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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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  • Misanthrope optionnellement misogyne et Esprit Universel.

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5 juin 2011 7 05 /06 /juin /2011 12:53

Il y a eu vendredi une série de tornades dans le Western Massachusetts, à environ 20 miles de là où je vivais pendant mon post-doc. Coin plutôt inhabituel pour les tornades: la dernière très violente date de 1953, à Worcester.

La ville de Springfield (la plus ancienne à porter ce nom là aux US) a été particulièrement touchée.

As usual, c'est une ville pauvre, en grand déclin, avec une forte population afro-américaine et latino...

J'y passais souvent quand je prenais le bus pour Boston.

Des photos impressionnantes sont visibles sur le site du Boston Globe.

En voyant les images du "tsunami" sur la Connecticut River engloutir un pont en quelques secondes, on peut imaginer les terribles dégâts, vu que dans la région, beaucoup d'habitations sont des petites maisons en bois individuelles, comme celle dans laquelle j'ai passé deux ans.

 

 

Effectivement elles n'ont pas bien tenu le choc.

Dans un quartier résidentiel typique du Western Mass: http://www.boston.com/news/weather/gallery/2011tornado_gallery/#/39

 

La résilience américaine va encore être mise à l'épreuve. Une petite pensée pour tous ces gens qui m'ont accueilli deux ans.

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2 juin 2011 4 02 /06 /juin /2011 14:32

Hier soir, pour la première fois, je me suis montré grossier envers un élève.

Une jeune fille, au dernier rang, qui a passé une demi-heure à glousser peu discrètement, en me regardant assez fréquemment dans les yeux. J'ai fini par en déduire qu'elle se foutait de ma gueule, soit directement, soit au moins indirectement...

J'aurais sans doute du lui dire plus tôt d'arrêter, mais je n'ai jamais été formé aux notions de respect de la discipline. Et j'estime que ça n'est pas le rôle premier d'un enseignant du supérieur...

Mais bref, une fois que j'ai eu vérifié que ma braguette n'était pas ouverte, ça a fini par m'énerver, mon humeur étant probablement également affectée par le fait que c'était le 3ème cours magistral de 4 heures en 3 jours, dont le deuxième en cours du soir, et que je suis un peu malade...

"Mesdemoiselles, au fond, ça commence à me gaver. Soit vous arrêtez tout de suite, soit vous sortez vous mettre de l'eau sur la gueule pour vous calmer, soit vous vous barrez, je n'en ai rien à foutre mais ça suffit. Vous arrêtez immédiatement de rigoler comme une conne et de vous foutre de ma gueule. Ok?"

Bref, le sarkozyste en moi a ressurgi, et n'aurait pas du. 

Je crois que j'ai tendance à me la jouer, plus ou moins inconsciemment, comme "le prof djeun's", probablement pour me rassurer de ne pas être vraiment devenu comme ceux dont je me moquais souvent quand j'étais vraiment djeun's.

Je pense qu'en fait, c'est une attitude complètement "uncool", surtout face à des élèves en formation initiale. Pour les èlèves "adultes" qui reprennent leurs études, on peut plus facilement rentrer dans une relation quasi-amicale*, mais pas avec des "vrais jeunes". Peut-être à la limite quand on n'est "que" le chargé de TD ou l'encadrant de TP, mais pas quand on donne un cours magistral.

Et la grossièreté est de toute façon toujours à proscrire, même face à un comportement insupportable, et la fatigue n'étant pas une excuse.

Il faut que j'apprenne à me maîtriser et à agir avant d'être vraiment en colère. Et à admettre d'"habiter un peu plus la fonction", moi aussi...

 

 

* notamment parce qu'ils sont dans une vraie démarche personnelle d'apprentissage, avec une forme un peu old school de respect du professeur, et pas dans l'optique de la majorité des étudiants classiques, qui est d'attendre plus ou moins tranquillement que ça se passe.

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Published by mixlamalice - dans L'enseignement
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1 juin 2011 3 01 /06 /juin /2011 10:23

Ce n'est pas Grégoire Moulin mais on s'en approche.

 

Après, entre autres et pour ne parler que des dernières années, la Social Security Card US indispensable et qui met 6 mois à arriver, l'IRS qui déclenche une enquête sur moi parce que la personne de la fac qui a rempli ma déclaration d'impôts a confondu state et federal taxes dans l'une des 17543 cases de la susmentionnée déclaration, la taxe d'habitation française prélevée chaque année avec majoration alors que je suis aux US depuis 2 ans, la carte vitale à mon retour qui s'égare car quelqu'un quelque part a mis mon nom dans la case adresse de mon dossier, me voici aux prises avec la MGEN...

 

La MGEN est à la fois l'organisme qui gère la sécu obligatoire pour les personnels de l'Education Nationale ou de l'Enseignement Supérieur, et qui peut faire office de mutuelle complémentaire (un peu comme la LMDE quand nous étions jeunes).

Du coup, juste pour rire, après avoir reçu quatre mois après mon arrivée en tant que post-doc dans la grande fac de la prairie (et six mois après mon retour en France) ma carte vitale, j'ai pu directement la renvoyer lorsque, quelques semaines après, j'ai intégré le corps des maîtres de conférence, afin d'en recevoir une nouvelle de la part de la MGEN.

Mais une fois n'est pas coutume, tout s'était alors bien passé.

 

C'est lorsque j'ai, bêtement, décidé de prendre l'option mutuelle, que ça s'est gâté.

J'ai été naïvement séduit par la simplicité du processus: un petit dossier de deux pages à remplir, puis, normalement, un prélèvement direct à la source (c'est à dire sur mon salaire, via le service comptable de l'établissement qui m'emploie, par la MGEN).

Et là, c'est le drame: je demande mon inscription pour le 1er décembre 2010. Trois mois de cotisation sont offerts, je suis donc censé payer à partir du 1er mars 2011.

Hélas, un abruti quelconque, entre la sieste et la pause café, enregistre la demande de précompte à partir du 1er mars 2010, date à laquelle je ne suis pas embauché, et d'ailleurs à peine rentré en France. Panique chez la comptabilité, qui très gentiment me propose de régler moi-même le problème en contactant la MGEN.

Un paquet de coups de fil plus tard, tout semble réglé, mais depuis, aucun prélèvement n'a été effectué...

 

Vous me direz qu'il est un peu masochiste de ma part d'insister pour payer, mais d'expérience l'administration ne vous oublie jamais vraiment, et je vivrais mal de me voir imposer de payer 3 ans de cotisation de retard quand un Duchmol aura fini par se rendre compte de la boulette.

 

Après moult contacts, téléphoniques ou postaux, avec le centre parisien, avec le centre précompte, et j'en passe, j'ai fini par envoyer une petite lettre.

Depuis, pas de nouvelles. Mais toujours pas de prélèvements, non plus. Au moins, ça m'a un peu soulagé.

 

Voici la dernière partie de la lettre:

 

"

Depuis mars 2011, je n’ai constaté aucun prélèvement sur mes fiches de paye.

J’ai donc, fin avril, appelé vos services, pour éviter de laisser traîner un nouveau problème jusqu’à me retrouver un beau jour prélevé de six mois d’un coup.

Votre service clientèle a, effectivement, constaté le problème. Mais n’a pas été en mesure de le résoudre.

Et m’a donc conseillé d’envoyer un courrier explicatif à la Section de Paris, en joignant une fiche de paye récente.

Ce courrier a été envoyé par mes soins et à mes frais le 17 mai.

 

Le 19, je reçois un courrier du centre de traitement de Lille, qui m’informe que « ma cotisation n’est plus prélevée sur mes revenus » (ah bon ?) et que je dois leur renvoyer une fiche de renseignements, avec un bulletin de salaire récent, et mon arrêté de nomination.

Chose que je vais faire aujourd’hui, renvoyant donc quasiment la même chose qu’à la section de Paris, et d’autres documents qui sont déjà en votre possession.

 

Au-delà des coûts téléphoniques et postaux, et du temps perdu, je dois avouer que je suis un peu lassé de devoir résoudre des problèmes qui ne sont pas de mon fait et d'avoir à insister lourdement pour "régler la note". En espérant fortement que celui-ci trouvera une résolution prochaine,

 

Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.

"

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30 mai 2011 1 30 /05 /mai /2011 09:25

3 fois 3h30 de cours magistraux sur les 3 prochains jours (dont 7h de cours du soir).

 

Mais après, 4 jours pour m'en remettre, et, hormis 2 jours et demi de TPs, un dernier cours, des exams à préparer-surveiller-corriger, la partie enseignement de mon année sera terminée.

 

Ensuite, un petit séminaire à préparer, et, j'ambitionne de pouvoir faire 3 semaines peinard de recherche avant 3 semaines de vacances qui, sans aller jusqu'à dire qu'elles sont bien méritées, feront du bien (notamment parce que ce seront les premières vacances de plus de 7 jours en commun avec Priscilla depuis 4 ans).

 

Comme on dit, ça commence à sentir l'écurie.

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25 mai 2011 3 25 /05 /mai /2011 10:05

1306310483.jpg

Afficher Les jeunes européens, premières victimes du chômage sur une carte plus grande

 

 

Comment ça, le système est à bout de souffle?

 

http://www.liberation.fr/economie/01012339399-la-carte-du-chomage-des-jeunes-en-europe

 

 

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24 mai 2011 2 24 /05 /mai /2011 13:28

Elisabeth Teissier, astrologue et ancienne protégée de Mitterrand (mais ça ne nous regarde pas), PhD*, a déclaré en janvier 2011 à Paris-Match, à propos de Dominique Strauss-Kahn:

 

«2011 sera pour lui une année géniale: à 62 ans, c’est l’année de sa vie».

«Depuis 2010, Pluton imprime un grand tournant dans son destin, qui se prolonge sur le printemps 2012. 2011 sera pour lui une année géniale. Peut-être un destin présidentiel».

 

  Photo d'Elisabeth Teissier n'appartenant pas à la collection personnelle de M. Strauss-Kahn.

 

 

* en sociologie à l'Université Paris-Descartes; thèse soutenue en 2001 et intitulée sobrement Situation épistémologique de l'astrologie à travers l'ambivalence fascination-rejet dans les sociétés postmodernes. Thèse qui fut autant saluée dans la communauté que celles des Bogdanov.

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20 mai 2011 5 20 /05 /mai /2011 12:13

Une petite saillie lue sur la République des Livres, blog de Pierre Assouline que, pour une raison qui m'échappe tant il est plus intéressant que la majorité des blogs et sites que je suis, je consulte beaucoup moins souvent qu'avant.

 

Un "correcteur" anonyme, dans un ouvrage paru récemment sur le quotidien de ce métier méconnu (Souvenir de la maison des mots), y décrit la lutte finale pour le Goncourt entre François Weyergans, qu’il corrigea, et Michel Houellebecq, qu’il ne corrigea pas (en 2005, NdMix. Trois jours chez ma mère, de Weyergans fut choisi au détriment de la Possibilité d'une île, de Houellebecq).

C'est, comme le dit Assouline, un modèle de résumé : « Quoique son livre décrivît assez banalement ce qu’est un vieillard libidineux, il l’emporta haut la main sur celui qui avait décrit assez ordinairement ce qu’est un quinquagénaire libidineux ».

Nul besoin ensuite de lire ces ouvrages, tout semble dit. Cela tombe bien, je n'en avais guère l'intention. Par contre, je vais peut-être essayer de dénicher Souvenir...

 

 

L'article d'Assouline, paru donc "online" et dans le Monde des livres, a d'ailleurs visiblement causé beaucoup de soucis à l'auteur, désormais dépassé par le succès de son petit opuscule.

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19 mai 2011 4 19 /05 /mai /2011 10:14

Je poursuis ma découverte gastronomique du 15ème, plus particulièrement sa partie Charles-Michel - Vaugirard - Dupleix - La Motte Piquet.

 

J'ai pu récemment déjeuner ou dîner à:

 

- la Cheminée, restaurant iranien (entre Commerce et Charles-Michel): ne pas confondre avec la boîte échangiste du 5ème, située à côté de l'Agrume et Desvouges.

Tenu par les propriétaires de l'épicerie fine Sepide, juste à côté, apparemment assez réputée pour ses produits d'importation. Je ne m'y suis pas encore aventuré, le seul truc que je peux dire est qu'elle est ouverte 7j/7, environ 18h sur 24: visiblement, ce que disait Desproges des épiciers arabes ("Pour des fainéants, c'est incroyable de voir à quel point les épiciers arabes se lèvent tôt et se couchent tard. C'est à se demander quand ils regardent les jeux de 20 heures") vaut aussi pour les épiciers perses.

Well, I don't know much about iranian gastronomy, donc je ne pourrai pas faire de comparaisons ici.

Disons que le carrefour d'influences m'a semblé greco-libanais-maghrébin-indien... (sachant que c'est peut-être la cuisine iranienne qui a influencé les autres, je ne voudrais froisser personne).

Des entrées de type mezze (hommous ou approchant, feuilles de vignes farcies, sauce blanche, etc).

Des plats en sauce à base de riz au safran ou à l'aneth, de fèves, et d'agneau braisé. Sauces à l'aneth ou à la grenade.

Il y a aussi des brochettes de viande marinée, appétissantes.

En dessert, des pâtisseries proches de celles qu'on trouve en Tunisie ou au Maroc, un poil plus sèches (e.g. moins grasses), et des "glaces iraniennes" (parfumées à la rose, semble-t-il).

C'est plutôt bon, copieux (surtout les plats - les entrées sont elles d'un rapport qualité-quantité-prix qui m'a semblé nettement moins avantageux, et les desserts sont bofs), un peu étouffe-chrétien aussi...

Repas complet avec une bière: 30 euros.

Ambiance et déco un peu mornes (ça fait un peu penser à un resto indien milieu de gamme), mais le resto est semble-t-il assez fréquenté par la communauté iranienne et le service est attentionné.

Je ne sais pas si j'y retournerai souvent: peut-être pour goûter les brochettes, mais je pense plutôt pour prendre des plats à emporter les soirs où j'ai à la fois la flemme de cuisiner et l'envie de "changer un peu".

 

- Manna, restaurant coréen (entre Charles-Michel et Dupleix). Recensé par le Figaroscope et le Fooding, une petite salle un peu perdue au milieu de la rue de Lourmel où il ne se passe pas grand chose.

Je suis tombé dessus un jour en allant rejoindre le métro. Le menu avait l'air sympathique et authentique, je n'ai pas souvent mangé coréen (à part chez Bibimbap dans le 13ème, dont j'ai parlé ici), et après avoir eu confirmation que cet établissement était relativement réputé, j'ai décidé d'y emmener ma môman (peu curieuse, assez difficile, mais je me disais que le côté "frais" et "léger" de la cuisine coréenne lui plairait, pari à moitié réussi).

Cela dit, en ce qui concerne Priscilla et moi, nous avons fort bien dîné d'un menu à 20 euros, entrée-plat. Un assortiment de petites entrées joliment présentées (petit bol de mélasse au sésame, petits rouleaux de salade croquante et acidulée, raviolis frits certes un peu gras mais goûteux), puis un bibimbap (riz, légumes ciselés crus, un peu de viande hachée et un jaune d'oeuf - à touiller généreusement dans un poêlon crépitant et à accompagner éventuellement de sauce soja-sésame) avec des légumes marinés servis à côté.

En dessert, il n'y avait hélas plus de tiramisu au thé vert, donc je me suis rabattu sur une galette de riz (proche du pancake) toujours au thé vert avec une glace, au thé vert aussi. Priscilla a opté pour une galette de haricots rouges (là aussi ressemblant à un pancake, pas à la version japonaise).

Avec une bière coréenne, on s'en est tiré à 75 euros pour 3, c'était super. Goûteux, copieux, ludique, je me suis régalé.

Les accortes serveuses sont un peu speedées mais très gentilles malgré une certaine barrière linguistique. La déco est sobre, et nous étions les seuls non-coréens de la clientèle, ce qui est généralement bon signe.

J'avais entendu que c'était un peu désert le soir, mais c'était plein en ce lundi - une vingtaine de couverts-, j'avais donc bien fait d'appeler pour signaler ma venue.

J'y retournerai pour goûter à la carte, plus cher (compter 35 euros) mais avec plein de choses appétissantes à découvrir, et je m'attarderai peut-être aussi sur la carte des vins, visiblement plus intéressante que dans la majorité des restaurants asiatiques.

 

- Le Pétel, restaurant franco-français, en face de la mairie du 15ème (rue Pétel, donc... métro Vaugirard). Une fourchette au guide Michelin.

Nous y sommes allés totalement par hasard avec Priscilla, un midi de semaine où nous étions allés à la Mairie et où nous voulions déjeuner ensemble avant de rejoindre nos jobs respectifs.

Le menu du midi est à 16.50 (entrée plat ou plat dessert). Le soir, on passe à 31.50 pour le repas complet.

La carte fait envie, dans le registre "classique un peu travaillé".

En entrée, j'ai opté pour le "saumon mariné et chèvre frais", un classique des "apéros pour les nuls" (vous roulez du St-Moret autour d'une tranche de saumon fumé - ou plutôt l'inverse, cf commentaires-, que vous coupez en petites bouchées ensuite - il existe une variante jambon cornichon boursin, et sûrement des milliers d'autres). Pas mal, sans plus. Salade un peu jaunie avec.

Un gaspacho pour Priscilla, avec une boule de sorbet melon. Bon, mais un peu écoeurant pour elle, qui raffole pourtant du gaspacho (moi, je trouve ça effectivement toujours écoeurant).

En plat, j'ai pris une belle bavette, bien cuite, avec une sauce au banyuls "imposant" un peu trop son goût par rapport à la viande (c'est pour ça que je ne prends jamais de sauce au roquefort avec un steack: je trouve que c'est une hérésie gustative). Accompagnement fait de petites patates type Noirmoutier cuites avec la peau, pas mal, d'une endive braisée pas très excitante, et de légumes type ratatouille, frais mais eux aussi pas franchement bandants.

Priscilla a pris le poisson du jour (du saumon imparfaitement cuit, un peu rosé au coeur, ce qui ne devrait pas inciter Docadn à y aller), avec un risotto pas mal au niveau gustatif mais qui n'en était pas un (plutôt du riz aggloméré avec quelques fruits confits), et la même endive et les mêmes petits légumes.

A ma description, vous aurez compris que je n'ai pas été plus emballé que ça: ça vaut ses 16.50, et c'est probablement mieux que les troquets standardisés de la place de la mairie avec leur formule entrecôte frites - fondant picard à 18.50, mais ça n'est pas ultra-folichon, et il y a quelques "tics" culinaires que je croyais disparus depuis 15 ans (les accompagnements identiques dans toutes les assiettes, plus la touche décorative avec la petite feuille de salade et la betterave rapée - je n'ai pas testé les desserts-, etc). 

Service attentionné, clientèle de petits vieux du quartier qui ont leur rond de serviette, déco old school de bistrot de poche sans grand chose de remarquable.

Je ne sais pas s'il y a un réel upgrade le soir, mais je ne suis pas sûr d'aller m'en assurer.

En l'état, une fourchette Michelin qui m'échappe un peu.

 

- Et pour conclure, je me suis aventuré hors des strictes limites de mon quartier, pour pousser jusqu'à l'Auberge Bressane, dans le 7ème (entre Ecole Militaire et la Tour-Maubourg, sur l'avenue de la Motte-Picquet, soit pas trop loin non plus, hein, vous me connaissez).

C'est un dossier récent sur les "tables figées en 1950" du Figaroscope qui m'avait intrigué, et la carte annonçant du roboratif à l'ancienne avait donné envie à mon estomac, dont la subtilité n'est pas la qualité première, malgré les tarifs pas très années 50.

Donc, l'occasion faisant le larron et l'auberge étant ouvert 7 jours sur 7, un dîner avec de vieux copains overbookés qui n'étaient dispos que le dimanche soir nous y a poussés.

Ambiance vraiment "auberge" sans que ça fasse trop imitation parisienne à la Ratatouille, même si la clientèle est, elle, majoritairement touristique (une table de japonais qui croyaient avoir pris de la bolognaise avec leur steack, mais c'était de la béarnaise) et des mémés amerloques.

Le service est un peu énervant (à savoir qu'il faut tout redemander trois fois, de la carafe d'eau à l'addition, alors qu'il y a 5 serveurs et un maître d'hôtel pour 10 personnes dans la salle et que les dits serveurs, tout sourire, te répondent toujours "oui, oui, bien sûr monsieur, tout de suite" avant d'aller se griller une clope ou de se taper la discute au comptoir).

Dans l'assiette, les entrées sont gargantuesques et diablement bonnes (que ce soit la plâtrasse de terrine où le demi-kilo de saumon "comme des harengs").

En plat, le poulet à la sauce crème-vin jaune-morille est pas mal aussi, même si la sauce est un peu figée et les morilles probablement réhydratées. Les frites avec sont de bon niveau, fines, un peu molles peut-être. La aussi, bonnes portions, pour dire le moins.

En dessert, le baba m'a un peu déçu (trop massif et donc difficile à imbiber homogènement, avec des fruits confits qui ne s'imposent selon moi jamais), mais les soufflés étaient franchement top (grand marnier ou calva).

Carte des vins imposante avec des coeffs, m'a-t-il semblé, raisonnable. Côtes de Beaune Village 2006 à 40 euros dont le producteur m'échappe, plus charpenté que ce à quoi je m'attendais.

Bilan: 65 euros par personne tout de même (avec apéro et café). Un côté effectivement old school dans l'assiette et dans l'ambiance, mais un service et des prix bien 2010, eux.

Ca m'a fait penser à chez le légendaire et à mon goût un rien pénible Bobosse dans le 12ème (l'Auberge du Quincy).

Et, comme là-bas, je ne crois pas y retourner de sitôt.

Un peu trop cher pour une cuisine franchouillarde bien executée mais un peu trop proche de celle de maman ou de mémé pour ceux qui ont comme moi été élevés autour de la table, franchement glauque pour un repas en amoureux et pas super adapté pour les tablées de potes, un service un peu trop dilettante, etc.

 

 

Bref, à part Manna, on sera plutôt dans le one shot pour cette sélection du mois. Espérons que je serai plus chanceux dans mes prochaines tentatives (Cristal de Sel, FL restaurant, etc).

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17 mai 2011 2 17 /05 /mai /2011 16:06

Je ne voulais pas faire comme tout le reste de la blogosphère, mais il y a quand même quelque chose qui me turlupine (de cheval) dans l'histoire de DSK: son côté "incroyable", voire absurde, quel que soit l'angle par laquelle on l'attaque, qu'on le croit innocent ou coupable.

 

- Coup de folie subit à 62 piges, lui faisant oublier que vouloir jouer à touche-pipi ou même simplement montrer son chibre à une employée d'hôtel, spécialement dans un pays comme les USA, dont il doit commencer à discerner la mentalité après l'affaire Nagy, lui causera des soucis.

- Stupidité totale de l'arrogant persuadé que sa stature lui permettra de s'en tirer à bon compte: mais dans ce cas-là, où est l'homme brillant qu'on nous vendait partout comme l'envoyé de la Providence que la France attendait pour tout arranger?

- "auto-destruction" plus ou moins inconsciente pour échapper à son destin: selon les psychologues de comptoir, on appelle ça une Zidane Coupe du Monde 2006.

- prédateur sexuel qui aurait été couvert pendant 30 ans par les media et la classe politique française.

- confusion malheureuse entre une call-girl attendue déguisée en soubrette et une employée de chambre.

- complot sarkozyste avec ou sans l'appui d'Obama et du PS.

...

tout cela est ridicule.

Devant un film proposant un tel scénario et de telles hypothèses quant à sa conclusion, on zapperait, fut-on un samedi soir désoeuvré. Même les prémices, "l'explosion en plein vol de la carrière d'un des hommes les plus puissants de la planète en moins de 24h suite aux révélations d'une courageuse mère célibataire du Bronx" font penser à un direct-to-video librement inspiré d'un mauvais John Grisham.

 

Se peut-il que l'employée ait simplement mythonné après avoir vu DSK, ne l'ayant pas entendue sonner, sortir à poil de sa douche?

Dans ce cas-là, aurait-il été maintenu en détention provisoire?  

Sans bien connaître le fonctionnement de la justice américaine, j'aurais tendance à penser a priori que le procureur a quelques atouts dans sa manche pour convaincre la juge de refuser à une caution de 1 million $.

Et qu'une histoire totalement bidon aurait été rapidement éventée.

 

S'il est par contre coupable d'avoir "forcibly made contact with his penis and informant's mouth twice" et qu'on s'en réfère au rasoir d'Occam, l'hypothèse la plus simple est la plus vraisemblable: à savoir, comme le font entendre de plus en plus de journalistes et politiciens français courageux depuis hier, qu'il est coutumier du fait.

Bref, les mots de "séducteur", "Don Juan", voire de "libertin" qu'on accolait à cet homme n'étaient que du flan**. Parce que, et je paraphrase ici, une fois n'est pas coutume, BHL, il y a une différence de taille entre ces mots et les comportements qu'ils décrivent, et ce qui se serait passé au Sofitel, à savoir un viol.

Et donc, si ce n'est pas "la première fois que ça arrive", comme on l'entend beaucoup depuis hier, j'en conclus que la politique française est encore plus à gerber que ce que je pensais jusque là. Parce que cela impliquerait qu'outre une loi du silence sur les financements occultes, les petits et gros arrangements financiers, les conflits d'intérêt, et les adultères des uns et des autres, on couvre aussi, entre gens bien éduqués, des agressions sexuelles***.

Et what else? 

S'il ne venait d'un journal berlusconien, on pourrait ici citer l'edito d'Il Giornale, dénonçant "la subtile hypocrisie d'une France où la presse (et la classe politique, NdMix) n'hésite jamais à donner des leçons de transparence et de moralité aux autres, mais qui face aux puissants de son propre pays se montre extraordinairement lâche, jusqu'à l'omerta".

 

 

 

 

* En France, la tradition des hommes de pouvoir "queutards" est séculaire... les derniers présidents français avaient ou ont tous une solide réputation dans le domaine, réputation souvent confirmée par un grand nombre de faits tangibles. A mon échelle, je connais plusieurs directeurs de labos, profs brillants etc, dont on prétend qu'ils ont une vie sexuelle agitée, de type relations privilégiées avec certaines thésardes, etc.

La frontière entre "droit de cuissage" (népotisme, abus de pouvoir...) et attrait féminin pour le pouvoir et le charisme est souvent mince et je ne me sens pas apte à en faire un essai philo-sociologique ici. Mais disons que les gigolos, ça existe aussi depuis longtemps, et considérons dans un premier temps que ça reste différent d'un viol (même si ça ne l'est pas nécessairement d'un point de vue légal, raison pour laquelle les entretiens Profs-étudiants ont toujours lieu porte ouverte aux US, par exemple).

 

** bon, je suis sans doute trop naïf... entre les suicides douteux, les liens entre politiques et mafieux dans le sud, etc, est-ce que la dissimulation de viols pour ne pas ruiner une carrière brillante devrait m'effaroucher?

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16 mai 2011 1 16 /05 /mai /2011 11:46

Je vis désormais dans un HBM, "habitation à bon marché", l'ancêtre des HLM.

 

Ce sont ces immeubles assez massifs, de 6 à 9 étages, en brique orangée ou beigeâtre, souvent arrangés en U autour d'une cour intérieure, "typiques" du sud parisien (13-14-15), généralement pas loin des portes, mais pas que, construits dans les années 20-30 (on en trouve beaucoup aussi vers les Gobelins, Place d'Italie, Campo Formio, Commerce, Denfert-Rochereau, etc).

Ils étaient réservés aux classes ouvrières, à l'époque où il y avait encore des industries dans Paris ou à proximité immédiate, comme l'île Seguin.

 

Il ne faut pas faire de prédictions hasardeuses, mais j'aurais tendance à croire que ces HBM ont mieux vieilli que ne le feront les "barres" des 70's.

Les cours intérieures, verdurées, ont de la gueule. Les halls d'entrée sont spacieux, comme les paliers. Il y a une belle hauteur sous plafond, les matériaux semblent globalement de bonne qualité, et les appartements sont plutôt bien foutus et relativement spacieux (il semble qu'à l'époque, on ne considérait pas un deux pièces de 30m2 comme la norme, fut-ce à Paris).

Bref, on est à fond dans le "charme de l'ancien", qui attire les jeunes couples bobos dans notre genre: en tout cas ceux qui n'ont pas les moyens d'être proprios*, qui louent à prix d'or des apparts de prolétaires, et qui doivent donc bien trouver des raisons pour se convaincre d'avoir l'air contents.

 

En fait, le seul côté vraiment HLM de l'endroit vient de l'insonorisation (sonore, visuelle, et je pense aussi thermique - il a fait 25 toute la fin de l'hiver malgré tous les chauffages à 0, il faut dire qu'il y a beaucoup de petits vieux dans l'immeuble): on vit vraiment avec ses voisins. Et on en a beaucoup (2 à 3 par paliers, plus les voisins d'en dessous et d'au-dessus).

J'ai l'impression parfois de me retrouver dans le tome 3 des Bidochon: on peut maudire le voisin qui pisse à gros bouillons dans la cuvette à 2h du mat'...

C'est d'autant plus con que la rue est hyper calme.

 

 

Donc, chez nous, il y a:

- le (ou la) psychopathe du dessus qui passe tous les jours (sauf le week-end heureusement) l'aspirateur à 7h17 du matin au-dessus de notre chambre. Et également au dîner mais c'est moins grave, mais aussi parfois à minuit voire à 4h du mat'. Sa sonnette ne marche pas et il ne répond pas quand on tape à la porte: dommage, je me serais bien fait un nouvel ami.

- l'iranienne du dessous qui a le mal du pays et met de la musique du cru bien fort à 2h du mat' (elle a arrêté depuis que je suis descendu lui dire qu'à cette heure là, je n'étais pas très open aux découvertes musicales).

- les voisins d'à côté qui ont des orgasmes bruyants (mais ça c'est déjà plus rigolo; et puis ils baisent à 23h, comme des gens bien élevés).

- et, en face de la cour, la voisine qui aime bien se tripoter les nichons dans la salle de bains sans rideaux avec la lumière allumée quand il fait nuit dehors (pour le contraste, j'imagine). Ca aussi c'est plutôt sympa - elle a l'air jeune et bien gaulée-, mais Priscilla n'aime pas trop que je regarde, il paraît que ça fait pervers (je lui réponds que quand on me montre, je ne vais pas non plus fermer les yeux, mais l'argument peine à la convaincre). 

 

Bon, j'avais un peu perdu l'habitude, parce qu'avant je vivais dans un immeuble de 2001 où on n'entendait rien, pas même le voisin qui faisait la nouba ou le métro qui passait à 10 mètres.

Donc j'ai un peu de mal à dormir, mais je me suis mis aux boules quiès, et je commence à m'habituer, je crois: j'entends toujours l'aspirateur, mais au lieu de me foutre dans une rage folle et de me réveiller complètement, j'arrive à me rendormir.

Et je peaufine ma vengeance: j'ai enfin retrouvé et rebranché ma chaîne 2*25 watts, je me suis remis à la guitare et je réapprends tous mes classiques de l'époque "week-end d'intégration", et on va bientôt organiser la pendaison de crémaillère...

gniark gniark gniark.

 

 

 

 

* c'est à dire ceux qui n'ont pas 200000 ou plus d'apport de papa-maman, ou qui ne sont pas deux fonctionnaires à 10000 net/mois. Bref, une majorité.

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Published by mixlamalice - dans La vie de Mix
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