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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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  • Misanthrope optionnellement misogyne et Esprit Universel.

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26 avril 2013 5 26 /04 /avril /2013 15:14

Tout est dans le titre, un petit break de 15 jours ne sera pas de trop pour se régénérer mentalement et physiquement.

4 jours dans la région lyonno-grenobloise (avec un petit pélerinage chez "le monument de la gastronomie française" tant qu'il est vivant), puis une petite dizaine de jours sur la côte basque, entre Biarritz et San Sebastian où on ne devrait pas trop mal manger non plus (même si pour des raisons budgétaires on n'ira hélas pas chez Berasategui). Et si on est chaud et qu'on veut se rafraîchir, on conclura peut-être par un week-end d'alcooliques en Normandie.

 

En attendant, bon courage à ceux qui passent les auditions MCF ou des entretiens divers et variés.

 

Et puisqu'on en parlait ailleurs, un petit morceau des Clash pour tous ceux qui ont comme moi un jour été bassiste monodoigt inaudible dans un groupe.

 


 

 

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23 avril 2013 2 23 /04 /avril /2013 13:19

Petites parodies (plutôt des pastiches, en fait) de blogs gastros. Dans le même genre, j'avais aussi écrit ça. Et puis un peu ça aussi.

 

- Döner Kebab "On Bosse Fort".

Gars, y a de la bonne vibe dans ce resto grec, c'est ça que je kiffe. J'ai appelé le proprio avant de venir, je lui ai demandé de m'expliquer sa carte plat par plat, il était super open, on a passé 2h au tél. Quand je suis passé, le serveur m'a mis à une table au fond, pas cool, mais j'ai demandé la table proche de la fenêtre et y avait pas de lézard. Bon esprit, ils ont fait péter l'oasis multifruits pour la peine. Puis j'ai demandé au serveur son plat favori, il m'a répondu le complet sauce blanche ou le adana harissa et j'ai dit banco!

Franchement, on se la raconte pas, les produits sont nickel, peut-être juste la sauce blanche un peu liquide, mais je l'ai dit au serveur et il m'a répondu qu'il le dirait au chef, ça c'est good vibration.

Un top plan où on se fout pas de notre gueule, 7€ la formule qui se prend pas le chou, dans la top-liste. 

 

 

- Le Bar du Palace, de l'intemporalité aventureuse.

Les bars de palace sont des cocons apaisants. L'on s'y sent comme dans de la ouate, l'atmosphère y est cotonneuse, cela vous assourdit. L'on vous y sert des mets bien fichus, sans aucun désir de souvenirs, à la marque immémoriale. L'on y mastique sans attention, en regardant la foule aguicheuse qui s'étire mollement. Le but est de se sustenter sans accaparer, pour vous amener au bout de la nuit dans ce monde inconnu. Cela s'appelle le chic.

 

 

- Le Bistronome en culottes courtes, chronique numéro 987.

Le Bistronome vient d'ouvrir il y a trois mois. Comme il y a deux mois de résa et que personne ne me connaît malgré tous mes efforts, je viens seulement d'y choper une table et je vais donc moi aussi en parler, un peu après tout le monde, mais en même temps avant le client moyen qui, le nul, ne sait toujours pas que ça a ouvert.

Le chef, John Peter Sigurdson di Benedetto, gaillard franco-anglo-dano-italien aussi velu que tatoué, a un CV solide, puisqu'il a épluché les patates chez Troigros avant de faire bouillir l'eau des pâtes chez Fréchon et de couper la ciboulette chez Inaki Aizpitarte, mais le monde des étoilés l'a lassé. Néanmoins amoureux des bons produits et original avant tout, il achète son pain chez Poujauran, son fromage chez Quatrehomme, sa viande chez Desnoyers mais aussi quelques morceaux chez le Bourdonnec, et ses légumes chez Yamashita et Passard. Dans son menu carte à 37 euros, on trouve des légumes oubliés, des morceaux de viande encore plus oubliés, le tout servi brut, comme cette endive simplement snackée agrémentée d'un navet bouilli. Notons aussi le burger au chateaubriand et cantal affiné 96 mois ainsi que le pot au feu revisité et le ceviche joliment acidulé. Carte des vins naturelle, comme de juste. Les tables sont serrées, on ne vous calcule pas si vous n'avez pas le look barbe de dix jours adéquat et on vous vire au bout de 48 minutes à table pour le 4ème service, mais c'est la rançon du succès, j'adore.

 

 

- La taverne de Jean-Mich, publi-reportage non assumé.

Journaliste blogueur ou l'inverse, je suis invité au resto tous les midis (seul le lecteur n'est pas au courant) en échange d'un papier où je peux mettre en valeur ma plume de BTS journalisme, qui permettra malgré tout au restaurateur d'avoir un peu de visibilité parmi les 10000 restos parisiens.

Jean-Mich est un ancien comptable qui vient de réaliser son rêve en reprenant une boutique de chaussures d'occasion dans une ruelle du 12ème et en la retapant à la sauce Ikea. Comme personne ne vient goûter à ses plats de bistrots typiques faits métro maison, je vous recommande de venir tester le tartare-frites, l'andouillette-frites, et le pavé de saumon au riz sauvage, avant de tenter en dessert le tiramisu et la crème brûlée dans l'excellent menu plat-dessert à 18€. Ambiance super sympa et grands sourires du patron, on en redemande à deux pas du bureau. Enfin, le pichet de Mouton-Cadet à 30€, pièce de choix de la carte estampillée Maison Richard, finira de vous ravir les papilles.

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17 avril 2013 3 17 /04 /avril /2013 14:19

Je ne vais pas parler de fraude fiscale, pourtant d'actualité, mais de fraude scientifique possible.

 

Je m'en suis aperçu complètement par hasard, en faisant de la biblio sur un sujet sur lequel j'ai commencé à m'intéresser il y a peu (ok, je fais ma biblio avec 6 mois de retard, mais mieux vaut tard que jamais); et surtout en tombant, après une discussion, sur un article un peu "ancien" (2007) avec une figure exactement semblable à celle d'un article plus récent (2012). Je ne m'en suis pas aperçu grâce à ma mémoire d'éléphant, mais simplement parce que je venais de présenter la dite figure lors d'un petit talk... ça se joue à peu parfois.

Ce qui est amusant, c'est que le papier de 2007 est cité dans le travail de 2012, mais pas du tout au sujet de la figure. Il faut signaler que les deux études sont chinoises (la plus récente comprend également un auteur américain), mais qu'il n'y a aucun auteur commun, et que les deux universités sont semble-t-il distantes de plus de 1500kms. Les journaux et les éditeurs sont aussi différents.

Est-ce qu'il y a fraude ou boulette (de la part des auteurs ou du journal), je n'en sais évidemment rien, mais je dirais que la probabilité pour que deux photographies TEM (microscopie électronique à transmission) de 500nm de côté de deux systèmes différents soient identiques (à une dilatation près) est du même style que celle de gagner le jackpot à l'euromillion...

 

etrange-ressemblance-copie-1.jpg

Photos pas très belles, 2007 est à gauche, 2012 à droite. La ressemblance est pour le moins troublante.

 

Voila, je vais probablement contacter l'éditeur de l'article de 2012 pour signaler le problème... si cela vous est déjà arrivé qu'avez-vous fait? Faut-il aussi contacter les auteurs du premier papier ou l'éditeur du premier papier, les auteurs de la ressemblance troublante, faire l'autruche? 

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10 avril 2013 3 10 /04 /avril /2013 16:47

On a parlé pendant les déjà oubliées Assises de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche du "mikado institutionnel" (l'expression est de V. Berger, et se distingue du millefeuilles car les couches ne sont pas parallèles mais toutes interpénétrées).

Ce n'est pas le pire: le pire, c'est le mikado intra-organisme.*

 

Bel exemple au CNRS où on doit rédiger une notice de 60 pages pour expliquer à celui qui aura le courage de la lire le fonctionnement de l'organisme.

 

Le préambule est déjà savoureux (mais joue au moins franc-jeu): 

"Ce guide vise à conduire son lecteur dans le labyrinthe des structures du CNRS, «briques de base» de l’organisation de l’établissement."

Puis, on y apprend avec intérêt que les SOR, qui se distinguent des SOS, sont constituées de plusieurs sous-structures, à savoir des unités, des SFR, des gdR, et des FRE. Depuis 2007 existent également des LRC et des ERL, qui sont des SOR. Par contre, les gdRE et gdRI, comme les LEA et LIA, ne sont ni des SOR ni des SOS, contrairement aux UMI.

 

C'est là que j'ai stoppé ma lecture.

 

 

* ou intra-institut, ou intra-établissement

       

Via Twitter et @Maroui1

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2 avril 2013 2 02 /04 /avril /2013 16:38

Un certain nombre de comportements d'étudiants me sidère ces derniers temps, et je me demande si:

- il s'agit d'un changement de paradigme en cours, sur la conception de l'enseignement, assez profond.

- j'ai beaucoup vieilli et oublié mes années étudiantes.

- il s'agit simplement de hasards successifs, peut-être un peu liés aux modalités particulières de l'établissement où j'enseigne, et pour lesquels il ne faut pas tirer de conclusions hâtives.

 

Récemment, j'ai donc été confronté à un certain nombre d'étudiants que j'ai envie d'appeler "100 balles et 1 mars", qui en gros semblent penser que je suis spécialement et uniquement à leur service*, et qui s'adressent à moi un peu comme un client casse-couilles s'adresse à un serveur au restaurant

Typiquement, des gens qui trouvent parfaitement normal que je réponde aux mails un 23 décembre, pour qui j'ai forcément 1h à passer au téléphone leur expliquer en quoi leur copie est mauvaise, voire (déjà 2 fois cette année) qui me demandent de leur scanner leur copie annotée (quand ce n'est pas en sus celle de leurs camarades), ou de leur faire un corrigé personnalisé. Il y a aussi ceux qui se pointent sans prévenir, à 9h00 comme à 18h30, et qui estiment naturel que j'ai forcément 1h à leur consacrer.

Pour ceux qui trouveraient que je surréagis, je précise que la façon de présenter la demande est souvent un facteur d'irritation autant que le contenu lui-même. Et franchement, je n'ai ni l'intention ni le temps de scanner individuellement 200 copies, sans même poser la question de la légalité du procédé (il me semble qu'on peut exiger de consulter sa copie, mais pas de repartir avec).

 

Je ne pense pas (encore) faire (tout à fait) partie de la confrérie des MCF qui n'ont rien à péter de l'enseignement et des élèves. J'essaie de faire des cours agréables et pas trop magistraux, de faire passer du sens physique, d'aider les élèves (ceux qui sont sympas et bien élevés de bon coeur, et même les autres, de plus mauvaise grâce) quand ils ont des problèmes d'ordre administratif, etc.

Par contre, la recherche reste ce qui fait le plus battre mon coeur, et avec mon salaire mirobolant de 18€ net de l'heure (aux 35h, en temps réél on est plutôt à 13€ net), je refuse de faire le secrétariat en sus du reste, et je refuse d'accepter de ne plus me consacrer du tout à un minimum d'activités stimulantes intellectuellement. J'ai choisi ce boulot pour la liberté qu'il procure, que j'avais largement surestimée comme beaucoup d'entre nous, et donc je ne suis pas prêt à céder le peu qui me reste.   

 

Plus généralement, je m'interroge: les demandes incongrues d'élèves ont elles toujours fait partie du job, sont-elles en augmentation, ou sont-elles liées aux particularismes des enseignements de mon établissement?

Bref, cela peut-il révéler un changement de comportement des étudiants, qui verraient désormais plus dans la formation un produit "commercial" (bien qu'encore presque gratuit), où le client-étudiant serait "roi", et l'enseignant là pour faire ce qu'on lui dit comme on le lui dit.

Cela pose question notamment quant à l'évaluation des enseignements, qui, si elle semble nécessaire, doit être bien pensée: elle se pratique énormément aux US et semble dans les moeurs, donc on peut croire que les étudiants jouent le jeu. Mais cela serait-il vrai chez nous?

J'ai entendu malgré tout plusieurs histoires sur des cours pour lesquels les enseignants sont obligés de jouer les vendeurs de bagnole pour attirer les élèves, a-t-on envie de faire quelque chose de similaire (personnellement, je n'enseigne pas dans des cours où mon ego s'est suffisamment investi pour que j'ai envie d'aller faire l'article de mes enseignements). Que penser alors des cours qui ont de tout temps et quels que soient le niveau ou la façon d'enseigner fait chier tout le monde ou presque, mais qu'il semble néanmoins nécessaire -est-ce vraiment le cas d'ailleurs?- d'avoir vu une fois dans sa vie de façon propre (la thermodynamique ou la physique statistique pour ne prendre que ces exemples)?

 

 

 

* ceci en plus du fait qu'une large majorité des étudiants paraît ignorer la fonction même d'un maître de conférences, notamment la double casquette enseignement et recherche.

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26 mars 2013 2 26 /03 /mars /2013 09:32

Salaire net (duquel est déjà prélevé le montant mensuel de 77€ pour cette superbe mutuelle qu'est la MGEN, et auquel est rajouté la moitié du titre de transport, soit environ 30€, et la mirifique prime à la vie chère pour parisiens, soit environ 90€)

Aux alentours de janvier 2012: 2412€

En octobre 2012: 2403€

En novembre 2012: 2400€

En janvier 2013: 2393€

En mars 2013: 2369€

 

-2% sur à peine plus d'un an, dont -1.5% sur les 6 derniers mois.

(Il est très dur de comprendre d'où cela vient puisque je viens à peine de recevoir ma fiche de paye de janvier).

 

A suivre...

 

Mais est-ce le cas pour tous les chercheurs, enseignants-chercheurs, ou fonctionnaires?

 

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18 mars 2013 1 18 /03 /mars /2013 14:11

Où l'on reparle des activités du chercheur ou de l'enseignant-chercheur, comme je l'avais fait suite à un billet de Tom Roud.

 

Arthur Charpentier souligne ainsi que le blogging/twitting (si ça se dit) n'est pas que du temps perdu ou de la procrastination: cela peut être un moyen d'entretenir ou de créer un "réseau", et d'élargir son spectre de pensées. Je mets réseau entre guillemets car il ne s'agit pas ici, en général d'être introduit à Saint-Germain des Prés ou d'être admis au Siècle, mais plutôt de créer et garder des contacts avec des scientifiques qu'on ne croisait auparavant qu'en conférences, ou de dialoguer avec des spécialistes d'autres champs disciplinaires, aux réflexions souvent pertinentes et qu'on n'aurait pas rencontré autrement, même si cela peut rester uniquement virtuel. Le "réseautage 2.0", en somme. 

 

Sur une thématique un peu différente (l'anglais à l'Université), un article de David Monniaux a suscité un débat en commentaires, entretenu par les défenseurs de la langue française contre l'oppresseur anglo-américain. 

 

J'apprécie beaucoup le dernier paragraphe du commentaire numéro 17 de mon collègue (en réponse au professeur de lettres du secondaire fameux pour avoir piégé ses élèves en truquant Wikipédia) que je me permets de citer ici:

"Si l'on écoutait l'ensemble des personnes qui s'expriment au sujet de la recherche, il faudrait faire des activités de vulgarisation, aller dans les écoles, écrire des versions en français des publications, s'investir dans la relation science-société, tenir un blog de recherche, le tout en continuant d'encadrer quotidiennement les doctorants, de se battre contre l'administration, de demander et de gérer des financements, de recruter des doctorants et des post-doctorants, et, pour les enseignants-chercheurs, de faire cours, de rédiger des supports de cours, et de gérer la myriade de problèmes de gestion et d'administration liés à l'enseignement. Dans ce cas, excusez-moi, quand est-on censé faire de la recherche ?"

 

Pas grand chose à rajouter, si ce n'est qu'il oublie dans les activités qui devraient incomber au chercheur la valorisation (rédiger et déposer des brevets, et si possible les exploiter en fondant sa start-up), a priori inscrite dans les missions des universités dans le nouveau projet de loi, de développer la formation tout au long de la vie, et de s'investir à fond dans les massive online open courses, tout en militant pour l'open access.

 

Certains collègues y arrivent et je suis extrêmement admiratif*, de même que Jean-François Copé fait montre de ses capacités hors du commun en étant à la fois, avec un égal talent, député-maire, président de parti et avocat d'afffaires.

Mais on ne peut décemment exiger que l'exception soit la norme... c'est hélas un biais d'évaluation courant, qui relève du même ressort que celui consistant à évaluer la qualité de la recherche nationale uniquement sous le sceau des Prix Nobel et Médailles Fields, ou la politique à l'aune du talent de Jean-François pendant que des minables se contenteraient de 5k€ par mois.

 

 

 

il faut quand même noter que généralement, ceux-là évoluent dans un cadre "privilégié" et ont plus de fonds de roulement et/ou moins de problèmes administratifs ou de gestion de l'enseignement. Ou alors, que leur implication est sélective, et plus "CV oriented" que réélle.

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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 14:35

Pas besoin d'aller dans les années 70 ou 80 pour trouver des vraies voix rock. Dès les années 50, Little Richard déchire grave, et Screamin' Jay Hawkins n'est pas en reste. Dans les années 60, Wilson Pickett balance aussi la sauce.

 


 

 


 

 

Et si vous aimez la bonne musique, fendez-vous de 90€ pour le coffret 50 ans de la Motown, 10 double cds de bonheur (bon sauf le dernier). 
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11 mars 2013 1 11 /03 /mars /2013 18:35

J'interviens dans un master en cotutelle, l'une des cotutelles gérant plus spécifiquement le M1 et l'un des M2 recherche accessibles, et l'autre plus spécifiquement le M2 Pro, assez bien côté et demandé. 

 

Le responsable du M1 est un collègue probablement très apprécié de l'AERES, qui a tout du "bon enseignant-chercheur moderne": longue liste de publis dans des bons journaux, publications régulières, collaborations internationales, financements et expertises d'"excellence", et implication dans la vie de l'Université voire à l'échelle nationale. 

 

Les responsables du M2 sont au contraire deux collègues aux portes de la retraite, "non-publiants" à vie ou presque, sur qui on a jeté l'opprobre il y a quelques années de façon un peu facile, et donc assez amers sur leurs dernières années.

 

Or, si on discute quelques minutes avec les élèves, on se rend compte que le M1 est un bordel sans nom: emplois du temps improbables voire "illégaux", cours qui sautent sans prévenir, salles inexistantes, programmes d'enseignements inconnus même pour les enseignants, niveau complètement hétéroclite, etc. Et surtout, d'après les étudiants, aucun suivi de la part de l'équipe pédagogique et surtout des responsables de la formation. Alors que le M2 est dans l'ensemble extrêmement bien géré (si les élèves ne trouvent rien à redire, c'est que c'est vraiment bien) avec des débouchés on ne peut plus corrects pour l'époque.

 

Car s'occuper d'un master "correctement", c'est un boulot immense. Il faut faire un emploi du temps cohérent et être réactif face aux impondérables, un programme scientifique qui se tient, être en contact régulier et quasi-individuel avec les élèves d'une part et la scolarité d'autre part. S'occuper des conventions, surtout avec les développements de l'alternance. Récupérer le pognon de la taxe d'apprentissage etc, faire en sorte que les intervenants externes soient payés. Organiser les soutenances, les commissions d'harmonisation des notes, les entretiens d'admission... les tâches sont infinies ou presque*. 

Pour cela, l'établissement donne une décharge d'enseignements royale de 5HED ("tutorer" un apprenti, à savoir aller le visiter 1 fois dans son entreprise et l'appeler 2 fois dans l'année au téléphone - facultatif- compte pour info 8HED). 


Par cette histoire, je veux juste montrer que la notion d'"excellence" et que sa relation à l'enseignement est loin d'être simple.

Il n'y a pas les gentils "non-publiants" exploités d'un côté et les méchants aux dents qui rayent le parquet de l'autre: j'avoue honnêtement, quand nos collègues partiront et que nous, les "jeunes" qui ont l'ambition de passer Prof. un jour (les vieux sont restés MCF toute leur vie) reprendront le flambeau, le M2 ne sera probablement plus aussi doux pour les élèves qu'avant, parce qu'en gros, nos collègues (qui certes n'avaient rien d'autre à foutre ou presque) bossaient, de façon extrêmement consciencieuse, "gratuitement" et que la reconnaissance pour ce travail a été moins que zéro.

Alors qu'il est si simple de faire comme un bon "enseignant-chercheur moderne": mettre dans son CV "responsable de..." et laisser le truc vivoter tant bien que mal pendant qu'on se consacre aux tâches qui comptent vraiment**: ça ne concerne que des élèves après tout, ce n'est pas comme si leur réussite et leur bien-être étaient pris en compte dans les évaluations des enseignants-chercheurs.

 

 

Que l'AERES ait tenté un "recensement" des "non-publiants" (avec des critères pas franchement très contraignants) est plutôt une bonne chose. Encore faut-il savoir quoi en faire et ne pas nécessairement les ostraciser (on en est limite à les "planquer" quand un comité passe, certains envisagent de leur interdire de faire des heures sup'*** etc): l'administration, notamment de l'enseignement, est une activité chronophage et peu stimulante pour beaucoup. Il faudrait la valoriser d'une façon quelconque... pour les enseignants-chercheurs mais aussi pour les élèves.

 

 

*Il y a souvent un secrétariat, mais dont l'efficacité ou la connaissance intime des tâches est mince, et qui n'est donc pas d'une aide énorme.

 

** publis d'une part, participations à des comités théodule de l'autre. Pour le reste "responsable" sur le CV suffit amplement.

 

*** cela a du sens: s'ils font la moitié de leur travail, on ne veut pas les payer pour faire des heures sup' sur le temps de l'autre moitié. c'est aussi débile: dans ce cas, ce sont les publiants qui doivent se taper toutes les heures sup', donc moins publier, etc.

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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 16:50

Pour des raisons d'activité intense, je n'ai pas trop le temps de bloguer en ce moment, mais je participe à des discussions intéressantes on-line (plus besoin d'amis IRL maintenant).

 

Le sujet du moment, la qualification, l'une de mes obsessions (le mot est sans doute un peu fort) personnelles. La qualification est un sésame franco-français décernés aux docteurs pour avoir le droit de se présenter aux concours de Maître de Conférences. C'est une étape d'évaluation sur dossier, dont les critères peuvent être très variables selon sections ou domaines et sont le plus souvent flous, mais qui est quasi une formalité dans un bon nombre de sections (où on arrive à plus de 80% de réussite, comme au bac).

Cela permet aussi aux padawans de se familiariser avec l'application Galaxie qui hantera leurs nuits pendant plusieurs années.

 

Il faut signaler qu'il y a une qualification pré-MCF, puis une qualification pré-Prof pour les MCF souhaitant changer de grade.

 

Bref, le rapport final des Assises de V. Berger prônait leur suppression (chronophage, pas aussi égalitaire qu'annoncé, et très coûteux). Le CNU (Conseil National des Universités), qui gère la chose, a protesté (jusque là tout est normal).

Dans le rapport pré-projet de loi LeDéaut, du nom du député qui s'est inspiré du rapport Berger, on ne trouve plus mention de cette suppression (on y recommande par contre la suppression de la HDR, que le rapport Berger préconisait de garder tout en la vidant de sa substance).

Dans le projet de loi, on ne voit finalement rien venir, ni suppression de la HDR ni suppression de la qualification, mais ne crions pas trop vite à l'enterrement même si c'est probable, il se peut que cela fasse plutôt l'objet de décrets (je ne suis pas spécialiste de la question).

Mais bon, cela sent le statu quo, ce qui n'empêche pas de discuter entre nous.

 

 

Quelques analysesrécentes tout d'abord, qui peuvent permettre de se faire une meilleure idée sur l'intérêt (ou pas) de la qualification:

Chez B. Coulmont, et O. Bouba-Olga

 

 

Puis, la question posée crûment chez Gaïa Universitas qui résume également bien les points principaux, discussion qui pour l'instant ne déchaîne guère que mes passions.

 

Je m'autorise à reproduire mon avis que je partage (Pierre Assouline ayant fait un bouquin à partir des commentaires sur son blog, je ne sais pas quelle est la jurisprudence à ce sujet) (si j'avais le temps, je relirais et reformulerais quelques points mais baste):

 

Je pencherais pas mal pour la suppression de la qualif’ (en tout cas au niveau MCF; au niveau Prof’, les arguments sont un peu différents, et c’est plus le doublon avec la HDR qui me chiffonne): un calcul raisonnable lu dans une contribution aux Assises évalue son coût à 10M€. http://www.assises-esr.fr/var/assises/storage/original/application/845315e2797958e8e83dff136362af9b.pdf

Dans le document annuel (toujours très intéressant: http://cache.media.enseignementsup-recherche.gouv.fr/file/statistiques/13/9/qualif2012_238139.pdf) du ministère sur les statistiques à la qualification, on se rend compte que le taux de qualifiés, si on enlève les éliminés pour cause de « hors-section », est de 68% (hormis le droit à 45%, il est de presque 80% sur l’ensemble des disciplines de sciences dures, avec des pointes à 98%, p.4).
Bref, dans beaucoup de sections, il s’agit d’une « formalité » (avoir fait quelques heures d’enseignement et avoir publié un truc, aussi riquiqui soit-il), mais coûteuse en argent et en temps pour le candidat comme pour les EC qui évaluent. Cette formalité ne joue pas vraiment le rôle de « filtre », car on ne peut pas non plus dire que l’on ne reçoive que des dossiers de candidatures excellents… (1 candidat avec 1 article publié et 50h d’enseignement aura sa qualif’, il aura du mal à avoir un poste voire même à être auditionné, dans mes sections).

Il me semble aussi que cela renvoie (ou conforte) une mauvaise image du doctorat assez franco-française: implicitement l’Université reconnaît que 30% des doctorats qu’elle délivre ne sont pas au niveau, à tel point que l’on ne veut même pas que les gens candidatent. On a ensuite beau jeau de critiquer les politiques d’embauche du privé vis-à-vis des docteurs: « 30% de vos docteurs ne correspondent pas à vos standards, mais à nous de faire avec eux? ».
Ce n’est pas très raisonnable: si l’on pense que certaines thèses n’auraient pas dûes être soutenues (ce qui est probablement le cas: en sciences dures, à part si le doctorant quitte de lui-même, il est extrêmement rare qu’il ne soutienne pas…), c’est en amont qu’il faut travailler (avec les comités de thèse par exemple, si tant est qu’ils aient du pouvoir), pas après en disant « bon ok, on te donne ta thèse, mais n’y reviens pas ».

On me dit que cela permet de lutter contre le localisme et autres magouilles: outre que je suis toujours réticent à justifier l’existence d’une structure qui créé des biais simplement parce qu’elle pseudo-corrige un autre biais (là aussi, approche assez française), je suis sceptique. Encore une fois, les chiffres le montrent, le filtre est globalement faible… et la « pression » (nationale et internationale, en termes de budgets, d’existence même de certains labos ou unités, d’ouvertures de postes) sont des incitations autrement plus efficaces pour faire baisser le localisme que la qualification. Le taux de candidats locaux recrutés a baissé de plus de 5 points (de 25 à 20 si ma mémoire est bonne en moins de 10 ans, la qualification existait déjà avant…).

Bref, je vois un machin qui coûte très cher, en temps et en argent, et dont l’utilité me semble faible. Avec des procédures assez illisibles (peu voire pas d’affichage des critères) et peu égalitaires (étrangers dispensés, etc), qui favorisent les insiders.
Il me semble que le « contrôle qualité », s’il doit être fait, doit l’être a priori et non a posteriori. Ou alors, on fait un truc comme en droit, une vraie « pré-sélection », en publiant/affichant très clairement des critères académiques très clairs, section par section, permettant de justifier aux employeurs non-universitaires que les non-retenus ne sont pas des tâches, mais des gens très compétents qui ne remplissent juste pas certains critères purement académiques (publis, enseignement etc).

 

 

Bientôt, on parlera de loi Sauvadet...

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