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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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23 juillet 2010 5 23 /07 /juillet /2010 22:24

En grande pompe ouvrait le 14 juillet, le dernier avatar de la communication gouvernementale, www.france.fr

 

Comme l'explique Le Monde, ce site  ""portail de la France" a été présenté la semaine dernière comme un point d'entrée en cinq langues à destination des touristes, investisseurs étrangers ou expatriés, et devait proposer également des liens vers différents services publics."

 

Las, le 14 juillet (oui, le même jour), le site tombait en panne.

Depuis cette date, s'affiche en cinq langues le message d'erreur...

A priori jusqu'à mi-août.

 

 

OB-JG779 france G 20100716113846

La raison reste assez mystérieuse, le monsieur comm' Thierry Saussez, invoquant une fréquentation trop importante, ce qui n'a semble-t-il pas convaincu chez les spécialistes du oueb.

 

Quoi qu'il en soit, c'est la France, "its life, its work". La classe quoi.

Et puis, l'image du pays était déjà au top, à l'intérieur comme à l'extérieur, avec le parcours des Bleus à la Coupe du Monde et l'affaire gouvernementalo-Bettencourt.

 

Bizarrement, les media étrangers, sûrement tous des trotsko-fascistes, à l'instar du Wall Street Journal ou du Telegraph, se foutent, une fois de plus, de notre gueule.

Heureusement, chez nous, ça n'a pas fait trop de bruit (hors cet article du Monde et un petit article dans le Canard de la semaine dernière). No soucy, donc.

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23 juillet 2010 5 23 /07 /juillet /2010 13:46

Avec mes gros a priori de français moyen, je croyais qu'il n'y avait que des thésards américains pour claquer approximativement 20% de leur salaire dans une bagnole, quand un réseau de bus gratuit sillonnait la ville avec une fréquence de l'ordre du quart d'heure.

Et en plus, l'arrêt était au pied du labo alors que le parking étudiants était en bas de la côte...

 

Aux US, j'avais calculé que ma caisse m'avait coûté, tout compris (achat, parking, péages, essence, réparations, contrôle technique, assurance, péage, etc, et en déduisant le prix de la revente), quelque chose comme 150-200$ par mois.

Et je n'avais fait "que" 10000 kms par an avec, préférant le bus ou mes pieds en semaine, et ne m'en servant que pour aller à Boston, faire les courses au mall, ou en vacances.

Pour le thésard moyen qui avait une bagnole plus grosse, plus consommatrice que la mienne, qui payait plus cher à l'assurance (conducteur moins expérimenté) et qui payait en plus le parking de la fac, on arrive bien à au moins 20% ou plus des revenus, qui doivent tourner autour de 1300$/mois avant impôts.

Je persiste à penser que c'était une hérésie, mais je voyais bien que c'était avant tout culturel. Il faut voir le réseau de bus et de train, hors mégapoles ou villes campus, pour comprendre à quel point les non motorisés sont les symboles de la lose dans ce pays.

Et si on ne vit pas dans une grande ville comme Boston ou New-York, on a finalement peu le choix.

 

Ce qui me chagrine, c'est qu'apparemment, ce n'est pas aussi proprement américain que je ne le pensais...

Ainsi, au labo de la fac dans la prairie, plusieurs collègues vivent comme moi à Paris, et viennent tous les jours en bagnole au lieu de prendre le ReuReuReu. 

Se rendre compte qu'il est aussi con que l'américain moyen, ça met un coup au français moyen, quand même.

 

Ces collègues ont tous plein de justifications, mais je dois avouer que malgré tout, je ne pige pas. Ou plutôt, je les considère absolument non valides.

Je ne parle même pas de l'empreinte écologique, parce que, s'il m'arrive de me donner bonne conscience ou du courage parfois en évoquant cette raison, elle n'est pas vraiment rentrée en jeu dans mon choix de faire confiance aux transports publics*. 

 

Parlons chiffres, plutôt.

 

- En RER, porte à porte, c'est à dire entre le moment où je ferme la porte de mon studio à clefs et celui où je pose mon cul sur la chaise de mon bureau, il s'écoule 55-60 minutes quand tout marche bien.

Typiquement, d'après une étude indépendante sur le respect des horaires dans les transports parisiens (dont je n'arrive pas à retrouver le lien, mais d'expérience ça me semble ok), c'est le cas 80% du temps. Je dirais que 15% du temps, le retard est inférieur à 15 minutes, et qu'il est supérieur à 1h moins de 1% du temps (hors grêves, j'ai eu droit à 2 grosses merdes en 5 mois de RER, soit environ 250 trajets).

En voiture, en partant sensiblement du même endroit, on met, en été, 30 minutes. Cool, 20 minutes de gain. Cela dit, le reste du temps, c'est à dire à des périodes où il n'y a pas la moitié de population coincée dans les embouteillages dans le sud, d'après les témoignages, c'est également de l'ordre de la cinquantaine de minutes le matin, et souvent au-dela de l'heure le soir (perso, les deux fois où je l'ai fait le soir, j'ai mis 1h30).

L'argument du gain de temps est donc franchement bof. La plupart du temps, c'est kif kif, on perd à certaines périodes de l'année ce qu'on va gagner à d'autres.

Et précisons que pourtant le RER B est largement le transport parisien qui fonctionne le plus mal (les autres sont plutôt autour de 90% en terme de respect des horaires).

 

- La carte d'abonnement aux transports, pour ces zones, ça coûte 105 euros/mois, avec 40% remboursés par la fac (généralement, le remboursement est plutôt de 60 à 100%). Et il faut se souvenir que ça permet de prendre le métro/bus à l'année en région parisienne, pas que d'aller au taf.

La bagnole, avec l'essence plutôt beaucoup plus chère que chez les ricains, ça va vite coûter dans les 200 euros/mois. Voire facilement 100 euros de plus si vous devez payer un parking dans Paris. Sans compter qu'a priori, vous aurez quand même besoin de vous acheter une carte intégrale zone 1-2, à 60 euros/mois (ou de fonctionner avec des tickets, ce qui amène vite à au moins 30 euros/mois même si on utilise peu les transports en commun).

Finalement, chez nous aussi on tourne autour de 20% du budget mensuel pour un thésard, engloutis par le dieu bagnole.

Même avec les déductions d'impôts du kilométrage, même en comptant qu'un non motorisé louera une caisse quelques fois dans l'année pour ses villégiatures, niveau pognon y a pas photo en faveur des transports en commun.

Une économie de l'ordre de la centaine d'euros/mois, quand on est doctorant, c'est franchement pas négligeable: c'est ce qui permet de se payer un beau voyage en été, ou un grand resto de temps en temps...

 

On va rentrer dans le plus subjectif maintenant:

- "Le RER, ça pue et on est serré".

C'est pas faux, surtout en été (le nombre de train supprimé pour les horaires d'été étant supérieur au nombre de personnes parties en vacances, et la clim' étant une utopie, c'est pas tous les jours la fête).

Cela dit, depuis le mois de mars, après avoir tatonné au début, j'ai pris le pli d'avancer mon départ d'un quart d'heure le matin (8h15 au lieu de 8h30), et vu que je le prends presque au terminus le soir en plus d'être plutôt à contre-sens du trafic, j'ai quasiment réussi à être assis tous les jours.

Et personnellement, en règle générale, je préfère être assis à bouquiner, qu'à devoir, la tête dans le fion, me concentrer pour rouler roue à roue sur l'autoroute au milieu de parisiens agressifs.

Ca reste subjectif: certains me soutiennent qu'ils préfèrent largement se faire chier dans leur bagnole, parce qu'au moins ils se font chier TOUS SEULS. Well, j'adhère pas trop, mais je peux comprendre. Après deux ans aux US, la philosophie du "chacun pour sa gueule et qu'on m'emmerde pas", je m'y suis fait et je peux même en conçevoir les bons côtés, parfois.

 

 

article rer

Tu kiffes? Non? 

 

embouteillage.jpg

Et ça? 

 

- "La bagnole, ça permet d'aller faire des trucs entre midi et deux si t'as besoin".

Alors ouais, c'est imparable. Mais en pratique, on est au milieu de la pampa, et y a pas grand chose à faire alentours, voiture ou pas. Peut-être que trois fois dans l'année, ça va permettre d'aller au centre commercial de Vélizy acheter une friteuse, ou de partir en week-end plus tôt...

C'est un peu le succès de la consommation moderne que d'arriver à te faire croire que tout ce dont tu t'étais très bien passé jusque là t'est en fait indispensable parce que ça va très exceptionnellement et ponctuellement te simplifier la vie (et le reste du temps, ne servir à rien mais te coûter un pognon fou).

Dans le même registre, on me parle de la possibilité de prendre la bagnole le week-end pour aller se balader. 

Ok, mais je connais pas grand monde qui part très souvent quand même: si c'est pour aller au Parc de Sceaux, ou à Fontainebleau les 4 week-ends où il fait beau, on peut prendre les transports. Si c'est pour aller dans une ville de province, le train va généralement aussi vite et reste moins cher ou de prix équivalent si l'on est seul ou à deux. Et pour les cas exceptionnels, il reste la location.

 

 

Alors, je conçois que pour ceux qui ont un ou des gamins, le problème soit différent. De même pour les banlieusards, tant les transports de banlieue à banlieue sont pourris (du coup, partir en banlieue pour économiser sur le loyer, ça reste à calculer proprement au cas par cas, si ça implique d'acheter une bagnole). Ou encore pour ceux qui vivent dans des villes de province ou le réseau de transports urbains n'est pas aussi développé que le parisien (par exemple, Nice).

Mais pour les couples ou les célibataires de Paris intra muros, qui en plus possèdent souvent une voiture ET un deux roues, désolé, je reste, la plupart du temps**, peu convaincu de l'utilité de la chose. Pour faire dans la litote.

 

 

* Mais bon, ça me fait toujours marrer de voir des gens qui conduisent 50 bornes par jour te faire un caca nerveux parce que t'as jeté le carton dans la poubelle verte.
** Oui, vous pouvez toujours me parler du cas de ce pote à vous qui a besoin de faire 5 changements et qui gagne 2h de temps en prenant sa caisse, et je serai d'accord avec vous. Mais je reste peu convaincu que ça soit la majorité des cas.
Photos tirées de 20 minutes et rue89 par le biais de Google images.
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21 juillet 2010 3 21 /07 /juillet /2010 09:33

Après consultation de mon catalogue, voici quelques autres pépites:

 

- Fletwood Mac: Le groupe a commencé sa carrière à la fin des années 60 en Angleterre, et donnait plutôt dans le blues. Après beaucoup de changements de line-up et un départ vers les US, ils se sont orientés vers une pop relaxante, la plupart du temps avec une chanteuse au micro. Leur plus gros succès date de 1977, You can go your own way, mais je préfère le planant Dreams dans le même album (Rumours, vendu à plus de 40 millions d'exemplaires):

 

 

Ils ont ensuite enchaîné les tubes dans cette veine jusqu'au milieu des années 80.

 

- Lynyrd Skynyrd: groupe de rednecks, qui donne, comme on dit, dans le Southern Rock (quelque chose entre le hard rock, le blues, et la country). Ils sont connus surtout chez nous pour Sweet Home Alabama, apologie du sud et réponse à deux chansons de Neil Young (Southern Man et Alabama) qui étaient un peu l'équivalent poétique et US de la banderole des Ch'tis.  
Aux US, leur vraie chanson mythique serait plutôt Freebird, pour ses paroles bien dans l'esprit américain, et son méga solo de 6 minutes à la fin, tout en pentatonique:

 

 

Formé dans les années 60, et célèbre au début des seventies, le groupe a connu une histoire assez tragique puisque plusieurs membres (dont le chanteur et fondateur) ont disparu lors d'un crash d'avion en 1977. Ils se sont ensuite reformés avec des membres de la famille (dans le sud ricain comme dans le nord français, l'ambiance est un peu à la consanguinité), mais leurs grandes chansons datent toutes de la première période (Simple man, That smells, Gimme three steps etc).

 

- UFO: On repart en Angleterre avec ce groupe de hard-rock, qui a présenté la particularité de compter en son sein un guitariste allemand, Mickael Schenker, en provenance de Scorpions (son frère Rudolf en fait toujours partie). Le premier album date de 70, mais ce sont les 5 albums de 74 à 78 qui ont assis la réputation du groupe.

Musicalement, ils ont influencé la NWOBHM  et en particulier Iron Maiden.

Doctor Doctor est ainsi un exemple typique du genre de choses que Maiden a reproduit dans bon nombre de chansons. Ils en ont d'ailleurs fait une reprise, et, "respect", encore aujourd'hui lors de leurs concerts, le passage de cette chanson à la sono annonce l'arrivée du groupe sur scène.

 

 

Parmi leurs plus gros hits, on peut citer Rock Bottom, Out in the streets, Too hot to handle, Lights out etc.

Au niveau du jeu de guitare, des sonorités produites, des riffs composés, Schenker, comme Blackmore, était de toute évidence un précurseur.

 

Pour finir, "girls rock too":

 

- Heart: formé par les soeurs Wilson, ce groupe a cartonné de 75 à 82, avec des tubes comme Crazy on You, qui en remontrerait à pas mal de "brailleurs", ou Barracuda, dont le gros riff calmerait plus d'un testostéroné. Pas manchottes ni aphones, les soeurs.

 

 

Le virage des années 80 n'a pas été forcément négocié au mieux, mais bon, elles ne sont pas les seules dans le cas...

 

- Pat Benatar: La aussi une sacrée voix pour un paquet de bonnes chansons (avec son mari à la gratte), un peu plus tard (au début des années 80). Ca a commencé rock (Heartbreaker, Hell is for children, Hit me with your best shot) avant de prendre une tournure plus FM au milieu des 80's (caractérisé par le célèbre Love is a battlefield).

 

 

Bon, voila. Je pourrais vous parler du Greg Kihn Band, de Blue Oyster Cult ou de Bad Company, mais mes connaissances commencent à s'épuiser, et vous aussi.

 
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19 juillet 2010 1 19 /07 /juillet /2010 09:45

J'ai commencé à écouter de la musique rock -au sens le plus large, ce truc avec des guitares électriques qui fait du bruit- à peu près au moment où j'ai eu mes premières crises d'acné. Je n'ai jamais cessé depuis, même s'il m'arrive aussi d'écouter de la merde de m'intéresser à d'autres genres musicaux.

 

Le premier album que j'ai acheté et écouté en boucle était Smash, d'Offspring. Bon, certains extrêmistes me riraient au nez et j'ai moi aussi rejeté cette période de ma vie à un moment, mais avec le recul, je pense que j'aurais largement pu faire pire: ça reste un très bon album de punk, dans sa veine "commerciale", rempli de chansons solides, catchy, qui font encore pogoter pendant le quart d'heure rock dans les soirées de blaireaux, et de très loin ce que The Offspring a pondu de mieux. 

 

Et alors que j'avais 14 ans à la sortie de Smash, j'ai, bizarrement, au fur et à mesure que je devenais plus vieux, au lieu de suivre le courant grungeo-pop, écouté des trucs de plus en plus anciens, pendant longtemps à tendance saturée.

Je suis passé rapidement par les Guns (Use your Illusion, 1991, mais surtout Appetite for Destruction, 1987), avant d'avoir une très longue période Iron Maiden.

Si j'ai commencé par écouter les albums contemporains de Maiden, j'ai rapidement passé beaucoup de temps sur le Live After Death (1985), et les albums de 1980 à 1988 (Iron Maiden, Killers, Number of the Beast, Piece of Mind, Powerslave, Somewhere in Time et Seventh son of a seventh son).

Puis j'ai écumé le métal des 80's, de Helloween à Manowar, en passant par Metallica ou Y. Malmsteen.

 

Encore aujourd'hui, je reste persuadé qu'on n'a pas fait mieux que les eighties, la preuve:

 

Look, musique, tout est au top...

 

Cependant, aux US, le système radio est pas mal (si on oublie qu'il est comme la téloche gangréné par les coupures pubs): il y a beaucoup de radios thématiques avec une programmation musicale plutôt pointue. Alors certes ça favorise pas l'ouverture d'esprit, mais ça permet d'éviter les stations gloubiboulgas toutes pareilles qu'on a chez nous.

 

Parce que la station métal passait mal où j'étais, et que Seek and Destroy pour s'endormir, c'est pas terrible, je me suis branché sur la station Classic Rock et en particulier le show d'Alice Cooper.

Je ne suis pas un grand connaisseur d'Alice, même si j'aime bien certains de ses classiques, mais en tout cas, il s'y connaît pas mal en musique rock au sens le plus large (au moins autant que P. Manoeuvre). Et il est plutôt marrant et efficace en dj.

Bref, j'ai encore reculé dans le temps, car il m'a fait découvrir pas mal de trucs des 70's (et même des 60's).

Bon, je connaissais un peu mes classiques, Deep Purple, Black Sabbath, Led Zeppelin, The Who, Supertramp, Hendrix, Kiss et tutti quanti.

Mais au delà de ça, il y a en fait pas mal de groupes, anglais ou ricains, qui ont vendu plusieurs millions d'albums en leur temps et qui sont soit un peu tombés dans l'oubli depuis, soit sont restés mythiques aux US mais n'ont pas atteint le même statut en France.

 

Voici donc quelques unes de mes "découvertes" (entre guillemets, puisque, je le répète, la plupart de ces groupes ont été multi-disques de platine, et qu'on les connaît souvent un peu, soit de nom sans être incapable de citer une de leurs chansons, soit par le biais d'un single qu'on a entendu 20000 fois sur rtl2 mais qu'on retient jamais le nom du groupe). Parce que quand même, c'était du lourd, et à mon sens on touche la plus à l'essence de cette musique qu'avec Phoenix et MGMT.

 

- Bob Seger: peut-être l'incarnation parfaite de l'antistar. Dans les 60's et 70's, un chevelu comme il y en avait des milliers, aujourd'hui un barbu à cheveux blancs grassouillet, qu'on ne voit jamais à la télé et continue à sortir des albums même si plus personne ne parle de lui. Malgré tout, un bon paquet de ses chansons a été repris par tout le monde et font partie de la mémoire collective.

La plus célèbre (et pas forcément la meilleure) est assurément Old Time Rock'n'roll, reprise quasi mot pour mot par notre JoJo national. Je préfère des chansons plus "profondes" ou sombres, comme Against The Wind, qu'on entend dans Forrest Gump, et surtout Turn the page, chanson puissante qui donne sans cesse l'impression de décoller mais reste toujours "on the edge" (reprise par Metallica dans Garage Inc.):

 

 

- Neil Diamond: Un peu le même profil que Bob Seger, même si sa carrière a déraillé depuis plus longtemps (e.g. il fait vraiment de la merde depuis le milieu des années 70). Apparemment il a fini par se prendre par un grand compositeur et s'est mis à faire de la soupe, alors qu'avant il se contentait de pondre des bons tubes folk. Entre autres Red Red Wine, repris par UB40, I'm a believer (chanté par The Monkees et qu'on entend dans Shrek), ou encore Girl, you'll be a woman soon (Urge Overkill dans la B.O. de Pulp Fiction).

 

- Electric Light Orchestra (ELO): Mené par Jeff Lynne, ce groupe anglais a été l'un des plus gros vendeurs des 70's, proposant une musique assez proche de celle des Beatles période Sergent Pepper: une pop-rock expérimentale, utilisant sons futuristes et instruments classiques pour des compos un peu alambiquées et perchées mais diablement efficaces.

Eux aussi sont réentrés dans les oreilles françaises récemment grâce aux pubs SFR (on fait ce qu'on peut), avec l'énorme Mr Blue Sky (admirez les coupes de cheveux):

 

 

On peut aussi mentionner Sweet Talking Woman, ou Hold on Tight avec sa partie chantée en yaourt français.

 

- Bachman Turner Overdrive: un groupe de gros canadiens aux looks de bûcherons qui se définit assez justement comme faisant du "no nonsense blue collar rock'n'roll". Un peu l'antithèse d'ELO donc, mais bien aussi. Pas subtil pour deux sous, mais ça envoie. 6 albums entre 73 et 77, avant de disparaître, et quelques gros tubes.

 

 

You ain't seen nothing yet vaut qu'on y jette une oreille aussi. Le reste est à l'avenant.
 
Pour finir, quelques groupes d'"arena rock" (vous savez, ces groupes de 18 membres avec trois saxos, 2 claviers, 4 guitares qui font dans le FM à mort):
- Journey: de l'avis général -et du mien aussi, pour ce que ça compte-, l'un des meilleurs chanteurs rock (Steve Perry), même si pas très viril charismatique à mon goût, et des musiciens pas manchots non plus (quelques soli pas piqués des vers). Un groupe énorme de 77 à 83, et un bon paquet de méga-hits, un peu datés mais pas démodés.
Don't stop believing reste très utilisé aux US dans les films ou séries dans les situations typiques où le héros affronte un gros dur avant de s'en sortir. La aussi pas très subtil, mais efficace.

Personnellement, j'ai un petit faible pour Wheel in the sky avec son intro qui monte en puissance comme j'aime, et le bluesy Lovin', Touchin', Squeezin'. Sinon, Separate Ways vous montrera que Bon Jovi n'a rien inventé (le clip envoie du gros):

 

 

- Foreigner: La aussi, un grand groupe, avec un chanteur d'exception (bien que sortant de nulle part à l'époque), Lou Gramm, la voix éraillée juste ce qu'il faut et capable de tout chanter, et un guitariste soliste pas maladroit et très bon compositeur.

Chez nous, on entend souvent le slow mielleux I want to know what love is, bien dans le genre, mais qui marquait déjà un peu le début de la fin pour eux.

Ils sont quand même meilleurs quand ils donnent dans le big rock (gros riff, paroles misogynes, soli saignants, du classique), comme dans Urgent, Hot blooded, ou encore Jukebox hero:

 

 

 

Voila, bonne écoute.

A suivre (je dois consulter mes archives)...

 

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14 juillet 2010 3 14 /07 /juillet /2010 11:59

On ne va pas refaire le débat, mais sachez que je suis, en l'état actuel en tout cas et plutôt par défaut, un défenseur du système classes prépas-écoles d'ingénieurs.  

 

Cela dit, je ne suis pas un gros fan de cet état d'esprit assez répandu chez mes coréligionnaires: s'estimer a priori lié à vie à quelqu'un sous prétexte qu'il a fréquenté les mêmes établissements que vous.

 

Ce principe s'est un peu généralisé depuis l'avènement de fessebook, mais je n'ai jamais été attiré par les repas de promos, les célébrations du type 10 years after, ou que sais-je encore: je me suis fait en école et en prépa une quinzaine de potes et autant de connaissances que j'apprécie sans que nous soyons très proches, je continue en majorité à les voir régulièrement, et je n'ai pas nécessairement envie de retrouver ceux que je ne fréquentais pas à l'époque parce que, depuis, nous avons obtenu le même diplôme.

 

Malgré tout, je suis un peu cynique assez pragmatique, donc je reste a priori disposé à adhérer à l'association d'"anciens" de mon école, ce qui n'est généralement pas donné (autour de 100 euros annuels).

D'une part parce qu'en théorie, cela peut permettre de faire la connaissance de personnes plus jeunes ou plus âgées, que l'on n'avait pas fréquentées directement, et avec qui on partage un certain nombre d'intérêts communs.

D'autre part parce qu'il est toujours intéressant professionnellement de posséder un "annuaire", un réseau. On peut le déplorer, mais beaucoup de choses fonctionnent comme cela en France, et ailleurs. Quand le DRH de BigCorp a fait la même école que vous et que vous l'avez vu alors la bite à l'air en train de faire la tortue, il faut l'admettre, ça crée des liens.   

 

Ceci posé, je dois maintenant signaler que je suis diplômé d'une petite école, l'une des dernières qui continue à majoritairement former des chercheurs, en tout cas des scientifiques (bon an, mal an, plus de 50% d'une promo se tourne vers le doctorat). Dans le domaine de la recherche, publique ou même industrielle, avoir un bon réseau est probablement moins important qu'ailleurs. Ou plutôt non, mais en tout cas ce n'est probablement pas le réseau "école d'ingé" qui vous servira le plus.  

Comme de plus la taille de nos promos est inférieure à 100 personnes, il est aisé de comprendre que l'association des anciens de mon école n'a pas la puissance de celle de l'X, des Mines, ou de Centrale. Loin s'en faut. 

 

A vrai dire, jusqu'à il y a quelques années, l'association, disons le franchement, ne servait à rien: l'annuaire était mis à jour une fois tous les dix ans, et le seul contact que nous avions avec les "anciens" étaient lorsqu'ils venaient jouer les pique-assiettes à la remise des diplômes ou au gala de l'école.  

Lorsque j'avais demandé à m'inscrire, on m'avait orienté vers le site oueb pas franchement 2.0. Pour se connecter, il fallait disposer d'une adresse mail "valide", probablement celle donnée à l'entrée à l'école dont je ne m'étais jamais servie et que j'avais oubliée. J'avais donc contacté la secrétaire de l'association, à qui j'avais expliqué que je souhaitais adhérer mais que je n'arrivais pas à le faire en ligne. Elle m'avait répondu "connectez-vous sur le site web, on vous communiquera un mot de passe"... du travail de pro, je m'étais donc dit que j'aurais mieux à faire de mes 75 euros.

 

Récemment, des efforts ont été accomplis par la jeune garde (après quelques manoeuvres type "calife à la place du calife" qu'il vaut mieux ne pas détailler).

Depuis, il y a un site un peu plus fonctionnel, "visible", et gratuit d'accès, des contacts plus réguliers avec l'association, une remise à jour régulière de l'annuaire, etc.

Cependant, j'hésite toujours à me réinscrire.

Ne serait-ce que parce que j'ai reçu hier la demande de cotisation. Déjà, comme je l'ai dit plus haut, j'estime que ce n'est pas parce qu'on a fait la même école à 30 ans d'intervalle qu'on se doit de m'appeler "camarade" et me tutoyer.  

De plus, on m'apprend que sur les 75 euros que l'adhésion coûte, 32 sont consacrés aux actions d'entraide aux diplômés.

Or, il y a deux mois, échaudé par mes échecs répétés aux concours, je commençais à me demander si je ne ferais pas mieux de me réorienter vers une carrière industrielle. Ca n'a jamais vraiment dépassé le stade de la réflexion, mais j'avais contacté des membres de l'association pour qu'ils m'aident à écrire mon CV (la version académique de 10 pages avec le résumé de ma conf' à Le Bessat n'est pas d'une grande utilité pour aller chez Bettencourt). J'avais envoyé un "draft" d'une page, en demandant quelques conseils et en posant quelques questions précises. J'avais reçu une réponse, qui, quoi que gentille, ne répondait pas à mes questions, tenait un peu trop de la novlangue managero-commerciale (ah, ces fameux "mode projet", "projet professionnel" et autres) et ne faisait pas trop avancer mon schmilblick.

J'ai ensuite reçu un autre mail m'informant que mon correspondant était très occupé mais qu'il me recontacterait sous peu. 

C'était il y a deux mois.

 

Alors bon, je n'ai jamais été vraiment dans l'urgence et ce n'est plus trop d'actualité pour moi de toute façon, et, sollicitant un service, je n'ai pas à faire preuve d'exigences démesurées. De plus, les "actions d'entraide" évoquées dans la lettre relèvent plus du prêt à taux 0 que de la rédaction de CV-lettre d'embaûche. 

Mais j'avoue que ça ne m'incite pas non plus à sortir mon carnet de chèques...

 

 

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9 juillet 2010 5 09 /07 /juillet /2010 13:58

L'été venu, en France, je ne sais pas comment ça se passe chez les industriels, mais dans les labos de recherche comme dans beaucoup d'autres endroits qui ne font pas leur business dans les fringues ou le tourisme, l'activité est un peu ralentie. Pour faire dans l'euphémisme.

 

Entre mi-juillet et fin août, un grand nombre de chercheurs et d'étudiants prend typiquement entre 2 et 4 semaines de vacances, et éventuellement rajoute un petit congrès aux antipodes ou un "workshop" en Corse ou à Chypre. Le pic se situe, disons, les deux premières semaines d'août, où on peut environ compter quelque chose comme 20% des effectifs présents (en tout cas dans les labos où je suis passé).

 

Pendant cette période là, il y a toujours des gens qui vous expliquent qu'ils "bossent mieux quand les chefs sont pas là". Ou une variante: "quand le labo est désert".

J'imagine que pour certains, c'est vrai: après tout, il y a par exemple l'avantage non négligeable d'avoir la possibilité d'utiliser à temps plein une manipe habituellement surbookée.

 

En ce qui me concerne cependant, j'ai besoin d'un peu de pression pour être un minimum au taquet dans mon travail.  

Quand j'ai une conf' ou des entretiens à préparer, un article à rédiger, une thèse à finir, effectivement, le fait d'être un peu peinard peut me donner un supplément d'efficacité.

Mais avouons-le, dans la recherche, il y a quand même des moments où la pression se relâche.

Et donc, quand il n'y a pas d'urgence particulière, que personne n'est là de toute façon, qu'il faut beau, chaud et que les filles sont belles, j'ai un peu tendance à m'astiquer la nouille. Au sens figuré, bien sûr. Je veux dire que je vais avoir tendance à prendre trois heures pour faire un truc qui m'en prendrait une si j'étais à fond, à arriver un peu plus tard et à partir plutôt plus tôt ou prendre deux heures de pause au déjeuner, à avoir moins de remords à m'éclipser pour aller voir un match, etc.*

C'est tout de suite moins vrai quand il y a un peu d'émulation sur le lieu de travail: si tout le monde est la et bosse, ça me pousse à ne pas me laisser aller.

 

Parce que, sans vouloir cafter ni tirer de conclusions hâtives, j'ai quand même l'impression que je ne suis pas seul à me la jouer pépère quand le labo est désert. Quand il y a 5 thésards et 2 post-docs (et 0 permanents) présents sur une unité qui compte habituellement 70 personnes, je vois peu de gens à fond, sauf éventuellement les chinois ou les indiens qui de toute façon bossent comme des chimistes quoi qu'il arrive.

 

En tout cas, il me semble bien que, parmi ceux qui m'expliquent le plus sérieusement du monde qu'ils sont super efficaces quand ils ont le labo pour eux tous seuls, il y en a pas mal qui arrivent à 10h, repartent à 16, prennent trois thés dans la journée et ne lèvent jamais le cul de leur bureau pour aller maniper.

 

Généralement, ce sont les mêmes qui le reste de l'année t'assènent au bout de deux heures de pause-café qu'ils sont surchargés de boulot en ce moment...  

 

 

 

* Pour prendre un exemple concret: cette semaine, mes deux chefs sont en congrés. Mon co-bureau assiste aussi à une conférence. Pour la première fois depuis deux ans, je sais où je serai à la rentrée, et je n'ai pas à me demander quelle sera la prochaine personne à qui je devrai faire de la lèche. Je donne le préavis de départ de mon post-doc à la fin du mois. Comme cela aura duré à peine six mois dont quasi-deux de concours, il y a peu de chances que j'obtienne des résultats révolutionnaires. Il y a la Coupe du Monde et le Tour de France. Mon plus gros stress est de savoir si j'aurai le temps/l'argent d'aller voir Priscilla, et quand elle rentrera définitivement en France.

Bref, même si j'essaie de suivre honnêtement le plan de travail qu'on s'est fixé, je l'avoue franchement, je ne suis pas à 200%. 

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8 juillet 2010 4 08 /07 /juillet /2010 11:12

Il y a comme ça des rencontres ratées, des actes manqués, entre un roman et son lecteur.

 

Parfois, vous vous attaquez à du Coetzee alors que vous aviez à peine la concentration requise pour comprendre le dernier Mary Higgins Clark.

 

Ou alors, comme cela m'est arrivé récemment, des circonstances personnelles ou professionnelles font que vous lisez avec l'esprit toujours préoccupé par autre chose. Vous traversez l'histoire sans jamais y être rentré, et même l'aventure la plus passionnante n'aurait pas suffit à changer la donne.

 

Ainsi, pendant le concours du CNRS, je lisais "Le Masseur Mystique", premier roman du nobelisé V.S. Naipaul, indien de Trinidad.

J'ai eu l'impression que ça aurait pu être une lecture agréable, que c'était assez exotique et original. Mais bon, j'ai mis 3 semaines, sans jamais m'y impliquer, à lire les 150 pages...

 

Pendant les concours MdC cette fois, je commençais "La vraie vie de Sebastian Knight", de Nabokov. Et alors que, les concours enfin terminés, j'atteignais laborieusement la moitié du roman et commençais à m'y plonger avec attention, je l'ai oublié en partant en Islande, le reprenant ainsi un mois plus tard après avoir entre temps lu deux autres ouvrages.

Dommage, car ce roman avait tout pour m'intéresser: premier roman de Nabokov, dont j'aime beaucoup l'oeuvre (surtout sa partie anglaise), en anglais, il reprend pas mal de thèmes exploités par l'auteur au cours de sa carrière (les échecs, la compréhension d'une oeuvre par ses critiques qu'on retrouve par exemple dans la Défense Loujine ou Feu Pâle, etc). On y trouve un certain nombre de références métafictionnelles (le narrateur est, comme Nabokov, un russe qui écrit pour la première fois en anglais, ce qui lui permet de justifier les éventuelles mauvaises tournures du texte, le personnage principal est également un écrivain anglais élevé en Russie, etc).

 

En ce moment, je lis "Des hommes ordinaires", de Christopher Browning, livre d'histoire sur le 101ème bataillon de police nazie et son implication dans les fusillades et déportations de juifs en Pologne en 1942, dont la thèse est proche des travaux de Milgram. Et je dois avouer que, entre la canicule, la Coupe du Monde et les sorties, c'était peut-être pas un très bon choix non plus...

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4 juillet 2010 7 04 /07 /juillet /2010 15:17

Depuis mon retour, j'ai un peu réduit la cadence des soirées pub-burger-bière. Et je me suis remis au sport. 

Mais comme cela a été remplacé par des apéros où bières s'écrit au pluriel, et pas mal de restos, on ne peut pas dire que j'ai amélioré ma ligne ces derniers mois, au contraire.

 

Ces dernières semaines, j'ai notamment testé:

 

- Le Janissaire: (12ème arrondissement, http://www.lejanissaire.fr/, métro Daumesnil ou Dugommier). Restaurant turc plutôt haut de gamme, j'y étais déjà allé pour un déjeuner avec la chimiste Poussinnette.

Il y a plus de 10000 restaurants à Paris, et n'en ayant fréquenté grosso modo qu'un petit pourcent, je ne peux pas affirmer que le menu midi entrée-plat-dessert à 13 euros est le meilleur rapport qualité de la ville, mais je pense qu'il est dans le haut du panier si vous aimez cette cuisine.

Le soir, c'est un peu moins avantageux (le menu à peu près équivalent, un poil plus varié, est à 25 euros, comptez une trentaine d'euros à la carte), mais ça reste de bonne facture. La carte est variée et peut-être un poil inégale, surtout dans les quantités (la charcuterie en papillotte en entrée est extrêmement copieuse, l'agneau de sept heures en plat est assez chiche). Le service du soir est moins efficace que celui du midi, surtout si vous êtes dans la salle un peu reculée, mais très gentil. Il y a une terrasse agréable, visiblement assez courue.

Ca sort un peu des sentiers battus, culinairement et géographiquement, je recommande. 

 

- Le Gaigne: (4ème arrondissement, http://www.restaurantlegaigne.fr/, métro Rambuteau). Resto de poche, so called "semi-gastronomique", qui a eu pas mal de publicité à son ouverture au printemps 2008. Le chef est un petit jeune passé par chez Gagnaire et au Pré Catelan. Sa femme assure le service seule. Le menu dégustation accord mets-vins qui change tous les mois est à 59 euros (42 euros sans le vin), pour deux entrées, un poisson, une viande et un dessert - tous disponibles également à la carte (environ 40-45 euros)-, avec 4 verres de vins.

Au menu:

Filets de Sardine farcis d'une crème d'avocat à la brunoise de radis et concombre, artichaut poivrade mariné

Poêlée de champignons du moment, marmelade d'oignons de Trébons, omelette aux oeufs bio de la ferme de Champignolles

Rouget parfumé à la livèche, cannelloni d'épinard, sauce au curcuma

Cochon de lait "Noir de Bigorre" rôti, boudin Basque, julienne de pois gourmands

Fraises liées dans leur coulis, mousse mascarpone au basilic, biscuit "dacquoise" au citron vert

accompagné de deux verres de Côtes du Rhône blanc, domaine des Espiers 2008, d'un verre de vin des Côteaux du Verdon 2008 également, Domaine de Valmoissine, et d'un verre de liqueur de fraise pour le dessert (Pierson).

 

Dans l'ensemble tout était bon (avec une mention spéciale pour le dessert qui m'a rappelé celui de Toqué!, et une mention très honorable à la poêlée de girolles et au cochon de lait), sans toutefois ce X-factor qui fait grimper aux rideaux. Bons petits vins, beaux produits bien travaillés, jolies assiettes avec un vrai effort de présentation. Dans cette gamme de prix c'est intéressant car c'est un peu plus chiadé que la cuisine "bistronomique" généralement proposée sur Paris.

Quelques petites erreurs au service ("madame-monsieur" quand on est deux mecs, la première fois ça passe, la deuxième ça devient vexant surtout pour les déficients pileux dans mon genre - amuses-bouches non servis sans que je sache si ce fut un oubli ou s'ils sont juste proposés "à la carte" - erreur de quelques euros dans l'addition...) pardonnables mais qui devraient être évitées à ce niveau.

Clientèle majoritairement anglo-saxonne (je crois qu'ils ont eu un bon article dans le prestigieux NYTimes), le resto était plein, ça a l'air de bien tourner.

Un bon moment, une adresse à retenir, même s'il m'a manqué un ou plusieurs petits "je ne sais quoi" pour recommander plus chaudement.  

 

- La Régalade Saint-Honoré: (1er arrondissement, métro Louvre-Rivoli): Camdeborde a fait de la Régalade (14ème, métro Alésia) une institution, l'un des premiers restos dans ce créneau bistronomique désormais si en vogue. B. Doucet, qui l'a reprise depuis quelques années, a réussi le tour de force de maintenir le succès au point d'ouvrir il y a quelques mois une petite soeur dans le plus luxueux 1er arrondissement.

Nous devions y aller il y a quelques semaines pour un dîner blogueur, mais notre réservation fut malencontreusement annulée (d'où un dîner à Impro'Vista à la place).

Je retente ma chance pour la venue de Priscilla, toujours désireuse de goûter de la bonne bouffe bien de chez nous lorsqu'elle retrouve la mère patrie. Cette fois-ci, pas de souci, nous sommes attendus. Réservation possible seulement à 19h30 ou 21h30, c'est un peu pénible mais comme Priscilla descend de l'avion, ça nous arrange de dîner tôt.

Nous arrivons les premiers à 19h25, ça se remplira graduellement mais plusieurs tables resteront vides jusqu'à notre départ vers 21h, même si quelques clients n'ayant pas réservé s'entendront dire que ''c'est complet". Bizarre, mais bon...

La encore, il y a eu pas mal de critiques élogieuses, surtout de la part de critiques ou blogueurs américains, et la salle est majoritairement remplie d'anglo-saxons.

La déco est un peu plus moderne qu'à la Régalade originale, on s'est adapté au quartier plus chic-branché que le triangle Porte d'Orléans-Alésia-Porte de Vanves.

Le service est sympa et décontracté, assez bonne franquette, et a géré parfaitement la famille américaine gentille mais un peu casse-burnes à côté de nous.

Le menu carte est à 33 euros, il y a 5-6 choix chaque fois, avec quelques grands classiques de la Régalade (poitrine de porc, riz au lait...). Il y a en plus une ardoise avec des suggestions du moment à suppléments de 3 à 10 euros (les suppléments partout et tout le temps, ça commence à me gonfler, mais au moins, c'est proposé à part).

On commence par la terrine signature de la Régalade, avec des cornichons et des piments doux, à volonté. Par rapport à la maison mère, elle est proposée dans des ramequins "individuels" et pas dans le grand plat familial. La table est, il faut le dire, un peu serrée.

En entrée, tartelette au thon, oignons nouveaux, avec un peu de pistou, pour moi. Quelques feuilles de salade un peu superflues quoique bien assaisonnées, mais c'est moelleux, goûteux, très bon. Priscilla prend des lasagnes de légumes avec quelques fines tranches de jambon cru. La aussi, c'est nickel, très savoureux, et plus recherché que ça en a l'air.

En plat, je prends du veau braisé avec une sauce tomate-olives-basilic, et une purée au basilic. C'est plus classique (on le trouve dans le livre de recettes de B. Doucet), mais délicieux. Dommage que le ramequin de purée ait un goût de trop peu. Pour Priscilla, un risotto du moment avec asperges et petits pois, qui ne se mariait pas très bien avec mon plat et que j'ai donc eu du mal à juger. Elle, s'est régalée (ahah).

En dessert, un gâteau praliné-chocolat pour moi avec une glace cacao, classique, puissant et efficace (hormis un Mikado un peu incongru dans le décor) même si j'ai regretté de ne pas avoir pris le tiramisu aux fraises. Soufflé au grand marnier réussi pour ma douce.

Nous avons donc fort bien mangé, pour 55 euros/tête avec une bouteille de Morgon (Michel Guignier 2009? et un verre de vin rosé pétillant très intéressant que je ne connaissais pas - Cerdon- que la chef de salle nous a proposé de goûter, alors qu'on était sur le point de prendre une coupe de champagne deux fois plus chère, sympa de sa part).

Je crois néanmoins que je préfère la Régalade originale, qui a à mon goût un côté franchouillard plus authentique, un lieu propice aux tablées de potes exubérants qui ne viennent pas pour se montrer mais pour trop manger et boire, avec une cuisine peut être un peu plus simple, mais aussi plus copieuse.

Néanmoins, les différences ne sont pas non plus énormes, et les deux établissements sont des valeurs sûres parisiennes.

 

Picture1-copie-2.png

Les entrées, les desserts... les plats, oubliés... 

 

Les diables au thym: (9ème, www.lesdiablesauthym.com/, métro Grands Boulevards). J'ai été invité pour un dîner de blogueurs dans ce bon petit resto de quartier par Fabien Nègre, par l'intermédiaire de Chrisos, pour découvrir la cuisine du chef Eric Lassauce (ça ne s'invente pas). Je les remercie vivement.

Cité au Michelin, ce petit restaurant est situé à quelques pas de Chez Chartier, dans un coin de Paris que je ne maîtrise absolument pas, mais où visiblement, la norme est plutôt à la grande brasserie, l'attrape-touristes ou le troquet miteux. 

En entrée, nous aurons droit à un carpaccio de daurade, frais et goûteux mais un peu trop salé pour moi, et accompagné d'une macédoine de légumes dont je n'ai pas été fan (surmontée d'une câpre purement (?) décorative). Un petit bordeaux blanc pour accompagner, qui ne m'a pas marqué plus que ça, en bien ou en mal.

En plat, trois tranches de veau, bien rosées et tendres, avec des petits légumes nouveaux (carottes, champignons, artichauts poivrades - qu'on trouve partout en ce moment et qui commencent à me gaver...). Plat simple, mais bons produits, bonne cuisson, assez léger finalement, au poil. Avec un Saint-Joseph 2006 bien fruité.

En dessert, quelque chose d'un peu plus surprenant: une tomate confite avec une glace l'huile d'olive, et un clafoutis aux olives. C'est très bon et original, dommage que ça soit vraiment difficile à manger et qu'on en mette un peu partout. En accompagnement, un bon verre de Sylvaner liquoreux d'une jolie couleur.

J'ai été invité, mais le menu du soir à 28 euros me semble en faire un des bons plans du quartier. Service jeune, efficace et sympathique, déco plutôt quelconque. Le restaurant peut être privatisé et fait service traiteur.

Nous terminons par la découverte d'une liqueur d'érable canadienne qui se boit bien (et doit donner de belles gueules de bois), enchaînée avec une dégustation très didactique de rhums Clément. Novice dans les "rhums grands crus", c'est une belle découverte pour moi.

Quelques ragots ou discussions sur les adresses récemment ouvertes ou à la mode en compagnie d'insiders mieux informés que moi (vous pouvez lire leurs compte-rendus sur leurs blogs/sites respectifs), je suis rentré avec pas mal d'idées pour mes prochaines escapades.

En espérant que ça se reproduise... 

 

That's all for now. 

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2 juillet 2010 5 02 /07 /juillet /2010 09:45

Vous connaissez sans doute le sketch de l'ascenceur du regretté Pierre Desproges. Sinon, voyez ci-dessous:

 

 

 

J'ai une variante: que faire quand vous rencontrez dans un wagon de RER ou de métro (vide) un collègue ou une vague connaissance avec lequel vous ne partagez absolument aucun sujet de discussion?

 

Soit vous vous asseyez à côté de la personne, et vous passerez donc une demi-heure interminable entre évocations de la météo, anecdotes platissimes sur le week-end passé ou à venir ou sur la semaine de boulot, et silences fleurant le malaise*. Soit vous vous mettez plus loin, ce qui peut passer pour de l'impolitesse ou de la franchise un poil trop assumée, et faire passer une relation de virtuellement non-existante à tendue, ce qui est toujours dommageable.

 

Certes, si vous l'avez vue venir de loin, il est toujours possible de se plonger dans son journal et d'essayer de faire semblant de ne pas l'avoir remarquée. Si elle est un peu psychologue, elle fera de même et ira se foutre à l'opposé du wagon en faisant également semblant de ne pas vous voir. Il vous suffira ensuite, d'un commun accord tacite, de regarder dans deux directions opposées pendant le trajet pour veiller à l'absence totale de eye contact, c'est jouable.

 

Mais parfois, l'effet de surprise est réel, malheureusement. Si le siège voisin de celui ou vous souhaitiez poser votre fondement est occupé par la personne en question, you're screwed, la bienséance ne vous laisse plus le choix. Qaund on se voit d'un peu plus loin cependant, le choix vous est laissé, mais il faut prendre sa décision en une fraction de seconde.

 

La mésaventure m'est arrivée récemment, avec une étudiante du labo. Nos goûts, musicaux, cinématographiques, littéraires, nos opinions politiques, sociales, nos hobbies ou sujets d'intérêts sont, de ce que j'en sais, on ne peut plus disjoints. De plus, un peu jeune et buveuse d'eau, elle a tendance à trouver beaucoup de choses "trop géniales" ou "trop marrantes", du dernier blockbuster américain en passant par l'ultime accessoire in, ce qui porte un peu sur les nerfs du misanthrope blasé que je suis.

 

 

Notre façon de bosser même est assez incompatible, mais heureusement nous ne travaillons que rarement sur les mêmes manipes voire dans les mêmes salles. Bref, dans le cadre d'une pause café en groupe, ça passe, mais dans l'ensemble nous n'avons pas grand chose rien à nous dire.

Généralement nos horaires sont également dissemblables, tout va donc pour le mieux.

Il nous est cependant arrivé de rentrer ensemble une première fois il y a quelques temps. Je venais d'arriver, je souhaitais "m'intégrer", et même si je soupçonnais déjà qu'on n'avait que peu de points communs, j'ai tenté le coup. Comme ce fut l'une des demi-heures les plus longues de ma vie, lorsque la situation s'est représentée dernièrement, je n'ai donc pas franchement hésité, ai simplement fait un petit salut de la tête avant d'aller m'asseoir ailleurs avec l'Equipe et mon walkman.

A priori, la conscience de note incompatibilité est assez partagée (c'est toujours mieux que les casse-couilles qui ne se rendent pas compte qu'ils le sont), donc je pense qu'elle ne m'en tiendra pas spécialement rigueur. Et puis, je me barre dans deux mois, et entre les vacances et les congrès, les jours où l'on va se croiser sont comptés, donc, who cares?

 

 

 

* Il y a des gens que ce genre de discussions ne semble absolument pas déranger, parfois même ils semblent les apprécier. Sont-ils un peu "creux" ou plus doués que moi pour faire semblant? Je dois avouer que de mon côté, j'ai beaucoup de mal, et que ce côté taciturne qui s'empare alors de moi montre un peu trop clairement que je me fais grave chier.

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30 juin 2010 3 30 /06 /juin /2010 14:56

Dans mon ancienne école, la directrice du labo de chimie organique avait la réputation, assez méritée pour ce que j'en sais, de mener son équipe*, étudiants comme chercheurs, d'une main de fer.

Au niveau des étudiants, ça impliquait notamment une incitation assez forte à bosser soirs et week-ends, des interros orales régulières des fois que le thésard ait oublié le mécanisme de la réaction de Diels-Alder, des vacances obligatoires en même temps que les permanents (un thésard sans permanent sur le dos bullant forcément), le fait de ne jamais partir en conf', et autres joyeusetés du même acabit.

 

Au début, je pensais que c'était propre à ce labo.

Après avoir entendu quelques histoires à peu près similaires chez des labos d'orga voisins, j'en ai conclu que c'était probablement plus général.

Puis, aux US, je me suis rendu compte que là aussi ça se passait de la même façon.

Dans le département où j'ai travaillé, qui se situait à l'interface physique-chimie, c'était dans les étages de chimie que les thésards étaient entassés à 12 par bureau, que les lumières des salles de manipes n'étaient jamais éteintes, etc. Alors qu'à nos étages, c'était plutôt le 9 to 5 workday on ne peut plus classique.

 

Et puis, je suis tombé sur ça. Au moins, le doute n'est plus permis.

 

a40kI[1]

http://www.chemistry-blog.com/2010/06/22/something-deeply-wrong-with-chemistry/

http://rezaghadiri.net/

 

Voila, pour ceux qui voudraient se lancer, sachez qu'en chimie, plus qu'en physique ou en maths, obtenir des bons résultats qui feront de vous quelqu'un de successful et respecté implique de suer sang et eau à la paillasse 80h/semaine pendant 5-10 ans (après quoi vous formerez votre propre cheptel), pour environ 1500 euros/mois. Et de fermer sa gueule, sauf pour respirer les diverses vapeurs cancérigènes ou tératogènes.

Vous êtes prévenus.

Et si j'ai des chimistes parmi mes lecteurs, mes condoléances.

 

Quant à moi, heureusement pour mon poil dans la main, j'ai toujours pu passer suffisamment pour un physicien pour échapper aux labos faisant uniquement de la chimie.  

 

 

 

* plusieurs très bons potes y ont fait un stage ou une thèse. D'une, je les crois, mais de deux, même si seulement 10% de ce qu'ils m'ont raconté était vrai, ça suffit pour pas faire rêver...

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