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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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  • Misanthrope optionnellement misogyne et Esprit Universel.

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3 octobre 2010 7 03 /10 /octobre /2010 10:01

Alors que je profitais de mes derniers moments de solitude pour regarder quelques clips de chanteuses à gros seins de talent, je finis par retomber sur Boys, boys, boys de la délicieuse Sabrina, l'un de mes premiers émois de préadolescent lubrique.

 

Admirez ce bon goût (ah, ce haut de maillot deux tailles trop petites qui ne cesse de tomber pour laisser entrevoir le téton, et qu'elle tente désespérément de remettre en place toutes les 10 secondes), ce gros budget (les filtres de couleur), qui servent exceptionnellement une grande chanson:

 

 

Subitement à nouveau plein d'intérêt pour la carrière de Sabrina, je me rends sur sa page wikipédia puis sur son site web et apprend qu'elle n'a jamais cessé de montrer ses nichons chanter.

Et notamment, elle vient de sortir son dernier tube, un duo avec Samantha Fox, autre chanteuse pleine de coffre des années 80 (vous n'avez probablement pas oublié Touch Me). Celui-ci est une reprise disco-dance du très bon Call Me de Blondie (encore un autre symbole, du début des 80's cette fois).

 

Je peux concevoir une réunion de managers et de producteurs se disant qu'associer deux ex-fantasmes des 80's bien conservés, pour secouer leurs boobs sur une chanson culte de la même époque remixée à la sauce soupe italienne est un super concept. Mais est-ce qu'ils pensent que ça va vraiment faire un tabac et relancer durablement les carrières des deux artistes, ou est-ce qu'ils espèrent juste qu'il y aura assez d'adulescents dans mon genre, fidèles à leurs premières émotions, et de nouveaux jeunots branchés MILF pour rentrer dans leurs frais?

 

Je penche hélas, déplorant ce cynisme bas de gamme, pour la deuxième solution: hormis le cachet des deux "stars" qui ne doit plus voler bien haut, les royalties sur  la chanson, le clip fait dans le sobre, et l'arrangement est directement issu du mode démo d'un logiciel bas de gamme.

Jugez par vous-même, elles méritent tellement mieux:

 

 

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1 octobre 2010 5 01 /10 /octobre /2010 14:32

5 jours de conférence:

- Lever 6h30.

-  Début des conférences à 8h.

- Fin des conférences à 18h30 (les jours où il n'y a pas de sessions posters, 20h sinon) avec 1h30 de break au déjeuner et deux pauses d'un quart d'heure au milieu.

- 4 à 5 repas  par jour (viennoiseries aux pauses, apéros pendant les posters, buffet d'accueil, banquet l'avant-dernier jour, resto le reste du temps).

- Heure de coucher typique: 0h.

- Beaucoup trop d'alcool.

 

Résultat, il m'a bien fallu une petite nuit de 13h pour récupérer, après avoir pourtant pioncé 1 bonne heure dans le train. J'ai probablement pris 2 kilos en 5 jours et mon estomac et mon foie me font comprendre aussi depuis le milieu du congrès qu'il faudrait arrêter de leur envoyer à boire et à manger toutes les deux heures.

 

Mais comment font ces vieux briscards de la recherche pour faire 10 confs par an, tenir le rythme et avoir l'air frais comme des gardons, toujours prêts à vous tenir la jambe 20 minutes sur les manipes de machin ou les résultats de truc, tout en ayant toujours un verre de pinard, une binouze ou un petit four à la main?

Par exemple, mon ex-chef ricain, arrivé dimanche, repartait jeudi matin aux US pour passer le week-end avec ses enfants avant de s'envoler dimanche soir pour la Corée...

 

Je suis trop jeune pour ces conneries.

 

 

Petite précision: le congrès tournait autout d'une thématique qui pourrait, au premier abord, passer pour très spécialisée. En fait, elle intéresse plusieurs communautés scientifiques, physiciens, mécaniciens et chimistes, expérimentateurs (beaucoup) et théoriciens (un peu), académiques et industriels, pour former une nouvelle communauté d'horizons très variés, donc.

Je pense que ça joue beaucoup sur la bonne ambiance observée, les ego étant un peu mis en veilleuse par rapport à, par exemple, un congrès de purs physiciens où les séances de question ressemblent à un interrogatoire de la Stasi et où on parle science jusqu'à 23h devant le buffet (alcool payant).

Là, on a bien bossé mais on s'est aussi bien amusé: il n'y avait finalement que peu de sociopathes incapables d'interagir pour parler d'autre chose que de science. J'ai kiffé, comme disent les jeunes.

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25 septembre 2010 6 25 /09 /septembre /2010 08:39

Conf' la semaine prochaine.

First conference, first talk in almost two years.

L'an dernier, ce fut entièrement consacré au duo classique séminaires-auditions, un peu moins enrichissant.

 

Le timing n'est finalement pas génial, mais je m'étais inscrit avant de savoir que j'aurais un job et 100 heures d'enseignement à préparer au premier semestre. Cela dit, ça me semble important d'essayer de rester visisble et de présenter de "nouveaux" résultats (boulot fait il y a un an, publié il y a quelques mois).

Et puis faisons contre mauvaise fortune bon coeur, il y aura plein de gens que je connais et apprécie, notamment tous mes mentors.

Ca va être sympa de revoir tout le monde et de picoler d'avoir des discussions scientifiques à bâtons rompus (surtout que je parle le premier jour). 

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22 septembre 2010 3 22 /09 /septembre /2010 10:31

Un Professeur assez reconnu, au cours du déjeuner, hier, nous dit:

" Je préfère 100 fois un bon post-doc qu'un mauvais maître de conférences".

Jusque là, soit.

 

Puis vient un exemple pour illustrer son propos:

" Un gars qui en veut, c'est mieux que la maître de conférences de chez nous, qui au bout de 5 ans en est à son 3ème gamin. Elle était pas mal, mais là elle est morte pour la recherche".

 

Alors, si j'étais FSP, la pourfendeuse du sexisme dans le monde de la science, je vous pondrais une diatribe sur le possible machisme des Professeurs occidentaux blancs de 50 piges: est-ce qu'il sous-entend qu'une femme ne pense qu'à faire des gamins? que le vrai rôle d'une femme est de toute façon de s'occuper du foyer? que donc un mec peut gérer sa carrière et ses trois gosses mais pas une femme? ou encore plus généralement que de toute façon seuls les hommes sont des scientifiques valables?

 

Bon, en fait, je ne vois pas le sexisme partout, et j'ai tendance à penser que "gars" ici était un terme générique asexué, et que son exemple en était par définition un, et non l'expression d'une vérité d'ordre générale plus ou moins sous-entendue, révélatrice d'un machisme lui aussi plus ou moins conscient et assumé. Je peux me tromper. 

 

Mais tout de même, ces quelques phrases révèlent un certain nombre de comportements assez universels dans le petit monde de la science, et qu'on retrouve aussi en partie dans un article récent de, encore, FSP (et dans les commentaires qui suivent):

- Un certain nombre d'(enseignants-)chercheurs d'âge mûr, disons 50 ans et plus, embauchés à une époque où à peu près tout le monde trouvait aisément du boulot, au point qu'on pouvait se permettre de faire celui qui nous plaisait, et où un docteur ne faisait que très rarement (un an, pas plus, de) post-doc, aiment bien donner des leçons aux petits jeunes et leur expliquer que la vie c'est facile. Surtout celle qu'ils n'ont pas connue. Vous me direz que c'est assez général et pas propre à la recherche publique. 

- Mais on a aussi affaire à des jeunes embauchés oublient souvent bien vite leurs tourments d'ex-post-docs pour tenir le même discours formaté du genre "post-doc c'est chouette, et ceux qui se plaignent sont des pleureuses et/ou des incompétents qui n'ont de toute façon rien à faire là". Plusieurs raisons possibles: l'aspect "j'en ai chié donc je ne vois pas de raison pour que tu n'en baves pas aussi". Mais aussi probablement le côté "ex-soixantehuitard qui devient membre du MEDEF": "je trouvais le système à chier, mais maintenant qu'il m'a absorbé, j'en profite à max, je le trouve super, finalement y a rien à changer, et en plus j'aimerais éviter que trop de mecs meilleurs que moi ne s'y retrouvent". Carriérisme ou activisme, le choix est, passé un certain âge, souvent vite fait. Même pour ceux qui font carrière dans l'activisme.

 

Pour le coup, c'est peut-être moi qui voit le mal partout.

Mais surtout, ce genre d'idées trop répandues contribue de façon non négligeable à entretenir un cercle vicieux, ce qui ne semble pas frapper grand monde.

Si on passe son temps à travailler avec des post-docs qui ont le couteau entre les dents parce qu'ils savent que leur carrière future dépend de leur productivité immédiate:

- outre le fait qu'on s'en sert a priori comme d'une espèce de super thésard nécessitant moins de boulot d'encadrement mais sans réelle liberté pour autant*, ce qui annihile tout penchant créatif me semblant obligatoire pour faire un bon chercheur et dans une certaine mesure but premier d'un post-doc, tant cette capacité est difficile à acquérir.

- on se retrouve lorsque finalement on se sent obligé d'ouvrir un poste avec des candidats qui ont tous au minimum 30 ans et 3 ans de post-doc par monts et par vaux.

- bizarrement, quand ces gens-là ont un poste, la plupart en profite pour (re)faire en accéléré la vie de famille qu'ils n'ont pas eu depuis 3 ou 5 ans.

- et effectivement, ils perdent d'un coup en productivité, probablement plus que si on ne les avait pas pressés comme des citrons avant, et leur avait laissé le temps de se faire une vie (c'est à dire en ne les forçant pas à déménager 3 fois en 5 ans et publier 1-2 papiers premier auteur par an dans cet intervalle).

 

Donc j'imagine que si les mentalités restent les mêmes, et les postes aussi rares, le phénomène va encore s'accentuer. Bientôt les CR2, MdC ou Assistant Prof. nouvellement recrutés auront l'âge moyen où on passait Prof., DR, ou Associate il y a 30 ans. Du coup, autant supprimer directement les tenure tracks et les postes permanents, et ne faire que des CDD d'un an renouvelables 2 fois. Avec changement d'université obligatoire, voire de région ou de pays à chaque période de trois ans.

La on verra vraiment ceux qui ont la science dans le sang, et que la science. On n'a pas besoin des autres. Surtout maintenant que je fais partie du système.

 

 

 

 

* Il n'y a qu'à voir la gueule des sujets proposés pour les post-docs ANR: le plan de travail est presque détaillé au mois près, on se demande parfois si les manipes ne sont pas déjà réservées sur le planning du labo.

 

 

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20 septembre 2010 1 20 /09 /septembre /2010 14:14

Depuis une dizaine de jours, j'enchaîne grosso modo une réunion quotidienne, de la pseudo-formation initiatique au rendez-vous administratif, en passant par la réunion enseignement générale, la réunion enseignement du département même, la réunion recherche du département, celle de l'équipe etc.

 

Bon, l'Institut où j'oeuvre désormais est actuellement en profonde restructuration, ceci explique cela.

Mais de façon générale, je crois que c'est, de plus en plus, le lot commun des chercheurs et enseignants-chercheurs dans notre beau pays. En soi, ce n'est pas très différent de la vie des professeurs américains, si ce n'est qu'eux ont des fonds et des étudiants pour que, quelque part, la recherche se fasse.

 

Toutefois, une bonne nouvelle: aujourd'hui, premier buffet/pot suite à l'AG de l'Association du Personnel (une espèce de CE proposant des tarifs avantageux pour certaines activités sportives ou culturelles: vu notre salaire, ce n'est pas à négliger).

Mais dans un premier temps, 4-5 verres de mousseux, une bonne dose de petits fours salés et sucrés: je sens que l'après-midi va être au top, j'espère que mes ronflements ne réveilleront pas mes collègues.

 

Ce genre de petits plaisirs m'avait manqué chez l'Oncle Sam, où les pots sont le plus souvent trois pizzas découpées posées sur une table, chacun récupérant ses quelques morcifs avant de s'enfuir pour aller les bouffer peinard devant son ordi. Ca plus le coca light au lieu des bulles alcoolisées, ça perdait un peu de son charme...  

 

 

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17 septembre 2010 5 17 /09 /septembre /2010 10:13

Il faudrait que je note plus rigoureusement les prévisions de Natixis à propos du cours du dollar, cours que je suis régulièrement car j'aimerais bien à court ou moyen terme rapatrier une partie de mon trésor de guerre US.

 

Natixis, vous savez, cette banque dont l'un des analystes (Patrick Artus, il me semble) avait dit, en mai 2008, que la crise économique était derrière nous.

Juste avant que l'action Natixis ne perde 90% de sa valeur, que le groupe ne perde 2 milliards d'euros sur l'année (dont 500 millions investis chez Madoff), etc.

Bref, de longue date, des visionnaires.

 

Donc, en juillet 2010, alors que l'euro connaissait une remontée sensible (1 euro ~ 1.25$) après avoir connu un décrochage musclé (passage de 1 euro ~ 1.35$ à 1 euro ~ 1.20$ au cours du mois de mai), un analyste de Natixis affirmait que ce rebond était un trompe-l'oeil, et que, d'ici 3 mois, l'euro s'échangerait à 1.15$ environ.

 

Finalement, sans que le lien entre tout ça soit très clair, les indices économiques américains (chômage, immobilier, etc), sont largement plus à chier que prévu. Faut-il comprendre qu'on est incapable de prévoir le long terme mais qu'on n'est pas capable d'anticiper grand chose sur le court terme non plus? A moins que trois mois soit déjà un horizon trop lointain pour l'économiste? Ou que les liens de cause à effet entre phénomènes a priori liés sont devenus foutrement trop complexes pour que qui que ce soit y pige vraiment quoi que ce soit?

Enfin, la seule chose dont je sois sûr est qu'il y a quelques jours, l'euro s'échangeait à 1.28$.

Un article du Monde citait alors une nouvelle note d'analystes de chez Natixis, datée du 9 septembre, qui s'inquiétait de la situation financière irlandaise et de son impact sur la tenue de l'euro. Chez Natixis, on a un avis sur tout, mais on a surtout un avis. 

 

Aujourd'hui (ça fait trois mois presque jour pour jour), l'euro s'échange à 1.31$, son plus haut niveau depuis début août.

 

Bon, je veux bien laisser le bénéfice du doute, et attendre un mois pour voir, mais à chaque fois que je m'intéresse à une question d'ordre économique, j'ai la fâcheuse impression que pas mal de so-called experts sont avant tout des adeptes du doigt mouillé.

Le tout étant d'avoir un costard à 2 patates, une rolex, et l'air convaincu (ou de l'être vraiment, sous prétexte qu'on a étudié ou sait appliquer trois-quatre modèles mathématiques sans se préoccuper de leurs hypothèses).

 

Ce n'est qu'une impression, et en tant que scientifique moi-même (enfin, chimiste), je suis obligé d'admettre que c'est abusif caca de généraliser à partir d'un exemple précis. Mais disons que certaines connaissances dans la branche, en étant plus nuancées, ne me contredisent pas toujours farouchement. 

 

 

Si quelqu'un dont c'est le boulot veut tenter de m'expliquer clairement (c'est à dire de telle sorte que même un béotien comme moi peut y voir une tentative de raisonnement construit et pas un amas de banalités péremptoires type analyse d'avant-match de Pierre Ménès) pourquoi je vais être ruiné ou pourquoi je vais me gaver si j'attends six mois, je serais très heureux de le lire.
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13 septembre 2010 1 13 /09 /septembre /2010 09:24

Voici quelques restos, majoritairement dans le 5ème arrondissement de Paris, où je suis allé récemment, qui, pour des raisons diverses, m'ont amené à réfléchir sur le pourquoi de leur succès. Et, par voie de conséquence, sur la difficulté à en tirer une recette miracle, tant certains échecs ou réussites semblent se faire, parfois, en dépit de ce qu'on penserait être le bon sens.

Oui, c'est lundi, et j'aime bien enfoncer les portes ouvertes.

 

Le Vin qui danse: Une mini chaîne (3 restos à Paris, 1 à Lille, je suis allé à la maison mère dans le 5ème, tout près du Panthéon). http://www.vqd.fr/

Le concept bar-resto à vins (si on peut parler de concept) est suffisamment développé à Paris pour qu'on puisse penser que seuls les meilleurs réussissent, les autres se contentant de vivoter ou de mettre rapidement la clef sous la porte.

Or, le Vin qui danse semble avoir suffisamment de succès pour ouvrir quatre enseignes en quelques années, et pourtant, il n'est guère qu'"average at best".

L'absence quasi-totale de presse aurait du me mettre la puce à l'oreille, malgré le référencement "viral" qui fait que leur nom sort très haut dès que vous cherchez un bar ou resto à vins à Paris sur Google ou un site de type cityvox.

Le Figaro les a déboîtés en 2008, et c'est à peu près tout: la page presse de leur site web est d'ailleurs à pleurer.

 

Le chef est un ancien du Meurice, mais comme le faisait remarquer François Simon à propos de ce name-dropping en vogue, il pouvait tout aussi bien y éplucher les patates.

Bon, ce n'est pas que c'est mauvais, mais à 27 et 35 euros les menus, il y a beaucoup trop de choses réchauffées (les ravioles servies 40 secondes après la commande) ou juste moyennes: la terrine se laisse manger comme les desserts, le jarret de veau croustillant est plutôt pas mal malgré son service là aussi ultra-rapide.

Le principal défaut est que ça ne choisit pas son camp entre la cuisine de bistrot classique à base d'ingrédients top et quelque chose de plus élaboré: ça se la joue un peu, pour un résultat très moyen. Si encore le menu était à 18 ou 22 euros, ça passerait, mais dans les 30, on peut commencer à être exigeant vu la popularité de la mouvance bistronomique...

A part ça, la déco est ok, un peu cave à vin revisitée par Disney, le service plutôt compétent, la carte des vins ne m'a pas impressionné mais pas non plus semblé totalement hors du coup ou sortant le flingue question prix. La bonne idée, la aussi sans doute un peu trop facturée, c'est l'accord mets-vins (3 verres associés aux 3 plats) pour 15 ou 20 euros: disons que dans cette gamme de restos, c'est assez rare, et moi j'aime bien.

Bon, fallait trouver un truc pour 21h un samedi et il était 19h, ça se tentait...

 

Bref, sans pour autant clamer que ce fut un mauvais moment ou une grosse arnaque, je dirais juste qu'il y a tellement mieux ailleurs, dans le même style et avec des prix comparables (pour ne rester que dans le 5ème, le Pré Verre, les Papilles...), que je ne comprends pas très bien le succès de cet établissement.  

 

Bibimbap: Un resto coréen familial sur le boulevard de l'Hôpital, entre Gare d'Austerlitz et la Pitié (5ème aussi). http://www.bibimbap.fr/

Le bibimbap est un plat coréen populaire, mélange de riz, légume, viande, oeuf, servi dans un plat brûlant en fonte. Ils en servent bien sûr, ainsi que le barbecue coréen (boulgogi) et d'autres plats plus ou moins mystérieux.

Ce petit resto a ouvert peu avant que je parte aux US, à 100 mètres de ce qui était à l'époque mon domicile. J'avais été l'un des premiers à laisser un avis sur cityvox, et à vrai dire je pensais que le resto n'allait pas faire long feu.

Une bonne cuisine "exotique" et une gentille patronne ne me semblaient pas suffisants pour contrebalancer une localisation vraiment pourrie (le boulevard de l'Hôpital, en plus d'être très moche, est franchement isolé et l'un des moins vivants de Paris: bref, pas l'idéal pour voir passer de la clientèle et la fidéliser), une déco pas folichonne, et des prix croyais-je un peu élevés (menu complet autour de 30 euros) par rapport à ce que le parisien moyen est prêt à payer pour de la cuisine asiatique.

 

Je me gourrais totalement, et finalement tant mieux.

Quelques articles élogieux (F. Simon venait probablement de rater son train), une bonne communication des propriétaires sur Internet (un site bien tenu, des référencements, etc), et une citation dans le Michelin (une fourchette) ont fait du bien à la maison, qui affichait complet ce vendredi soir. Ou alors, la cuisine est suffisamment authentique et de qualité pour attirer la clientèle asiatophile: pour ma part, bien que je trouve ça "frais" et bon, je ne m'estime pas assez connaisseur pour clamer qu'il faut absolument traverser la capitale pour y dîner.

Quoi qu'il en soit, à une ou deux tables près, nous avons failli être refoulés en nous pointant comme des fleurs sans réservation. La patronne désormais n'est plus obligée d'assurer le service en salle en plus de sa cuisine et a deux serveurs à sa disposition.

Ca tourne bien, visiblement.

 

Le Tourbillon: (5ème toujours, dans le triangle Val-de-Grâce, Mouffetard, Gobelins, http://www.restaurant-letourbillon.com/).

Un bon petit resto de quartier ouvert il y a environ un an (à un emplacement qui avait la fâcheuse tendance à changer de proprio tous les 2 ans), dans une zone de Paris qui en manque justement un peu. Comme c'est de plus en plus le cas (le Gaigne, l'Agrume...), c'est un jeune couple qui gère tout de A à Z: Cédric Tessier, ancien de chez Michel Rostang, aux fourneaux, sa femme en salle.

On y mange bien, peut-être de façon un peu inégale: le bavarois de tomate et chèvre en entrée m'a semblé so-so, le filet mignon était excellent mais ce qui l'accompagnait, la purée de carottes comme la sauce, était un peu trop sucré à mon goût. Les lasagnes de légumes ont un peu déçu leur destinataire, au contraire de l'entrecôte, toute simple mais copieuse et avec une bonne béarnaise. Les desserts étaient eux vraiment très bons, surtout celui aux figues.

La carte des vins est relativement courte mais est assez bien construite pour proposer un large éventail de domaines et de prix.

La déco est assez moderne, il y a une petite terrasse, et on est bien accueilli par ces jeunes gens commerçants et méritants.

Une enseigne prometteuse avec peu de concurrence à proximité immédiate (il faut bien compter 10-15 minutes de marche pour arriver à l'Ourcine, l'Agrume ou le Petit Marguery).

 

Cela dit, je reste un peu dubitatif quand je vois les deux coeurs du Figaro (les détails de la critique sont d'ailleurs assez conformes à mon ressenti, et me sembleraient plutôt du niveau un coeur) ou quand J. Talbott le recommandait à des touristes comme la pépite "off the radar" actuellement, à vite visiter avant qu'il ne soit référencé partout et complet 1 mois à l'avance (je dirais qu'il y a quand même de la marge - il est d'ailleurs plus mesuré lui aussi dans sa critique: nous sommes d'accord, c'est un -bon- resto de quartier, pas encore un futur étoilé, ni même un faiseur de buzz).

 

Breakfast in America: (5ème, rue des Ecoles, plus du côté de Jussieu que du côté du boulevard Saint-Michel, http://www.breakfast-in-america.com/main/).

Un diner à l'américaine, comme son nom l'indique: tables en formica, tabourets, banquettes en cuir rouge. Service indigène également, assez sympa dans l'ensemble (ça m'a fait plaisir de recommander un burger et une pinte en V.O., mais ils ont pas mal laissé tomber le côté pot de colle des serveurs outre-Atlantique). C'est plutôt authentique, et du coup rare dans son genre sur Paris.

J'ai trouvé le burger pas mal du tout, meilleur qu'au PDG pour environ 5 euros de moins (entre 8 et 11 euros pour le burger normal, rajoutez 3.5 pour le double: soit 12.5 le double cheese, contre environ 17 au PDG si ma mémoire est bonne).

Il vous claque son homme, le steack est de bonne qualité et bien épais (demandé medium rare-saignant pour moi, amené plutôt medium-à point, mais les deux autres l'ont eu comme ils voulaient). Le bun est ok, les condiments sont là - oignon rouge, tomate, salade, pickle-, et il y a même la moutarde "French's" (ultra-sucrée, tout sauf française, mais top avec les burgers). Les frites sont bonnes, elles pourraient être excellentes si elles étaient faites minute (la cuisson est là, mais on sent qu'elles ont quelques heures et commencent à ramollir).

A ce stade le dessert est superflu, tant mieux parce que c'est là qu'ils font la marge (4 euros le petit pot de Ben & Jerry's, 6 euros la pecan pie avec glace). 3.5 euros le coca, 5.5 la bière, bref, si vous voulez un menu ultracalorique, vous en avez pour 25.

 

Ca serait un bon plan régressif s'il n'y avait pas une heure de queue le samedi soir pour y rentrer: ce qui est rare est cher. On l'a fait parce qu'on n'avait pas de plan B, mais je dois avouer qu'à 30 piges, poireauter 1h pour bouffer un burger, c'est plus de mon âge. Cela dit, c'est typiquement américain puisque là-bas aussi, on adore passer son dimanche matin à faire la queue pour son assiette de pancakes. Et ça l'est encore plus puisqu'il n'y a pas de réservation.

Visiblement, c'est aussi blindé en semaine, et le midi, j'imagine que le menu étudiants à 8 euros a son petit succès auprès des étudiants de Jussieu qui voudraient une alternative pas trop traumatisante au kebab.

Bref, je ne suis pas sûr qu'on m'y reverra de sitôt, c'est dommage car j'avais trouvé le lieu pour assouvir mon envie biannuelle de burger.

 

Le Comptoir du Relais: On s'exile dans le 6ème, à Odéon, chez Camdeborde, le pape de la nouvelle vague bistronomique, et depuis peu jury à la Nouvelle Star Master Chef.

 

J'y retourne après un passage fin 2007, toujours au déjeuner, un week-end. Ca n'a pas vraiment changé, au déjeuner c'est brasserie service non-stop, il y a toujours du monde et il faut faire la queue. Ce dimanche, Yves est en salle et fait le show.

Maintenant on peut prendre un verre et grignoter en attendant à l'Avant-Comptoir, petite salle ouverte juste à côté, une bonne idée. Il y a quelques vins au verre pas très chers et de bon goût, de la charcuterie de haute qualité (attention aux prix par contre). C'est plutôt sympa, même si on est dans la caricature du name dropping. Bordier, Ospital, M. Lapierre, Camdeborde (le frère), tout ça en gros au mur et sur la carte, on se croirait un peu dans une agence de pub. A noter qu'ils font aussi des sandwiches minute qui ont l'air pas mal, et des crêpes à des prix très raisonnables quand on les compare aux baraques immondes de Montparnasse.

A la carte le midi, il y a une forte dispersion de prix sur les plats, de 15 à 25 euros. Mon principal reproche n'est pas sur la qualité des mets servis, excellente (tomate coeur de boeuf farcie à la joue, cochon de lait), mais sur la quantité (plus proche d'une grosse entrée que d'un plat: une tomate, coeur de boeuf certes, reste une tomate) et sur le prix subséquent.

On enchaîne avec un dessert, et avec deux verres de vin on s'en tire pour 35-40 euros le midi. Et à ce prix là, on a plutôt mangé "léger", de la très bonne cuisine de terroir.

 

J'en suis sorti les papilles ravies, mais au fond de moi, je pensais un peu ce qu'Alexander Lobrano a écrit récemment: "si la qualité du repas fut bonne, tout était largement trop cher, et je ne peux m'empêcher de penser que cet endroit est devenu un attrape-touristes (et/ou bobos) malin. C'est trop chaotique pour un repas paisible, et trop cher pour ce qu'il y a dans l'assiette".

Il faut en effet se rendre compte qu'on est, pour une cuisine "basique" même si les produits et l'éxécution sont au top, dans la même gamme de prix que les formules déjeuner entrée plat dessert (ou entrée plat 1 verre de vin) que certains (mono-)étoilés proposent...  

Il recommande d'essayer d'y aller le soir (pour ceux qui l'ignorent, le soir, c'est formule unique dégustation avec une cuisine un peu plus recherchée, aux alentours de 50 euros, et il faut réserver plusieurs mois à l'avance). Il paraît que là, ça reste une affaire. Je n'aurais rien contre, si quelqu'un a une table. Dans le cas contraire, je crois que je ne suis toujours pas prêt à réserver mon quatrième mardi d'avril pour m'en assurer.

 

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6 septembre 2010 1 06 /09 /septembre /2010 15:15

Contrairement à ce que pensent les médisants, ça bosse dur dans les labos. Et les anglo-saxons en vraies locomotives, montrent l'exemple:

 

http://www.npl.co.uk/educate-explore/christmas/

http://www.sciencenewsblog.com/blog/1213091

 

Les scientifiques du National Physical Laboratoy, laboratoire national (comme son nom l'indique) anglais spécialisé dans les mesures physiques, étalons et calibrages, et la mise au point d'instruments de mesures, ont pour Noël 2009 créé le plus petit bonhomme de neige du monde (10 micromètres).

 

worlds_smallest_snowman-1-.jpg

 

Bon, en fait, il n'est pas fait de mini-boules de neige (un seul cristal de neige ayant des dimensions de cet ordre, voire supérieures), mais de deux billes d'étain utilisées pour calibrer les microscopes électoniques.

Le nez, la bouche et les yeux sont obtenus en utilisant un faisceau d'ions très focalisé, riche en énergie, pour "rogner" (ou déposer, si j'ai bien compris, dans le cas du nez) extrêmement précisément un peu de la matière.

 

 

C'est chouette, mais je ne sais pas pourquoi ça me fait penser à ça:

 

 

En même temps, il n'y a qu'avec des trucs comme ça que les media parlent de science...
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4 septembre 2010 6 04 /09 /septembre /2010 12:40

Après 3 jours dans ma nouvelle peau de Maître de Conférences, quelques remarques en vrac, futiles ou pas:

 

- 35 minutes de trajet porte-à-porte (dont 20 minutes de bus) au lieu d'1h (dont 30 minutes de ReuReuReu), ça fait bien plez.

 

- Y a pas à dire, mais les vieux bâtiments universitaires français, construits il y a 2 siècles, ça a plus de gueule que les blockhaus des années 50 ou 70 qu'on trouve en région parisienne ou aux US.

Franchement, aller se chercher un café dans la cour interne ou la traverser pour aller au service des ressources humaines, quand il fait beau, est un enchantement.

Le grand amphi a aussi une bonne touche, avec sa loge royale.

 

100_0038.JPG

On appelle ça un contre-jour artistique, bande d'ignares

 

L'inconvénient, par contre, c'est à l'intérieur: les cahiers des charges de 1850 pour faire de la recherche sont un peu différents des actuels. Et comme tout est classé monument historique, impossible de raser la chapelle pour y construire une salle blanche...

Bref, à l'intérieur, les salles de manipes, les manipes elles-mêmes voire certains collègues, ont malheureusement un peu l'âge de leurs artères.

On ne peut pas tout avoir.

 

- D'ailleurs, plus encore que je ne le pensais je crois (je n'ai pas encore tous les détails), j'ai mis les pieds dans un labo qui n'a pas de thunes. Une première pour moi, même si pour beaucoup c'est le pain quotidien.

La recherche redémarre seulement depuis quelques années, après avoir pendant longtemps surtout consisté en de la prestation de services pour divers industriels. Avec les systèmes de financement actuels, c'est un peu comme dans une boîte VIP: le plus dur est d'y rentrer la première fois.

Plusieurs jalons ont été posés: collaborations avec d'autres labos, projet de rattachement à une UMR, etc. Mais je crois que ça va encore être vache maigre quelques temps, il faudra être malin, surtout que je suis totalement candide sur leurs sujets actuels et que je n'aurai donc pas forcément les moyens de commencer tout de suite à faire autre chose. Mon côté américain a déjà frappé: je vais essayer de m'atteler à la refonte globale du site web (antédiluvien, concentré uniquement sur l'enseignement pré-2009, même pas une page sur les membres et les activités de recherche), pour essayer d'acquérir une meilleure visibilité: mieux que rien, c'est pas forcément grand chose, mais tout est bon à prendre à ce stade. 

Les collègues ont l'air sympa et plus motivés que désabusés, c'est déjà ça.

 

- Par contre, l'avantage d'être dans une petite structure, c'est que l'administration est foutrement efficace. J'ai déjà une adresse mail, mon procès-verbal d'installation, une carte temporaire de cantine (qui d'ailleurs est plutôt pas mal, pour 5 euros le repas), etc. Et selon toute probabilité, je serai payé à la fin du mois. Avec même le remboursement du titre de transport.

Ils ont aussi une sorte de CE, pas très développé, mais qui permet néanmoins de faire du sport pas cher, d'avoir des réducs pour des voyages, places de ciné etc. Toujours bon à prendre, il faut que je m'inscrive.

 

- J'ai appris le 1er septembre que je reprenais des cours qui commençaient le 1er octobre. La personne en charge part en retraite à la fin du mois, elle est un peu ostracisée dans le labo, et sans être méchante, fait tout de même un peu de rétention d'informations. Je ne sais pas encore vraiment clairement en quoi le cours consiste, même si j'ai réussi à glaner quelques informations. J'ai donc commencé à réunir des documents, un peu (beaucoup) dans le flou: ce qui est fait n'est plus à faire, mais la deuxième quinzaine du mois de septembre risque d'être musclée. Surtout avec un congrès la dernière semaine.

 

- Je suis également allé à la réunion d'enseignement générale, pour tout l'établissement: je n'ai pas compris grand chose (dur quand on vient d'arriver et qu'il y a un acronyme tous les trois mots), à part que c'était 1. le bordel, 2. la merde. Le mot "souci" est revenu 20 fois en 20 minutes (j'ai fini par compter), remplacé parfois par "problème": j'ai compris que c'était le thème majeur de la réunion.

On verra bien, pour l'instant j'ai pris ça un peu de loin.

 

- J'ai remarqué dans les rues attenantes à l'établissement deux restos, que je ne situais pas vraiment, mais dont le nom et la réputation étaient dans un coin de ma tête, plus précisément dans ma "why not? list" - celle en dessous de la "to-do list". Une nouvelle agréable, pour plus tard.

 

Voila pour les premières nouvelles du front. Du bon, du moins bon, mais je suis toujours sur mon petit nuage, pas très haut mais c'est déjà ça.

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31 août 2010 2 31 /08 /août /2010 16:50

Voila. Ca y est. This is it.

 

Dans quelques minutes se termine officiellement ma vie de post-doc.

Ce passage obligé du chercheur moderne, cette période où l'état de "cul-entre-deux-chaises" est institutionnalisé.

 

Plus étudiant mais pas encore vraiment considéré comme un chercheur à part entière, que ce soit en terme de salaire (aux US) ou de responsabilité (en France).

Parfois vu comme un prestataire de service par un industriel et son chef, attirés par l'appât du gain. 

"Soutier de l'Université" à qui on demande d'être efficace mais à qui on ne demande pas son avis.

Etre par essence solitaire car assez souvent seul de sa classe au sein d'une équipe.

Recruté pour sa productivité et son indépendance, mais qui passe la moitié de son temps à essayer de se barrer pour un monde meilleur.

Qui doit avaler pas mal de couleuvres (exemple: mobilité, adaptabilité et renouvellement des thématiques sont des qualités indispensables, mais on recrute local), ménager les susceptibilités et accepter bon nombre de compromissions.

Avec tous les inconvénients du CDD sans les avantages.

 

Ok, je noirçis le tableau et au jour le jour, les 6 mois annuels hors périodes d'auditions ou de recherche d'emploi ne sont pas toujours désagréables. Et je connais certains congénères qui s'accomodent plutôt bien de la situation.

Mais bref, depuis le temps vous l'aurez de toute façon compris, je quitte ce monde sans regrets aucuns et passe de l'autre côté de la barrière, celui des "permanents", des "chefs", des "enseignants-chercheurs" et autres "chercheurs".

Où, je m'en doute bien car j'en ai déjà beaucoup entendu et lu, tout n'est pas rose non plus.

 

Mais quand même, je vais commencer par prendre un peu le temps de savourer, le coeur léger.

 

Et bon courage à tous les post-docs présents et futurs.

Et j'essaierai de ne pas faire à ceux que je côtoierai ce que je n'ai pas aimé qu'on me fasse.

 

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