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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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6 février 2012 1 06 /02 /février /2012 18:00

A l'instar de Jean Dujardin et Gilles Lellouche défendant leur film et ses affiches, je l'affirme bien haut: si je regarde et diffuse le clip ci-dessous, ce n'est ni parce que je suis machiste ou misogyne, mais bel et bien par volonté de dénoncer la phallocratie.

 

Et aussi parce que j'aime beaucoup Bachman Turner Overdrive, groupe de bûcherons canadiens dont j'ai déjà parlé, méconnu dans nos contrées et ayant délivré dans les 70's un bon gros vieux rock'n'roll on ne peut plus efficace (je pense qu'ils ne sont en rien responsables de ce clip*).

 

 

 

* leurs vidéos ressemblent plutôt à ça: http://www.youtube.com/watch?v=7miRCLeFSJo 

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1 février 2012 3 01 /02 /février /2012 10:16

Je me demande depuis quelques temps pourquoi il y a, quasiment devant chaque boulangerie parisienne, un mendiant, et ce à l'exclusion d'autres commerces.

 

Bon, cela veut surtout dire qu'il y a énormément de mendiants à Paris, mais pourquoi ceux qui "choisissent" de mendier à la sortie des magasins (par opposition à ceux qui utilisent un mode plus actif comme la guitare dans le métro) ont-ils une nette préférence pour les boulangeries?

 

On me répond que c'est très simple et qu'il y a deux raisons:

- tout le monde va à la boulangerie (ou: il y a toujours du monde dans une boulangerie).

- on a plein de petite monnaie quand on sort d'une boulangerie.

 

Cela me semble un peu court: je connais plein de gens qui achètent du pain de mie dégueulasse ou de la baguette industrielle dans leur supermarché de quartier favori et ne vont jamais chez le boulanger.

Moi-même, je ne vais chez le boulanger que deux ou trois fois par semaine.

Hormis le week-end et la pause sandwich le midi, il y a beaucoup de "périodes creuses" chez un boulanger.

Est-il donc si clair qu'une boulangerie draine plus de clientèle que d'autres commerces de proximité?

 

Concernant la petite monnaie, il me semble qu'on en a, de façon équivalente, dans ses poches dans plein de petits commerces de quartier (primeur, boucher, tabac presse...).

 

Bref, selon moi, si seuls ces deux critères étaient d'actualité, il serait aussi voire plus "rentable" de se placer à la sortie d'un tabac-presse ou d'une petite supérette, qui génèrent probablement un trafic similaire.

En tout cas, je trouve qu'ils ne suffisent pas à expliquer cette uniformité de choix de la boulangerie devant par exemple, le primeur.

 

Alors, je rajouterais au moins une raison, moins prosaïque mais que je pense importante:

- le côté "chaleureux" de la boulangerie. Le pain chaud, les viennoiseries, ça sent bon, ça réconforte, et ça met de bonne humeur. Quand on sort d'une boulangerie, qu'on croque dans son quignon tiède, on est probablement plus facilement touché par la misère humaine par opposition à son propre bonheur relatif que quand on sort d'une poissonnerie avec son kilo de harengs ou du PMU avec son paquet de clopes montrant des poumons calcinés.

 

Y aurait-il aussi une dimension historique ou culturelle qui m'échappe?*

 

Ou faut-il y voir tout simplement la signature d'une certaine propension au conformisme ou "effet de mode" chez les mendiants (de même que les bobos ont tous un iPad alors que personne n'a jamais été capable d'expliquer à quoi ça servait, juste parce que le voisin en a un et qu'il fallait bien s'offrir un truc pour Noël)?

 

 

En conclusion, je serais curieux de savoir s'il existe des travaux, études sérieuses avec statistiques et tout, sur ce genre de sujets. Si vous avez des références sous le coude, n'hésitez pas en commentaires.

 

 

Dans le même style, je me demande aussi pourquoi les "musiciens" du métro jouent tous la même merde (les Gipsy Kings pour les guitareux, par exemple) alors qu'il est facile de voir qu'un mec un peu original dans son choix de chansons attirera plus facilement l'attention (ou en tout cas moins le rejet: qui n'a pas eu envie d'égorger le mec qui vous braille faux pour la 5ème fois de la journée la bamba avec une guitare désaccordée?).

J'ai vu un reggaeman aussi émouvant que Ben Harper ou un type déchirer Sultans of Swing de Dire Straits se faire probablement 20 euros dans le wagon, quand le violoniste massacrant Those were the days doit péniblement atteindre les 2 euros. 

 

 

Voila: c'était la question con de la semaine du bourgeois qui détourne les yeux et marmonne "bonjour" quand il sort de la boulangerie en bas de chez lui avec ses croissants sous le bras, mais qui a un coeur (ou au moins un cerveau analytique) sous son indifférence cynique et glacée.

 

 

* Par exemple, on pourrait imaginer que les boulangeries étaient construites à proximité des églises ou quelque chose comme ça? C'est ce que semble entendre cet article.

Il y a également toute une symbolique du pain et du misérable chez Victor Hugo et beaucoup d'"humanistes" du 19ème: quand on n'avait même pas de pain, on était au plus profond de la misère. Cette idée subsiste peut-être dans le subconscient collectif?  

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26 janvier 2012 4 26 /01 /janvier /2012 11:08
Les campagnes de recrutement nationales aux postes de chercheurs et d'enseignant-chercheurs commencent bientôt, et en tant que futur "recruteur", je suis déjà amené à dialoguer avec quelques potentiels candidats*.
 
Depuis la fin de ma thèse, je suis assez surpris de l'"ignorance" des "règles du jeu" d'un nombre certain de candidats pourtant prometteurs d'un strict point de vue scientifique.
 
Il y a un an et demi, je trouvais hallucinant qu'une candidate au dossier pourtant solide, arrive "avec sa bite et son couteau" à l'audition, sans avoir pris contact avec qui que ce soit dans le labo, pourtant connu comme adepte de la "présélection". L'ignorance des "règles officieuses" (c'est à dire non indiquées voire proscrites par le Journal Officiel) est déjà, je crois, une faute grave lorsque l'on cherche à faire carrière dans la recherche publique ou l'enseignement supérieur**.
 
Depuis, j'ai vu pire: deux "candidats", avec chacun deux ans de post-doc et une liste de publis raisonnable, m'ont contacté pour postuler au poste de Maître de Conférences qui va probablement s'ouvrir dans notre laboratoire. Il se trouve qu'aucun des deux n'est qualifié (non seulement dans la section du poste, mais tout court), et qu'ils me répondent benoîtement "ah oui, tiens, je n'ai pas eu le temps de le faire".
"Très bien, mais bon, vous avez quand même conscience que vous n'avez du coup pas le droit de candidater, hein?"
 
Alors merde, en fin de thèse, ça fait déjà pas très sérieux, mais alors après deux ans de post-doc...
Vous n'avez jamais parlé à personne dans votre labo?
Vous n'avez jamais cherché à lire le J.O., le site du ministère, celui du CNRS ou googlé pour obtenir des infos au moins sur les procédures et les calendriers?
Vous ne connaissez pas un post-doc qui galère et qui peut vous expliquer?
Vous pensez que parce que vous êtes docteur et que la recherche, ça vous plaît bien, on va vous accueillir à bras ouverts et vous donner un poste?
 
Les jeunes, faudrait voir à se prendre en main un peu, hein, c'est la crise (copyright babyboomer).
 
 
Donc, hop, je ressors mon article "Conseils aux candidats" qui me vaut encore pas mal de lectures quotidiennes, surtout en début d'année: http://laviedemix.over-blog.com/article-conseils-aux-candidats-66722414.html
 
Plus un petit article qui explique le "calendrier" interne d'un post-doc (pour trouver un boulot, oubliez le 100% recherche de la thèse): http://laviedemix.over-blog.com/article-une-annee-de-post-doc-47745119.html
 
Et quelques chiffres pour prendre conscience que nothing comes easy: http://laviedemix.over-blog.com/article-auditions-cnrs-quelques-chiffres-46403018.html 
 
Mais si vous ignorez le sens du mot "qualification" ne mettons pas la charrue avant les boeufs: commencez par aller voir https://www.galaxie.enseignementsup-recherche.gouv.fr/ensup/candidats.html pour les infos officielles, notamment le très important calendrier, et http://guilde.jeunes-chercheurs.org/Alire/guide/apres/index.html pour des infos de terrain.
 
 
Et une fois que vous avez tout compris, n'oubliez pas le conseil de N. Holzschuch: ne candidatez pas dans un endroit où vous n'avez aucune envie d'aller.
 
 
 
* Il est déjà trop tard pour le dossier d'inscription aux concours du CNRS (décembre). La session synchornisée pour les concours MCF est en mai, les postes publiés probablement en mars, mais il est temps pour les candidats de commencer à prospecter: les labos qui vont avoir un poste le savent déjà et certains communiquent déjà pour "préauditionner". Y a-t-il un poste, avez-vous un candidat local sont des questions qu'il faut commencer à poser sans tarder. En mars, beaucoup de choses sont déjà jouées.
 
** encore une fois, on peut regretter qu'elles existent, mais on ne peut pas faire comme si ce n'était pas le cas.
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24 janvier 2012 2 24 /01 /janvier /2012 11:04

Encore quelques tables testées autour de mon nouveau quartier:

 

- Chez Françoise: http://chezfrancoise.com/ Métro Invalides, au niveau de l'aérogare, 75007.

Idéal pour se la raconter un peu "je connais Paris" auprès d'amis provinciaux: pas facile à trouver, le resto se planque sous l'aérogare des Invalides, et accueille souvent au déjeuner les parlementaires.

C'est l'une des rares brasseries parisiennes qui n'appartienne ni au groupe Flo, ni aux Frères Blanc. Elle est gérée par P. Mousset, qui contrôle aussi entre autres le Petit Marguery, la Marée, et depuis peu la Bastide Odéon.

Cela se ressent sur la cuisine, qui me semble plus "authentique", moins "Métro-bain marie" que chez Flo et consorts.

Les produits sont bons, les préparations simples mais efficaces (saumon fumé, noix de St-Jacques au lard et potimarron, entrecôte etc).

La carte est un peu chère (compter 50 euros pour E+P+D), mais le menu "parlementaire" à 29.5 constitue une bonne affaire, surtout pour le quartier.

Service un peu speed même le dimanche soir, mais plutôt sympathique. Le resto, en sous-sol, est un peu sombre, mais assez chic, et les tables plutôt spacieuses et relativement espacées.

Clientèle assez âgée.

Je rangerais ça dans la catégorie d'un bon plan B - ce n'est pas péjoratif- (le soir, je pense qu'il doit presque toujours y avoir de la place). 

 

- Au dernier métro: http://www.auderniermetro.com/ Dupleix, juste en face du métro, 75015. Un rade authentique, toujours blindé, avec ses poivrots, sa clientèle d'un jour, et quelques bobos/foodies/anglo-saxons qui lisent le Fooding ou Paris By Mouth (on se demande d'ailleurs ce que ce resto peut bien foutre dans ces guides).

Inspiration basque, une téloche pour voir le hand ou le rugby. De l'Irouleguy et de l'Oldarki, de l'axoa, de la charcuterie, et quelques plats plus classiques (burgers, steacks, etc).

C'est plutôt bon, assez copieux et pas très cher (plats autour de 12 euros). Le café gourmand est merdique (accompagné en tout et pour tout d'une mousse au chocolat plâtrasse et de deux speculoos), mais on devrait finir par le savoir...

S'il est 15h, que vous venez de vous faire le Champ de Mars, n'hésitez pas, je pense qu'ils servent à toute heure, au moins des planches.

Tables ultra-serrés, service aléatoire (certains serveurs semblent s'arsouiller autant que leurs habitués...).

Je n'irais quand même pas jusqu'à dire que ça vaut le détour: le soir, ambiance probablement limite glauque. Le midi, sympa si on tombe sur une table, mais un peu too much s'il faut réserver...

Dans le même genre, il y a à deux pas le Volant que je trouve sympa: plus resto (moins troquet) et un poil plus cher aussi.

 

- Les trois garçons: métro Félix Faure, 75015. Ce sont des anciens de l'Alouette (Glacière, où j'aimais bien aller quand j'habitais à côté) qui ont repris cet endroit il y a environ un an. Le "concept" est rigoureusement le même, et basé avant tout sur une immense terrasse bien exposée dans une rue assez à l'abri du trafic des bagnoles.

Pour le reste, ça se la joue "bistrot authentique", avec carrelage, tables en bois, zinc, service gouailleur à tablier. Niveau bouffe, ils essaient de revisiter un peu les classiques tartares, grosses salades et plats de grand-mère avec plus ou moins de réussite. Les prix sont un peu gonflés, c'est le quartier qui veut ça (une quinzaine d'euros pour les plats), les desserts ultra-classiques sont très bons (cheesecake, tartes...). A 5 euros de moins sur la note finale, comme à l'Alouette, ça serait chouette (quel jeu de mots).

En pinard, des pichets de vins naturels aux noms trop lols ("Robert est un con" n'y est pas, mais c'est dans le même style) et au goût de fraise tagada.

Pour les habitants du quartier, à garder en mémoire pour un déjeuner sans façon aux beaux jours.

Sinon, vous trouverez aussi bien plus près de chez vous.

 

 

Allez, on s'éloigne un peu de la comfort zone et on s'aventure à l'Est.

 

 

 

Les délices du Shondang: http://www.deliceshandong.com/ entre Campo-Formio et Saint-Marcel, sur le très moche boulevard de l'Hôpital, 75013 (pas vraiment dans le coeur du quartier chinois, donc).

Comme tout le monde, il m'arrive de manger "chinois" mais j'avoue humblement que je n'y connais rien, et que la seule différence que je fais entre un bon chinois et un mauvais, c'est si je suis malade après ou pas (j'exagère à peine).

Mais bon, je cherche toujours à m'améliorer, donc je suis allé manger là-bas un midi, car je travaille pas loin.

Ce resto revient souvent dans les "best-of noich' du 13ème", mais je crois que c'est DJ716, le roi de la restauration improbable, qui m'a le plus donné envie d'essayer, notamment parce que les plats y avaient aussi l'air improbable (à base de tripes, de méduse, de coeurs de poulet, ou d'intestins de porc grillés), et que, s'il y a bien une chose dont je me targue, c'est d'être curieux.

Si on ne connaît pas l'endroit, rien ne le distingue d'un "traiteur de base". Dans un renfoncement à côté d'une brasserie lambda, c'est assez moche et "plastique", les cartes ont 1000 ans et les photos des plats foutent un peu les jetons.

Cela dit, c'est blindé (ça le restera tout le temps qu'on y était, avec pas mal de roulement) et la clientèle est super éclectique (étudiants, familles partageant des gros plats, et des chinois) ce qui est rassurant.

Le service est speedé mais plutôt sympa, souriant et faisant des efforts de communication, et ne vous fout pas dehors dès que vous avez fini malgré les clients qui attendent.

On l'a jouée classique pour cette première mais tout était délicieux et sonnait authentique: raviolis au boeuf dont le goût se décuplait dès qu'on rajoutait un peu de sauce pimentée, riz cantonais bien gras, nouilles sautées au porc top de top (la texture des nouilles, pas si loin que ça des tagliatelles fraîches, était un vrai bonheur).

On en a eu pour 25 euros à deux, en partageant un peu tout et en ayant du mal à finir.

Les plats un peu plus exotiques sont autour de 12 euros, donc on s'en tire à 20-25 avec une entrée et un dessert. C'est plus cher que le chinois "de base" mais c'est clairement incomparable.

A retester bien vite pour être plus aventureux.

 

Chez Christophe: Place de la Montagne Sainte-Geneviève, à côté de l'ancienne école Polytechnique, un peu loin des métros Cardinal Lemoine et Maubert-Mutualité, 75005. http://christopherestaurant.fr/

Christophe a fait un peu parler de lui à son ouverture il y a déjà environ 5 ans, gagnant entre autres une fourchette Michelin, perdue peu après.

Ce resto est ensuite un peu sorti du radar foodivore parisien, le chef communiquant sur divers sites ou blogs de sa difficulté à remplir son établissement, malgré des tentatives récentes de "réhabilitation". 

Les avis font tous état d'une cuisine traditionnelle, généreuse et maîtrisée à partir des meilleurs produits (savamment name-droppés) peut-être un poil chère (~40-45 euros pour E+P+D à la carte), d'une carte des vins courte mais efficace (aux coeffs par contre relativement doux), et d'un décor, pour parler vulgairement, "à chier", qui serait la cause première des difficultés du restaurant.

Je vais être en désaccord sur le second point: ce qui m'a troublé, ce n'est pas le décor, pas très folichon mais suffisamment sobre pour être, selon moi, "passe-partout". C'est plutôt l'ambiance, un poil morbide.

Difficile de savoir qui de la poule ou de l'oeuf: est-ce l'ambiance un peu glaciale qui a fait fuir la clientèle, ou est-ce parce qu'il n'y a plus beaucoup de clients qu'on est assez loin des claques dans le dos et des grands éclats de rire?

Mais les faits sont là: nous étions tous seuls ce midi, ce qui n'est jamais super agréable, mais le patron, très gentil au demeurant bien que vraiment pas "natural born" communicant-commerçant, rajoutait un petit je ne sais quoi anxiogène.

Dommage, car la formule déjeuner entrée-plat à 16 euros est une affaire du tonnerre (nem de ventrèche salade bien assaisonnée, puis l'un des meilleurs boudin-purée que j'ai goûtés, parfaitement relevé et servi avec un jus épais et savoureux et une purée tout en finesse). Pour 4 euros de plus, on peut rajouter un dessert, pour 4 euros de moins se contenter du plat. 

J'espère qu'il y a plus de monde le soir: la mention dans les blogs anglo-saxon leur profite peut-être, dans ce quartier assez touristique.

Vu les photos que je vois sur les blogs, ce n'est cependant pas certain... Je pense que la localisation est délicate, le resto étant un peu à l'écart du chemin usuel du touriste de base dans le 5ème, et entouré surtout de bars pour étudiants sans prétention, mais toujours blindés, car on trouve dans le voisinage le lycée Henri 4, la fac de droits, des écoles d'ingé etc. Voir un resto vide au milieu de restos pleins peut en décourager beaucoup, même si ça ne joue absolument pas dans la même catégorie...

La cuisine vaudrait qu'on y revienne... mais je ne suis pas certain que je le ferai.

Vraiment difficile à chroniquer en somme: peut-être le chef devrait-il s'associer avec un bon "chef de salle-communicant" qui pourrait redresser la barre (le petit "avertissement" en tête du site web censément humoristique ne me semble par exemple pas vraiment une bonne idée)?

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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 11:14

"Juste après la Révolution, Trotski, commandant l'Armée Rouge, a été obligé d'y incorporer des éléments de l'armée impériale, militaires de métier mais "spécialistes bourgeois", comme tels peu sûrs, et il a crée pour les contrôler, contresigner les ordres, les abattre s'ils bronchaient, un corps de commissaires politiques. Ainsi est né le principe de la "double administration", reposant sur l'idée que, pour accomplir une tâche, il faut au moins deux hommes: celui qui l'accomplit et celui qui s'assure qu'il l'accomplit conformément aux principes marxistes-léninistes. De l'armée, ce principe s'est étendu à la société tout entière, et on s'est aperçu au passage qu'il fallait un troisième homme pour surveiller le second, un quatrième pour surveiller le troisième et ainsi de suite."

 

Emmanuel Carrère, Limonov.*

 

 

S'il y a bien une chose qui oeuvre pour le bien de l'Humanité et que le soviétisme nous a léguée, c'est le principe de la "double administration".

 

J'ai déjà tenté d'évoquer l'idée, mais Carrère l'explicite extrêmement clairement en peu de mots.

 

Oh, il y a bien eu quelques concessions à la "sauce démocratique"... 

Le but n'est désormais plus de flinguer les dissidents ou de vérifier la conformité idéologique...

le but s'est un peu perdu d'ailleurs.

A priori, il s'agit de faire respecter des "lois" ou "règlements", mais on se rend compte assez vite que ceux-ci sont fluctuants, souvent mal compris et/ou appliqués surtout selon le bon vouloir du décideur.

 

De façon plus ou moins assumée, le but me semble être d'occuper des gens, qui en ont parfois conscience d'ailleurs, dont on ne saurait que faire sinon, et d'économiser du pognon en retardant au maximum toutes les décisions (on pourrait rétorquer qu'on économiserait encore plus de pognon si on n'avait pas 5 "contrôleurs" pour un "faiseur", mais là n'est pas le propos). 

 

 

Un exemple récent (encore un):

Ici, la double (ou triple) administration n'a pas pour but de contrôler, mais de faire en parallèle des choses dont tout esprit censé estimerait qu'elles devraient être effectuées par un seul et même service.

D'où cacophonie, directives mal accordées et calendriers décalés, et en conséquence délais de réponse ou d'actions décuplés.

 

Nous dispensons des UE à l'échelle nationale (cours assuré principalement par voie informatique).

L'examen est lui aussi à l'échelle nationale: la majorité des élèves le passent sur Paris, mais il y a possibilité de le passer en régions. Il faut que tout cela soit coordonné, ce qui n'est pas simple, et devient même dans le cas présent extrêmement complexe.

 

Il faut d'abord définir la date: pour cela il y a un un service de planification (pas quinquennale, mais pas loin: il nous a fallu un mois pour obtenir une date à peu près cohérente), chapeauté par le service scolarité.

La date est définie en accord avec le service technique et logistique, en charge de l'organisation matérielle des examens et avec le secrétariat pédagogique du département.

L'examen doit être transmis trois semaines à l'avance à la direction générale des services, par le biais d'un serveur intranet, pour être ensuite dispatché sur les serveurs régionaux, qui sont eux gérés par le service technique s'occupant de la plateforme permettant de déposer cours et enregistrements des enseignements à distance.

Les responsables régionaux récupèrent les dossiers et les retransmettent à tous les centres d'une région.

Les responsables locaux récupèrent les dossiers et s'occupent du reste, mais ils ne travaillent qu'à temps partiel, donc il faut être vigilant sur le timing.

Ensuite, il ne reste plus qu'à communiquer (très rapidement, nous dit-on) les notes au bureau des examens (en complétant nous-mêmes les listings parce que souvent, la liste des inscrits à l'UE et la liste des présents à l'examen n'ont pas grand chose à voir).

 

Si ce n'est pas très clair, c'est normal. J'ai essayé de recouper les informations que j'ai reçues de plusieurs services pour expliquer la procédure, mais je ne suis pas sûr d'avoir moi-même tout compris...

Quant à tout ce petit monde, il ne semble pas avoir vocation à communiquer ensemble, et attend le plus souvent que l'enseignant-chercheur au milieu mette les uns et les autres en contact. 

 

 

 

* livre que je viens de commencer et qui me plaît beaucoup, dont le fond (biographie dans laquelle le biographe se met aussi en scène) comme la forme (chapitres courts, réflexions personnelles de l'auteur sur les évènements qu'il raconte, etc) n'est pas sans rappeler HHhH de Laurent Binet.  

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18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 15:23

Existe depuis 2009 pour les chercheurs et enseignants-chercheurs la PES ou Prime d'Excellence Scientifique*.

 

Derrière ce jargon de commercial mal dégrossi (la cellule qui s'occupe de ça aime visiblement foutre de l'excellence dans tout ce qui touche à la vie scientifique française) se cache une sorte de "prime au mérite", valable pour 4 ans, qui va bien dans le sens d'une certaine idéologie "fonctionnaires = feignants profiteurs inutiles qu'il faut supprimer ou refoutre au boulot".

 

Qu'on ne se méprenne pas: je pense qu'on peut trouver plein de bonnes raisons objectives d'attribuer de telles primes.

 

Mais comme souvent, le but premier semblant avant tout de communiquer là-dessus sans réel souci d'une quelconque efficacité, la mise en place s'est faite à la va-vite: l'opacité des règles d'attribution et leur modulation établissement par établissement ainsi que l'absence totale d'explications et/ou de recours en font une vaste usine à gaz étant, aujourd'hui, loin de récompenser les plus méritants.

Le plus important n'est-il pas (de faire semblant) d'y croire?

 

En quelques mots, comment cela se passe:

 

- l'enseignant-chercheur remplit chaque mois de mars un dossier assez volumineux et chronophage (vu qu'il doit faire la demande de PES tous les ans tant qu'il ne la touche pas, on pourrait qualifier ceci de perte de temps**) où il détaille à quel point il est génial suivant quatre critères pas forcément dissociés, qui sont la production, l'encadrement, le rayonnement et les responsabilités, tout en rappelant bien entendu un nombre certain d'informations purement administratives (le fameux NUMEN dont vous ignoriez l'existence ou pensiez qu'il ne servait à rien -petits naïfs-, par exemple).

Les "médaillés" CNRS et quelques autres sont, je crois, exonérés de cette démarche fastidieuse et touchent automatiquement la prime. Certains la refusent d'ailleurs.

 

- le dossier est ensuite transmis à la CNU (Conseil National des Universités) de rattachement dudit EC (ou au CNRS ou à l'organisme d'accueil pour les chercheurs, me semble-t-il) qui dispatche à des rapporteurs anonymes, évaluant chaque dossier en attribuant pour chaque critère la note A, B ou C. Ceci définissant ensuite une note globale au dossier, A, B ou C (apparemment un C dans l'un des critères attribue d'office la note finale C***, ce qui sera important dans la suite).

 

- On peut connaître ses notes, mais pas qui les a données ni ce qui les a motivées. Il n'y a pas de rapport écrit, rien de consultable, rien de contestable****.

 

- Les notes sont renvoyées à l'Université, qui, selon ses moyens et ses envies, définit les critères d'attribution de la prime.

Dans mon établissement, il fallait avoir au minimum AABB, ce qui fait que 11 personnes sur 370 l'ont touchée (soit moins de 3% des effectifs, waouh). Ailleurs, ils ne prennent en compte que la note finale: A conduit automatiquement à la prime, C élimine d'office, B est laissé à la discrétion du Président d'Université ou du Conseil d'Administration/Conseil Scientifique, option favorisant comme on l'imagine une grande objectivité.

L'excellence est certes subjective, mais je connais des jeunes MCF aux dossiers meilleurs que certains profs qui se sont fait bouler, et au contraire des semi-branleurs qui l'ont eu.

Encore une fois, l'excellence n'a plus grand chose à voir quand certains établissements ont les moyens (ou font le choix "politique") de financer des primes à hauteur de 1% des effectifs alors que d'autres peuvent se permettre de la payer pour 50% des chercheurs ou EC.

 

- L'établissement décide également du montant de la prime, dans une certaine fourchette: pour les MCF cela peut aller de 3500 euros/annuel à 6000, pour les Profs cela peut monter jusqu'à 15000. Tout cela est assez flou, et, de même que le nombre de "primés", semble avant tout dépendre de la santé financière de l'établissement de tutelle, et/ou de la "popularité" du primé (autant dire qu'à part pour ceux qui ont la chance de travailler dans des grandes écoles prestigieuses, ça ne va pas aller en s'améliorant).

 

- Généralement, tous ces résultats mettent 11 mois à revenir, donc comme ça, on peut direct commencer le dossier 2012 quand comme moi on s'est fait jeter pour 2011. Je n'ai pas la prétention d'être excellent, mais il y a aussi probablement un effet "file d'attente" (qu'on retrouve par exemple dans les concours CNRS).

Et puis, 100% des gagnants ont tenté leur chance.

D'autres, qui ont des convictions et donc toute mon admiration, refusent de participer à ces conneries.

 

 

 

* Cette prime remplace la prime d'encadrement doctoral et de recherche (PEDR) que je n'ai pas connue, mais dont les critères d'attribution semblaient plus explicites, à défaut d'être plus justes.

 

** Rajoutons à cela l'évaluation quadriennale individualisée qui commence cette année (censée reprendre le modèle d'une HDR mais une fois tous les 4 ans au lieu d'une fois dans sa vie auparavant).

 

*** L'un des défauts de la PEDR était qu'elle excluait de facto les MCF sans HDR (habilitation à diriger les recherches) puisqu'il fallait "encadrer", et que la HDR est obligatoire pour encadrer "légalement".

On a beaucoup communiqué sur la PES sur le mode "la valeur n'attend pas le nombre des années". De facto, comme il y a un critère explicitement intitulé "encadrement" dans la notation, qu'un MCF débutant est très rarement impliqué dans l'encadrement de thésard pendant les premières années (et que les stages de M2 ne comptent quasiment pour rien), et comme la lettre C est "éliminatoire", cela n'a quasiment rien changé de ce point de vue là.

 

**** Problème potentiel tant une communauté scientifique donnée est, en France, un tout petit monde. Les connivences/inimitiés des uns et des autres jouent souvent un rôle important pour les recrutements, il n'y a pas de raison de penser que la transparence la plus totale règne ensuite. 

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11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 10:26

Ah, qu'est-ce qu'on se marre en école d'ingé.

 

http://www.rue89.com/comment/2850499#comments-start

 

Un petit copié-collé d'un mail cité en fin d'article, parce qu'il a été écrit par un élève de mon alma mater et qu'il y parle du club de rugby. Une prose de l'"élite de la nation" comme on aimerait en voir plus souvent, et qui vaudra probablement à son auteur un petit quart d'heure de gloire sur la toile...

 

« Objet : [...] Résumé de la soirée à l'ens hier

Salut les gorets,

Pour les polards et les tocards qui n'étaient pas présents hier soir pour la réouverture de la kfet à l'ens, je vous propose une petit résumé [...].

[Notre] troupe de gars bonnard se ramene avec une chaussette sur le sexe et enflamme le dancefloor ! Qqs biffles (comme une gifle, mais avec la bite, NdeMix) sur le podium, frottements de couilles sur la gente féminine, sans compter la pose de couilles sur le comptoir du bar. [...]

Les rugbymen intellectuels commencent alors à insulter tous les jeunes autour, et à emprunter des chapeaux ou des casquettes. On a d'ailleurs trouvé marrant de trickser un homosexuel véti d'une paire de bretelles, d'un pantalon en cuir et d'une casquette en cuir ! Le pauvre, ce qu'on lui a mis. Mais la bonne humeur des porcelets l'a emporté sur l'envie de mettre quelques droites.

Puis nous rencontrons [une fille] de la kfet, qui avait arrosé les couilles [d'un des nôtres] quand celui ci les avait posées sur le bar. La demoiselle un peu bourrée et demandeuse de calins nous paye pas mal de coups, et demande des plaquages dans la cour aux ernests ! [...]

Ensuite petite session podium, et le fameux moments ou tous les porcelets présents sont montés sur le comptoir, les couilles à l'air. Un grand moment de romantisme ! [...]

On en redemande des soirées comme ca ! ! [...] »

 

Moi qui me suis toujours demandé pourquoi je n'avais jamais fait de rugby, je comprends que je n'en étais sans doute pas digne...

 

Je me sens rajeunir, même si à mon époque (2000-2004), se balader à poil en soirée et vouloir poser sa bite n'importe où ou sur n'importe n'était pas répandu; certains se contentaient simplement de faire un barrage de culs.

C'est pendant que je faisais ma thèse (2004-2007, dans la même école, où je continuais à aller boire quelques bières au foyer des élèves ou à des soirées de temps à autres) que j'ai vu ce genre de choses pour la première fois. Ainsi que les mecs proches du coma éthylique à 20h (quelques années auparavant, les cadavres s'accumulaient à partir de 3h du mat', rarement avant).

 

Par contre, chier dans un labo mal fermé ou actionner les douches de sécurité pour inonder la salle blanche (qu'est-ce qu'on s'marre), c'était rare mais ça existait déjà.

 

 

 

 

Bon, plus sérieusement, tout ça est un peu affligeant mais je suis à peu près sûr que les faits décrits sont majoritairement vrais*.

 

Pour mes lecteurs qui ne connaissent pas le monde des écoles d'ingé, oui, ça se passe, parfois, comme ça (et c'est paraît-il pire en fac de médecine). Mais le "jeune" n'est pas toujours très subtil, et il serait étonnant que le "jeune" d'école d'ingénieurs le soit plus: quitte à faire des conneries, autant les faire à 20, quand les conséquences et les responsabilités sont souvent relativement faibles, qu'à 50 parce qu'on ne supporte plus d'avoir eu le cul serré toute sa vie.

On peut aussi disserter sur le bienfait d'un système où 2 années ultra-compétitives à peine sorti de l'adolescence (la prépa) sont suivies par 3 années de branlette quasi-totale où 95% des entrants à son diplôme à la fin en bossant deux semaines par an (l'école d'ingénieurs).

 

Cela dit, les vrais gros bourrins décrits dans l'article ne sont pas majoritaires, et à part peut-être pendant le week-end d'intégration personne n'oblige personne à quoi que ce soit, même si certains peuvent avoir cette impression en ressentant une "pression de groupe". Je connais plein de gens qui ont eu beaucoup d'amis, même parmi les "fêtards", en école d'ingénieurs alors qu'ils n'ont jamais vomi ou montré leur zgueg.

Il faut aussi noter que condenser des évènements qui se sont produits dans plusieurs soirées à plusieurs mois d'intervalle en quelques lignes laisse penser un peu facilement que c'est l'orgie permanente: même si l'ambiance est rarement extrêmement studieuse, ce n'est pas non plus tout à fait le cas**.

Parler de "viol" parce qu'une fille qui a trop picolé a couché avec un mec qui a aussi trop picolé me semble un peu too much (je fais une litote) quand on fait référence à des personnes qui ont 20-25 ans.

Quant aux chansons paillardes, elles ne brillent pas par leur finesse et on peut regretter leur existence dans notre patrimoine culturel, mais taxer de sexiste homophobe celui qui chante "ah la salope va laver ton cul malpropre" me semble aussi tiré par les cheveux que vouloir interdire Tintin au Congo...

 

 

 

 

* bien que leur interprétation et/où la façon dont ils sont présentés soient beaucoup plus tendancieux, (voir aussi en commentaires).

** Casser de la "grande école" est toujours tendance dans certains média (un peu comme les francs-maçons), parfois à raison d'ailleurs. Dans le cas d'espèce, l'ENS ne délivre pas de diplôme d'ingénieur et forme en majorité des fonctionnaires, profs et chercheurs (même si de plus en plus d'ulmiens dérivent vers le privé ou la haute fonction publique). Bref, le symbole arrogant du grand capital et de la reproduction des élites, c'est pas vraiment à l'ENS qu'on le trouve...

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10 janvier 2012 2 10 /01 /janvier /2012 14:45

Je n'ai pas encore trouvé la recette miracle pour bien vivre l'enseignement dans une formation où le niveau des élèves est relativement médiocre.

 

Elle n'existe probablement pas, mais il y a plusieurs niveaux de problèmes potentiels à mes yeux:

 

- Au niveau des relations enseignant - élèves: 

Soit on passe l'UE à réexpliquer des choses qui sont censées être intégrées depuis le lycée (sachant que cela risque d'être parfaitement inutile) tout en se contentant de faire passer un ou deux messages très simples sur la matière qu'on est censée enseigner.

 

Soit, après beaucoup d'introspection sur la qualité de ses enseignements, qui ne résiste pas toujours à la réalité, on fait son cours plus ou moins comme on l'avait imaginé, et on constate les dégâts à l'examen.

 

Dans les deux cas, rien de très enthousiasmant...

 

 

- Au niveau des relations enseignant - administration:

Je tiens à signaler qu'on n'a jamais de problèmes si on s'arrange pour donner l'examen à tout le monde ou presque. Plus subtilement, on peut faire en sorte que la majorité ait la moyenne sur la globalité de l'UE en étant relativement généreux sur les notes de TP. Mais déontologiquement, ce n'est pas toujours facile de mettre 7 ou 8 à un élève ingénieur qui ne comprend pas le principe de la règle de 3 ou ce qu'est une densité.

 

Par contre, si on fait comme mon collègue incorruptible qui n'hésite pas à mettre 30 rattrapages sur 38 copies s'il le faut, on se fait taper sur les doigts par la hiérarchie et les collègues: par la hiérarchie qui vient vous expliquer qu'"il est déjà difficile de recruter à cause de la multiplication des formations, qu'il ne faut pas être trop dur avec ces pauvres petits, que vis-à-vis de la CTI* et autres organismes de contrôle il n'est pas envisageable de faire redoubler la moitié de la classe etc".

Et par les collègues, par exemple responsables d'un cours d'option sur un sujet connexe l'année après la votre, qui viennent vous engueuler "parce que tu les as tous dégoûtés, donc ils sont 3 dans mon option et 27 dans l'autre".

Sachant que, de toute façon, 90% de la promo aura son diplôme quoi qu'il arrive, et ne viendra probablement même pas en rattrapage par le jeu des compensations de note (le 15 en "conceptualisation du métier de l'ingénieur au 21ème siècle" rattrapant opportunément le 5 en "mécanique du solide").

 

 

Je trouve donc le choix, entre abandon de toute ambition pédagogique d'une part et hautes attentes aussi illusoires qu'inutiles d'autre part, un peu cornélien. Et déprimant aussi. 

 

 

* commission des titres d'ingénieur qui détermine si le contenu d'une formation est compatible avec les critères requis pour l'obtention d'un diplôme d'ingénieur.

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Published by mixlamalice - dans L'enseignement
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5 janvier 2012 4 05 /01 /janvier /2012 15:00

Une petite comparaison qui ne s'impose pas mais qui m'est venue à l'esprit après avoir mangé aux deux établissements à quelques jours d'intervalle.

 

Racines, Passage des Panoramas, 75002 (Métro Richelieu Drouot ou Grands Boulevards), c'est un peu le porte-étendard de la "néo-bistronomie" circa 2007, copyright Pierre Jancou.

Au menu, une "cave à manger" où personne n'achète jamais de vin, des tables microscopiques et une déco typée auberge du Larzac, du produit servi presque brut -volaille nourrie au grain ou légumes oubliés qui sentent encore le fumier-, beaucoup de name-dropping, du vin naturel, du hipster velu et tatoué au service comme derrière les fourneaux.

Pierre Jancou est parti pour de nouvelles aventures, mais l'esprit est resté et la recette a fait école, en versions plus ou moins chics, d'Autour d'un Verre à Saturne (ex-chef et sommelier de Racines).

 

 

L'Ami Jean (pas loin de Constant land, à savoir la rue Saint-Dominique dans le 7ème, métro la Tour-Maubourg ou Pont de l'Alma): contrairement à ce que le site web laisse penser, c'est la version plus tradi de la bistronomie, qui date à peu près de la fin des années 90, dans la veine de la Régalade de Camdeborde ou de Doucet, ou les spin-offs de C. Constant. Stéphane Jégo est d'ailleurs un ancien de chez Cambdeborde.

Ambiance bistrot vaguement rétro, entre nappes à carreaux, carrelage et zinc "so French" à la Amélie Poulain. Cuisine de terroir comme chez Mémé, en plutôt mieux (sauf si Mémé est extrêmement douée*). On ne néglige pas le name-dropping non plus, surtout pour la charcuterie et les frometons. Niveau look, des cuistots comme des serveurs et de la clientèle, c'est un peu plus varié.

 

Dans les deux cas, niveaux tarifs, on est plus proche de la gastronomie étoilée que du bistrot, à savoir dans les 60-80 euros pour un repas complet avec des boissons.

 

 

En ce qui concerne Racines, vous trouverez un compte-rendu détaillé du repas chez Chrisos. Dans l'ensemble, c'était bon voire très bon même si la carte est bien courte (3 plats au choix), de la tourte de gibier en passant par le mouton doublon ou le chapon. La cuisson sur la peau du chapon rend celle-ci craquante, fine, et adhérant bien à la chair: je l'aurais mangée sans problèmes si j'avais choisi ce plat, alors que je ne suis pas fan de la peau de volaille. Les desserts sont un peu en retrait (j'ai mangé une meilleure version de l'ananas-coriandre-coco au Mirazur, mais le dessert au chocolat, bien que pas très subtil, se mange bien, même si la crème anglaise n'est pas à la hauteur).

Si l'entrée était un peu chiche, les plats sont plutôt copieux. Il faut aussi souligner que c'est assez gras, surtout en ce qui concerne les accompagnements (aubergine et légumes).

Le service n'est pas top, même si ce n'est pas rédhibitoire à ce stade: nous avons attendu un bon moment nos plats après l'entrée, voyant plusieurs tables arrivées après nous servies avant. Il semble y avoir un petit côté "VIP" toujours un peu agaçant quand on le remarque. Au dessert, entre le serveur qui ne se souvient pas des deux desserts du jour, "va chercher la carte" et ne revient jamais, et celui qui nous décrit le dessert de la veille, et l'impossibilité d'avoir le café avec le dessert, c'est un peu léger.

Quant à la clientèle, ça ne respire pas du tout le fun, malgré le côté "biocool" que se donne l'établissement. Certes, on est un midi en semaine, mais tout de même: pour les tablées de copains ripailleurs, on peut repasser.

Pour entrée plat dessert, il faut compter 50 euros. En se mettant en version "soir", avec du vin, un apéro, un café etc, on peut donc vite grimper à 80.

Franchement, je pense que c'est trop cher, et globalement, cela ne m'a pas laissé un souvenir impérissable.

 

Comme je le dis chez Chrisos, "ce qui a tendance à m'agacer dans ce genre d'endroits, c’est le côté surjoué « populo-rustique », cuisine simple « à l’ancienne », resto de potes, pour une addition qui peut, pour peu que l’on se lâche à peine, quasiment atteindre les trois chiffres (et ferait donc s’étrangler le « vrai » populo).

C’est sans doute un peu bête, mais à 80 euros l’addition, la table en bois de 20 cms de large, le radiateur dans le cul et les serviettes en gros tissu (au moins elles ne sont pas en papier), ça sonne faux, ça fait cheap.

J’imagine que ça plaît à une certaine clientèle qui apprécie de se croire en province ou à la cambrousse sans avoir à y aller, tout en gardant le standing financier du parisien qui a réussi.

"

 

Je m'aperçois que je ne suis pas tout à fait honnête ici, ou que je généralise un peu vite.

En effet, j'ai beaucoup aimé mon repas à l'Ami Jean, où les tables en bois sont si resserrées qu'elles se touchent, où le chef a le regard ténébreux et la barbe fournie, où la cuisine est d'inspiration populaire, et où j'ai claqué 85 euros.

Alors quid? Il y a selon moi plusieurs "détails" qui ont compté et expliquent la légère contradiction entre mes paroles et mon ressenti.

 

- Une vraie générosité: dans les assiettes certes, mais aussi dans le comportement général des serveurs, un peu pousse-à-la-conso certes, mais qui sont toujours là avec le petit mot chambreur qui fait plaisir, et n'hésitent pas à payer le coup (un digeo offert au comptoir pour qu'on libère la place pas loin de 2H30 après être arrivés, alors qu'on finissait notre verre. Digeo offert d'ailleurs plus cher que celui qu'on avait commandé).

Du coup, la clientèle est plus sympa, et une certaine convivialité s'installe avec vos voisins, dont il est difficile de dresser un portrait robot (couples du 7ème, tablées d'italiens ou d'australiens, pseudos Georges Clooney, foodies...).  

Le naturel, ça peut s'énoncer comme philosophie ou s'afficher sur les bouteilles, mais ça ne suffit pas pour en faire une réalité...

 

- Une cuisine quand même plus travaillée: pas de chapon cuit sur la peau avec des légumes racines ici, mais en cette saison, du gibier à la carte (oui, chez Racines, il y avait une tourte au gibier, mais bon).

Dos de sanglier, lièvre à la royale**, palombe, chevreuil, colvert etc. Dans les 40-45 euros le plat, ok... mais ça nécessite de la part du chef un vrai savoir-faire, du temps et de la sueur, et pour un amateur qui n'en mange pas souvent, c'est à tomber: je suis donc plus enclin à payer le prix fort sans regimber.

Avec un plateau de charcuterie dantesque à partager en entrée (30 euros pour 3-4 personnes facile, avec de la terrine de lapin, du jambon cru, et divers sauciflards et chorizos Ospital), un dessert pour deux ou trois (le riz au lait peut aussi se partager à 3-4 et ça ne leur pose pas de problèmes), on est autour de 60 euros le vin, soit dix de plus que chez Racines. Sachant qu'il y a aussi un menu à 42 euros et des menus dégustation (autour de 60 et 90 si ma mémoire est bonne). Donc, à peu de choses près, tout à fait la même gamme de prix, mais, à mon avis, quand même une classe de différence dans les cuisines.   

La carte des vins est assez fournie, moins branchée nature, et dans mon souvenir les coefficients n'étaient pas trop agressifs.

 

Bref, je suis sorti repu, ravi, et un peu pété aussi: je pense que je retournerai à l'Ami Jean pour tester les menus, ou en tout cas à la saison du gibier. Alors que, concernant Racines, j'ai des doutes, bien qu'il y ait, vous le voyez, à première vue, pas mal de similitudes.

Comme quoi ça tient à peu de choses.

 

Pour l'Ami Jean, si ça vous tente, pensez à réserver une bonne semaine à l'avance pour le soir (voire deux si vous voulez être sûr d'avoir une table à 20h). Pour Racines, un délai de quelques jours devrait suffire (le midi, ça a fonctionné du jour pour le lendemain).

 

 

 

* Pour m'être frotté à quelques recettes du (très sympa) bouquin de Doucet, la Régalade entre amis: ce n'est pas extrêmement compliqué si on est un minimum à l'aise dans une cuisine. Par contre il faut avoir du temps (de préparation) devant soi. C'est souvent quand même plus subtil que le bon vieux ragoût "je mets tout dans la cocotte et je fais cuire 4 heures" (pour ce genre de recettes je recommande la Cuisine de Mapie). 

 

** première dégustation de ce plat mythique en ce qui me concerne. La vache, c'est du brutal. Quelle puissance. A refaire, mais pas plus d'une fois l'an, hein. 

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2 janvier 2012 1 02 /01 /janvier /2012 15:54

4 mois de travaux = 6 mois de retard.

 

Exemple: nous avons emmenagé dans un immeuble en mars 2011.

Mi-février, des travaux de ravalement de la toiture étaient lancés. La durée du chantier annoncée était de 4 mois et demi, soit prévue jusqu'à fin juin.

Les échafaudages, qui ont recouvert toutes les façades, ont été enlevés quelques jours avant Noël.

 

Cela dit, le préfabriqué - salle de pause -  et les chiottes ont disparu mi-octobre, ce qui laisse supposer que le chantier a été fini plus tôt que ça... mais les riverains ont eu la joie d'ouvrir leurs volets tous les matins sur des échafaudages deux petits mois de plus.

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