Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : La vie au labo
  • La vie au labo
  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
  • Contact

Profil

  • mixlamalice
  • Misanthrope optionnellement misogyne et Esprit Universel.

Recherche

29 août 2011 1 29 /08 /août /2011 12:17

2 semaines de vacances

+ 3 pays peu réputés pour l'équilibre de leur alimentation

+ 15 soirs de suite au resto

+ 1 esprit quelque peu aventurier (en ce qui concerne la gastronomie) 

+ 15 petits déjeuners type buffet à volonté

+ 3 mariages

+ 1 grande quantité d'alcool

 

- 200 kms à pied (environ)

 

= 3 kilos de plus sur la balance

 

= 5 kilos à perdre au plus vite avant qu'il ne soit trop tard...

 

Repost 0
Published by mixlamalice - dans La vie de Mix
commenter cet article
26 août 2011 5 26 /08 /août /2011 09:48

Alors que je pensais avoir une semaine un peu peinard pour, pourquoi pas, améliorer les cours pas tops de l'an dernier, apprendre à me servir d'un ou deux appareils et continuer mon projet, c'était, hélas, sans compter sur la correction des deux rapports de M2 ayant passé le semestre au labo.

 

Les soutenances de pas mal de stages semblent désormais se faire en septembre (de mon vieux temps, à l'époque où ça s'appelait encore DEA, tout était torché fin juin et c'était finalement pas plus mal).

Car désormais, les stagiaires quittent le labo fin juillet, après avoir discuté du plan de leur rapport avec leurs encadrants pendant 10 minutes. Tout ce petit monde part en vacances, les étudiants s'astiquent (et ils ont raison, car de toute façon les enseignants-chercheurs en vacances dans des contrées exotiques ne sont pas tous enclins à corriger des rapports pendant ce temps-là). Et arrive fin août et tout le monde est à l'arrache.

 

Je manque d'expérience, mais il semble logique qu'un rapport de M2 soit toujours un peu "douloureux": pour beaucoup d'étudiants c'est la première réelle expérience en terme de rédaction scientifique, et c'est donc souvent laborieux tant sur la forme (la partie bibliographie notamment) que sur le fond (manque de recul, propension à présenter les résultats sous forme chronologique, à mettre sur le même plan ce qui a un peu marché et ce qui a complètement échoué, etc).

 

Dans le cas présent, les rapports sont à rendre mardi prochain.

L'ingénieur de recherches qui les a supervisés n'est toujours pas rentré de vacances, et c'est donc mon collègue et moi qui y passons nos journées, sachant que nous n'avons suivi le travail expérimental que d'assez loin.

Les deux stagiaires sont assez différents: l'un est motivé mais n'est pas sur place car il a des rattrapages. Tout se fait par mail, ce qui renforce la difficulté, ce d'autant plus qu'il n'est pas français: son français écrit est meilleur que mon vietnamien parlé, mais ça reste délicat à saisir, parfois. Et il m'est difficile de voir ce qui pêche dans le fond d'un paragraphe quand je passe déjà 20 minutes à en comprendre la forme, a fortiori quand ce n'est pas un sujet que je maîtrise bien.

L'autre a, je pense, une compréhension assez bonne des choses, mais aussi un petit poil dans la main*. Beaucoup de choses, tant sur le plan expérimental qu'au niveau de l'analyse des résultats ou de la rédaction du rapport, sont "difficiles", "vont prendre trop de temps", "posent problème", etc. Après un premier jet aussi incomplet que médiocre, nous n'avons toujours pas eu de version 2: "j'ai travaillé jusqu'à 2h du matin mais là je fais une petite pause".

 

Les heures qui viennent s'annoncent pénibles.

 

clip_image002.jpg 

 

* à moins que ça soit la peur de mal faire ou des problèmes de concentration. Un exemple: on lui propose dans l'urgence une analyse simple d'une partie de ses résultats, au premier ordre, en lui faisant bien comprendre qu'on peut faire mieux mais qu'on n'a plus vraiment le temps, que ça suffira peut-être à donner des informations intéressantes et pertinentes, que c'est toujours mieux que de présenter les résultats sans aucune analyse, et qu'éventuellement on pourra s'y remettre plus tard, pour nous, quitte à ce que ce ne soit pas dans le rapport. Ok.

Mais 24h plus tard, rien de nouveau.

- J'ai réfléchi et je pense que ça marche pas, cette analyse au premier ordre.

- Mais tu as vérifié?

- Non. Mais y a un problème avec le logiciel, ça marche pas bien, c'est compliqué.

Je reprends le logiciel dont je ne me suis pas servi depuis 1 an et demi. 10 minutes plus tard, je lui montre comment on fait. Je ne le sens pas convaincu, je pense qu'il va encore se défiler avec une très bonne raison.

Repost 0
Published by mixlamalice - dans La recherche
commenter cet article
19 août 2011 5 19 /08 /août /2011 12:10

De retour de vacances à Prague, Bratislava et Budapest, quelques remarques et photos sur la gastronomie locale.

Comme me le disait un lecteur, c'est franchement pas terrible en République Tchèque, c'est mieux en Slovaquie, et c'est pas mal en Hongrie.

 

Notons tout de même que le caractère méga touristique de Prague, où les restos pullulent comme dans la rue de la Huchette, ne contribuent peut-être pas à découvrir l'authentique cuisine tchèque...

Mais bon, les plats typiques tchèques sont hongrois (le goulash) ou allemands (le sauerkraut dans tous ses états), ou d'une fadeur inégalée (la quenelle tchèque, ou knedliky, à base de pain rassis, de levure et de farine et d'oeufs, le tout poché, puis coupé en tranche, n'a d'autre but que d'absorber le maximum de sauce avant de gonfler dans l'estomac). Et visiblement, on cherche plus le roboratif que le plaisir gustatif: pour le plaisir, ils ont la bière.

En ce qui concerne la viande, porc, porc et encore porc, sauf dans le cas des ragoûts où on trouvera un peu de très bas morceaux de boeuf. La spécialité locale étant le genou de cochon, un truc massif braisé puis rôti, servi avec un petit pot de moutarde et du raifort. On me l'a servi seul, sans aucun accompagnement: c'est une expérience un peu extrême en terme de morosité, car on se lasse vite des 3 cms de couenne rôtis et encore vaguement velus...

Avec un peu de chance, vous trouverez un peu de patates bouillies avec les ragoûts, souvent décorés d'une sauce à la canneberge (qu'on retrouve aux US sous forme de gelée servie avec la dinde) et de crème fouettée. Franchement "tue-l'amour" à mon goût. Oubliez les légumes, à part éventuellement concombres et autres joyeusetés marinées pour aller avec la charcut' en entrée.

On notera la présence d'un bon paquet de restos italiens: la encore, impossible pour moi de dire si c'est une simple opportunité touristique (la pizza pouvant séduire à peu près n'importe qui) ou s'il faut y voir le signe d'une influence italienne historique quelconque. 

 

DSC01582.JPG

Le fameux genou de porc dans toute sa splendeur. Notez LA feuille de salade en arrière plan pour la touche verdure en accompagnement. 

 

C'est pas que tout ça est dégueu, mais c'est vite répétitif, et on sent que le but premier n'est pas le raffinement mais le remplissage d'estomac (toutes les assiettes approchent du kilo). Il est d'ailleurs assez fréquent de trouver indiqué le poids de ce que vous allez manger sur la carte, ceci étant aussi valable en Slovaquie et en Hongrie.

 

On peut se nourrir assez facilement pour 10 euros par tête pour une entrée type charcuterie à partager, un gros plat et une ou deux pintes... pour un plat donné, le prix changera assez peu d'un endroit à l'autre, sauf en cas de proximité immédiate d'une "attraction", mais la qualité, elle, peut osciller entre pas trop mal et très médiocre. Finalement, notre meilleur repas a été dans une grande brasserie appartenant à la bière Pilsner, Kolkovna. J'ai croisé quelques restos haut de gamme (addition autour de 150 euros, ce qui ramené au prix du repas de base nous ferait bien un 300 euros en France), mais le budget limité m'a empêché de voir ce que ça donnait.

 

Je signalerai enfin une petite dégustation d'absinthe, qui n'est plus interdite en France mais qu'on ne trouve pas forcément facilement, alors qu'elle est partout à Prague. Ils vendent de la distillée (l'"historique") et de la macérée, titrant tous deux autour de 60-70 degrés, mais au goût visiblement assez différent (les techniques sont expliquées ici). La macérée se boit "sèche", la distillée est coupée à l'eau sucrée et devient turbide, un peu comme du pastis le sucre en plus. On trouve dans l'absinthe de la thuyone, le composé actif hallucinatoire qui paraît-il contribuait au génie imaginaire des poètes maudits. Le taux de thuyone est désormais limité à 35mg/L (on trouve à Prague certaines absinthes à 100 mg/L). Je ne sais pas si c'était psychosomatique (l'espèce de liturgie préparatoire et le caractère "interdit" sont un peu excitants), ou si c'était parce qu'on nous avait servi une dose de cheval (pas loin de 10 cl je pense) préparée avec un ratio d'eau 1:1 au lieu de 5-1, mais ça m'a fait un effet bizarre, assez trippant et différent de l'ivresse habituelle. Au goût, ce n'est quand même pas l'extase: on peut définir ça comme un croisement Ricard-Plax.

 

DSC01535-2.jpg

 

Sinon, l'alcool local est la slivovice, une eau de vie à base de prune qui décape.    

 

 

En Slovaquie, prenez les mêmes ingrédients, traités avec un poil plus de finesse, ajoutez-y des champignons, une utilisation plus répandue de divers paprikas. Des gnocchi pas mauvais (halusky) ont remplacé les immondes quenelles. On consomme pas mal de soupe, tradition apparemment héritée du voisin hongrois. Il se peut que cela soit dû au caractère moins touristique de Bratislava, mais le service est un peu plus sympa aussi (les serveurs praguois n'ont rien à envier aux pires serveurs à touristes parisiens: leur seul interaction avec le client consiste à répéter 5 fois au moment de payer que le "service is not included"...). Les prix sont comparables.

Les slovaques sont aussi moins portés sur la bière et font des petits vins sympas: leur tradition est ancestrale, mais j'ai l'impression qu'ils s'y sont remis surtout récemment, avec l'idée d'exporter et pour modèle le vignoble bordelais, ce qui n'est pas forcément rassurant.

 

DSC01678.JPG 

Chou, gnocchi (300 grammes), ragoût de mouton (100 grammes). Le tout mélangé. Gros plat de pub pour environ 5 euros, meilleur qu'il en a l'air.

 

 

A part ça, petite visite au marché de Bratislava, "authentique" car assez excentré du centre historique, pour respirer un peu les spécialités locales... chouette visite pour voir toutes les sortes de piments et poivrons et autres excentricités(langue de porc séchée, vin vendu au litre avec une tireuse - on amène sa bouteille plastoque).    

 

DSC01690.JPG

Le marché de Bratislava

 

DSC01694-2-copie-1.jpg

 

DSC01691.JPG

 

Très appétissante langue de porc séchée. Je n'ai pas osé...

 

DSC01695-2.jpg

 

Alignement de divers paprikas (désigne globalement les piments et poivrons. La distinction est donnée par un adjectif caractérisant la forme, la couleur, la taille, la puissance etc. Ca désigne aussi l'épice qu'on peut acheter au kilo et qu'on retrouve dans presque tous les plats, comme en Hongrie.

 

 

A suivre: gastronomie budapestoise. Pas fondamentalement différente, un peu plus "riche" peut-être (au sens "diversifiée", pas au sens "calorique", Dieu merci). Le marché réserve aussi quelques surprises un peu hardcores...
Repost 0
Published by mixlamalice - dans Restos
commenter cet article
28 juillet 2011 4 28 /07 /juillet /2011 16:17

(référence au titre de l'article précédent).

 

A partir de ce soir, 3 semaines et demi de vacances.

 

Au menu, 3 mariages -pas d'enterrement de prévu mais quelques gueules de bois- et un peu plus de deux semaines en Europe de l'Est (République tchèque, Slovaquie et Hongrie).

 

A priori donc, "blogging" sporadique à prévoir durant cette période, peut-être quelques photos commentées à l'occasion.

 

Bises à toutes les filles, et enjoy pour ceux qui ont la chance de partir.

 

Mix

 

Et pour se foutre la patate, Polnareff:

 

Repost 0
Published by mixlamalice - dans La vie de Mix
commenter cet article
27 juillet 2011 3 27 /07 /juillet /2011 10:32

Mon établissement est censé être fermé: depuis le 14 juillet, jusqu'au 21 août.

Si on rajoute une dizaine de jours à Noël, cela veut dire que cet établissement d'enseignement supérieur et de recherche est fermé 15% de l'année.

Ah, on a le droit de venir bosser, mais il faut demander une dérogation. Et de toute façon on est foutu dehors à 16h45, 17h dernier délai.

 

Dans un autre établissement avec lequel nous collaborons étroitement, la période de fermeture n'est que de 3 semaines et demi. Il faut aussi une dérogation pour y travailler pendant cette période, mais les portes restent ouvertes jusqu'à 20h. Cela dit, il est expréssement et formellement interdit de maniper.

Ce qui, quand on fait de la science expérimentale, surtout si on est thésard ou post-doc, est assez rapidement problématique.

 

Cela m'inspire deux petites réflexions:

- sans vouloir faire mon libéral adorateur des US, est-ce que vous pensez que les labos s'arrêtent 3 ou 4 semaines en été, outre-Atlantique*? A l'heure où on ne parle plus que d'excellence, d'indicateurs de performances, d'évaluation globalisée, etc, est-ce bien raisonnable de stopper d'autorité toute activité expériementale pendant 10% de l'année sachant que les moyens à disposition sont déjà moindres qu'ailleurs?

 

- à l'échelle plus individuelle, et pour revenir à la "liberté" dans le monde de la recherche (liberté déjà toute relative lorsqu'on est enseignant-chercheur et donc assujetti aux semestres de cours): quand il faut demander une dérogation, émarger en rentrant, émarger en sortant, faire bipper son badge, que les horaires sont contraints et qu'on n'a pas le droit de sortir de son bureau pendant 4 semaines, peut-on vraiment encore utiliser le mot liberté?

L'idée derrière de telles mesures n'est-elle pas que tout le monde, à terme, prenne ses vacances en même temps?

Cela permettrait 1. de faire des économies en fermant pour de bon l'établissement pendant 4 semaines 2. d'avoir un meilleur contrôle de son personnel: l'idée étant que celui qui vient "bosser" pendant l'été est forcément un jean-foutre qui profite du système et ne cherche qu'à avoir double dose de vacances. Car comme il n'a personne pour le surveiller, il est évident qu'il ne fout rien, si même il vient. Et après, ce nanti de fonctionnaire ambitionne de prendre ses vacances en décalé. 

 

Holiday.jpg 

 

* l'activité de recherche est tout de même ralentie en juillet août**. Je dirais qu'en gros, à un instant t, entre 50% et 75% des effectifs sont présents, et que leurs horaires sont 20 ou 30% moindres que le reste de l'année (c'est à peu près la même chose, en plus marqué, entre Noël et le jour de l'An: je dirais qu'il n'y a alors que 25 à 50% des effectifs).

Les américains aiment quand même prendre 1 ou 2 semaines pendant cette période, les étrangers choisissent souvent ce moment là pour rentrer chez eux si leur chef est compréhensif, et les chefs en profitent souvent pour aller faire des écoles d'été ou séminaires à Hawaï ou en Crète avec la famille. Ceux qui viennent passe eux aussi en mode horaires d'été, et souvent le plus gros de la recherche est assuré par des stagiaires de niveau M1, pas forcément bien formés ou encadrés.

Quand je disais que je n'étais pas spécialement béat d'admiration devant de telles pratiques, c'est parce que cela peut donner lieu à des tragédies, sans que personne ne soit vraiment déclaré responsable (l'Université a payé 30000$ de dommages et intérêts et le Prof. en charge est toujours en poste).  

 

** Mon labo de thèse (et d'autres en France) fonctionnait un peu sur le même principe, en plus marqué: pas de fermeture formelle mais une activité fortement ralentie. Pendant la période entre fin juillet et mi-août, il devait y avoir une douzaine de personnes (dont deux ou trois permanents) sur 60 à 80 membres du laboratoire. 

Repost 0
Published by mixlamalice - dans La recherche
commenter cet article
21 juillet 2011 4 21 /07 /juillet /2011 11:13

Ce n'est pas tant le temps pour le moins maussade ou le fait que ça ouvre les journaux de 20h depuis une semaine, ni même la grêve planifiée des pilotes début août qui me minent le moral, que les perspectives déjà omniprésentes de la prochaine rentrée scolaire.

 

Alors que les enseignements sont finis depuis moins d'un mois, et que je pensais n'avoir plus qu'à tenter de me faire payer mes heures sup' pour me distraire de faire de la recherche, je commence à recevoir de toutes parts des sollicitations et autres emplois du temps pour le premier semestre de l'année scolaire 2011-2012.

Ecole d'ingénieurs, stages professionnels, interventions ponctuelles dans d'autres établissements, encadrement d'apprentis, etc.

On ne me lâche plus la grappe, même fin juillet, même les jours de pont comme le 15 juillet, même les soirs et week-end.

 

Et puis il y a toujours quelques réunions recherche (quand même) et aussi deux déménagements qui nous attendent (intégration partielle d'un laboratoire plus important, et libération de mètres carrés pour l'institut).

 

Bref, quand je regarde mon google calendar, je me rends compte que j'ai déjà au bas mot 100h de cours prévues du 1er octobre au 20 décembre, et que mon emploi du temps est tout barré de rouge six mois à l'avance comme celui de quelqu'un de vraiment occupé.

Moi qui avais choisi la voie académique en pensant être "oun hommé libré", "a free man", je me rends compte que je ne suis qu'un "number". It hurts.

 

Et a priori, je me dirige au bas mot vers 40h sup' l'an prochain si je ne fais rien.

Heureusement qu'un ATER complet arrive: le pauvre va prendre cher.

 

bordel.jpg

Repost 0
Published by mixlamalice - dans La vie de Mix
commenter cet article
19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 13:42

J'avais chroniqué avant tout le monde le nouveau restaurant de Thierry Marx.

 

Il semble que, maintenant que c'est ouvert pour de vrai, la critique soit beaucoup moins dithyrambique que je ne l'avais été.

 

Cela dit, quand je lis sur le site du Mandarin Oriental:

 

"Guests enter a cocoon of exclusivity where white dominates with its timeless and absolutely chic quality. This is the blank canvas created for Thierry Marx’s exploration of the link between the technical and the emotional of cuisine in sight, sound and taste. With each dish he aims for a profound personal response.

Every detail of the design by Jouin-Manku compliments the sensory experience."

 

Quand je vois certaines photos (voir dans les liens ci-dessus) de plats, leur description (Gilles Pudlowski: "L’oeuf « éclaté », d’apparence cru, en fait le jaune mi-cuit, albumine roulée, petit pois reconstitué") et jusqu'à leur nom "Tomate structure et déstructure", "caille conique"...

 

Quand je vois chez B. Verjus des photos de chef en train de déposer une micro-feuille sur une assiette avec une pince à épiler ultra-fine généralement utilisée dans les labos pour récupérer des wafers de silicium...

 

Je me dis qu'il est temps de redescendre un peu sur Terre et d'arrêter de se tripoter le pinceau.

 

Merde! Quand un client moyen va au restaurant, c'est pour manger.

Alors oui, mille fois oui, l'expérience peut aller plus loin que la simple fonction biologique obligatoire, oui ça peut être un moment mémorable, ça peut être ludique et visuel, ça peut faire appel à de la technique ou du talent, ça peut constituer une découverte ou un voyage.

Mais il faut quand même que les "grands" chefs* arrêtent de se prendre pour des artistes avec un grand A, des explorateurs et guides des sens, des adeptes de la techno-émotionnalité, daignant à peine faire profiter de leur génie à une infime minorité de foodies qui pensent plus à prendre les plats en photos et à être les premiers à parler d'un resto qu'à déguster, ou je ne sais quelle autre fadaise.

Il y a quand même une fonction première qu'on oublie trop souvent aujourd'hui: un restaurateur est là pour restaurer.

 

Cette approche de la gastronomie un rien capillotractée me fait penser à ce que disait Pierre Desproges des coiffeurs il y a 30 ans, quand là aussi une fonction aussi respectable que somme toute "basique" - couper les cheveux- donnait lieu à des délires pseudo-créatifs pour ménagères en mal de sensations fortes.

 

En gros, ça donnait:

"Non mais vous les avez vus les coiffeurs Faubourg Saint-Honoré ou sur les Champs-Elysées, qui s'habillent en cosmonautes pour couper les cheveux des gens, ca ne va pas non ? C'est aussi con que d'aller sur la Lune avec un peigne derrière l'oreille!

J'ai même vu une enseigne de capilliculteur bio-cosméticien. Je vous assure ! La bio-cosmétique regroupant vraisemblablement l'ensemble des techniques capillicoles consistant à enduire de vaseline la raie de mon quoi ?... La raie, une fois de plus, de mon crâne, voilà ! Et en nocturne comme le son et lumière à Chambord ! On ne se fait plus couper les tifs après la bouffe mais on se rend en séance de consultation de capilliculture bio-cosméticienne en nocturne.... HE LES MERLANS ! Vous ne croyez pas que vous pétez plus haut que la votre de raie ?"

 

Aujourd'hui, la ménagère est remplacée par le cadre dynamique ou le hipster et le capilliculteur par le compositeur de saveurs et dénicheur de produits oubliés.

 

 

 

* et encore plus les vingtenaires qui ont épluché les légumes 4 mois chez Passard.

"Le lycée Albert Bayet, à Tours, est l’exemple le plus emblématique de cette mode délétère. Les vrais restaurateurs de la région — et ils sont légion — se plaignent désormais qu’ils ne reçoivent que des bras cassés, incapables de faire une honnête béchamel, mais persuadés de la nécessité d’exprimer leur « génie » à travers des « créations originales »." Jean-Paul Brighelli 

Repost 0
Published by mixlamalice - dans Autour de la gastronomie
commenter cet article
18 juillet 2011 1 18 /07 /juillet /2011 10:35

J'ai déjà abordé il y a plus de trois ans la thématique de la traduction, du passage "V.O." "V.F.", donc il y aura peut-être des redites et ou contradictions.

Mais:

- j'ai, comme mes lecteurs, la flemme de me (re)lire.

- je revendique le droit à dire tout et son contraire à 3 ans d'écart comme le premier analyste sportif ou politique venu. 

- le sujet stimule mon intellect (n'ayons pas peur des mots).

- les administratifs et les élèves commençant enfin à partir en vacances, j'ai la paix plus de 7 minutes d'affilée.

 

Aujourd'hui donc, petite tentative de réflexion au travers d'un écrivain aussi majeur que productif, Joyce Carol Oates.

 

En très résumé, Oates a un goût prononcé pour les ambiances ou situations glauques et la violence, psychique et physique.

 

Elle a notamment écrit deux romans où le narrateur est un tueur en série.

L'un, "The triumph of the spider monkey", est inspiré par la vie de Charles Manson, et a été écrit en 1976. L'autre, "Zombie", est sorti en 1995 et se base vaguement sur le personnage de Jeffrey Dahmer, deux des plus célèbres serial killers américains, donc.  

 

J'ai lu le second il y a quelques temps, en anglais. Et le premier dernièrement, cette fois-ci en français.

Si j'avais été scotché par Zombie, prenant, malsain, crédible (pour autant que je puisse imaginer la psyché d'un serial killer), j'ai trouvé The Spider Monkey déroutant et globalement peu accrocheur, notamment du fait d'un style (que j'imagine volontairement) difficilement compréhensible: phrases sans queue ni tête, situations mal explicitées, absence de structure du récit avec sauts temporels, etc.

 

Se peut-il que cette différence de ressenti*, pour deux romans "proches" (même auteur, même thématique, traitement similaire) soit majoritairement dûe à la traduction?

Ou l'un est-il objectivement plus réussi que l'autre, ne serait-ce que parce qu'il y a 20 ans d'écart, et donc d'expérience en plus pour l'auteur, entre les deux (comme entre Lolita et l'Enchanteur - qui n'est guère plus qu'un "premier jet" du roman culte-, de Nabokov)?

 

Pour essayer d'apporter une réponse, il faudrait sans doute que je relise Spider Monkey en version originale. Puis que j'enchaîne avec Zombie, pour une comparaison plus directe. Et que je finisse par Zombie en français pour voir le traitement qui lui a été réservé.

Autant dire que je n'ai pas que ça à foutre.

Et que ce ne serait dans certains cas de toute façon pas envisageable: j'aime beaucoup le caractère onirique, romantique et poétique des romans d'Haruki Murakami, mais je ne vais pas aller apprendre le japonais pour m'assurer de leur qualité originale. Je me contente de remercier son traducteur attitré (Corinne Atlan) pour son travail que j'imagine colossal.

 

On peut cependant évoquer certains aspects qui peuvent rendre la traduction anglais-français difficile.

- le "courant de conscience" où quand l'écriture tente de reproduire la pensée qui vagabonde. Le procédé ne me dérange pas trop en anglais, mais il me semble assez inadapté au français: je pense que c'est parce que l'anglais est une langue peut-être moins riche mais plus malléable, où la différence entre l'écrit et le parlé/pensé est donc moindre. Un roman anglo-saxon écrit "comme on parle" peut être parfaitement naturel. Au contraire, un "français parlé" à l'écrit est toujours, je trouve, quelque peu artificiel.

- l'inverse est probablement aussi vrai: je n'ai pas feuilleté les traductions anglaises de Proust, très respecté outre-Atlantique, mais je me demande comment il est possible de rendre dans une grammaire qui privilégie les phrases courtes et simples de type sujet verbe complément les écrits alambiqués et les phrases de 20 lignes à 6 subordonnées du père Marcel.

- de façon générale, les jeux complexes sur le style, comme ceux que pratiquent Martin Amis, sont probablement une gageure: je n'ai rien compris à Chien Jaune en français, mais mes limitations en anglais font que je n'aurais probablement pas compris plus en version originale. Cela dit, dans le cas d'espèce cela vient peut-être du roman lui-même: il semble que la critique anglaise n'a pas vraiment compris non plus

 

Pour conclure, revenons à nos examples Oatesques:, sans être vraiment dans le cadre du courant de conscience, on lit le récit à la première personne d'un cerveau malade et meurtrier (dans le cas de Zombie, c'est un "journal intime", dans le cas de The Spider Monkey, c'est plus vague: souvenirs, défense lors du procès, récits d'entretiens psychiatriques etc): c'est donc une expérimentation littéraire, où le traducteur va avoir un gros travail pour intuiter et respecter les buts de l'auteur**.

 

 

 

 

 

* Pour le bien de la rhétorique, on négligera ici de façon totalement fantaisiste la probable différence d'état d'esprit du lecteur entre ses deux lectures.

 

** Bref, on n'est pas ici dans la traduction d'un Kay Scarpetta écrit en roue libre par Patricia Cornwell ou dans le tome 158 des oeuvres de Stephen King, où n'importe quel bilingue sachant construire une phrase sera capable de proposer une traduction honorable.

 

Repost 0
Published by mixlamalice - dans Littérature
commenter cet article
12 juillet 2011 2 12 /07 /juillet /2011 12:52

- Je dois me faire payer 4,5 heures sup' (!!) par l'école d'ingénieurs de l'établissement, gérée de façon indépendante.

Pour cela, c'est très simple (!! bis), je dois leur envoyer le justificatif de mes heures inspecté, validé et signé par le directeur du département, puis par le directeur du pôle, pour que tout cela soit inspecté, validé et contresigné par la direction de l'école d'ingénieurs.

Pour pouvoir être payé avant août, il fallait à tout prix envoyer cette fiche à l'école d'ingénieurs avant la dernière semaine de juin.

 

Comme pour les recrutements, voila encore une deadline impossible fixée par des administratifs pour qu'eux puissent bénéficier de 4 semaines pour faire un truc qui prend 4 jours. A moins que ça ne vienne de plus haut, par exemple pour réaliser des prêts à taux zéro sur le dos des enseignants-chercheurs...: parce qu'à cette date, nous, enseignants, devions avoir fini nos activités d'enseignement (qui finissent d'après mon calendrier la dernière semaine de juin), tapé notre fiche selon les critères en vigueur (activité oiseuse qui prend une bonne demi-journée), l'avoir fait valider par la secrétaire à l'oeil de lynx qui remarque toutes les virgules qui ne sont pas exactement au bon endroit, fait signer par le directeur du département qui n'est là que 5 jours par mois, contresigner par le directeur de pôle qui n'est là que 2 jours par mois, puis envoyer par courrier à l'école d'ingénieurs.

 

Et donc, ma fiche est, comme prévu, délicatement posée sur le bureau de la secrétaire du directeur de département depuis plus de trois semaines.

En effet, celle-ci, en vérifiant méticuleusement ma fiche, a constaté une incohérence entre une note de service et un tableau récapitulant la comptabilisation des heures envoyés par la DRH en octobre 2010 (oui, visiblement, personne ne s'est rendu compte de rien depuis).

Plutôt que de risquer la boulette et bien que ce point clé ne concernait que 2 heures sur mes 196 annuelles, elle a courageusement enterré le bébé.

A chaque fois que je l'appelais, elle m'expliquait que c'était la faute de la DRH qui faisait rien qu'à pas lui répondre.

J'ai fini par prendre un peu de mon temps pour y passer moi-même en court-circuitant la secrétaire - partant du principe assez bien vérifié que si des gens ne répondent pas aux mails, ils répondront peut-être au téléphone et encore plus si on ne leur laisse pas le choix et s'incruste dans leur bureau- et réglant ainsi, comme je le subodorais, le "problème" en moins de 10 minutes.

Il m'a fallu plus de temps pour convaincre la susmentionnée secrétaire que bon, maintenant, tout roule et est-ce que ça pourrait avancer s'il te plaît (que j'aie fait le boulot à sa place ne semble bizarrement pas l'avoir réjouie).

 

Mais, de toute façon, le directeur de département n'est pas là jusqu'à la semaine prochaine: quand je parviendrai enfin à envoyer tous ces papelards, il n'y aura plus personne dans les bureaux pendant au bas mot cinq semaines... et l'école d'ingénieurs nous a informé que, quoi qu'il en soit, les heures complémentaires demandées après la fin juin ne seraient pas payées avant au mieux le vote du prochain budget, donc probablement à l'horizon automne-hiver 2011-2012.

 

 

 

- J'ai entièrement retapé le site web du labo cette année. Il a été mis en ligne avec l'aval de l'établissement en avril. Depuis, je reçois, pour je ne sais quelle raison, un courrier par mois de la part de plusieurs services dont j'ignorais jusqu'à l'existence, paraphés par diverses personnes toutes plus éminentes les unes que les autres, m'informant (c'est gentil de leur part) qu'un nouveau site web du labo a été crée et mis en ligne, et que le responsable en est Mixlamalice, enseignant-chercheur.

Ces courriers finissent illico à la poubelle dans mes archives, mais le truc con, c'est qu'ils diffusent aussi mon login et mon password pour l'administration du site web. Et qu'à vue de nez, au moins une bonne vingtaine de personnes les a eus sous les yeux... 

Le courrier a fini par revenir dans les mains du service informatique qui gère les sites web, qui, se rendant compte du côté pas très "charte informatique" de l'affaire, m'a donc envoyé un nouveau mot de passe... 

 

 

 

Tout ce petit monde ne se repose donc jamais?

Même quand je crois que je vais pouvoir faire un peu de recherche, ça* m'épuise.

 

 

 

 

 

* Je parle notamment de cette faculté à dépenser des ressources folles en personnel, en temps, et donc en pognon, pour essayer souvent sans succès de régler des situations qui ne sont problématiques que parce qu'on a décidé qu'elles devaient l'être ou pensé, souvent à tort, qu'elles pouvaient l'être.

Repost 0
Published by mixlamalice - dans L'enseignement
commenter cet article
8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 10:09

Le Parisien-Aujourd'hui en France est un très bon journal: c'est le seul quotidien national bâti comme un quotidien régional.

 

Aucune analyse politique/économique/sociale, beaucoup de reportages people ou d'interviews de (semi-)stars, et une grande part consacrée aux faits divers. L'avantage par rapport à un quotidien régional, c'est qu'on n'y trouve que la "perle" des histoires sordides: pas de place pour mamie qui s'est fait voler son sac à Las Planas, on ne fait que dans le cadavre démembré ou le chauffard alcoolique qui tue deux gamins et paralyse le troisième minimum.

 

Bref, dans l'avion ou dans le taxi, c'est bien, ça se lit facilement et vite.

 

En allant sur Toulouse le week-end dernier, je l'ai donc récupéré.

 

C'était le lendemain de l'"agression" de Sarkozy au milieu d'un bain de foule (de deux rangées, comme on le voit dès que la caméra fait un plan large).

 

 

Et là, même dans le Parisien, on n'ose pas croire ce qu'on lit:

"Le profil psychologique d’Hermann Fuster pose également question. Fan de hard rock, souvent vêtu de noir, l’agent municipal est décrit comme très casanier."

 

Je croyais le cliché des "gothiques ténébreux qui égorgent des chats dans les cimetières avant de passer aux vierges puis au Président" éculé depuis les investigations de Karl Zéro dans les années 90, mais visiblement, non.

 

Cette petite phrase a été élue Noix d'Honneur de la semaine par le Canard.

 

Ils auraient pu aussi relever celle-là: "On le sait peu, mais le président a quelques notions d’autodéfense : il a été ceinture marron de judo!"

 

 

 

 

PS: les hardos sont des gens gentils qui respectent la nature. La preuve avec ce programme, le chef black métal végétarien.

 

 

 CUT THE TOFU!! 

Repost 0