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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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11 janvier 2013 5 11 /01 /janvier /2013 02:44

Je suis retourné aux USA pour la première fois depuis presque 3 ans.

Beaucoup de choses m'avaient manqué:

- se balader à longueur de journée avec à bout de bras son gobelet en carton muni de son couvercle en plastique rempli d'un demi-litre de liquide marron et bouillant qu'ils appellent café.

- les pick-ups trucks plus hauts que toi représentant environ 50% des véhicules en circulation et le fait qu'avoir 1 "pedestrian walk" quand il y en a une est une curiosité de la ville.

- les employés qui s'appellent Jenny ou Brad et sont "heureux de te servir aujourd'hui".

- les gens souriants et aimables aux dents blanchies.

- le look T-shirt uni jean baggy casquette indémodable de 15 à 60 ans.

- la junk food à 6$95 (fuck les burgers trucks parisiens et leurs burgers à 12 ou 15€).

- les douaniers à tête de mort qui te demandent pendant 15 minutes ce que tu viens faire aux USA.

- les tics verbaux "I was like, you know, oh my God, like, this is awasome you know eeeeeeeeuuuuhhh".

 

Et puis, en arrivant à Los Angeles, j'ai eu le plaisir d'assister pour la première fois de ma vie à l'évacuation par la police d'un passager qui avait été inconvenant pendant le vol à l'atterrissage, comme dans les séries. 

 

Par contre, je ne connaissais pas le principe des "body shots" (ou plutôt je l'avais vu dans Piranha 3D ou autres films débiles mais je ne savais pas que ça se faisait vraiment en soirée): eh ben je peux vous dire qu'entre deux mecs bourrés, dont l'un est Full Professor et l'autre Grad Student, c'est juste dégueulasse (alors que la version Piranha 3D semblait plutôt sympa). Surtout quand ça implique de raser le torse d'un des participants avant...

Oui, la conf a été assez intense, "polymer scientists going wild". J'ai su rester raisonnable.

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4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 16:15

Sans raison apparente, j'ai au cours des derniers mois lu un certain nombre d'autobiographies. Pas le genre suranné linéaire, exhaustif, et le plus souvent écrit par des nègres à propos de semi-people en fin de carrière (de Drucker à Ginola), mais plutôt des bouquins un peu ambitieux d'un point de vue littéraire ou un poil iconoclastes.

 

A savoir,

 

- J'ai réussi à rester en vie de Joyce Carol Oates

- Mes Vies d'Edmund White

- Le Poète russe préfère les Grands Nègres d'Edouard Limonov

- Life de Keith Richards

- Théorème Vivant de Cédric Villani

 

De façon assez amusante, il existe un certain nombre d'interconnexions (lointaines parfois, je le reconnais) entre tous ces livres.

 

Joyce Carol Oates raconte dans "A Widow's Story" (titre plus subtil que la traduction française...) la mort "subite" de son mari et éditeur, avec qui elle était mariée depuis plus de 50 ans, en 2008. Le livre est étrange, comme souvent chez Oates, dans la mesure où, ai-je trouvé, le mari est à la fois présent dans toutes les pages et complètement absent: il y a un petit côté "artificiel" dans la façon dont Oates expose son amour et son chagrin, ou peut-être trop "littéraire", idéalisée et intellectualisée, sans rien de concret. Bref, cela m'a laissé quelque peu dubitatif et je préfère de beaucoup ses romans dérangés, même si eux non plus ne filent pas la patate. Il est toutefois amusant de voir de près l'univers princetonien et sa faune (Oates y est Professeur de littérature), probablement aussi représentatif du "real world" que ce que peut être en France la rue d'Ulm ou la Sorbonne.

 

Ce qui m'amène au livre de Villani, notre dernier médaille Fields ou comme on l'a surnommé - à cause de son look assez personnel- le Willy Wonka des maths. Le livre est aussi déprimant qu'enthousiasmant, et parfois imbittable aussi: j'ai parfois eu l'impression en lisant certains passages pourtant censés être "explicatifs" d'être à la place de mes parents quand je leur parle de mon boulot... les côtés déprimants sont les passages du style "il y a 10 ans avec mon thésard" (alors que Villani à 35 ans au moment de l'action) ou ceux où on lui propose de diriger un établissement prestigieux (c'est là qu'on apprend que l'homme est loin d'être aussi "perché" qu'il peut en avoir l'air, et qu'il n'est ni dénué d'ambition personnelle - énorme- ni de sens politique). L'enthousiasme vient du fait que, de façcon plutôt bien écrite, on suit "la science en train de se faire" et le déroulement d'une carrière exceptionnelle. De façon assez amusante, Villani passe plusieurs mois à Princeton à peu près au même moment où Oates se remet de la mort de son mari (2ème semestre 2008 pour Oates, 1er semestre 2009 pour Villani).

 

Il se trouve également qu'Oates est une très bonne amie d'Edmund White, qui apparaît à de nombreuses reprises dans son livre en tant que l'un des proches sur qui elle s'est appuyée, et que celui-ci est aussi Professeur à Princeton. Dans Mes Vies, Edmund White se lance dans l'autobiographie, pourtant déjà très présente de façon assez transparente dans ses romans. "Ses vies", regroupées par "thématiques", ce sont celles d'un homosexuel américain bourgeois qui a vécu de nombreuses années en France. Là encore, j'ai préféré les romans (notamment le bouleversant la Symphonie des Adieux). Toutefois, on appréciera les évocations du New-York "destroy" des années 70 ou celles du Paris "intello" des années 80. Et on sera également surpris d'apprendre qu'un écrivain respecté et à l'allure vénérable n'aimait rien temps, il y a une dizaine d'années (donc à 60 piges bien tassées), que de se faire pisser dans la bouche ou de sucer son amant, de 30 ans plus jeune que lui, pendant que celui déféquait. Et après, on se croit libéré, open minded et tout... 

 

Ces évocations des 70's, 80's à New York ou Paris peuvent nous ramener aux vies de Limonov et de K. Richards. Limonov est un personnage dont j'ai entendu parler en lisant sa "biographie" par E. Carrère. C'est un homme qui a eu une vie extraordinaire, ou plutôt dont on a l'impression qu'il a eu 10 vies condensées en une seule: délinquant ukrainien, poète underground soviétique, semi-clochard new-yorkais, serviteur d'un milliardaire américain, écrivain et journaliste branché parisien, soldat en Serbie, dissident puis prisonnier russe et dirigeant d'un parti nationaliste d'opposition, aujourd'hui has been, etc. Une espèce de phoenix et de "loser magnifique"... le succès du roman de Carrère a fait que ses bouquins ont été réédités en France, le Poète russe étant son premier, décrivant ses années de dèche à NYC à la fin des années 70, à l'époque ou c'était une ville dangereuse, et sa découverte de l'homosexualité auprès de clochards noirs en réaction à la rupture d'avec sa femme, le quittant pour des semi-mondains dans l'espoir de faire partie de la jet-set. Le personnage est aussi torturé que sa vie ne l'a été, le livre est à cette image, complètement foutraque, écrit quasiment sur le vif comme un journal intime. Manifeste anarchiste, foi en son destin, complexe d'infériorité, mégalomanie, obsession sexuelle teintée visiblement d'impuissance, romantique et haineux... on s'y perd. Le mérite du livre de Carrère était de remettre un peu tout ça dans l'ordre pour en faire un excellent livre, mais je pense que je lirai un jour Histoire de son serviteur.

 

En parlant de 10 vies en une, Keith Richards semble comme les chats en avoir 9. On dit de lui "I picture nuclear war and two things surviving: Keith and cockroaches" (j'imagine une guerre nucléaire et deux survivants, les cafards et Keith). Son autobiographie (écrite avec l'aide d'un nègre dont on ne sait s'il est grand) les décrit une par une, un peu dans le désordre. Si l'histoire du rock vous botte, si le n'importe quoi des 70's vous intéresse, c'est à lire et ça vous donnera envie d'écouter de très vieux groupes et de vous refaire les premiers albums des Stones tout en ayant droit à la génèse de leurs plus grandes chansons. On a aussi droit à la version de Richards de ses relations avec Jagger, ultra-créatives et complices au début, exécrables depuis le milieu des années 80... l'estime se mêle à l'incompréhension, l'amitié à la haine. Et vous saurez tout sur la chute du cocotier...

 

 

 

 

PS: Ah, et puis tant qu'il est temps, bonne année, meilleurs voeux, et à bientôt, votre serviteur partant en conférence en Californie pour une petite semaine (sans rien à présenter qui plus est), histoire de reprendre un peu en douceur. 

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29 décembre 2012 6 29 /12 /décembre /2012 14:02

Lors du lancement en grande pompe du nouveau logiciel de gestion des heures d'enseignement de l'établissement (usine à gaz qui permettra surtout de continuer à justifier que l'on paye 5 personnes pour vérifier le travail de la 6ème - ce n'est que mon opinion personnelle -), un personnage important nous a annoncé que le budget annuel de l'établissement concernant les heures complémentaires (liées à l'enseignement donc, puisque le but est de contrôler à l'heure près le service des personnels enseignants) était de l'ordre de 8 millions d'euros.

 

Ce chiffre me semble incroyable. D'autant plus après avoir fait un petit "calcul de coin de table" comme on m'a appris à le faire*. 

Un enseignant chercheur doit assurer 192 heures "équivalent TD" (dites HED) annuelles dans le cadre de son service statutaire, soit 50% de son temps, le reste étant consacré à la recherche (travail annuel de 1607 heures, 1HED correspondant à 4,2 heures de travail d'après l'administration, soit 803h de travail pour 192HED). Tout ce qui est effectué en plus (en terme d'enseignement, pas en terme de recherche ou d'administratif) est facturé sous la forme d'heures complémentaires**.

L'heure de TD supplémentaire (que l'on appellera HC comme heure complémentaire) revient un peu plus de 40€ brut à l'enseignant-chercheur. Pour arrondir et faciliter le calcul, disons qu'elle coûte 80€ à l'établissement (ce qui est probablement surestimé)***.

 

Cela implique qu'il y a environ, par an, 100000HC au sein de l'établissement.

 

Dans le cadre de certaines formations (formations continues, stages ponctuels), l'établissement fait appel à des vacataires, conférenciers, professionnels extérieurs académiques ou industriels etc. D'après les chiffres que je connais, j'arrive à environ 5000HC, que je veux bien doubler parce que je ne connais pas tout.

De même, il y a environ 100 à 200 ingénieurs de recherche, d'études ou techniciens qui participent aux activités d'enseignement, et à qui je vais aussi compter pour simplifier le calcul 10000HC.

 

Cela laisse donc 80000HC pour les quelques 500 enseignants-chercheurs (EC) permanents (les ATER ne pouvant bénéficier du paiement d'HC) de l'établissement, ce qui conduit à une moyenne de plus de 150HC par enseignant-chercheur (!).

 

C'est loin d'être le cas dans mon département, qui n'est certes pas le plus surchargé d'enseignements, mais où la moyenne d'HC est, d'après les chiffres que j'ai vus, assez inférieure à 50HC par enseignant. 

 

Alors quelques remarques: soit le chiffre est grossièrement gonflé pour une raison qui m'échappe, soit il est exact.

S'il est exact, soit j'ai fait une grave erreur d'approximation dans mon calcul et je serais heureux qu'on m'en fasse part (même un facteur 2 nous laisse presque 100HC par enseignant en moyenne, et je trouve toujours cela énorme), soit:

- il manque environ 400 EC dans un établissement qui fonctionne avec 500 EC.

- il y a un paquet d'EC qui doivent demander une dérogation (nécessaire si on veut/doit enseigner plus que deux fois son service, soit 384HED), si la moyenne par enseignant est déjà à plus de 150HC. Il me semble que ces dérogations doivent pourtant être exceptionnelles et validées par le "chef suprême" de l'établissement.

- Un EC assure en moyenne, dans l'établissement, presque le double d'enseignement de ce que son service statutaire prévoit. Autant dire que les 50% du temps initialement prévus pour la recherche ne sont qu'un doux rêve. So much for l'"excellence" scientifique et la  qu'on nous assaisonne à toutes les sauces depuis quelques années dans le paysage français du supérieur et la priorité nationale donnée à la recherche.

- quitte à recruter des Enseignants-Chercheurs sur leur dossier scientifique pour ensuite les stériliser en recherche en leur faisant faire presque 2 fois plus de cours que prévu statutairement, autant recruter des Professeurs Agrégés (PRAG) payés pour effectuer 384 heures d'enseignement par an contre 192 pour un EC.

 

 

 

* Réflexe malheureusement étranger à tous les personnels administratifs, qui n'aiment rien tant que pinailler sur des gouttes d'eau quand ils gèrent un océan.

 

** le fait que les HC ne soient pas payées ou alors avec 1 an de retard et plusieurs mois de combat/menaces est une autre question dont je ne parlerai pas ici. Même si on vient de me verser 193€ alors qu'on m'en doit plus de 2000 et que donc j'ai un peu la rabia. On peut également lire ceci pour mesurer mon irritation.

 

*** le problème principal est là, il a été traité par d'autres (par exemple ici): un établissement, même s'il se plaint de payer des HC, a tout intérêt à fonctionner ainsi plutôt qu'à embaucher un EC permanent ou même temporaire. Dans mon statutaire, l'HED coûte 90€ brut à l'établissement, soit plus de deux fois plus que ce que lui coûte une HC (même pour un ATER sous-payé, l'HED coûte environ 60€ brut). 

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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 16:41
Depuis le début "officiel" des vacances, vendredi à 19h (tellement officiel que l'établissement où j'effectue ma recherche comme celui où j'effectue mon enseignement sont fermés, jusqu'au 2 janvier), j'ai reçu quatre sollicitations, trois émanant d'élèves et une d'un éditeur scientifique. Cela n'a pas l'air énorme, mais c'est largement plus que la moyenne journalière habituelle des quatre mois qui ont précédé (de la part d'élèves et d'éditeurs, hein, pas tout compris)...
 
Si je mets de côté la démarche de l'éditeur scientifique (qui, tout WTF que soit le fait de demander une review le 22 décembre, me laisse la possibilité de jouer la montre, puis d'éventuellement refuser ou au moins quelques semaines pour faire le job si j'accepte) et me concentre sur les demandes des élèves, je trouve que cela révèle beaucoup sur l'image qu'ils ont des enseignants-chercheurs, et plus généralement la façon dont les gens conçoivent la notion de "service": en fait quelqu'un qui serait à leur disposition 24h/24, 7j/7, un domestique en quelque sorte.
Dans le cas des enseignants-chercheurs, homme à tout faire serait le bon mot puisqu'il peut s'agir aussi bien de répondre à des questions de cours que d'aider à résoudre des problèmes administratifs, aider à trouver du boulot, ou que sais-je encore.
 
Ainsi, parmi les 3 sollicitations, l'une me demandait de clarifier des points du cours qui avait eu lieu l'avant-veille (ce à quoi j'ai failli répondre "parfois il faut laisser décanter un peu plus de 48h et on finit par comprendre tout seul"), l'autre me demandait de déplacer une date d'examen parce que l'élève s'est inscrit à deux UEs dont les dates sont incompatibles (chose qui, même si elle était possible - je dois m'assurer de la cohérence des dates au sein de mon équipe, je ne peux pas m'occuper de vérifier tout ce qui se passe dans les autres départements-, ne serait pas de mon fait mais de la responsabilité de la scolarité et du service planification des examens).
Enfin, la troisième me demandait de mettre à disposition des annales corrigées pour l'examen qui a lieu dans plus de 6 semaines. Une fois ceci fait, j'ai ajouté à ma réponse "Nous sommes maintenant le 23 décembre et je souhaiterais profiter quelque peu de mes premières vacances depuis mi-août, merci de votre compréhension".
 
On me répond sur Twitter que j'"overreact" un peu et que je n'ai qu'à pas répondre ou pas lire mes mails, ou bien que les sollicitations n'ont pas nécessairement un caractère urgent. Certes, mais c'est plus subtil que ça. Aujourd'hui on sait très bien que tout le monde ou presque est connecté en permanence*. Quand on fait la démarche d'envoyer un mail à quelqu'un en période de vacances ou même pendant le week-end, on sait très bien, surtout s'il a moins de 40 ans, qu'il y a de grandes chances qu'il ne le lise avant la fin de la période non travaillée susmentionnée.
Psychologiquement, on l'incite donc à prendre sur son temps de repos pour répondre (je ne parle pas ici de tous les mails, on peut bien envoyer des FIY ou autres, mais de mails qui impliquent une action de la part de celui qui le reçoit, demandée par celui qui l'envoit) ou à ce que lui culpabilise s'il attend, comme c'est son bon droit, de le faire sur son temps de travail.
Cette technique très basique est utilisée par de nombreuses hiérarchies pour aliéner leurs cadres en les persuadant qu'ils sont indispensables et par les administratifs de l'enseignement supérieur et de la recherche qui donnent des deadlines le 3 janvier ou le lundi à 7h du matin pour ensuite avoir, eux, 8 mois pour agir tranquillou (cf les appels ANR, par exemple).
 
Bon, je surinterprète effectivement peut-être un peu. Alors, revenons au point basique.
Il me semble que ce n'est juste pas très poli, courtois, bienséant, de solliciter quelqu'un quand on sait pertinemment qu'il est en congés, sauf cas d'extrême urgence. Si urgence il n'y a pas, on attend gentiment qu'il se soit remis de son indigestion et de sa gueule de bois et qu'il ait recommencé le travail.
Dans le même registre, il me semble judicieux de prendre rendez-vous plutôt que de se pointer non annoncé dans le bureau à 18h15 en estimant naturel que l'enseignant-chercheur ait nécessairement 1h à vous consacrer right here right now.
De même qu'on ne rentre pas dans un magasin de prêt-à-porter pour essayer 10 pulls 3 minutes avant la fermeture alors que le vendeur est en train de faire la caisse et a commencé à ranger.
 
Qu'en pensez-vous? (si vous en pensez quelque chose)
 
 
Bon, sinon; ne nous laissons pas abattre, Joyeuses Fêtes quand même et mangez/buvez bien (sans modération) demain et après-demain.
 
 
* Il n'y a guère que quand je pars en vadrouille pendant les vacances d'été qu'il peut m'arriver de ne pas consulter mes mails au moins 1 fois par jour (pas d'internet pendant 5 jours cet été au Kazakhstan, record de l'année). C'est un comportement d'addict que je déplore, mais il existe (et c'est en partie pour ça que je ne veux pas de smartphone, je passe déjà suffisamment de temps comme ça sur Internet).
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19 décembre 2012 3 19 /12 /décembre /2012 13:02

Je suis de plus en plus convaincu que, dans une majorité des cas, le "mérite scientifique" personnel n'est qu'un facteur mineur dans la réussite d'une carrière scientifique. Et que les indicateurs de performance ne révèlent au mieux que quelque chose de très partiel.

 

Si je prends mon propre exemple. 

Aujourd'hui, ma production scientifique est probablement dans la moyenne de mon domaine, peut-être la moyenne basse. J'ai sorti 3 papiers premier auteur pendant ma thèse, plus un proceeding avec comité de lecture. Puis 2 papiers premier auteur pendant mes 2 ans de post-doc aux US. Rien pendant les 6 mois de post-doc de retour avant de trouver un poste, puis rien pendant ma 1ère année MCF. Cette année, un brevet, un proceeding avec comité de lecture et un papier reprint author. A priori, un papier premier auteur devrait sortir l'an prochain, plus un ou deux co-auteur. Comme j'ai maintenant deux étudiants, cela devrait rouler au moins pour les 2 ans à venir.

Bref, 5 papiers 1er auteur, 1 brevet, 1 papier reprint author, 2 proceedings à comité de lecture, en ayant commencé à publier en 2006: pas de quoi avoir honte (et pas encore de quoi se dire que passer Prof relève à tout jamais de l'utopie), mais pas de quoi se taper le cul par terre. 

 

Toutefois, il s'en est fallu de peu pour qu'à l'heure où j'écris ces lignes, sans être en aucune façon "plus excellent" que je ne le suis, je compte quasiment deux fois plus de papiers: quand je suis parti de mon labo de thèse, une post-doc était censé continuer sur mon boulot. Il se trouve qu'elle n'était pas très dégourdie et qu'au bout de quelques mois, mon chef a décidé de changer son fusil d'épaule et de lui faire faire autre chose. Pouf, un ou deux papiers potentiels qui tombent à l'eau.

En post-doc, j'ai mis au point, avec un autre post-doc, une manipe. Nous en avons tiré un papier. Cette manipe (que j'ai fini par reconstruire dans mon labo français) a permis à mon chef de publier une dizaine de papiers depuis que je suis parti, dont une bonne moitié est vraiment la pure continuation de mon boulot. Bref, ce papier est du coup bien (auto-)cité, mais je connais un certain nombre de laboratoires où j'aurais été "co-auteur" automatique (au moins pour les papiers qui incrémentent la manipe ou traitent de la physique qu'elle met en jeu).

Du coup, je pourrais très bien aujourd'hui avoir une liste de 15 papiers au lieu de 8. A priori, je ne serais pourtant ni meilleur ni moins bon que je ne le suis.

 

Enfin, il me semble que l'environnement est un élément clé pour un MCF: entre certains collègues en école d'ingé qui bénéficient de décharges, de bons étudiants à disposition, et dans certains cas de fonds importants, d'autres dans des labos "de pointe" qui ont 2 doctorants à disposition dans l'année qui suit leur nomination, et d'autres collègues à qui on demande d'assurer 300HED et dont les laboratoires ne fonctionnent qu'avec des stagiaires de L3, la production scientifique va rapidement diverger même si le "niveau d'entrée" est souvent assez similaire.

Ce n'est pas comme si l'offre était pléthorique et que la part de chance dans les auditions était nulle et qu'on pouvait affirmer "vu mon niveau, je n'irai que dans la crème des labos".

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12 décembre 2012 3 12 /12 /décembre /2012 17:12

Dialogue "WhatZeFeuk" du jour.

 

 

"Bonjour, je suis conducteur des travaux qui ont lieu l'étage au-dessus de votre laboratoire (on est au courant, ça devrait être fini depuis le 1er septembre et ils continuent à percer/poncer/tout péter au-dessus de nos têtes toute la sainte journée, NdMix). Nous allons avoir besoin de venir faire quelques travaux dans certains de vos bureaux dans ce cadre. Est-ce que votre responsable est là?"

 

"Non."

 

"Bon, tant pis, est-ce que vous pouvez venir avec moi?"

 

"Ok"

 

En regardant l'air absorbé une bibliothèque pleine à craquer et le coin "café" du labo: "Alors là, vous voyez, on va avoir besoin pour mettre nos canalisations d'un accès d'1m50 d'ici dix jours, donc il faudra que vous déménagiez tout pour que l'on puisse travailler. Si vous voulez, le service logistique vous donnera un coup de main".

 

"Euh, désolé, mais je suis MCF, comme mes collègues qui travaillent ici: ça veut dire enseignant, chercheur, secrétaire, comptable, manager, commercial, mais pas encore déménageur; et puis c'est ni comme si c'était chez moi ni comme si j'avais moi-même commandé ces travaux, ni même comme si les travaux avaient lieu dans le laboratoire, donc je propose que vous et le service logistique vous démerdiez, merci".

 

"Ah oui, mais ce sont vos affaires hein. Bon, je vais voir avec votre responsable et je vous mets en copie".

 

"Non, ce ne sont pas mes affaires. Du coup, c'est bon, ne me mettez pas en copie, vous pouvez mettre l'ACMO si ça vous fait plaisir".

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9 décembre 2012 7 09 /12 /décembre /2012 13:02

Un article intéressant de Tom Roud sur le temps passé par un enseignant-chercheur à faire de la recherche me donne envie de tenter le meme.

 

Je ne suis pas sûr de respecter exactement la même organisation, mais on va voir qu'il y a quelques différences entre un enseignant-chercheur "lambda" physicien plutôt théoricien ayant dérivé vers la biophysique modèle nord-américain (lui, Assistant Professeur dans une grande université canadienne) et un autre enseignant-chercheur, plutôt physico-chimiste expérimentateur effectuant son enseignement dans un établissement un peu spécial, et sa recherche dans un labo de grande école assez loin de ses thématiques originelles, en France (moi).

 

Le problème (voire la limite) de l'exercice est de décorréler des activités qui pour beaucoup sont faites un peu toutes en même temps ou s'interpénètrent même...

 

Temps de travail global: difficile à estimer, mais je passe environ 45-50h au labo (ou en salle de cours) par semaine, auxquelles il faut retrancher 30minutes/1h par jour pour déjeuner et pauses diverses (je ne suis pas du genre à trainer 2h par jour en salle café, mais je peux glander devant Internet...). Je bosse rarement chez moi le soir et week-end, sauf pour lire/envoyer des mails (voir plus bas) ou lire/relire des papiers... 

Je prends, depuis que je suis rentré en France, 6 ou 7 semaines de congés (3-4 en été, 1-2 à Noël, et 1-2 vers Paques), pendant lesquels je me tiens généralement à jour en ce qui concerne l'intendance, mais n'accomplis pas d'autres tâches  (je fais plaisir à Tom en commençant par parler des vacances).

 

 

- Enseignement

Assez d'accord avec Tom, c'est probablement le plus facile à évaluer. J'effectue environ 200HED d'enseignement annuelles, dont environ 120 "face à élèves". 

Ces 120 heures devant élèves comptent environ 1 mois, voire 6 semaines, à temps plein (hors préparation: comme le dit Tom et comme je l'ai déjà dit aussi, une journée à 3 heures de cours magistral enchaîné à 4 heures de TPs est simplement "physiquement" impossible à répéter sur une semaine complète, pour les tenants du "ouais ben les profs y z'ont ka bosser 35 heures devant des élèves*).

Le reste consiste à organiser des stages (notamment en formation continue, ce qui prend beaucoup de temps et est comptabilisé dans la charge annuelle) et diverses activités (tutorat, jurys, soutenances, etc): 1 mois aussi.

J'ai la chance de ne pas trop changer d'enseignements d'une année sur l'autre (l'inconvénient est une certaine routine, et peu de possibilités de recrutements d'étudiants pour la recherche...), et je suis après 2 années de tatonnement, relativement satisfait de la majorité de mes cours (et raisonnablement à l'aise devant une classe), donc mon temps de préparation a beaucoup réduit, même si je passe on va dire 2h avant chaque cours histoire de changer quelques trucs, relire un passage un peu oublié. Ce qui doit faire dans les 2 semaines sur l'année.

A cela, il faut rajouter les corrections de copie (généralement peu time consuming là où j'enseigne), préparation d'examens, etc.

On arrive donc aussi à 3 ou 4 mois (plutôt 3 cette année, probablement 4 voire 5 l'an dernier où mes cours étaient moins rodés et où j'avais hérité d'une cinquantaine d'heures sup).

 

- Mails (plus généralement intendance: téléphone, recherche de signature ou de personnel compétent etc)

Cette catégorie est différente de celles de Tom et n'est peut-être pas légitime tant elle regroupe des choses différentes: commandes ou devis, organisation de réunions recherche ou pédagogique, emmerdes diverses avec l'administration, parfois même discussions "scientifiques" avec étudiants ou collègues, échanges avec élèves, commentaires sur des papiers etc...

Tout ça est très vague, mais je passe en fait à peu près selon mes estimations 1 ou 2h par jour à lire/envoyer des mails (liés au boulot), sans compter le soir... et les coups de fils ou rendez-vous administratifs divers.

Ce qui fait, eh ouais, environ 2 ou 3 mois sur une année.

La première fois où j'ai passé une journée entière de 8h à envoyer/lire des mails urgents sans avoir le temps de rien faire d'autre, j'ai compris que j'avais un boulot de merde le job était finalement assez éloigné de mes aspirations initiales...

Certaines choses seraient indispensables (demander des devis pour certains moyens expérimentaux complexes, échanges de mails collaboratifs avec les collègues etc), mais je pense qu'avec un secrétariat efficace, une direction au taquet et un système administratif dont le but ne serait pas de faire chier ceux qui essaient de se bouger, je pourrais gagner au moins 1 mois, peut-être pas loin de 2... oui, passés à réagir à des conneries.

 

- Réunions

La aussi, c'est une catégorie vague qui va des réunions collaboratives plus ou moins pertinentes aux meetings pédagogiques en passant par les trucs débiles où on te présente le nouveau logiciel dématérialisé mis en place par la fac qui va te pourrir la vie pour les 3 prochaines années. 

Mais cela correspond environ à 2 semaines à 1 mois par an (2 à 4h par semaine, typiquement). Une bonne moitié me semble globalement inutile.

 

- Encadrement d'étudiants

Sachant que la partie "manipes" est comptée en dessous, il s'agit ici de discussions, voire d'écriture/relecture de rapport pour les "jeunes" (DUT, M2 etc). 

Je passe probablement 2h par semaine à discuter avec chacun de mes 2 étudiants. Pas de rapports prévus cette année mais ça rajoute vite pas mal de boulot.

Entre 2 semaines et 1 mois

 

- Manipes

En tant qu'expérimentateur, j'essaye de faire quelques manipes moi-même ou au moins de former mes étudiants. L'an dernier, et j'espère recommencer cette année, j'ai manipé à peu près 1 mois.

 

- Confs

2 par an est ce vers quoi j'essaye de tendre. Soit 2 semaines par an.

 

- Reviewing et lecture biblio

Je n'accepte jamais plus d'un papier à la fois, mais je refuse rarement si je n'en ai pas à reviewer. Disons que j'en fais une dizaine par an. Je ne passe pas comme Tom deux jours dessus, mais malgré tout quelque chose comme 6h, soit pas loin d'1 journée par papier.

A peu près idem pour la biblio: je lis de plus en plus rarement les articles en entier (c'est mal), sauf quand j'écris un article, mais je suis régulièrement les flux RSS des 4-5 journaux que je suis (c'est bien), et dispatche à mes étudiants ou collègues quand un abstract me semble important.

Cela fait donc entre 2 et 4 semaines par an.

 

- Ecriture d'article

Cela rentre un peu dans les mails surtout pour les "coécritures" (qu'elles soient "lointaines" quand vous êtes 5ème auteur, ou beaucoup plus poussées quand c'est le papier de votre post-doc et que vous êtes reprint author). Pour le papier que je suis en train d'écrire "vraiment" (qui sera vraisemblablement le seul de l'année), l'estimation de Tom à 1 mois semble raisonnable (surtout quand on passe beaucoup de temps à collecter/mettre en forme des données dispersées sur plusieurs mois/années et expérimentateurs, et à boucher les trous). 

 

- Recherche de budget

Un certain nombre d'activités correspondant à cela est pris dans la partie "réunions" ou "mails". Reste le temps de l'écriture. Cette année j'ai un fonds propre (valable 4 ans) donc cela a été moins la lutte, mais je participe quand même à des demandes de financements d'équipe ou du labo. Cela dit, je ne suis pas "coordinateur" cette année donc la rédaction a été minime et peut passer probablement dans les catégories ci-dessus également.

Quand on dépose une ANR et 1 autre projet et qu'on est largement impliqué, 2 semaines "d'écriture" semble raisonnable, plus 2 semaines de  réunions/mails. On arrive donc vite aux 1 mois.

 

 

En fourchette basse, nous sommes donc cette année à 10,5 mois, ce qui me laisse 1,5 mois pour penser. Je crois que c'est sous-estimé, cela fait bien longtemps que je n'ai pas eu autant de temps pour effectivement penser (ou alors, réfléchir 20 minutes par jour est si différent d'un mois en continu que la comparaison n'a aucun sens).

En fourchette haute, je suis à 12,5 mois de travail annuel (+1,5 de vacances), ça me semble plus raisonnable vu l'état dans lequel je finis un semestre... **

Plus sérieusement, "ma" recherche (ou la collaborative dans laquelle je suis fortement impliqué) passe dans les quelques semaines de manipes que j'ai le temps de faire, dans l'écriture de papier, et dans mes discussions avec les étudiants que j'encadre. En rajoutant les "mails" et "meetings" liés à ça, ça représente environ 3 mois de mon année...

 

Soit "à la louche": enseignement 3,5 mois (rajout des réunions pédagogiques etc), recherche 3 mois, "activités autres" faisant partie du job (conf', reviewing, proposals, meetings utiles) 2,5 mois, bullshit 2 mois (réunions de merde, mails débiles, vidéoprojecteurs en panne, fiches bilan comptable, signatures après lesquelles on court etc).

CUT THE BULLSHIT!!

 

 

 

* J'ai il y a quelques semaines fait 15 heures devant élèves tout en organisant un stage formation continue. La semaine a franchement été éreintante.

 

** Incertitude de 2 mois qui me vaudrait une convocation devant l'administration si elle était "prévisionnelle".

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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 13:26

Dans la veine de mon article précédent, cette fois-ci totalement IRL.

 

Après une discussion intellectuellement épuisante vendredi à 17h (eh oui, il y avait une deadline à respecter ce jour-là, donc tous les services administratifs étaient au taquet) au sujet des "heures prévisionnelles d'enseignement", tâche consistant à lister et harmoniser ces activités au sein de l'établissement et qui occupe ces personnels du mois de septembre au mois de janvier (date à laquelle ils commencent à s'occuper des "heures réalisées d'enseignement", jusqu'en juillet), j'ai décidé de prendre ma plus belle plume pour exprimer un léger ras-le-bol et particulièrement le fait que j'étais incapable de définir l'activité annuelle d'un ATER pas encore arrivé à l'heure près comme on me le demandait.

 

Ayant reçu une réponse (avec en copie le directeur de laboratoire, et les deux directeurs des composantes d'échelle supérieure) dont je résume la teneur ci-dessous:

" Pour les ATER l'obligation et la limite sont confondues (cela veut dire qu'un ATER ne peut être ni en sous ni en sur-service, NdMix), ce qui rend les prévisionnels délicats à constituer mais c'est la règle de droit qui s'applique. Et pourquoi demander le recrutement d'enseignants (en particulier un ATER) si on ne peut leur constituer un service?"

 

Je me suis permis de renvoyer à peu de choses près ceci, (je vous passe les formules de politesse d'usage):

 

"

-  Initialement, l'ATER était censé arriver le 1er septembre. Pour diverses raisons indépendantes de notre volonté, nous n'avons obtenu le poste qu'il y a quelques jours. (J'apprends d'ailleurs que l'ATER a déjà "officiellement commencé" depuis 10 jours alors qu'il signe son contrat aujourd'hui - vous imaginez que nous ne lui avons donc pas donné d'enseignements pendant cette période). En septembre, octobre et novembre, comme nous n'avions aucune visibilité sur son arrivée, il a bien fallu "faire les heures" sans lui. En ce qui me concerne par exemple, j'ai effectué entre octobre et novembre 2/3 de mon service annuel, et j'aurai donc à la fin de l'année quelques heures complémentaires. Si l'ATER était arrivé à la date prévue initialement, nous aurions sans doute pu mieux répartir les choses. Sans visibilité, c'est difficile. Et je pense que vous êtes conscient qu'on ne peut pas tout donner à un ATER, comme des cours magistraux niveau M1 ou M2 ou des activités de type responsabilité pédagogique.

- Les demandes de poste sont effectuées environ six mois à l’avance. A cette date, la situation concernant le départ en retraite d'un collègue était incertaine. De plus, nous avons subi la fermeture, pour la première fois, d’une UE qui générait habituellement 20 à 40HED généralement effectuées par nos ATER. En toute bonne foi, je ne peux prédire ces choses, n’étant que docteur en physique.

- Dans le mot ATER, il y a un R pour recherche. Cette information est souvent laissée de côté par certains de vos services, mais l'AERES apprécie les équipes publiantes, ce qui est plus facile quand on a du personnel pour faire de la recherche. L'activité de recherche d'un EC ou ATER est censée représenter statutairement 50% de son temps, pas 0%.

- Cette remarque s'applique aux EC (enseignants-chercheurs). Le décret de 2009 encourage fortement la décharge d'enseignement temporaire pour les nouveaux arrivants afin de développer au mieux une activité de recherche. Cela n'a rien d'obligatoire (mais semble appliqué assez largement dans la plupart des universités), mais cela semble largement raisonnable dans notre cas car cela permettra également d'assurer un passage de témoin "harmonieux" avec notre collègue futur retraité, dont le nouvel arrivant va reprendre plusieurs cours magistraux (notamment de niveau M1), qu'il n'aurait pas été raisonnable de lui demander de préparer en quelques semaines.

- Concernant l'obligation et la limite du service des ATER, je conçois comme vous le dites que la règle est la règle, mais le terme "prévisionnel" est également censé refléter "un caractère aléatoire dû à l'incertitude de l'avenir". Peut-être faudrait-il alors revenir sur la terminologie.

"

 

Voila (le tout également en copie à tout le monde). Pour l'heure pas de réponse. 

 

 

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29 novembre 2012 4 29 /11 /novembre /2012 11:42

"- Si vous utilisez des heures de responsabilités pédagogiques ou administratives pour remplir votre service statutaire, les heures complémentaires ne vous seront pas versées.

- Très bien. Dans ce cas, vous informerez les élèves de ma part pour leur dire que, n'étant pas bénévole, je n'accomplirai aucune tâche au-delà des 192 heures réglementaires. Je vous laisse le soin de recruter un vacataire pour me remplacer. Et vous demanderez à la comptabilité de me payer les heures complémentaires effectuées il y a deux ans et que j'attends toujours."

 

 

"- Vous voudrez bien vérifier qu'une place de parking m'a été attribuée pour mon intervention.

- Bonjour, je ne suis ni votre secrétaire, ni votre mère, vous voudrez bien vous démerder (ou contacter le personnel techique en charge de ce genre de questions, et dont je vous ai donné dix fois les coordonnées)."

 

 

"- Le logiciel de procédure dématérialisé a été mis en place dans un but de rationalisation.

- Depuis la mise en place de ce fameux logiciel, je suis passé d'un référent à 5. Je n'ai aucun pouvoir direct d'action mais je suis censé vérifier l'exactitude de la procédure et serai tenu responsable en cas d'erreur. J'en conclus que le logiciel n'a pas été mis en place dans un but de simplification des démarches: c'est dommage, ce fut l'un des consensus des Assises..."

 

 

"- Veuillez passer signer avant demain midi dernier délai.

- Bonjour, cela fait trois mois que l'on attend que quelque chose se passe enfin, et une fois que vous vous réveillez, nous avons 12h pour réagir?"

 

 

"- Vous ne pouvez pas faire faire des cours magistraux à votre ATER (10h niveau DUT 1èere année).

- C'est marrant, le directeur de l'école m'a expliqué doctement il y a 1 an que pour des raisons de sécurité, un ATER n'était pas censé faire les TPs non plus. Il ne nous reste qu'à lui trouver 192 heures de TD, c'est ça?"

 

 

"- J'ai un problème bien précis à résoudre dans le cadre de ma mission au sein de mon entreprise, vous pouvez m'aider?

- Il s'agit d'une formation généraliste de 4 jours, pour laquelle je suis rétribué sur mon service d'enseignement. Mais si vous voulez me payer plus tard 1 journée de consulting, ou à la limite en prestation de service pour le labo, je peux essayer."

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18 novembre 2012 7 18 /11 /novembre /2012 15:19

En quelque sorte, suite de l'article Ethnic in the 15th, même si j'ai chroniqué d'autres adresses du 15ème, où je réside désormais depuis presque 2 ans, ici ou .

 

Ces chroniques vont être brèves, assez "impressionnistes" dans la mesure où elles relatent sans notes des évènements qui pour certains ont plusieurs mois. 

Les adresses sont pour la plupart "mineures", dans un sens non péjoratif signifiant simplement que ce ne sont pas des "must eat" chébrans ou à la cuisine internationalement réputée, mais des restaurants de quartier.

Si vous vous baladez dans le coin (après tout, la rue du Commerce et ses alentours, ou le quai de Grenelle sont des endroits plutôt sympathiques) ou vivez là, ça peut toujours servir.

No particular order.

 

Commençons par Akasaka, 11 (ou 9?) rue Beaugrenelle (métro Charles Michel): un coréen étonnamment peu référencé sur la toile alors que franchement pas mal. Un peu plus cantoche que Manna quelques centaines de mètres plus loin rue de Lourmel (voir article susmentionné), tant dans le décor que dans l'assiette, mais très bon aussi. Déco inexistante, salle type placard à balais, mais service sympa et clientèle assez "locale" (je veux dire coréenne, pas du 15ème) Pas mal de plats à partager souvent bien épicés (dont du poulet épicé aux légumes avec des pâtes de riz qui ressemblent à de gros gnocchi, le tout cuit devant vous, tip-top). Les classiques bibimbap et barbecues sont là aussi. Comptez 20-30€ pour entrée-plat-bière, et vous pouvez zapper les desserts franchement sans intérêt. A 2 ou 3, on peut souvent se pointer sans réservation même si ça finit régulièrement complet. A noter aussi un large choix d'alcools du cru, que je n'ai pas testés.

 

Dans la même rue, il y a un indien-pakistanais "classique" de milieu de gamme (salle immense, toujours au 3/4 vide, bouffe honnête totalement conforme à ce qu'on peut attendre, ~25euros...), l'Etoile du Pandjab (aussi référencé au 11 de la rue...).

 

Enfin, en face au 12*, on trouve un semi-gastro français, Au goût Dujour (site web), qui, sans m'avoir laissé un souvenir impérissable présente quelques avantages rares dans le quartier, notamment un rapport qualité prix intéressant (moins de 30€ pour un menu complet relativement ambitieux malgré quelques tics de cuisinier un peu pénibles - je crois me souvenir de zestes de citron un peu partout), et une ambiance plutôt décontractée. A retenir dans un quartier où l'offre "tradi menu-carte" est plus souvent autour de 35euros et plus assorti d'une ambiance sortie de maison de retraite.

 

 

Ce qui m'amène à l'Epopée, 89 avenue Emile Zola (métro Emile Zola), (site web), ses deux fourchettes Michelin et son menu-carte à 38 euros. Un genre d'adresse très 15ème, un peu comme Stéphane Martin ou Bernard du 15 dont j'ai déjà parlé: voyage dans le temps et dans la bourgeoisie de province telle qu'on l'imagine sous René Coty, avec son resto de notables où le médecin, le notaire, et le maire, se retrouvent le samedi soir. La cuisine est à l'unisson de la moyenne d'âge de 75 ans, donc plutôt bien (lapin tagliatelle sauce gorgonzola par exemple) et pas surprenante pour 2 sous. C'est probablement 5 ou 6 euros trop cher pour ce que c'est. La carte des vins est sans surprise mais les prix ne sont pas excessifs (moins de 30 euros pour un Latour Grand Ardèche que je trouve pas mal, et qu'un caviste du coin vend à 11 ou 12 euros).

 

On retourne à l'étranger avec pour commencer le Banyan, 24 place Pernet (métro Félix Faure), restaurant thaïlandais assez réputé (l'un des rares avec une fourchette Michelin). Les puristes assurent qu'on ne trouve rien de correct ou presque à Paris dans le registre de la gastronomie thaïlandaise, notamment à cause de versions sous-épicés pour palais de pucelles d'européens. N'ayant jamais goûté la vraie cuisine de là-bas, je ne les contredirai pas. Cela dit, le menu "découverte" à 35€ était globalement pas mal, avec un assortiment d'entrées, un plat, et un assortiment de desserts, le tout assez goûteux et pas trop gras. Après, la déco fait lounge mal vieilli, la carte des vins est à pleurer et l'ambiance n'est globalement pas folichonne, donc je n'y retournerai pas toutes les semaines. Le brunch du dimanche a sa petite réputation... à tester?

 

Plus à l'est, un restaurant algérien, le Vent de Sable, 31 rue Mademoiselle, (Métro Commerce), (site web), dans un hôtel-restaurant un peu vieillot. Clientèle d'habitués plus popus avec la encore un petit charme provincial fait de déco kitsch et de prix très sages. Le couscous méchoui à 13 euros est une tuerie savoureuse si vous êtes un goinfre comme moi (mauvaise nuit pour cause d'excès de remplissage assurée). On peut voir les vieilles moukères s'affairer en cuisine, le service n'est pas au taquet mais ça passe. Je n'ai pas eu l'occasion d'y retourner mais un bon souvenir pour tout juste 20€ avec une ou deux pâtisseries honorables et un classique gris guerrouane ou boulaouane pour accompagner le tout.

 

Enfin, pour terminer ce tour ethnique, bienvenue en Asie Centrale, chez Mademoiselle, au 21 de la même rue, (toujours métro Commerce). Restaurant à deux pas de chez moi, trouvé par hasard grâce au publi-reportage de RestoàParis, qui m'a permis d'apprendre qu'il y avait désormais un restaurant kazakh dans la capitale, quelques semaines après mon retour du pays et ma découverte de sa richesse gastronomique. La cuisine d'Asie Centrale est assez peu représentée à Paris, hormis deux restaurants ouzbèkes (au même proprio) dont les spécialités sont assez proches, et qu'il faudra que j'essaye un jour: c'est dommage, j'ai dans un registre populaire vraiment bien mangé là-bas.

Chez Mademoiselle est un rade de quartier comme il y en a 10000 à Paris, avec menu brasserie 12€ le midi et qui vivotait tant bien que mal. Mais depuis quelques mois le couple de propriétaires dont la femme est kazakhe, a décidé de jouer la carte "authenticité" le soir, en proposant une cuisine kazakhe et également quelques plats russes. Le menu est à 33€ pour la totale et c'est franchement pas mal (même si à 27 ce serait sans doute plus le juste prix). Les plats kazakhes sont selon moi plus intéressants (ou mieux réalisés) que les russes: les mantis sont notamment excellents, le plov est bien aussi quoique beaucoup moins gras que la version locale, et avec un riz basmati différent du riz un peu rond qu'on nous servait là-bas. L'entrée de saumon sous la fourrure (recette russe à base de betteraves et d'oeufs) est une belle découverte malgré mon aversion pour la betterave. Petite déception sur les piroshki un peu mollassons (mais c'est peut-être parce que j'ai passé un samedi entier à en préparer des centaines pour un repas organisé par ma belle-mère que je suis intransigeant). Si vous avez de la chance (ou que vous passez commande), vous pourrez même tomber un jour de bechbarmak, le plat national.

Le couple de propriétaires est éminemment sympathique et a envie de faire connaître son établissement, c'est peut-être à ce niveau qu'il y a du boulot (il faut vraiment s'arrêter lire la carte pour voir l'originalité du lieu qui passe un peu trop inaperçu). La carte des vins est inexistante ou presque, mais il y a de la bière à la pression et vous aurez peut-être droit à un shot de vodka en partant comme verre de l'amitié.

Une adresse sympathique, que je recommande aux curieux d'encourager en y allant dîner.

 

Enfin, pour conclure, quelques mots sur la Cantine du Troquet Dupleix, 53 boulevard de Grenelle (métro Dupleix), déclinaison version 15ème d'une table sympathique du fin fond du 14ème, par une figure de la bistronomie parisienne, C. Etchebest. On y mange de la très bonne cuisine basque pas très fine (comme au Dernier Métro en face, déjà chroniqué en ces pages, en un poil plus "chic"), comme c'est à la mode à Paris depuis quelques années maintenant, le tout sans réservation. Contrairement à la version 14ème, pas de tables d'hôtes et pas de menu-carte (à moins que la version 14 ait changé elle aussi).

Bref, ça ressemble plus à un restaurant classique, mais avec un service "fast-food": comment font-ils vu la qualité des assiettes, je ne sais pas, mais nous avons mangé entrée plat dessert en 45 minutes chrono, et les prix ne sont finalement pas si compétitifs que ça (plus de 30€, dans mon souvenir alors qu'à l'époque l'autre cantine avait un menu-carte à 25 ou 28). On a bien compris (je ne suis visiblement pas le seul) que le maître mot était, derrière une convivialité de façade, la rentabilité (de plus en plus courant chez les "basques"?). Bon, c'était un vendredi soir. Un copain qui habite à côté y est allé quelques fois en semaine et a lui mangé à des allures parfaitement raisonnables, donc on peut laisser le bénéfice du doute. A (re)tenter peut-être, sans doute plutôt en semaine, même si le tout fait hélas un peu trop "resucée douteuse de concept usé sans une bonne partie des bons points qui en faisaient la force quelques années auparavant".

 

 

* Cette toute petite rue foisonne de restos, puisqu'on y trouve aussi de mémoire un chinois et un thaïlandais, pas testés.

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