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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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27 janvier 2016 3 27 /01 /janvier /2016 09:51

J'ai déjà dit il y a quelques temps ce que je pensais de l'HDR (habilitation à diriger les recherches): pour résumer, c'est à mon sens un "rite de passage" comme on les aime en France, hérité d'un temps ancien ou cela avait (peut-être) un intérêt, mais n'en ayant plus du tout dans le système actuel où on présuppose par ailleurs qu'un "jeune" est un chercheur de pognon comme les autres*. Et ce "rite de passage" ne subsiste, grosso modo, que par "fainéantise" (à quoi bon supprimer, après tout c'est pas si important) et suivant des arguments que l'on entend pour justifier tout ce qui relève du bizutage ("moi j'y suis passé, c'est pas si terrible, pourquoi pas toi?").

 

Ceci étant dit, j'ai pu assister à quelques belles soutenances, avec du fond, un beau résumé de 10 ans de résultats scientifiques de qualité, un jury costaud qui pose des questions pointues et pertinentes, bref, un exercice intellectuel intéressant. 

 

Mais j'en ai aussi vu où, surtout par la faute d'un jury un peu moins haut niveau (et je précise que ce n'est pas toujours le futur habilité qui choisit son jury, certaines UFR de certaines Universités imposent tout ou partie de celui-ci selon des règles complexes et variables), l'exercice perdait le peu d'intérêt qu'il pouvait trouver à mes yeux.

Franchement, il m'est difficile de m'enthousiasmer quand une bonne moitié des questions tourne autour de l'impact factor des journaux où le candidat soumet, et/ou plus ou moins directement du pognon qu'il peut ramener, et quand les questions purement scientifiques restent très en surface.

Alors je comprends que dans le système actuel, où les labos sont en compétition pour l'obtention de moyens, où la survie même n'est pas toujours facile, et où les évaluations sont constantes, ces points purement métriques (pognon, h-index, IF etc) soient importants quand on envisage de recruter quelqu'un, surtout au niveau PU (mais aussi au niveau MCF, visiblement). Mais bon, pour ça, pas besoin d'une soutenance, a priori, le CNU peut très bien faire ça sur dossier pour donner la qualification PU.

Vous me direz que l'HDR, c'est censé valider le fait que vous êtes capables d'encadrer un doctorant, et que ni le dossier ni la soutenance n'évaluent vraiment ça de toute façon: ça peut évaluer la capacité à mener une activité de recherche en autonomie (et encore, j'ai assisté à des HDR où le candidat remerciait "son chef"), mais ça ne permet pas de prendre vraiment en compte l'aspect "managérial" ou humain de l'encadrement...

 

Quoi qu'il en soit, il faut hélas "play the game" si l'on veut un peu évoluer, et plus vite c'est passé moins j'aurai à continuer à râler, donc vivement d'ici un an ou deux que je la soutienne à mon tour pour parler d'autre chose. Mais à défaut, ce serait bien que l'habilitation reste un moment pour parler très majoritairement de science.

 

 

* et donc si on présuppose qu'il est capable de le ramener tout seul, le pognon, on devrait aussi partir du principe qu'il est capable de le dépenser tout seul sans chaperon.

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8 janvier 2016 5 08 /01 /janvier /2016 10:59

Lemmy Kilmister (Ian de son vrai prénom), chanteur bassiste fondateur de Mötörhead, est décédé fin décembre 2015, d'un cancer foudroyant. Il faut dire qu'il avait été assez mal en point l'an dernier déjà, et que son mode de vie proche de celui de Keith Richards (toujours pas mort lui, à la grande incompréhension du monde de la médecine) en a terrassé plus d'un beaucoup plus jeune.

 

Lemmy, c'était surtout une "attitude", rock'n'roll jusqu'au bout des ongles. Des bacchantes au look veste militaire/chapeau de cow-boy/jean/santiags en passant par le mode de vie putes/bourbon/amphètes depuis 50 ans... sa basse Rickenbacker (superbe) et sa façon de chanter (micro très haut et tête en l'air) sont aussi devenues iconiques.

Cela avait été bien résumé dans un documentaire sur sa vie (ci-dessous), dans la veine de Spinäl Tap ou Anvil! (je vous recommande l'anecdote de Scott Ian d'Anthrax sur le short en jean très près du corps de Lemmy - un peu moins sa fascination pour les objets militaires et particulièrement nazis).

 

 

 

Mötörhead, c'était du "rock énervé" plutôt que du heavy-metal, assez basique, joué fort et vite par ce qu'on appelle un power trio ("à la" Jimi Hendrix - Lemmy avait d'ailleurs commencé en tant que roadie pour Hendrix, entre autres, avant de rejoindre Hawkind, groupe toujours en activité de "space rock" - progressif teinté de science fiction-, dont il avait été viré pour "abus de drogues" - ça devait être quelque chose, vu ce que les autres s'envoyaient, on était au début des seventies). Musicalement, il faut quand même avouer que ce n'est pas hyper intéressant et qu'on ne va que rarement s'en enfiler 90 minutes d'affilée. Après, c'est catchy, brutal, rapide, et certaines chansons sont sympas ou marrantes, et devenues assez mythiques, notamment Ace of Spades.

 

 

 

 

On peut également citer des chansons aux titres un rien surréalistes, venus au cours de nuits d'insomnie (dues aux amphètes), telles qu'Orgasmatron ou Killed By Death (superbe clip très 80's).

 

 

 

Dans le même temps, 4 nouveaux éléments chimiques ont été découverts (ou plutôt viennent d'être rajoutés au tableau périodique, ayant été découverts il y a 5 à 10 ans). Je n'ai pas trop suivi l'histoire moi-même mais vous pouvez écouter les explications d'un collègue dans le lien audio ici.

Il se trouve que l'un de ces éléments est un métal lourd (ou heavy metal en anglais) et qu'on ne leur a encore pas attribué de noms.

 

En conséquence, une pétition "pour rire" a été lancée par un fan pour rebaptiser cet élément "Lemmium" il y a moins d'une semaine. Elle compte aujourd'hui presque 110000 signatures (dont la mienne)...

 

Pour conclure, une reprise sympa de "Sympathy for the devil", issue du dernier album, enregistré quelques mois avant la mort de Lemmy. Chanson de circonstance, R.I.P.

 

 

 

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26 novembre 2015 4 26 /11 /novembre /2015 09:50

J'ai déjà beaucoup écrit sur les concours et les modalités de recrutement de Maître de Conférences, tant du côté candidat que membre de comité, et pas toujours en bien (voir les liens sur cette page).

 

Récemment, j'ai eu quelques "débats Twitter" (vraiment pas le meilleur lieu pour le débat selon moi) avec plusieurs personnes sur une (relativement) nouvelle règle imposée par le Ministère (depuis la loi Sauvadet de 2012 et donc mise en place pour les comités depuis 2013 ou 2014) concernant la composition des comités de sélection, à savoir respecter "une proportion minimale de 40% de chaque sexe" (sauf dérogations particulières pour quelques sections CNU, par exemple le génie électrique, section 63, qui ne compte que 16% de femmes...).

 

Quand on voit ce genre de graphiques, on se dit que ça tombe sous le sens:

 

Parité et comités de sélection

Néanmoins, on va voir qu'en réalité c'est un peu plus compliqué que ça...

Déjà, d''un point de vue d'ancien "organisateur" de comité, cela fait un peu rire jaune quand on regarde l'ensemble des règles à respecter (voir ici). Cela donne lieu à d'amusantes notices explicatives délivrées par les Universités pour constituer un comité de sélection. Pour mémoire, il faut respecter un "triple quorum" (parité rang A et rang B ou assimilés*, au moins autant de membres extérieurs que de membres internes dans le comité, et donc 40% de chaque sexe, le tout sur 2 réunions "physiques" avec les mêmes membres, la visioconférence n'étant pas toujours tolérée, notamment pour les auditions).

Cela dit, ce n'est pas la nouvelle règle de mixité que je critique mais plutôt l'amoncellement de règles hyper strictes censées prévenir toute "dérive" supposée (localisme, favoritisme, sexisme, etc) et garantir l'"égalité républicaine devant le concours". Tout cela pendant qu'on méprise assez ouvertement les candidats (auditions de 15 minutes, déplacements à leurs frais etc) et que chaque année plusieurs auditions sont publiquement critiquées et parfois retoquées.

Mais bref, la n'est pas le propos.

Pour revenir à cette règle de proportion minimale de 40%, j'aimerais déjà comprendre quel problème elle est censée résoudre (fut-ce partiellement): s'agit-il du déficit d'attrait des carrières académiques pour les femmes? Si tel est le cas, c'est, je crois, en amont qu'il faut travailler (lycée etc) plutôt qu'en bout de chaîne.

S'agit-il de sexisme à l'Université? Les histoires de harcèlement sont nombreuses en France et ailleurs (probablement, je le regrette, qu'elles sont moins "médiatisées" en France qu'ailleurs). Les comportements "inappropriés" aussi, mais cela me semble une problématique un peu différente, même si connectée (surtout s’ils arrivent pendant les auditions, il paraît – je n’en ai jamais été témoin mais j’ai entendu comme tout le monde des histoires- j’y reviendrai).

Y a-t-il des problèmes également au niveau du recrutement? C'est possible, mais ça mérite d'être documenté. De mémoire j'avais en tête une proportion beaucoup plus faible de femmes "de rang A" (Professeur) que de "rang B" (Maître de Conférences), mais j'avais envie de creuser un peu, c'est donc ce que j'ai fait.

Pour ceci, le bien-aimé site du Ministère qui met publiquement en ligne tout un tas de rapports et dans certains cas même les fichiers de données.

J'ai regardé les chiffres pour trois années, 2008, 2011 et 2014 (désolé, je n'ai pas le temps de faire plus...)

2008 est une année intéressante car on y trouve une analyse détaillée non seulement des postes, mais aussi des candidatures.

Donc, en 2008, nous avions sur la cohorte de qualifiés Maître de Conférences, 43.5% de femmes, et sur la cohorte de qualifiés Professeur, 30% de femmes.

Pour les candidatures aux postes (ce n'est pas parce qu'on est qualifié qu'on candidate, et de plus la qualification est valable 4 ans), on avait 29% de candidatures de femmes sur des postes PU, et 44% de femmes sur des postes MCF.

Pour les postes pourvus, on trouve 43% de femmes sur des postes MCF, et 28% sur des postes PU.

En 2011, on n'a pas d'informations sur les candidatures, simplement sur les qualifiés et sur les postes pourvus.

Ce qui nous donne pour la qualification, 29.5% de femmes qualifiées PU, et 43% MCF.

Au niveau des postes, 44.5% de femmes nommées sur des postes MCF, et 34% sur des postes PU.

En 2014, 47% de femmes qualifiées MCF et 33% PU. On peut aussi regarder les candidatures à la qualification: les femmes représentent 48% des dossiers examinés MCF, et 34% des dossiers examinés PU. Le taux de réussite est de 68% pour les femmes en MCF (71% pour les hommes), et 73% pour les femmes en PU (74% pour les hommes).

Pour le recrutement, 43.5% de femmes MCF et 36% de femmes PU.

Enfin, sur la population totale des enseignants-chercheurs (environ 53000 personnes), il y a 36% de femmes, représentant 43% des Maîtres de Conférences, et 22.5% des PU.

De façon générale, il y a bien une diminution significative de la proportion de femmes nommées aux postes de rang A par rapport à la proportion aux postes de rang B. Il faudrait pour mieux cerner les causes aller voir les recrutements 10 à 15 ans plus tôt (le temps de passer de MCF à PU) mais on (je) ne trouve les données genrées qu'à partir de 2003 (en 2003, 42.5% de femmes nommées MCF, et 26.5% de femmes PU).*

Si on regarde les données de façon "horizontale" (sur une année donnée), on constate qu'il y a un très bon accord entre les proportions respectives de qualifiées et de nommées. Soit, en gros, toutes sections confondues, 43% de femmes au niveau MCF (constant depuis 10 ans) et par contre une proportion plus variable au niveau PU.

Si on regarde donc les données de façon "verticale" (au cours du temps), la proportion de femmes nommées MCF est comme on l'a dit constante, et la proportion de femmes nommées PU en augmentation de presque 10 points. Cela semble s'accompagner aussi d'une plus grande proportion de femmes qui "demandent" (et obtiennent) la qualification (en 2005, dernière année où les données sont disponibles, seulement 25% de femmes qualifiées PU, 42% MCF).

Voilà pour les données et l'analyse "brutes". Je vais maintenant rentrer dans l'interprétation (discutable, elle).

Je ne vois pas de problèmes dans les recrutements MCF, en tout cas en termes d'attributions de postes favorisées pour les hommes, et au "premier ordre". Il y a 40-45% de femmes qui se présentent, il y a 40-45% de femmes qui ont un poste. Doit-on atteindre 50%? Je n'en sais rien (certains domaines fonctionnent avec 60% de femmes, d'autres avec 20, et là il faudrait faire, je crois, quasiment une analyse par section et qui remonterait également jusqu’au secondaire**)... J'aimerais connaître la proportion de femmes dans les cohortes de docteurs aussi...

Au niveau PU, on identifie clairement une baisse de la proportion de femmes, qui tend à s'atténuer avec le temps (en 11 ans, on passe de 26% de femmes nommées PU à 36%, mais il faut bien sûr "intégrer" ces effets sur plusieurs années pour voir la proportion de femmes PU en poste augmenter significativement). Ceci s'accompagne cependant d'une baisse similaire du nombre de candidatures par rapport au vivier de femmes MCF (si j'assume que les candidatures sont liées à la qualification, ce qui me semble une hypothèse raisonnable). Or, la qualification n'est pas plus refusée aux femmes qu'aux hommes, ce sont les femmes qui en proportion la demandent moins.

La « vraie question » me semble donc être : « pourquoi les femmes demandent-elles moins la qualification PU? » (qui est généralement, une « formalité »).

Je vois deux hypothèses :

Une forme plafond de verre ou d'auto-censure (ou de syndrome de l’imposteur). Il me semble qu'elle ne peut pas être corrigée par la parité des comités de sélection, puisqu'elle se situe en amont.

Des carrières académiques encore « en moyenne » plus lentes chez les femmes pour des raisons extérieures (vie de famille etc). Or, dans les sections que je connais, il y a une distribution assez faible autour de l’âge moyen, concernant les recrutements PU. On retrouve d’ailleurs ce phénomène pour les recrutements MCF (pour schématiser, en 2 ans on passe de « encore un peu jeune » à « trop vieux » pour le poste). Et donc, si on a le « bon dossier » pour candidater PU à 45 ans quand la moyenne de recrutement est 40, on ne demande pas la qualification parce qu’on sait bien qu’on n’aura pas de poste.

Cette question est d'ailleurs assez proche de ce qu'on a pu observer pour la PES (prime d'excellence scientifique, 2009-2012): si les femmes l'ont moins (29% de femmes MCF bénéficiaires, 20% de femmes PU bénéficiaires) c'est avant tout parce qu'elles la demandent moins (32% de candidatures de femmes MCF, 21.5% de candidatures de femmes PU).

Pour conclure, j'ai l'impression (peut-être fausse) que cette règle de parité ne répond pas vraiment aux problèmes posés au niveau du recrutement. Peut-être qu'elle répond à d'autres problèmes (par exemple, améliorer l'implication des femmes dans les instances décisionnelles) ?. Je constate aussi que le phénomène d'auto-censure semble s'atténuer ces 10 dernières années et donc la proportion de femmes accédant à des postes de rang A a largement augmenté. Je pose une question naïve: y a-t-il eu des actions menées (et si oui, lesquelles précisément) ou cette correction de la communauté s'est-elle faite "naturellement"?

 

 

Note:

Je remercie vivement @chtruchet, que ces questions intéressent beaucoup et qui a accepté de relire avec bienveillance mon texte bien qu’elle ne partage pas une bonne partie de l’analyse.

Je tiens également à citer deux-trois remarques très intéressantes qu’elle m’a faites, et auxquelles je n’avais pas songé (et qui sont largement susceptibles de faire évoluer mon opinion sur le bien-fondé de cette nouvelle règle même si par principe, après quelques années de pratique, je serais plutôt pour la suppression de toute règle administrative dans l’ESR):

« - un nombre non négligeable de femmes dans un COS agit comme une garantie. Garantie d'une part, côté jury, qu'il n'y ait pas de remarques ou questions déplacées (ça existe, ou du moins ça a existé les : « vous allez faire des enfants? » Ou "là on a le choix entre elle et lui, on va prendre lui comme ça on est sûr qu'il nous emmerdera pas avec ses maternités"). Garantie côté candidat que tu te retrouves pas avec une nana devant 12 mecs, situation inconfortable s'il en est. Même si les 12 mecs sont irréprochables d'ailleurs : ça, la candidate, elle ne peut pas le savoir !

- Que ce soit les femmes qui ne veulent pas monter, ou les hommes qui les éliminent, peu importe en réalité : dans tous les cas, c'est un pb de RH. Pour devenir clean, la première chose à faire est d'éliminer les biais faciles (ensuite, c'est compliqué, on réfléchit). Un biais énorme est de laisser le recrutement à un seul sexe***. On ne sait pas dans quel mesure il pèse, mais c'est de toute façon pas sain. Donc, je pense qu'il faut l'éliminer même sans forcément en attendre la révolution. […] Car évidemment, ça ne suffit pas. Il faut l'intégrer dans une politique plus générale, ce qui est maintenant le cas dans la majorité des Universités.

- être dans un COS, ça donne un vrai pouvoir. Une fois que tu y es, tu sièges, tu votes, tu pèses. Si tu fais bien le job, en plus, ça te donne un énorme carnet d'adresses. […] C’est quand même un vrai plus je pense. »****

 

 

* on me dit qu’il existe un « indicateur d’avantage masculin », et qu’on peut m’envoyer de la documentation dessus. Je la lirai.

** ici les analyses divergent : on me dit parfois qu’il faut regarder le problème « général », ce que j’ai fait ici, et parfois le problème « section par section » (ce que j’avais vaguement essayé de faire sur Twitter, sans pousser trop loin, car c’est long et un rien fastidieux). Cela dit, à l’occasion, je regarderai les données de quelques sections bien choisies dans le genre de la 63ème, je pense qu’elles se trouvent sans problèmes.

*** ou plutôt « la possibilité de » (ne pas imposer de critère de mixité ne signifie pas forcément que le comité sera non paritaire) (NdeMix)

**** pour le dire plus clairement, il s'agit d'activités qui, de façon générale, sans être fondamentales, sont de potentiels "accélérateurs de carrière" ou en tout cas "valorisables" dans un dossier PU (case "responsabilités administratives et activités collectives" + "reconnaissance de la communauté"). Cela peut donc jouer favorablement selon un type "positive feedback" (NdeMix)

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20 novembre 2015 5 20 /11 /novembre /2015 11:37

Mon établissement, comme tant d'autres, semble partir du principe que l'enseignant-chercheur a priori (au mieux) dépense inopportunément l'argent public ou (au pire) est profondément malhonnête.

 

Donc, bien sûr, on nous demande pour des sommes toujours plus faibles d'obtenir des devis contradictoires, d'écrire des notes d'opportunité, de faire valider la demande d'achat par le chef d'équipe, le directeur du labo, le directeur du département, etc etc. Evidemment, ce même sur les crédits dont on est censé être premier responsable (concernant les projets dont on est le coordinateur, par exemple). 

 

Et puis, on a fini par nous interdire (alors que cela fut possible pendant longtemps) de faire des "bons de commande prévisionnels" ou de prendre des "cartes prépayées" chez certains fournisseurs de consommables et autres produits chimiques (Sigma, VWR etc), bien pratique pour ne pas perdre l'argent en fin d'année (l'argent est engagé avant d'être dépensé) mais aussi pour court-circuiter les niveaux de signature et multiples formulaires (commande "en direct" avec le contact commercial sur la ligne de compte xxx ou la carte yyy).

Ben oui, ça donnait beaucoup de liberté au chercheur, ma bonne dame. Et puis des fois que je m'achète 50L d'éthanol pour ma consommation personnelle, ou des cartons de béchers pour tenter un mobilier alternatif chez moi.

 

Et en parallèle, alors que je demandais hier un devis chez Sigma, j'apprends que je ne peux obtenir ce devis, mon établissement ayant été blacklisté récemment pour factures impayées.

 

Voila. Je voulais pousser un peu l'analyse, mais les faits parlent d'eux-mêmes, je pense.

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12 novembre 2015 4 12 /11 /novembre /2015 09:30

Question qui agite beaucoup sur Twitter ou sur Gaia, le salaire (ou plutôt traitement) des enseignants-chercheurs; notamment dès que l'on compare à ce que gagnent les profs de CPGE.

 

Je laisse à d'autres le soin de faire le petit calcul "moyen" pour les profs de CPGE (encore qu'il faudrait peut-être le faire pour les agrégés), mais je vais ici exposer quelques éléments concernant les enseignants-chercheurs.

 

La durée moyenne de la thèse est de 4 ans. A ce stade, si la personne a eu une scolarité normale, elle soutient donc à 27 ans. 

L'âge moyen de recrutement est 34 ans (31.5 ans pour les sciences exactes).

Suite aux réformes de 2009 concernant le reclassement, l'échelon d'entrée est l'échelon 4 (maximum de départ, et si les 4 ans de thèse + les 6 ou 7 ans suivantes sont des activités d'enseignement et de recherche et peuvent donc être comptabilisées à hauteur de 6 ans et 8 mois, soit la durée des échelons 1 à 3).

 

L'âge moyen de l'enseignant-chercheur est 47 ans. 

 

L'âge moyen de passage PU est 44 ans. On compte 1/3 de PU pour 2/3 de MCF. En considérant que, à 47 ans, une bonne part des MCF qui ne sont pas passés PU sont MCF hors classe, on va considérer pour le salaire moyen la moyenne entre MCF classe normale et MCF hors classe/PU 2ème classe.

 

A 47 ans, le MCF classe normale gagne 2976€ net. Le PU/MCF Hc gagne 3120€ net, soit une moyenne à 3050.

 

A cela il faut rajouter une indemnité de résidence, qui oscille entre 0 et 3% du traitement brut, soit en gros 100€ net, prenons donc 50 comme moyenne.

 

A cela il faut rajouter un supplément familial de traitement, environ 110€ net pour 2 enfants. 

 

A cela il faut rajouter une prime d'enseignement supérieur, que touchent tous les enseignants-chercheurs, et qui compte pour environ 90€ net/mois. 

 

Ensuite, la PEDR concerne environ 15% des enseignants-chercheurs, son montant varie beaucoup mais fixons le à 6000€ brut (celui des PU "normaux" et des MCF "majorés"), ce qui, moyenné sur toute la population, rajoute 60€ net/mois. 

 

Enfin, les heures complémentaires, moyennées sur toute la population, représentent environ 15% d'un service par enseignant-chercheur, soit 25 à 30HED, à 38€ net l'HED, soit 80€ net/mois.

 

Au total, 

 

3050+50+110+90+60+80 = 3450€ net mensuels pour un enseignant-chercheur "moyen" (d'âge moyen, à la carrière moyenne etc). 

 

Pour les sciences exactes seules, où les carrières sont un peu accélérées, rajoutez typiquement 150€ net mensuels. 

 

Amis agrégés, à vos chiffres.

 

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Sources:

http://laviedemix.over-blog.com/article-reclassement-64739328.html

http://caillaud.blogspot.fr/2009/11/salaire-et-traitement-des-enseignants.html

http://www.fonction-publique.gouv.fr/indemnites-de-residence-et-supplement-familial-de-traitement

http://cache.media.enseignementsup-recherche.gouv.fr/file/statistiques/13/4/Prime_d_encadrement_doctoral_et_de_recherche_2014_412134.pdf

http://cache.media.enseignementsup-recherche.gouv.fr/file/statistiques/09/8/Origine2014_FINAL2_395098.pdf

https://www.univ-lille3.fr/drh/votre-carriere/remuneration/primes/

http://media.enseignementsup-recherche.gouv.fr//file/statistiques/90/2/bilan_social_superieur_2014_435902.pdf

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4 novembre 2015 3 04 /11 /novembre /2015 16:00

Derrière ce nom original (l'hôtel se situant au 42 de l'avenue Gabriel, en face du restaurant historique Laurent, métro Franklin D. Roosevelt ou Champs-Elysées Clémenceau) se cachent les nouvelles cuisines de Jérôme Banctel, auparavant chef éxécutif chez Senderens (et encore avant second de Pacaud à l'Ambroisie sur un total d'une quinzaine d'années, bref, joli CV). Pour des raisons obscures (en tout cas pour moi), il n'a pas repris le Lucas Carton quand Senderens s'en est séparé alors qu'il y semblait promis.

 

Le voila donc en première ligne depuis un peu moins d'un an dans ce projet ambitieux porté par l'homme d'affaires Michel Reybier.

 

Une fois n'est pas coutume depuis quelques années dans les restaurants gastronomiques, il s'agit pour l'occasion (l'anniversaire de Priscilla, dont je tairai l'âge par pudeur) d'un dîner et non d'un déjeuner.

 

La carte me faisait pas mal saliver, et les prix sont encore je pense "d'appel". Comme on ne sort plus beaucoup, nous avons opté pour le menu dégustation à 115€ avec l'accord mets-vins à 65€ (5 verres de 8-10 cl), en sachant qu'on passerait pour expier notre pêché une nuit difficile, mais quand on aime on ne compte pas...

Le menu dégustation est une succession "décidée par le chef" de plats de la carte, a priori en gros 2 entrées, 2 plats (1 poisson et 1 viande) et 1 ou 2 desserts. Néanmoins, le jeune maître d'hôtel, très aimable, nous demande si un plat de la carte nous attire tout particulièrement. C'est la saison du gibier, il y en a beaucoup sur la carte, je lui réponds donc qu'on aimerait au moins en avoir un, et que le top, ce serait le lièvre à la royale, ce plat mythique qu'on ne trouve presque nulle part (et qui ne plaît pas à tout le monde). Il est ici en plus présenté en "version chic" (Carême) et non "version ragoût" (Couteaux). Le maître d'hôtel nous répond qu'il verra ce qu'il peut faire avec un petit sourire.

 

Niveau vin, on commence par la coupe de champagne (celui du proprio) de célébration à 20 boules, qu'on regrette toujours un peu ensuite, surtout moi parce que je ne suis en plus pas spécialement fan, mais bon, Priscilla aime bien... Pour accompagner, des petits amuse-bouches sympathiques, champignon-foie gras en "burger" et une petite bouchée type "brandade" avec des oeufs de poissons-volants. Le deuxième amuse-bouche, du saumon snacké à l'unilatérale , raviole d'aubergine et sauce yuzu, est déjà un peu plus rock'n'roll, même si décidément, je trouve de moins en moins d'intérêt au saumon, fût-il de bonne qualité...

Le Gabriel, restaurant de l'hôtel la Réserve (J. Banctel), Paris 8ème
Le Gabriel, restaurant de l'hôtel la Réserve (J. Banctel), Paris 8ème

On enchaîne ensuite avec les deux premières entrées: coquillages, bouillon léger à la viande, lentilles et une herbe dont je ne retrouve pas le nom (que le serveur n'a pas su identifier). Une alliance terre-mer pas classique (en tout cas pour moi), et c'est pas mal du tout.

Pour accompagner, un bon chablis du domaine Oudin (les Serres 2012).

 

Ensuite, dorade et cèpes sous plusieurs formes ("brut", poêlé, en brunoise, en crème...). La aussi, l'alliance terre-mer est assez osée, et le résultat de très bon niveau. Avec, un vin du Languedoc (Domaine la Marfée, Della Francesca 2012) pour un accord met-vin au diapason, pas dans la facilité mais bien maîtrisé.

Le Gabriel, restaurant de l'hôtel la Réserve (J. Banctel), Paris 8ème
Le Gabriel, restaurant de l'hôtel la Réserve (J. Banctel), Paris 8ème

Le premier plat est un nouveau poisson, peut-être mon plat préféré de la soirée: rouget, ravioles carotte/orange. Servi avec un rouge italien, la aussi un choix surprenant mais une très bonne surprise, sur les agrumes, un Barbera d'Alba (Chiara Boschis 2013). Cuisson top du poisson, bon dosage de l'acidité, raviolis bien al dente et parfumés, pas d'esbroufe mais un très beau plat et un très bel accord.

 

Le deuxième plat, côte de veau, gnocchi, truffe d'Alba, me scotche moins mais est de haut niveau également. Belle pièce de veau, épaisse, fondante et goûteuse, avec un jus réduit bien puissant. Les gnocchi, pour chipoter, sont un peu trop fondants à mon goût, je préfère quand il y a plus de tenue sous la dent. Avec un joli Savigny les Beaunes, domaine Ecard 1er cru, Serpentière 2010).

Le Gabriel, restaurant de l'hôtel la Réserve (J. Banctel), Paris 8ème
Le Gabriel, restaurant de l'hôtel la Réserve (J. Banctel), Paris 8ème

A ce stade, on a déjà trop mangé, il faut l'admettre.

"Malheureusement" (le terme est mal choisi, il y avait plus malheureux que nous ce soir là), le chef n'a pas souhaité nous enlever de plat par rapport au menu initialement conçu, et nous en a donc rajouté un, le fameux lièvre à la royale façon Antoni Carême (créé apparemment pour la "merde en bas de soie", Talleyrand, qui savait vivre en plus de survivre aux changements de régime).

Le lièvre est désossé, mariné une nuit dans une sauce au vin et aux épices, reconstitué sous forme de roulade farcie de foie gras et de truffe, cuit 36 heures, la sauce est ensuite liée au sang (je cite ceci sans l'avoir jamais fait moi-même, et sans avoir aucune intention de le faire un jour, que les amateurs me pardonnent si j'ai dit une connerie): bref, un plat léger...

La présentation est superbe, la sauce "miroir" noire est rajoutée par dessus la tranche de lièvre. Servi avec des tagliatelles dès fois qu'on ait un petit creux.

C'est vraiment exceptionnel, bon, sans trop me forcer je finis mon assiette parce que tel Obélix, j'ignore parfois (où mon cerveau bloque l'information en tout cas) qu'on peut trop manger, mais c'est un peu dur pour Priscilla qui, bien que peinée, en laisse la moitié.

Pour accompagner, un Châteauneuf du Pape (what else?), Clos des Brusquières 2010, qui se défend pas mal.

Le Gabriel, restaurant de l'hôtel la Réserve (J. Banctel), Paris 8ème
Le Gabriel, restaurant de l'hôtel la Réserve (J. Banctel), Paris 8ème

On nous épargne ensuite le pré-dessert (ouf), pour passer aux deux desserts.

Fraise des bois sur un biscuit amaretto, puis noisette sorbet yuzu, agréables à l'oeil et au palais, pas trop sucrés et relativement légers, mais qui me semblent un poil plus anecdotique.

Puis quelques mignardises pour conclure, des fois qu'il reste un petit creux dans la luette...

Le Gabriel, restaurant de l'hôtel la Réserve (J. Banctel), Paris 8ème
Le Gabriel, restaurant de l'hôtel la Réserve (J. Banctel), Paris 8ème
Le Gabriel, restaurant de l'hôtel la Réserve (J. Banctel), Paris 8ème

Bilan: 210€ par personne, un peu au-delà de ma limite psychologique (200€), mais qui aurait été largement respectée sans le champagne un peu superflu. Partis comme on l'était, on a pas chipoté et on est même rentré en taxi.

 

Le rapport qualité-prix-plaisir m'a semblé vraiment excellent, surtout pour un dîner, et le repas m'a beaucoup plus marqué que le Bristol quelques mois avant, par exemple. Les alliances mets-vins m'ont semblé de bon niveau avec quelques relativement belles bouteilles (de ce que j'ai vu, les différents vins étaient entre 10 et 25€ la bouteille), pas franchement dans la facilité, et le sommelier a été assez généreux dans les doses et dans les explications.

 

Sans trop me mouiller, il y aura au moins une étoile au prochain guide rouge, cela ne serait pas honteux qu'il y en ait deux...

La cuisine est assez personnelle, un peu à l'écart de l'air du temps (on ne retrouve pas vraiment les produits "presque crus", les légumes oubliés, les dressages horizontaux-verticaux), avec des alliances pas classiques, quelques touches asiatisantes mais lègères, et d'autres plats plus solidement ancrés dans la tradition (les plats de gibier par exemple). Bref, ça sort de l'ordinaire et c'est appréciable, même s'il y a certains gimmicks sur lesquels on pourrait chipoter (utilisation un peu systématique d'agrumes: j'aime beaucoup, mais ça peut lasser et dans le dessert à la noisette par exemple ça n'apportait pas grand chose - ou alors la séquence ravioli/gnocchi/pâtes qui la aussi pourrait finir par déplaire à d'autres que moi: après 20 ans à Nice, en ce qui me concerne, je pourrais me nourrir exclusivement de ça...)

 

La salle m'a beaucoup plu (mélange rétro moderne plutôt bien fait), hormis le fait que c'est un peu trop sombre au niveau de l'éclairage, qui convient plus au bar de l'hôtel que l'on traverse pour arriver à la salle.

Le service est jeune, mais au poil, surtout le sommelier et le maître d'hôtel. Notre serveur, très gentil, manquait encore un peu d'assurance, m'a-t-il semblé.

 

Ce vendredi soir, c'était environ au tiers plein (~12-15 couverts sur 35-40 places). Ca mériterait mieux, j'espère que la mayonnaise va prendre. Le menu déjeuner à 67€ semble, vu la carte, un bon plan...

Le Gabriel, restaurant de l'hôtel la Réserve (J. Banctel), Paris 8ème

Ceci était mon 800ème article... ça ne rajeunit personne.

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19 octobre 2015 1 19 /10 /octobre /2015 09:59

C'est toujours le problème d'avoir fait deux épisodes en ne prévoyant pas une fin ouverte: le 3ème n'est plus du tout crédible.

 

Je vous avais raconté par le menu mon départ de la "fucking MGEN" (comme dit un collègue et ami), en deux longs et douloureux épisodes (voir 1 et 2).

 

Mais la MGEN c'est pas le genre à admettre la défaite sans un baroud d'honneur. Donc, plus d'1 an après avoir entamé les démarches pour partir, 10 mois après être vraiment parti, ils reviennent pour me faire chier un dernier coup.

 

Si vous vous rappelez (ou si vous avez relu ma prose), ils avaient continué à me prélever après que je sois parti. Il m'avait fallu accomplir un certain nombre de démarches oiseuses pour qu'ils daignent enfin arrêter, puis d'autres pour qu'ils daignent me rembourser. Le tout avait pris quasiment six mois.

Sauf que, nullos jusqu'au bout, ils avaient trouvé le moyen de se gourrer sur le montant du remboursement et que j'avais donc reçu un trop perçu.

Franchement, j'aurais pu le leur signaler, mais comprenez-moi, j'en avais un peu assez de les appeler pour leur signaler leurs erreurs, et j'avais envie de passer à autre chose. Je soupçonnais de toute façon qu'ils finiraient par s'en rendre compte, et dans le cas contraire le montant en question (96€) me semblait une petite somme par rapport à la masse d'emmerdements et de désagréments causés.

 

Effectivement, quatre mois plus tard, ils ont fini par se rendre compte de leur boulette, et de m'envoyer un courrier demandant le remboursement du trop perçu. Jusque là, rien d'anormal, même si recevoir un courrier de la MGEN me hérisse toujours le poil.

Ce qui m'a un peu fait sortir de mes gonds, c'est le courrier de rappel (agressif) 3 jours plus tard, du genre "vous n'avez toujours pas remboursé, merci de procéder rapidement". Je rappelle d'ailleurs qu'ils avaient procédé de la même manière lors de la mise en place du prélèvement automatique: ils avaient fait une erreur empêchant le bon fonctionnement du prélèvement, je le leur avais signalé par A/R, et deux mois plus tard ils m'avaient envoyé un courrier hyper déplaisant me qualifiant quasiment de mauvais payeur ayant intérêt à rembourser fissa.

 

Alors, je leur ai envoyé un chèque, mais aussi, pour me faire du bien, un petit courrier manuscrit, à l'ancienne, qui finira sans doute directement à la poubelle du centre de paiement. Histoire qu'il ait un peu de publicité je le mets ici. J'espère que c'est lisible (j'écris assez mal).

 

MGEN: REALLY free at last?
MGEN: REALLY free at last?
MGEN: REALLY free at last?
MGEN: REALLY free at last?
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7 octobre 2015 3 07 /10 /octobre /2015 07:25

Entre les cours qui reprennent, les ANR à écrire, les congrès, les fins de budget à gérer, s'occuper des étudiants, stagiaires, doctorants et post-doctorants, les papiers à soumettre, corriger, reviewer, la période mi-septembre mi-novembre est toujours relativement mouvementée pour l'enseignant-chercheur, et ce, je crois, partout dans le monde.

 

Tout ça, plus quelques changements tant personnels que professionnels, n'est pas très propice au blogging...

 

Comme à chaque fois qu'un blogueur écrit un billet pour expliquer qu'il n'a pas le temps de bloguer, il y a un petit côté ridicule, mais comme à chaque fois, je me demande si ça va pouvoir repartir ou si la fin se rapproche inéluctablement...

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18 septembre 2015 5 18 /09 /septembre /2015 09:57

Bref récit d'un déjeuner courant mai au restaurant Epicure, du chef Eric Fréchon, 3 étoiles au Michelin et situé dans l'hôtel de luxe le Bristol à deux pas de l'Elysée (112 rue du Faubourg Saint-Honoré, 75008 Paris, site web).

 

De l'extérieur, l'hôtel fait un peu "passe-partout", assez sobre. A l'intérieur, c'est déjà plus bling-bling.

 

La salle du restaurant, au fond à gauche, est assez chargée dans le genre dorures et gros rideaux de velours.

 

On regarde brièvement la carte pour se faire envie en sachant déjà qu'on partira sur le menu déjeuner, seule option "abordable" pour nous, à 135€ quand même, un poil plus cher que la "concurrence" parisienne (compter 250€ à la carte environ, 295€ le menu dégustation).

 

 

Epicure, restaurant du Bristol, 3*, Paris

Du coup, on prend une proposition de chaque, histoire de goûter un peu à tout.

Ca commence bien sûr par des amuse-bouches jolis et sympathiques (une crème de petits pois, un bouchée foie gras betterave et un bulot au curry), puis une pré-entrée un peu inutile et trop Top Chef (radis beurre revisité, pas très intéressant gustativement parlant à notre goût).

 

Epicure, restaurant du Bristol, 3*, Paris
Epicure, restaurant du Bristol, 3*, Paris

Concernant les entrées, Priscilla a pris les grenouilles, moi les asperges, et finalement, on a échangé rapidement puisqu'on préférait chacun l'entrée de l'autre.

Les grenouilles, c'est un joli plat, mais que Priscilla a trouvé finalement un peu plan-plan. Certes, on ne se roule pas par terre, mais ça n'est pas si classique que ça et bien équilibiré.

Les asperges, je trouve, étaient un peu effacées derrière les goûts d'amande, noisette et praliné. Mais Priscilla elle, a trouvé le tout très juste et a donc adoré.

Epicure, restaurant du Bristol, 3*, Paris
Epicure, restaurant du Bristol, 3*, Paris

On monte indéniablement en puissance pour les plats, que ce soit le pigeon ou le Saint-Pierre. Ici, tout le monde a été pleinement satisfait de son choix.

Dans le Saint-Pierre, on peut noter en accompagnement une assez mythique pomme de terre laquée à l'encre de seiche, un grand souvenir de ce repas. Le pigeon est un plat riche et puissant, mais avec beaucoup de finesse malgré tout.

On note le service à la cloche, je trouve que ça fait toujours son petit effet.

Epicure, restaurant du Bristol, 3*, Paris
Epicure, restaurant du Bristol, 3*, Paris
Epicure, restaurant du Bristol, 3*, Paris
Epicure, restaurant du Bristol, 3*, Paris

Très joli plateau de fromages pour suivre, un petit "granité acidulé" classique pour se rafraîchir le palais ensuite, et en dessert, un joli et délicieux dessert à base de framboise, très palace dans le dressage et la conception. Le mien, une sorte de blanc-manger, est bon aussi, mais il faut l'avouer un peu moins intéressant.

On a également droit à deux petites bouchées à base de fraises, et puis bien sûr toute une série de mignardises, sur chariot (caramels, macarons etc) pour accompagner le café.

Epicure, restaurant du Bristol, 3*, Paris
Epicure, restaurant du Bristol, 3*, Paris
Epicure, restaurant du Bristol, 3*, Paris
Epicure, restaurant du Bristol, 3*, Paris

Au bilan, c'est un repas de grande qualité qui a eu le mérite de plutôt monter en puissance au fil du temps. Tous les plats sont superbes, du point de vue du dressage, assez loin des tics habituels (verticalité ou horizontalité...).

Néanmoins, il a manqué je trouve une ou deux fulgurances pour en faire un moment d'exception. Probablement que le côté grand hôtel international "pénalise" un peu de ce point de vue, par rapport à mes précédentes expériences triplement étoilées.

 

La carte des vins pique aussi les yeux, très palace jusque dans le choix de vins aux verres (une dizaine de choix, de 25 à 50€ grosso modo le verre pas hyper généreusement servi, et avec des coeffs monstrueux, typiquement 8 ou 10... avec quand même des Meursault de Roulot ou des Côte-Rôtie, mais quelques "petits vins" à 15€ le verre seraient aussi le bienvenu, comme on peut en trouver chez Savoy, même si ce sont les mêmes coeffs au final...).

 

Le service est bien évidemment de qualité, mention spéciale au jeune qui faisait sommellerie, très à l'écoute, qui nous a fait goûter avant, est venu nous demander chaque fois si ça nous allait, etc. Les demoiselles gagneraient en revanche à être un peu plus souriantes, tout ça manque un peu de décontraction: je ne parle pas de claques dans le dos, mais dans les grandes maisons on sait généralement mettre le client à l'aise, quel qu'il soit, et je trouvais que ça manquait un peu ici. Il y avait aussi une grande habituée qui monopolisait un peu trop visiblement l'attention de pas mal de serveurs et maîtres d'hôtel. Quelques petits bémols également sur le rythme du repas, très rapide au départ et avec des temps d'attente un poil longuets sur la fin.

 

La clientèle est disparate, du touriste chinois au jeune couple en passant par les clients fortunés et quelques nouveaux riches ayant hélas un peu la fâcheuse tendance à rire très fort avec beaucoup de dents.

 

Quant à l'addition, eh bien avec 2 verres de vin, de l'eau plate et du café outrageusement surpayés, on a dépassé la barre morale et fatidique pour moi des 200€ (210 si je me souviens bien).

 

En conclusion, il reste d'autres grands restos parisiens à découvrir (Pavillon Ledoyen, le Georges V, voire le Meurice) avant de bisser (j'aimerais bien retourner chez Guy Savoy dans le nouveau cadre), mais même avec de gros moyens je ne retournerai pas à Epicure en tout cas sur un déjeuner (beaucoup de choses à la carte me font largement envie, par contre).

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7 septembre 2015 1 07 /09 /septembre /2015 14:20

Un nouveau big boss est arrivé dans l'établissement il y a peu. Comme le précédent, il a déclaré tout de go que l'organisation dudit établissement laissait à désirer, qu'il fallait tout revoir, et a mis en place des comités et autres commissions chargées de réfléchir à la nouvelle organisation super géniale qui réglerait tous les problèmes.

 

Quand je suis arrivé il y a 5 ans, on était en pleine réorganisation initiée par le précédent big boss après consultations, commissions etc.

 

Donc, en grosso modo 10 ans, on aura connu trois organisations différentes de l'établissement.

 

Vous me direz que ça occupe les gens, surtout en cette période de rentrée scolaire toujours excessivement calme, et ça permet d'éviter de se poser d'autres questions sans doute plus complexes (qu'est-ce qu'on enseigne, pour qui, comment, quelle place pour la recherche, le tout avec quels moyens? - par exemple-).

 

Cela dit, outre le temps perdu, tant sur le moment que sur le moyen terme le temps que tout le monde retrouve sa place et comprenne ses nouvelles activités, il faut quand même probablement se poser la question du nombre possible d'organisations différentes au sein d'un établissement comme le nôtre: ce n'est probablement pas infini. Est-ce qu'au bout de 3, on n'aurait pas fait le tour?

 

J'ai l'impression que cet espèce de "mouvement perpétuel" induit par les nouveaux chefs qui veulent laisser leur marque (tout en suggérant que le prédécesseur était une buse) est une constante de l'organisation publique, mais sans doute aussi privée.

 

Ne peut-on pas y couper?

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