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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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5 décembre 2010 7 05 /12 /décembre /2010 12:56

De même que les explorateurs gastronomes du 11ème osent parfois franchir ses frontières pour aller se perdre dans le 3ème ou le 10ème, il m'arrive aussi parfois de sortir de mon quartier latin pour aller me sustenter dans le 13ème ou le 6ème...

Je pousse même jusqu'à la rive droite, travaillant dans le 3ème.

 

Donc, dernièrement, du bon et du moins bon:

 

- 6ème arrondissement:

 

- Le Charivari: (Vavin) idéalement situé à l'intersection entre les boulevards Raspail et Montparnasse, ce bistrot a été repris il y a à peu près six mois par des restaurateurs déjà propriétaires de deux trois brasseries dans le coin.

Testé au cours d'un dîner blogueur, nous fûmes déjà plus inspirés: tout a été dit par Mr Lung, je vous laisse donc à son article...

En ce qui me concerne, le burger était très correct, ainsi que les oeufs mimosas en entrée, avec un certain effort de présentation... mais à 25-30 euros sans les vins (la carte des vins étant probablement la plus inintéressante qu'il m'ait été donné de voir depuis longtemps*), vous pouvez trouver mieux, que ce soit dans ce genre rétro, et même dans un style plus moderne: faites par exemple 200 mètres de plus et allez plutôt tenter votre chance rue Sainte-Beuve, au Timbre ou à Moustache (remplaçant Chez You, que j'avais trouvé plutôt sympa la seule fois où j'y étais allé), deux mini-bistrots qui ont eu de bons échos.

 

- La Ferrandaise: (Luxembourg, www.laferrandaise.com/) Un bistrot dont je n'avais pas entendu parler et qui n'a pas une énorme presse actuelle, mais qui a connu son heure de gloire en 2006 (meilleur bistrot Lebey). Il faisait partie de la shortlist du dîner blogueur mentionné ci-dessus, recommandé par Alain.

En regardant leur site, j'avais vu qu'ils acceptaient les groupes, et je les ai donc contactés dans le cadre du repas de promo spécial 10 ans.

Contact téléphonique sympa, et organisation nickel pour notre groupe. Menu "customisé" à 44 euros tout compris, correspondant grosso modo au menu à 32 euros avec un choix limité, et une bouteille de vin dans les 25-30 euros et une d'eau pour 3 personnes.

Après un consommé de choux-fleurs en amuse-bouche, soupe de potirons-carottes avec un petit toast et des cébettes très goûtue ou des classiques et bons champignons farcis. En plat, du paleron en pot-au-feu, copieux et bien cuisiné, idéal par ce temps, ou du bar grillé très convaincant. Les desserts sont un peu en deça (gâteau chocolat cacahouètes un peu déséquilibré, ananas un peu quelconque et un mariage moyen avec la glace basilic). Vins assez quelconques, mais nous avions pioché dans le bas de la carte qui présente quelques références intéressantes.

En tout cas, service au top, grande salle idéale et un bon moment avec des convives sympathiques. A réessayer dans un contexte plus "naturel".

 

 

- 13ème arrondissement:

 

- L'âge d'or: (métro Tolbiac, www.lagedorparis.com/). Une adresse "le Fooding en goguette" dans les quartiers populos et moches de la capitale. Mais on ne va pas non plus aller dans un resto asiatique, ce serait tellement convenu... Donc une espèce de bar à vins (qui garde ses bouteilles verticales dans la salle), qui fait aussi troquet pour étudiants, galerie expo, salle de jazz, et un peu resto.

Rien d'exotique ce soir là, mais cela dit, je reconnais volontiers que la formule à 24 euros (entrée plat dessert, 18 pour entrée plat) est assez chouette, avec une jolie cuisine, assez légère, sortant des sentiers battus à ce prix: brochette jambon-figue-tomates cerises avec une salade frisée, magret de canard avec une purée de salsifis, ou un poisson dont j'ai oublié le nom et une association audacieuse mais bien menée avec un risotto aux champignons et châtaignes. Tarte aux figues en dessert.

Si vous n'avez rien à foutre dans le quartier, vous pouvez vous abstenir, mais si vous êtes là et que vous ne vous sentez pas de choisir au pif entre 10 restos chinois et 15 vietnamiens, c'est plus qu'honnête. Service djeun's cool.

 

- L'auberge Etchegorry (entre Gobelins, Glacière et Place d'Italie): Une maison qui assume depuis des lustres sont côté auberge de province du siècle dernier. C'était à l'origine un cabaret célèbre où Hugo et Dumas aimaient venir ripailler, et ç'a été pendant longtemps un classique bibendum gourmand... J'avais beaucoup aimé les deux premières fois, il y a déjà plusieurs années, ce côté très "région", grosse bouffe basque de belle facture pour 35 euros: cou d'oie au boudin, cassoulet, gibiers, charcutailles etc. Y retourner récemment fut une grosse déception. La carte n'a pas changé mais la qualité a beaucoup baissé. Ca n'est pas scandaleux, mais on y a perdu en goût, les plats sentent le réchauffé, livrés à table 12 secondes après la commande, avec les tagliatelles croquantes du fait du micro-ondes... Les desserts sont un peu plus au niveau, et la carte des vins présente des prix honorables (Clos Triguedina pour environ 25 euros, par exemple). Comme on mange moins bien, on s'attarde plus sur le côté kitsch extrême de la déco, et le service un peu "jeune".

Dommage.

 

 

- 3ème arrondissement:

 

- Au Bascou: (Arts et Métiers, Temple, République, www.au-bascou.fr/). Lui aussi meilleur bistrot parisien il y a quelques années. Lui aussi resto basque (tenu par un breton, ancien de chez Senderens). Un chouette menu déjeuner à 17,5 pour entrée plat ou plat dessert, avec langue de boeuf ou oxoa de veau. Beau et bon, on en voudrait plus. Déco un peu quelconque, et tables un peu trop rapprochées. Service un peu débordé, du coup plus d'une heure pour déjeuner en arrivant avant le coup de feu. Un peu dommage.

A essayer probablement plutôt le soir, pour s'attarder sur une carte alléchante et les spécialités de gibier (lièvre à la royale).  

 

 

- Le Havre:

 

- La Petite Auberge: jolie table un poil compassée avec un service un peu chichiteux, mais beau menu entrée plat fromage dessert pour un peu plus d'une trentaine d'euros. Un peu d'audace sur les entrées (tartare de crevettes), plus classique sur les plats, joli plateau de fromages locaux, carte des vins assez fournie... Clientèle plutôt agée et pépère en ce dimanche, on est loin de l'adresse locale branchée, mais c'était bien. Pas exceptionnel, mais bien. A mon avis pas loin de ce qui se fait de mieux au Havre.

 

 

 

 

Je rajouterai peut-être quelques photos, mais bon, j'ai un peu la flemme là... Attendez plutôt celles de chez Piège, pour Noël.

 

 

 

* parmi les 10 références, on trouve par exemple le fameux Mouton-Cadet 2007, vous savez, cette bouteille à 10 euros (vendue environ 25) qui me donnait l'impression d'être connaisseur quand je l'achetais au Champion en bas de chez moi pendant mes années étudiantes.

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2 décembre 2010 4 02 /12 /décembre /2010 17:15

L'ENA, c'est tellement bien que les mecs qui en sortent deviennent capables de tout. C'est même à ça qu'on les reconnaît.

 

Encore un exemple récent:

 

Alexandre Bompard, ancien haut fonctionnaire, diplômé de l'ENA, quitte il y a quelques semaines la direction d'Europe 1 pour celle de la FNAC.

 

Il est remplacé par Denis Olivennes, ancien haut fonctionnaire, diplômé de l'ENA. Et accessoirement patron de la FNAC de 2003 à 2008 (avant un interlude de 2 ans au Nouvel Obs).

 

On croirait voir un remaniement ministériel, où l'homme politique de qualité passera sans effort et avec autant de réussite du Ministère de l'Agriculture à celui de la Culture.

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30 novembre 2010 2 30 /11 /novembre /2010 10:36

J'ai déjà dit ailleurs tout le bien que je pensais de l'esprit de corps typique des écoles d'ingénieurs.

 

Cela dit, quand un ancien condisciple a pris l'initiative, il y a quelques mois, d'organiser une soirée-repas-réunion de promo pour célébrer les 10 ans de notre entrée dans cette vénérable institution qui nous a formé, je me suis dit que c'était une bonne idée, ou au moins une initiative louable.

Et que tant que c'était pas tous les 6 mois mais une fois par décennie, on pouvait bien faire un petit effort et aller un peu contre ses principes, exposés dans l'article susmentionné.

Bref, je suis même allé jusqu'à, dans une faible mesure, proposer mon aide pour l'organisation de la partie repas: choix du resto (grâce aux recommandations d'amis blogueurs), pré-réservation, élaboration du menu, discussion sur les prix, etc... pas grand chose en vérité, mais une petite réflexion et quelques coups de fil qui je l'espère ont soulagé un peu le collègue en charge de l'évènement dans sa globalité. Parce qu'organiser un resto un samedi soir pour un chiffre aléatoire autour de 30-40 personnes, ce n'est pas aussi simple, comme certains semblent le penser, que de réserver une table pour 4 en appelant 2h avant.

 

Mais comme souvent, les fait sont têtus: entre les mauvais coucheurs pour qui tout est toujours trop cher, pas assez çi, trop ça, les inspecteurs des travaux finis - parfois les mêmes- qui n'ont malheureusement pas le temps de mettre la main à la pâte mais trouvent toujours celui nécessaire pour t'expliquer comment il aurait fallu faire pour que ce soit beaucoup mieux, et ceux qui annulent à la dernière minute parce qu'ils ont piscine ou que c'est 4 euros de plus que le budget initial*, le côté complexe et un peu stressant de la chose devient juste pénible, et on finit par se dire "à quoi bon**?".

Au bout du compte, ceux qu'on est simplement obligé de solliciter cinq ou dix fois par tous les moyens possibles, pour qu'ils daignent passer deux minutes à vous répondre sont presque les moins pénibles, surtout s'ils ne changent ensuite pas d'avis...

 

Bref, la, tout de suite, j'ai déjà vachement moins envie qu'il y a 1 mois d'y aller, envie qui n'avait jamais été non plus irrépressible. Et je compatis aux tourments du Grand Organisateur, à qui on les a nettement plus brisées qu'à moi.

Ca passera parce que je vais retrouver une majorité de gens que j'aime bien, les autres ayant malheureusement fait faux bond pour un tas de, je n'en doute pas, bonnes raisons.

 

Ah oui, parce qu'au bout du compte, on est 20.

Sur une promo de 70, dont 50 au moins vivent encore en France aujourd'hui, et avec une planification qui remonte à plus de 2 mois. J'ai l'impression que même en comptant ceux qui ont un réél empêchement, ceux qui n'ont pas les moyens, et ceux qui de toute façon ne seraient jamais venus, ça fait peu, et que 30-35 aurait été plus "dans la norme" (c'était d'ailleurs le chiffre en vigueur il y a encore quelques semaines)... mais on a toujours été une sacrée bande de potes.

 

 

 

* Ce sont ensuite tous ces gens là qu'on retrouve aux réunions anciens-nouveaux, qui vont voir les petits jeunes pour fraterniser et s'astiquer sur le côté "ah la vie à l'école c'est tellement chouette et vu qu'on a fait la même - à 20 ans d'écart- on est forcément supers proches".

 

** (se faire chier pour une bande de connards)

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30 novembre 2010 2 30 /11 /novembre /2010 09:17

"Le Barça a gagné 8-0 (contre Almeira)? Ca ne me dit rien. On va voir s'ils nous en mettent 8 lundi".

 

Cristiano Ronaldo, du Real Madrid, le week-end dernier.

 

Effectivement, les joueurs du Barça n'en ont pas mis 8 hier. Juste 5.

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25 novembre 2010 4 25 /11 /novembre /2010 15:03

Petite visite au salon des vignerons indépendants ce soir, histoire peut-être d'acheter quelques bouteilles à consommer rapidement (pas de possibilité de stockage chez moi actuellement), en attendant l'arrivée du nouvel appart', de sa cave, et de mes bouteilles niçoises (si mes parents les retrouvent).

 

Après étude assez fine -dans la mesure de mes faibles connaissances et mon petit guide de la revue des vins de France- des vignerons présents, la visite sera surtout axée sur les vins du Sud: Languedoc-Roussillon, Sud-Ouest (sans le bordelais), Provence, Corse, et un peu de Côtes-du-Rhône.

Je me suis laissé dire et semble avoir confirmation que l'offre en Bourgogne n'est pas très excitante dans ces salons (les bons vignerons bourguignons n'ayant absolument pas besoin de ça pour vendre l'intégralité de leur production). Quant au bordelais, ç'a l'air d'être un peu pareil, et j'ai déjà cette année acheté quelques primeurs, ce qui me suffit pour l'instant.

Dans l'ensemble, l'ordre de prix est autour de 10-20 euros pour les bouteilles que je cible, quelquefois moins.

 

Une douzaine de producteurs au menu, si on a le temps et l'énergie:

 

- Corse: Domaine Leccia.

- Provence: Domaine de la Bastide Blanche.

- Languedoc Roussillon: Domaine Bertrand-Bergé, Domaine Cazes, Mas de Martin, Mas de Daumas Gassac (ce dernier a priori juste pour goûter, j'ai acheté du 2009 en primeurs récemment, et je n'achète pas encore de bouteilles à 35 euros pour les boire comme vin de table).

- Sud-Ouest: Château Lamartine, et peut-être le Clos Triguedina (que je connais déjà pas trop mal).

- Ventoux: Château Tour des Genets.

- Côtes du Rhône (sud): Domaine Bosquet des Papes, Domaine Usseglio (là aussi, les Châteauneuf-du-Pape, ça sera sûrement plutôt pour goûter).

- Côtes du Rhône (nord): Domaine Michelas-Saint-Jemms.

 

Et pour finir, une éventuelle petite incursion finale dans les vins du Jura, Domaine Tissot André et Mireille ou Château d'Arlay...

 

Merci à celui qui m'a filé sa place, les vignerons chez qui j'avais acheté au cours des années m'ayant un peu oublié après mes 3 changements d'adresse et mon expatriation.

En espérant que ça sera relativement "calme".

 

Je reste à l'écoute pour des conseils de dernière minute, bien sûr...

 

 

 

 

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22 novembre 2010 1 22 /11 /novembre /2010 15:26
 
Troisième post d'une série qui je l'espère s'arrêtera très prochainement.
 
Je ne sais pas combien gagnent les agents immobiliers, mais leur morgue vis à vis d'un couple dont le revenu moyen brut annuel est actuellement de l'ordre de 60000 euros ( http://www.lafinancepourtous.com/Niveau-et-composition-des-revenus.html) cherchant à louer un fuckin' deux pièces dans le 12ème ou le 13ème est assez vite insupportable.
 
En ce moment rien ne m'irrite plus que de justifier à ces blaireaux à BTS (un peu d'élitisme intellectuel mal placé mais qui soulage), en m'excusant presque, ma vie, mon cursus, la vie de ma famille depuis 2 générations, pourquoi je suis allé vivre à l'étranger 2 ans (un gros point noir dans notre dossier, visiblement, puisque ça implique que nous n'avons pas d'avis d'imposition pendant cette période), et les voir jeter des coups d'oeil vaguement dégoûtés à nos fiches de paye, comme si nous étions des démunis présomptueux, avant de ne jamais nous rappeler.
 
Vivement que la situation se régularise, que je sois reclassé, que Priscilla ait bien toutes ses fiches de paye comme ils demandent, etc, etc. Peut-être qu'avec un beau dossier à 3 fiches de paye chacun, un revenu de 65000 euros, mon avis d'imposition sur l'année 2010, la caution solidaire de mes parents, et que sais-je encore, on arrivera enfin à décrocher un 50m2 à 1300 euros/mois.
Ou peut-être qu'on finira par trouver un agent ou proprio un peu moins blaireau que les autres (il paraît que ça arrive encore parfois, de tomber sur un proprio qui respecte autre chose que le pognon, et que le cursus, le métier et la stabilité de leurs futurs locataires intéressent un peu, une fois qu'ils se sont assurés qu'ils gagnaient bien 4 fois le montant du loyer).
Mais je crois qu'on va un peu freiner les visites jusqu'à début décembre, date à laquelle la situation se simplifiera peut-être suffisamment pour obtenir un minimum de courtoisie et de bienveillance.
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19 novembre 2010 5 19 /11 /novembre /2010 13:34

Le guide du Fooding vient de rendre son palmarès annuel:

 

http://www.lefooding.com/bonne-nouvelle/le-palmares-fooding-2010-est-servi.html

 

Le Fooding est un mouvement journalistique fondé il y a plus de dix ans, comme alternative aux conventions traditionnelles, comme une invitation à "éprouver le goût de l'époque", en toute modestie. Ils se veulent "éclairés, éclairants, jamais contents".

 

Selon moi, ils ont trouvé leur voix, qui m'irrite souvent certes, mais qui est, ou a été, dans une certaine mesure novatrice.

Cela dit, on remarque que, dès le départ, ils se sont définis par rapport au Michelin et à son classicisme. Et que, encore aujourd'hui, leurs journalistes ressentent le besoin de rappeler chaque année à quel point le Guide Rouge est passéiste, conservateur etc. Preuve un peu triste que leur sillon dépend en fait toujours de celui de Bibendum...

 

Parce qu'il faut quand même reconnaître que le guide du Fooding, c'est un guide parisiano-parisien, par des parisiens branchouilles pour les parisiens branchouilles, qui même lorsqu'ils vont en province se rendent dans les établissements qui ont l'air et les prix parisiens.

Et que leurs goûts sont largement aussi prévisibles que ceux du Michelin.

Ce qu'on peut voir confirmé par leur palmarès 2010: sur 8 restaurants récompensés, on en trouve trois dans le 11ème. Parmentier, Oberkampf, ze quartier top moumoute du trentenaire à peacot, barbe de trois jours, chaussures à bouts pointus et lunettes carrées.

On peut préciser que l'un des restaurants récompensés n'est même pas encore ouvert, mais il faut dire aussi que c'est le nouveau projet de leur chouchou basque Inaki Aizpitarte, trentenaire à l'air ombrageux, la barbe de trois jours, et portant probablement dans le civil des chaussures à bouts pointus, propriétaire du Chateaubriand (Paris 11).

Mais ce sont aussi des aventuriers, donc ils sont allés dans le 3ème, le 10ème, arrondissements frontaliers, et une fois dans le 1er parce que Daniel Rose ne leur a pas laissé le choix en réouvrant Spring là-bas.

Et puis bon, il y a, parce qu'il le faut bien, deux restos de province: même là, pas vraiment de surprise. L'un est tenu par l'ancienne chef du Chateaubriand (Paris 11, voir plus haut), l'autre par un spécialiste des vins naturels (l'une de leurs marottes) et par un chef adepte du name-dropping (une autre de leurs marottes: un plat ne peut être bon que s'il a été concocté avec des viandes de Desnoyers, des légumes de Passard, du beurre Bordier, de l'huile d'olive machin et du sel de guérande truc, car il n'y a bien entendu qu'une poignée d'artisans recommandables en France), tous deux formés très largement dans des maisons parisiennes.

 

Malgré ses tics, je consulte tout de même leur guide parce que je suis moi aussi parisien (branchouille, je ne crois pas, mais c'est une caractéristique assez relative) et qu'ils donnent aussi des adresses moins convenues dans des quartiers moins in. Avec parfois me semble-t-il le besoin de montrer qu'ils s'encanaillent dans des gargotes (http://www.lefooding.com/recherche/papavero.html: une espèce de mini-pizzeria de quartier dans une ruelle déserte, faisant majoritairement à emporter, avec carrelage et deux tables en plastoque...).

En province, leur trip c'est les grands noms, ou les bars à vins comme à Paris (e.g. charcutailles à 15 euros la planche, vins sans sulfite, etc): surtout pas de la cuisine locale, c'est pour les ploucs. A Nice, pas un seul resto de pâtes, de farcis, de petits légumes du pays, de daube etc... mais c'est vrai que la cuisine provençale, c'est pas franchement dans le coup.  

 

Bref, malgré les poses de sauveur d'une gastronomie française sclérosée, c'est un guide qui comme tous les autres a ses défauts, parfois proches de la caricature.

Et, comme le Michelin en son temps, il a contribué à la prolifération d'un concept, d'un style de tables interchangeables dont la vocation première semble être d'être citée par le guide.  

Il n'en reste pas moins intéressant dans son créneau, mais le bon plan, à mon sens, consiste à croiser les sources: un resto recommandé à la fois par les vieux riches moisis du Michelin et les jeunes bourgeo-rebelles du Fooding a de bonnes chances de présenter une carte sympa...

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16 novembre 2010 2 16 /11 /novembre /2010 20:28

Comme je navigue à vue en ce moment... ou plutôt non, à ce niveau là, je ne navigue plus du tout, je surnage à peine et passe plus de temps la tête complètement sous l'eau, soyons brefs.

 

Et rions un peu avec les classements d'automne des universités.

 

Voir notamment cet article: http://www.nytimes.com/2010/11/15/education/15iht-educLede15.html?src=twrhp

 

Je cite les passages les plus intéressants (désolé pour mes lecteurs ne parlant pas anglais, mais je n'ai pas le temps de traduire - mais en gros, c'est une histoire de données bibliométriques visiblement pas très bien pondérées, dans la mesure où elles ont pu être fortement influencées par un seul chercheur, aux pratiques potentiellement douteuses, et jouer sur le classement global):

 

" The news that Alexandria University in Egypt had placed 147th on the list of the Times Higher Education — just below the University of Birmingham and ahead of such academic powerhouses as Delft University of Technology in the Netherlands (151st) or Georgetown in the United States (164th) — was cause for both celebration and puzzlement."

 

....

 

"Researchers who looked behind the headlines noticed that the list also ranked Alexandria fourth in the world in a subcategory ( "citations", which accounted for 32.5% of the total weighting) that weighed the impact of a university’s research — behind only Caltech, M.I.T. and Princeton, and ahead of both Harvard and Stanford."

 

...

 

"Phil Baty, deputy editor of Times Higher Education, acknowledged that Alexandria’s surprising prominence was actually due to “the high output from one scholar in one journal” — soon identified on various blogs as Mohamed El Naschie, an Egyptian academic who published over 320 of his own articles in a scientific journal of which he was also the editor."

 

....

 

Et je voudrais remercier le journaliste, D.D.Guttenplan qui, dans un article pas que drôle, bien équilibré ne diabolisant pas spécialement tous ces classements, énonce néanmoins précisément quelques évidences que les politiques et media français oublient eux un peu vite:

 

" The first step in using rankings wisely is to be clear about what is actually measured. Jamil Salmi, an education expert, also called for policy makers to move “beyond rankings” to compare entire education systems. He offered the model of Finland, “a country that has achieved remarkable progress as an emerging knowledge economy, and yet does not boast any university among the top 50 in the world, but has excellent technology-focused institutions."

 

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11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 18:03

Le 5ème arrondissement n'est pas forcément l'arrondissement le plus excitant de Paris, gastronomiquement parlant.

Entre les usines à gastroentérite du quartier de la Huchette et les déserts résidentiels, les pépites sont rares.

 

Quelques restaurateurs ambitieux, tels Sylvain Sendra chez Itinéraires, ont cherché à donner un coup de fouet au quartier et s'en sont, semble-t-il, quelque peu mordu les doigts.

 

Malheureusement, j'y ai travaillé ou étudié presque 10 ans, et vécu 3, plus 5 à proximité immédiate. Il se trouve que, le vendredi soir notamment, ça reste souvent notre point de rendez-vous.

 

On a donc eu l'occasion de tester bien des troquets, gastros ou rades de quartier, et finalement le tableau n'est pas si noir.

Voici un bilan-balade de quelques adresses allant de très potable à très bien si vous êtes dans le quartier, et que vous me faites confiance, bien entendu.

 

Certains néobistrots dans le coin de Saint-Michel sont, de notoriété publique, très bons, comme le Pré Verre, cuisine imaginative jouant beaucoup sur les épices, même s'il n'est plus aussi hype qu'il y a 5 ans, ou Ribouldingue, spécialiste des abats, dont je n'ai pas été fan.

Plus haut vers Luxembourg, on trouve les Papilles, cave à vins aux tarifs un peu déraisonnables (marge et droit de bouchon élevés), mais au bon accueil et au menu carte entrée-plat-fromage-dessert d'un bon rapport qualité prix (autour de 32 euros si je ne m'abuse) et avec une charcuterie de malade à l'époque en tout cas. Possibilité de réserver la table d'hôtes au sous-sol pour environ 12 personnes...

 

Dans le quartier des Gobelins, deux petits nouveaux ont eu un peu de presse, l'Agrume, et le Tourbillon. L'Agrume est culinairement ambitieux, le Tourbillon un peu moins, les deux sont tenus par des jeunes couples et des chefs bien formés qui vivent la leur première expérience "solo".

 

La rue de l'Agrume (rue des Fossés Saint-Marcel) est d'ailleurs en train de devenir, toutes proportions gardées, la rue Christian Constant Saint-Dominique du 5ème, puisqu'on y trouve également Agapes, à mon goût plutôt moyen - un poil vieillot et déprimant- mais qui a eu quelques bons échos.

Desvouges, un bistrot à vins alors en voie de décrépitude, a également changé de main il y a six mois: repris par deux bons vivants du Sud-Ouest (où en tout cas branchés par la cuisine de là-bas), "un petit coup de peinture plus tard", on y passe désormais un très bon moment. Carte un peu originale et pas légère pour un sou (saucisson cuit au vin et échalottes, cassollette d'escargots, nem toulousain, cannelloni au confit de canard etc). On ajoute une tarte aux pommes, caramel beurre salé, un mi-cuit ou du frometon, plus un bouteille de rouge du sud-ouest et on s'en tire pour 30 euros: à ce prix là, ça change agréablement du tartare-café gourmand.

Service super sympa, rigolard et passionné, qui nous a payé un coup pour se faire pardonner de s'être gouré sur l'addition (compter 4 couverts au lieu de 3, je pense que c'était plus de l'inattention ou un coup de trop qu'une subtile manoeuvre pour nous arnaquer).

A recommander comme adresse de quartier, voire un peu mieux, pas prise de tête. Surtout que ça ne semble pas la cohue.

 

Hier soir, dîner impromptu au Resto, rue Tournefort, derrière Mouffetard, qui a remplacé il y a deux-trois ans la Table Corse, excellent restaurant d'où vous devinez, malheureusement desservi par un service réservé uniquement aux habitués (le bon con de base devant accepter de manger son entrée-plat-dessert en 3h, le temps que la patronne finisse de tailler le bout de gras avec ses potes).

Appeler son micro-restaurant le Resto me semble une mauvaise idée, parce qu'en terme de référencement internet, difficile d'émerger... Et même trouver l'adresse relève de la gageure.

C'était plutôt désert hier soir, mais les deux jeunes femmes, en cuisine et au service, se sont bien occupées de nous, et on a pas mal mangé pour 28 euros. Tartare de crabe, poire rôtie au roquefort, terrine, onglet, canard, navarin, mi-cuit, tiramisu... du classique avec un petit effort de présentation ou dans les accompagnements (brick de légumes, etc), et un côté léger et féminin pas désagréable.

Je trouve cependant également étrange de proposer à la carte des vins une majorité de bouteilles au-dessus de 50 euros, voire entre 80 et 100 pour accompagner un menu-carte à 28 mais bon... quelques références dans les 25 euros quand même, qui ne m'ont pas semblé des découvertes fabuleuses, mais correctes.

Je ne sais pas si j'y retournerai, mais on ne fait pas beaucoup mieux dans le voisinage immédiat de la Rue Mouffetard.

A part bien sûr, le nettement plus haut de gamme la Truffière, qui fait, avec son côté vieille demeure, son menu du midi à 28 euros et sa très belle et exhaustive carte des vins, le bonheur des chercheurs des écoles ou facs environnantes pour emmener des collègues étrangers en "repas d'affaires" réunion de travail. Le soir, ça devient plus musclé niveau addition (dans les 70 euros ou plus) et je n'y suis jamais allé. 

 

On peut néanmoins sur cette rue sympathique quoique trop touristique manger autre chose que les crêpes du Petit Grec: la Montagne (rue du Pot de Fer) est un rade qui présente surtout l'intérêt de vendre des bières pas chères et draine ainsi une partie de la jeunesse du coin, mais ils ont des burgers et tartares corrects pour une douzaine d'euros. 

Pas beaucoup plus cher et assez similaire mais je pense d'un poil meilleure qualité, en tout cas pour manger, la Cave la Bourgogne, tout en bas de la rue Mouff', nourrit copieusement à base quasi exclusive de viande, de patates et de fromage, à rapprocher de Lili et Marcel (Bercy) ou de l'Alouette (Glacière). Pas beaucoup de vert dans les salades, de la quantité et une certaine qualité, et en conséquence pas mal d'affluence midi et soir.

Il y a aussi avec une carte similaire le Tournebride, au milieu de la rue, encore un peu plus cher (et me semble-t-il uniquement le midi pour manger).

 

On peut manger italien (pâtes, charcuterie, fromage) dans une rue parallèle chez Nonna Ines, une petite trattoria peut-être un peu chère (autour de 17 euros le midi, 30 le soir) mais charmante.

Ou, au niveau du métro Censier (rue Monge), une pizza égyptienne copieuse (et pas toujours bien cuite aux heures de pointe) à la Comedia pour une douzaine d'euros, agréable surtout pour sa terrasse sympa en été.

 

Toujours au niveau du métro Censier, on peut aller goûter la cuisine grecque, version gastronomique, chez Mavrommatis, ou plutôt, à mon goût, chez le petit frère plus décontracté (même proprio, ambiance plus bistrot) Aux délices d'Aphrodite. Une quarantaine ou cinquantaine d'euros le repas complet, selon le degré de lâchage.

 

Un peu plus haut rue Monge, nous allions de temps à autre manger au Foyer Vietnamien. Je ne m'y connais pas assez en cuisine asiatique pour vous dire ce que ça valait de façon absolue, mais le menu étudiant à 8 euros (si mes souvenirs sont bons) calait son homme.

 

De l'autre côté de la rue Mouffetard, en remontant vers Jussieu, on peut trouver plusieurs bons bistrots là depuis toujours: il y a le Buisson Ardent et son menu de bon niveau à 30 euros aux parfums un peu exotiques.

Je n'y suis jamais allé, mais Moissonnier et le Moulin à vent, rue des Fossés Saint-Bernard, avaient bonne réputation il y a quelques années. Il se peut que ça soit moins vrai aujourd'hui.

On peut néanmoins trouver dans la même rue l'AOC ou nous avions une fois fort bien mangé, dans le style bonnes viandes copieuses et patates, pas donné, il y a aussi pas mal de temps. Il semble que ça soit toujours les mêmes proprios.

En continuant sur la rue jusqu'aux quais, vous tomberez sur la Rôtisserie du Beaujolais, l'annexe bistrotière de la Tour d'Argent, idéal pour épater les amis touristes qui voudraient un goût de vieille France, de brasserie, de ripailles viandardes et de serveurs en tablier. Dans les 40 euros si ma mémoire est bonne.

 

En remontant la rue des Ecoles pour retourner d'où nous sommes venus, vers le Pré Verre, vous tomberez sur B.I.A., le véritable "diner" à l'américaine. Très bon burger pas très cher, mais il faut avoir envie de faire la queue une demi-heure pour l'avoir, et d'avoir pour uniques voisins de tables des adolescents en goguette.

 

Pas très loin de là vous trouverez le Louis Vins, rue de la Montagne Sainte-Geneviève, un bistrot où j'aimais bien aller il y a environ 3 ans, avec un menu à moins de 30 euros (plats classiques et pas mal d'abats), une jolie cave et un patron super sympa.

 

Voila, je crois avoir fait le tour, je complèterai si des oublis valant le coup me reviennent en mémoire...

Et la prochaine fois, je vous montrerai que je suis aussi un baroudeur qui n'hésite pas à délaisser son petit nid et on parlera de restos dans le 13ème, le 6ème, et même en province.

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Published by mixlamalice - dans Restos
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9 novembre 2010 2 09 /11 /novembre /2010 17:38

Je ne sais pas si mes souvenirs ont embelli une réalité déjà bien sombre, mais j'ai vraiment l'impression que la recherche d'apparts sur Paris, surtout dans le créneau "jeune couple cadres moyens" est devenu un calvaire qu'il n'était pas la dernière fois que ça m'est arrivé, en 2006.

Je mets à part la location de mon studio meublé début 2010 (moins d'annonces, mais aussi moins de concurrence).

 

A l'époque, la gageure était de trouver un appart' pas trop crade à un prix pas exubérant. Certains particuliers se lâchaient, proposant des loges de gardien en tant que "2 pièces lumineux vue sur cour", certaines agences osaient montrer des 8 pièces découpés en 2 pièces uniquement constitués de couloirs, etc.

Mais au moins, on avait des visites.

 

Maintenant, il y a toujours le même problème (avec 10-20%% de plus sur les prix), mais en plus obtenir une visite est devenu presqu'aussi difficile que d'obtenir un pass backstage pour un concert de Lady Gaga.

 

Les agents immobiliers ne répondent pas au téléphone, laissant leurs secrétaires prendre tes coordonnées tous les jours pour mieux ne pas te rappeler. "Je vous les ai déjà données, mes coordonnées. Il y a trois jours. Vous deviez me rappeler." "Ah mais monsieur, vous comprenez, nous sommes très occupés". "Oui, je vois bien. Mais vous vous foutez de ma gueule un peu aussi".

 

Les grosses agences, ou les bailleurs, engagent elles, par le biais d'un numéro surtaxé, à appeler directos le gardien de l'immeuble et faire la visite avec lui. Le dossier est téléchargeable en ligne. Ok, la on visite, mais bonjour le facteur humain (celui qui m'a permis d'avoir mon appart' actuel pour lequel je n'avais pas stricto sensu les ressources nécessaires). Pendant tout le processus, tu ne vois jamais personne, tout est traité par informatique, "I am not a number, I am a free man".

 

Les particuliers reçoivent 20 coups de fil 10 minutes après la publication de leur annonce, les seuls qui rappellent sont donc ceux qui proposent de telles merdes que personne dans la première fournée ne craque.

 

Car je crois que c'est ça le pire: tout part extrêmement vite. Vu la qualité moyenne des apparts, cela signifie que seuls ceux en état de décrépitude consommée sont encore disponibles 7 jours après la mise en ligne de l'annonce...

 

Et tout ça est valable même pour les appartements disponibles dans trois mois... Sauf bien sûr quand on te dit que l'appartement ne peut pas encore être visité et qu'il faut rappeler: "ah, oui, mais pourquoi vous mettez l'annonce alors?". Peut-être que les gens sont tellement déséspérés qu'ils prennent sans visiter?

 

Résultat, 3 visites en un mois, certes géré de façon un peu dilettante, mais nous avons bien du passer une vingtaine de coups de fil.

 

Disons qu'à un mois ou un mois et demi de loyer d'honoraires, je trouve cher l'absence de prestations constatée et le mépris affiché du "client" potentiel...

 

Oui, la demande est très supérieure à l'offre. Mais il y a aussi des professions qui font preuve d'un sens du commerce dans les bons moments comme dans les mauvais. Et d'autres qui ne l'ont jamais. Et je cède probablement au cliché, mais je pense que la corporation des agents immobiliers, tout au moins la frange parisienne (d'après mon frère, on peut généraliser: mais il fait lui aussi partie d'une profession pas franchement aimée du public), est très largement constituée de connards*.

 

 

 

* ceci n'inclue d'ailleurs pas l'agent du studio meublé, tout au moins pour la partie "location" proprement dite. En tant que bailleur, c'est moins ça.

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Published by mixlamalice - dans La vie de Mix
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