit etre bien dans le genre aussi).
Vian - Faudrait que j'arrive a finir l'Ecume des jours ou que j'essaye J'irai cracher sur vos tombes
Camus - J'ai lu l'Etranger et Noces, j'ai trouvé ça bof. Je viens de finir la Peste, j'ai trouvé ça bof aussi (vous admirerez la constance de l'analyse à défaut de sa subtilité). En fait, ces trois bouquins sont en quelque sorte des "romans philosophiques" et je crois que la philosophie de Camus c'est pas quelque chose à laquelle j'adhère franchement. D'autre part je trouve ça pas très puissant, entre "être un homme c'est pas facile parce qu'on sait pas vraiment pourquoi on est là" et "communier avec la nature, y a que ça de vrai". Soit, mais 300 pages là-dessus, entre personnages désabusés ou surblasés, c'est pas très folichon...
Sartre - la Nausée, les Mains Sales, je vais peut etre aller acheter Minute a la place...
Gide - Les faux-monnayeurs
Malraux - La condition humaine
Cohen (suisse) - Belle du Seigneur

Simon - le Tramway. Une sacrée épreuve. Des souvenirs d'enfance peu rock'n'roll le tout sans ponctuation.
Gracq -?
Le Clézio - Le Procès-Verbal (commencé et pas fini)
Echenoz - Cherokee, c'est pas mal. Un exercice de style "polar à l'ancienne" bien mené. J'essaierai de lire le Méridien de Greenwich un de ces quatre. J'ai depuis fini "Je m'en vais" qui est finalement assez semblable, avec la aussi un petit côté parigot désuet et une histoire policière "à la papa". Ca se laisse lire avec plaisir, mais j'espère que d'autres romans se renouvellent plus: sinon, c'est à pratiquer de façon espacée, pour ne pas se lasser.   
Chevillard - J'ai récemment terminé "l'Oeuvre posthume de Thomas Pilaster". Amusant, dans l'esprit (une espèce de biographie fictive) cela ressemble beaucoup au Nat Tate de William Boyd. Chevillard a l'air assez éclectique (même s'il a une forte attirance pour des aphorismes dont je ne suis pas toujours fan), donc j'y retournerai. J'en ai lu un ou deux autres depuis, avec plaisir mais sans grands souvenirs.
Green - (Julien) ?
Kundera - L'insoutenable légéreté de l'etre, ou un autre.

Carrère - Limonov et L'adversaire m'ont tous les deux beaucoup plu, et se ressemblent d'ailleurs pas mal. L'écriture de Carrère a un petit côté ego trip, puisqu'il aime comparer sa vie de bourgeois qu'il juge peu intéressante (ou fait mine de) à des "destins extraordinaires". 


- Allemagne:
Mann - J'ai Faustus dans ma liste d'attente, ou alors le truc avec la Montagne.
Bernhard - ?
Hesse - Le loup des steppes
Grass - Le tambour pas facile, intéressant cependant, et a par certains cotés, me semble-t-il, beaucoup influencé les Enfants de Minuit de Rushdie que j'avais beaucoup aimé dans la catégorie "livre exigeant mais hachement chouette quand même" (en terme de construction du roman, et de personnalité du narrateur).
Musil - L'homme sans qualité (Autriche)

- Russie:
Tolstoï - Guère épais... je dois avouer qu'apres 200 pages et 150 personnages en ov, j'avais craqué. Aurai-je le courage d'y retourner, ou prendrai-je plus court?
Tchekov - ?
Dostoïevski - jamais venu à bout, que ce soit les freres Karamazov ou Crime et Chatiment. Si j'essayais l'Idiot?
Gogol - On m'a offert ses Oeuvres en version Pléïade, je piocherai dedans.
Pouchkine - ?
Boulgakov - J'ai acheté le Maître et Marguerite, mais je n'ai pas encore osé m'y attaquer.
Pasternak - Docteur Jivago
Grossman - Vie et Destin. Une autre épreuve. Les romans russes de 1000 pages à 300 personnages, c'est un peu ma kryptonite (voir plus haut). Cela dit, une fois que j'ai accepté de souffrir pendant près de 2 mois (m'imposant minimum 200 pages par semaine) et également l'idée que je ne retiendrai jamais tous les personnages (les voyant ressurgir tous les 10 chapitres comme s'ils étaient nouveaux, tel un poisson rouge), c'est un roman majeur, entrelaçant les vies et les destins (on s'en serait douté) autour de la bataille de Stalingrad, qui changea le cours de la guerre. C'est aussi une charge violente contre Staline, à tel point que le manuscrit, saisi par le KGB, ne sera publié que dans les années 80, bien après la mort de Grossman. Il n'y avait même pas de circulation "sous le manteau" comme cela se faisait pourtant beaucoup. C'est long, pas toujours passionnant, mais il y a quelques vrais morceaux de bravoure.

- Italie:
Malaparte - Kaputt, Autre roman sur la guerre de 39-45, qui ne m'a pas bouleversifié. Malaparte traverse la guerre à l'italienne, façon Comedia dell'Arte. Pseudo "people", il fréquente les puissants (dont des Allemands, en tant que journaliste si je me souviens bien) pour s'en moquer, et n'apparaît pas comme quelqu'un de très sympathique, un peu donneur de leçon le cul dans la soie.
Svevo - oublié le titre (la conscience de Zeno, je crois), entendu beaucoup de bien.
Eco - La aussi, Eco c'est plus fort que moi, que ce soit le Nom de la rose, le Pendule de Faux cul ou même ses essais littéraires (que je trouve un peu pompeux, dans le genre je suis très culturé mais je le montre un peu trop, même quand c'est pas vraiment utile). Mais dans certains cas je n'aime pas perdre.
Calvino - J'en ai lu un qui m'a prodigieusement fait chier (Si par une nuit d'hiver un voyageur). Je suis prêt à donner une seconde chance un de ces quatre.

- Angleterre:
Fielding - Tom Jones, parce que la chanson de Springsteen est bien. Et Sexbomb aussi.
Thackeray - la Foire au vanités ou Barry Lindon.
Dickens - David Copperfield, Oliver Twist j'ai eu trop envie de le baffer dans le film de Polanski.
Austen - Orgueil et préjugés (j'en ai beaucoup sur ce livre...)
Wilde - Le Portrait de Dorian Gray, 5eme tentative?

Jerome - (K. Jerome) Trois hommes dans un bateau. L'un des premiers écrivains "populaires" (je veux dire issu de la classe moyenne, pas parlant du peuple). Comique à l'anglaise, mais pas encore très subtil, le vaudeville n'est pas loin. Ca se lit bien dans le métro, quoi.
James - Portrait de femme...
Joyce - J'ai acheté Ulysse il y a 7 ans avec beaucoup d'espoir. Je comptais sur les longues soirées d'hiver de Amherst mais ça ne s'est pas fait. Ou alors, j'irai acheter les Gens de Dublin, apparemment plus sympa.
Woolfe - ?

Waugh - Grandeur et décadence de l'humour à l'anglaise, ça se lit bien même si ça a un peu vieilli. Un peu comme Wodehouse quoi (voire quatre lignes plus bas). Peut être un peu plus "universel" malgré tout.
Poe - j'ai du lire quelques histoires extraordinaires gamin mais ça ne m'a pas marqué plus que ça.
Lawrence - Lady Chatterley meme si je crains que ça ait mal vieilli.
Kipling -  Le livre de la jungle. Lu en "VO". Pas de commentaires particuliers, conforme à ce que j'attendais: un classique, mais qui n'a pas forcément super bien vieilli. J'ai lu quelques nouvelles indiennes aussi.
Wodehouse - J'ai lu un des livres de la série "Jeeves and Wooster", en VO. C'est sympathique, "délicieusement suranné" diraient sans doute les critiques, très très british. Je crois que les dialogues de Astérix chez les Bretons ou du Pied-Tendre (Lucky Luke) viennent de là... Je ne vois pas très bien ce que ça peut donner en VF, pour le coup (l'anglais très années 20 des dialogues est pour beaucoup dans le capital sympathie du livre). Enfin, en lisant ce bouquin, je me suis rappelé une discussion que j'avais eu récemment avec une amie: dans le "culte", il y a une large part liée à l'époque d'une part, et au caractère précurseur d'autre part. Mais bon, quand on découvre hors contexte, on a toujours du mal à ne pas penser à ce qui a été fait depuis sur ce filon, souvent en mieux. 
Amis (pere) - J'aime beaucoup le fils, mais les bouquins du père sont difficiles à trouver en France et aux US. Un jour que j'irai en Angleterre peut être. Sinon, ça sera Lucky Jim, le seul que j'arrive à trouver.
Greene - (Graham)?
Pratchett - ? je ne crois pas que ça ait beaucoup d'importance non plus...
Lowry -  Au-dessus du volcan
Welsh (écossais) - Trainspotting

- Portugal:
Pessoa - L'intranquilité

- USA:
Twain - Huckleberry Finn Un bon roman d'aventures bien prenant. Dommage qu'il y ait le personnage de Tom Sawyer, que je trouve assez fatigant. D'un point de vue stylistique, c'est l'un des premiers romans où le langage parlé est utilisé comme langage narratif (j'en ai parlé plus en détails ailleurs).
Stowe - La case de l'Oncle Tom
Cooper - Le dernier des mohicans
Lewis - je ne sais même plus qui c'est, un Prix Nobel sans doute... mon coté snob.
London - Martin Eden Encore un livre qui m'a un peu énervé, c'est assez manichéen, le génie incompris tout ça. Je me suis laissé entendre dire que London était un gros mytho sur ses années d'aventurier, et se donnant le beau rôle dans ce roman soi-disant d'inspiration autobiographique. 
Faulkner - ?
Fitzerald - Gatsby le magnifique ou Tendre est la nuit.
Steinbeck - Des souris et des homnes ou les raisins de la colere.
Abbey - The Monkey Wrench Gang je crois.
Miller - Sexus, Nexus... Tropique du cancer, du capricorne. J'ai lu l'essai Lire aux cabinets, dont le titre faisait plus marrer que le contenu...
Pynchon - Un des rares romans que j'ai pas fini ces dernieres années (vente a la criée du lot ...). Deuxieme chance?
Heller - Catch 22 Pff, j'en ai chié. Lu en VO, pas facile, il m'a fallu du temps pour m'habituer au style, touffu. Un livre plutôt épais et assez répétitif même si j'ai fini par accrocher un minimum (j'ai vraiment failli laisser tomber pendant les 150 premières pages mais je n'avais à ce moment là rien d'autre à lire qui me fasse vraiment envie). Pour une analyse un peu plus poussée, voir ici.
Kerouac - Sur la route
Kesey - Vol au dessus d'un nid de coucous
Millhauser - La vie trop brêve d'Edwin Mullhouse, écrivain américain C'est assez space: en gros, c'est la biographie d'un écrivain fictif décédé à l'âge de 11 ans, par son meilleur ami du même âge. Les deux manuscrits ont été retrouvés tardivement par des universitaires (fictifs eux aussi). Oui, ça ressemble un peu au bouquin de Chevillard dont j'ai parlé plus haut, enfin chronologiquement c'est plutôt le bouquin de Chevillard qui ressemble à celui-la (1972 contre 1999, les deux devant beaucoup à Pale Fire de Nabokov, 1962, probablement le plus ambitieux et le meilleur des trois). Je ne sais pas trop quoi en penser, l'exercice de style, le jeu littéraire, est bien mené surtout quand on pense que c'est le premier livre de Millhauser, pas encore 30 ans à l'époque. Mais bon, au-delà de ça, sans estimer que tous les romans doivent avoir un message profondissime à faire passer, c'est assez vain, je trouve. J'ai également fini Martin Dressler, Prix Pulitzer en 1997, un livre sur l'épopée, de la grandeur à la décadence, d'un jeune entrepreneur américain, dans le New-York de la fin du 19ème siècle. C'est un livre assez éthéré, assez "old school", plutôt facile à lire mais qui ne m'a pas vraiment passionné.
Bradbury - Farhenheit 451 Impression mitigée: c'est la premiere fois, depuis que je lis en V.O., que j'ai l'impression qu'un livre est vraiment pas très bien écrit. Répétitions, longueurs, métaphores supers clichés etc. Il y a aussi des passages qui ne fonctionnent pas (le chien mécanique, j'ai trouvé ça assez naze). Par contre, l'idée de départ, à savoir que les gens, abrutis par la téloche, ont progressivement arreté de lire (a part les BDs et les tabloïds), ce qui a ensuite permis au gouvernement d'interdire les dits bouquins sans que ça choque personne ou presque, est super "clever", surtout quand elle est énoncée dans les années 50. Du coup, il y a dans le bouquin des prémices de la société actuelle, avec des gens qui ont 5 télés dans leur appart, et des émissions de "télé-réalité", et un monde qui tourne autour de l'"entertainment" immédiat sans jamais prendre le temps de la réflexion. De ce coté la, le bouquin est vraiment bien, et peut-etre plus "prophétique" que 1984. Je ne comprends d'ailleurs pas pourquoi Fahrenheit est rangé au rayon SF chez nous, alors que c'est un livre d'anticipation dans la veine de 1984 ou Le Meilleur des Mondes.  
Lee - How to kill a mockingbird.

Selby Jr - Last exit to brooklyn ou Requiem for a dream.
Bellow - Ravenstein était tres chiant, il a sans doute fait mieux dans les vieux trucs.
Herbert - Dune
Asimov - Fondation
Toole - Jamais allé au bout de la Conjuration des imbéciles. De toute façon il en a écrit qu'un.
Wolfe - Acid test Intéressant historiquement, pour comprendre le milieu hippie aux US à la fin des années 60, la vie de Kesey (l'auteur du Vol au dessus d'un nid de coucou, voir plus haut), leader plus ou moins contre son gré du mouvement, leurs relations avec les beatniks et les hell's angels etc. Après, c'est un peu pénible à lire. Je tenterai peut-être Le bucher des vanités.
Auster -  J'ai enfin lu La trilogie new-yorkaise avec beaucoup de plaisir malgré une entrée en matière délicate. J'avais lu auparavant Travels in the Scriptoriumune nouvelle assez perchée mais qui m'a beaucoup plu. Difficile à résumer, mais c'est court, pas dur à lire, mi-polar, mi-fantastique avec moult interprétations possibles. Cela dit, je pense qu'on tourne assez vite en rond avec cet auteur: il a certes "crée" son univers, mais il ne semble plus en sortir beaucoup.
Proulx - Brockeback Moutain ou Cartes postales que j'ai chez moi
Ondaatje - Le Patient anglais (Canada)

Updike - grand écrivain "comique" (mais pas que), décédé récemment. Styliste et reconnu pour ses critiques littéraires aussi. Ses romans (nouvelles) les plus connues sont celles tournant autour du personnage Rabbit et celles sur l'écrivain Bech. J'ai lu le premier tome de cette dernière série, Bech: a book. Un peu compliqué pour moi en anglais. Un écrivain qui écrit à propos d'un écrivain qui souffre du blocage de l'écrivain. Méga métafictionnel donc, plein de références ou semi-private jokes qui ont dû m'échapper. Les chapitres sont en fait des petites histoires indépendantes, très vaguement reliées, et qui ont tendance à se répéter un peu. J'ai également lu Terroriste, son dernier roman. Un autre roman post-11 septembre (voir DeLillo, ci-dessous), qui raconte de façon plutôt efficace et crédible l'embrigadement d'un gamin déboussolé. Dommage que la fin sombre un peu dans le thriller bas de gamme.

Joyce Carol Oates - j'en ai lu cinq ou six ces derniers années et en ai parlé ailleurs. Ecrivain excessivement prolifique. J'aime beaucoup son univers sombre, dérangé. Zombi était franchement marquant, Viol, une histoire d'amour était pas mal aussi.

Don DeLillo -  écrivain américain très médiatisé, l'une des grandes figures contemporaines avec Oates, Roth etc. J'avais lu Chien galeux, l'un de ses premiers bouquins, un polar mou du genou qui m'avait plutôt ennuyé. Je m'étais ensuite attaqué à Libra, une fiction complexe sur la vie de Lee Harvey Oswald, que je n'avais pas finie. J'ai depuis lu L'Homme qui tombe, réflexion assez étherée sur le 11 septembre, qui ne me marquera probablement pas plus que ça malgré de jolis passages. Bref, je ne suis pas convaincu, même si ses oeuvres majeures sont paraît-il Underworld et White Noise. Un écrivain exigeant, mais je n'accroche pas.  
Palahniuk - J'ai lu un recueil de "non-fiction", qui regroupe des essais autobiographiques et des sortes de reportages journalistiques sur les tarés de l'Amérique (récit d'un festival annuel de sexe en plein air et en tout genre, tournoi annuel de batailles de moissonneuses-batteuses etc). C'est pas très bien écrit, à mon goût (trop journaliste), il y a cependant des réflexions intéressantes, mais globalement ça ne m'a pas emballé. J'ai enfin fini Snuff, son dernier dont le pitch était accrocheur: une actrice de porno en préretraite qui veut faire un retour fracassant en se faisant fracas... battant le record du gang-bang... Cette lecture confirme mon sentiment que finalement plus à un scénariste qu'à un écrivain (un grand nombre de ses bouquins ont donné lieu à des films plutôt bien accueillis). Le bouquin est raconté selon quatre points de vue différents, 3 des acteurs en attente d'aller tirer la pornstar, et la manager de l'actrice. C'est plutôt malin, mais d'un point de vue formel, les trois voix se confondent entre elles et, me semble-t-il, avec celle de Palahniuk, qui n'est pas un grand styliste. Après, c'est plutôt prenant, drôle et malsain même si la fin est assez débile.  A vous de voir.

McCann - (Colum) Let the great world spin très joli bouquin dont j'ai parlé ailleurs, qui m'a donné envie d'en lire plus de cet écrivain poétique. Depuis, j'ai lu This Side of Brightness, autre beau roman choral sur New-York.

Chabon - écrivain américain juif. Je précise parce que ses bouquins tournent beaucoup autour du judaïsme. J'ai lu "Gentlemen on the road", un bouquin d'aventure "à l'ancienne" ("à la Dumas", pourrait-on dire), sur des chevaliers errants dans un monde lointain, avec des princesses, un méchant usurpateur, tout ça. Classique, mais efficace, et assez drôle. J'ai ensuite lu Le club des policiers yiddish, plus sombre: un polar dans un monde parallèle (monde où les juifs n'ont pas fondé Israël mais se sont retrouvés en Alaska). Un peu dur à pénétrer, mais prenant une fois qu'on y est (a obtenu le Prix Hugo en 2008, même si à mon sens ça relève plus du polar que de la SF). 

Jonathan Safran Foer - Extrêmement fort et incroyablement près. Un livre assez perché sur un jeune autiste (plus Asperger que légume) et sur sa quête pour accepter et comprendre la mort de son père le 11 septembre. Cela m'avait plu, mais le bouquin militant sur le végétarisme m'excite beaucoup moins...

David Foster Wallace - J'ai lu une collection d'essais (A supposedly fun thing I'll never do again) assez bluffante, stimulante intellectuellement et à la forme assez caractéristique (quasiment plus de notes de bas de page que de texte) qui rappelle peut-être un peu Sterne. J'ai acheté l'un de ses romans, The Pale King, inachevé je crois (le bonhomme s'est suicidé) que je n'ai pas encore attaqué. Infiite Jest, son oeuvre la plus connue, est un énorme pavé.


- Chine:
Xingjian - la Montagne de l'âme, ou un autre.

Mo Yan - Un Prix Nobel, un snob comme moi ne peut pas laisser passer.


- Inde:
Naipaul - Le Masseur mystique son premier roman. Je suis un peu passé à côté, je ne l'ai pas vraiment lu au bon moment.


- Japon:
Kawabata - j'ai lu le joueur de Go, ça m'est passé un peu au-dessus et puis ce n'est pas vraiment un roman. A retenter
Mishima - c'est un pote au précédent, j'ai un de ses bouquins chez moi.
Oe - Je viens de finir une de ses nouvelles, c'est assez contemplatif, poétique, et ça fleure bon l'autobiographique. Un peu court pour dire si j'ai adoré ou pas, à réessayer sur un roman.
Soseki - Je suis un chat   Plutot chiant, et je pèse mon mot: on sent que c'est une collection de chapitres écrits dans un mensuel littéraire. Du coup, meme si le premier chapitre est pas trop mal, ça tourne tres vite en rond et présente certaines similitudes de ce point de vue la avec Bouvard et Pécuchet (avec un poil plus de fil conducteur mais des évenements encore moins intéressants). Et puis les tiraillements des intellectuels japonais au moment de la transition entre culture ancestrale et culture "occidentalisée", c'est un theme assez récurrent dans les romans japonais de cette époque (premiere moitié du 20eme) et je dois avouer que ça m'en touche une sans remuer l'autre. Il me semble enfin que le roman a pas mal inspiré certains passages de Kafka sur le Rivage de Murakami.

- Pérou:
Vargas Llosa - Après avoir lu l'essai sur les Misérables, j'ai lu la Fête au Bouc, "roman" historique décrivant la chute de Trujilo, le dictateur de République Dominicaine. J'ai adoré ce livre, prenant comme un polar. Comme souvent, ça m'a donné envie d'aller visiter le pays en question, même si je ne pense pas que ce soit le but.

- Argentine:
Borges - comme Naipaul, les quatrieme de couv' ne m'ont jusque là pas trop fait bander.

- Afrique du Sud:
Coetzee - J'en avais lu un qui ne m'a pas emballé, et depuis j'ai lu Journal d'une année noire dont le pitch m'a intéressé mais dont la lecture ne m'a laissé que peu de souvenirs... Je suis un peu maso, je me demande si je n'essaierai pas un jour En attendant les Barbares.

- Turquie:
Pamuk - Mon nom est Rouge, ou Neige.

- Israël:
Oz - Soudain dans la forêt profonde  Un conte pour enfants gentillet, même si dans le genre j'avais préféré Haroun et la mer des histoires de Rushdie, pour la multiplicité des niveaux de lecture. Enfin, c'est un peu court pour me fairre une idée.

 

 

 

Depuis 2010, j'ai "rayé" 11 écrivains de ma liste, soit environ 4 par an (sur mon quota typique de 25 bouquins lus/an). Je suis dans le rythme, si Dieu me prête vie, pour ne pas être trop loin d'en venir à bout un jour.

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Published by mixlamalice - dans Littérature
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10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 10:06

Cela faisait longtemps que je n'avais pas fait un petit post obsessionnel sur l'administration de la recherche. Youpi! Non? Bon tant pis.

 

Je disais hier sur Twitter, pour changer et avec toute la subtilité que permet cet outil, qu'elle était pléthorique et castratrice.

 

@lazette, qui a si je comprends bien quitté le monde de la paillasse pour celui de l'administration de la recherche, répondait à mon "pléthorique" par quelque chose du genre "si seulement c'était vrai".

 

La discussion continue aujourd'hui, et je ne pense pas que nous soyons tout à fait d'accord, mais selon moi, entre autres points de désaccord, nous ne regardions pas forcément à la même échelle: si on regarde globalement, on arrive en ordre de grandeur à 1 administratif pour 1 chercheur, ce qui est, toujours selon moi, énorme.

 

Cela vaut le coup de développer un peu ici.

 

En gros, il y a l'échelle "labo", généralement sous-dotée en terme d'administratifs. Dommage, car ce sont ces administratifs là qui font le plus tourner la boutique question recherche.

C'est à cette échelle là que sont confrontés le plus souvent les doctorants, post-doctorants ou jeunes chercheurs "préservés" (ils voient parfois pour signer leur contrat les ressources humaines ou le service financier, mais ça s'arrête là).

Toutefois, il y a ensuite, en général (certains établissements "d'élite" sont un peu préservés, mais ils ne représentent pas la "norme française" tant enviée), un empilement de structure pour arriver aux services centraux de l'établissement. A chaque structure son lot d'administratifs, le ratio global augmentant de plus en plus.

 

J'ai l'impression naïve qu'on gagnerait à mieux répartir les forces administratives, notamment en "décentralisant" (je parle à l'échelle d'un établissement): beaucoup de choses pourraient être gérées à l'échelle du laboratoire, si celui-ci était doté en personnel adéquat, sans avoir à remonter jusqu'au sommet.

 

Mais plutôt que de gloser sur ce qu'il faudrait faire (je ne suis pas politicien), je vais illustrer mon estimation à l'aide d'un exemple, l'établissement où je travaille, établissement d'enseignement supérieur assez singulier mais relativement "moyen" selon les critères d'évaluation en vigueur, donc probablement plutôt représentatif de ce qui se fait en France. 

Je l'ai choisi parce que j'ai un accès relativement facile aux "données" (à savoir un annuaire détaillé, pas forcément très à jour): j'ai "travaillé" assez rapidement donc il y a une barre d'erreurs sur les chiffres que je donne, mais pas gigantesque. L'ordre de grandeur est bon, comme on dit pudiquement en physique.

 

Méthodologie (c'est un grand mot)

Je vais comparer le ratio administratifs versus enseignants chercheurs "permanents" (noté R) car ce sont les données dont je dispose le plus facilement.

On pourrait faire d'autres comparaisons, mais elles me demanderaient plus de travail en profondeur, que je n'ai pas forcément le temps ou les moyens de faire. Je vais néanmoins donner les chiffres globaux et bruts pour ceux que ça intéresse: nous comptons environ 350 enseignants-chercheurs (EC) permanents, 170 enseignants-chercheurs non-permanents, pour un personnel total de 1700 personnes (dont environ 35% de CDD: le distingo est fait dans l'annuaire entre EC et ATER, pas entre "administratif titulaire" et "administratif en CDD"). Il y a environ 1150 BIATOSS (ingénieurs, techniciens, administratifs, bibliothécaires etc) dont, d'après le bilan AERES, 150 environ sont dédiés à des activités de recherche. 

A ce personnel, il faut rajouter environ 150 doctorants et post-doctorants, mais la situation est un peu complexe (une bonne partie de la recherche est "externalisée", par le biais de cotutelles etc, il est donc difficile d'évaluer le nombre exact de doctorants, ce qui explique en partie que je me contente du chiffre des EC).

Concernant ce que j'appelle "administratif": je vais essayer de préciser autant que faire se peut dans la suite, mais sur le pool de 1000 BIATOSS non affectés en recherche, je ne compte pas par exemple les informaticiens, les plombiers, électriciens, agents d'entretiens, préposés au courrier, vigiles, livreurs, bibliothécaires etc. Je néglige également une structure "externe" de l'établissement qui n'est pas directement reliée aux missions d'enseignement et de recherche, et emploie 100 personnes. 

Sur les 1150 BIATOSS, je ne retrouve la trace, à la louche que de 850/900 dans l'annuaire, répartis quasiment pour moitié entre "administratifs" et "autres" (selon la distinction ci-dessus). Mais 25% d'écart me semble au premier ordre assez correct ici (cela ne ferait qu'augmenter R, quoi qu'il en soit). Il y a un bon nombre de "bureaux" ou "services" constitués de 2 à 5 personnes, donc assez durs à lister quand on n'a pas une journée devant soi. Je pense que j'arriverais à 1000 en les prenant en compte. L'erreur résiduelle peut être simplement lié aux fluctuations de personnel et à la mise à jour imparfaite de l'annuaire, je vais donc m'en satisfaire. Les imprécisions ne jouent qu'à l'échelle "Etablissement": pour les sous-structures, je n'ai je pense raté personne.

Je vais parler des différentes structures auquel j'appartiens, dans l'"ordre". Chaque structure est une "somme" des précédentes.

 

Ceci posé, commençons par la première échelle, celle du laboratoire auquel j'appartiens (ou équipe pédagogique, pour les raisons explicitées ci-dessus concernant la recherche). 

- Equipe pédagogique: On compte 10 EC permanents (+ 1 ATER et 7 ingénieurs/techniciens). Il y a 1 secrétaire pédagogique. Partout où je suis passé, cette proportion est pour cette échelle assez classique.

R = 0.1

 

La deuxième structure, le département, regroupe un certain nombre d'équipes pédagogiques ou de recherche.

- Département: 30 EC permanents, 8 administratifs, dont 3 au moins affectés à la direction de la structure elle-même (et 3 secrétaires pédagogiques). 

R = 0.27

 

On trouve ensuite une super-structure regroupant un certain nombre de départements. L'établissement est divisé en deux super-structures (en gros, sciences dures et sciences molles) de taille équivalente à moins de 5% près.

- Super-structure: environ 175 EC permanents, 85 administratifs, dont environ 30 affectés au fonctionnement de la structure même, le reste étant réparti dans les départements.

R =  0.49

 

Enfin, nous avons l'établissement lui-même, et toutes les composantes administratives afférentes (ressources humaines, comptabilité, service financier, juridique, scolarité, diplômes, etc etc).

- Etablissement: 350 EC permanents, les 170 administratifs des deux super-structures (cf ci-dessus, en multipliant par 2) plus environ 250 des divers services mentionnés ci-dessus soit au total 420. 

R = 1.2                              (R' = 0.8 en ajoutant les EC non-titulaires)

 

 

D'un point de vue personnel, mes emmerdes commencent dès que je dois m'adresser à quelqu'un au niveau "super-structure". A l'échelle de l'établissement, il faut généralement me mettre sous perfusion de Xanax au bout d'une demi-journée.

 

 

 

 

Post-scriptum analytique

De mes expériences (limitées), il y a deux cas de figure qui ne fonctionnent pas mal.
- Les établissements (souvent des grandes écoles ou des instituts biomédicaux) de taille similaire à celui dont je parle ici (en terme de nombre d'EC), mais sans sous-couche supplémentaire entre l'échelle labo et l'administration centrale.
- A l'inverse, dans les établissements énormes où ces sous-couches sont un passage quasi-obligé, on peut trouver des labos ayant beaucoup de poids (soit par leur taille, soit par leur "excellence scientifique", soit par leur assise politique, soit les trois) qui parviennent donc à quasiment tout traiter en local sans qu'on leur demande trop de comptes.

Dans les deux cas, l'optimum pour R, du point de vue de ce qui est visible pour l'EC, doit se situer, je pense, autour de 0.2-0.3...
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1 juillet 2013 1 01 /07 /juillet /2013 08:49

Lors de nos vacances basques, nous ne pouvions décemment pas passer plusieurs jours à San Sebastian sans aller dans un "resto de la haute", cette petite ville de 400000 habitants (agglomération comprise) étant l'une des capitales gastronomiques mondiales (probablement l'une de celles qui compte le plus d'étoiles Michelin par habitants, avec notamment ses 3 triple étoilés, Martin Berasategui, Akelare et Arzak).

 

Malheureusement, les finances connaissant un coup de mou après 10 jours d'hôtel et l'étape Bocuse, ça ne sera pas l'un de ces trois monstres que nous visiterons, ni le quatrième fleuron Mugaritz, mais Kokotxa*, qui présente l'avantage d'avoir des prix plus raisonnables mais également d'être dans le coeur de la vieille ville, au milieu des bars à pintxos, ce qui s'avère pratique pour les non motorisés que nous sommes. 

 

Kokotxa (Campanario 11, dans la vieille ville, tout près du port de pêche), existe depuis 2002, le chef s'appelle David Lopez (autant que je puisse juger il semble avoir à peine quelques années de plus que moi, je n'ose dire jeune pour mes lecteurs vingtenaires), et est récompensé d'une étoile au Michelin depuis 2006 déjà. 

 

Nous optons pour le menu dégustation (86€ TVA comprise - comptez environ 70€ à la carte), composé comme suit à l'époque:

  • Aperitif du Chef
  • Filet de maquereau mariné et légèrement fumé chez nous, carpaccio de poireau confit et algues
  • Fruits de mer des Rias Baixas, citonnelle, fenouil et air iodé
  • Tourteau au naturel, et cube de soupe d´ail et zurrukutuna de son corail
  • Poisson du jour acompagné de "gazpachuelo" et gnochis de betterave rouge
  • Pigeon de Bresse, coeurs de laitue de Tudela imprègnés à la vanille, ail tendre et terre comestible
  • Carotte, orange et agrumes
  • Mi cuit au chocolat et crème glacée à la banane

Nous accompagnons cela d'un blanc de la région peu marquant (mais je peux retrouver la référence pour ceux que ça intéresse) qui avait l'avantage de n'être pas très cher (< 30€) et de ne pas faire trop d'ombre à la cuisine. Notons que la carte des vins, pour un établissement de ce standing, est très raisonnable en termes de prix par rapport à la France (majorité des bouteilles entre 20 et 40€, peu au dessus de 60). Niveau qualité, je ne commenterais pas, connaissant encore moins la production espagnole (largement majoritaire ici) que la française (quelques références intéressantes, comme du Savennières).

 

Pour caricaturer mais résumer en deux mots, on est dans le parfait grand écart, dans l'antithèse par rapport à chez Bocuse (la comparaison n'a d'ailleurs de sens que parce que nous avons fait les deux à 10 jours d'intervalle).

La salle est moderne (c'est à dire tout sauf surchargée), dans les tons clairs, assez aseptisée. Le service est plutôt jeune et décontracté, visiblement frais émoulu de l'école hôtelière, certains sont donc plus à l'aise que d'autres. Visiblement il n'y a pas non plus de "vrai" sommelier.

La cuisine est moderne, tendance relativement épurée mais très technique, créative avec quelques touches de moléculaire et des accords originaux. Les dressages sont extrêmement travaillés et les plats tous très graphiques. Les quantités sont optimisées pour la dégustation (en clair, on sort rassasié mais pas gavé). En bouche, c'est un peu "hit or miss": il y a des plats vraiment très bien, d'autres qui pour moi ne fonctionnent tout simplement pas vraiment. Nous sommes d'ailleurs assez d'accord avec Priscilla, donc ce n'est pas forcément une incompréhension personnelle.

 

Parmi les plats excellents, le filet de maquereau ci-dessous: ce type de plats devient de plus en plus "néo-classique", mais il est ici fort bien exécuté, avec de bons produits, une belle présentation, du croquant, du fondant, de l'acide etc. Ca commence bien.

 

DSC05702

 

 

La deuxième entrée fait plutôt partie des ratés, les fruits de mer sont bien iodés, mais la citronnelle est trop absente pour contrebalancer ce plat finalement plutôt monolithique. L'émulsion d'"air iodé" n'apporte pas grand chose...

 

Le tourteau est excellent, mais le cube de soupe d'ail, probablement quelque chose d'extrêmement technique à réaliser, sorte de flan tout fade, n'est franchement pas une réussite.

 

La deuxième tuerie du repas est le poisson du jour (du loup si je me souviens bien, voir ci-dessous), savoureux, bien cuit sur la peau, avec des gnocchis de betterave délicieux (on en aurait bien mangé trois fois plus).

 

DSC05709

 

On retombe dans des errances pour le pigeon: rien à dire sur le produit, mais l'accord avec la vanille, que l'on sent beaucoup, ne me semble pas hyper judicieux (peut être une idée pour s'opposer au "classique" pigeon-cacao?).

La "terre comestible" (sous le pigeon dans la photo) n'est pas très excitante non plus.

 

DSC05711

 

Le pré-dessert carotte-agrumes revient vers des choses plus connues, c'est bien maîtrisé et très bon. Le dessert au chocolat est pas mal, avec un peu trop de choses dans l'assiette, et sera de loin le plat le plus convenu du menu.

 

 

Je me rends compte que mon compte-rendu est assez analytique, probablement parce que la cuisine se veut, je pense, assez "cérébrale". Parce que la table est aussi un plaisir, faisons simple: nous avons été très satisfaits de notre dîner. Ca vaut son prix (110€ par personne tout compris), et ça vaut son étoile.

L'ambition est là, parfois sans doute trop. Pour paraphraser G. Savoy et M. Pacaud de l'Ambroisie, savoir faire "simple et juste" n'est pas si facile.

 

 

 

* plat traditionnel basque à base de merlu, que le restaurant propose à la carte mais que nous n'avons pas goûté.

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21 juin 2013 5 21 /06 /juin /2013 17:33

J'ai discuté récemment avec un collègue qui me racontait que dans son département, le responsable avait il y a quelques années, demandé en début d'année si les gens étaient prêts à faire 20 heures complémentaires (payées) par rapport aux 192 réglementaires. Visiblement, une moitié des enseignants-chercheurs a décidé de la jouer "perso", donc de refuser, les bonnes poires se retrouvant finalement plus près des 30-40 que des 20 initiales.

 

Un autre collègue d'une université prestigieuse m'a aussi dit qu'il faisait des demandes de délégation CNRS annuelles, pour 6 mois, qu'il obtenait quasiment à chaque fois et m'a demandé pourquoi je n'en faisais pas autant.

Outre que je ne sais pas si moi, on me l'accorderait, je lui ai répondu que notre équipe pédagogique était constituée de 5 personnes, les mêmes avec qui je fais de la recherche: donc, si j'obtiens des décharges, ce sont mes cobureaux et partenaires de travail qui trinquent, pas des inconnus potentiellement non-publiants (à sa place c'est comme cela que je me donnerais bonne conscience).

 

Cela dit, je suis d'accord avec un autre collègue qui, là où il enseigne, refuse un certain nombre d'heures complémentaires lorsqu'il a l'impression que le "besoin" ne se justifie pas: typiquement, les doublements de séance en alternance pour faire plaisir aux entreprises, les TPs à 8 groupes quand 6 suffiraient largement, les licences pro montées de bric et de broc parce que c'est bien vu en ce moment et qui nécessitent de trouver 500HED pour 15 inscrits, etc etc. J'ai moi aussi largement milité pour une "rationalisation" de notre offre dans l'équipe...

 

Bref, j'essaie, je crois, de la jouer collectif au sein d'une petite équipe pédagogique et de ne négliger ni mes enseignements ni mes élèves ni mes collègues, mais je pense aussi à moi: je n'aime pas être pris pour un larbin; je n'aime pas non plus les argumentaires faisant appel au dévouement, à la passion, bref au "sacerdoce de l'enseignant" *.

J'ai l'ambition de faire une recherche honorable, d'y passer du temps, et de passer Professeur un jour. Je ne conçois pas mon métier comme 100% d'enseignement, 50% d'administratif et 10% de recherche le soir et le week-end.

Mais je me rends compte que le juste équilibre est difficile à trouver...

 

 

 

 

* vous savez, les arguments du genre "si tu ne t'en occupes pas, personne ne peut et ne veut le faire, tout s'écroule et ce sont les élèves qui vont en pâtir"

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9 juin 2013 7 09 /06 /juin /2013 17:19

Les vacances du mois de mai ont commencé par une visite chez une amie vivant à Lyon. L'occasion faisant le larron, nous en profitons pour faire avec elle un pélerinage chez le père de la nouvelle nouvelle grande cuisine française, celui qui 40 ans après Escoffier lui a redonné un coup de jeune et fut l'un des premiers chefs "starisés", Paul Bocuse.

Son restaurant, "L'auberge du pont de Collonges" * se situe en bord de Saône, à 15kms au nord de Lyon.

 

L'auberge est un modèle de kitsch et ce dès avant que l'on franchisse le pont, avec vue sur la devanture rose-rouge et la peinture murale de Paul qui vous accueille en ouvrant sa fenêtre.

Le retour dans la France nouvellement post-coloniale continue avec les voituriers noirs (on constatera ensuite que tout le reste du personnel est blanc) habillés en grooms à la Spirou. Ce sont aussi eux qui viennent jouer de la boîte à musique quand un convive fête son anniversaire...

Le restaurant est composé de plusieurs salles, c'est chic, rétro aussi pour dire le moins (bourré de "bibelots" à chaque mètre carré comme chez mamie) et assez branché "culte de la personnalité" (tableaux à l'effigie de Paul dans tous les coins, son nom sur les assiettes, les verres, les couverts, etc). Il y a aussi la "boutique souvenirs" sur le chemin des toilettes, après l'immense cuisine ouverte où l'on peut voir la toute aussi immense brigade s'activer.

 

Il n'y a pas de menu déjeuner chez Bocuse, mais 3 menus disponibles midi et soir: celui "d'appel" à 148€, avec entrée plat fromage dessert. A 195€, on a poisson et viande, et à 240€, on a le menu "grande tradition", qui rajoute une entrée et est composé de tous les classiques bocusiens depuis les 70's.

A la carte, comptez environ 150€ pour entrée plat dessert, avec 30 de plus pour le plateau de fromages.

 

On s'oriente sur le premier menu, appelé "classique", qu'on accompagne d'un Châteauneuf du Pape à 80€ dont j'ai oublié le producteur. La carte des vins est très "palace": gros coefficients, pas grand chose en dessous de 100 euros, et les grands classiques surtout en bordelais.

 

L'amuse-bouche est constituée d'une soupe de petits pois, avec une quenelle aux truffes, et une gougère. C'est joli et bon, quasi-moderne même dans la présentation: je pense que les MOF en cuisine ont carte blanche, dans la limite du raisonnable, pour laisser libre cours à leur créativité sur cette séquence uniquement. Pour le reste, on fait comme Monsieur Paul a dit il y a 40 ans.

 

DSC05546

 

En entrée, Priscilla et notre amie prennent la cassolette de homard à l'armoricaine, c'est à dire dans une sauce assez riche à base de restes de homard, de vin blanc, de concentré de tomates, d'échalottes, de beurre etc.

C'est aussi excellent que complètement à l'encontre de ce qui se fait aujourd'hui, à savoir ne pas trop travailler les produits d'exception pour qu'ils puissent exprimer au mieux leurs saveurs.

Ce sera une constante dans le repas: la transformation à l'extrême du produit.  

Pour ma part, je commence avec une soupe de cresson aux grenouilles, un autre plat comme on n'en voit plus, lui aussi riche et copieux.

 

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En plat, nous partageons le loup entier pour deux en croûte à la sauce choron, qui si j'en crois mon guide culinaire Escoffier, est une béarnaise tomatée.

La découpe du loup feuilleté se fait sur un chariot à la table, petit spectacle qui me plaît toujours beaucoup.

En plus du loup se trouve à l'intérieur du feuilletage des quenelles, qui servent d'accompagnement et permettent au poisson de ne pas sécher. La découpe est professionnelle au possible mais le dressage est comme vous pouvez le voir assez minimal, et l'assiette généreuse, notamment en ce qui concerne la dose de sauce bien épaisse. 

La aussi, ceux qui aiment le poisson juste snacké préfèreront aller par exemple au Bernardin, mais on se régale...

 

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Priscilla choisit elle la poularde de Bresse à la crème et aux morilles, un autre grand classique parfaitement exécuté.

Notons que les épinards sont fantastiques et n'ont rien de commun avec tout ce que j'avais pu manger sous ce nom là jusqu'ici, même s'ils sont annoncés sans name dropping et ne sont pas servis crus ou je ne sais comme à la capitale.    

La table à côté de nous, qui a pris le menu grande tradition, verra arriver à table une poularde entière cuite dans sa vessie de porc, découpée en direct, ça a de la gueule.

 

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Ainsi que le montrent les photos, les assiettes ne sont pas franchement adaptées au format "dégustation"; ce n'est pas le cas non plus pour les menus de compétition: prévoyez trois jours de jeûne avant si vous ne voulez pas exploser en vol avant les fromages.

Ce qui serait dommage vu le plateau qu'on vous présente, assez centré sur la région lyonnaise (fromages de chez la mère Richard).

 

C'est à peu près à ce moment que Paul Bocuse en tenue et avec sa toque emblématique vient saluer la salle (Madame est passée au début du repas), à petits pas mais bien droit et le regard pétillant. Monsieur est cabot, il sait qu'il vient pour la petite photo et même il insiste. Et il n'hésite pas à mettre une petite main sur l'épaule ou la taille des femmes en tout bien tout honneur, Papi.   

 

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Quant aux desserts, là aussi présentés sous forme de chariots (3 ou 4), ils sont une ode à la tradition, à la gourmandise, et à tout ce que vous voulez. On a envie de tout goûter même si on a déjà défait d'un cran la ceinture et que la chemise menace d'exploser... baba au rhum, crème brûlée, tarte aux fruits, fruits frais, Paris-Brest, pruneaux au vin rouge, île flottante, sorbets et glaces etc. 

 

Untitled

 

Ca c'est de l'île flottante (pourtant spécialité de feue ma grand-mère):    

 

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Je passe sur les pré-desserts, les post-desserts avec le café et tout ça: bref, nous avons passé un peu plus de 3h à table. Je pense qu'il a fallu une heure de plus à la table au menu grande tradition. Le reste de l'après-midi a été étonnamment peu dynamique, et nous nous sommes plus ou moins forcés à grignoter vers 22h pour ne pas risquer de se réveiller au milieu de la nuit.

 

Quelques mots rapides sur le service, au poil, très grande maison, qui s'adapte parfaitement à une clientèle variée, du couple fêtant un anniversaire, aux petits vieux qui viennent tous les samedis, en passant par les hommes d'affaire, les touristes japonais et les familles bourgeoises...

 

 

Conclusion métaphysique:

Cela mérite-t-il trois étoiles Michelin? Faut-il y aller?

Ces questions agitent la communauté foodie depuis au bas mot 15 ans. Mon avis n'apportant rien de plus au débat, je n'hésite pas à le donner.

La première question est selon moi "irrelevant", comme disent les ricains.

On peut y répondre autrement: est-ce qu'un restaurant ouvrant aujourd'hui proposant cette cuisine obtiendrait 3 macarons? Très certainement non. Est-ce que le restaurant Bocuse survivra au départ (je ne le vois partir que les pieds devant) de son emblêmatique chef? Je ne le pense pas, malgré les MOF en cuisine et en salle.

Maintenant, cela fait 48 ans que Paul Bocuse a 3 étoiles. Il a plus de 80 ans, est un monument de la gastronomie française, et a fait autant pour la renommée du Michelin que le Michelin pour lui. Je ne comprendrais pas un déclassement, alors que le symbolique 50 ans arrive. Cela ne changerait probablement rien à la clientèle, et ne ferait que créer une polémique inutile. De plus, contrairement à cet autre monument qu'est la Tour d'Argent, il n'y a pas dans le voisinage une dizaine d'établissements de ce niveau permettant de faire des comparaisons délicates...

Donc faut-il y aller? Si vous n'avez jamais fait de 3 macarons, je ne pense pas que je vous conseillerais celui-là: il y a à mon sens moyen d'être plus scotché, plus soufflé, pour des tarifs similaires, même si vous aimez le classique plutôt que le cérébral.

Si par contre vous êtes un gastronome amateur, je pense que c'est une visite à faire, rapidement... pour comprendre l'histoire, goûter ce que l'on mangeait dans les grandes maisons du temps de nos parents et que l'on ne trouve plus nulle part aujourd'hui, sentir les évolutions de la gastronomie, et payer un petit hommage à quelqu'un qui, dans son domaine, a été (est toujours) un grand monsieur.

Et, ne le négligeons pas, pour très bien manger aussi, dans une ambiance qui relève peut-être un peu du musée, mais en aucun cas du mausolée.

 

 

* Notons que le site web est très bien fait, ce dont beaucoup de restaurants gastronomiques français, même "jeunes", pourraient s'inspirer, notamment concernant le système de réservation en ligne...

 

 

Le titre de mon article est bien évidemment un hommage aux films de De Funès ayant pour sujet la gastronomie, l'Aile ou la Cuisse et son guide Duchemin, et le Grand Restaurant et sa recette de soufflé de pommes de terre.

 


 
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29 mai 2013 3 29 /05 /mai /2013 19:08

Que faire des enseignants-chercheurs non-publiants?*

Question complexe.

A laquelle comme toujours l'administration va trouver une réponse aussi simple qu'inadéquate.

 

Un exemple dans l'établissement qui m'emploie:

Il a été décidé que les non-publiants ne seraient pas affectés à des équipes de recherche. Soit. J'imagine que ça permet entre autres d'avoir des évaluations AERES pas trop pourries au moins au niveau des équipes.

 

Sauf que, j'entends depuis un bon bout de temps la rumeur (qui semble se confirmer car je viens de croiser un non-publiant en train de gueuler comme un putois à ce propos dans un couloir) que les heures complémentaires des personnels non affectés à des équipes de recherche ne seront pas payées. Soit.


Mais alors si je comprends bien, l'an prochain, les non-publiants diront fuck off à tout ce qui est au-delà de leurs 192HED statutaires (en tout cas c'est ce que je ferais à leur place)**. Or les heures complémentaires à faire existeront toujours.

Donc qui qui c'est qui devra les faire? Les personnels des équipes de recherche, eg les publiants. Donc, ils auront moins de temps pour faire de la recherche, donc ils publieront moins.

 

C'est con hein? Est-ce que quelque chose m'échappe, est-ce que je suis le seul à m'être rendu compte que c'est la quadrature du cercle ou est-ce que tout le monde s'en fout?

 

 

* Addendum: comme Aisling le souligne en commentaire, il est aussi possible que la réponse soit "rien", dans la mesure où la nouvelle mouture de l'AERES n'évaluera plus cette population. Toutefois, la "compétition internationale" ainsi que l'autonomie me fait croire que les universités continueront de s'en préoccuper.

 

** parce que bon, faut pas rêver, les universités ne vont pas recruter à tour de bras... non seulement ce n'est pas le chemin suivi par la fonction publique actuellement, mais il faut aussi être conscient que payer un vacataire ou des heures sup coûte beaucoup moins cher que de recruter un ATER, sans parler d'un MCF ou d'un PU. (à la louche, 200HED d'HC ou de vacations = 10k€ pour l'employeur, 1 ATER = 40k€)

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25 mai 2013 6 25 /05 /mai /2013 16:21

Récemment, j'ai participé à un comité de sélection (il y a quelques années appelé commission de spécialistes) pour le recrutement d'un maître de conférences. 

Après réflexion, je pense (mais je peux me tromper) qu'il s'est passé quelque chose de suffisamment intéressant pour être raconté et discuté, pas dans le détail mais d'un point de vue général.

Précisons que je ne travaillerai pas avec le recruté, que je n'avais rencontré qu'un seul des auditionnés auparavant, que le profil n'était pas vraiment sur mon domaine de recherche, et que je pense donc avoir été un observateur relativement neutre*.

 

 

Pour commencer par la conclusion, je pense que, selon des critères purement objectifs, le deuxième aurait dû être classé premier**. Pourtant, il n'y a pas eu de "magouilles" ni quoi que ce soit de contestable dans la façon dont l'audition et la discussion se sont déroulées: le classé premier a été très clairement désigné par la commission (presque 90% des voix), et le PV approuvé à l'unanimité.

Mais même après mûre réflexion, je reste persuadé qu'il y a eu ce jour là une sorte d'"auto-emballement" assez difficile à expliquer, ce que je vais néanmoins essayer de faire dans la suite.

 

Contexte: 7 candidats à passer. Pas de candidat qui sur le papier se détache trois rangs au-dessus des autres. Pas de candidat local non plus, ni même de "poulain déclaré" en ce qui concerne l'équipe ou des membres de la commission: le seul ancien thésard d'un des membres (influent) de la commission n'est pas venu car classé premier ailleurs. Autant que je sache, il n'y a pas de "political agenda" dans le cadre de ce recrutement, bref, les choses sont aussi neutres qu'elles peuvent l'être.

 

Deux candidats font une mauvaise voire très mauvaise planche, ce qui règle rapidement leur cas vu que leur dossier n'était pas a priori dans le haut de la pile. Deux candidats se sont défendus honorablement, mais pour plusieurs raisons pas très importantes ici, sont assez vite éliminés (ils seront malgré tout classés) de la course au Graal***.

 

Bref, 3 candidats semblent au dessus du lot et c'est sur eux que les longues discussions vont porter; en fait, la lutte pour la première place se limite même vite à 2 candidat. Et assez rapidement je comprends que c'est autour d'un candidat que tout tourne.

Tous les points faibles de son dossier sont minimisés quand ils ne sont pas tournés en avantages; tous les points forts des (et surtout d'un) concurrents sont sous-estimés.

Assez vite, le vote -indicatif- montre que ce candidat se détache très largement, et que finalement la deuxième place est contre toute attente celle qui sera serrée.

 

Or, si je compare selon les critères objectifs que je peux imaginer:

- adéquation avec le profil recherche: aucun des candidats ne possédait tous les mots clefs initialement souhaités, mais les deuxième et troisieme étaient au moins des expérimentateurs comme stipulé dans le profil de poste. Le premier a, en thèse, fait avant tout du numérique. Dans la commission, certains en étaient à ressortir son CV de bac à bac+5 pour justifier que oui, il était expérimentateur.

- adéquation avec le profil enseignement: plus difficile à trancher, mais les enseignements demandés seront a priori en lien avec le profil recherche. Le troisième semblait de ce point de vue un peu léger. Les deux premiers avaient une solide expérience, mais le fait que le premier ait "fait l'effort de chercher des enseignements alors que ce n'était pas prévu dans son contrat" a été jugé remarquable par la commission.

- nombre de publis: le deuxième en a beaucoup plus. J'ai entendu "oui, mais il en a peu en premier nom" (en fait le même nombre que le nombre total de celui qui sera classé premier) et "dans son groupe, ça publie à tour de bras de toute façon" (je sais que ça existe, mais le reprocher à un candidat est un peu limite: il n'est pas reponsable des politiques de publications de ses chefs...) 

- expérience post-doctorale: le premier et le troisième ont fini leur thèse en décembre dernier. Dans ce cas, on dit "prometteur" si on veut classer le candidat, et "manque d'expérience" sinon**. Le deuxième a 18 mois de post-doc dans les pattes, avec me semble-t-il un papier sur le sujet. Le premier est même resté dans son labo de thèse pour son post-doc, "red flag" assez fréquent dans les commissions mais ici passé sous silence...

- expérience internationale: le deuxième en a une (étranger, il a fait son M2 en Erasmus, sa thèse dans son pays chez un cador mondial, son post-doc en France; il parle un français parfait). Le troisième a fait sa thèse en cotutelle à l'étranger, y passant 2 ans (bel esprit d'initiative car on peut supposer que cela a surtout dépendu de lui). Le premier n'est pas sorti du pays.

- qualité de l'audition: autant que je puisse juger, ce fut une bonne planche dans les 3 cas. Bon sens du timing, projet d'intégration montrant qu'ils avaient fait leurs "homeworks" (tous avaient contacté l'équipe d'accueil et étaient venu visiter), des qualités pédagogiques dans la façon de présenter et du recul scientifique dans la façon de répondre aux questions. Le troisième a paru paradoxalement à la fois un peu timide et un peu "survendeur" de ses qualités humaines; on a reproché au deuxième d'avoir trop vulgarisé sa présentation. Etonnamment rien de tel n'a été dit sur le premier qui nous a pourtant fait un slide sur ses stages d'avant M2, et qui selon moi nous en a tellement peu dit que la moitié des questions ont porté sur ses activités extracurriculaires (liées à la valorisation scientifique certes, mais tout de même). 

Voila pour ce que je peux imaginer comme critères objectifs, peut-être en oubliè-je?

 

 

Si j'essaye maintenant d'expliquer la décision, je dirais que le premier a, pour des raisons qui m'ont échappé, fait une impression exceptionnelle sur 3 ou 4 personnes à l'audition, et n'a vraiment déplu à personne. Les premiers commentaires ont donc été extrêmement élogieux et ont je pense vite conquis 5 ou 6 autres membres à l'origine bien disposés mais plus neutres.

Le deuxième a plu à beaucoup de monde également, mais n'a pas trouvé de "fans" disposés à chanter ses louanges, alors qu'une ou deux personnes ont, dès le court debriefing entre deux candidatures, souligné des choses qui ne les avaient pas convaincus.

Le troisième a laissé les gens plus circonspects, mais finalement, ayant moins polarisé que le deuxième, il a failli lui passer devant au dernier moment...

Bref, mon interprétation de cette journée est qu'il y a eu une sorte d'effet de groupe basé sur une impression somme toute assez subjective, mais qu'on a fini par "rationaliser" quitte à interpréter (ou surinterpréter) la réalité de manière discutable. Et sur l'influence, même inconsciente, de quelques leaders. 

Je pense que pour étudier la dynamique de groupe, une commission de spécialistes devrait être un bon système modèle... Et plus précisément, quand on aime à réfléchir sur le fonctionnement humain du monde de l'ESR, une journée de commission, c'est toujours de la "food for thought".

 

 

ce qui ne veut pas dire froid, malgré le ton laconique de cet article: les activités de recrutement (thèse, post-doc, MCF...) me font toujours beaucoup souffrir. J'ai l'impression d'avoir un pouvoir absolument illégitime sur la vie de personnes souvent de qualité.

 

** c'est un avis qui peut-être n'est pas pertinent, mais for the sake of the argument faisons comme si c'était vrai

 

*** Je ne sais pas si c'est une tendance lourde ou une succession de hasards, mais depuis un an je vois dans mes sections CNU beaucoup de recrutés à thèse + 6 ou 12 mois, ce qui semblait inconcevable il y a encore 4-5 ans quand je soutenais ma thèse... 

 

Addendum du 26 mai: merci à A. Lavigne en commentaire de m'avoir souligné que j'étais so 2002 en parlant de commission de spécialistes alors qu'on doit dire comité de sélection depuis au moins 5 ans (avec les nouvelles règles concernant le nombre d'extérieurs notamment). J'ai donc changé mon titre d'article...    

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20 mai 2013 1 20 /05 /mai /2013 17:14

Avant de parler de choses plus sérieuses (la visite chez Paul Bocuse entre autres), on peut mentionner rapidement deux chouettes restos du Pays Basque en terme de rapport qualité/quantité/prix.

Il faut dire qu'on bouffe plutôt pas mal dans la région, une cuisine généralement assez riche (+2 kilos sur la balance en 10 jours), et que les restos ne manquent pas, que ce soit du côté français ou espagnol.

 

Je ne me pose pas en dénicheur de bon plan, au contraire même: il y a plus de 10000 restos à Paris, j'estime (à tort ou à raison) que 80% d'entre eux sont génériques (donc médiocres) au mieux, et je suis donc plutôt du genre à recouper les informations. J'évite de me ruer dans un resto dès son ouverture, et de me taper 30 bouis-bouis pour découvrir celui pour lequel sous le rade cradingue sommeille Cendrillon. 

Mais il arrive que, sans vraiment chercher, on tombe sur un "bon plan": pas un truc à se relever la nuit, mais où on mange "comme à la maison" en ayant l'impression de ne pas avoir payé beaucoup plus cher que si on l'avait fait soi-même. Parfois, c'est tout ce qu'on demande.

 

Alors donc, dans la vieille ville de San Sebastian, il y a une bonne centaine de bar à tapas/pintxos/raciones (les pintxos sont des bouchées servies au comptoir, les "raciones" des petites petites portions de plats) qui ont presque tous la même gueule, vendent les mêmes trucs à peu près au même prix (soit entre 1,5 et 2€ le pintxo, autour de 8 pour une racion). Ils poussent même jusqu'à avoir tous la même typographie pour leurs enseignes. J'ai l'impression que les gens du cru y restent finalement peu de temps, celui de boire un verre, manger deux trois trucs au bar, et s'en font plusieurs dans la soirée.

 

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Dans l'ensemble c'est franchement pas mal, mais pas si donné que ça au final (pour se caler à coup de pintxos, je pense qu'il faut lâcher ses 15-20 boules). La bière n'est par contre pas très chère même si assez dégueu (2,5€ les 33cls de pisse), on peut préférer leur cidre (peu gazeux, assez amer, assez costaud, titrant à 5-6 degrés) qui ne coûte rien (autour de 4€ la bouteille de 75cls), ou leur vin blanc local, le txakoli, qui se boit bien s'il est très frais.

Certains bars font aussi "resto", avec des menus plus classiques à environ 20€, corrects mais pas forcément hyper copieux. A la carte, ça peut monter assez vite à plus de 30.

Dans l'un de ces bars, le Nagusia Lau (rue Nagusia aussi appelée Mayor, c'est facile), qui ne se distingue a priori pas vraiment des autres (beaucoup de touristes et locaux mélangés), mon oeil a toutefois été attiré par le menu "cidrerie": dans les cidreries de la côte, on peut paraît-il venir déguster les produits locaux tout en dînant traditionnellement; le menu est visiblement très codifié: omelette à la morue, morue frite, côte de boeuf, puis fromage de brebis et pâte de coing.

 

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Le bar/resto proposait donc cela, sans trop de publicité, par une affiche collée au mur uniquement; c'était notre dernier soir à San Sebastian, donc l'envie de se poser un peu et de bien manger était là: le prix affiché, de 37€tout compris (alcool itou), était un peu élevé, mais on en avait eu pour 25-30 les autres soirs, alors bon...

Pas de photos, mais c'était vraiment pas mal: les deux entrées à base de morue à partager n'étaient pas énormes mais bonnes, et la côte de boeuf pour deux était de fort belle taille, très goûteuse, superbement cuite, avec de bonnes frites et des poivrons caramélisés. Un fromage assez musclé pour finir, une bouteille de cidre pour le repas, nous étions contents. Vint la vraie bonne surprise, c'est que le prix annoncé était pour 2, soit même pas 19€ tête: j'avais bien compris que le menu était pour deux personnes, mais pas que le prix affiché l'était aussi. Je ne m'en suis toujours pas tout à fait remis, par rapport aux prix des menus avoisinant ou des plats à la carte dans les restos fréquentés.

Plusieurs remarques sur un service désagréable dans ce resto lues sur le ouèb, ce ne fut pas le cas pour nous, malgré notre espagnol inexistant (ne parlons pas du basque), même si le rythme du repas est assez soutenu (on comprend bien qu'on est pas là pour rester 3h, mais cela ne semble comme je l'ai dit pas dans les moeurs des locaux non plus...). C'est peut-être pire en juillet-août aussi...

 

 

Faisons ensuite un tour à Bayonne, qui m'a globalement plus intéressée que Biarritz (très jolie aussi, dans un style plus balnéaire, mais dont la population sent un peu trop le bourgeois parisien en week-end - visiblement, c'est le cas depuis la fin du troisième empire, avec un coup de jeune donné à la fin du vingtième siècle avec l'essort du surf- pour sonner vraiment authentique). 

Une bonne majorité des restos de la vieille ville sont concentrés sur les bords de la Nive, côté petit ou grand Bayonne. Toute proportion gardée, cela me fait penser aux restos du cours Saleya à Nice: collés les uns aux autres et à un rien près, tous le même prix, tous la même carte. Comme c'est moins touristique, c'est plutôt meilleur en qualité.

Nous avons par exemple plutôt bien mangé à la Grange, menu à 23€ si je me rappelle bien (le même tarif que partout), malgré un service très "cauchemar en cuisine" (entre un apprenti pas très dégourdi, un chef de salle ultra-stressé courant partout pas forcément très efficacement, et un chef de cuisine continuant à sortir les plats sans se préoccuper du désastre en salle; plusieurs personnes se barrant faute de pouvoir commander, quémandant un menu, attendant qu'on les place ou leurs plats trois plombes...). 

Le deuxième soir, nous décidons d'abord de parcourir les trois rues du petit Bayonne pour voir si quelque chose d'un peu plus "dans son jus" ne nous tendrait pas les bras. Le temps à chier et le fait que ça soit un jour férié ne nous facilite pas la tâche...

Nous hésitons sur un resto estampillé Fooding, Talotegi, mais la carte affichant du "boudin de C. Parra" entre autres name-droppings parisianistes me broute un peu. 

En face, nous tentons tant bien que mal de déchiffrer la carte manuscrite du Chiloa Gurmenta (7 rue des Tonneliers, Bayonne), qui affiche deux particularités: il y a de l'axoa à la carte, le fameux ragoût basque, et le menu est presque deux fois moins cher que partout aileurs (13€pour E+P+D).        

En tant que parisien blaireau de 2ème classe, je ne peux pas envisager de passer 10 jours au pays basque sans bouffer d'axoa (le première classe ne sait pas ce que c'est). Comme je n'en ai vu presque nulle part à la carte, cela nous décide à rentrer dans le resto complètement vide, alors qu'il est 20h pétantes. Marrant comme, lorsque toutes les offres se ressemblent beaucoup, on hésite quand même toujours un peu à rentrer dans un resto deux fois moins cher que les autres...

La "déco" est un monument de cantine de province comme le Fooding ne peut imaginer que ça existe: dessous de table en papier sur lequel est imprimé de la pub "locale", serviette en papier dans le verre comme dans les pizzeria-couscous, et objets de la maison de campagne de mémé (le genre de restos vantés dans les pubs "locales" des petits cinés). La salle fait une grosse vingtaine de couverts, en longueur.

Le personnel est composé en tout et pour tout de la patronne/cuisinière/serveuse, prénommée Annie, visiblement là depuis 30 ans et des brouettes (même si parisienne d'origine), et d'une serveuse.

 

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La serveuse nous propose (argh) un "petit kir" pour l'apéro, mais comme j'ai arrêté le kir, sauf circonstance exceptionnelle, il y a pas loin de dix ans, je demande "la carte des vins".

"Ah, non, on a pas de ça ici. En vin, on a du rouge: y a un bordeaux et deux côtes de gascogne; les côtes de gascogne, j'en ai un qui fait 13,5 et l'autre 14."

"On va prendre le 13,5, alors". (14€ la bouteille) Qui se boit plutôt bien (pas une piquette râpeuse).

On nous présente le menu oralement, en nous expliquant que c'est très copieux et qu'on n'est pas obligé de prendre une entrée. Honnête de prévenir, mais on la prend quand même parce qu'il fait faim, oeuf-ventrêche pour moi, et omelette basquaise pour Priscilla.

C'est effectivement très copieux, il y a je pense bien trois oeufs dans l'omelette, "fourrée" à la piperade (cette ratatouille basque, sans aubergines ni courgettes, c'est moins bon forcément mais on ne peut pas trop leur en vouloir de ne pas avoir les beaux légumes du sud-est). Encore une preuve que l'omelette est un plat génial, dans lequel tu peux tout mettre...

Quant à moi, j'ai une plaque de lard sur laquelle est posée deux oeufs au plat (un poil trop cuit), une bonne louchée de piperade sur le côté, et un peu de salade du sachet pour faire joli.

 

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Effectivement, c'est copieux et comme vous pouvez le constater de visu assez gras, ça ferait bien un repas du midi. C'est bon aussi, dans le pur registre du truc que tu peux faire chez toi. 

 

L'axoa est dans le même registre, familial et copieux, servi dans sa version traditionnelle (veau hachée) alors que j'avais jusque là expérimenté des versions plus "chics" (morceaux entiers de veau comme dans une blanquette).  

 

Le resto s'est entre temps rempli, les assiettes ont un peu de mal à sortir. Le dessert, un gâteau basque, sera un peu en dessous (peut-être pas du jour et/ou pas fait maison?). S'il fait beau, on peut se contenter d'entrée plat à 11€, et aller prendre une glace ailleurs avant de se balader le long des remparts...

Bilan: 40€ pour deux menus et une bouteille de vin, pile-poil. On mettra un peu de temps avant de réussir à partir car la patronne vient faire l'addition elle-même et glisser son petit speech commercial. Comme dans les resto-squats les plus branchés, ne prend pas la carte bleue.

De la bonne bouffe de mémé, ni plus ni moins, à un très juste prix: c'est déjà pas si mal, ça se fait rare. N'hésitez pas à pousser la porte de chez Annie... 

 

 

Pour conclure, mentionnons rapidement à Biarritz que les "plans pas chers" et populaires semblent majoritairement situés dans le quartier résidentiel en face de la côte des basques plutôt qu'en centre ville.

Par exemple, Casa Xabi (24 rue d'Espagne, à deux pas de notre hôtel...) propose un très bon "menu tapas" à volonté pour 14€, avec les classiques du coin (boudin, friture d'éperlans, coeurs de canards...): c'est simple mais bien réalisé. Les desserts sont anecdotiques (on peut tester le "yaourt" au lait de brebis). Encore une fois, l'ambiance était un peu morne en ce jour de semaine au temps médiocre, mais nous avons eu raison de pousser la porte de ce petit resto à la déco désuète qui ne paye pas de mine.

 

 

Dans le même registre mais dans une autre région, Docadn a récemment chroniqué le Poulpe, à Lorient.

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16 mai 2013 4 16 /05 /mai /2013 11:07

L'"Etat Stratège" est de nouveau à la mode.

Le commissariat général au plan, supprimé en 2006, vient de faire sa réapparition, sous un autre nom, sans doute moins connoté (les plans quinquennaux, depuis la disparition de l'URSS, ça a un peu perdu de son attrait).

Je ne suis pas apte à juger de la pertinence d'un état stratège en général, mais dans le même registre j'ai été interpellé par la mise en place de la commission Innovation 2030, dont le but médiatiquement affiché est de "découvrir l'Apple français de demain".

En France, en 2013, on pense que le géant industriel du futur se trouve en faisant s'asseoir autour d'une table une vingtaine d'"experts" gouvernementaux.

Voila, il n'y aurait presque rien d'autre à rajouter.*

 

Mais quand même, quelques mots supplémentaires: 150M€ sont débloqués pour cette commission, sur les investissements d'avenir. On envisage notamment des concours d'innovation. Un peu sur la mode du concours Lépine 

Et puis, si on regarde en détail le pedigree des membres de la commission (voir lien plus haut), on peut faire une ou deux remarques saisissantes:

- sur les 20 membres, la moyenne d'âge est de 60 ans pile-poil. Soit 77 ans en 2030; une bonne partie aura passé l'arme à gauche d'ici là. 3 ont moins de 50 ans, aucun moins de 45.

- sur les 20 membres, on trouve 7 hauts fonctionnaires slash dirigeants d'entreprise, 2 économistes, 1 journaliste, 1 philosophe et 4 hommes politiques (dont 2 ont un passé "scientifique"). 15 personnalités sur 20 qui ne sont donc pas vraiment ce qu'on peut appeler des "acteurs" de l'innovation...

Enfin, il y a 4 chercheurs, réputés pour leurs liens présents ou passés avec l'innovation et 1 "web entrepreneur" d'Etat. 

En tout cas, le dirigeant de l'Apple français d'aujourd'hui (qui est-il? X. Niel?) ou de dans 5 ans, il n'est pas dans la commission.

- et pour conclure, la familiarité de certains noms et leur présence quasi-continuelle dans bon nombre de commissions passées et à venir, laisse vraiment penser qu'on tourne au sommet avec quelques centaines de personnes, quel que soit le sujet de réflexion.

 

 

 

* on pourrait naïvement estimer que faciliter administrativement la vie des entrepreneurs, par exemple en faisant le tri entre les structures de valorisation et les multiples dispositifs existants, aussi invisibles que concurrents, ou qu'examiner sérieusement l'utilisation du crédit impôt recherche pour l'attribuer efficacement à des entreprises innovantes et pas avant tout comme moyen d'optimisation fiscale, seraient déjà une bonne piste de travail.

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15 mai 2013 3 15 /05 /mai /2013 10:59

J'ai un a priori négatif sur C. Bartolone, malgré ses dehors de défenseur des pauvres de Seine Saint-Denis et de symbole vivant de la méritocratie à la française (fils d'immigrés, destiné à un CAP mécanique, tout ça).

 

C'est un homme qui a fait de la politique sa carrière: il est député depuis 1981 (à 31 ans), sans discontinuer.

Or les politiques nous expliquent régulièrement que le régime des retraites ultra-favorables (entre autres) des politiques est lié à l'incertitude de la charge, au fait que "ce n'est pas un métier", mais on a dans l'hémicycle et ailleurs un bon nombre d'apparatchiks dont l'ambition semble être plus de se replacer aux prochaines échéances que d'impacter de quelque façon que ce soit la vie du pays. Le cas de cet adjoint au maire à la ville de Paris qui se retire de la vie politique à 41 ans parce qu'il pensait que "le paramètre financier prenait le pas sur l'engagement" m'apparaît largement moins fréquent.

 

Bartolone, c'est aussi un homme intègre qui n'a "pas embauché sa femme, mais épousé sa collaboratrice". 

 

Enfin, c'est un homme qui a fait construire récemment une maison estimée entre 2 et 3 millions d'euros. 

Qu'un homme politique ait du pognon, dans l'absolu, je m'en fous. Que la fonction soit bien rétribuée, c'est sans aucun doute légitime.

Qu'on devienne millionnaire en faisant une carrière en politique (contrairement à L. Fabius, C. Bartolone ne vient pas d'une famille de grands bourgeois) me semble plus dérangeant conceptuellement. 

Et même, plus précisément, je m'interroge sur les sommes: les émoluments d'un élu sont limitées à environ 10k€/mois brut en cas de cumul. C'est assez proche dans le cas d'un ministre.

En supposant que sa femme gagne la même somme et qu'ils ont pris un crédit sur 20 ans au taux d'endettement maximum (donc en supposant aucun crédit en cours) et au taux de crédit minimum, j'arrive, avec mon petit simulateur Société Géniale, à un prêt d'"à peine" 1M€. Je veux bien croire qu'un député n'a pas les mêmes conditions de crédit que le français moyen, mais l'ordre de grandeur doit être juste, ce qui suppose un apport perso d'environ 1.5M€, une paille...

 

Cela dit, entre ça et les L. Wauquiez, député ou ministre depuis 10 ans et fils de grand industriel, qui publient un patrimoine dérisoire, type un studio de 100k€ et 3500€ sur un compte courant alors, je ne sais ce que je "préfère"...

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