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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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10 mai 2011 2 10 /05 /mai /2011 17:21

Dans le métal comme partout, il y a ceux qui se prennent au sérieux, et les autres.

 

Et comme le monde du métal diffère finalement peu du royaume des bisounours, j'aime les premiers, mais j'apprécie aussi de temps à autre un brin de dérision dans ce monde de clichés.

 

Dans le seconde catégorie, nous avons donc par exemple The Traceelords, groupe allemand dont le nom est dérivé d'une fameuse actrice des années 80.

Ils ont un peu arrêté depuis, mais ils se sont fait connaître au début des années 2000 en reprenant à la sauce glam des tubes disco (me fauchant ainsi une idée géniale que j'avais eu dès le lycée).

 

 

 

Dans le chemin inverse, on a Hellsongs qui connaît un certain succès (et vient visiblement de splitter), en reprenant des tubes métal à la sauce musique lounge.

L'une de mes préférées est une reprise de W.A.S.P., I wanna be somebody:

 

 

Un esprit légèrement décalé, mais les deux s'écoutent bien, je trouve. Priscilla, étonnamment, préfère la reprise à l'originale.

On peut écouter les deux albums de Hellsongs sur deezer: on y trouve du Metallica, du Maiden, du Helloween, du Black Sabbath, etc. Que du lourd, et franchement bien fait.

 

 

Et puis bizarrement, ce sont mes idoles, les gardiens du temple "true metal" qui ont su le mieux sublimer l'inspiration des groupes qui souhaitaient leur rendre un hommage original.

 

Je peux citer une reprise de Brother of Metal par un groupe brésilien nommé S.H.A.P.T.:

 

 

Et une de Metal Warriors par le groupe français Ultra Vomit, dont la spécialité est la reprise de comptines enfantines en version hardcore (ce sont des amis des fameux Gronibard): on peut l'écouter sur leur ancien site, ici (en bas de la page, Reggae Warrior).

 

Ou aussi la version a cappella de Kings of Metal par Van Canto, dont j'ai déjà parlé (si je ne suis pas sûr de leur auto-dérision, cela n'enlève rien à leur comique). 

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9 mai 2011 1 09 /05 /mai /2011 11:17

N'ayant pas réussi à obtenir de table* chez Septime, le nouveau "bistronomique" menu-unique à 50 euros faiseur de buzz de la capitale, ouvert il y a 10 jours par l'ancien chef d'Agapé et à l'époque plus jeune étoilé de France, chroniqué de façon dithyrambique 3 semaines avant son ouverture, chroniqué depuis par toute la critique qui compte - ce qui laisse supposer que peu de "vrais" clients ont pu y aller- et probablement déjà complet pour les 3 prochains mois, je voudrais vous parler d'un autre futur monument de la gastronomie, Chez Minus (la taverne du petit homme) à Capbreton, Landes.

 

Décoration épurée, très scandinave: grandes tables d'hôte de 8-10 personnes dans le plus pur style Emmaüs et bancs en bois clair, sobre. Les assiettes en carton, les saladiers en plastique pour y déposer les coquilles de fruits de mer et crustacés et les fameux verres duralex, donnent un côté casual qui n'est pas sans rappeler le lounge new-yorkais et le Philippe Starck old school. 

La salle ouverte rend certes l'atmosphère un peu bruyante, mais donne une impression d'espace quasi planante, renforcée par les poutres apparentes et le haut plafond. Un côté "ancien hangar qui ne paye pas de mine" un peu destroy, qui devrait convaincre l'amateur parisien des "soirées squat".

Service virevoltant de jeunes demoiselles accortes passées par les meilleures maisons régionales, comme le Mega Macumba de Mérignac.

 

Une cuisine qui valorise le produit pour le produit, sans chichis: on pense notamment aux moules "de saison" à 8 euros 50 délicatement aillées, dans un jus de cuisson "secret" majoritairement lipidique, proprement addictif. Les sardines grillées ne sont pas en reste, comme les crevettes. Le tout est superbement dressé dans de grandes marmites imitation terre cuite. Les frites, allumettes, sont délicieusement croquantes et le Magnum Gervais en dessert est finement caramélisé pour une touche de douceur bienvenue.

On notera que la qualité n'est pas ici au détriment de la quantité, et qu'on sortira repu.

Je n'ose parler des pichets de 75cl de rosé ou de rouge à 8 euros, issus des meilleurs cépages européens.

Quant à la cuisine ouverte, elle permet d'admirer le travail de la brigade, à la Jean-François Piège.

 

Bref, pour 18 euros par personne, un moment simple mais pourtant pas dénué d'ambitions, idéal pour un enterrement de vie de garçon composé de 12 alcoolos en perdition, déjà très largement imbibés après 24h de marathon picole, dont un déguisé en Mario Bros**.

Mais aussi, je n'en doute pas, pour un dîner romantique ou un anniversaire de mariage.

 

Sans réservation, preuve d'un succès qui égale presque celui de Saturne.  

Je pense qu'on en reparlera: d'après mes sources, le New-York Times devrait aussi y consacrer un article.

 

Pour la suite de la soirée, je recommande le Rock Food d'Hossegoor, autre lieu chic et choc, clientèle classy (adolescents en fleur et à appareils dentaires, vieux beaux typés surfeurs sur le retour ou mias de station balnéaire, businessmen cheaps en goguette qui font péter les bouteilles et le mythique Stéphane Plaza - qui a même sa page wikipédia en anglais, c'est dire s'il est famous - en guest star de choc), musique innovante et cérébrale délivrée par un DJ de classe mondiale. Bref, un must (les photos du site parlent d'elles-même, je crois).

 

 

 

 

 

* non mais en fait j'ai pas essayé, hein, faut pas déconner.

 

** le service qui en a sûrement vu d'autres fera preuve d'une patience forçant l'admiration pour la prise de commande, ça fera rire les tablées voisines, et les petits enfants voudront même être pris en photo avec Mario à l'haleine pourtant inflammable.

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4 mai 2011 3 04 /05 /mai /2011 19:04

Jeudi, soirée d'adieux d'un joyeux camarade en partance pour l'Argentine. Un petit sandwich, beaucoup trop de pintes de Pelforth (une bière qu'elle fait mal au crâne), et un coucher a 2h30.

Vendredi, soirée "verrines" (ambiance un dîner presque parfait avec plus d'humour) avec d'anciens collègues. Pas mal de picole aussi, coucher à 1h.

Lever à 7h pour assurer l'encadrement de 8h de travaux pratiques le samedi.

Samedi soir, resto et rosé, couché tôt (23h).

Dimanche, semi-grasse mat' (10h), avant de picoler devant la demi-finale de coupe d'Europe de rugby. Et d'aller en urgence aider au nettoyage par le vide du pote censé partir en Argentine le lendemain, qui venait de se rendre compte qu'il lui restait 10m3 de merdes à virer de son appart' avant l'état des lieux. On finit au chinois du coin, et moi au pieu à minuit.

Lundi soir, foot de 21h à 22h (avec superbe victoire à la clef qui nous permet d'envisager la qualification pour les phases finales de la Coupe) après 3h d'amphi.

Mardi, jury de mémoire d'ingénieur, puis départ en RER pour rejoindre le séminaire-workshop de notre futur labo d'accueil, histoire de se présenter et de faire connaissance. Pas mal d'alcool au repas, avant de se finir à l'armagnac et de se coucher à 1h du mat' pour se réveiller le lendemain à 7.

Retour ce soir sur Paris, vendredi matin départ sur la côte Atlantique pour un enterrement de vie de garçon avec 4 soiffards pour en rejoindre quelques autres. Au menu du week-end, picole, glandouille, plage, picole, conneries, picole, bars, boîtes, fêtes au jambon et élection de miss sud-ouest, et picole.

Vu mon état à l'heure où j'écris ces lignes, et qu'entre-temps le montage des quelques derniers meubles est aussi au programme, je m'attends au pire pour la semaine prochaine. 

Ou cela ne se calmera pas vraiment d'ailleurs, même si on sera plus dans le haut de gamme (Michel Rostang jeudi, et a priori deux autres bon restos dans la semaine)...

 

 

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29 avril 2011 5 29 /04 /avril /2011 12:07

Quand on est en école d'ingénieur et qu'on part faire un stage de 4-6 mois aux US, les choses sont un peu complexes, mais généralement l'école maîtrise à peu près la situation (en tout cas dans la plupart d'entre elles, qui envoient chaque année la moitié de la promo à l'étranger).

 

Quand on part en post-doc ou en thèse, ou en année de césure à la fac, c'est souvent la panique à bord. En tout cas, ça l'était dans mon cas.

On passe des semaines à lire le site du consulat, à obtenir des infos de potes qui sont déjà partis, à glaner des infos qu'on ne comprend pas vraiment, etc.

Visas J-1, F-1, mach-1?

Assurance santé, compte en banque, logement, salaire, permis de conduire, bagnole... qui contacter à l'Université, etc?

Bref, on a l'impression de partir avec sa bite et son couteau, et advienne que pourra.

 

J'ai appris il y a quelques semaines un peu par hasard qu'il existait une commission franco-américaine, dérivée des programmes Fulbright, dont j'ignorais également l'existence, mais qui sont paraît-il très prestigieux aux US: aide à l'échange international, par le biais de bourses de diverses sortes, etc. Certains "alumni" boursiers Fulbright sont particulièrement éminents et obtenir une bourse Fullbright est paraît-il un bon moyen de s'ouvrir bien des portes là-bas.

 

Bref, cette commission, outre la distribution de quelques bourses, de voyage ou même de post-doc (a priori plutôt pour les sciences sociales), organise chaque année, au printemps, une réunion d'information générale pour les futurs expatriés, traitant de toutes les questions dont je parle ci-dessus, et plus encore.

Le prix de l'inscription est de 5 euros, les infos sont loin d'être exhaustives dans la mesure où la réunion dure 4 heures. Mais ça permet de poser quelques bases franchement utiles, d'avoir une vision d'ensemble des différents problèmes, et de prendre contact avec des gens qui seront par la suite en mesure de vous aider ou de répondre à des questions plus spécifiques.

 

Je me suis retrouvé à intervenir lors de la réunion cette année (pour des raisons de logistique, il y a plusieurs journées "identiques", cette semaine et la suivante), pour raconter mon expérience, et j'ai trouvé ça très bien (pas ce que j'ai raconté, hein, la journée entière). Bonne idée, bonne réalisation dans la limite d'assez faibles moyens. Bonne ambiance, hormis les quelques auditeurs habituels qui tiennent absolument à ce que l'on aborde leur cas particulier au détriment du "plan de travail" global et du timing serré.

 

Je ne sais pas quelles sont les modalités d'inscription et il semble que le site ne fasse pas spécialement de la pub pour l'évènement, mais je pense que c'est à connaître si vous envisagez de partir. Le public classique est composé d'étudiants en échange (type 3ème année d'école de commerce ou d'ingé) qui savent déjà qu'ils vont partir (on n'aborde donc pas les recherches de financement et autres), mais les informations sont suffisamment générales pour être d'intérêt pour tous les futurs expatriés US (dans le cadre d'un visa non-immigrant).

Typiquement, le type d'évènements dont j'aurais aimé connaître l'existence avant de partir, plutôt que deux ans après être revenu...

 

N'hésitez pas à contacter l'équipe, très sympa, qui j'imagine prendra soin de vous tenir au courant. Seul inconvénient, comme souvent en France, il faut habiter Paris (ou être prêt à y venir)...

 

http://www.fulbright-france.org/gene/index.php?sizeup_=&sizeup2009=&referer2=&poste=

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27 avril 2011 3 27 /04 /avril /2011 11:59

La couverture de Charlie Hebdo (que je ne lis d'ailleurs pas), pleine de finesse, de subtilité et de bon goût, m'a néanmoins bien fait rigoler:

 

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(Mme Le Pen a récemment exclu un élu FN, coupable d'avoir posé pour une photo en faisant le salut nazi devant un drapeau à croix gammée - si on ne peut plus se marrer en privé entre gens de bonne compagnie, me sussure B. Gollnisch...).

 

 

D'ailleurs, une coïncidence amusante sur la même thématique, remarquée ce week-end au cours d'une balade parisienne: la boutique de John Galliano* dans le 1er arrondissement fait face à la place Maurice Barrès**.

Etonnant, non? 

 

 

 

 

* "I love Hitler"

** "Que Dreyfus ait trahi, je le conclus de sa race" 

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26 avril 2011 2 26 /04 /avril /2011 09:53

Comme je suis à la fois occupé et en panne d'inspiration, je souhaitais rapidement vous faire part de la floraison récente d'un "pénis de titan" (amorphophallus titanum) dans le jardin botanique de ce trou qu'est Bâle. 

"Son pistil long de deux mètres s'est déployé dans l'air humide, entouré d'une couronne de couleur violet pourpre", comme l'écrit, inspiré, le journaliste du Monde.

 

Notons que cette plante extrêmement rare met une quinzaine d'années pour fleurir (le tubercule doit peser 20 kilos), que la floraison dure ensuite quelques jours seulement. Et que la plante dégage une puissante odeur de charogne, pour attirer les insectes qui la pollinisent*.

 

Vous trouverez un diaporama ici (plus de 500 visiteurs par heure se sont précipités pour l'admirer): www.20min.ch/ro/news/insolite/story/21701710, dont je tire la photo ci-dessous.

 

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* C'est amusant de remarquer que tout ce qui dans la nature ressemble à un zgueg a aussi la particularité de dauber sévère. Par exemple, le satyre puant ou phallus impudicus, champignon de la famille des phallacées (et dont le nom, si j'en crois Wikipédia, est inchangé depuis le 18ème siècle, ce qui est rarissime pour un champignon).

 

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19 avril 2011 2 19 /04 /avril /2011 13:45

"Marche pas dans la mode, ça porte malheur".

Pierre Desproges. 

 

 

Il est donc bon de consulter régulièrement les "faiseurs d'opinion" pour savoir quelles sont les "références culturelles" du moment et les éviter soigneusement, au moins pendant un temps, parfois à jamais.

 

Dans le cas des restaurants parisiens, il s'agit principalement de repérer les néobistrots avec menu unique à 40 euros "suivant l'humeur du chef" et vins naturels, où tous les trentenaires, le jean slim sur les chevilles, acceptent en souriant des procédures de réservation plus contraignantes et humiliantes que celles pour le renouvellement d'une carte de séjour en Seine Saint-Denis.

Pour cela, rien de plus facile: il convient de lire les agences de pub déguisées en blog (à moins que ça ne soit l'inverse).

 

D'autre part, hier a été publiée la liste des 50 meilleurs restaurants du monde, autre classement effectué selon des critères obscurs par un jury dont on ne sait trop comment il est selectionné et qui en fait partie, qui a néanmoins réussi à s'imposer comme une référence absolue (reflétant "le goût de l'époque") aux yeux des principaux media à qui ça évite de faire un quelconque travail de journalisme, et donc des quelques gogos qui s'y réfèrent encore, ou de ceux qui ne peuvent s'empêcher d'aimer tout ce qui brille, même un peu toc.

Cela dit, si vous me lisez régulièrement, vous savez que tenter de comprendre ce besoin généralisé de classements quel que soit le domaine, surtout le moins aisément quantifiable, est l'une de mes marottes.

 

Donc, venons en au fait: le "meilleur restaurant français" est, depuis deux ans, le Chateaubriand, symbole des établissements dont je cause au troisième paragrahe (et ailleurs). Devant les pointures de la gastronomie française, que sont les établissements de chefs comme Gagnaire, Savoy, Bras, ou même Ducasse et Robuchon, etc.

 

Bien sûr, ne nous méprenons pas, le but de ce classement, par la polémique facile qu'il sait soulever, est aussi de faire parler de lui et de la marque qui le sponsorise par des abrutis dans mon genre qui n'ont rien de mieux à faire - ça sort pendant les vacances de Pâques, les marketeux pensent à tout - : que ce soit en bien ou en mal n'est qu'anecdotique.

 

Bref, j'ai pondu dans les commentaires du lien ci-dessus un petit texte. Comme je le trouve pas mal, malgré son côté T.O.C. et peu porté sur la mesure, je me le réapproprie:

 

Un clubber autodidacte (Inaki Aizpitarte, le chef du Chateaubriand, note de l'auteur) dont le "signature dish" est de la betterave râpée servie par d'autres beaux gosses clubbers taciturnes, dans un troquet où l'Escoffier sert à caler la commode des toilettes, mais où il faut réserver deux mois à l'avance...

C'est ça le goût de l'époque.

 

Vous me direz, dans leur ipod (référence à un commentaire précédent de l'article initial, note de l'auteur), y a plein de gens qui ont du Benjamin Biolay ou du Julien Doré et qui sont persuadés que Brassens, c'est juste un square du 15ème.

Des qui sont persuadés que le côté "anar des beaux quartiers", le côté un peu méprisant, toujours l'air de s'emmerder et de prendre les autres pour des cons, à la Houellebecq, c'est synonyme de talent et de profondeur de pensée.

Qui pensent que l'attitude prédomine largement la substance.

 

Mais bon, autant un Kurt Cobain peut "révolutionner" la musique rock en "ne sachant pas jouer" (et encore, pour combien d’ineptes qui auraient mieux fait de rester confinés dans leur garage ?), autant la cuisine est un artisanat avant d'être un art, où la maîtrise parfaite des bases me semble nécessaire.

J'ai quand même du mal à admettre qu'un type à la M. Batali (autre entrepreneur à succès et autodidacte "formé" dans une auberge familiale en Italie où il était considéré comme une tâche par la mamma) soit perçu comme l'un des "meilleurs" chefs du monde.

Ouais, savoir couper en dés une racine de topinambour, rajouter le sourcil froncé une pâquerette dessus et avoir une bonne compréhension de ce que les blaireaux attendent du business pour vendre sa tronche, c'est top, mais j'ai plutôt foi en un M.O.F. qui prépare un lièvre à la royale.

Je préfère un chef connu parce qu'il s'est formé chez les grands et qu'il respecte son métier sans se prendre pour C. Ronaldo que parce qu'il a ses entrées au VIP et qu'il s'est tapé une ex de la Star Ac.

 

Ca ne fait guère que 10 ans qu'on starifie les chefs*, et ce n’est pas forcément une bonne idée si la conséquence est de se retrouver avec des classements de ce genre : corollaire, au lieu d’être une fête, aller au restaurant devient une procession panurgesque semi-béate, semi-masochiste.

Et on commence à faire de même avec les bouchers, les boulangers...

Bientôt le top 50 des plombiers.

 

plombier-polonais.jpg

 

 

* Le premier dont on a commencé à (trop) voir la tronche était Bocuse, il y a 40 ans, mais au moins ça restait confiné à la cuisine, en uniforme et avec une casserole à la main. Pas en pseudo-gravure de mode. Je pense que ça s’est emballé avec Marc Veyrat en poète partant à la rosée du matin chercher des herbes dans la prairie fringué à la BHL. Et, de l’autre côté de l’Atlantique, avec Batali, qui, à force de prendre de la coco dans les endroits chébrans, a fini par attirer chez lui une clientèle de semi-wannabees et à décrocher une émission de téloche où son côté larger than life a fait le reste.

 

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18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 16:42

Après quelques calculs basiques montrant qu'Eric Woerth, qui affirmait "n'avoir rien à voir avec les riches", faisait alors partie des 0.1% de français les plus riches, voici un journaliste du Monde qui démontre par le même procédé que la nouvelle mesure du gouvernement, annoncée en fanfare - alors qu'elle n'était il n'y a qu'une semaine qu'une hypothèse de travail et qu'aujourd'hui encore, l'approximation sur ses contours règne*- est néanmoins assurément du flan.

 

Je parle de "la prime d'au moins 1000 euros pour tous les salariés des entreprises qui versent des dividendes à leurs actionnaires", qui a dans un élan commun rarement atteint, mobilisé contre elle syndicats et patronats. Entre temps, selon le ministre qui communique, c'est devenu une prime d'au maximum mille euros. Si les dividendes augmentent. Uniquement pour les entreprises dépourvues de participation.

Bref on ne sait plus trop, même si on comprend déjà qu'un rétropédalage musclé s'installe.

 

Quoi qu'il en soit, en se servant du bordélique mais indispensable site de l'INSEE, et d'une calculatrice simple, M. Laurent montre clairement que dans le cas le plus favorable parmi les propos contradictoires tenus par les différents ministres, 2.8 millions de salariés, soit moins de 10% de la population active française, toucheraient la fameuse prime.

Cela en supposant que CDD comme CDI comme stages ou interims soient considérés à l'identique, ce qui est peu probable.

Un calcul plus raisonnable donne un chiffre proche du million. Soit 3% de la population active (plus de 28 millions de personnes).

 

http://www.lemonde.fr/economie/article/2011/04/18/la-prime-gouvernementale-ne-touchera-qu-une-minorite-de-salaries_1509509_3234.html#ens_id=1504506

 

Pendant ce temps là, en 2012 comme en 2011, le point d'indice qui détermine le salaire des 5,2 millions de fonctionnaires est gelé.

Donnez, donnez-moi, le pouvoir d'achaaaaaat. 

 

http://www.lesechos.fr/economie-politique/france/actu/0201304771185-fonctionnaires-malgre-l-inflation-bercy-veut-a-nouveau-geler-le-point-d-indice-en-2012.htm

 

 

 

 

* mais que voulez-vous les élections approchent: donc d'un côté les "mesures sociales" pleines de vent, et de l'autre les "dérapages verbaux" plus ou moins contrôlés sur l'immigration et le sang impur qui vient égorger nos compagnes et nous piquer notre boulot (dans le jargon, on parle aussi de "faire du gros rouge qui tâche").

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15 avril 2011 5 15 /04 /avril /2011 10:40

Notion de concentration critique - démonstration par l'exemple.

 

 

Cas A:

Dans l'Ecole où j'ai fait ma thèse, comptant environ 200 chercheurs, autant d'ingénieurs-techniciens, et une dizaine de laboratoires, le nombre de personnels administratifs était quasi-nul (visiblement une volonté de l'ancien directeur): une ou deux secrétaires pour tout l'établissement, un service comptabilité réduit au strict nécessaire, et c'était à peu près tout.

Les fonctions de direction (scientifique, des études etc) étaient assurées, et le sont encore, par des chercheurs (même si le nombre de personnel administratif a bien augmenté, notamment dans le désormais sacro-saint "service comm'").

 

La résolution des divers problèmes administratifs dépendait donc très largement de la compétence et de la bonne volonté de la secrétaire propre à chaque laboratoire. Ou sinon, du chercheur lui-même.

 

Bref, ça ne marchait pas très bien, mais au moins personne n'était surpris et ça ne coûtait pas cher.

 

 

 

 

Cas B:

Dans le labo américain où j'ai fait mon post-doc, il y avait finalement, et contrairement à ce qu'un français a tendance à croire, beaucoup de personnel administratif. Il faut d'ailleurs préciser que la "paperasserie" américaine est extrêmement lourde et complexe - ceux qui viennent de suer deux semaines sur leur avis d'imposition US et les 200 pages de notice l'accompagnant peuvent en témoigner.

 

Il y avait donc tout un service propre au laboratoire (ou département), comptant une bonne douzaine de personnes pour une vingtaine de Profs, plus tout le service de l'Université itself, dans un énorme bâtiment à l'autre bout du campus. Et puis, d'autres services dispersés à droite à gauche.

Bref, c'était un peu le boxon, il était difficile pour le profane de s'y retrouver (d'autant qu'ils aiment les acronymes encore plus que nous), et je n'irais pas jusqu'à prétendre que tout le monde avait une tâche indispensable et clairement définie.

Cependant, même quand comme moi vous ne compreniez rien: on vous indiquait assez rapidement le bon interlocuteur. Celui-ci était presque toujours réactif (au moins pour la partie "contact humain"). Et finalement, assez rapidement, on prenait en charge votre problème.

 

Ca n'était pas idéal et pouvait être certainement optimisé, ça mettait parfois du temps, mais généralement ce qui devait être fait finissait par l'être sans que vous ayiez à intervenir de nouveau.

L'administration était, donc, plutôt là pour vous aider à résoudre les problèmes et à vous décharger de cette activité qui n'est pas censée être la vôtre. 

 

 

 

 

Cas C:

Là où je suis désormais, il y a encore plus de personnel administratif, dans une succession de couches et de sous-couches parallèles ou connectées (l'organisation globale doit, lorsqu'on la schématise, ressembler un peu à ça), où se mêlent services historiques et services fraîchement créés suite à une énième restructuration, le tout étant digne des plus beaux cas d'étude de la science des systèmes complexes.

Dans ces services, même le personnel ne sait pas toujours qui fait quoi et quel est son rôle, ce d'autant plus que, comme dans toute administration, la valse des mutations et des emplois court-terme font que la moitié du service est renouvelée tous les six mois.

Bref, c'est un bordel innomable.

Et ça finit, un peu paradoxalement, par coûter nettement plus cher en temps et en énergie à l'enseignant-chercheur qu'un fonctionnement tel que celui présenté dans le cas A.

Parce que:

- nous n'avons pas les moyens d'agir directement sans passer par le service "compétent" (dommage, car dans ce genre de cas, le court-circuit est souvent une méthode efficace et éprouvée).

- la responsabilité est extrêmement diluée au sein d'un service.

- les règles internes de fonctionnement sont, quelle que soit la procédure, même celle qui paraît la plus simple, extrêmement complexes, et doivent absolument être respectées dans leur intégralité.

- le service "compétent" est généralement introuvable, et, quand il l'est, "compétent" est souvent un bien grand mot: donc, au bout d'x temps le problème n'est pas réglé, on doit le resignaler, on ne retombe pas sur la même personne, qui n'a pas fonction à résoudre ce problème ou ne connaît pas la nouvelle procédure, etc. Il faut vraiment avoir la chance de tomber sur quelqu'un qui est à la fois serviable, motivé et qui connaît son boulot (dans ce cas-là, noter son nom et son numéro en gros, ne pas le perdre et espérer qu'il ne demandera pas sa mutation pour dépression dans les 6 mois*).

- en tout état de cause, quand il y a une merde, c'est vers l'enseignant que les élèves se tournent: c'est le seul dont l'adresse et le numéro de téléphone sont clairement indiqués. C'est le seul qui est encore dans son bureau après 18h. C'est lui dont on pense que l'enseignement et ses à-côtés sont son boulot à temps plein.

 

Exemple: au premier semestre, mon collègue et moi avons signalé dès novembre que deux examens avaient été planifiés à la même heure le même jour au mois de février, et qu'un certain nombre d'élèves était inscrit aux deux UE (les joies de l'informatique quand le programme est bien fait).

Le problème, après plusieurs coups de fil, mails, et tentatives désespérées de tomber sur la bonne personne ET d'obtenir une réponse, a finalement été résolu largement une semaine avant l'examen.

Charge aux enseignants, bien sûr, de prévenir les élèves.

Nous avions signalé que le problème existait également pour la session de rattrapage prévue en avril (qu'est-ce qu'on se marre).

Bien évidemment, celui-ci n'a pas été réglé en même temps.

C'est donc la même limonade depuis trois semaines: mails sans réponses, coups de fil type "oui monsieur je m'en occupe tout de suite" ou "ah on a crée une adresse mail spéciale pour résoudre ce genre de problèmes, envoyez un message" (traduction: arrêtez de nous emmerder pendant la sieste), et examens ce samedi, inchangés, toujours à la même heure.

J'en ai profité pour signaler que la même chose se produirait aussi au second semestre avec deux autres UE, mais autant pisser dans un violon.

Et j'ai fini par laisser tomber parce que, à la fin, zob.

 

Mais qui croyez-vous que les élèves paniqués contactent? Qui passe pour un blaireau incapable? Qui vient de passer 3h en trois semaines sur un problème dont la résolution devrait prendre 1 minute? C'est bibi.

 

 

 

 

* Je pense par exemple au secrétaire du département: il vient d'arriver, il ne maîtrise pas tout, mais il est toujours prêt à se renseigner et à vous aider dans vos démarches (pour la partie recherche). Tout le monde l'a bien compris et il est du coup, le "tampon" à emmerdes collectif... je ne sais pas combien de temps il va tenir.

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14 avril 2011 4 14 /04 /avril /2011 11:55

Juste avant d'aller déjeuner dans notre "resto d'entreprise" où l'envers du décor ne serait probablement pas très reluisant si on y regardait de trop près, voici une petite vidéo du Cyril Lignac anglais, Jamie Oliver, tentant de désintoxiquer des petits américains de la malbouffe, en leur montrant comment les "nuggets" de poulet sont faites.

Ce n'est pas gagné.

 

Ca donne quelque chose du genre: - au début, confiant -"Cette expérience ne rate jamais: les enfants sont dégoûtés". -à la fin, abasourdi- "Je ne comprends pas, c'est la première fois que ça donne ce résultat... en Angleterre, je n'ai jamais vu ça".

 

 

Vidéo vue sur le site cuisiner en ligne (où on trouvera plus de détails sur le process industriel, largement plus gore que la version "artisanale" déjà pas folichonne de Jamie).  

 

 

Bizarrement, alors qu'il m'arrive d'éprouver des pulsions McDonaldesques typiquement biannuelles, j'ai toujours trouvé les chicken nuggets dégueulasses, même tout gamin...

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Published by mixlamalice - dans Autour de la gastronomie
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