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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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  • Misanthrope optionnellement misogyne et Esprit Universel.

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26 décembre 2010 7 26 /12 /décembre /2010 11:59

Pour se remettre de l'abus de nourritures trop riches, de mélanges d'alcools trop ambitieux, et des discussions enrichissantes des fins de repas de famille, un peu de poésie au travers de quelques photos (copyright Priscilla) de Paris sous la neige, prises avec mon appareil pourrite à 40 euros (le sien ayant malheureusement succombé, victime collatérale noyée par l'abondance des flocons).

 

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Joyeux Noël quand même!

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22 décembre 2010 3 22 /12 /décembre /2010 09:26

Ca manquait, des allemands l'ont fait: le premier groupe de métal a cappella. On ne rit pas.

 

 

Bon, ok, on rit un peu quand même avec cette reprise des Kings of Metal.

 

Ils reprennent aussi du Nightwish:

 

 

Et puis du Maiden, du Metallica, etc. Je ne suis pas allé jusqu'à me faire leurs compos persos.

 

Ca s'appelle Van Canto, ils sont cinq chanteurs et un batteur, ils existent depuis 2006, et ils appellent ça du hero metal a cappella. http://www.vancanto.de/

 

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21 décembre 2010 2 21 /12 /décembre /2010 10:28

Un post de Brighelli m'a enfin décidé à prendre le temps d'écrire ce petit bilan de mes dernières lectures, et des bouts de réflexions qu'elles ont suscitées chez moi. Après tout, ça fait quelques temps que je n'ai pas causé littérature.

 

- Chéri de Colette: Je crois que je n'avais pas été aussi irrité par une lecture depuis le Diable au corps de Radiguet, le mignon de Cocteau. Je serais pourtant bien en peine de vous raconter quoi que ce soit d'un peu précis sur l'"intrigue" (si j'ose dire) de Chéri, que j'ai pourtant terminé il y a deux mois.

A mon humble avis, le fait que les deux romans (ou nouvelles) aient été écrits à la même époque (1920-1923) n'est sans doute pas anodin. Je pense qu'ils reflètent la vie d'une certaine "élite" qui m'apparaît insupportable même un siècle plus tard. Des bourgeois qui pètent dans la soie, dont les problèmes existentiels sont aussi vains que caricaturaux: est-ce que ma maîtresse est trop vieille, est-ce que mon amant est trop jeune, est-ce que cette broche me va bien, est-ce que je dois attacher ou détacher mes cheveux, est-ce que les rides de mon cou commencent à se voir? MAIS ON S'EN BRANLE!!

Sous prétexte qu'ils ont lu trois bouquins et qu'ils font parfois preuve d'un peu d'ironie, on devrait trouver les personnages et à travers eux leurs auteurs, car on est dans l'autobiographie vaguement déguisée, sympathiques et y voir une critique farouche quoique subtile de ce milieu. Mes fesses, oui. Ces gens-là ne savent parler que d'eux, sont incapables de voir le monde au-delà du 6ème arrondissement mais se croient très forts parce qu'ils osent parfois en rire, se reproduisent entre eux, et aujourd'hui encore on peut voir leurs descendants, tels Florian Zeller ou David Foenkinos, s'astiquer au Flore, à moins qu'ils n'aient migré rive droite.

 

Sinon, pour l'anecdote, on notera que Colette, au même titre que Proust, est une icône chez les lettrés américains, probablement de façon plus répandue que chez nous: lorsque je vivais là-bas, j'ai vu ou lu énormément de références à son oeuvre. J'ai même l'impression que ceux qui en parlent aux US les ont vraiment lus...

 

- Juliet Naked, de Nick Hornby: autre ambiance... après quelques romans assez bof (la Bonté, mode d'emploi - About a boy), Hornby revient à son sujet de prédilection, le rock, et les adultes un peu obsessionnels qui ont du mal à grandir. Sujets qui ont fait de Hornby une star de la culture branchée anglo-saxonne, des hipsters aux white people en passant par les lecteurs de Technikart.  

C'est plutôt un retour en forme, il y a des tas de références et situations amusantes pour le fan de rock, et le pitch est assez fendard: ça tourne autour d'un quadra, médiocre prof dans une ville anglaise un peu miteuse, obsédé par un musicien reclus depuis 30 ans, qui même à son heure de gloire n'était considéré que comme un sous-Dylan (ou sous-Springsteen), et qui finit par sortir une version "démo" de son album culte (référence au "Let it be, Naked" sorti par McCartney en 2003, qui trouvait le son de l'original, dû à Phil Spector, trop "artificiel").

Hornby est un gars que j'aime bien, je l'ai déjà signalé. Il est rigolo, cultivé, ses critiques littéraires ou cinématographiques sont toujours intéressantes et ne se prennent pas trop au sérieux, et ses romans, même les médiocres, se lisent bien.

La seule chose que je reproche à ses bouquins, c'est que le narrateur est toujours le même, et je soupçonne que c'est, à peu de choses près, Nick Hornby himself: qu'on lise ses chroniques culturelles, son roman sur une femme en pleine crise de la quarantaine, celui sur un ado amené à devenir père, ou Juliet où les voix alternent (le musicien, le fan, et sa femme), on a toujours l'impression d'être confronté à une seule personnalité. Du coup, tous les personnages se ressemblent, et les situations ou dialogues peuvent finir par ne plus fonctionner.

Alors, pour faire dans la métaphore rock, certes, on ne peut pas reprocher à AC/DC de toujours faire la même chose sachant que c'est la base de leur succès et de leur longévité, mais au bout d'un moment on n'achète plus leurs albums studios et on se contente des anciens...

 

- Les Veilleurs, de Vincent Message: premier roman de ce jeune (moins de 30 ans) normalien prof. de lettres. Un sacré pavé, environ 800 pages, qui n'est pas sans défauts (un peu verbeux parfois, dialogues de temps à autre trop "écrits" ou un poil creux), mais qui reste très impressionnant. L'histoire est un peu longue à se mettre en place, mais elle mêle avec pas mal de virtuosité polar, fantastique, conte philosophique, réflexion sociale, etc. Cela faisait longtemps que je n'avais pas découvert un auteur français contemporain aussi intéressant. A suivre, donc.

 

- Chez Marcel Lapierre, de Sébastien Lapaque: certaines librairies, que d'aucuns jugeraient un poil cynique, ont ressorti ce petit opuscule quelques jours après la mort de M. Lapierre, viticulteur dans le beaujolais, dont le Morgon est, en plus d'être très bon, l'une de mes références prix lorsque je le trouve à la carte des vins d'un resto.

Je n'avais jamais entendu parler de S. Lapaque, écrivain et essayiste.

Son petit livre sur le vin, sorti originellement en 2004, se lit vite et bien: on y trouve des analyses intéressantes et de quoi cultiver le béotien que je suis. Certaines prises de position un peu "extrêmes" ne sont pas sans rappeler Nossiter : les américains sont des terroristes du pinard, Parker une tâche, et le bordeaux, c'est de la merde.

L'amour du vin est criant, certains jugements poussent à la réflexion: "les snobs peuvent déplorer la domination du mauvais goût. Ils feraient mieux de s'interroger sur la responsabilité de ceux qui ont réservé leur grand art à une poignée d'inités et de fortunés". Comme Desproges, je pense plutôt que les snobs sont au contraire très contents de faire partie d'une élite restreinte se partageant le bon goût et laissant la plèbe à ses errances, même si parfois ils prétendent le contraire ("paradoxe, les intellectuels démocrates les plus sincères n'ont souvent plus d'autre but que d'essayer d'appartenir à une minorité. Dans les milieux dits artistiques, où le souci que j'ai de refaire mes toitures me pousse encore trop souvent à sucer des joues dans des cocktails suintants de faux amour, on rencontre des brassées de démocrates militants qui préféreraient crever plutôt que d'être plus de douze à avoir compris le dernier Godard. Et qui méprisent suprêmement le troupeau qui se presse aux belmonderies boulevardières").

Je suis plus réservé sur certaines prises de positions liées visiblement à l'amitié: "à rebours de la démarche financière de certains coureurs de macarons Michelin, Y. Camdeborde est un cuisinier qui aime partager sa passion, un chef qui veut passer plus de temps avec son équipe qu'avec son banquier".

Quand on voit les tarifs et la gestion du Comptoir du Relais, on est en droit de se dire qu'on est quand même loin de la philanthropie...

Cela dit, il faut préciser que Lapaque est visiblement un proche du Fooding, vu les bistrots dont il parle (le Chateaubriand, Racines, les Papilles, le Paul-Bert, le Grand Pan, la Régalade, le Comptoir du Relais, l'Ourcine, le Severo, l'Os a Moelle, le Repaire de Cartouche, etc). C'est aussi un pote de B. Verjus, le pape de la nouvelle critique (tellement nouvelle qu'elle finit par foutrement ressembler à l'ancienne).

 

 

 

Voila.

Et en ce moment, je lis Ordinary Thunderstorms, de W. Boyd.

Un écrivain anglais de la même génération qu'Hornby, mais qui lui n'a pas peur de se renouveler: romans d'aventures, plus ou moins décalés, comiques ou philosophiques, (auto)biographies fictives d'artistes, etc. Ici, un thriller dont on dirait qu'il a été conçu pour être le plus "classique" possible: un fugitif innocent mais dont tout le monde pense qu'il est coupable, avec un tueur et un flic à sa poursuite. Une pute au grand coeur, etc. Du cliché assumé et bien ficelé.

 

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20 décembre 2010 1 20 /12 /décembre /2010 09:43

J'avais déjà fait un article sur cette peut-être exception française qui consiste chaque hiver à s'étonner qu'il neige (ah oui, cette année, ça a commencé avant le début officiel de l'hiver, raison de plus pour en parler 25 minutes sur 30 aux infos). Et aussi à gueuler parce que les transports merdent quand il y a 15 cms de poudreuse sur les routes. Et enfin à malgré tout se ruer dans les aéroports pour y pioncer, dès fois que le vol pas annulé de la journée soit le nôtre: mieux vaut se pourrir son début de vacances plutôt que d'accepter en adulte qu'il puisse être décalé de 48 heures.  

 

Cela dit, ne crachons pas dans la soupe, il n'y a pas que les usagers et les media dont on peut se gausser.

 

Après Hortefeux qui nous assure qu'il n'y a pas de pagaille le jour où 8000 personnes ont du être accueillies dans des hébergements d'urgence et ou plusieurs milliers d'autres ont pioncé dans leur bagnole (reconnaissant quand même quelques problèmes sur les routes pentues...), après Fillon qui toute honte bue déclare que c'est la faute de Météo France, on a aujourd'hui T. Mariani (le gentil député à l'origine de l'amendement sur les tests ADN pour les immigrés, en cas de regroupement familial, aujourd'hui secrétaire d'Etat aux transports) qui déclare:

 

" On avait dit 'retour à la normale aujourd'hui', sauf qu'on n'avait pas prévu que les pistes (d'aéroports, NdMix) seraient fermées ce matin. Donc on s'attendait à un retour à la normale à la mi-journée : je ne serais pas si optimiste quand je regarde le ciel"

 

Une belle vision à court terme, la politique du doigt mouillé qui se transforme en politique de scrutage du ciel, comme soeur Anne. Bientôt, les entrailles de poulet. J'adore...

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17 décembre 2010 5 17 /12 /décembre /2010 09:25

Que je raconte des conneries ici (anniversaire le 13 décembre).

 

Tour à tour pas grand chose, puis penchant un poil du côté littéraire (période où je commentais assidûment La République des Livres de Pierre Assouline), suivi d'un passage plus scientifique (passage par le Café des Sciences) avec en parallèle une voix sur l'expatriation, avant de prendre récemment une tournure plus gastronomique (le cercle des blogueurs bouffeurs), le blog est désormais j'espère une synthèse honorable de tout ça.

Ce tout ça étant un peu moi, en tout cas ce qui m'intéresse.

 

Avec, en 5 ans, environ 75000 pages vues et 35000 lecteurs. Quelque part l'an prochain, le rythme s'étant récemment assez largement accéléré, on devrait arriver à la barre des 100000 pages vues et des 50000 lecteurs.

 

Merci à vous, lecteurs, dont le profil a, je crois, aussi évolué au cours du temps, avec quelques fidèles.

 

D'ici que j'ai plus de temps pour parler de choses plus intéressantes et moins tournées sur me, myself and my blog, joyeux Noël.

 

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14 décembre 2010 2 14 /12 /décembre /2010 11:37

Je prends le bus tous les jours, pour deux fois 25 minutes de trajet dans Paris intra-muros.

Après comparaison avec le métro, le tram et même le RER, je crois pouvoir affirmer que c'est le transport public parisien dans lequel la connerie humaine sous toutes ses formes s'exprime le mieux. Surtout le soir, d'ailleurs, pour une raison qui ne m'apparaît pas évidente (si ce n'est qu'après une journée de merde, le parisien moyen est encore moins sympa que d'habitude).

Egoïsme, bêtise crasse, incivisme, impolitesse, méchanceté, indifférence totale... chaque jour, on peut voir un peu tout ça et plus encore.

 

Au hasard et dans le désordre, on peut citer:

 

- les fatigués de la vie qui refusent de bouger le cul de leur strapontin pour désengorger un peu l'espace, même quand 124 personnes sont agglutinées dans le couloir.

- les mêmes fatigués de la vie qui préfèrent se jeter sur le fauteuil que tu viens de libérer quitte à te rentrer dedans (sans un mot d'excuse ni même un regard) et t'écraser en s'échinant à passer à deux dans un couloir de 30 cms de large plutôt que d'attendre 20 secondes que tu descendes.

- les toujours épuisés ou les bovins finis pour qui descendre du bus lorsque celui-ci est bondé et qu'ils bloquent la sortie, afin de faciliter la descente, semble au-dessus de leurs forces physiques et/ou mentales.

- les hommes pressés qui se ruent dans le premier bus bondé bien qu'il y en ait un vide de la même ligne 200m derrière (parce que quand un bus est bondé, il met 2 minutes à redémarrer après chaque arrêt, ce qui fait que celui derrière le rattrape rapidement).

- les mêmes qui se précipitent à l'intérieur par la porte de derrière avant que personne n'ait pu descendre (cf le métro).

- les petits vieux à qui ça arracherait la gueule de dire merci quand tu leur donnes ta place spontanément.

- ces mêmes petits vieux qui semblent prendre un malin plaisir à prendre le bus entre 17h30 et 19h tous les jours, quand ce n'est pas à 8h30. C'est encore mieux quand en plus ils en veulent à la terre entière parce qu'oh la la il y a du monde.

- les encore éreintés qui font semblant de ne pas voir les petits vieux ou les impotents pour ne pas avoir à bouger leur cul du siège prioritaire (je faisais ça quand j'étais un pisseux rebelle de 14 ans, à 30 ans ça me fait un peu honte).

- ceux qui préfèrent la promiscuité et les mauvaises odeurs corporelles, et donc s'entasser dans le couloir sans bouger même s'il y a 15 places libres au fond, donnant l'impression que le bus est bondé alors qu'il est à moitié plein.

- les mêmes amateurs de contact humain qui viennent s'asseoir à côté de toi même si le bus est vide (on les retrouve ensuite au cinéma).

- les blaireaux qui gueulent au téléphone pendant toute la durée du trajet, et exposent à tous leur médiocrité et leur mauvaise éducation avec fierté.

- ceux qui écoutent leur musique de merde à bloc, avec un body-language signifiant plus clairement qu'une affiche "je vous emmerde tous et vous n'avez pas de couilles" (à raison, d'ailleurs).

- ceux qui parlent au chauffeur comme s'il était une sous-espèce ne méritant même pas un bonjour ou un s'il vous plaît-merci, beuglant "LA PORTE" ou autre chose d'un ton exaspéré.

- les chauffeurs qui eux aussi en ont marre d'être simplement courtois, voire parfois de s'arrêter simplement aux arrêts prévus.

- ceux qui ne se bougeraient pas le cul d'un centimètre pour aider une mère et sa poussette ou à défaut simplement la laisser rentrer et caser sa poussette dans l'espace prévu à cet effet.

- les mères et leurs poussettes qui défoncent pieds et jambes quand le bus est blindé, qu'il y a déjà 3 poussettes entassées dans l'espace central prévu pour deux: je suis une mère, je suis unique, vous ne savez pas ce que c'est, je suis prioritaire.

 

Etc, etc.

 

On peut voir régulièrement tous ces comportements dans les autres transports en commun, mais j'ai l'impression qu'ils sont beaucoup plus exacerbés et réguliers dans le bus qu'ailleurs. Je n'ai pas vraiment d'explications, et ce n'est après tout qu'un ressenti. Je ne suis moi-même pas exempt d'être à l'occasion un gros con, décérébré ou mal élevé. Mais en général j'en prends conscience à un moment ou à un autre, même si c'est parfois trop tard, ce que je ne peux certifier chez les autres, tant leurs pupilles semblent souvent plus vides qu'un intestin après un traitement laxatif.

Je devrais me remettre au métro, finalement plus calme*, mais bizarrement l'aspect sombre et sale me rend plus dépressif. Mieux vaut entretenir la misanthropie.

 

 

* je dirais que le pékin moyen est plus philosophe dans un métro bondé que dans un bus bondé.

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10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 10:35

J'ai commis une erreur de jugement. J'ai pêché probablement par facilité, et un peu par fatuité aussi ("moi je suis meilleur, plus motivé et mieux organisé que les autres, ça ne m'arrivera pas").

 

En étant nommé Maître de Conférences, je pensais que mes "temps caractéristiques" allaient augmenter: je savais certes que l'enseignement prendrait beaucoup de temps au début, mais je pensais aussi que j'allais enfin pouvoir mûrir intellectuellement et scientifiquement, prendre un peu de recul et ne plus me forcer à faire des choses dans la simple optique "si tu publies pas dans six mois, t'es mort". Je me disais naïvement que je pourrais retrouver, pendant certaines périodes, le "bon vieux temps" de la thèse, où on me foutait la paix, où je faisais ce qui me plaisait, où j'apprenais plein de trucs, sans penser encore trop à mon dossier de candidature où à mon séminaire à venir pour trouver un labo d'adoption.

 

En fait, c'est exactement le contraire. Je n'ai absolument plus le temps de réfléchir, et même six mois est un horizon beaucoup trop lointain pour que je lui accorde ne serait-ce que quelques secondes.

 

En terme de manipes déjà, c'est au jour le jour, ou plutôt au mois le mois vu le temps que j'y passe.

 

Plus que l'enseignement, c'est surtout la foultitude de tâches - pas forcément inintéressantes d'ailleurs, mais pour lesquelles ma formation est surtout nulle et non avenue- pour lesquelles un Maître de Conférences peut être sollicité, qui empêche de facto d'espérer avoir pour soi un peu de temps à soi pour se poser des questions scientifiquement pertinentes et réfléchir à une manière de les résoudre.

 

Car oui, en ce moment, je passe beaucoup de temps sur mes enseignements, notamment les cours magistraux qu'on m'a refilés sur des sujets que je suis parfois loin de maîtriser: devoir parler relativement intelligemment deux heures sur un sujet sur lequel on a environ deux heures de connaissance, c'est délicat.

 

Mais il y a aussi les surveillances et corrections d'exams, les TPs, répondre aux mails ou coups de fil des étudiants.

 

Il y a remplir des fiches d'enseignements prévisionnelles et autres joyeusetés administratives, notamment en ces temps de profonde réorganisation des établissements d'Enseignement Supérieur en général, et du mien en particulier.

 

Il y a les colloques, workshops et autres congrès parce qu'il faut penser au relationnel.

 

Il y a les jurys de validation de diplôme d'école d'ingénieur qu'on te refile parce que les deux Profs du labo sont l'un en train de consolider nos relations internationales - au Maroc-, l'autre happé par moult commissions dans tous les organismes d'évaluation de la recherche imaginables. Dossier de 150 pages reçu un mois après la date limite, à valider trois jours après l'avoir reçu, aucune information sur ce qu'on attend exactement de toi, changement des règlements administratifs dont personne n'a été informé, etc. Un grand moment de solitude (valorisé paraît-il à hauteur de 4 heures équivalent TDs, usuellement payées en primes avec deux ans de retard).

 

Il y a les rédactions de projets ANR, 40 pages de vent à l'américaine à base de copié-collé, de phrases ronflantes, de jargon administrativo-technique sur les hommes/mois et les prédictions de résultats sur 5 ans, le tout enrobé dans une prose de vendeur d'assurances. On pourrait penser qu'on touche là, malgré mes descriptions peu flatteuses, quand même un peu à la science, mais en fait, je vous assure, pas vraiment: quelques experts bien choisis (qui écrivent leurs projets et en jugent d'autres) associés peuvent vous écrire 5 ANR en 1 mois, et en avoir 3 d'acceptées. 

 

Il y a les réunions pédagogiques, les formations, les réunions scientifiques, les visites de labos.

 

Il y a les imprévus à faire de toute urgence pour avant-hier sans faute.

 

Et quand j'ai la paix une demi-heure, je me dis à quoi bon, suis frappé par la procrastination, et j'écris un article de blog. Ou je réfère un article puisque visiblement, je suis entré dans une base de données récemment, et que je reçois une à deux demandes par mois.

 

Avec tout ça, mes journées sont occupées de 9h à 18h (les jours où il n'y a pas cours du soir), et il m'en reste un peu pour les transports et le week-end. Je n'ai pas le temps de m'emmerder, puisqu'à vrai dire je n'ai pas le temps de penser.

Je suis toujours dans l'urgence, à courir d'un endroit à l'autre. Je bâcle tout, j'ai l'impression de ne maîtriser qu'une partie des tâches qui me sont allouées. Pourtant, tout le monde a l'air content, parce que ce qui compte, c'est d'être très occupé.

C'est un peu comme un vrai métier dans la vraie vie en fait. Bêtement, après 7 ans, je croyais toujours que c'était un peu différent.

 

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7 décembre 2010 2 07 /12 /décembre /2010 18:00

Hier, 22 février, j’allais à la Chambre des Paris. Il faisait beau et très froid, malgré le soleil de midi. Je vis venir rue de Tournon un homme que deux soldats emmenaient. Cet homme était blond, pâle, maigre, hagard ; trente ans à peu près, un pantalon de grosse toile, les pieds nus et écorchés dans des sabots avec des linges sanglants roulés autour des chevilles pour tenir lieu de bas ; une blouse courte, souillée de boue derrière le dos, ce qui indiquait qu’il couchait habituellement sur le pavé ; la tête nue et hérissée. Il avait sous le bras un pain.

Le peuple disait autour de le lui qu’il avait volé ce pain et que c’était à cause de cela qu’on l’emmenait. En passant devant la caserne de gendarmerie, un des soldats y entra, et l’homme resta à la porte, gardé par l’autre soldat.

 

Une voiture était arrêtée devant la porte de la caserne. C’était une berline armoriée portant aux lanternes une couronne ducale, attelée de deux chevaux gris, deux laquais en guêtres derrière. Les glaces étaient levées, mais on distinguait l’intérieur, tapissé de damas bouton d’or. Le regard de l’homme fixé sur cette voiture attira le mien. Il y avait dans la voiture une femme en chapeau rose, en robe de velours noir, fraîche, blanche, belle, éblouissante, qui riait et jouait avec un charmant petit enfant de seize mois enfoui sous les rubans, les dentelles et les fourrures.

 

Cette femme ne voyait pas l’homme terrible qui la regardait.

Je demeurai pensif.

 

Cet homme n’était plus pour moi un homme, c’était le spectre de la misère, c’était l’apparition, difforme, lugubre, en plein jour, en plein soleil, d’une révolution encore plongée dans les ténèbres, mais qui vient. Autrefois, le pauvre coudoyait le riche, ce spectre rencontrait cette gloire ; mais on ne se regardait pas. On passait. Cela pouvait durer ainsi longtemps. Du moment où cet homme s’aperçoit que cette femme existe, tandis que cette femme ne s’aperçoit pas que cet homme est là, la catastrophe est inévitable.

 

Victor Hugo, Choses Vues, 1846

 

2 ans après, Louis-Philippe était renversé par la révolution de février 1848, la 2ème République proclamée.

 

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5 décembre 2010 7 05 /12 /décembre /2010 12:56

De même que les explorateurs gastronomes du 11ème osent parfois franchir ses frontières pour aller se perdre dans le 3ème ou le 10ème, il m'arrive aussi parfois de sortir de mon quartier latin pour aller me sustenter dans le 13ème ou le 6ème...

Je pousse même jusqu'à la rive droite, travaillant dans le 3ème.

 

Donc, dernièrement, du bon et du moins bon:

 

- 6ème arrondissement:

 

- Le Charivari: (Vavin) idéalement situé à l'intersection entre les boulevards Raspail et Montparnasse, ce bistrot a été repris il y a à peu près six mois par des restaurateurs déjà propriétaires de deux trois brasseries dans le coin.

Testé au cours d'un dîner blogueur, nous fûmes déjà plus inspirés: tout a été dit par Mr Lung, je vous laisse donc à son article...

En ce qui me concerne, le burger était très correct, ainsi que les oeufs mimosas en entrée, avec un certain effort de présentation... mais à 25-30 euros sans les vins (la carte des vins étant probablement la plus inintéressante qu'il m'ait été donné de voir depuis longtemps*), vous pouvez trouver mieux, que ce soit dans ce genre rétro, et même dans un style plus moderne: faites par exemple 200 mètres de plus et allez plutôt tenter votre chance rue Sainte-Beuve, au Timbre ou à Moustache (remplaçant Chez You, que j'avais trouvé plutôt sympa la seule fois où j'y étais allé), deux mini-bistrots qui ont eu de bons échos.

 

- La Ferrandaise: (Luxembourg, www.laferrandaise.com/) Un bistrot dont je n'avais pas entendu parler et qui n'a pas une énorme presse actuelle, mais qui a connu son heure de gloire en 2006 (meilleur bistrot Lebey). Il faisait partie de la shortlist du dîner blogueur mentionné ci-dessus, recommandé par Alain.

En regardant leur site, j'avais vu qu'ils acceptaient les groupes, et je les ai donc contactés dans le cadre du repas de promo spécial 10 ans.

Contact téléphonique sympa, et organisation nickel pour notre groupe. Menu "customisé" à 44 euros tout compris, correspondant grosso modo au menu à 32 euros avec un choix limité, et une bouteille de vin dans les 25-30 euros et une d'eau pour 3 personnes.

Après un consommé de choux-fleurs en amuse-bouche, soupe de potirons-carottes avec un petit toast et des cébettes très goûtue ou des classiques et bons champignons farcis. En plat, du paleron en pot-au-feu, copieux et bien cuisiné, idéal par ce temps, ou du bar grillé très convaincant. Les desserts sont un peu en deça (gâteau chocolat cacahouètes un peu déséquilibré, ananas un peu quelconque et un mariage moyen avec la glace basilic). Vins assez quelconques, mais nous avions pioché dans le bas de la carte qui présente quelques références intéressantes.

En tout cas, service au top, grande salle idéale et un bon moment avec des convives sympathiques. A réessayer dans un contexte plus "naturel".

 

 

- 13ème arrondissement:

 

- L'âge d'or: (métro Tolbiac, www.lagedorparis.com/). Une adresse "le Fooding en goguette" dans les quartiers populos et moches de la capitale. Mais on ne va pas non plus aller dans un resto asiatique, ce serait tellement convenu... Donc une espèce de bar à vins (qui garde ses bouteilles verticales dans la salle), qui fait aussi troquet pour étudiants, galerie expo, salle de jazz, et un peu resto.

Rien d'exotique ce soir là, mais cela dit, je reconnais volontiers que la formule à 24 euros (entrée plat dessert, 18 pour entrée plat) est assez chouette, avec une jolie cuisine, assez légère, sortant des sentiers battus à ce prix: brochette jambon-figue-tomates cerises avec une salade frisée, magret de canard avec une purée de salsifis, ou un poisson dont j'ai oublié le nom et une association audacieuse mais bien menée avec un risotto aux champignons et châtaignes. Tarte aux figues en dessert.

Si vous n'avez rien à foutre dans le quartier, vous pouvez vous abstenir, mais si vous êtes là et que vous ne vous sentez pas de choisir au pif entre 10 restos chinois et 15 vietnamiens, c'est plus qu'honnête. Service djeun's cool.

 

- L'auberge Etchegorry (entre Gobelins, Glacière et Place d'Italie): Une maison qui assume depuis des lustres sont côté auberge de province du siècle dernier. C'était à l'origine un cabaret célèbre où Hugo et Dumas aimaient venir ripailler, et ç'a été pendant longtemps un classique bibendum gourmand... J'avais beaucoup aimé les deux premières fois, il y a déjà plusieurs années, ce côté très "région", grosse bouffe basque de belle facture pour 35 euros: cou d'oie au boudin, cassoulet, gibiers, charcutailles etc. Y retourner récemment fut une grosse déception. La carte n'a pas changé mais la qualité a beaucoup baissé. Ca n'est pas scandaleux, mais on y a perdu en goût, les plats sentent le réchauffé, livrés à table 12 secondes après la commande, avec les tagliatelles croquantes du fait du micro-ondes... Les desserts sont un peu plus au niveau, et la carte des vins présente des prix honorables (Clos Triguedina pour environ 25 euros, par exemple). Comme on mange moins bien, on s'attarde plus sur le côté kitsch extrême de la déco, et le service un peu "jeune".

Dommage.

 

 

- 3ème arrondissement:

 

- Au Bascou: (Arts et Métiers, Temple, République, www.au-bascou.fr/). Lui aussi meilleur bistrot parisien il y a quelques années. Lui aussi resto basque (tenu par un breton, ancien de chez Senderens). Un chouette menu déjeuner à 17,5 pour entrée plat ou plat dessert, avec langue de boeuf ou oxoa de veau. Beau et bon, on en voudrait plus. Déco un peu quelconque, et tables un peu trop rapprochées. Service un peu débordé, du coup plus d'une heure pour déjeuner en arrivant avant le coup de feu. Un peu dommage.

A essayer probablement plutôt le soir, pour s'attarder sur une carte alléchante et les spécialités de gibier (lièvre à la royale).  

 

 

- Le Havre:

 

- La Petite Auberge: jolie table un poil compassée avec un service un peu chichiteux, mais beau menu entrée plat fromage dessert pour un peu plus d'une trentaine d'euros. Un peu d'audace sur les entrées (tartare de crevettes), plus classique sur les plats, joli plateau de fromages locaux, carte des vins assez fournie... Clientèle plutôt agée et pépère en ce dimanche, on est loin de l'adresse locale branchée, mais c'était bien. Pas exceptionnel, mais bien. A mon avis pas loin de ce qui se fait de mieux au Havre.

 

 

 

 

Je rajouterai peut-être quelques photos, mais bon, j'ai un peu la flemme là... Attendez plutôt celles de chez Piège, pour Noël.

 

 

 

* parmi les 10 références, on trouve par exemple le fameux Mouton-Cadet 2007, vous savez, cette bouteille à 10 euros (vendue environ 25) qui me donnait l'impression d'être connaisseur quand je l'achetais au Champion en bas de chez moi pendant mes années étudiantes.

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Published by mixlamalice - dans Restos
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2 décembre 2010 4 02 /12 /décembre /2010 17:15

L'ENA, c'est tellement bien que les mecs qui en sortent deviennent capables de tout. C'est même à ça qu'on les reconnaît.

 

Encore un exemple récent:

 

Alexandre Bompard, ancien haut fonctionnaire, diplômé de l'ENA, quitte il y a quelques semaines la direction d'Europe 1 pour celle de la FNAC.

 

Il est remplacé par Denis Olivennes, ancien haut fonctionnaire, diplômé de l'ENA. Et accessoirement patron de la FNAC de 2003 à 2008 (avant un interlude de 2 ans au Nouvel Obs).

 

On croirait voir un remaniement ministériel, où l'homme politique de qualité passera sans effort et avec autant de réussite du Ministère de l'Agriculture à celui de la Culture.

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