Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : La vie au labo
  • La vie au labo
  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
  • Contact

Profil

  • mixlamalice
  • Misanthrope optionnellement misogyne et Esprit Universel.

Recherche

4 novembre 2010 4 04 /11 /novembre /2010 18:49

Article en conclusion d'une journée à la con, presqu'apothéose d'une semaine de merde, prémices d'un mois à chier (ce n'est pas une prédiction, je viens de jeter un oeil à mon emploi du temps):

 

Aujourd'hui, je mettrais bien de grosses mandales:

- aux agents immobiliers qui ne se déplacent même plus pour les visites, qui au téléphone t'engagent à contacter le concierge ou gardien de l'immeuble et de visiter avec lui. Et qui ensuite te facturent entre un mois et un mois et demi d'honoraires.

- aux particuliers qui passent une annonce, puis ne répondent pas au téléphone, et ne rappellent pas non plus.

- au gros connard à l'haleine de chacal de la cantine ce midi, qui, alors que 40 personnes faisaient la queue pour se faire servir, a grillé tout le monde en loucedé, sans rien demander, pour finir par essayer de poser son plateau devant le mien. Alors que je lui demandais pour qui il se prenait, il a enfin daigné me remarquer pour vaguement m'expliquer qu'il ne prenait pas de hors d'oeuvre, et qu'il était en retard, son cours commençant bientôt.

Je lui ai répondu que: 1. je m'en battais le chibre avec allégresse - 2. parmi les 40 personnes qui faisaient la queue depuis une demi-heure, peu étaient là pour les hors d'oeuvre (il faut passer par la catégorie hors d'oeuvre pour arriver aux plats quoi qu'il arrive) - 3. je ne laisserai pas passer.

J'aurais pu rajouter que 4. s'il était à la bourre, il n'avait qu'à aller acheter un sandwich plutôt que de personnifier le sans-gêne à la française.

Ah, je rajouterais que finalement, il a bien passé ses 20 minutes à table, à éplucher ses mandarines et discuter peinard avec des collègues présents.

 

Bon, ça fait déjà pas mal de monde pour un jeudi soir, allons plutôt à un dîner blogueur, ça devrait faire retomber un peu la moutarde.

Repost 0
Published by mixlamalice - dans La vie de Mix
commenter cet article
4 novembre 2010 4 04 /11 /novembre /2010 14:28

Premier exam', premières copies corrigées et rendues, premières pleureuses.

 

L'examen était à tendance "facile", puisque, étant visiblement une matière de peu d'importance dans le cursus de mes élèves, j'ai opté plutôt pour le contrôle de connaissances "indispensables" sur le sujet, à la manière des QCM ricains, que pour la récompense à la réflexion scientifique devant un problème musclé et piégeux à la française.

 

Las, bien qu'une majorité de la classe se soit barrée 20 minutes avant la fin l'air très satisfait, les copies étaient dégueulasses. Dans le fond comme dans la forme.

La moindre des choses quand on a fini largement en avance et qu'un examen paraît facile, c'est de s'assurer qu'on a rendu quelque chose d'irréprochable: effort de "rédaction" (justification des réponses), unités aux résultats numériques, vérification basique de l'homogénéïté des formules: à bac+4 en génie mécanique, quand on est capable d'écrire une surface en mètres ou un module d'Young en Newtons ou une masse molaire en rien du tout, il y a je pense un sérieux problème, qui vient sûrement d'assez loin.

Je m'interroge d'ailleurs: y a-t-il un ou des responsables au fait qu'aujourd'hui, pas un étudiant sur deux n'est choqué de donner un résultat sans unité, inhomogène ou avec 8 chiffres significatifs quand on a une précision de 10% sur la mesure?

Bref, sans être catastrophique, la moyenne pour ma partie d'examen était plutôt faible, vu le côté basique des questions posées (environ 7/15).

Mon collègue n'a pas eu les mêmes états d'âme et la moyenne de sa partie sur 5 doit être de 0.5 ou 0.75 (meilleure note 2, moins de 20% des copies ont plus de 1).

D'où une moyenne générale autour de 7.5-8, une meilleure note à 13, 4 copies au dessus de 10, et une douzaine de copies sous le fatidique 7, induisant un rattrapage dans l'hypothèse où le deuxième partiel serait aussi catastrophique.

Quand je lui ai demandé ce qu'il convenait de faire (je viens d'une école d'ingénieurs où le remodelage de gaussienne des notes autour de 10 est une religion), il m'a répondu: rien, ils n'auront qu'à plus bosser la prochaine fois.

Soit.

 

Sauf que les élèves ne l'entendent pas de cette oreille, et par le biais de la grande gueule de service (le genre de gars qui ne fout rien, mais qui en plus passe son temps à la ramener avec un regard au professeur qui signifie clairement "je t'emmerde"), sont venus pleurer après le cours que je donnais hier à l'autre promo. Promo d'ailleurs complètement différente, globalement attentive, qui participe, fait l'effort de raisonner et à défaut fait au moins gaffe aux "bases" scientifiques.

Ils m'ont même reproché ma "rancoeur" (quant au fait qu'ils n'était pas attentifs)... Sachant qu'il y a encore 5 ans j'étais à leur place et que j'étais moi-même loin d'être toujours irréprochable, je n'ai pas oublié à quel point on peut être profondément inintéressé par un cours, et néanmoins obligé d'y assister. 

Pourtant, je suis tout à fait prêt à admettre que j'ai beaucoup de progrès à faire dans l'enseignement, peut-être même que ce n'est pas quelque chose pour lequel je suis intrinsèquement doué, mais je ne pense pas déjà être assez aigri pour "casser" les élèves qui ne m'écoutent guère. Je crois de toute façon que la case "aigri", si elle existe, est très rapidement remplacée par la case "blasé": celle où on en a tellement vu que plus aucun comportement ne nous étonne ou chagrine, celle où mon collègue proche de la retraite semble évoluer.

Bref, à mon humble avis, leurs errances comportementales a plutôt eu pour conséquence majeure le flou artistique de leurs réponses au problème que mon excessive sévérité...

Et dans l'industrie, puisque ce sont des élèves en alternance, il me semble qu'on ne peut pas trop dire "ouais, c'est sûr que c'est pas complet-complet ni ultra-carré, mais v'voyez l'idée, non?".

 

stop_making_excuses.jpg

 

Mais je parierai que ce dialogue se reproduira tôt où tard, et que, comme cette fois, personne ne convaincra personne...

 

Parce que visiblement, je ne suis pas un cas isolé: 

http://www.utexas.edu/courses/svinicki/398T/Difficult%20Students.htm

Repost 0
Published by mixlamalice - dans L'enseignement
commenter cet article
31 octobre 2010 7 31 /10 /octobre /2010 12:46

Jour de grève nationale, le 12 octobre, nous sortons nos plus beaux habits pour aller déjeuner à l'Espadon, le restaurant du Ritz (http://www.ritzparis.com/jump_to.asp?id_target=1313&id_lang=1), dans le cadre de la semaine du goût.

Prendre un jour de congé un jour de contestation pour aller déjeuner au Ritz, c'est pas très rock'n'roll, mais baste, on ne fête pas tous les jours la fin de 9 mois de séparation et un anniversaire.

 

Les cuisines du Ritz ont notamment vu passer Auguste Escoffier, l'homme qui a modernisé la cuisine française et lui a redonné sa renommée internationale au début du 20ème siècle.

Depuis 2001, elles sont tenues par Michel Roth, M.O.F. et Bocuse d'Or, qui a su leur redonner le lustre d'antan et rapidement reconquérir 2 étoiles au Guide Rouge. 

 

La semaine du goût, qui se tient chaque octobre depuis plusieurs années, est une opération commerciale d'une semaine censée notamment promouvoir la gastronomie chez les jeunes. Entre autres, certains restaurateurs de qualité proposent cette semaine là un "menu du goût" aux tarifs alléchants, principalement pour les étudiants mais pas que. 

Pour ceux qui la pratiquent depuis longtemps, elle connaît une certaine baisse de régime, notamment dûe à une récupération par quelques restaurateurs peu scrupuleux, qui en profitent pour "vendre" des "menus du goût" en tout point identiques (prix et plats proposés) à ceux qu'ils proposent tous les jours de l'année.

En ce qui me concerne, c'était la première fois que j'en profitais, et je n'eus pas à m'en plaindre, même si j'admets qu'il faut être un peu vigilant lors de son choix.

 

L'Espadon proposait dans ce cadre un menu spécial à 150 euros, proche du menu de saison proposé habituellement à 170 euros (entrée, poisson, viande, prédessert, dessert), mais avec trois verres de vin en sus.

 

Le hall du Ritz, la "galerie des tentations" sont un peu rococo, couleurs vives, décoration chargée d'une foultitude d'objets et de dorures.

 

P1030176.JPG

 

La salle est un peu plus "sobre" - tout est relatif- , aux tons pastels, avec une belle impression d'espace (une quarantaine de couverts, tables rondes pour deux qui pourraient accueillir 6 personnes sans se serrer, largement espacées, belle hauteur sous plafond, salle très lumineuse, et grande plante centrale qui n'est pas sans rappeler le Bernardin).

 

MEMO0003.JPG

 

Nous sommes placés près de la baie vitrée, ce qui nous donne une jolie vue centrale sur la table et sur les points de service.

 

Nous commandons une coupe de champagne rosé cuvée Ritz (20% du prix du menu, mais on ne vit qu'une fois) pour débuter et consulter le menu spécial:

 

MEMO0006.JPG 

 

Noix de Saint-Jacques en tartare, fine gelée et riviera de mangue

 

Filet de rouget barbet, fregola sarda aux cèpes et marrons

 

Suprême de pintade à la fleur de cazette et foie gras, émincé de choux vert aux zestes d'orange

 

Touche sucrée (un "crumble" pomme-citronnelle) 

 

Poire pochée à la cardamone, crème légère au chocolat et glace caramel

 

Et à boire:

 

Sancerre blanc Paul Prieur 2009

Château Patache d'Aux 2004 Médoc

Muscat des Baumes de Venise 2008, Domaine des Bernardins

 

Les Saint-Jacques donnent le ton de ce qui, me semble-t-il, doit être la philosophie du lieu: une cuisine subtile, globalement classique se permettant quelques touches "exotiques" avec un dressage superbe, mais malgré tout un peu en retrait. On n'est pas là dans la flamboyance, l'esbrouffe.

Un second rôle qui crève l'écran, en quelque sorte, et sait faire briller ses partenaires, ici un lieu chargé d'histoire et hors du temps, et un service aux petits oignons qui sait s'adapter parfaitement à la clientèle éclectique (repas d'affaire, vieux bourgeois pur sucre, jeunes couples en goguette, touristes japonais ou américains...) pour vous faire sentir le roi de la journée.

 

MEMO0009.JPG 

Le rouget marie subtilement des saveurs marines et terriennes, avec cet accompagnement automnal (cèpes, marrons, fregola sarda). Grâce à des produits au top, ça fonctionne parfaitement: le rouget a une saveur puissante qui ne s'efface pas devant le reste. Joli.

 

MEMO0010.JPG

 

La pintade est plus dans la "tradition française", même si l'assiette est encore une fois sublime et que la large tranche de foie gras grillé, au goût délicatement fumé, m'a laissé un excellent souvenir.

 

P1030179.JPG

 

Il faut ici mentionner le pain, divin, qu'il s'agisse de la baguette individuelle ou des pains spéciaux (lardons, cèpes, tomate-basilic...), et les vins qui, sans s'avérer bluffants, jouent parfaitement leurs rôles d'accompagnateurs de bon goût (j'ai rapidement consulté la liste des vins, impressionnante tant au niveau du choix que des tarifs).

 

Suivent un excellent prédessert, et un dessert qui, bien que magnifique visuellement, m'a plus déçu: un peu lourdaud peut-être (mais les desserts au chocolat sont rarement mes favoris).

 

P1030184.JPG

 

Nous terminons par un café accompagné de délicieuses mignardises, en admirant le ballet des serveurs et le service minuté à la cloche.

 

P1030183.JPG

 

P1030195.JPG

 

Nous terminons ce voyage de 3 heures par une visite guidée des cuisines, assurée par un maître d'hôtel décidément parfait sur toute la ligne, sur 3 niveaux, impressionnantes.

 

P1030197.JPG

 

Puis nous rentrâmes en notre demeure, baignés dans une délicate torpeur qui ne nous quitta que le soir venu, en remerciant chaudement Michel Roth et toute l'équipe pour leur accueil, leur gentillesse (nous eûmes même droit à un menu dédicacé par le chef) et ce superbe moment.

 

Et merci aussi à la semaine du goût donc. A choisir avec précaution, mais à refaire l'an prochain.

Repost 0
Published by mixlamalice - dans Restos
commenter cet article
27 octobre 2010 3 27 /10 /octobre /2010 16:02

Des fois qu'il y ait parmi mes lecteurs des rentiers qui ne savent plus quoi faire de leurs biens immobiliers et préféreraient louer à des fonctionnaires ou assimilés plutôt qu'à des sans-papiers en voie d'expulsion, je passe une annonce. Sans trop d'espoir, mais sait-on jamais.

 

Priscilla et moi cherchons un appartement, 2 ou 3 pièces, dans les 50m2 ou plus, si possible avec une cave, pour moins de 1400 euros/mois charge comprise (et idéalement, autour de 1200).

A priori, nos arrondissements privilégiés seraient le 75013-75014-75012.

Bon, 75005 et 75006 peuvent aussi nous intéresser, ne chipotons pas.

 

Nous sommes propres sur nous, calmes et plutôt bien élevés.

 

Et s'il y a des fans qui sont prêts à nous filer l'appart' gratis, je suis prêt à payer les charges et à garder un chat.

 

Voila,

Contact dans un premier temps: mixlamalice@hotmail.com, ou en commentaires.

 

 

Repost 0
Published by mixlamalice - dans La vie de Mix
commenter cet article
26 octobre 2010 2 26 /10 /octobre /2010 14:45

J'ai déjà sur ce blog publié quelques éloges funèbres.

 

Aujourd'hui, j'apprends via le Monde que Paul le Poulpe est mort, à l'âge de 2 ans et quelques mois.

 

188245-101581-jpg 84568

 

http://www.lemonde.fr/sport/article/2010/10/26/paul-le-poulpe-star-de-la-coupe-du-monde-de-football-est-mort_1431477_3242.html

 

Célèbre pour avoir donné 8 bons pronostics pendant la Coupe du Monde 2010 (sur les 8 matchs de l'équipe d'Allemagne), il avait également réalisé un joli 4 sur 6 pendant l'Euro 2008.

 

Soit un total de 14 bons résultats sur 16 prédictions.

La probabilité de réaliser un tel score (ou meilleur) est inférieure à 1%. 

Cet exploit valait bien les honneurs du Monde, quotidien de référence, et des autres journaux.  

 

Pierre Ménès, Karl Olive, Daniel Riolo et autres pronostiqueurs péremptoires professionnels rémunérés pour vous faire perdre votre blé sabrent le champagne. Et vont peut-être bouffer du céphalopode ce soir.

 

Comment ça, en ce moment le Sénat vote la réforme des retraites?

 

 

Repost 0
20 octobre 2010 3 20 /10 /octobre /2010 15:53

Tiré du Canard Enchaîné de cette semaine.

 

"Il faut rajeunir France 2" avait clamé R. Pflimlin (le nouveau PDG de France Télévisions) lors de son examen devant le CSA.

 

Le 23 octobre est ainsi annoncée une émission spéciale, en direct et à 20h30, avec le toujours jeune et sémillant Michel Sardou, présentée par Patrick Sabatier, basé sur le "Jeu de la Vérité" (une célèbre émission des années 80 sur TF1, animée à l'époque par un certain Sabatier Patrick).

 

Dans le même temps, Michel Drucker annonce le retour de l'émission "Champs Elysées" en novembre. Vous savez, cette émission des années 80 présentée par Drucker Michel, ou, par exemple, Gainsbourg avait annoncé à la jeune Whitney Houston qu'il aimerait bien la baiser.

 

Bref, une sacrée cure de jouvence.

 

Alors, le "jeunisme", c'est mal. Mais dans certains milieux, le showbiz ou la politique par exemple, ça sent quand même un peu la naphtaline.

Repost 0
19 octobre 2010 2 19 /10 /octobre /2010 10:59

Ca y est, j'ai donné mes premiers enseignements.

Quelques remarques avant d'évoquer peut-être un jour, plus amplement, les interrogations métaphysiques que ça m'a procuré.

 

L'avantage de notre petit labo c'est qu'on y enseigne que les polymères. Donc, je n'aurai pas comme cela aurait pu être le cas ailleurs, à me replonger dans les cours d'électrocinétique - ce qui peut être intéressant d'un point de vue culture générale, mais s'avère assez chronophage, surtout la première année quand tout vous tombe sur la gueule au même moment.

L'autre avantage, c'est que la plupart des cours sont niveau L2-L3, ce qui, en polymère, équivaut au niveau introductif, vu qu'on n'en fait pas ou presque pas avant. Ne pas avoir à se replonger dans la théorie de la reptation immédiatement, c'est aussi ça de pris pour espérer faire un peu de recherche cette année.

 

Il y a donc forcément une dark side: c'est que, comme nous ne sommes pas nombreux à assurer l'enseignement, j'ai directement eu droit à deux cours magistraux complets au premier semestre.

Ce qui est un peu lourd à gérer, même si les deux cours, adressés à des populations différentes, sont finalement assez proches l'un de l'autre et ne représentent pas un volume horaire énorme (une vingtaine d'heures présentielles chacun).

 

Et assez éreintant donc.

3h30 de cours d'affilée, ça use un homme. Ne serait-ce que parce que parler debout de façon ininterrompue et intelligible pendant plusieurs heures devant un auditoire est une activité physique. Surtout quand il faut raconter des trucs un minimum intelligents et cohérents.

Mais aussi parce que l'auditoire en question n'est pas un public de théâtre, silencieux, bien élevé, et à l'écoute: Oh, je ne parle pas de cours en ZEP ou même d'un public d'adolescents bourrés d'hormones, juste d'élèves ingénieurs en assez grand nombre, pendant un cours d'option à présence obligatoire, le vendredi après-midi (13h30-17h15).

Quand ce cours s'enchaîne avec un autre de 2h dans un endroit différent, nécessitant pour se rendre de l'un à l'autre l'usage du RER B un jour de grêve, je peux vous dire qu'à 20h15 quand la journée se termine enfin, la perspective de la binouze du vendredi soir est largement plus réjouissante qu'à l'accoutumée.  

 

 feynman6

 Courtesy of the archives, California Institute of Technology

Vous noterez que même Feynman a affaire à de jeunes blanc-becs aux cheveux longs qui posent les pieds sur le bureau et ont l'air de se faire chier grave.

 

Je remarque d'ailleurs que très vite (en deux semaines), le stress d'être à la hauteur proche du trac d'un acteur montant sur scène devient plutôt une forme presqu'imperceptible de lassitude traduisant cette pensée profonde: "mais comment donc vais-je survivre à cette journée?" ou "mais dans quel état vais-je me retrouver dans 10h?".

 

Je voudrais donc encore une fois rappeler, pour avoir fait les deux, quitte à prêcher des convertis ou au contraire dans le désert, que s'exprimer 5h durant devant un auditoire pas forcément toujours passionné et tenter de lui transmettre des connaissances (sans parler des activités annexes), c'est largement aussi usant, psychologiquement et physiquement, que de rester 8h par jour le cul posé à son bureau à remplir des fichiers excel.

Et je plains un peu les nouveau profs du secondaire, certifiés ou agrégés, qu'on lâche dans la nature directement après l'obtention de leur diplôme sans qu'ils aient jamais vu une classe de leur vie (non, donner des cours particuliers, ça n'a pas grand chose à voir)*. Surtout que, pour le même prix, il y a toujours un paquet de bornés bourrés d'idées préconçues prêts à leur cracher leur mépris rempli d'ignorance crasse -ou autre chose- au visage.  

Just my two cents.

 

Heureusement pour mon bien-être, les manipes reprennent enfin. Doucement, mais sûrement.

 

 

 

* C'est un peu pareil avec les nouveaux MdC, mais au moins la plupart d'entre nous a eu les monitorats pour se roder. Certes, généralement, on se contente en monitorats d'assurer TDs et TPs, mais au moins on a vu ce qu'était une classe. Et puis, je le répète, le public du supérieur, même le moins motivé, n'a pas grand chose à voir avec un public adolescent: les élèves qui n'en ont rien à foutre ne viennent pas, ou au pire dorment au fond de la salle. Ils ont un peu passé l'âge de faire chier le prof pour se faire accepter ou cultiver un statut de rebelle.  

Repost 0
Published by mixlamalice - dans L'enseignement
commenter cet article
14 octobre 2010 4 14 /10 /octobre /2010 15:19

Traducteur assermenté: 50 euros la feuille.

3 feuilles.

Délai: 15 jours.

 

Sur la première, une attestation d'embauche: 100 mots, en tête compris, dont mon nom (2 fois), mon prénom (1 fois), des dates (3 fois 3 mots), le nom du département (3 fois, 4 mots chaque), le nom de la fac (3 mots, 4 fois chaque), 2 fois la même adresse, et deux fois les mots "postdoctoral research".

 

Sur la deuxième et la troisième, un peu plus complexe, l'équivalent américain d'un contrat de travail. Ou, en gros, sont répétées les mêmes choses.

 

Je me dis que c'est un boulot qui paye bien. Et que j'aurais surement trouvé façon plus enrichissante de dépenser ces 1000 balles.

 

Malheureusement, il est stipulé officiellement sur ma demande de reclassement que les contrats et attestations émanant d'un pays hors UE doivent être traduits par un traducteur assermenté. C'est comme ça, et il n'y a pas d'exception pour l'anglais.

Ou en tout cas, je n'ai pas envie de tenter le diable et de potentiellement me faire renvoyer mon dossier dans 6 mois le temps qu'un responsable se rende compte de ce non-respect flagrant des règles administratives, ou parce que le conseil scientifique de l'établissement ne comprendrait pas l'anglais (sait-on jamais). Ou de me rendre compte qu'on me propose un reclassement ne prenant pas en compte les deux années américaines parce que le contrat était illisible en VO.

 

Même si, en vrai, je suis à peu près sûr qu'un secrétaire quelconque fera semblant de lire mon dossier pour le transformer en croix dans des cases dans un formulaire, qu'il transmettra à la commission scientifique, dont le président signera sans regarder en bas de la page pour que la barême du ministère soit appliqué.

 

Mais bon, pour environ 500 euros de plus sur la fiche de paye, je suis prêt à faire des compromis. Même avec de la vaseline.

Parce que la bonne nouvelle là-dedans, c'est que j'ai déjà reçu mon dossier de reclassement à remplir, après moins de deux mois dans la maison. Et ça, c'est hachement plus efficace que ce que j'aurais parié.

 

 

Ou, dans un autre style:

 

Repost 0
Published by mixlamalice - dans La vie de Mix
commenter cet article
11 octobre 2010 1 11 /10 /octobre /2010 21:19

Tant qu'il est encore presque temps, petit récit d'un repas à l'Agrume il y a quelques semaines.

 

L'Agrume est un petit resto perdu dans le 5ème (le coin moche, pas loin de Gobelins, 15 rue des Fossés Saint-Marcel).

 

Le resto a ouvert fin 2009, et a assez rapidement fait le buzz un peu partout. Oh, pas du niveau de Spring ou Saturne récemment, mais tout de même.

François Simon, ésotérique comme à ses plus belles heures, en a parlé. La presse et les blogueurs aussi. Dès le début 2010, les environ 25 places étaient très demandées, ceci s'étant encore accentué après que le resto a eu les honneurs du New York Times, toujours très suivi des gastronomes américains.

 

Je suis passé devant par hasard début janvier (j'ai vécu-bossé dans ce coin là pendant pas mal de temps), avant d'en avoir entendu parler. Un resto nouveau et plein dans ce quartier, deux surprises d'un coup...

Puis j'ai lu les critiques, globalement très élogieuses, et mieux compris.

Mon ex-boss, généralement de bon conseil, que ce soit question bouffe ou pinard, m'en avait lui aussi dit beaucoup de bien.

Quand j'ai su que le chef, Franck Marchesi-Grandi, était passé par le Bernardin, ça a fini de me donner envie d'y aller.

 

Il y a une politique de réservation assez serrée et pénible (pas de répondeur, réservations à prendre entre 10 et 12h chaque jour, ce qui peut se concevoir pour ne pas perturber les services), et il faut compter 10-15 jours pour avoir une table à l'un des deux services. Il m'a donc fallu retenter le coup deux-trois fois avant de réussir à avoir une table.

 

La déco n'a pas emballé les chroniqueurs, moi je l'ai trouvée plutôt agréable dans le genre qui marche actuellement (sombre et sobre). Mais je ne suis pas très sensible à ce genre de choses généralement. Par contre, j'aime bien le concept cuisine ouverte - comptoir. C'est toujours sympa de voir le chef oeuvrer, même de loin (surtout que dans le cas présent, vu la taille de la salle, on n'est jamais très loin). 

 

Comme c'est de plus en plus fréquent (le Gaigne, le Tourbillon dans ceux que j'ai faits récemment), le resto est tenu par un jeune couple, monsieur (seul) aux fourneaux, madame au service.

 

Depuis la rentrée, le succès aidant, il y a un serveur supplémentaire, dont on ne comprend malheureusement pas très bien le français, et le menu dégustation en 6 services est passé de 35 à 37 euros. A la carte, comptez 50 euros pour entrée-plat-dessert, mais je suis à peu près persuadé que tout le monde prend le menu.

 

Voici ce que nous avons mangé:

 

Homard bleu, couteaux, pomelos confit et gelée de gingembre

 

Fregola Sarda, parmesan, truffe d'été et speck

 

Filet de Cabillaud Poché, semoule de chou-fleur à l'orange et à l'aneth

 

Paleton braisé, mousseline de céleri et raisins

 

Figue rôtie, crême fouettée et feuilletage

 

Flan crêmeux de tapioca, citron vert et mangue

 

Le premier plat fut pour moi le meilleur de la soirée. Il y en a que ça dérange, mais pour ma part je préfère quand ça démarre sur les chapeaux de roue que quand il faut attendre l'avant-dernier plat pour s'enthousiasmer. 

Je ne me souviens plus de l'apport des couteaux, mais pour le reste, c'était une très belle association que ce homard (en lui-même moins bien que ce qu'on trouvait à Boston) - pamplemousse et gingembre. La gelée est suprenante de puissance, et l'ensemble parfaitement équilibré.

Le risotto de fregola (une pâte de blé dur, qui a, effectivement, le goût et la consistance de blé) est apparemment un classique de la maison, avec plus ou moins de variations. Moins surprenant, mais éxécution sans faille.

Le cabillaud est bien cuit, la marotte du chef (l'utilisation d'agrumes) relève bien le plat.

Le paleton braisé s'en sort bien aussi, comme les desserts, les trois derniers plats étant plus pépères. Le mélange fruit - crême - feuilletage revient visiblement assez souvent également, les figues sont toujours un plaisir, et le flan de tapioca est très sympa.

 

Je ne sais pas si c'est l'influence du Bernardin (le chef y est visiblement passé il y a près de 15 ans, mais je ne suis pas allé dans les autres grandes maisons qu'il a fréquentées), mais j'ai énormément apprécié ce repas, et cru y voir quelques similitudes, toutes proportions gardées. Une approche de la gastronomie qui est celle que j'apprécie le plus: des plats simples, épurés, presque "minimalistes". Un ingrédient principal, un condiment ou une sauce, un légume. S'il y a du talent pour des associations un peu sorties des sentiers battus, on n'a pas besoin de plus, basta.

 

Tout n'est pas parfait, il y a des choses moins inventives que d'autres, mais ce que le chef est capable de faire seul est tout de même assez bluffant. Sa femme au service est prévenante et souriante. A 37 euros, ce menu dégustation est vraiment l'une des très bonnes affaires de la capitale, et je pense qu'il y a potentiel pour un macaron pour ce chef, même si ça ne sera peut-être pas sous cette forme, probablement trop contraignante et limitante.

 

Un petit point noir concernant la liste des vins, un peu courte (choix comparativement plus large de vins au verre, par contre), et avec une marge qui fait assez nettement baisser le rapport qualité-prix du repas global. Et pas grand chose sous les 40 euros, ce qui est un peu haut je trouve pour aller avec un menu à 37.

Exemple sur un morgon de M. Lapierre 2008 (un peu mon standard expérimental parce que je n'ai pas beaucoup de références en tête), qu'on trouve à 20-25 euros chez un caviste honnête, 15 euros chez le producteur, et qui était en "affaire du mois" à 35 euros à l'Ourcine il y a quelque temps, qui se vendait là à 55 euros.

Disons qu'on n'est plus très loin du facteur 4 qui est la barre haute des coefficients acceptables, quand de plus en plus de nouveaux établissements essaient de proposer des bouteilles à des prix plus raisonnables.

Bref, à savoir en y allant, et se concentrer plus sur l'assiette que sur le verre.

 

100_0042.JPG

Non seulement la photo est pourrie et ne rend pas du tout hommage au plat - le homard- qui était très bien présenté, mais en plus c'est la seule: pour une fois que j'avais mon appareil sur moi, les piles m'ont lâché.

 

Pour conclure, je signalerai qu'on n'est jamais plus trahi que par sa propre famille. Alors que je leur clamais depuis deux ans mon envie d'aller goûter la cuisine de Mauro Calogreco au Mirazur (Menton), mes parents et mon frangin m'appellent pour me dire qu'ils vont y fêter l'anniversaire de mon père. Et en plus ils se foutent de ma gueule en m'envoyant un SMS pendant le repas pour me dire qu'ils se régalent et pensent beaucoup à moi.

 

Mais la vengeance est un plat qui se mange. Froid ou chaud, peu importe. Demain, dans le cadre de la semaine du goût, je visite l'Espadon de Michel Roth. Pour fêter le retour et l'anniversaire de Priscilla.

So Ritzy.

Et tant pis pour la grêve.

Repost 0
Published by mixlamalice - dans Restos
commenter cet article
6 octobre 2010 3 06 /10 /octobre /2010 12:20

Le Prix Nobel de Physique a été décerné hier aux deux chercheurs, André Geim et Konstantin Novoselov, qui ont les premiers, en 2004 et à l'Université de Manchester, isolé le graphène.

 

Je n'en sais pas beaucoup plus sur ce matériau que ce qu'en dit la page wikipédia: c'est un exemple fort rare (ou unique) de cristal (structure parfaitement organisée) bidimensionnel (et non tridimensionnel).

 

Ce matériau possède des propriétés fort intéressantes, en terme de conductivité électrique ou de résistance mécanique (à la fois beaucoup plus résistant à la rupture et léger que l'acier).

Un seul problème majeur, similaire à celui d'autres nano-machins et qui ne gêne pas trop les scientifiques pour publier dans Nature qu'ils ont révolutionné la science, mais un peu plus les industriels quand il s'agit de vraiment trouver des applications: les quantités produites, minimes, et les coûts de production qui défient l'imagination.

Bref, il y a bien quelques cas très isolés de très haute technologie et de dimensions nanométriques, mais c'est pas encore demain qu'on utilisera du graphène pour la construction de bâtiments. Pour l'instant, et probablement pour encore quelques années, ça reste avant tout un joujou de laboratoire qui permet d'amener du pognon et de faire péter le h-index des chercheurs qui bossent dessus.

Difficile de prédire ce qu'il adviendra dans quelques années, mais rien ne dit que le graphène ne sera pas les supraconducteurs* des années 2000.  

 

De façon plus générales, quelques remarques sur ce Prix Nobel in itself:

- Pour beaucoup de commentateurs, c'est un travail de chimiste. Pas vraiment d'opinion à ce sujet, mais en regardant le pedigree des deux chercheurs, ce sont vraiment des physiciens du solide, et pas du tout des chimistes (même si les deux sciences peuvent être proches, par exemple dès que l'on s'intéresse à la structure électronique).

- Pour les mêmes, c'est aussi un travail appliqué et pas fondamental. Well, je ne suis pas vraiment d'accord, même si c'est surtout une question de définition: certes, c'est un travail expérimental et non théorique. Mais ce n'est pas appliqué comme pouvait l'être le Nobel 2009: la portée industrielle est, comme je l'ai dit plus haut, à l'heure actuelle, quasi-nulle.

- On notera que, pour la première fois depuis un petit bout de temps, ni le Nobel de physique ni le Nobel de chimie n'ont été attribués à des biologistes.

- L'Université de Manchester va sans doute pas mal remonter au prochain classement de Shangaï.

- Andre Geim, le "chef" (ou project leader) a 52 ans. Il a reçu en 2000 un IgNobel pour avoir fait léviter une grenouille en utilisant un système d'aimants. Il est le premier scientifique a être à la fois Nobel et IgNobel.

 

- Konstantin Novoselov a 36 ans, ce qui en fait le plus jeune Nobel depuis Josephson, couronné à 33 ans en 1973 (pas mal, comme ascendance).

- Il était âgé de 30 ans et post-doctorant à l'époque des manipes et de la publication du premier papier. Je ne sais pas s'il est toujours post-doc aujourd'hui mais ça devrait faciliter sa recherche de poste.

- Je crois que j'ai raté ma vie. J'ai 30 ans, et je ne crois pas que les manipes que je fais en ce moment (ou plutôt leur absence) me conduiront au Nobel. Je savais que j'aurais du rester post-doc 1 ou 2 années de plus.

- Je suis content que le Nobel ait récompensé celui qui a directement fait les manipes, ce n'est pas si fréquent. Pour le Nobel de Médecine 2008, le directeur du laboratoire (Montagnier) et la permanente en charge des manipes (Barré-Sinoussi) ont partagé le Nobel. Les étudiants et autres post-docs ont pu se la mettre derrière l'oreille (cela dit, le chef d'équipe, Chermann, aussi).

 

 

 

 

* supraconducteurs: matériaux sans résistance électrique qui devaient changer le monde et qui étaient l'un des "hot topics" de la physique des solides dans les années 80, mais dont on n'a jamais pu tirer quoi que ce soit d'industriellement intéressant, les températures d'utilisation pour observer cet effet étant de l'ordre de -150, -200°C. Au-delà de la physique de ces matériaux en elle-même, toujours mal comprise, il y a eu à cette époque une course scientifique à l'élaboration de supras "haute température". Malheureusement, personne n'a réussi à ne serait-ce que se rapprocher des -100°C, sans parler de l'ambiante (hors court-circuits liés à une mauvaise soudure et un peu hâtivement interprétés).

Bref, aujourd'hui, malgré quelques applications, il n'y a guère que quelques derniers résistants d'une science en voie de perdition (cette science qui ne veut avoir d'autre but que la compréhension pour elle-même) pouvant se le permettre qui planchent dessus. Et des has-been qui n'ont pas réussi à décrocher quand il était temps.

Repost 0
Published by mixlamalice - dans La recherche
commenter cet article