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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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  • Misanthrope optionnellement misogyne et Esprit Universel.

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26 octobre 2011 3 26 /10 /octobre /2011 17:21

Entre Hollande qui veut "réenchanter le rêve" et l'UMP qui prétend "éclairer le chemin" du futur, et après les "fêtes de la Fraternité" de Royal, je ne sais que choisir.

 

Peut-être des politiques qui assument un certain pragmatisme et osent des propositions concrètes plutôt que de passer un an de campagne à psalmodier de belles paroles ronflantes de gourous de sectes auxquelles ne peuvent (faire semblant de) croire que les plus fidèles disciples...

 

Ce n'est visiblement pas pour demain.

 

http://www.lemonde.fr/politique/article/2011/10/26/l-ump-veut-eclairer-le-chemin-des-annees-a-venir_1594160_823448.html

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24 octobre 2011 1 24 /10 /octobre /2011 17:21

Je lis actuellement "Nice Work", de David Lodge, l'un des auteurs dont les livres occupent régulièrement ma table de nuit et mon sac à dos. 

 

Sans raison apparente, Nice Work était l'un des rares romans de Lodge que je n'avais pas encore lu.

Il fait partie d'une trilogie (voire tétralogie, depuis la sortie de Thinks) dite "de Rummidge": Rummidge étant une version fictionnalisée de Birmingham, ville des Midlands fleuron de la révolution industrielle ayant subi de plein fouet la désindustrialisation de l'Angleterre, et où Lodge a travaillé jusqu'en 1987.

 

Plus généralement, l'oeuvre de Lodge fait partie de, et a contribué à populariser, la branche romanesque dite de l'"academic novel", catégorie typiquement anglo-saxonne (je serais bien en peine de donner un exemple de roman français en faisant partie - il n'y a d'ailleurs pas de page Wikipédia correspondante). 

Lodge a lui-même été universitaire pendant une bonne partie de sa vie avant de se consacrer pleinement à l'écriture et continue d'ailleurs à écrire aussi des essais de vulgarisation de théorie littéraire, fort intéressants pour le néophyte.

 

Comme d'autres professeurs ou personnes évoluant dans le milieu académique, j'apprécie de temps à autre des romans de ce style, que ce soit Moo (Jane Smiley), Straight Man (Richard Russo), l'oeuvre d'Alison Lurie ou celle de Lodge, donc.  

Il faut peut-être y voir une certaine tendance sectaire, et force est d'admettre que la majeure partie de mes relations est issue du milieu académique (je tolère la fréquentation d'ingénieurs, surtout s'ils ont un PhD, et j'avoue avec quelque honte être ami avec au moins un financier). Récemment, j'ai d'ailleurs lu Solar, de McEwan, un "academic novel" à sa sauce (qui vire au thriller, avec des personnages pas très sympathiques embarqués dans des histoires qui les dépassent complètement), qui n'a semble-t-il plu qu'à moi...

Plus sérieusement, un peu comme Big Bang Theory, la description romancée et distanciée du petit monde de la science a le potentiel pour plaire à beaucoup de monde, mais il faut reconnaître que certains sous-entendus, certaines subtilités, résonnent évidemment plus particulièrement pour ceux qui y baignent (rien de grave: si je lis le Bûcher des Vanités, je suppose que certaines choses vont m'échapper aussi, sans que cela ne m'empêche forcément d'apprécier le livre).

 

Bref.

 

L'action de Nice Work se passe en 1986, donc au plus fort des années Thatcher.

 

Rummidge est un Birmingham de fiction, mais comme dans la réalité, les usines (manufacturing, automobile...) ferment à qui mieux mieux, le taux de chômage explose, la délinquance et le vandalisme aussi, et l'immigration est ghettoïsée et stigmatisée.

Ca ne vous rappelle rien?

 

Les Universités font face à des coupes budgétaires et réorganisations sans précédent, les recrutements sont gelés. Une certaine frange du public méprise les universitaires et se plaint de leur inutilité, de leur "non-production de richesses".

Ca ne vous rappelle rien?

 

Certains personnages du livre qui considèrent que vie réussie rime avec beaucoup d'argent et/ou beaucoup de signes extérieurs de richesse, ça ne vous rappelle rien?

 

Il y a aussi des passages qui, sans être actuels, permettent d'éclairer des problèmes qui le sont (la décision de déplacer les forces vives de l'économie du secondaire vers le tertiaire, ou la dérégulation financière, par exemple).  

 

 

Quelques extraits, pour être plus précis:

 

-  "Teachers are just seating around in their warm staff rooms, chewing the fat. It's about time they started to act as professionals".

L'expression "y a de la lumière et c'est chauffé" a encore de beaux jours devant elle, 25 ans après.

 

- "My field is the nineteenth century novel" "They give degrees for that? Why aren't they studying something useful?" "Because they're more interested in ideas, feelings, than in the way machines work" "Ideas, feelings won't pay the rent" "Is money the only criterion?" "I don't know a better one".

 

- "Professors have got jobs for life?" 

 

- "Why should my workers pay taxes to keep middle-class youths in too confortable college so they never want to leave it to do a proper job?"  

 

- "Society undervalues engineers and engineering"... "Maggie is absolutely right: the future for our economy is in service industries and perhaps some high tech technologies"... " There will be some kind of change in the rules  of the Stock Exchange that will allow people like me to make even more money than they do actually"...

 

- "Immigrants from India, Pakistan, Caribbean drawn here in the boom years when jobs were plentiful, and now bearing the brunt of high unemployment". "Angleside is the black ghetto of Rummidge where youth unemployment is 80%. The only job vacancies are for interviewers in the Social Security office, where the furniture is screwed to the floor in case the clients should try to assault the interviewers".

 

- "Her research fellowship was coming to an end, and she could not bear hanging on for another year as a freelance supervisor of undergrads, sponging on her parents. She began to look for a university job outside Oxbridge. But there were no jobs. The Conservative Government, elected with a mandate to cut public spending, had set about decimating the national system of higher education. Universities were required to reduce their academic staff by anything up to 20%, persuading as many people as possible to take early retirement and freezing all vacancies.".... "A three year lectureship was advertised, she applied, was interviewed along with four other equally desperate (aujourd'hui ce serait plutôt 40, NdMix) and highly qualified candidates, and was appointed"...  "We will regret losing you: the only way we can meet our target is an absolute freeze. It's very hard for young people in your positions".

 

- Pour la bonne bouche, le jargon administratif ne date pas d'hier et n'est pas propre à nos contrées. Ni s'en moquer: "The DES through the UGC have urged the CVCP to ensure that universities across the UK make a special effort in the coming year...".  

 

- La pratique de la grêve à l'Université par les chercheurs, disons souvent un peu cavalière, est aussi visiblement un classique: "the University had been obliged to circulate all members of staff with a memorandum asking them if they had been on strike to volunteer the information (since there was no other way of finding out) so that their pay could be docked. It was rumoured that the number of staff who had responded was considerably smaller than the number of participants in the strike".

 

 

 

Pour conclure, c'est un des très bons D. Lodge, où il applique un certain nombre de ses recettes typiques, parfois un peu artificielles, pour mettre en place une comédie de moeurs et sociale laissant pas mal de place au "food for thought". Comme souvent, il joue beaucoup avec la métafiction* et l'intertextualité** (de façon mieux assumée que J. Macé-Scarron), ce qui donne de nombreux de niveaux de lecture que j'apprécie toujours beaucoup chez lui (je trouve qu'il arrive à faire se sentir le lecteur intelligent, ce qui est une sensation pas désagréable).

 

 

 

 

 

 

* le personnage de la Prof. de lettres est introduit en expliquant qu'elle-même ne croit pas à la notion de "personnage" dans un roman

 

** le roman est globalement un pastiche du roman industriel que la Prof. de Lettres enseigne (et qu'elle "vit" donc, dans l'histoire de Lodge).

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20 octobre 2011 4 20 /10 /octobre /2011 08:55

Et moi* qui ose prétendre qu'il y a quelques dysfonctionnements sur mon lieu de travail.

Alors qu'il suffit juste d'un peu de patience et tout s'arrange.

 

conge-2.jpg

 

 

Gestion intranet des demandes de congé sur un compte personnel pour le suivi de carrière, par le biais d'un logiciel de gestion des ressources humaines, c'est très moderne.

 

Bon, j'avoue, je n'ai pas attendu la validation de fin août 2011 pour prendre ma journée du 12 octobre 2010**...

 

 

 

 

* ainsi que quelques autres: je viens de recevoir les présentations des listes pour les élections syndicales. L'état des lieux est saignant, que les constats soient faits par des radicaux ou des plus modérés...

 

** c'était pour aller déjeuner au Ritz fêter le retour de Priscilla - on m'avait collé une réunion "obligatoire" des nouveaux arrivants ce jour là - finalement il y avait eu grêve, la réunion avait été annulée...

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19 octobre 2011 3 19 /10 /octobre /2011 09:16

L'inefficacité suprême d'une bureaucratie est atteinte quand l'usager doit expliquer ou faire connaître lui-même aux bureaucrates les règles qu'ils sont censés faire appliquer (et les convaincre ensuite de le faire).

 

 

Situation qu'on retrouve extrêmement souvent dans l'Enseignement Supérieur et la Recherche*, que ce soit pour le paiement des heures complémentaires, les modalités de décharge d'enseignement ou de modulation de service (pour pouvoir enseigner dans d'autres établissements, par exemple), la gestion des projets de recherche, voire même la grille salariale.

 

Je passe un temps fou à éplucher les règlements divers que j'arrive à obtenir (à tel point que mes collègues se moquent de moi et me conseillent de devenir délégué syndical): ce n'est pas spécialement parce que j'aime ça, même si ça entretient une mauvaise humeur qui contribue à mon efficacité.

 

C'est aussi parce que j'ai rapidement compris que:

- ce n'est pas parce qu'on vous affirme qu'une chose est impossible administrativement parlant qu'elle l'est vraiment.

- les erreurs sont fréquentes, volontairement ou non. Et, volontairement ou non**, elles sont rarement en votre faveur***.

- je n'aime pas qu'à demi-mot, on m'assimile à un voleur ou un rapace, chose assez fréquente dans le monde académique, quand vous réclamez ce qui vous est légalement dû.

- passer 2 heures pour comprendre un problème (à défaut de forcément le résoudre) permet de gagner du temps, ou au moins de ne pas être surpris quand il y aura récurrence (pour les dépôts de projets ANR ou le paiement des HC, il y a des chances que ça revienne).

- parfois, la satisfaction d'avoir contribué à régler une situation absurde: l'an dernier, quand, avec j'imagine beaucoup d'autres, j'ai réussi à faire prendre conscience qu'exiger la remise du dossier complet deux semaines avant la date limite à l'administration, suivi de 5 tours de signature en remontant jusqu'à l'administration générale pour obtenir le droit de déposer un projet dont le taux de réussite ne dépassait pas 10% était un peu too much****. Que vouloir prélever 25% du budget quand la quote part pour l'établissement est prévue et fixée à 4.87% ne marcherait pas non plus.

 

 

Je recolle ici deux réflexions un peu disjointes:

J'ai l'impression que l'un des gros problèmes de certains services bureaucratiques est qu'ils sont basés sur un "catch 22".

Les personnels qui ont une vraie importance ne sont ni les "guichetiers", ni les hauts "gradés", mais les cadres intermédiaires.

A ces postes, il faut être actif et réactif, savoir s'adapter, et avoir un bon contact humain avec une bonne dose de calme et de pédagogie. Ce n'est pas si facile.

Problèmes: le boulot est souvent peu stimulant intellectuellement, et pas très bien considéré (tant par l'employeur qui recrute en CDD, que par les supérieurs d'une part et les usagers du service d'autre part).

Faire preuve d'efficacité est le drame de ces gens-là: rapidement cela se sait, et tout le monde leur refile les patates chaudes plutôt qu'aux collègues pantouflards. Ils se retrouvent très vite sous pression et la tête sous l'eau.

Résultat: ils partent dès que possible, en réussissant un concours ou en obtenant une mutation. Soit ils ne sont pas remplacés, soit ils sont remplacés par quelqu'un du même genre qui se barre aussi vite, soit arrive enfin un nullos, qui lui, restera là 20 ans.

Cornélien, je vous dis.

 

 


 

 

 

* je n'ose penser que c'est un plan machiavélique à grande échelle (avec entre autres les financements sur projets et labels d'excellence) pour complètement stériliser les chercheurs et enseignants-chercheurs, permettant de conclure que la recherche française est nulle, que l'Université française est nulle, que l'argent du contribuable est gaspillé et qu'il faut tout privatiser (par exemple). 

 

** je veux encore croire que c'est majoritairement involontaire: les erreurs sont souvent faites par les personnels aux bas échelons, pas formés, peu payés, et dont la durée de vie à un poste est généralement inférieure au temps de formation souhaitable... que les supérieurs hiérarchiques ferment les yeux ensuite ou ne se rendent compte de rien car ils ont d'autres chats à fouetter est une autre et vaste question. Compliquée par le fait que non seulement les personnels, mais aussi les règles changent radicalement et unilatéralement tous les six mois...

 

*** Parce que l'Etat n'est pas toujours un employeur modèle pratiquant la transparence.

 

**** la régle préconise une simple signature du directeur du laboratoire...

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16 octobre 2011 7 16 /10 /octobre /2011 13:40

Par petite table, je n'entends pas forcément quoi que ce soit de péjoratif, juste où manger entrée-plat-dessert pour moins de 30 euros, ce qui à Paris peut relever de la gageure.

 

Voici les plus récentes où je suis allé.

 

- Autour d'un verre: Paris 9, rue de Trévise, métro Grands Boulevards, pas loin des Folies Bergères. Le meilleur de la liste en terme de qualité d'assiette. Bien dans la mouvance, bons produits cuisinés simplement et vins naturels.

Ceviche (un plat qu'on voit de plus en plus aussi), salade de tomates de plusieurs variétés, pintade-purée ou côte de veau purée, ce genre de choses. 4-5 choix à chaque fois avec comme souvent des suppléments sur une bonne moitié des propositions... Cela dit, beaucoup de goûts dans toutes les assiettes, la pintade notamment est parfaitement cuite, bien ferme, servie avec un jus de cuisson excellent.

20 euros pour entrée plat, rajoutez 6 euros pour le dessert, plus quelconque (type fondant au chocolat un peu caoutchouc ou tarte au citron pas assez cuite).

A boire, plein de vins avec des noms bizarres à base de jeux de mots foireux entre 15 et 30 euros. On s'oriente vers un bon Brouilly G. Descombes au tarif pas scandaleux de 28 euros.  

 

A noter: il faut aimer ou tolérer une clientèle très hipster qui parle fort le franglais et vient claquer la bise au personnel. Il faut aussi avoir du temps devant soi, parce qu'à 3 dans une cuisine ouverte de 5m2 avec un gars en salle, les plats ne sortent pas à la vitesse de la lumière.

 

Déco insignifiante mais pour une fois pas trop cliché (il y a certes les grosses ardoises à trimballer dans un espace surpeuplé et les tonneaux dehors).

Service sympa même si débordé.

 

Plutôt une bonne pioche, dans un registre plus Fooding que ça tu meurs. A oublier pour un tête à tête romantique, mais à retenir pour une soirée entre potes, surtout s'ils font partie d'un groupe de rock alternatif, quand on passe plus de temps à discuter et à boire qu'à manger.

 

- Le Vertbois: dans le 3ème, pas loin de mon lieu de travail (métro Arts et Métiers). Petit resto dans une rue qui compte l'Ami Louis et Pramil, entre autres. Tenu par deux jeunes femmes, la formule du jour à 16 euros est pas mal, dommage qu'elle soit à choix unique (surtout quand à la carte c'est 25-30 euros, même le midi).

Ce jour là, ça tombait bien parce que le plat du jour était alléchant: ragoût de boeuf au curry, bien épicé à mon goût mais avec une viande un peu sèche, et une très bonne polenta. En dessert, je crois me souvenir d'un tiramisu au speculoos honorable. 

A la carte par contre, les prix s'envolent un peu, et ce n'est, a priori, pas là que j'irai en priorité un soir avec 40 euros en poche...

Cela dit, en été, le petit bout de trottoir aménagé dans une ruelle quasi-piétonne est attrayant.

 

- Chez Chartier: dans le même coin, Grands Boulevards. L'un des derniers "bouillons" (si je comprends bien, appellation qui désigne une brasserie, mais version plus populo) parisiens (http://www.restaurant-chartier.com/www/visit/).

Restaurant "mythique", dont la salle est classée monument historique.

La cuisine est profondément inintéressante, sans être exécrable. C'est du bon vieux Métro bain-marie comme dans une large part des troquets français, voila tout. Oeufs mayo, avocat-crevettes, andouillette ou steack-frites, confit de canard, mousse au marron etc: on le sait rien qu'en lisant la carte.

Entrées entre 2 et 4 euros, plats entre 8 et 12, desserts autour de 3, soit 15-20 euros pour un repas complet.

Le vin "du mois", un côtes-du-rhône à 12 euros, est largement plus buvable que ce qu'on rencontre habituellement au resto pour ce genre de prix.  

Les serveurs sont pince-sans-rire old school, plutôt sympas. Ultra-pros, chacun leur carré, chaque geste est pensé utile. Le petit folklore de l'addition calculée sur la nappe est sympa aussi.

La salle est vraiment superbe, la clientèle très hétéroclite bien que majoritairement touristique. Brouhaha, mais moins insupportable qu'à la Coupole.

 

DSC02137-chartier.jpg 

 

On venait de se faire une journée balade, ce dîner vers 19h a parfaitement terminé la journée "badauds".

Une heure plus tard, en ressortant, il y avait la queue pour rentrer: poireauter 30 minutes pour manger chez Chartier me semble un peu too much, mais si vous passez devant et que vous pouvez avoir une table immédiatement, c'est à faire une fois (il m'a fallu 10 ans...).

 

- Tentazioni: une petite épicerie fine italienne avec 15 couverts le long du mur et une cuisine de 2m2 au fond de la salle dans une rue en pente de Montmartre (métro Abesses, 75018).

Tenu par une famille sicilienne, l'accueil est sympa, les produits sont bons. En entrée, on sert et coupe à la demande des produits de l'épicerie: charcuterie, légumes marinés, fromages italiens, etc.

En plats, on trouve majoritairement des pâtes et diverses sauces, quelques ragoûts aussi. Les spaghetti n'étaient pas tout à fait assez al dente à mon goût, mais ils avaient une bonne texture, et le pesto à la roquette était très bon. Gnocchi pas mal, oeufs brouillés à l'huile de truffe parfumés.

Les assiettes de pâtes sont généreuses et font plaisir à voir.

Vins italiens pas chers (celui qu'on a pris, un Chianti, n'était pas super bon non plus)

Petite adresse de quartier, dommage que ce ne soit absolument pas le mien, et pas mal de gens qui viennent acheter à emporter. 

Entrées autour de 7-10 euros, plats entre 11 et 16, pas pris de desserts mais on doit arriver à 20-25 euros pour le combo, et des bouteilles ente 15 et 20.

 

- Mazeh: traiteur iranien avec la aussi quelques tables dans le 15ème, métro Charles Michel et Commerce, en face d'un autre resto iranien (la Cheminée) et de deux épiceries iraniennes dont j'ai déjà parlé.

Allure de kebab, entre le grill, les meubles réfrigérants, et les six tables en plastique avec nappes en papier. Il manque juste le néon dehors.

Quasiment le même menu que chez les collègues d'en face, mêmes prix aussi, et pas beaucoup de différences en terme de qualité. Du coup, le décor un peu miteux se remarque.

Cela dit, les brochettes sont plutôt bonnes, servies avec du riz safrané. A 14-18 euros, je trouve ça cependant un peu cher, vu le cadre et comment c'est préparé (là aussi, assez proche du kebab du coin: gros bol de riz graissé allègrement à la dernière minute, passé au micro-ondes, brochettes sorties de la marinade qui poireaute depuis Dieu sait quand dans l'armoire réfrigérée*). Il y aussi des ragoûts. 

A 25-30 euros, c'est trop cher. La encore, la plupart des commandes sont à emporter: si les prix sont plus raisonnables, ça peut être une option relativement sympa. Pas mal de "locaux" viennent se sustenter, comme à la Cheminée.

Ils tiennent aussi So Rice, plus bas dans le 15ème, version un peu plus chic - tout est relatif- qui est paraît-il pas mal (mais qui visiblement n'existe plus d'après les commentaires chez Aude, bien que le site web n'en fasse pas mention).

http://www.mazeh.com/francais/restaurant.html

 

* c'est probablement fait exactement de la même façon en face, mais parfois ne pas avoir de cuisine ouverte, c'est finalement moins tue-l'amour.

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11 octobre 2011 2 11 /10 /octobre /2011 14:36

"Bois mort".

 

Expression utilisée dans le domaine académique américain pour désigner les Professeurs inactifs.

 

Si on se réfère au système académique français, nous avons tous l'impression que ça existe, qu'on en a rencontré, qu'il y en a dans tous les labos.

 

Cela dit, il me semble qu'il convient d'abord de s'entendre sur une définition commune de ce qu'est un "deadwood", ou de ce qu'est l'"inactivité" pour un Professeur (ou un personnel technique) dans un laboratoire.

 

En fait, définir clairement ce qu'on entend par deadwood n'est pas si facile:

 

Pour FSP, "la" blogueuse académique scientifique américaine, un "deadwood" est un Professeur mâle, âgé, qui n'a jamais été très productif car embauché à une époque où les critères de réussite étaient plus coulants.

C'est un peu vague.

Le critère de l'âge est d'autre part assez propre aux US où il n'y a d'une part pas de retraite obligatoire pour les Professeurs, d'autre part le système de "tenure track" qui pousse les gens à se bouger fortement pendant les 5-10 premières années de leur carrière.

En France, techniquement, on peut glander dès nomination (ou au bout d'un an, après la titularisation), mais il faudra partir à 60-65 ans (encore que, c'est susceptible de changer...).

 

 

 

Faisons donc une petite étude de cas, appliquée au système français:

 

- dans une grande école d'ingénieur. Un Professeur sans cours magistral (pourtant, a priori, seuls les Professeurs dispensent des CM dans cette école, les MC étant affectés aux TPs-TDs), qui se contente d'un TP dans l'année, qui n'a plus d'étudiants ni de projets financés (même quand il en demande on fait en sorte qu'il ne les obtienne pas), qu'on a mis seul dans un bureau le plus loin possible des autres permanents.

Oui, mais il a été (très) productif à une époque.

Oui, mais il possède toujours des équipements assez peu courants qu'il est le seul à maîtriser, forme des étudiants dirigés dans d'autres instituts ponctuellement, et finit par se retrouver sur suffisamment de publis pour être considéré comme publiant pour l'AERES. Voire, pour plus publier que certains collègues qui pourtant le méprisent.

 

- dans un établissement d'enseignement supérieur un peu à part (ni Université, ni IUT, ni grande école). Un Professeur classe exceptionnelle qui a construit une superbe carrière avant tout sur le relationnel, dans une "boutique" et à une époque où les critères d'évaluation ne sont pas ceux que l'on connaît (selon Web of Science, 11 articles publiés, h-index = 4, tout en se débrouillant pour n'assurer qu'une moitié de son service voire moins).

Oui, mais il ramenait au labo des étudiants, des contrats industriels et même du matos, pour des raisons qui m'échappent.  

Oui, mais il contribue aussi au lancement d'antennes au Maghreb (même s'il en profite visiblement bien aussi) et a lancé un certain nombre de formations.

 

- un collègue qui n'a plus fait de recherche depuis les années 80.

Pour certains, c'est un critère déterminant de deadwoodisme.

Oui, mais il assure quasiment double service d'enseignements (certes payés en HC sur ce qui devrait être son temps de service*), accepte les cours pénibles que personne ne veut faire, et gère un peu les emmerdements liés à la réservation des salles, les plannings etc.

Et il ne passera jamais Professeur.

 

- un ingénieur de recherches fervent adepte du 9 to 5, responsable d'un appareillage mais jamais disponible pour former sur la machine (et qui vit mal quand de guerre lasse on finit par demander à quelqu'un d'autre), qui explique qu'il n'est pas la pour préparer les échantillons et qu'il faut recruter un technicien pour ça, et qui refuse de participer à des enseignements depuis qu'on lui a expliqué qu'il ne serait plus possible de lui rémunérer 200 heures complémentaires.

 

- il y a aussi ces EC ou Professeurs avec tellement de décharges administratives et autres délégations qu'ils en deviennent invisibles au laboratoire, tant en enseignement qu'en recherche.

 

Etc.

 

 

A mon humble avis, je dirais que dans ces exemples, il n'y a qu'un seul "deadwood" et il n'est pas enseignant-chercheur.

On peut critiquer les règles qui permettent ce qu'on peut considérer comme des écarts dans les autres exemples: heures complémentaires d'enseignement réalisé pendant ce qui devrait être un statutaire de recherche, décharges administratives "à la Luc Ferry", etc.

Mais dans tous les cas, ces personnes sont utiles au système, même si ce n'est pas forcément dans l'établissement qui les emploie ou en effectuant la fonction première pour laquelle ils sont censés oeuvrer.

 

 

Si on entend par "deadwood" le plus petit dénominateur commun: pas du tout de recherche, enseignement réduit au strict minimum sans aucun investissement pédagogique, pas de gestion/d'administration universitaire, je pense que ça concerne vraiment peu de monde. 

 

 

 

 

 

* certaines personnes considèrent ceci comme un outrage. Personnellement, je m'en tape. S'il y a des gens qui sont disposés à faire ce qui me sort par les trous de nez, tant mieux pour moi. S'ils sont rémunérés pour ça, tant mieux pour eux.

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7 octobre 2011 5 07 /10 /octobre /2011 09:32

François Fillon expliquait récemment, au sujet de l'Education Nationale, qu'on peut faire mieux avec moins (budget et nombre d'enseignants en baisse).

 

On peut admirer une certaine constance dans le propos dès qu'il touche à la fonction publique, reflet d'une idéologie libérale bien assimilée plus que d'une quelconque étude sérieuse.

Encore que, si j'ai bien compris, un libéral, pas un démagogue, dirait plutôt "l'Etat ne sert pas à grand chose, il doit faire peu avec beaucoup moins".

 

 

Illustrons ce propos par une petite anecdote: je ne prétends pas que c'est une vérité générale, mais elle décrit la réalité "du terrain".

 

 

Il y avait une petite structure indépendante qui proposait au sein d'un établissement d'enseignement supérieur des formations hors cursus (professionnelles), qui fonctionnait bien, et dégageait pas mal de bénéfices (~50-100000 euros annuels pour un budget global de 600000 euros)*.

 

Après quelques années et suite à la restructuration globale de l'établissement, il a été décrété qu'on ne pouvait pas continuer comme ça: gestion qu'on disait opaque, prix des formations établis avec une bonne dose de pifomètre, intervenants extérieurs surpayés, personnels accumulant les heures complémentaires au détriment de leur "mission quotidienne", offre pas assez globale, etc.

Il y avait donc pas mal de bonnes raisons pour rattacher plus concrètement cette structure à l'établissement: rationalisation de l'offre et des budgets, meilleur contrôle de l'activité des personnels, etc. 

Et quelques mauvaises aussi: notamment, un certain nombre de mandarins locaux désireux de s'accaparer le succès du truc, et les gestionnaires qui eux lorgnaient sur le fric dégagé pour combler les déficits d'autres services.

 

Aussitôt dit, aussitôt fait: ceux qui pilotaient de loin la structure ont été relégués à des titres honorifiques de "conseillers", la secrétaire qui de facto s'occupait de tout et a fait valoir ses droits à la retraite a été remplacée par un "responsable" parachuté là. Ce responsable, fort de sa maîtrise des gestions humaines, ne s'est pas embarrassé de connaissances inutiles sur les spécificités de la structure, et a réussi en moins de six mois à ce que l'agent comptable et une secrétaire pédagogique obtiennent leur mutation.

Aujourd'hui, pour faire tourner la boutique, il n'y a plus que le responsable, une secrétaire en CDD payée 10 mois sur 12, et un stagiaire. Ces trois personnes, contre 5 auparavant qui avaient toutes plusieurs années de pratique sur ces postes, n'étaient pas là il y a 1 an.

La comptabilité a été externalisée sur d'autres services de l'établissement, et il y a désormais un fameux fichier excel qui permet de déterminer le juste prix du stage et son seuil de rentabilité sans lequel il est devenu impossible de discuter. 

 

Entre temps, l'offre des formations a été doublée, puisque généralisée à l'établissement entier.

 

 

Pour l'instant, le résultat n'est pas probant:

- Plusieurs intervenants extérieurs se plaignent de ne pas avoir été payés de leurs interventions de l'an dernier, et refusent désormais d'intervenir.

- Les stages se télescopent, ce qui crée des problèmes logistiques (pas assez de salles, de matériel, de personnel, etc). En tant que responsable scientifique d'une formation, j'ai du aller chercher la pause café moi-même car personne ne pouvait s'en charger.  

- La secrétaire est complètement paniquée: elle fait ce qu'elle peut, mais elle découvre les choses "sur le tas".

- Les documents se perdent.

- Il n'y a plus d'interlocuteurs au courant des subtilités d'organisation.

- Le prix des stages a augmenté de 10 à 20%.

- On est informé de leur ouverture à la dernière minute: organiser un planning d'une semaine avec des interventions de chercheurs ou MC est alors un véritable casse-tête.

- Les barêmes de rémunération autrefois bien établis ont été remis en cause et sont désormais du domaine du flou total (en gros, l'organisation de stage par un enseignant-chercheur pouvait rentrer dans le service statutaire, il y a de bonnes chances pour que ce soit désormais à l'oeil).

 

A tel point qu'on est allé demandé aux anciens qu'on avait mis sur la touche peu élégamment en évoquant leur probité, de remettre la main à la pâte, en faisant probablement appel à leur "sens civique" ou une variante.

On en a entendu certains gueuler, je crois que je peux comprendre.

 

La direction, comme à chaque fois, explique qu'il y a une période d'adaptation délicate à franchir, mais que le bateau vogue désormais dans la bonne direction.

Il est effectivement trop tôt pour juger, mais on est en droit de douter.

 

Aussi bizarre que cela puisse paraître, il ne semble évident à personne ayant un quelconque pouvoir décisionnel qu'une structure basée sur deux conceptions parfaitement antinomiques, exerçant d'un côté un contrôle accru, infantilisant et fondé sur la suspicion vis-à-vis de ses personnels, et de l'autre quémandant leur bonne volonté, ne peut pas fonctionner à long terme.

 

 

 

 

* ces bénéfices étaient ensuite reversés (partiellement?) aux labos de l'établissement qui dispensaient/organisaient les formations, pour entretien des machines servant aux démonstrations, achat de matériel, etc.

La aussi, quel sera le prorata reversé dans l'avenir, y en aura-t-il même un?

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6 octobre 2011 4 06 /10 /octobre /2011 13:16

Pour tout ce qui touche à la vie gastronomique parisienne, j'aime bien consulter Paris By Mouth.

 

Pas vraiment un guide, c'est plus une revue de presse et de blogs quasi-quotidienne et anglophone (bien qu'elle mentionne surtout des blogs et articles en français), qui permet ensuite d'avoir une base de données/annuaire d'un bon paquet de restos.

De temps en temps, il y a des "classements" selon un critère bien précis (ouvert le dimanche, en groupe, brunch etc).

Bref, c'est plutôt bien fait.

 

Il y a aussi très régulièrement une rubrique intitulée "Taste of Paris", qui reprend des photos de plats prises par divers gastronomes collaborateurs dans divers restaurants.

 

Et, dernièrement, je me suis rendu compte que j'arrivais assez fréquemment à "deviner" de quel resto venait le plat figurant dans telle photo, quand bien même je n'avais jamais été dans ce resto. Ou alors, j'hésite entre deux ou trois de la même clique.

Cela me semble prouver une idée que j'énonçais ailleurs, à savoir qu'il y a plein de jeunes chefs basquo-nordiques qui se prennent pour Lizarazu et font le buzz dans la capitale, mais qui (ou peut-être justement parce qu'ils) font avant tout tous pareil.

En résumé: Assiette "épurée", produit presque brut, légumes chiants à peine bouillis, herbes et fleurs, dressage "art moderne".

 

Le deuxième type d'assiette, c'est la version "bar à vins": charcuterie tellement fine qu'on dirait du cellophane et copeaux de frometon, le tout sur une planche en bois d'Amazonie pour faire roots. Ce sont souvent d'ailleurs des endroits tenus par les chefs susmentionnés, qui ouvrent une seconde adresse plus relax faisant l'éloge des vins bios et des produits des fermes reculées. 

 

Une preuve en images (en espérant que Paris By Mouth et les auteurs des photos me pardonnent et m'autorisent les emprunts - dans le cas contraire, je supprimerai l'article illico):

 

Encornets-at-le-Dauphin-by-Bruno-Verjus1.jpg

 

betterave-chevre-frais-citron-confit-yellow-beets-fresh-goa.jpg

 

Veal-with-oyster-beets-and-leeks-at-Rino-by-Meg-Zimbeck.jpg

 

septime-bv.jpg

 

Vivant-Poulet-by-Bruno-Verjus.jpg

 

Nous avons là Septime, Rino, le Dauphin, Frenchie, et Vivant. Saurez-vous reconnaître qui fait quoi ou pensez-vous comme moi qu'il y a une certaine redondance dans les dressages, les jeux de couleur, les produits utilisés?

 

Saturne-asparagus-egg-and-granite-of-violets-by-Jordan-Gros.jpg

 

riddled-razor-shell-clams-squid-and-zucchini-in-lavender-fo.jpg

 

Akrame-poireaux-en-radicelles-et-filet-de-sandre-by-Bruno-V.png

 

Ici, une version un peu plus chic de la même cuisine, avec des assiettes sombres et de la mousse. Akrame, Agapé Substance, et Saturne.

 

Et enfin, la version biobio proche de la nature, pique-nique beaujo sauciflard mais à 25 euros la bouteille et 30 euros le kilo.

 

Beef-and-pickles-Le-Chateaubriand-by-Barbra-Austin.jpg

 

Frenchie-wine-bar-Jamon-Iberico-de-bellota-AOC-Dehesa-de-Ex.jpg

 

Lardo-at-Racines-by-Meg-Zimbeck.jpg

 

Vivant-selection-of-Italian-cheeses-by-Bruno-Verjus.jpg

 

Vivant, le Châteaubriand, Frenchie bar à vins, et Racines.

 

 

Etonnant, non?

 

A vous de jouer si ça vous amuse. Je donnerai les réponses en commentaires.

Les réponses sont sur Paris By Mouth, mais ne trichez pas.

 

 

 

 

Photos par Barbra Austin, Meg Zimbeck, Bruno Verjus, Alec Lobrano, Jordan Grossi.

http://www.barbraaustin.com/

http://megzimbeck.com/

http://foodintelligence.blogspot.com/

http://hungryforparis.squarespace.com/

 

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3 octobre 2011 1 03 /10 /octobre /2011 09:10

"On part à l'île Maurice en novembre. On savait pas quoi y faire, alors on a décidé d'aller au Club (Med', NdMix)".

 

Une interlocutrice, plutôt jeune, ingénieure.

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30 septembre 2011 5 30 /09 /septembre /2011 10:00

Dîner gastronomie 2.0 organisé par F. Nègre, de Paysages Culinaires, chez Oth Sombath, restaurant thaïlandais gastronomique du très chic 8ème arrondissement (rue du Faubourg Saint-Honoré, derrière les Champs, métro Saint-Philippe du Roule).

 

Oth Sombath est le chef qui a lancé il y a déjà plus de quinze ans le Blue Elephant à Bastille, à l'époque reconnu comme l'un des meilleurs thaï de la capitale.

Il a ensuite pas mal bourlingué, puis ouvert un restaurant à Saint-Tropez, avant de revenir sur la capitale fin 2008.

 

L'endroit a un petit côté "futuriste rétro", à savoir qu'on se croirait dans un endroit issu d'un film d'anticipation des années 80...

Tons beige, blanc cassé, et gris, beaucoup de "formes" ici et là, ambiance un peu lounge. D'après le dossier de presse, c'est la vision stylisée de la Thaïlande par l'architecte.

Un peu étrange, mais j'ai trouvé ça plutôt chouette (même si, en y regardant de trop près il y a quelques traces d'humidité ou d'usure qui commencent à apparaître dans les matériaux utilisés).

Le restaurant est bizarrement agencé: il est de proportions assez gigantesques, s'étend sur trois étages, mais vu l'espace il n'y a finalement pas tant de tables que ça. 

 

DSC02029.JPG

 

Nous sommes installés au second étage avec une coupe de Champagne Pierre Paillard pour commencer la soirée.

 

Parmi les convives, que je connaissais pour la plupart et qui arrivent en ordre dispersé, j'ai été ravi de rencontrer un très sympathique photographe culinaire, P. Martineau, dont la vie m'a semblé beaucoup plus fun que celle d'un maître de conférences en physique des polymères. Mais je m'égare, comme quand je lui ai expliqué à quoi le caractère absorbant des couches culottes était dû.

Il y avait aussi des journalistes et autres communicants qui appellent les chefs par leur prénom et passent visiblement leurs vies dans les trois étoiles, "j'ai dit à Alain que la cuisine de Fred ne m'avait pas ému la dernière fois", et du coup je me sentais parfois dépassé par la discussion.

 

Ah tiens, avant de revenir au repas itself, une anecdote: le Michelin est toujours aussi nul, son nouveau directeur ne connaît rien à la gastronomie, etc, mais une bonne partie du repas se passe à sussurer comme des comploteurs des rumeurs sur le prochain millésime et les trois étoiles en danger, puis à commenter in extenso les étoilés où on a mangé de par le monde, sans que le côté paradoxal du propos ne semble frapper personne... bref. Il paraît d'ailleurs, et c'est parfaitement invérifiable, que Oth Sombath a raté de peu une étoile l'an dernier.

 

 

Le "concept" culinaire du restaurant est, si j'ai bien compris, double.

Des plats thaï "classiques" revisités par le chef (le tigre qui pleure, notamment), et d'autres sur une veine plus contemporaine, plus "fusion" thaïlando-française avec des produits comme le magret de canard et le filet de veau. 

C'est vers ce type de plats que nous sommes orientés via un menu dégustation que j'imagine proche de celui proposé par le restaurant, à 70 euros.

Dans ce menu, amuse-bouche, deux entrées, deux plats, 1 dessert.

 

L'amuse-bouche est une bouchée de salade de riz au melon. C'est joli, bon, et original.

 

Les choses sérieuses commencent avec les Hoy Shell: Saint-Jacques rôties, sauce coriandre.

Les Saint-Jacques sont enroulées dans une pâte ravioli asiatique avec une gelée tomates. En accompagnement, du chou rouge, et une sauce coriandre très relevée. Entrée délicate, j'ai préféré goûter la sauce coriandre à part, car je la trouvais un peu forte pour les noix.

Encore une fois, assiette très esthétique, dans le dressage et l'association de couleurs: ce sera une constante pendant tout le repas.

 

DSC02030.JPG

 

 

Deuxième entrée: Pet Tom Ka, velouté au lait de coco et magret de canard. Très belle alliance, le velouté est parfaitement crémeux et le canard a du goût, presque cru et préparé quasiment comme un carpaccio.

 

DSC02031.JPG

 

Vient ensuite la dorade royale cuite en feuille de bananier aux épices thaï (Pla Yang). La dorade est bien grillée et la feuille de bananier permet de garder intacte les saveurs, l'imprégnation des épices, et le côté "moist" du poisson. Belle cuisson. 

 

DSC02034.JPG

 

Deuxième plat: Neua Luk Wa, filet de veau parfumé à la banane et au cumin. Très belle sauce curry-banane, alliance surprenante pour le palais du farang que je suis, qui n'est jamais allé plus à l'Est que Budapest.

Le veau est bien doré et fondant à coeur: goût, tendreté, tout y est.

Le riz en accompagnement est presque, ai-je trouvé, anecdotique.

 

DSC02035.JPG

 

En dessert, nems banane avec une sauce vin rouge gingembre un peu amère pour moi, et une petite douceur crème coco- châtaigne d'eau.

 

DSC02036.JPG

 

 

Pour accompagner tout ça, du grand classique (je connaissais au moins de nom tous les vins proposés, ce n'est pas si fréquent dans un établissement de ce rang):

- Riesling Grand Cru Rosacker, Domaine l'Agapé 2008

et

- Château de Pibarnon rosé 2010

- Domaine Tempier, "la Migoua", 2008,

soit deux des domaines les plus réputés de Bandol.

 

Pour une raison qui m'échappe encore, le Tempier était, avec le Domaine du Vieux Télégraphe (Châteauneuf) l'un des bons vins relativement facile à trouver aux US (typiquement, il y en avait chez Whole Foods). Le plus étonnant était que ces bouteilles étaient moins chères qu'en France (dans les 50$ chez Whole Foods, contre 40 euros chez Lavinia avec un dollar qui à l'époque frôlait le 0.7 euros).

Pour une raison qui m'échappe aussi, c'est un vin qui ne m'émeut pas particulièrement, alors qu'au stade de non-développement de mon palais, les vins à plus de 30 euros sont souvent un ravissement (mon palais raisonne en scientifique et compare à son ordinaire - qui s'est déjà hachement amélioré par rapport à il y a quelques années).

 

Et puis, pour conclure, un Domaine Mas Amiel, qu'on retrouve très souvent depuis quelques temps servi sur les accords chocolatés, dans le cas du Maury rouge (vin doux naturel à base de grenache).

Ici, c'est cependant un vin de table "Plénitude" qui nous est servi: blanc, rangé dans la catégorie "passerillé", soit des raisins séchés au soleil, et donc dans ce cas non muté.

 

 

Le chef est venu très sympathiquement faire un tour à table, prendre le temps de discuter, d'échanger, de raconter son parcours, de revenir en détail sur les mets dégustés, etc.

 

 

Voila pour cet excellent repas, qui s'est éternisé quasiment jusqu'au dernier métro sous l'effet conjugués de discussions intéressantes, de mets fins, et de bons alcools en abondance.

J'avoue humblement ne pas du tout maîtriser les subtilités de la cuisine thaïlandaise, mais je me suis régalé.

Il faudra faire attention lors de ma prochaine visite dans un thaï parisien, si je ne veux pas être très déçu.

 

Les prix ne sont pas ceux du tout venant non plus: 35 euros le midi, 40 euros pour le menu du soir, une soixantaine à la carte et 70 pour le menu dégustation. La localisation, le cadre, le savoir-faire du chef, les produits, le service (rien à redire de ce côté là, sobre et efficace, avec un sommelier heureux d'échanger), se payent aussi.

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