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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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  • Misanthrope optionnellement misogyne et Esprit Universel.

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5 septembre 2011 1 05 /09 /septembre /2011 10:10

Vous vous en doutiez. Votre expérience personnelle vous disait qu'il ne pouvait en être autrement.

 

Des études le confirment.

 

Les casse-couilles gagnent mieux leur vie que les gentils garçons (de 18%, dit l'étude*).

 Mais, de façon plus surprenante, cela est beaucoup moins vrai chez les femmes: être une bitch n'est pas aussi bénéfique pour l'avancement (+ 5%).

 

Plusieurs raisons avancées:

- Les gens sociables et altruistes ont tendance à faire passer, dans une certaine mesure, le relationnel avant leur carrière. L'inverse étant vrai pour les gens désagréables.

- Le côté pénible d'une personne peut être perçu comme de la compétence. "les individus au bas niveau d'agréabilité sont susceptibles d'être considérés comme plus compétents".

- un mec "gentil" n'est pas conforme aux stéréotypes en vigueur sur la virilité (d'où doutes sur sa compétence, etc).

- L'agressivité au boulot chez une femme est beaucoup moins bien considérée que chez un homme.

- Les femmes peuvent avoir tendance à adoucir leur comportement pour se conformer aux stéréotypes féminins.

 

Bien sûr, comme dans toute étude sociologique, on peut discuter plusieurs points. 

Il faut déjà savoir comment est définir l'agréabilité: ici entre autres par un test psychologique permettant d'analyser une personnalité selon 5 critères, l'extraversion, l'agréabilité, la conscience (des limites sociales, par exemple), le névrosisme (ou stabilité émotionnelle) et l'ouverture (d'esprit). 

Il faut savoir à quel point ce test, "conçu" par des chercheurs, révèle bien ce qu'il est censé révéler: je trouve ça toujours plus délicat à trancher que dans les sciences dures, mais c'est peut-être un biais personnel.

Dans l'hypothèse où ce test est effectivement révélateur d'une personnalité, il faut aussi savoir dans quelle mesure on peut découpler les différents critères et isoler l'agréabilité.

Savoir si l'échantillon, ici plusieurs milliers de personnes répartis sur 4 études de quasiment 20 ans, est suffisant pour conclure.

Etre capable de déterminer si on peut comparer les quatre études, dans lesquelles l'"agréabilité" a été "mesurée" de différentes façons.

Etc.

 

N'étant quoi qu'il en soit pas un spécialiste, je vous laisse vous faire votre propre opinion au travers des 70 pages de l'article: http://nd.edu/~cba/Nice--JPSPInPress.pdf

 

Malgré tout, le résultat est intéressant. Ou au moins amusant.

Même si d'aucuns penseront qu'il enfonce avant tout des portes ouvertes. Ainsi, tous ceux qui connaissent cet aphorisme américain, "nice guys finish last" (l'expression étant d'ailleurs reprise dans le titre de l'article).

 

 

 

* l'étude est limitée à l'aspect pécuniaire et ne considère pas d'autres aspects potentiels influencés par une "bad attitude" (stress affectant la vie privée, changement de personnel plus important au sein d'une entreprise, etc).

 

 

Pour écrire cet article, en plus de l'abstract et de la conclusion de l'étude, je me suis aidé d'un article du Libé d'aujourd'hui (http://www.liberation.fr/vous/01012357914-casse-pieds-et-mieux-payes), d'un article du Wall Street Journal (http://online.wsj.com/article/SB10001424053111904823804576502763895892974.html), et d'un article de Psychology Today (http://www.psychologytoday.com/blog/wired-success/201108/do-nice-guys-finish-last-and-get-paid-less).

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31 août 2011 3 31 /08 /août /2011 11:07

Je me dois de citer ici un article de l'excellent Guardian relevé par David Monniaux.

 

http://www.guardian.co.uk/commentisfree/2011/aug/29/academic-publishers-murdoch-socialist?CMP=twt_gu

 

"Les maisons d'édition scientifique font passer Murdoch pour un socialiste".

 

Le journaliste, G. Monbiot, au CV assez impressionnant, n'est pas tendre: "Of all corporate scams, the racket they run is most urgently in need of referral to the competition authorities."

" What we see here is pure rentier capitalism: monopolising a public resource then charging exorbitant fees to use it. Another term for it is economic parasitism. To obtain the knowledge for which we have already paid, we must surrender our feu to the lairds of learning."

 

Je vous engage à lire ce papier sur un thème peu connu du grand public car moins populaire que les dernières prothèses mammaires de Rihanna, mais qui commence à agiter de plus en plus la sphère scientifique (voir cet article de Tom Roud). Qu'un journal comme le Guardian s'en fasse l'écho ne peut être que positif.

 

 

Du point de vue des chercheurs, il est vrai qu'en y réflechissant un peu et en caricaturant à peine, un tel exemple de servitude volontaire et dont le principe est globalement bien accepté par l'ensemble d'une communauté composée paraît-il essentiellement de gens brillants, peut sembler surprenant.

 

- le(s) chercheur(s) cherche(nt) pendant plusieurs mois ou années.

- quand il(s) trouve(nt), il(s) écrit(vent) un article sur le sujet. Pour simplifier, je parlerai désormais de l'auteur. 

- l'auteur envoie l'article à un éditeur scientifique (plus précisément, à un journal appartenant à une maison d'édition scientifique: il y a plusieurs milliers de journaux couvrant tous les domaines de la science, même les plus obscurs).

- l'éditeur renvoie l'article sans coup férir à d'autres chercheurs, a priori spécialistes du domaine, (on parle de "rapporteurs" ou "referees"),  qui ont quelques semaines pour gratuitement commenter le papier, dire s'il est de bonne qualité ou non, suggérer des corrections, etc.

- une fois les recommandations des rapporteurs reçues, l'éditeur renvoie l'article à son auteur, qui doit le corriger/l'amender, et même depuis quelques années le mettre en forme selon les critères définis par l'éditeur.

- une fois cette étape de correction passée, l'éditeur envoie ensuite la facture à l'auteur (ou à l'organisme qui l'emploie) pour publication (avec supplément si les figures sont en couleur).

- l'auteur doit bien évidemment faire une dernière relecture pour corriger les coquilles orthographiques ou autres, qui sinon seront de sa responsabilité.

- les autres chercheurs (ou le public) doivent ensuite payer, soit au détail soit via un abonnement à l'année de l'institut qui les emploie, pour lire l'article en question.

- l'auteur lui-même -si on omet la version papier parfois généreusement envoyée par l'éditeur- doit payer pour accéder ensuite à son article, dont il a cédé le copyright ad vitam aeternam à la maison d'édition (il a quand même encore le droit d'utiliser les résultats)*.

 

Ca a l'air idiot, hein?

 

 

* c'est ainsi que j'ai publié 3 articles et en ait rapporté une dizaine dans un journal auquel mon institut n'est pas abonné. Théoriquement, je ne peux pas lire ces articles.

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29 août 2011 1 29 /08 /août /2011 12:17

2 semaines de vacances

+ 3 pays peu réputés pour l'équilibre de leur alimentation

+ 15 soirs de suite au resto

+ 1 esprit quelque peu aventurier (en ce qui concerne la gastronomie) 

+ 15 petits déjeuners type buffet à volonté

+ 3 mariages

+ 1 grande quantité d'alcool

 

- 200 kms à pied (environ)

 

= 3 kilos de plus sur la balance

 

= 5 kilos à perdre au plus vite avant qu'il ne soit trop tard...

 

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26 août 2011 5 26 /08 /août /2011 09:48

Alors que je pensais avoir une semaine un peu peinard pour, pourquoi pas, améliorer les cours pas tops de l'an dernier, apprendre à me servir d'un ou deux appareils et continuer mon projet, c'était, hélas, sans compter sur la correction des deux rapports de M2 ayant passé le semestre au labo.

 

Les soutenances de pas mal de stages semblent désormais se faire en septembre (de mon vieux temps, à l'époque où ça s'appelait encore DEA, tout était torché fin juin et c'était finalement pas plus mal).

Car désormais, les stagiaires quittent le labo fin juillet, après avoir discuté du plan de leur rapport avec leurs encadrants pendant 10 minutes. Tout ce petit monde part en vacances, les étudiants s'astiquent (et ils ont raison, car de toute façon les enseignants-chercheurs en vacances dans des contrées exotiques ne sont pas tous enclins à corriger des rapports pendant ce temps-là). Et arrive fin août et tout le monde est à l'arrache.

 

Je manque d'expérience, mais il semble logique qu'un rapport de M2 soit toujours un peu "douloureux": pour beaucoup d'étudiants c'est la première réelle expérience en terme de rédaction scientifique, et c'est donc souvent laborieux tant sur la forme (la partie bibliographie notamment) que sur le fond (manque de recul, propension à présenter les résultats sous forme chronologique, à mettre sur le même plan ce qui a un peu marché et ce qui a complètement échoué, etc).

 

Dans le cas présent, les rapports sont à rendre mardi prochain.

L'ingénieur de recherches qui les a supervisés n'est toujours pas rentré de vacances, et c'est donc mon collègue et moi qui y passons nos journées, sachant que nous n'avons suivi le travail expérimental que d'assez loin.

Les deux stagiaires sont assez différents: l'un est motivé mais n'est pas sur place car il a des rattrapages. Tout se fait par mail, ce qui renforce la difficulté, ce d'autant plus qu'il n'est pas français: son français écrit est meilleur que mon vietnamien parlé, mais ça reste délicat à saisir, parfois. Et il m'est difficile de voir ce qui pêche dans le fond d'un paragraphe quand je passe déjà 20 minutes à en comprendre la forme, a fortiori quand ce n'est pas un sujet que je maîtrise bien.

L'autre a, je pense, une compréhension assez bonne des choses, mais aussi un petit poil dans la main*. Beaucoup de choses, tant sur le plan expérimental qu'au niveau de l'analyse des résultats ou de la rédaction du rapport, sont "difficiles", "vont prendre trop de temps", "posent problème", etc. Après un premier jet aussi incomplet que médiocre, nous n'avons toujours pas eu de version 2: "j'ai travaillé jusqu'à 2h du matin mais là je fais une petite pause".

 

Les heures qui viennent s'annoncent pénibles.

 

clip_image002.jpg 

 

* à moins que ça soit la peur de mal faire ou des problèmes de concentration. Un exemple: on lui propose dans l'urgence une analyse simple d'une partie de ses résultats, au premier ordre, en lui faisant bien comprendre qu'on peut faire mieux mais qu'on n'a plus vraiment le temps, que ça suffira peut-être à donner des informations intéressantes et pertinentes, que c'est toujours mieux que de présenter les résultats sans aucune analyse, et qu'éventuellement on pourra s'y remettre plus tard, pour nous, quitte à ce que ce ne soit pas dans le rapport. Ok.

Mais 24h plus tard, rien de nouveau.

- J'ai réfléchi et je pense que ça marche pas, cette analyse au premier ordre.

- Mais tu as vérifié?

- Non. Mais y a un problème avec le logiciel, ça marche pas bien, c'est compliqué.

Je reprends le logiciel dont je ne me suis pas servi depuis 1 an et demi. 10 minutes plus tard, je lui montre comment on fait. Je ne le sens pas convaincu, je pense qu'il va encore se défiler avec une très bonne raison.

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19 août 2011 5 19 /08 /août /2011 12:10

De retour de vacances à Prague, Bratislava et Budapest, quelques remarques et photos sur la gastronomie locale.

Comme me le disait un lecteur, c'est franchement pas terrible en République Tchèque, c'est mieux en Slovaquie, et c'est pas mal en Hongrie.

 

Notons tout de même que le caractère méga touristique de Prague, où les restos pullulent comme dans la rue de la Huchette, ne contribuent peut-être pas à découvrir l'authentique cuisine tchèque...

Mais bon, les plats typiques tchèques sont hongrois (le goulash) ou allemands (le sauerkraut dans tous ses états), ou d'une fadeur inégalée (la quenelle tchèque, ou knedliky, à base de pain rassis, de levure et de farine et d'oeufs, le tout poché, puis coupé en tranche, n'a d'autre but que d'absorber le maximum de sauce avant de gonfler dans l'estomac). Et visiblement, on cherche plus le roboratif que le plaisir gustatif: pour le plaisir, ils ont la bière.

En ce qui concerne la viande, porc, porc et encore porc, sauf dans le cas des ragoûts où on trouvera un peu de très bas morceaux de boeuf. La spécialité locale étant le genou de cochon, un truc massif braisé puis rôti, servi avec un petit pot de moutarde et du raifort. On me l'a servi seul, sans aucun accompagnement: c'est une expérience un peu extrême en terme de morosité, car on se lasse vite des 3 cms de couenne rôtis et encore vaguement velus...

Avec un peu de chance, vous trouverez un peu de patates bouillies avec les ragoûts, souvent décorés d'une sauce à la canneberge (qu'on retrouve aux US sous forme de gelée servie avec la dinde) et de crème fouettée. Franchement "tue-l'amour" à mon goût. Oubliez les légumes, à part éventuellement concombres et autres joyeusetés marinées pour aller avec la charcut' en entrée.

On notera la présence d'un bon paquet de restos italiens: la encore, impossible pour moi de dire si c'est une simple opportunité touristique (la pizza pouvant séduire à peu près n'importe qui) ou s'il faut y voir le signe d'une influence italienne historique quelconque. 

 

DSC01582.JPG

Le fameux genou de porc dans toute sa splendeur. Notez LA feuille de salade en arrière plan pour la touche verdure en accompagnement. 

 

C'est pas que tout ça est dégueu, mais c'est vite répétitif, et on sent que le but premier n'est pas le raffinement mais le remplissage d'estomac (toutes les assiettes approchent du kilo). Il est d'ailleurs assez fréquent de trouver indiqué le poids de ce que vous allez manger sur la carte, ceci étant aussi valable en Slovaquie et en Hongrie.

 

On peut se nourrir assez facilement pour 10 euros par tête pour une entrée type charcuterie à partager, un gros plat et une ou deux pintes... pour un plat donné, le prix changera assez peu d'un endroit à l'autre, sauf en cas de proximité immédiate d'une "attraction", mais la qualité, elle, peut osciller entre pas trop mal et très médiocre. Finalement, notre meilleur repas a été dans une grande brasserie appartenant à la bière Pilsner, Kolkovna. J'ai croisé quelques restos haut de gamme (addition autour de 150 euros, ce qui ramené au prix du repas de base nous ferait bien un 300 euros en France), mais le budget limité m'a empêché de voir ce que ça donnait.

 

Je signalerai enfin une petite dégustation d'absinthe, qui n'est plus interdite en France mais qu'on ne trouve pas forcément facilement, alors qu'elle est partout à Prague. Ils vendent de la distillée (l'"historique") et de la macérée, titrant tous deux autour de 60-70 degrés, mais au goût visiblement assez différent (les techniques sont expliquées ici). La macérée se boit "sèche", la distillée est coupée à l'eau sucrée et devient turbide, un peu comme du pastis le sucre en plus. On trouve dans l'absinthe de la thuyone, le composé actif hallucinatoire qui paraît-il contribuait au génie imaginaire des poètes maudits. Le taux de thuyone est désormais limité à 35mg/L (on trouve à Prague certaines absinthes à 100 mg/L). Je ne sais pas si c'était psychosomatique (l'espèce de liturgie préparatoire et le caractère "interdit" sont un peu excitants), ou si c'était parce qu'on nous avait servi une dose de cheval (pas loin de 10 cl je pense) préparée avec un ratio d'eau 1:1 au lieu de 5-1, mais ça m'a fait un effet bizarre, assez trippant et différent de l'ivresse habituelle. Au goût, ce n'est quand même pas l'extase: on peut définir ça comme un croisement Ricard-Plax.

 

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Sinon, l'alcool local est la slivovice, une eau de vie à base de prune qui décape.    

 

 

En Slovaquie, prenez les mêmes ingrédients, traités avec un poil plus de finesse, ajoutez-y des champignons, une utilisation plus répandue de divers paprikas. Des gnocchi pas mauvais (halusky) ont remplacé les immondes quenelles. On consomme pas mal de soupe, tradition apparemment héritée du voisin hongrois. Il se peut que cela soit dû au caractère moins touristique de Bratislava, mais le service est un peu plus sympa aussi (les serveurs praguois n'ont rien à envier aux pires serveurs à touristes parisiens: leur seul interaction avec le client consiste à répéter 5 fois au moment de payer que le "service is not included"...). Les prix sont comparables.

Les slovaques sont aussi moins portés sur la bière et font des petits vins sympas: leur tradition est ancestrale, mais j'ai l'impression qu'ils s'y sont remis surtout récemment, avec l'idée d'exporter et pour modèle le vignoble bordelais, ce qui n'est pas forcément rassurant.

 

DSC01678.JPG 

Chou, gnocchi (300 grammes), ragoût de mouton (100 grammes). Le tout mélangé. Gros plat de pub pour environ 5 euros, meilleur qu'il en a l'air.

 

 

A part ça, petite visite au marché de Bratislava, "authentique" car assez excentré du centre historique, pour respirer un peu les spécialités locales... chouette visite pour voir toutes les sortes de piments et poivrons et autres excentricités(langue de porc séchée, vin vendu au litre avec une tireuse - on amène sa bouteille plastoque).    

 

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Le marché de Bratislava

 

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Très appétissante langue de porc séchée. Je n'ai pas osé...

 

DSC01695-2.jpg

 

Alignement de divers paprikas (désigne globalement les piments et poivrons. La distinction est donnée par un adjectif caractérisant la forme, la couleur, la taille, la puissance etc. Ca désigne aussi l'épice qu'on peut acheter au kilo et qu'on retrouve dans presque tous les plats, comme en Hongrie.

 

 

A suivre: gastronomie budapestoise. Pas fondamentalement différente, un peu plus "riche" peut-être (au sens "diversifiée", pas au sens "calorique", Dieu merci). Le marché réserve aussi quelques surprises un peu hardcores...
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28 juillet 2011 4 28 /07 /juillet /2011 16:17

(référence au titre de l'article précédent).

 

A partir de ce soir, 3 semaines et demi de vacances.

 

Au menu, 3 mariages -pas d'enterrement de prévu mais quelques gueules de bois- et un peu plus de deux semaines en Europe de l'Est (République tchèque, Slovaquie et Hongrie).

 

A priori donc, "blogging" sporadique à prévoir durant cette période, peut-être quelques photos commentées à l'occasion.

 

Bises à toutes les filles, et enjoy pour ceux qui ont la chance de partir.

 

Mix

 

Et pour se foutre la patate, Polnareff:

 

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27 juillet 2011 3 27 /07 /juillet /2011 10:32

Mon établissement est censé être fermé: depuis le 14 juillet, jusqu'au 21 août.

Si on rajoute une dizaine de jours à Noël, cela veut dire que cet établissement d'enseignement supérieur et de recherche est fermé 15% de l'année.

Ah, on a le droit de venir bosser, mais il faut demander une dérogation. Et de toute façon on est foutu dehors à 16h45, 17h dernier délai.

 

Dans un autre établissement avec lequel nous collaborons étroitement, la période de fermeture n'est que de 3 semaines et demi. Il faut aussi une dérogation pour y travailler pendant cette période, mais les portes restent ouvertes jusqu'à 20h. Cela dit, il est expréssement et formellement interdit de maniper.

Ce qui, quand on fait de la science expérimentale, surtout si on est thésard ou post-doc, est assez rapidement problématique.

 

Cela m'inspire deux petites réflexions:

- sans vouloir faire mon libéral adorateur des US, est-ce que vous pensez que les labos s'arrêtent 3 ou 4 semaines en été, outre-Atlantique*? A l'heure où on ne parle plus que d'excellence, d'indicateurs de performances, d'évaluation globalisée, etc, est-ce bien raisonnable de stopper d'autorité toute activité expériementale pendant 10% de l'année sachant que les moyens à disposition sont déjà moindres qu'ailleurs?

 

- à l'échelle plus individuelle, et pour revenir à la "liberté" dans le monde de la recherche (liberté déjà toute relative lorsqu'on est enseignant-chercheur et donc assujetti aux semestres de cours): quand il faut demander une dérogation, émarger en rentrant, émarger en sortant, faire bipper son badge, que les horaires sont contraints et qu'on n'a pas le droit de sortir de son bureau pendant 4 semaines, peut-on vraiment encore utiliser le mot liberté?

L'idée derrière de telles mesures n'est-elle pas que tout le monde, à terme, prenne ses vacances en même temps?

Cela permettrait 1. de faire des économies en fermant pour de bon l'établissement pendant 4 semaines 2. d'avoir un meilleur contrôle de son personnel: l'idée étant que celui qui vient "bosser" pendant l'été est forcément un jean-foutre qui profite du système et ne cherche qu'à avoir double dose de vacances. Car comme il n'a personne pour le surveiller, il est évident qu'il ne fout rien, si même il vient. Et après, ce nanti de fonctionnaire ambitionne de prendre ses vacances en décalé. 

 

Holiday.jpg 

 

* l'activité de recherche est tout de même ralentie en juillet août**. Je dirais qu'en gros, à un instant t, entre 50% et 75% des effectifs sont présents, et que leurs horaires sont 20 ou 30% moindres que le reste de l'année (c'est à peu près la même chose, en plus marqué, entre Noël et le jour de l'An: je dirais qu'il n'y a alors que 25 à 50% des effectifs).

Les américains aiment quand même prendre 1 ou 2 semaines pendant cette période, les étrangers choisissent souvent ce moment là pour rentrer chez eux si leur chef est compréhensif, et les chefs en profitent souvent pour aller faire des écoles d'été ou séminaires à Hawaï ou en Crète avec la famille. Ceux qui viennent passe eux aussi en mode horaires d'été, et souvent le plus gros de la recherche est assuré par des stagiaires de niveau M1, pas forcément bien formés ou encadrés.

Quand je disais que je n'étais pas spécialement béat d'admiration devant de telles pratiques, c'est parce que cela peut donner lieu à des tragédies, sans que personne ne soit vraiment déclaré responsable (l'Université a payé 30000$ de dommages et intérêts et le Prof. en charge est toujours en poste).  

 

** Mon labo de thèse (et d'autres en France) fonctionnait un peu sur le même principe, en plus marqué: pas de fermeture formelle mais une activité fortement ralentie. Pendant la période entre fin juillet et mi-août, il devait y avoir une douzaine de personnes (dont deux ou trois permanents) sur 60 à 80 membres du laboratoire. 

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21 juillet 2011 4 21 /07 /juillet /2011 11:13

Ce n'est pas tant le temps pour le moins maussade ou le fait que ça ouvre les journaux de 20h depuis une semaine, ni même la grêve planifiée des pilotes début août qui me minent le moral, que les perspectives déjà omniprésentes de la prochaine rentrée scolaire.

 

Alors que les enseignements sont finis depuis moins d'un mois, et que je pensais n'avoir plus qu'à tenter de me faire payer mes heures sup' pour me distraire de faire de la recherche, je commence à recevoir de toutes parts des sollicitations et autres emplois du temps pour le premier semestre de l'année scolaire 2011-2012.

Ecole d'ingénieurs, stages professionnels, interventions ponctuelles dans d'autres établissements, encadrement d'apprentis, etc.

On ne me lâche plus la grappe, même fin juillet, même les jours de pont comme le 15 juillet, même les soirs et week-end.

 

Et puis il y a toujours quelques réunions recherche (quand même) et aussi deux déménagements qui nous attendent (intégration partielle d'un laboratoire plus important, et libération de mètres carrés pour l'institut).

 

Bref, quand je regarde mon google calendar, je me rends compte que j'ai déjà au bas mot 100h de cours prévues du 1er octobre au 20 décembre, et que mon emploi du temps est tout barré de rouge six mois à l'avance comme celui de quelqu'un de vraiment occupé.

Moi qui avais choisi la voie académique en pensant être "oun hommé libré", "a free man", je me rends compte que je ne suis qu'un "number". It hurts.

 

Et a priori, je me dirige au bas mot vers 40h sup' l'an prochain si je ne fais rien.

Heureusement qu'un ATER complet arrive: le pauvre va prendre cher.

 

bordel.jpg

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19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 13:42

J'avais chroniqué avant tout le monde le nouveau restaurant de Thierry Marx.

 

Il semble que, maintenant que c'est ouvert pour de vrai, la critique soit beaucoup moins dithyrambique que je ne l'avais été.

 

Cela dit, quand je lis sur le site du Mandarin Oriental:

 

"Guests enter a cocoon of exclusivity where white dominates with its timeless and absolutely chic quality. This is the blank canvas created for Thierry Marx’s exploration of the link between the technical and the emotional of cuisine in sight, sound and taste. With each dish he aims for a profound personal response.

Every detail of the design by Jouin-Manku compliments the sensory experience."

 

Quand je vois certaines photos (voir dans les liens ci-dessus) de plats, leur description (Gilles Pudlowski: "L’oeuf « éclaté », d’apparence cru, en fait le jaune mi-cuit, albumine roulée, petit pois reconstitué") et jusqu'à leur nom "Tomate structure et déstructure", "caille conique"...

 

Quand je vois chez B. Verjus des photos de chef en train de déposer une micro-feuille sur une assiette avec une pince à épiler ultra-fine généralement utilisée dans les labos pour récupérer des wafers de silicium...

 

Je me dis qu'il est temps de redescendre un peu sur Terre et d'arrêter de se tripoter le pinceau.

 

Merde! Quand un client moyen va au restaurant, c'est pour manger.

Alors oui, mille fois oui, l'expérience peut aller plus loin que la simple fonction biologique obligatoire, oui ça peut être un moment mémorable, ça peut être ludique et visuel, ça peut faire appel à de la technique ou du talent, ça peut constituer une découverte ou un voyage.

Mais il faut quand même que les "grands" chefs* arrêtent de se prendre pour des artistes avec un grand A, des explorateurs et guides des sens, des adeptes de la techno-émotionnalité, daignant à peine faire profiter de leur génie à une infime minorité de foodies qui pensent plus à prendre les plats en photos et à être les premiers à parler d'un resto qu'à déguster, ou je ne sais quelle autre fadaise.

Il y a quand même une fonction première qu'on oublie trop souvent aujourd'hui: un restaurateur est là pour restaurer.

 

Cette approche de la gastronomie un rien capillotractée me fait penser à ce que disait Pierre Desproges des coiffeurs il y a 30 ans, quand là aussi une fonction aussi respectable que somme toute "basique" - couper les cheveux- donnait lieu à des délires pseudo-créatifs pour ménagères en mal de sensations fortes.

 

En gros, ça donnait:

"Non mais vous les avez vus les coiffeurs Faubourg Saint-Honoré ou sur les Champs-Elysées, qui s'habillent en cosmonautes pour couper les cheveux des gens, ca ne va pas non ? C'est aussi con que d'aller sur la Lune avec un peigne derrière l'oreille!

J'ai même vu une enseigne de capilliculteur bio-cosméticien. Je vous assure ! La bio-cosmétique regroupant vraisemblablement l'ensemble des techniques capillicoles consistant à enduire de vaseline la raie de mon quoi ?... La raie, une fois de plus, de mon crâne, voilà ! Et en nocturne comme le son et lumière à Chambord ! On ne se fait plus couper les tifs après la bouffe mais on se rend en séance de consultation de capilliculture bio-cosméticienne en nocturne.... HE LES MERLANS ! Vous ne croyez pas que vous pétez plus haut que la votre de raie ?"

 

Aujourd'hui, la ménagère est remplacée par le cadre dynamique ou le hipster et le capilliculteur par le compositeur de saveurs et dénicheur de produits oubliés.

 

 

 

* et encore plus les vingtenaires qui ont épluché les légumes 4 mois chez Passard.

"Le lycée Albert Bayet, à Tours, est l’exemple le plus emblématique de cette mode délétère. Les vrais restaurateurs de la région — et ils sont légion — se plaignent désormais qu’ils ne reçoivent que des bras cassés, incapables de faire une honnête béchamel, mais persuadés de la nécessité d’exprimer leur « génie » à travers des « créations originales »." Jean-Paul Brighelli 

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18 juillet 2011 1 18 /07 /juillet /2011 10:35

J'ai déjà abordé il y a plus de trois ans la thématique de la traduction, du passage "V.O." "V.F.", donc il y aura peut-être des redites et ou contradictions.

Mais:

- j'ai, comme mes lecteurs, la flemme de me (re)lire.

- je revendique le droit à dire tout et son contraire à 3 ans d'écart comme le premier analyste sportif ou politique venu. 

- le sujet stimule mon intellect (n'ayons pas peur des mots).

- les administratifs et les élèves commençant enfin à partir en vacances, j'ai la paix plus de 7 minutes d'affilée.

 

Aujourd'hui donc, petite tentative de réflexion au travers d'un écrivain aussi majeur que productif, Joyce Carol Oates.

 

En très résumé, Oates a un goût prononcé pour les ambiances ou situations glauques et la violence, psychique et physique.

 

Elle a notamment écrit deux romans où le narrateur est un tueur en série.

L'un, "The triumph of the spider monkey", est inspiré par la vie de Charles Manson, et a été écrit en 1976. L'autre, "Zombie", est sorti en 1995 et se base vaguement sur le personnage de Jeffrey Dahmer, deux des plus célèbres serial killers américains, donc.  

 

J'ai lu le second il y a quelques temps, en anglais. Et le premier dernièrement, cette fois-ci en français.

Si j'avais été scotché par Zombie, prenant, malsain, crédible (pour autant que je puisse imaginer la psyché d'un serial killer), j'ai trouvé The Spider Monkey déroutant et globalement peu accrocheur, notamment du fait d'un style (que j'imagine volontairement) difficilement compréhensible: phrases sans queue ni tête, situations mal explicitées, absence de structure du récit avec sauts temporels, etc.

 

Se peut-il que cette différence de ressenti*, pour deux romans "proches" (même auteur, même thématique, traitement similaire) soit majoritairement dûe à la traduction?

Ou l'un est-il objectivement plus réussi que l'autre, ne serait-ce que parce qu'il y a 20 ans d'écart, et donc d'expérience en plus pour l'auteur, entre les deux (comme entre Lolita et l'Enchanteur - qui n'est guère plus qu'un "premier jet" du roman culte-, de Nabokov)?

 

Pour essayer d'apporter une réponse, il faudrait sans doute que je relise Spider Monkey en version originale. Puis que j'enchaîne avec Zombie, pour une comparaison plus directe. Et que je finisse par Zombie en français pour voir le traitement qui lui a été réservé.

Autant dire que je n'ai pas que ça à foutre.

Et que ce ne serait dans certains cas de toute façon pas envisageable: j'aime beaucoup le caractère onirique, romantique et poétique des romans d'Haruki Murakami, mais je ne vais pas aller apprendre le japonais pour m'assurer de leur qualité originale. Je me contente de remercier son traducteur attitré (Corinne Atlan) pour son travail que j'imagine colossal.

 

On peut cependant évoquer certains aspects qui peuvent rendre la traduction anglais-français difficile.

- le "courant de conscience" où quand l'écriture tente de reproduire la pensée qui vagabonde. Le procédé ne me dérange pas trop en anglais, mais il me semble assez inadapté au français: je pense que c'est parce que l'anglais est une langue peut-être moins riche mais plus malléable, où la différence entre l'écrit et le parlé/pensé est donc moindre. Un roman anglo-saxon écrit "comme on parle" peut être parfaitement naturel. Au contraire, un "français parlé" à l'écrit est toujours, je trouve, quelque peu artificiel.

- l'inverse est probablement aussi vrai: je n'ai pas feuilleté les traductions anglaises de Proust, très respecté outre-Atlantique, mais je me demande comment il est possible de rendre dans une grammaire qui privilégie les phrases courtes et simples de type sujet verbe complément les écrits alambiqués et les phrases de 20 lignes à 6 subordonnées du père Marcel.

- de façon générale, les jeux complexes sur le style, comme ceux que pratiquent Martin Amis, sont probablement une gageure: je n'ai rien compris à Chien Jaune en français, mais mes limitations en anglais font que je n'aurais probablement pas compris plus en version originale. Cela dit, dans le cas d'espèce cela vient peut-être du roman lui-même: il semble que la critique anglaise n'a pas vraiment compris non plus

 

Pour conclure, revenons à nos examples Oatesques:, sans être vraiment dans le cadre du courant de conscience, on lit le récit à la première personne d'un cerveau malade et meurtrier (dans le cas de Zombie, c'est un "journal intime", dans le cas de The Spider Monkey, c'est plus vague: souvenirs, défense lors du procès, récits d'entretiens psychiatriques etc): c'est donc une expérimentation littéraire, où le traducteur va avoir un gros travail pour intuiter et respecter les buts de l'auteur**.

 

 

 

 

 

* Pour le bien de la rhétorique, on négligera ici de façon totalement fantaisiste la probable différence d'état d'esprit du lecteur entre ses deux lectures.

 

** Bref, on n'est pas ici dans la traduction d'un Kay Scarpetta écrit en roue libre par Patricia Cornwell ou dans le tome 158 des oeuvres de Stephen King, où n'importe quel bilingue sachant construire une phrase sera capable de proposer une traduction honorable.

 

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Published by mixlamalice - dans Littérature
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