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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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  • Misanthrope optionnellement misogyne et Esprit Universel.

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30 juillet 2010 5 30 /07 /juillet /2010 09:53

Je ne sais pas si on peut qualifier l'"affaire Bettencourt" de marrante*, mais en tout cas elle a donné lieu à quelques envolées de haut niveau, souvent dans le registre "plus c'est gros, plus ça passe (ou en tout cas, ça coûte rien d'essayer).

 

Petit florilège des plus récentes**:

 

- François-Marie Banier, à qui on demandait pourquoi Liliane B. lui avait tant donné:

" Renversez la question: pourquoi lui ai-je donné mon temps, alors que j'ai des livres, des photos, des tableaux à faire?"

Je crois que c'est ma préférée, mais du même, on a aussi:

"Cette île [d’Arros], je la déteste, elle est bourrée de moustiques, elle est minuscule, et il y fait très humide", ajoutant même qu'il y avait des requins, et qu'il ne répondait jamais aux invitations de Johnny Depp quand celui-ci l'invitait dans son île.

 

- Patrice de Maistre, justifiant une tentative de retrait de 400000 euros en liquide:

"Mme Bettencourt souhaitait simplement s'acheter une bague".

 

- Maître Kiejman, après l'audition de Liliane Bettencourt, explique qu'elle a dîné avec beaucoup de politiques dans sa vie, que certains sont très ennuyeux et qu'elle ne se souvient donc que vaguement d'Eric Woerth (je ne retrouve pas le texte exact).

 

L'avocat d'E. Woerth (Maître Leborgne, un roi), qui suite à son audition, explique que celui-ci a tout nié et donc, de ce fait, balayé "tous les soupçons de conflit d'intérêt et de financement illégal". "Je compte sur vous pour que ces illusions, ces allégations, ces mensonges qui ont nourri une chronique pendant trop longtemps aient un terme".

Woerth y a-t-il répété qu'il y avait une "muraille de Chine" entre ses activités et celles de sa femme, peu de temps avant de démissionner de son poste de trésorier de l'UMP et que sa femme ait reconnu avoir "sous-estimé le conflit d'intérêts" entre l'emploi de son mari et ses fonctions chez Clymène?

 

- Il n'y ont rien dit de spécial, mais la venue du couple de l'été Florence et Eric Woerth sur le Tour pour se mêler au populo, eux les habitués des champs de course et du concours de chapeaux du Prix de Diane, valait son pesant de cacahuètes (avec un ricard, à l'ombre de la caravane).

 

- Pour la bonne bouche, on peut mentionner le "J'accuse" du Zola du 21ème siècle, Frédéric Lefèbvre, ou le lyrisme de la toujours subtile Nadine Morano: "Aujourd'hui, ce sont des méthodes des années 30" avec des sites internet qui utilisent des méthodes fascistes. J'en appelle à votre vigilance. Un jour, cela peut vous arriver d'avoir votre honneur jeté aux chiens", a-t-elle poursuivi, dénonçant "une espèce de collusion médiatico-politico-trotskyste qui essaie de jeter l'honneur d'Eric Woerth en pâture".

 

- Le mot de la fin pour Benjamin Lancar, le Bruno Julliard de droite (ce n'est pas un compliment), qui, après avoir démontré l'équivalence entre Mediapart et la presse stalinienne ("Du temps de Staline, il y avait les montages photo, en 2010, en France, il y a Mediapart, mené par... un trotskiste. CQFD"), est parti à la rencontre des "vrais français" pour promouvoir l'UMP, et nous apprend que:

"Les Français sont très éloignés du microcosme parisien. L'affaire Bettencourt, par exemple, n'intéresse pas grand-monde. Ils sont beaucoup plus nombreux à nous poser des questions sur les retraites et sur la sortie de crise. Nous avons souvent un bon accueil."

 

 

Sources: Le Monde, L'Express, LCI, etc.

 

 

* Jamais très loin de la farce ou du bon gros vaudeville, j'y vois tout de même une force tragique pour ce qu'elle révèle sur les politiciens et la politique "à la papa" visiblement toujours de mise en France.

 

** Tiens, je devrais postuler comme pigiste au Post.

 

Absolument rien à voir, mais j'aime beaucoup cette chanson.
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28 juillet 2010 3 28 /07 /juillet /2010 10:43

Au menu de ce mois de juillet, un vieux (on ne peut plus) classique, un bistrot-gastro qui a fait la une il y a déjà plus de cinq ans, et l'"annexe" d'un grand chef.

 

 

- La Biche au bois:  (Gare de Lyon, 12ème arrondissement). Le 12ème, c'est pas la grosse chouille au niveau restos. Le Janissaire, le Trou Gascon, éventuellement le Quincy... et donc, la Biche au bois.

L'un de mes rapports qualité-prix préférés de la capitale il y a quelques années, quand le menu entrée-plat-fromage-dessert était à 23 euros. A l'époque, ils avaient un bib gourmand on ne peut plus mérité.

C'était un peu la quintessence du bistrot (pas du tout gastro): des plats de terroir, du gibier en saison, des portions généreuses, un plateau de fromages démentiel (leur chèvre poivré reste l'une de mes "madeleines" récentes) des serveurs en tablier chambreurs, une ambiance survoltée avec 50 couverts dans 20m2, une clientèle hétéroclite de titis parisiens, d'hommes d'affaires rougeauds, et de touristes, et un patron qui n'hésitait pas à repasser les plats ou offrir le digeo à l'occasion. Trois services le soir en semaine, fermé le week-end.

 

J'y suis retourné il y a peu, 4-5 ans plus tard, avec des anciens collègues américains, de passage deux jours sur Paris, à qui je voulais montrer du bon gros classique hors du temps. Ils n'ont pas été déçus, moi non plus car ça n'a pas beaucoup changé.

Les prix ont augmenté (26,5 euros maintenant), la salle s'est un peu agrandie en rognant sur le resto d'à côté. Mais les serveurs sont les mêmes, et la carte aussi.

 

Bon, il faut avouer que leur créneau culinaire est plus adapté au climat rigoureux de la fin de l'automne ou de l'hiver qu'à la canicule de début juillet (et aussi parce que le gibier est leur spécialité), mais c'est pas vraiment de leur faute.

Au menu de ce soir, de la salade niçoise hérétique (avec des haricots verts), de la terrine sympa sans être exceptionnelle, un coq au vin tip-top pour les courageux, un bon faux-filet frites pour les autres, le même plateau de fromages bien faits qu'avant, et des desserts comme on n'ose plus en faire (crême caramel, mousse au chocolat, île flottante, et une tarte maison). Avec une bouteille de côtes-du-rhône lambda autour de 20 euros.

Un peu plus de 30 euros par tête tout compris.

L'ambiance était moins "hectic" que dans mon souvenir, peut-être parce que la salle s'est agrandie, peut-être aussi parce que nous sommes venus tôt ou que nous étions mi-juillet.

 

Comme les prix ont subi une inflation de 15%, et qu'en parallèle, de plus en plus de restos parisiens proposent de la cuisine inventive, maligne dans le cadre de menus sous la barre des 30 euros (voir par exemple ci-dessous), je ne sais pas si je le rangerai comme avant tout en haut de ma liste de bons plans.

Mais ça en reste un, dans son genre démodé (ou "amodé"), surtout en saison pour la cassolette de biche ou le civet de sanglier.

Ils ont perdu leur bibendum gourmand et ne sont plus trop référencés, sans qu'il y ait d'autres raisons, à mon avis, que de rester au goût du jour en proposant des adresses "neuves".

 

- Le Pré Verre: (8 rue Thénard, entre Saint-Michel et le Collège de France, 5ème arrondissement, www.lepreverre.com/fr/ - super site web, soit dit en passant, c'est suffisamment rare en France pour être souligné). Table ouverte fin 2003 (je crois), "the place to be" en 2006-2007. Eux aussi ont perdu leur bib gourmand, mais restent parmi les chouchous du Fooding.

J'aime bien aller dans les restos qui ne font plus la une depuis 2-3 ans. D'une parce qu'à Paris, les restos à la mode sont souvent des bistrots chics, et que je me refuse de ne serait-ce qu'essayer de réserver quatre mois à l'avance pour manger du porc au chou, du thon à la plancha ou une soupe de potimarron. De deux parce que s'ils sont toujours là plusieurs années après, c'est qu'ils étaient vraiment le haut du panier et qu'ils ont, on peut l'espérer, trouvé leur rythme de croisière. Même si les foodies à la pointe, tels des Zemmour de la gastronomie, vous diront toujours que "c'était mieux avant".

La dernière raison et pas la moindre, c'est que j'étais à l'étranger pendant deux ans, donc ma wish-list de 2010 n'est finalement pas très différente de celle de 2007.

Bref.

 

Le Pré Verre n'est pas non plus devenu totalement has been, au contraire le succès ne se dément pas: la réservation reste obligatoire, les bobos et les touristes américains affluent, et ils ont pu ouvrir une deuxième enseigne à Tokyo. C'est juste qu'on en parle moins. Et que les derniers échos sont moins flatteurs (cuisine en berne depuis l'ouverture de celui de Tokyo, service pas aimable etc).

 

"Cuisine et vins d'auteurs", ils aiment enfoncer les portes ouvertes, comme à l'Ourcine: pour faire plus clair, le "concept" ici, c'est de retravailler les "classiques" français avec des épices ou un twist orientaux ou moyen-orientaux.

 

Le menu est à 28euros50, il n'y a pas de suppléments, ça fait plaisir. A la carte, ça ne présente pas un grand intérêt puisque ce sont les mêmes plats et que "plat-dessert" ou "entrée-plat" vous seront facturés seulement 2-3 euros de moins que le menu complet.

Voici ce qu'on mange actuellement: http://www.lepreverre.com/fr/paris/menus-cartes-paris.html

Pour notre part, nous avons goûté en entrée à la crème froide de crustacés et rillettes de maquereau, excellente selon l'intéressée, à l'aubergine confite et pastèque grillée à l'échalotte, un mélange inattendu mais très réussi, et l'escabèche de sardines au ngo gai, le plat le plus "classique" du lot. Toutes les entrées amenaient une fraîcheur agréable par cette saison.

En plat, très bon espadon au pavot bleu (graine ressemblant un peu au sésame) avec des artichauts et des pommes de terre sautées, une fricassée de poulet et avocats au gingembre pas mal mais qui n'a pas convaincu totalement, et un superbe cochon de lait fondant et chou croquant aux épices: après le coq au vin, je voulais enchaîner avec un autre plat de saison, mais c'était étonnament léger, avec une délicieuse sauce crémeuse et légèrement relevée.

 

cochon-chou-croquant.jpg

Le cochon fondant et chou croquant (photo tirée du site du restaurant) 

 

En dessert, une truffade de chocolat noir - glace mélasse et des fraises marinées au persil qui ont plu à leurs destinataires (même si dans le genre, l'association fraises-basilic me semble meilleure), et pour moi un crumble d'abricots glace aubergines qui ne portait pas franchement bien son nom (demi-abricots rôtis parsemés d'un peu de chapelure) mais qui valait le coup, surtout pour la bonne association douce-amère avec la glace aux aubergines.

Une bouteille de bourgueil "les vingt lieux dits" 2008 à 27 euros (environ dix euros à l'unité chez un caviste) bien fruité et léger.

 

Un chouette moment avec une cuisine somme toute originale et dans l'ensemble réussie, copieuse ce qui ne gâche rien, et un service quasi-sans faute même dans la salle du sous-sol (finalement peut-être plus peinard que celle d'en haut), pour 35 euros/tête tout compris là aussi. Sans que ce soit péjoratif, je dirais que c'est un peu "Ze Kitchen Galerie du pauvre".

Je suis content d'avoir enfin découvert ce resto, et que les dernières critiques pas terribles ne m'aient pas refroidi.

J'y retournerai.

 

- Sensing: (6ème arrondissement, métro Vavin, www.restaurantsensing.com/). Le second resto de Guy Martin à Paris (Le Grand Véfour), un peu dans la même gamme que le Chiberta (le second resto de Guy Savoy). Il existe également une enseigne à Boston que j'avais bien aimée (mais répétons-le, Boston n'est pas forcément une "grande" ville pour les foodivores.

 

J'ai été invité pour un nouveau déjeuner blogueurs par F. Nègre, que je remercie donc encore une fois. Ainsi que, bien sûr, l'équipe de Guy Martin.

 

Nous sommes une douzaine, placés dans un espace privatisé à l'étage, qui permet d'être confortablement entre nous mais pas de goûter pleinement l'ambiance du restaurant. La décoration, de bon goût mais pas excessivement chaleureuse, me fait penser que c'est plus un lieu d'affaires qu'un endroit pour les rendez-vous romantiques.

 

Nous commençons par une coupe de champagne Taittinger (la famille propriétaire du Grand Véfour, si je ne m'abuse).

En amuse-bouches, nous aurons un velouté de petits pois à la menthe (délicat et frais même si la gelée de menthe au fond ne m'a pas franchement enthousiasmé), du haddock en feuille de brick bon quoiqu'un peu délicat à manger, et un excellent "granité" de foie gras et magret de canard fumé (qu'on retrouve, comme à Boston, proposés en entrée sous forme de "snackings).

En entrée, nous dégustons un "tourteau en carapace et écume, brioche noire au beurre d'algues".

Le tourteau est préparé et servi dans sa carapace. C'est superbe et délicieux. L'écume est servie séparément dans une terrine et ne m'a pas semblé d'un intérêt flagrant, la brioche noire au beurre d'algues est par contre un plaisir coupable avec un goût de trop peu.

En plat, nous avons droit au "carré de cochon de Vallegrain rôti, artichauts et poitrine poivrée à la truffe d'été".

La encore, le dressage est superbe et le plat est gustativement parlant très réussi. Le cochon de Vallegrain est une race élevée en plein air près de Chartres: la pièce est extrêmement tendre, parfaitement cuite (sous vide) et peu grasse. La truffe d'été est plutôt simplement décorative, les artichauts sont agréables même si je ne pense pas que du bien de ce légume. Il y a également des petites tomates confites délicieuses et quelques olivettes qui donnent à ce plat une jolie touche méditerrannéenne.

En dessert, la "rhubarbe pochée, blanc manger et sorbet aux fruits du moment (framboises, en l'occurence)". Un énoncé et un visuel un rien complexes, mais le résultat est délicat et rafraîchissant.

Nous boirons au cours de tout le repas un Mâcon 2009 (désolé, je n'ai pas noté le producteur) que je n'ai pas trouvé génialement en accord avec le tourteau, mais qui accompagnait bien le cochon.

Service très pro, qui nous remettra à chacun une brochure détaillant le restaurant, sa philosophie, et sa carte.

 

Pendant le café/mignardises, nous avons droit à la visite du sympathique chef, Rémi Van Peteghem, 33 ans, déjà en place depuis l'ouverture il y a 3 ans, après avoir travaillé avec Guy Martin ainsi qu'à Ledoyen et Lasserre, entre autres. Il a été élu Jeune Talent Iles de France 2008 par le Gault et Millau.

Il nous explique ensuite la "philosophie" du lieu: au-delà du concept imaginé par le propriétaire Guy Martin, le chef est totalement libre de s'exprimer et de bâtir "sa" carte.

Cela explique pour moi la différence assez grande avec le Sensing Boston: contrairement à, par exemple, l'Atelier de Robuchon, on n'est pas tout à fait dans l'esprit "chaîne de luxe" (même si ça ne joue pas tout à fait dans la même catégorie non plus).

Pour comparer rapidement les deux, j'ai senti plus de maîtrise, d'homogénéité dans la cuisine de M. Van Peteghem que dans celle de M. Barbin. Il faut dire qu'il y a quelques années d'expérience de plus, et que le Sensing Paris semble être maintenant parfaitement rodé, alors que le Sensing Boston était encore un work in progress lorsque j'y suis allé.

La discussion enchaîne ensuite sur ses fournisseurs.

Un moment toujours agréable que de parler avec un chef passionné.

 

Le menu complet du midi est à 35 euros, il y a un menu un peu plus chiadé avec les boissons comprises à 55 euros, qui correspond plus à ce que nous avons eu. Au dîner, ce menu boissons comprises adapté (avec fromages et dessert) est à 75 euros, le menu dégustation à 95 euros, 140 avec l'accord mets-vins. A la carte, comptez une soixantaine d'euros sans les boissons.

Au vu de la maîtrise technique et de la qualité des ingrédients et des préparations, c'est un rapport qualité-prix tout à fait correct, et dans le quartier Montparnasse, il n'y a pas grand chose dans ce créneau depuis la fermeture du Montparnasse 25.   

 

Pour apprécier des photos de ce repas*, vous pouvez aller lire ici. Ou bientôt, ou .

 

 

 

Et pour conclure, quelques mots sur le drame qui m'a frappé ensuite. Attention, âmes sensibles s'abstenir.

Fabien, organisateur de luxe, avait en fait vu les choses en grand avec une découverte en trois parties de l'univers de Guy Martin: le mardi, Sensing, le jeudi, le Grand Véfour, le vendredi, l'atelier cuisine de Guy Martin.

Suite à une confusion ou une incompréhension, peu importe, je n'avais reçu que le mail pour Sensing et Fabien croyait que je n'étais pas disponible pour le Grand Véfour.

Bon, je travaille dans la recherche publique: pour un déjeuner de ce calibre, sauf cas vraiment exceptionnel de manipe qui ne peut pas attendre (genre un créneau de neutrons réservé un an à l'avance au CEA), je peux toujours me libérer. 

Bref, Fabien me dit qu'il va voir, et qu'il m'envoie un mail si je peux venir.

Hélas, je ne reçois pas de mail, j'en déduis que la liste d'invités est bouclée. Comme je ne connais pas encore Fabien très bien non plus, je n'ai pas osé faire le reloud et l'appeler pour lui demander "bon alors, c'est vraiment sûr sûr sûr qu'il n'y a pas de place?". Après tout, je ne fais pas vraiment partie des blogueurs "gastronomiques" et encore moins des blogueurs influents. Et puis (voir plus bas), j'ai eu d'autres préoccupations au même moment.

Me voila donc jeudi midi à manger à la cafète de la grande fac une ratatouille surgelée, un peu déçu mais me disant que bon, c'est comme ça.

Vers 14h, je reçois un SMS de Chrisos qui me demande pourquoi je ne suis pas au Grand Véfour.

Et là, c'est le drame. 

En fait, j'étais invité, mais pour une raison qui m'échappe, le mail n'est jamais arrivé jusqu'à ma boîte, une boîte perso réservée au blog et souvent spammée mais qui généralement fonctionne.

Et donc, en plus de, du coup, vachement mal digérer la ratatouille surgelée et pleurer cette occasion perdue, je m'aperçois que je suis passé pour un affreux malpoli, puisque j'étais attendu et n'ai, forcément, pas prévenu de mon absence. Or, autant être désagréable avec les gens qui m'agacent ne me dérange absolument pas, faire preuve, même involontairement, de malpolitesse, est l'une de mes hantises: je m'énerve suffisamment contre ceux qui font preuve de discourtoisie pour essayer d'être irréprochable de ce point de vue.

Quelques explications et excuses plus tard, cela semble pardonné, mais en ce qui me concerne, je maudis toujours hotmail.

Un récit de ce que j'ai raté (pour faire court, 3 heures de pur bonheur) ici et .

Quant à l'Atelier, j'ai cette fois du décliner, puisque le vendredi en question était le dernier jour où mes chefs étaient au labo avant mon départ (4 semaines de vacances, 2 semaines de workshop en Corse, dure la vie). Eh bon, fallait quand même faire un petit plan de travail histoire de ne pas faire qu'attendre la fiche de paye à la fin du mois...

 

Bon voila, quand on n'a pas de problèmes plus graves dans la vie, c'est que tout ne va pas si mal. Quand au même moment un pote fait un AVC et passe 10 jours à l'hosto, ça aide à relativiser aussi.

Comme on dit, une prochaine fois peut-être (pas l'AVC, hein, le Grand Véfour)...

 

 

 

* je me suis enfin acheté un appareil photo, pour être désormais au niveau du "blogueur gastronomique" de base. Par contre, pour les grandes occasions: vous attendez pas à trouver des photos du tartare du Havane Café.

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Published by mixlamalice - dans Restos
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24 juillet 2010 6 24 /07 /juillet /2010 12:04

Ca faisait longtemps que je devais le faire. L'été étant propice à l'accomplissement de tâches oiseuses, here it is: la mise à jour (avec même une présentation un poil plus lisible et quelques liens ici ou là) de ma fameuse (n'ayons pas peur du mot) liste qui me vaut plusieurs (sisi) visites par jour (sisi) de lycéens égarés cherchant des résumés d'oeuvres qu'ils préféreraient ne pas lire, et qui repartent donc déçus, ou de lecteurs en rade cherchant l'inspiration, et qui repartent peut-être avec des idées.

 

Je liste ici par pays les écrivains (romanciers) que je n'ai pas encore eu la chance de découvrir, que j'ai déja un peu lus (et qui ne m'ont pas plu) ou dont je n'ai jamais terminé un livre, histoire de leur donner une seconde chance.

La plupart de ces écrivains sont, de ce que j'en sais, "majeurs": pas forcément immensément connus, mais respectés du petit monde des lettres, bardés de prix ou ayant au moins commis une oeuvre d'importance.  

Je ne suis pas de "plan de lecture", ni ne consulte chaque mois cette liste pour en voir l'avancée, c'est un peu au feeling. Et si le dernier  Lodge sort en poche, il aura probablement la priorité.
Cependant, cette liste est quand même complétée et mise à jour (quand j'ai lu un des auteurs de la liste, je le "raye" et décrit brièvement ce que j'en ai pensé) plus ou moins régulièrement... et je reste à l'écoute de vos éventuelles suggestions.
Pour une liste concernant mes favoris parmi les livres et auteurs que j'ai déjà lus, et qui peut expliquer l'absence de certains grands noms, voyez ici et .

- France:
La Fayette - La Princesse de Cleves (le livre préféré de Sarkozy, voyez le blog de Pierre Assouline pour plus d'infos)
Chateaubriand - Les Mémoires d'outre-tombe
Sade - commencé Aline et Valcour, a retenter (échos pas terribles cependant)
Saint-Simon - Mémoires: un mec qui raconte sa vie en 25 volumes de 1000 pages, ça ne peut etre qu'intéressant, non?
Flaubert - Bouvard et Pécuchet, c'était chiant. Je n'ai jamais réussi a me farcir l'Education Sentimentale, faudrait que je tente Madame Bovary
Maupassant - Bel Ami, mais les "romans d'éducation", c'est un peu tout le temps pareil quand meme
Ponson du Terrail - Rocambole
Malot - Sans famille. Les aventures du petit Rémi. Assez étonnemment, le dessin animé est finalement extrêmement fidèle. Sinon, c'est un roman d'aventures du 19ème siècle avec les qualités (lecture prenante et facile) et les défauts (morale sociale qui a pas forcément très bien vieilli, incohérences dans le récit, suspense parfois un peu fastoche, personnages binaires...) du genre. On a depuis assimilé ça à un roman pour la jeunesse, mais elle doit avoir le coeur bien accroché, avec toutes ces morts affreuses qui s'enchaînent. 
Proust - 1 seul suffira je pense.
Peguy - ?
Aragon  - ?
Colette - j'ai acheté Chéri. Ca devrait être pour bientôt.

Kessel - jamais lu le Lion, tiens.
Radiguet - Le diable au corps. Radiguet a été peut-être le premier "phénomène littéraire" vendu comme tel par son éditeur et son protecteur Cocteau, par le biais d'une campagne de pub annonçant l'avènement du "plus jeune romancier de France". Radiguet fréquentait les cercles littéraires et artistiques parisiens dès l'adolescence, juste après la Première Guerre, et a écrit le Diable au corps à 16 ans. Il mourut à 20 ans pour se faire un destin à la Rimbaud. En ce qui concerne le Diable au corps, c'est un roman (plutôt une nouvelle) que j'ai trouvée insupportable. Pas tant au niveau du style, somme toute assez classique, qu'au niveau du fond: le narrateur, qui se trouve être l'alter ego de Radiguet, est un jeune homme prétentieux, qui à travers l'histoire d'amour qu'il raconte, ne parle que de lui. La jeune femme qu'il séduit semble juste un prétexte, une abstraction. Le narrateur est également un pleutre, qui justifie ses actions comme mûrement pensées alors qu'elles sont juste le reflet d'une couardise sans nom. Enfin, comme un certain nombre d'adolescents, il est assez primaire mais est persuadé d'être le seul être humain doué d'intelligence et de sensibilité. Dans ce sens c'est intéressant, puisque rare sont les adolescents qui écrivent (ou en tout cas qui sont publiés), qui plus est sur les émois de l'adolescence. Bref, insupportable, mais probablement à lire (et puis ça fait 100 pages écrit gros).
Valéry - ?
Martin du Gard - Les Thibault, mais a-t-il écrit autre chose?
Mauriac - Noeud de viperes c'est bien ça (je confonds toujours avec Vipere au poing de Bazin, Dieu sait que ç'a pas l'air d'avoir grand chose a voir).
Bernanos - Il y a soleil dans le titre je crois
Bataille - ?
Céline - Pas fini Voyage au bout de la nuit, j'avais trouvé ça vieillot (super, il parle en argot... so what? cf mes commentaires sur Orange Mécanique). A retenter quand meme.
Duras et Yourcenar - En bon misogyne, je suis sur que c'est le meme genre intello-chiant (de Beauvoir ca doit etre bien dans le genre aussi).
Vian - Faudrait que j'arrive a finir l'Ecume des jours ou que j'essaye J'irai cracher sur vos tombes
Camus - J'ai lu l'Etranger et Noces, j'ai trouvé ça bof. Je viens de finir la Peste, j'ai trouvé ça bof aussi. En fait, ces trois bouquins sont en quelque sorte des "romans philosophiques" et je crois que la philosophie de Camus c'est pas quelque chose à laquelle j'adhère franchement. D'autre part je trouve ça pas très puissant, entre "être un homme c'est pas facile parce qu'on sait pas vraiment pourquoi on est là" et "communier avec la nature, y a que ça de vrai". Soit, mais 300 pages là-dessus, entre personnages désabusés ou surblasés, c'est pas très folichon...
Sartre - la Nausée, les Mains Sales, je vais peut etre aller acheter Minute a la place...
Gide - Les faux-monnayeurs
Malraux - La condition humaine
Cohen (suisse) - Belle du Seigneur

Simon - Prix Nobel 1985. Je viens de commencer le Tramway, à suivre.
Gracq -?
Le Clézio - Le Procès-Verbal (commencé et pas fini)
Echenoz - Je viens de finir Cherokee, c'est pas mal. Un exercice de style "polar à l'ancienne" bien mené. J'essaierai de lire le Méridien de Greenwich un de ces quatre. J'ai depuis fini "Je m'en vais" qui est finalement assez semblable, avec la aussi un petit côté parigot désuet et une histoire policière "à la papa". Ca se laisse lire avec plaisir, mais j'espère que d'autres romans se renouvellent plus: sinon, c'est à pratiquer de façon espacée, pour ne pas se lasser.   
Chevillard - J'ai récemment terminé "l'Oeuvre posthume de Thomas Pilaster". Amusant, dans l'esprit (une espèce de biographie fictive) cela ressemble beaucoup au Nat Tate de William Boyd. Chevillard a l'air assez éclectique (même s'il a une forte attirance pour des aphorismes dont je ne suis pas toujours fan), donc j'y retournerai probablement.
Green - (Julien) ?
Kundera - L'insoutenable légéreté de l'etre, ou un autre

- Allemagne:
Mann - J'ai Faustus dans ma liste d'attente, ou alors le truc avec la Montagne.
Bernhard - ?
Hesse - Le loup des steppes
Grass - Le tambour : pas facile, intéressant cependant, et a par certains cotés, me semble-t-il, beaucoup influencé les Enfants de Minuit de Rushdie que j'avais beaucoup aimé dans la catégorie "livre exigeant mais hachement chouette quand même" (en terme de construction du roman, et de personnalité du narrateur).
Musil - L'homme sans qualité (Autriche)

- Russie:
Tolstoï - Guère épais... je dois avouer qu'apres 200 pages et 150 personnages en ov, j'avais craqué. Aurai-je le courage d'y retourner, ou prendrai-je plus court?
Tchekov - ?
Dostoïevski - jamais venu à bout, que ce soit les freres Karamazov ou Crime et Chatiment. Si j'essayais l'Idiot?
Gogol - On m'a offert ses Oeuvres en version Pléïade, je piocherai dedans.
Pouchkine - ?
Boulgakov - J'ai acheté le Maître et Marguerite, mais je n'ai pas encore osé m'y attaquer.
Pasternak - Docteur Jivago
Grossman - Son gros bouquin la, de toute façon c'est le seul qu'on trouve facilement.

- Italie:
Malaparte - Kaputt, dans ma liste d'attente
Svevo - oublié le titre (la conscience de Zeno, je crois), entendu beaucoup de bien.
Eco - La aussi, Eco c'est plus fort que moi, que ce soit le Nom de la rose, le Pendule de Faux cul ou meme ses essais littéraires (que je trouve un peu pompeux, dans le genre je suis très culturé mais je le montre un peu trop, même quand c'est pas vraiment utile). Mais dans certains cas je n'aime pas perdre.
Calvino - J'en ai lu un qui m'a prodigieusement fait chier (Si par une nuit d'hiver un voyageur, ou quelque chose comme ça). Je suis pret a donner une seconde chance un de ces quatre.

- Angleterre:
Fielding - Tom Jones, parce que la chanson de Springsteen est bien. Et Sexbomb aussi.
Thackeray - la Foire au vanités ou Barry Lindon.
Dickens - David Copperfield, Oliver Twist j'ai eu trop envie de le baffer dans le film de Polanski.
Austen - Orgueil et préjugés (j'en ai beaucoup sur ce livre...)
Wilde - Le Portrait de Dorian Gray, 5eme tentative?

Jerome - (K. Jerome) Trois hommes dans un bateau. L'un des premiers écrivains "populaires" (je veux dire issu de la classe moyenne, pas parlant du peuple). Comique à l'anglaise, mais pas encore très subtil, le vaudeville n'est pas loin. Ca se lit bien dans le métro, quoi.
James - Portrait de femme...
Joyce - J'ai acheté Ulysse il y a 7 ans avec beaucoup d'espoir. Je compte sur les longues soirées d'hiver de Amherst. Ou alors, j'irai acheter les Gens de Dublin, apparemment plus sympa.
Woolfe - ?

Waugh - Grandeur et décadence de l'humour à l'anglaise, ça se lit bien même si ça a un peu vieilli. Un peu comme Wodehouse quoi (voire quatre lignes plus bas). Peut être un peu plus "universel" malgré tout.
Poe - j'ai du lire quelques histoires extraordinaires gamin mais ça ne m'a pas marqué plus que ça.
Lawrence - Lady Chatterley meme si je crains que ça ait mal vieilli.
Kipling -  Le livre de la jungle
Wodehouse - J'ai lu un des livres de la série "Jeeves and Wooster", en VO. C'est sympathique, "délicieusement suranné" diraient sans doute les critiques, très très british. Je crois que les dialogues de Astérix chez les Bretons ou du Pied-Tendre (Lucky Luke) viennent de là... Je ne vois pas très bien ce que ça peut donner en VF, pour le coup (l'anglais très années 20 des dialogues est pour beaucoup dans le capital sympathie du livre). Enfin, en lisant ce bouquin, je me suis rappelé une discussion que j'avais eu récemment avec une amie: dans le "culte", il y a une large part liée à l'époque d'une part, et au caractère précurseur d'autre part. Mais bon, quand on découvre hors contexte, on a toujours du mal à ne pas penser à ce qui a été fait depuis sur ce filon, souvent en mieux. 
Amis (pere) - difficile a trouver en France et aux US. Un jour que j'irai en Angleterre peut etre. Sinon, ça sera Lucky Jim, le seul que j'arrive à trouver.
Greene - (Graham)?
Pratchett - ? je crois pas que ça ait beaucoup d'importance non plus...
Lowry -  Au-dessus du volcan
Welsh (écossais) - Trainspotting

- Portugal:
Pessoa - L'intranquilité

- USA:
Twain - Huckleberry Finn Un bon roman d'aventures bien prenant. Dommage qu'il y ait le personnage de Tom Sawyer, que je trouve assez fatigant. D'un point de vue stylistique, c'est l'un des premiers romans où le langage parlé est utilisé comme langage narratif (j'en ai parlé plus en détails ailleurs).
Stowe - La case de l'Oncle Tom
Cooper - Le dernier des mohicans
Lewis - je sais meme pas qui c'est, un Prix Nobel sans doute... mon coté snob.
London - J'ai du lire l'Appel de la foret gamin, je sais pas si ça vaut le coup d'y retourner...
Faulkner - ?
Fitzerald - Gatsby le magnifique ou Tendre est la nuit.
Steinbeck - Des souris et des homnes ou les raisins de la colere.
Abbey - The Monkey Wrench Gang je crois.
Miller - Sexus, Nexus... Tropique du cancer, du capricorne. J'ai lu l'essai Lire aux cabinets, dont le titre faisait plus marrer que le contenu...
Pynchon - Un des rares romans que j'ai pas fini ces dernieres années (vente a la criée du lot ...). Deuxieme chance?
Heller - Catch 22 Pff, j'en ai chié. Lu en VO, pas facile, il m'a fallu du temps pour m'habituer au style, touffu. Un livre plutôt épais et assez répétitif même si j'ai fini par accrocher un minimum (j'ai vraiment failli laisser tomber pendant les 150 premières pages mais je n'avais à ce moment là rien d'autre à lire qui me fasse vraiment envie). Pour une analyse un peu plus poussée, voir ici.
Kerouac - Sur la route
Kesey - Vol au dessus d'un nid de coucous
Millhauser - La vie trop brêve d'Edwin Mullhouse, écrivain américain C'est assez space: en gros, c'est la biographie d'un écrivain fictif décédé à l'âge de 11 ans, par son meilleur ami du même âge. Les deux manuscrits ont été retrouvés tardivement par des universitaires (fictifs eux aussi). Oui, ça ressemble un peu au bouquin de Chevillard dont j'ai parlé plus haut, enfin chronologiquement c'est plutôt le bouquin de Chevillard qui ressemble à celui-la (1972 contre 1999, les deux devant beaucoup à Pale Fire de Nabokov, 1962, probablement le plus ambitieux et le meilleur des trois). Je ne sais pas trop quoi en penser, l'exercice de style, le jeu littéraire, est bien mené surtout quand on pense que c'est le premier livre de Millhauser, pas encore 30 ans à l'époque. Mais bon, au-delà de ça, sans estimer que tous les romans doivent avoir un message profondissime à faire passer, c'est assez vain, je trouve. J'ai également fini Martin Dressler, Prix Pulitzer en 1997, un livre sur l'épopée, de la grandeur à la décadence, d'un jeune entrepreneur américain, dans le New-York de la fin du 19ème siècle. C'est un livre assez éthéré, assez "old school", plutôt facile à lire mais qui ne m'a pas vraiment passionné.
Bradbury - Farhenheit 451 Impression mitigée: c'est la premiere fois, depuis que je lis en V.O., que j'ai l'impression qu'un livre est vraiment pas très bien écrit. Répétitions, longueurs, métaphores supers clichés etc. Il y a aussi des passages qui ne fonctionnent pas (le chien mécanique, j'ai trouvé ça assez naze). Par contre, l'idée de départ, à savoir que les gens, abrutis par la téloche, ont progressivement arreté de lire (a part les BDs et les tabloïds), ce qui a ensuite permis au gouvernement d'interdire les dits bouquins sans que ça choque personne ou presque, est super "clever", surtout quand elle est énoncée dans les années 50. Du coup, il y a dans le bouquin des prémices de la société actuelle, avec des gens qui ont 5 télés dans leur appart, et des émissions de "télé-réalité", et un monde qui tourne autour de l'"entertainment" immédiat sans jamais prendre le temps de la réflexion. De ce coté la, le bouquin est vraiment bien, et peut-etre plus "prophétique" que 1984. Je ne comprends d'ailleurs pas pourquoi Fahrenheit est rangé au rayon SF chez nous, alors que c'est un livre d'anticipation dans la veine de 1984 ou Le Meilleur des Mondes.  
Lee - How to kill a mockingbird.

Selby Jr - Last exit to brooklyn ou Requiem for a dream.
Bellow - Ravenstein était tres chiant, il a sans doute fait mieux dans les vieux trucs.
Herbert - Dune
Asimov - Fondation, c'est ça?
Toole - Jamais allé au bout de la Conjuration des imbéciles. De toute façon il en a écrit qu'un.
Wolfe - Acid test Intéressant historiquement, pour comprendre le milieu hippie aux US à la fin des années 60, la vie de Kesey (l'auteur du Vol au dessus d'un nid de coucou, voir plus haut), leader plus ou moins contre son gré du mouvement, leurs relations avec les beatniks et les hell's angels etc. Après, c'est un peu pénible à lire. Je tenterai peut-être Le bucher des vanités.
Auster -  Je n'ai jamais fini La trilogie new-yorkaise mais je viens de finir Travels in the Scriptorium, une nouvelle assez perchée mais qui m'a beaucoup plu. Difficile à résumer, mais c'est court, pas dur à lire, mi-polar, mi-fantastique avec moult interprétations possibles.
Proulx - Brockeback Moutain ou Cartes postales que j'ai chez moi
Ondaatje - Le Patient anglais (Canada)

Updike - grand écrivain "comique" (mais pas que), décédé récemment. Styliste et reconnu pour ses critiques littéraires aussi. Ses romans (nouvelles) les plus connues sont celles tournant autour du personnage Rabbit et celles sur l'écrivain Bech. J'ai lu le premier tome de cette dernière série, Bech: a book. Un peu compliqué pour moi en anglais. Un écrivain qui écrit à propos d'un écrivain qui souffre du blocage de l'écrivain. Méga métafictionnel donc, plein de références ou semi-private jokes qui ont dû m'échapper. Les chapitres sont en fait des petites histoires indépendantes, très vaguement reliées, et qui ont tendance à se répéter un peu. J'ai également lu Terroriste, son dernier roman. Un autre roman post-11 septembre (voir DeLillo, ci-dessous), qui raconte de façon plutôt efficace et crédible l'embrigadement d'un gamin déboussolé. Dommage que la fin sombre un peu dans le thriller bas de gamme.

Joyce Carol Oates - j'en ai lu cinq ou six ces derniers mois et en ai parlé ailleurs. Ecrivain excessivement prolifique. J'aime beaucoup son univers sombre, dérangé. Zombi était franchement marquant, "Viol, une histoire d'amour" était pas mal aussi.

Don DeLillo -   écrivain américain très médiatisé, l'une des grandes figures contemporaines avec Oates, Roth etc. J'avais lu Chien galeux, l'un de ses premiers bouquins, un polar mou du genou qui m'avait plutôt ennuyé. Je m'étais ensuite attaqué à Libra, une fiction complexe sur la vie de Lee Harvey Oswald, que je n'avais pas finie. J'ai depuis lu L'Homme qui tombe, réflexion assez étherée sur le 11 septembre, qui ne me marquera probablement pas plus que ça malgré de jolis passages. Bref, je ne suis pas convaincu, même si ses oeuvres majeures sont paraît-il Underworld et White Noise. Un écrivain exigeant, mais je n'accroche pas.  
Palahniuk - J'ai lu un recueil de "non-fiction", qui regroupe des essais autobiographiques et des sortes de reportages journalistiques sur les tarés de l'Amérique (récit d'un festival annuel de sexe en plein air et en tout genre, tournoi annuel de batailles de moissonneuses-batteuses etc). C'est pas très bien écrit, à mon goût (trop journaliste), il y a cependant des réflexions intéressantes, mais globalement ça ne m'a pas emballé. J'ai enfin fini Snuff, son dernier dont le pitch était accrocheur: une actrice de porno en préretraite qui veut faire un retour fracassant en se faisant fracas... battant le record du gang-bang... Cette lecture confirme mon sentiment que finalement plus à un scénariste qu'à un écrivain (un grand nombre de ses bouquins ont donné lieu à des films plutôt bien accueillis). Le bouquin est raconté selon quatre points de vue différents, 3 des acteurs en attente d'aller tirer la pornstar, et la manager de l'actrice. C'est plutôt malin, mais d'un point de vue formel, les trois voix se confondent entre elles et, me semble-t-il, avec celle de Palahniuk, qui n'est pas un grand styliste. Après, c'est plutôt prenant, drôle et malsain même si la fin est assez débile.  A vous de voir.

McCann - (Colum) Let the great world spin très joli bouquin dont j'ai parlé ailleurs, qui m'a donné envie d'en lire plus de cet écrivain poétique.

Chabon - écrivain américain juif. Je précise parce que ses bouquins tournent beaucoup autour du judaïsme. J'ai lu "Gentlemen on the road", un bouquin d'aventure "à l'ancienne" ("à la Dumas", pourrait-on dire), sur des chevaliers errants dans un monde lointain, avec des princesses, un méchant usurpateur, tout ça. Classique, mais efficace, et assez drôle. J'ai ensuite lu "Le club des policiers yiddish", plus sombre: un polar dans un monde parallèle (monde où les juifs n'ont pas fondé Israël mais se sont retrouvés en Alaska). Un peu dur à pénétrer, mais prenant une fois qu'on y est (a obtenu le Prix Hugo en 2008, même si à mon sens ça relève plus du polar que de la SF). 


- Chine:
Xingjian - la Montagne de l'ame, ou un autre

- Inde:
Naipaul - Le Masseur mystique son premier roman. Je suis un peu passé à côté, je ne l'ai pas vraiment lu au bon moment.


- Japon:
Kawabata - j'ai lu le joueur de Go, ça m'est passé un peu au-dessus et puis ce n'est pas vraiment un roman. A retenter
Mishima - c'est un pote au précédent, j'ai un de ses bouquins chez moi.
OeJe viens de finir une de ses nouvelles, c'est assez contemplatif, poétique, et ça fleure bon l'autobiographique. Un peu court pour dire si j'ai adoré ou pas, à réessayer sur un roman.
Soseki - Je suis un chat   Plutot chiant, et je pèse mon mot: on sent que c'est une collection de chapitres écrits dans un mensuel littéraire. Du coup, meme si le premier chapitre est pas trop mal, ça tourne tres vite en rond et présente certaines similitudes de ce point de vue la avec Bouvard et Pécuchet (avec un poil plus de fil conducteur mais des évenements encore moins intéressants). Et puis les tiraillements des intellectuels japonais au moment de la transition entre culture ancestrale et culture "occidentalisée", c'est un theme assez récurrent dans les romans japonais de cette époque (premiere moitié du 20eme) et je dois avouer que ça m'en touche une sans remuer l'autre. Il me semble enfin que le roman a pas mal inspiré certains passages de Kafka sur le Rivage de Murakami.

- Pérou:
Vargas Llosa - je viens de finir son essai sur les Miséroïdes, j'aimerais essayer un roman maintenant

- Argentine:
Borges - comme Naipaul, les quatrieme de couv' ne m'ont jusque là pas trop fait bander.

- Afrique du Sud:
Coetzee - J'en ai lu un qui ne m'a pas emballé, la encore j'accorderai peut etre une seconde chance. Peut-être avec Journal d'une année noire dont le pitch m'a intéressé et que j'ai donc acheté récemment.

- Turquie:
Pamuk - Mon nom est Rouge, ou Neige.

- Israël:
Oz - Soudain dans la forêt profonde  Un conte pour enfants gentillet, même si dans le genre j'avais préféré Haroun et la mer des histoires de Rushdie, pour la multiplicité des niveaux de lecture. Enfin, c'est un peu court pour me faire une idée.

N.B.: L'ordre est vaguement chronologique, mais ne venez pas me boursoufler le cortex parce que machin est placé avant truc alors qu'il est né dix ans plus tard.
N.B. bis: environ 80. Arrondissons a 100 le temps que je complete ma liste, sachant que je lis environ 25 livres par an, si j'en consacre 4 sur ces 25 a cette liste, j'en ai pour 25 ans. En espérant que mon coeur tienne le coup et que la 3eme guerre mondiale ou le réchauffement climatique se fassent attendre un poil, c'est jouable.

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23 juillet 2010 5 23 /07 /juillet /2010 22:24

En grande pompe ouvrait le 14 juillet, le dernier avatar de la communication gouvernementale, www.france.fr

 

Comme l'explique Le Monde, ce site  ""portail de la France" a été présenté la semaine dernière comme un point d'entrée en cinq langues à destination des touristes, investisseurs étrangers ou expatriés, et devait proposer également des liens vers différents services publics."

 

Las, le 14 juillet (oui, le même jour), le site tombait en panne.

Depuis cette date, s'affiche en cinq langues le message d'erreur...

A priori jusqu'à mi-août.

 

 

OB-JG779 france G 20100716113846

La raison reste assez mystérieuse, le monsieur comm' Thierry Saussez, invoquant une fréquentation trop importante, ce qui n'a semble-t-il pas convaincu chez les spécialistes du oueb.

 

Quoi qu'il en soit, c'est la France, "its life, its work". La classe quoi.

Et puis, l'image du pays était déjà au top, à l'intérieur comme à l'extérieur, avec le parcours des Bleus à la Coupe du Monde et l'affaire gouvernementalo-Bettencourt.

 

Bizarrement, les media étrangers, sûrement tous des trotsko-fascistes, à l'instar du Wall Street Journal ou du Telegraph, se foutent, une fois de plus, de notre gueule.

Heureusement, chez nous, ça n'a pas fait trop de bruit (hors cet article du Monde et un petit article dans le Canard de la semaine dernière). No soucy, donc.

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23 juillet 2010 5 23 /07 /juillet /2010 13:46

Avec mes gros a priori de français moyen, je croyais qu'il n'y avait que des thésards américains pour claquer approximativement 20% de leur salaire dans une bagnole, quand un réseau de bus gratuit sillonnait la ville avec une fréquence de l'ordre du quart d'heure.

Et en plus, l'arrêt était au pied du labo alors que le parking étudiants était en bas de la côte...

 

Aux US, j'avais calculé que ma caisse m'avait coûté, tout compris (achat, parking, péages, essence, réparations, contrôle technique, assurance, péage, etc, et en déduisant le prix de la revente), quelque chose comme 150-200$ par mois.

Et je n'avais fait "que" 10000 kms par an avec, préférant le bus ou mes pieds en semaine, et ne m'en servant que pour aller à Boston, faire les courses au mall, ou en vacances.

Pour le thésard moyen qui avait une bagnole plus grosse, plus consommatrice que la mienne, qui payait plus cher à l'assurance (conducteur moins expérimenté) et qui payait en plus le parking de la fac, on arrive bien à au moins 20% ou plus des revenus, qui doivent tourner autour de 1300$/mois avant impôts.

Je persiste à penser que c'était une hérésie, mais je voyais bien que c'était avant tout culturel. Il faut voir le réseau de bus et de train, hors mégapoles ou villes campus, pour comprendre à quel point les non motorisés sont les symboles de la lose dans ce pays.

Et si on ne vit pas dans une grande ville comme Boston ou New-York, on a finalement peu le choix.

 

Ce qui me chagrine, c'est qu'apparemment, ce n'est pas aussi proprement américain que je ne le pensais...

Ainsi, au labo de la fac dans la prairie, plusieurs collègues vivent comme moi à Paris, et viennent tous les jours en bagnole au lieu de prendre le ReuReuReu. 

Se rendre compte qu'il est aussi con que l'américain moyen, ça met un coup au français moyen, quand même.

 

Ces collègues ont tous plein de justifications, mais je dois avouer que malgré tout, je ne pige pas. Ou plutôt, je les considère absolument non valides.

Je ne parle même pas de l'empreinte écologique, parce que, s'il m'arrive de me donner bonne conscience ou du courage parfois en évoquant cette raison, elle n'est pas vraiment rentrée en jeu dans mon choix de faire confiance aux transports publics*. 

 

Parlons chiffres, plutôt.

 

- En RER, porte à porte, c'est à dire entre le moment où je ferme la porte de mon studio à clefs et celui où je pose mon cul sur la chaise de mon bureau, il s'écoule 55-60 minutes quand tout marche bien.

Typiquement, d'après une étude indépendante sur le respect des horaires dans les transports parisiens (dont je n'arrive pas à retrouver le lien, mais d'expérience ça me semble ok), c'est le cas 80% du temps. Je dirais que 15% du temps, le retard est inférieur à 15 minutes, et qu'il est supérieur à 1h moins de 1% du temps (hors grêves, j'ai eu droit à 2 grosses merdes en 5 mois de RER, soit environ 250 trajets).

En voiture, en partant sensiblement du même endroit, on met, en été, 30 minutes. Cool, 20 minutes de gain. Cela dit, le reste du temps, c'est à dire à des périodes où il n'y a pas la moitié de population coincée dans les embouteillages dans le sud, d'après les témoignages, c'est également de l'ordre de la cinquantaine de minutes le matin, et souvent au-dela de l'heure le soir (perso, les deux fois où je l'ai fait le soir, j'ai mis 1h30).

L'argument du gain de temps est donc franchement bof. La plupart du temps, c'est kif kif, on perd à certaines périodes de l'année ce qu'on va gagner à d'autres.

Et précisons que pourtant le RER B est largement le transport parisien qui fonctionne le plus mal (les autres sont plutôt autour de 90% en terme de respect des horaires).

 

- La carte d'abonnement aux transports, pour ces zones, ça coûte 105 euros/mois, avec 40% remboursés par la fac (généralement, le remboursement est plutôt de 60 à 100%). Et il faut se souvenir que ça permet de prendre le métro/bus à l'année en région parisienne, pas que d'aller au taf.

La bagnole, avec l'essence plutôt beaucoup plus chère que chez les ricains, ça va vite coûter dans les 200 euros/mois. Voire facilement 100 euros de plus si vous devez payer un parking dans Paris. Sans compter qu'a priori, vous aurez quand même besoin de vous acheter une carte intégrale zone 1-2, à 60 euros/mois (ou de fonctionner avec des tickets, ce qui amène vite à au moins 30 euros/mois même si on utilise peu les transports en commun).

Finalement, chez nous aussi on tourne autour de 20% du budget mensuel pour un thésard, engloutis par le dieu bagnole.

Même avec les déductions d'impôts du kilométrage, même en comptant qu'un non motorisé louera une caisse quelques fois dans l'année pour ses villégiatures, niveau pognon y a pas photo en faveur des transports en commun.

Une économie de l'ordre de la centaine d'euros/mois, quand on est doctorant, c'est franchement pas négligeable: c'est ce qui permet de se payer un beau voyage en été, ou un grand resto de temps en temps...

 

On va rentrer dans le plus subjectif maintenant:

- "Le RER, ça pue et on est serré".

C'est pas faux, surtout en été (le nombre de train supprimé pour les horaires d'été étant supérieur au nombre de personnes parties en vacances, et la clim' étant une utopie, c'est pas tous les jours la fête).

Cela dit, depuis le mois de mars, après avoir tatonné au début, j'ai pris le pli d'avancer mon départ d'un quart d'heure le matin (8h15 au lieu de 8h30), et vu que je le prends presque au terminus le soir en plus d'être plutôt à contre-sens du trafic, j'ai quasiment réussi à être assis tous les jours.

Et personnellement, en règle générale, je préfère être assis à bouquiner, qu'à devoir, la tête dans le fion, me concentrer pour rouler roue à roue sur l'autoroute au milieu de parisiens agressifs.

Ca reste subjectif: certains me soutiennent qu'ils préfèrent largement se faire chier dans leur bagnole, parce qu'au moins ils se font chier TOUS SEULS. Well, j'adhère pas trop, mais je peux comprendre. Après deux ans aux US, la philosophie du "chacun pour sa gueule et qu'on m'emmerde pas", je m'y suis fait et je peux même en conçevoir les bons côtés, parfois.

 

 

article rer

Tu kiffes? Non? 

 

embouteillage.jpg

Et ça? 

 

- "La bagnole, ça permet d'aller faire des trucs entre midi et deux si t'as besoin".

Alors ouais, c'est imparable. Mais en pratique, on est au milieu de la pampa, et y a pas grand chose à faire alentours, voiture ou pas. Peut-être que trois fois dans l'année, ça va permettre d'aller au centre commercial de Vélizy acheter une friteuse, ou de partir en week-end plus tôt...

C'est un peu le succès de la consommation moderne que d'arriver à te faire croire que tout ce dont tu t'étais très bien passé jusque là t'est en fait indispensable parce que ça va très exceptionnellement et ponctuellement te simplifier la vie (et le reste du temps, ne servir à rien mais te coûter un pognon fou).

Dans le même registre, on me parle de la possibilité de prendre la bagnole le week-end pour aller se balader. 

Ok, mais je connais pas grand monde qui part très souvent quand même: si c'est pour aller au Parc de Sceaux, ou à Fontainebleau les 4 week-ends où il fait beau, on peut prendre les transports. Si c'est pour aller dans une ville de province, le train va généralement aussi vite et reste moins cher ou de prix équivalent si l'on est seul ou à deux. Et pour les cas exceptionnels, il reste la location.

 

 

Alors, je conçois que pour ceux qui ont un ou des gamins, le problème soit différent. De même pour les banlieusards, tant les transports de banlieue à banlieue sont pourris (du coup, partir en banlieue pour économiser sur le loyer, ça reste à calculer proprement au cas par cas, si ça implique d'acheter une bagnole). Ou encore pour ceux qui vivent dans des villes de province ou le réseau de transports urbains n'est pas aussi développé que le parisien (par exemple, Nice).

Mais pour les couples ou les célibataires de Paris intra muros, qui en plus possèdent souvent une voiture ET un deux roues, désolé, je reste, la plupart du temps**, peu convaincu de l'utilité de la chose. Pour faire dans la litote.

 

 

* Mais bon, ça me fait toujours marrer de voir des gens qui conduisent 50 bornes par jour te faire un caca nerveux parce que t'as jeté le carton dans la poubelle verte.
** Oui, vous pouvez toujours me parler du cas de ce pote à vous qui a besoin de faire 5 changements et qui gagne 2h de temps en prenant sa caisse, et je serai d'accord avec vous. Mais je reste peu convaincu que ça soit la majorité des cas.
Photos tirées de 20 minutes et rue89 par le biais de Google images.
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21 juillet 2010 3 21 /07 /juillet /2010 09:33

Après consultation de mon catalogue, voici quelques autres pépites:

 

- Fletwood Mac: Le groupe a commencé sa carrière à la fin des années 60 en Angleterre, et donnait plutôt dans le blues. Après beaucoup de changements de line-up et un départ vers les US, ils se sont orientés vers une pop relaxante, la plupart du temps avec une chanteuse au micro. Leur plus gros succès date de 1977, You can go your own way, mais je préfère le planant Dreams dans le même album (Rumours, vendu à plus de 40 millions d'exemplaires):

 

 

Ils ont ensuite enchaîné les tubes dans cette veine jusqu'au milieu des années 80.

 

- Lynyrd Skynyrd: groupe de rednecks, qui donne, comme on dit, dans le Southern Rock (quelque chose entre le hard rock, le blues, et la country). Ils sont connus surtout chez nous pour Sweet Home Alabama, apologie du sud et réponse à deux chansons de Neil Young (Southern Man et Alabama) qui étaient un peu l'équivalent poétique et US de la banderole des Ch'tis.  
Aux US, leur vraie chanson mythique serait plutôt Freebird, pour ses paroles bien dans l'esprit américain, et son méga solo de 6 minutes à la fin, tout en pentatonique:

 

 

Formé dans les années 60, et célèbre au début des seventies, le groupe a connu une histoire assez tragique puisque plusieurs membres (dont le chanteur et fondateur) ont disparu lors d'un crash d'avion en 1977. Ils se sont ensuite reformés avec des membres de la famille (dans le sud ricain comme dans le nord français, l'ambiance est un peu à la consanguinité), mais leurs grandes chansons datent toutes de la première période (Simple man, That smells, Gimme three steps etc).

 

- UFO: On repart en Angleterre avec ce groupe de hard-rock, qui a présenté la particularité de compter en son sein un guitariste allemand, Mickael Schenker, en provenance de Scorpions (son frère Rudolf en fait toujours partie). Le premier album date de 70, mais ce sont les 5 albums de 74 à 78 qui ont assis la réputation du groupe.

Musicalement, ils ont influencé la NWOBHM  et en particulier Iron Maiden.

Doctor Doctor est ainsi un exemple typique du genre de choses que Maiden a reproduit dans bon nombre de chansons. Ils en ont d'ailleurs fait une reprise, et, "respect", encore aujourd'hui lors de leurs concerts, le passage de cette chanson à la sono annonce l'arrivée du groupe sur scène.

 

 

Parmi leurs plus gros hits, on peut citer Rock Bottom, Out in the streets, Too hot to handle, Lights out etc.

Au niveau du jeu de guitare, des sonorités produites, des riffs composés, Schenker, comme Blackmore, était de toute évidence un précurseur.

 

Pour finir, "girls rock too":

 

- Heart: formé par les soeurs Wilson, ce groupe a cartonné de 75 à 82, avec des tubes comme Crazy on You, qui en remontrerait à pas mal de "brailleurs", ou Barracuda, dont le gros riff calmerait plus d'un testostéroné. Pas manchottes ni aphones, les soeurs.

 

 

Le virage des années 80 n'a pas été forcément négocié au mieux, mais bon, elles ne sont pas les seules dans le cas...

 

- Pat Benatar: La aussi une sacrée voix pour un paquet de bonnes chansons (avec son mari à la gratte), un peu plus tard (au début des années 80). Ca a commencé rock (Heartbreaker, Hell is for children, Hit me with your best shot) avant de prendre une tournure plus FM au milieu des 80's (caractérisé par le célèbre Love is a battlefield).

 

 

Bon, voila. Je pourrais vous parler du Greg Kihn Band, de Blue Oyster Cult ou de Bad Company, mais mes connaissances commencent à s'épuiser, et vous aussi.

 
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Published by mixlamalice - dans Musique
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19 juillet 2010 1 19 /07 /juillet /2010 09:45

J'ai commencé à écouter de la musique rock -au sens le plus large, ce truc avec des guitares électriques qui fait du bruit- à peu près au moment où j'ai eu mes premières crises d'acné. Je n'ai jamais cessé depuis, même s'il m'arrive aussi d'écouter de la merde de m'intéresser à d'autres genres musicaux.

 

Le premier album que j'ai acheté et écouté en boucle était Smash, d'Offspring. Bon, certains extrêmistes me riraient au nez et j'ai moi aussi rejeté cette période de ma vie à un moment, mais avec le recul, je pense que j'aurais largement pu faire pire: ça reste un très bon album de punk, dans sa veine "commerciale", rempli de chansons solides, catchy, qui font encore pogoter pendant le quart d'heure rock dans les soirées de blaireaux, et de très loin ce que The Offspring a pondu de mieux. 

 

Et alors que j'avais 14 ans à la sortie de Smash, j'ai, bizarrement, au fur et à mesure que je devenais plus vieux, au lieu de suivre le courant grungeo-pop, écouté des trucs de plus en plus anciens, pendant longtemps à tendance saturée.

Je suis passé rapidement par les Guns (Use your Illusion, 1991, mais surtout Appetite for Destruction, 1987), avant d'avoir une très longue période Iron Maiden.

Si j'ai commencé par écouter les albums contemporains de Maiden, j'ai rapidement passé beaucoup de temps sur le Live After Death (1985), et les albums de 1980 à 1988 (Iron Maiden, Killers, Number of the Beast, Piece of Mind, Powerslave, Somewhere in Time et Seventh son of a seventh son).

Puis j'ai écumé le métal des 80's, de Helloween à Manowar, en passant par Metallica ou Y. Malmsteen.

 

Encore aujourd'hui, je reste persuadé qu'on n'a pas fait mieux que les eighties, la preuve:

 

Look, musique, tout est au top...

 

Cependant, aux US, le système radio est pas mal (si on oublie qu'il est comme la téloche gangréné par les coupures pubs): il y a beaucoup de radios thématiques avec une programmation musicale plutôt pointue. Alors certes ça favorise pas l'ouverture d'esprit, mais ça permet d'éviter les stations gloubiboulgas toutes pareilles qu'on a chez nous.

 

Parce que la station métal passait mal où j'étais, et que Seek and Destroy pour s'endormir, c'est pas terrible, je me suis branché sur la station Classic Rock et en particulier le show d'Alice Cooper.

Je ne suis pas un grand connaisseur d'Alice, même si j'aime bien certains de ses classiques, mais en tout cas, il s'y connaît pas mal en musique rock au sens le plus large (au moins autant que P. Manoeuvre). Et il est plutôt marrant et efficace en dj.

Bref, j'ai encore reculé dans le temps, car il m'a fait découvrir pas mal de trucs des 70's (et même des 60's).

Bon, je connaissais un peu mes classiques, Deep Purple, Black Sabbath, Led Zeppelin, The Who, Supertramp, Hendrix, Kiss et tutti quanti.

Mais au delà de ça, il y a en fait pas mal de groupes, anglais ou ricains, qui ont vendu plusieurs millions d'albums en leur temps et qui sont soit un peu tombés dans l'oubli depuis, soit sont restés mythiques aux US mais n'ont pas atteint le même statut en France.

 

Voici donc quelques unes de mes "découvertes" (entre guillemets, puisque, je le répète, la plupart de ces groupes ont été multi-disques de platine, et qu'on les connaît souvent un peu, soit de nom sans être incapable de citer une de leurs chansons, soit par le biais d'un single qu'on a entendu 20000 fois sur rtl2 mais qu'on retient jamais le nom du groupe). Parce que quand même, c'était du lourd, et à mon sens on touche la plus à l'essence de cette musique qu'avec Phoenix et MGMT.

 

- Bob Seger: peut-être l'incarnation parfaite de l'antistar. Dans les 60's et 70's, un chevelu comme il y en avait des milliers, aujourd'hui un barbu à cheveux blancs grassouillet, qu'on ne voit jamais à la télé et continue à sortir des albums même si plus personne ne parle de lui. Malgré tout, un bon paquet de ses chansons a été repris par tout le monde et font partie de la mémoire collective.

La plus célèbre (et pas forcément la meilleure) est assurément Old Time Rock'n'roll, reprise quasi mot pour mot par notre JoJo national. Je préfère des chansons plus "profondes" ou sombres, comme Against The Wind, qu'on entend dans Forrest Gump, et surtout Turn the page, chanson puissante qui donne sans cesse l'impression de décoller mais reste toujours "on the edge" (reprise par Metallica dans Garage Inc.):

 

 

- Neil Diamond: Un peu le même profil que Bob Seger, même si sa carrière a déraillé depuis plus longtemps (e.g. il fait vraiment de la merde depuis le milieu des années 70). Apparemment il a fini par se prendre par un grand compositeur et s'est mis à faire de la soupe, alors qu'avant il se contentait de pondre des bons tubes folk. Entre autres Red Red Wine, repris par UB40, I'm a believer (chanté par The Monkees et qu'on entend dans Shrek), ou encore Girl, you'll be a woman soon (Urge Overkill dans la B.O. de Pulp Fiction).

 

- Electric Light Orchestra (ELO): Mené par Jeff Lynne, ce groupe anglais a été l'un des plus gros vendeurs des 70's, proposant une musique assez proche de celle des Beatles période Sergent Pepper: une pop-rock expérimentale, utilisant sons futuristes et instruments classiques pour des compos un peu alambiquées et perchées mais diablement efficaces.

Eux aussi sont réentrés dans les oreilles françaises récemment grâce aux pubs SFR (on fait ce qu'on peut), avec l'énorme Mr Blue Sky (admirez les coupes de cheveux):

 

 

On peut aussi mentionner Sweet Talking Woman, ou Hold on Tight avec sa partie chantée en yaourt français.

 

- Bachman Turner Overdrive: un groupe de gros canadiens aux looks de bûcherons qui se définit assez justement comme faisant du "no nonsense blue collar rock'n'roll". Un peu l'antithèse d'ELO donc, mais bien aussi. Pas subtil pour deux sous, mais ça envoie. 6 albums entre 73 et 77, avant de disparaître, et quelques gros tubes.

 

 

You ain't seen nothing yet vaut qu'on y jette une oreille aussi. Le reste est à l'avenant.
 
Pour finir, quelques groupes d'"arena rock" (vous savez, ces groupes de 18 membres avec trois saxos, 2 claviers, 4 guitares qui font dans le FM à mort):
- Journey: de l'avis général -et du mien aussi, pour ce que ça compte-, l'un des meilleurs chanteurs rock (Steve Perry), même si pas très viril charismatique à mon goût, et des musiciens pas manchots non plus (quelques soli pas piqués des vers). Un groupe énorme de 77 à 83, et un bon paquet de méga-hits, un peu datés mais pas démodés.
Don't stop believing reste très utilisé aux US dans les films ou séries dans les situations typiques où le héros affronte un gros dur avant de s'en sortir. La aussi pas très subtil, mais efficace.

Personnellement, j'ai un petit faible pour Wheel in the sky avec son intro qui monte en puissance comme j'aime, et le bluesy Lovin', Touchin', Squeezin'. Sinon, Separate Ways vous montrera que Bon Jovi n'a rien inventé (le clip envoie du gros):

 

 

- Foreigner: La aussi, un grand groupe, avec un chanteur d'exception (bien que sortant de nulle part à l'époque), Lou Gramm, la voix éraillée juste ce qu'il faut et capable de tout chanter, et un guitariste soliste pas maladroit et très bon compositeur.

Chez nous, on entend souvent le slow mielleux I want to know what love is, bien dans le genre, mais qui marquait déjà un peu le début de la fin pour eux.

Ils sont quand même meilleurs quand ils donnent dans le big rock (gros riff, paroles misogynes, soli saignants, du classique), comme dans Urgent, Hot blooded, ou encore Jukebox hero:

 

 

 

Voila, bonne écoute.

A suivre (je dois consulter mes archives)...

 

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14 juillet 2010 3 14 /07 /juillet /2010 11:59

On ne va pas refaire le débat, mais sachez que je suis, en l'état actuel en tout cas et plutôt par défaut, un défenseur du système classes prépas-écoles d'ingénieurs.  

 

Cela dit, je ne suis pas un gros fan de cet état d'esprit assez répandu chez mes coréligionnaires: s'estimer a priori lié à vie à quelqu'un sous prétexte qu'il a fréquenté les mêmes établissements que vous.

 

Ce principe s'est un peu généralisé depuis l'avènement de fessebook, mais je n'ai jamais été attiré par les repas de promos, les célébrations du type 10 years after, ou que sais-je encore: je me suis fait en école et en prépa une quinzaine de potes et autant de connaissances que j'apprécie sans que nous soyons très proches, je continue en majorité à les voir régulièrement, et je n'ai pas nécessairement envie de retrouver ceux que je ne fréquentais pas à l'époque parce que, depuis, nous avons obtenu le même diplôme.

 

Malgré tout, je suis un peu cynique assez pragmatique, donc je reste a priori disposé à adhérer à l'association d'"anciens" de mon école, ce qui n'est généralement pas donné (autour de 100 euros annuels).

D'une part parce qu'en théorie, cela peut permettre de faire la connaissance de personnes plus jeunes ou plus âgées, que l'on n'avait pas fréquentées directement, et avec qui on partage un certain nombre d'intérêts communs.

D'autre part parce qu'il est toujours intéressant professionnellement de posséder un "annuaire", un réseau. On peut le déplorer, mais beaucoup de choses fonctionnent comme cela en France, et ailleurs. Quand le DRH de BigCorp a fait la même école que vous et que vous l'avez vu alors la bite à l'air en train de faire la tortue, il faut l'admettre, ça crée des liens.   

 

Ceci posé, je dois maintenant signaler que je suis diplômé d'une petite école, l'une des dernières qui continue à majoritairement former des chercheurs, en tout cas des scientifiques (bon an, mal an, plus de 50% d'une promo se tourne vers le doctorat). Dans le domaine de la recherche, publique ou même industrielle, avoir un bon réseau est probablement moins important qu'ailleurs. Ou plutôt non, mais en tout cas ce n'est probablement pas le réseau "école d'ingé" qui vous servira le plus.  

Comme de plus la taille de nos promos est inférieure à 100 personnes, il est aisé de comprendre que l'association des anciens de mon école n'a pas la puissance de celle de l'X, des Mines, ou de Centrale. Loin s'en faut. 

 

A vrai dire, jusqu'à il y a quelques années, l'association, disons le franchement, ne servait à rien: l'annuaire était mis à jour une fois tous les dix ans, et le seul contact que nous avions avec les "anciens" étaient lorsqu'ils venaient jouer les pique-assiettes à la remise des diplômes ou au gala de l'école.  

Lorsque j'avais demandé à m'inscrire, on m'avait orienté vers le site oueb pas franchement 2.0. Pour se connecter, il fallait disposer d'une adresse mail "valide", probablement celle donnée à l'entrée à l'école dont je ne m'étais jamais servie et que j'avais oubliée. J'avais donc contacté la secrétaire de l'association, à qui j'avais expliqué que je souhaitais adhérer mais que je n'arrivais pas à le faire en ligne. Elle m'avait répondu "connectez-vous sur le site web, on vous communiquera un mot de passe"... du travail de pro, je m'étais donc dit que j'aurais mieux à faire de mes 75 euros.

 

Récemment, des efforts ont été accomplis par la jeune garde (après quelques manoeuvres type "calife à la place du calife" qu'il vaut mieux ne pas détailler).

Depuis, il y a un site un peu plus fonctionnel, "visible", et gratuit d'accès, des contacts plus réguliers avec l'association, une remise à jour régulière de l'annuaire, etc.

Cependant, j'hésite toujours à me réinscrire.

Ne serait-ce que parce que j'ai reçu hier la demande de cotisation. Déjà, comme je l'ai dit plus haut, j'estime que ce n'est pas parce qu'on a fait la même école à 30 ans d'intervalle qu'on se doit de m'appeler "camarade" et me tutoyer.  

De plus, on m'apprend que sur les 75 euros que l'adhésion coûte, 32 sont consacrés aux actions d'entraide aux diplômés.

Or, il y a deux mois, échaudé par mes échecs répétés aux concours, je commençais à me demander si je ne ferais pas mieux de me réorienter vers une carrière industrielle. Ca n'a jamais vraiment dépassé le stade de la réflexion, mais j'avais contacté des membres de l'association pour qu'ils m'aident à écrire mon CV (la version académique de 10 pages avec le résumé de ma conf' à Le Bessat n'est pas d'une grande utilité pour aller chez Bettencourt). J'avais envoyé un "draft" d'une page, en demandant quelques conseils et en posant quelques questions précises. J'avais reçu une réponse, qui, quoi que gentille, ne répondait pas à mes questions, tenait un peu trop de la novlangue managero-commerciale (ah, ces fameux "mode projet", "projet professionnel" et autres) et ne faisait pas trop avancer mon schmilblick.

J'ai ensuite reçu un autre mail m'informant que mon correspondant était très occupé mais qu'il me recontacterait sous peu. 

C'était il y a deux mois.

 

Alors bon, je n'ai jamais été vraiment dans l'urgence et ce n'est plus trop d'actualité pour moi de toute façon, et, sollicitant un service, je n'ai pas à faire preuve d'exigences démesurées. De plus, les "actions d'entraide" évoquées dans la lettre relèvent plus du prêt à taux 0 que de la rédaction de CV-lettre d'embaûche. 

Mais j'avoue que ça ne m'incite pas non plus à sortir mon carnet de chèques...

 

 

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9 juillet 2010 5 09 /07 /juillet /2010 13:58

L'été venu, en France, je ne sais pas comment ça se passe chez les industriels, mais dans les labos de recherche comme dans beaucoup d'autres endroits qui ne font pas leur business dans les fringues ou le tourisme, l'activité est un peu ralentie. Pour faire dans l'euphémisme.

 

Entre mi-juillet et fin août, un grand nombre de chercheurs et d'étudiants prend typiquement entre 2 et 4 semaines de vacances, et éventuellement rajoute un petit congrès aux antipodes ou un "workshop" en Corse ou à Chypre. Le pic se situe, disons, les deux premières semaines d'août, où on peut environ compter quelque chose comme 20% des effectifs présents (en tout cas dans les labos où je suis passé).

 

Pendant cette période là, il y a toujours des gens qui vous expliquent qu'ils "bossent mieux quand les chefs sont pas là". Ou une variante: "quand le labo est désert".

J'imagine que pour certains, c'est vrai: après tout, il y a par exemple l'avantage non négligeable d'avoir la possibilité d'utiliser à temps plein une manipe habituellement surbookée.

 

En ce qui me concerne cependant, j'ai besoin d'un peu de pression pour être un minimum au taquet dans mon travail.  

Quand j'ai une conf' ou des entretiens à préparer, un article à rédiger, une thèse à finir, effectivement, le fait d'être un peu peinard peut me donner un supplément d'efficacité.

Mais avouons-le, dans la recherche, il y a quand même des moments où la pression se relâche.

Et donc, quand il n'y a pas d'urgence particulière, que personne n'est là de toute façon, qu'il faut beau, chaud et que les filles sont belles, j'ai un peu tendance à m'astiquer la nouille. Au sens figuré, bien sûr. Je veux dire que je vais avoir tendance à prendre trois heures pour faire un truc qui m'en prendrait une si j'étais à fond, à arriver un peu plus tard et à partir plutôt plus tôt ou prendre deux heures de pause au déjeuner, à avoir moins de remords à m'éclipser pour aller voir un match, etc.*

C'est tout de suite moins vrai quand il y a un peu d'émulation sur le lieu de travail: si tout le monde est la et bosse, ça me pousse à ne pas me laisser aller.

 

Parce que, sans vouloir cafter ni tirer de conclusions hâtives, j'ai quand même l'impression que je ne suis pas seul à me la jouer pépère quand le labo est désert. Quand il y a 5 thésards et 2 post-docs (et 0 permanents) présents sur une unité qui compte habituellement 70 personnes, je vois peu de gens à fond, sauf éventuellement les chinois ou les indiens qui de toute façon bossent comme des chimistes quoi qu'il arrive.

 

En tout cas, il me semble bien que, parmi ceux qui m'expliquent le plus sérieusement du monde qu'ils sont super efficaces quand ils ont le labo pour eux tous seuls, il y en a pas mal qui arrivent à 10h, repartent à 16, prennent trois thés dans la journée et ne lèvent jamais le cul de leur bureau pour aller maniper.

 

Généralement, ce sont les mêmes qui le reste de l'année t'assènent au bout de deux heures de pause-café qu'ils sont surchargés de boulot en ce moment...  

 

 

 

* Pour prendre un exemple concret: cette semaine, mes deux chefs sont en congrés. Mon co-bureau assiste aussi à une conférence. Pour la première fois depuis deux ans, je sais où je serai à la rentrée, et je n'ai pas à me demander quelle sera la prochaine personne à qui je devrai faire de la lèche. Je donne le préavis de départ de mon post-doc à la fin du mois. Comme cela aura duré à peine six mois dont quasi-deux de concours, il y a peu de chances que j'obtienne des résultats révolutionnaires. Il y a la Coupe du Monde et le Tour de France. Mon plus gros stress est de savoir si j'aurai le temps/l'argent d'aller voir Priscilla, et quand elle rentrera définitivement en France.

Bref, même si j'essaie de suivre honnêtement le plan de travail qu'on s'est fixé, je l'avoue franchement, je ne suis pas à 200%. 

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8 juillet 2010 4 08 /07 /juillet /2010 11:12

Il y a comme ça des rencontres ratées, des actes manqués, entre un roman et son lecteur.

 

Parfois, vous vous attaquez à du Coetzee alors que vous aviez à peine la concentration requise pour comprendre le dernier Mary Higgins Clark.

 

Ou alors, comme cela m'est arrivé récemment, des circonstances personnelles ou professionnelles font que vous lisez avec l'esprit toujours préoccupé par autre chose. Vous traversez l'histoire sans jamais y être rentré, et même l'aventure la plus passionnante n'aurait pas suffit à changer la donne.

 

Ainsi, pendant le concours du CNRS, je lisais "Le Masseur Mystique", premier roman du nobelisé V.S. Naipaul, indien de Trinidad.

J'ai eu l'impression que ça aurait pu être une lecture agréable, que c'était assez exotique et original. Mais bon, j'ai mis 3 semaines, sans jamais m'y impliquer, à lire les 150 pages...

 

Pendant les concours MdC cette fois, je commençais "La vraie vie de Sebastian Knight", de Nabokov. Et alors que, les concours enfin terminés, j'atteignais laborieusement la moitié du roman et commençais à m'y plonger avec attention, je l'ai oublié en partant en Islande, le reprenant ainsi un mois plus tard après avoir entre temps lu deux autres ouvrages.

Dommage, car ce roman avait tout pour m'intéresser: premier roman de Nabokov, dont j'aime beaucoup l'oeuvre (surtout sa partie anglaise), en anglais, il reprend pas mal de thèmes exploités par l'auteur au cours de sa carrière (les échecs, la compréhension d'une oeuvre par ses critiques qu'on retrouve par exemple dans la Défense Loujine ou Feu Pâle, etc). On y trouve un certain nombre de références métafictionnelles (le narrateur est, comme Nabokov, un russe qui écrit pour la première fois en anglais, ce qui lui permet de justifier les éventuelles mauvaises tournures du texte, le personnage principal est également un écrivain anglais élevé en Russie, etc).

 

En ce moment, je lis "Des hommes ordinaires", de Christopher Browning, livre d'histoire sur le 101ème bataillon de police nazie et son implication dans les fusillades et déportations de juifs en Pologne en 1942, dont la thèse est proche des travaux de Milgram. Et je dois avouer que, entre la canicule, la Coupe du Monde et les sorties, c'était peut-être pas un très bon choix non plus...

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