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  • : La vie au labo
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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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  • Misanthrope optionnellement misogyne et Esprit Universel.

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25 avril 2010 7 25 /04 /avril /2010 12:30

Récemment, ayant un avion à prendre, j'ai acheté un magazine que je n'avais jamais lu auparavant, Technikart. Principalement pour des interviews de deux écrivains anglais que j'aime bien, Martin Amis et Nick Hornby.

 

Je crois que cette lecture a bouleversé une bonne partie de mes schémas de pensée. En tout cas, elle m'a laissé un goût étrange, mélange d'irritation difficilement contenue et d'amusement un rien narquois, qu'il m'a bien fallu 3 semaines pour nanalyser sereinement.

 

Voici les conclusions, qui prouvent bien que j'ai des dimanches passionnants: 

 

Vis à vis de la culture, il y a ceux que ça intéresse et ceux qui s'en foutent.

Globalement, ceux qui s'en foutent ne sont pas totalement acculturés, ils consomment juste ce que les mass media leur débitent à la tonne: Camping 2 ou Die Hard 4, le 26ème roman de Marc Lévy ou le 33ème d'Ana Gavalda, le nouveau CD de Céline Dion, des Enfoirés ou de Johnny etc.

Et puis, les autres, qui se veulent un peu plus pointus, qui lisent Télérama (pour les bourgeois ou les plus âgés) ou les Inrocks (pour les djeun's à mèches). Ceux-là vont voir des films coréens en V.O. et connaissent par coeur l'oeuvre de Gondry, écoutent des groupes en The et lisent Paul Auster.

En somme, tout ce qui est un peu moins "mainstream", mais qui ne sort pas franchement des sentiers battus non plus: les films de Wong-Kar-Wai sont sélectionnés à Cannes et passent dans 100 cinés parisiens, The Killers n'a vendu que 10 millions d'albums, et si on ne trouve pas les derniers livres de Jonathan Coe sur les mêmes promontoires que ceux de Guillaume Musso, ils sont tout de même largement exposés.

 

Jusque-là les choses étaient assez claires pour moi.

Je savais par ouï-dire qu'il y avait une troisième catégorie, un cran au-dessus, ceux pour qui la culture Télérama-Inrocks est souvent beaucoup trop populaire.

Technikart me les a fait rencontrer, et tout s'est brouillé dans ma tête. Le trou noir, la descente aux enfers.

 

Ainsi, pour eux, le comble du mainstream, c'est Supertramp, groupe de pop-rock un peu prog' des années 70. Loin de moi l'idée que ce groupe est total underground: le groupe a été très populaire en son temps, surtout en France, a vendu dans les 100 millions d'albums, et les chansons Logical Song, Breakfast in America ou It's Raining Again etc, continuent d'être abondamment diffusées en radio. Mais bon, je ne suis pas sûr non plus que des millions de personnes écoutent volontairement et régulièrement Supertramp aujourd'hui. Et puis, hormis ces hymnes pop, le groupe a aussi sorti pléthore de chansons de 8 minutes ou plus, truffées d'intros piano-harmonica, d'harmonies vocales et de breaks piano-guitare aussi progs que mélodiques (voir par exemple le superbe School), bien éloignées des canons couplet-refrain-couplet. On est quand même assez loin de Britney Spears.

 

 

J'ai été également scié d'apprendre que Jack Johnson représentait le comble du populaire insupportable. Je connais peu, mais j'en étais resté à l'idée que c'était cool de l'écouter, comme une sorte de nouveau Ben Harper, bien dans l'optique Télérama-Inrocks exposée plus haut*. Un artiste qui ne passe pas sur NRJ mais sur RTL2, qui ne remplit pas le Stade de France mais des Zénith, qui fait des textes engagés comme quoi faut prendre soin de la Terre etc. Eh ben pour Technikart, ce genre d'artistes, ça passe vraiment pas. 

En couv' de ce numéro, il y avait Uffie, chanteuse électro que je ne connaissais ni d'Eve ni d'Adam. Egérie du groupe versaillais Justice (que je connaissais, quand même), figure de la night parisienne, elle raconte sa vie difficile de gosse de riche, américaine partie seule étudier à Paris, à qui son père a semble-t-il un peu coupé les vivres quand il s'est rendu compte qu'elle passait son temps à clubber. Ne chialez pas, je sais, c'est dur**.

 

Puis je suis allé consulter les chroniques de disques. Non seulement je ne connaissais aucun des groupes cités, mais je ne connaissais même pas la catégorie musicale à laquelle ils appartenaient***. Encore pire, je ne comprenais pas la critique: incapable de dire si le mec aimait ou pas.

Vous pensez que j'en rajoute?

Un exemple:

" En 2010, le shoegaze (courant musical visiblement bien connu des initiés, NdMix) relève de l'héroique tout juste bon à satisfaire des roturiers audiophiles aux manches mitées. Coupable de dérogeance, une partie de sa noblesse a été ostracisée, condamnée a garnir les étagères comme des bibelots.

Les larsens se sont tus, perdus dans des salles trop grandes (200 personnes?, NdMix). Dans l'air septentrional des faubourgs d'Oslo, Serena maneesh troque vite le toc ikea des structures en balsa contre les métaux lourds et le bois de rose pourtant très noir. Comme un Black Sabbath (eh, ça je connais, NdMix) futuriste qui se serait pris les doigts dans les boucles de Neu, ils affolent l'altimètre sans jamais quitter le sol bétonné clinique glacé.

Dans cette faille spatiale, Amon duul deguste son dernier banquet et les Swans essaient de percer les nuages. Vous pouvez crier."

Si quelqu'un a une interprétation, je suis preneur.

 

Mais en fait, je crois que ça révèle bien le plus gros problème de cette revue et de ses lecteurs: trop d'intellectualisation tue selon moi un peu ce que l'art doit être avant tout, une transmission d'émotions.

 

Quand j'apprends qu'en 2005, un courant musical appelé Med-fi se définit comme "l’utilisation de technologies modernes d’enregistrement couplées à l’emploi d’instruments acoustiques et analogiques, un contact direct avec les fans et des chansons remaniées en concert", je me dis soit on se fout de notre gueule, soit ces mecs là gagneraient à se demander ce qu'est le rock'n'roll: vous savez, ce courant musical qui existe depuis une cinquantaine d'années, qui se caractérise notamment par l’utilisation de technologies modernes d’enregistrement couplées à l’emploi d’instruments acoustiques et analogiques, un contact direct avec les fans et des chansons remaniées en concert...

Je me suis aussi beaucoup interrogé sur la critique philosophico-hallucinante, bardée de références moisies****, que Technikart a fait du film Anvil!.

 

J'ai eu enfin un petit souci avec leur cohérence de pensée.

Lorsqu'un lecteur de Télérama va voir Spider-Man 3, il peut argumenter que c'est avec "second degré". Ou alors, quand il achète le dernier U2 chez Carrefour à l'instar de 3 millions de blaireaux, il peut se consoler en se disant que c'est un groupe de légende qui a su concilier succès populaire et exigence artistique. Bref, on peut toujours justifier quelques exceptions à un schéma à peu près cohérent.

Dans le cas du coeur de cible Technikart, c'est beaucoup plus complexe. D'une, eux aussi ne sont pas toujours à contre-courant de la critique "branchée mais pas trop": même s'ils n'aiment plus par exemple le Petit Journal devenu trop populaire et donc selon eux populiste, ils idolâtrent MGMT, groupe qui comme Jack Johnson fait l'apologie du surf mais vient de New-York et pas de Hawaï*****. Ce duo presque disque d'or est encensé aussi bien par Métro que les Inrocks, autant dire que ça devrait ratisser beaucoup trop large pour être à la pointe du in.

Et puis, ils font l'apologie du mainstream. Imaginez la prise de position ultra-engagée vis à vis de leur lectorat: il n'y a (presque) pas de mal à aimer un truc que d'autres gens connaissent, ou pire, aiment. Mais si selon eux, c'est écouter Supertramp ou Alizée depuis qu'elle fait de l'électro-pop que plus personne n'achète, avouez qu'on s'y perd...  

 

Bref, je vais aller prendre une aspirine. Et désormais, je me contenterai de Hard Rock Magazine, c'est moins difficile à comprendre: le métalleux peut avoir un côté élitiste, mais il se pose rarement trop de questions métaphysiques.

 

 

* Après vérification, en 2008 en tout cas pour la sortie de son dernier album, les Inrocks aimaient toujours JJ.

 

** Je crois que c'est un peu ça le coeur de cible de Technikart: des parisiens (qui d'autre?) plutôt jeunes, cultivés et friqués, mais qui le vivent plutôt mal et expriment donc leur côté rebelle en portant du cuir, en fréquentant les milieux électro-branchés, voire en s'acoquinant avec quelques "racailles". L'univers de Lolita Pille, quoi.  

 

*** bon, vous me direz, je connais des courants tels que le Viking metal et des groupes comme Borknagar, et peut-être qu'à Technikart ils n'ont jamais entendu parler de ces trucs la non plus. Mais quand même, je me croyais plutôt au fait de la scène musicale dans son sens le plus vaste, j'ai déchanté.  

 

**** faut dire qu'encore plus qu'ailleurs, les journaleux de ce canard aiment bien montrer qu'ils connaissent plein de choses, même et surtout si elles n'ont rien à voir avec le sujet qu'ils traitent. Surtout que dans le cas présent, le métal sorti de Metallica et Slash, visiblement, c'est pas trop leur domaine de compétence.

 

***** It makes sense: un savoyard qui fait l'apologie du ski de fond, c'est juste un plouc. Un parisien qui en fait 3 fois dans l'année, c'est un mec à contre-courant qui prone le retour à la nature.

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20 avril 2010 2 20 /04 /avril /2010 09:28

Je ne sais pas si vous êtes au courant, mais depuis vendredi, les aéroports français sont fermés et le trafic aérien est interrompu dans la majorité de l'Europe.

En ce qui concerne les aéroports de la région parisienne, on savait dès jeudi soir qu'ils étaient fermés jusqu'à nouvel ordre.

Quand je dis "on savait", je parle de ceux qui écoutent la radio, regardent la télé, lisent le journal, consultent internet, ou même écoutent les messages d'informations dans les stations de train ou de RER.

 

Eh bien, vendredi matin, en allant au boulot, j'ai quand même croisé dans le reureureu ou sur le quai un bon paquet de bourrins avec leurs 60 kilos de bagages, qui se rendant à Roissy, qui se rendant à Orly.

De même, à la téloche le samedi, on interviewait un certain nombre d'abrutis qui "restaient à l'aéroport parce qu'on sait jamais".

 

Alors, certes, il y a pour un bon nombre d'usagers des circonstances atténuantes:

- le fait que cela tombe pendant les vacances est malvenu.

- il y avait aussi plein de gens bloqués là en transit et qui n'avaient pas trop le choix, les hôtels à proximité étant de toute façon saturés.

- certains tour opérateurs irresponsables ont demandé à leurs clients de venir au cas où, les laissant ensuite poireauter dans l'incertitude plusieurs heures.

 

Mais il me semble quand même que cette propension à se rendre dans les gares ou aéroports en dépit de tous les avertissements officiels est un syndrome bien franco-français.

Petite anecdote illustrative: quand j'étais du côté de Boston, j'ai une fois dû prendre l'avion une douzaine d'heures après le passage d'une tempête de neige*. La très grande majorité des vols intérieurs étaient annulés, seuls les vols internationaux étaient assurés: cette information, il suffisait aussi d'allumer sa télé, sa radio ou son ordi pour la connaître. Pour être sûr, on pouvait consulter le site oueb de l'aéroport ou de sa compagnie, mais bon, personne ne vous prenait individuellement par la main pour tout bien vous expliquer non plus.

Malgré tout, quand je me suis rendu sur place pour prendre mon Boston-Paris, l'aéroport était quasi-désert. Pas de panique, pas de yeux de biches éplorées ou de vociférations intempestives à la mode "vous savez qui je suis?" ou "on est au courant de rien".

C'était bien.

 

J'imagine que notre côté auto-dépréciateur fait qu'on aime bien se mettre de plus mauvaise humeur que ce que l'on est déjà, et que se taper 2 heures de transport en commun pour aller pourrir une hôtesse au sol ça aide à se calmer les nerfs... Quant à ce qui nous pousse à ne pas considérer un message d'information générale et à exiger un contact personnalisé sans lequel on est en droit de clamer qu'on est vraiment très mal informé dans ce pays, c'est peut-être un mauvais reflet du côté "centre du monde" ancré en chaque français.**

 

 

Autre exception culturelle, celle la plus agréable:

Nos footballeurs, comme tant d'autres sportifs, aiment visiblement tripoter d'autres types de ballons une fois les matchs terminés.

D'ailleurs, quelque part, ça me rassure de savoir qu'un mec comme Ribéry est obligé de payer pour consommer, mais la question n'est pas là.

Globalement, je trouve qu'on en parle assez peu. Si l'une des prostituées n'avait pas été mineure au moment des faits et s'il n'y avait pas la Coupe du Monde dans deux mois, on n'en aurait probablement pas parlé du tout.

En France, qu'un homme aille aux putes et fasse cocu sa femme, ça n'émeut pas encore vraiment les foules***.

Même dans le cas du couple présidentiel, ce qui a fait jaser fut plutôt l'intervention des services de renseignements, et l'intervention de certains conseillers prétendant qu'il s'agissait là d'un complot international avec des mouvements financiers... Tant qu'il s'agissait de Nico, Chantal, Carlita et Benji, on en parlait sur quelques blogs et ça faisait sourire dans les soirées branchées, mais bon.

Aux US, entre Tiger Woods, David Letterman, Eliot Spitzer ou Ben Rothlisberger  pour ne parler que des plus récents, on a eu droit à du matraquage médiatique (franchement, rien à voir), du détail croustillant, de la confession larmoyante en direct avec les enfants dans les bras et tout et tout. On a eu de l'opinion publique outrée et déçue, parce qu'aux US, les gens sont, naturellement ou culturellement, vraiment persuadés que ceux qui ont l'air "irréprochable" le sont. Et que quelqu'un qui a un statut un tant soit peu iconique est forcément digne de ce statut, quelque chose d'un surhomme.

 

Comme quoi, être un peu cynique a aussi de bons côtés.

 

 

 

 

* Rebondissons sur l'anecdote pour signaler ceci: je me souviens là aussi d'avoir vu des "français moyens en colère" cet hiver parce qu'il y avait de la neige dans les aéroports français et que des vols étaient annulés ou retardés. Bon ben, ailleurs dans le monde, quand il neige sur les pistes, c'est aussi annulé, c'est aussi le merdier, et il n'y a pas besoin de 20 cms pour que ça le soit. La différence principale, c'est que le consommateur moyen est un poil plus fataliste et accepte plus facilement la situation.

 

** "Auto-dépréciateur" et "centre du monde" peut sembler paradoxal. En fait non. Pour caricaturer, je dirais qu'un américain pense quelque chose du style "Je suis très bon, et les autres je m'en fous, mais si on me demandait je dirais qu'ils sont bons aussi", alors qu'un français pensera "Les autres sont très importants parce qu'ils sont vraiment nuls et qu'en me comparant à eux je suis vraiment bon, même si je me trouve pas terrible".

 

*** On pourrait disserter sur le côté toujours machiste de notre société qui accepte probablement un peu moins l'inverse...

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16 avril 2010 5 16 /04 /avril /2010 10:50

Je vais une fois de plus tenter de vous faire partager ma passion pour le métal en vous faisant découvrir un petit florilège des plus belles pochettes de ce style musical si créatif.

  • Catégorie "it's a man's man's world":

- Accept, Balls to the wall, 1983

 

 

- Manowar, Into Glory Ride, 1983 (grande année décidément)

 

  • Catégorie "peut-être pas tant man que ça finalement...":

- Poison, Look What The Cat Dragged in, 1986

 

  • Catégorie "donjons et dragons":

- Yngwie Malmsteen, Trilogy, 1986

 

  • Catégorie "amis du bon goût":

- Marduk, Fuck Me Jesus, 1991

 

 

- Zyklon B, Blood must be shed, 1995

 

  • Catégorie "Tare ta gueule à la récré, tes oreilles vont saigner":

- Pantera, Vulgar Display of Power, 1992

 

 

- Anthrax, Fistful of Metal, 1984

 

  • Catégorie "y a pas de bien à se faire du mal":

- Marduk (un groupe décidément très inspiré), Obedience, 2000

 

  • Catégorie "des bonnasses à gros seins ça fait vendre" (même en dessin s'il le faut):

- Heavenly, Carpe Diem, 2009

 

 

- Nashville Pussy, Let Them Eat Pussy, 1998

 

  • Catégorie "gore":

- Cannibal Corpse, Butchered at Birth, 1991 (mais toutes conviennent)

 

 

Voila pour l'instant, je complèterai éventuellement plus tard si d'autres oeuvres subtiles me reviennent. Entre temps, je pense qu'avec ça les ventes devraient déjà exploser...

 

Vous pouvez également consulter cet article: il n'y a pas que le métal dans la vie...

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14 avril 2010 3 14 /04 /avril /2010 10:38

La semaine dernière, deux jours passés chez l'industriel avec qui je collabore n'ont pas calmé ma phase de questionnement métaphysique: is it time for a changement de cap professionnel?

 

Depuis que mes desiderata un peu fous de quasi-trentenaire (vivre avec Priscilla, avoir un vrai boulot, élever un enfant ou un chien etc) s'éloignent de plus en plus fortement de ma situation réelle, qui à part un peu plus de blé est redevenue assez proche de ma vie d'étudiant pré-thèse, je me doute.

Les post-docs à répétition, le bal sans fin des auditions, les commentaires paradoxalement aussi encourageants que démoralisants ("candidat prometteur encore un peu jeune", what the fuck?), pour finir à 33 ans Maître de Conférences à 1700 euros/mois avec des perspectives de reconnaissance sur le plan national ou international quasi-nulles, cela vaut-il vraiment le coup, même si ce boulot continue à me plaire et à m'attirer*?

 

Revenons à nos moutons:

Je me suis donc rendu dans les laboratoires de l'industriel qui finance mon projet de recherches. L'industriel en question est une grosse boîte, comptant 35000 employés et l'un des "leaders mondiaux" dans son domaine.

Le centre R&D principal est en région parisienne (il y en a deux autres aux US et en Asie), mais on y fait beaucoup plus de D que de R: j'y avais effectué mon stage ingénieur, et, disons le franchement, j'avais trouvé ça très chiant, "bête et méchant" -même si, soyons franc jusqu'au bout, ce n'était pas non plus la période de ma vie où j'étais le plus motivé.

En l'occurence, cette fois, je travaille avec une antenne un peu annexe, nouvellement créée en province (environ 5 ans d'existence) et travaillant sur des thématiques beaucoup plus orientées recherche: ils travaillent à la création de nouveaux produits, et pas à l'incrémentation de procédés existant depuis 50 ans.

Bien qu'ils fassent pleinement partie du groupe, le fonctionnement et l'état d'esprit font plus penser à ceux d'une start-up: petits locaux, une douzaine de personnes (2 "chefs" un peu seniors, 5-6 docteurs, 2 techniciens, 1 secrétaire). Hormis les deux chefs, la moyenne d'âge est inférieure à 35 ans, ce qui crée une ambiance dynamique mais pas cul serré, et l'équipe a une approche pluridisciplinaire assez intéressante (parmi les docteurs se trouvent des chimistes, des physiciens des plasmas, des mécaniciens ou spécialistes matériaux etc).

 

Je dois avouer que j'ai été très favorablement impressionné: les gens sont à la paillasse et pas en train de remplir des feuilles excel ou de faire des camemberts sur powerpoint, et ils font de la "vraie" science, innovante, en se posant de bonnes questions.

Alors, certes, les temps caractéristiques sont plus courts, et la finalité reste orientée produit: ils ne peuvent pas se permettre de passer trois ans sur quelque chose qui ne fonctionne pas, de même qu'ils n'ont pas le "loisir" de faire des études systématiques pour tout comprendre d'un système qui marche, car l'idée reste quand même qu'une commercialisation puisse être envisagée au bout de quelques années d'étude. Et, pour certaines questions un peu fondamentales sur lesquels ils n'ont pas franchement le temps ou les moyens de s'attarder, ils délèguent à des gens comme moi. Ils collaborent ainsi régulièrement avec deux ou trois labos académiques.

Je comprends qu'un théoricien ou physicien pur et dur puisse être rebuté par cet aspect, mais en tant qu'expérimentateur moi-même assez interdisciplinaire, c'est finalement assez proche de ce que j'aime faire (on a certes moins le temps de creuser les choses à fond mais malgré tout le temps de réfléchir un peu et de faire des manipes), et pas très différent du fonctionnement des équipes avec lesquelles j'ai travaillé dans le monde académique, en France ou aux US.

Sauf qu'il y a le salaire et les autres avantages d'une grosse boîte (pour ne citer qu'un exemple, les 450 euros de frais de mission que le CNRS me doit m'auraient probablement déjà été remboursés, et j'aurais pu aller dans un hôtel à plus de 60 euros la nuit).

 

Bref, j'ai trouvé que ce petit groupe présentait un compromis très alléchant entre ce qui me plaît dans la recherche publique (boulot stimulant intellectuellement avec un peu de temps pour se poser des questions, la possibilité de faire des manipes un peu pointues, travail dans une équipe de taille raisonnable avec une approche multidisciplinaire, ambiance assez "informelle") et ce qui ne me rebuterait pas dans la recherche industrielle (bon salaire, possibilités d'évolution de carrière, déplacements et collaborations, perspective de "voir" les effets de son boulot, etc).  

Bon, je crois que cette approche n'est pas encore si fréquente chez nos industriels, mais si une opportunité se présentait, je serais prêt à me laisser tenter.

 

 

* ça doit être ça qu'on appelle l'amour vache.

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12 avril 2010 1 12 /04 /avril /2010 09:31

L'an dernier, j'expliquais, sans être le premier, que le système français de recrutement pour le poste de Maître de Conférences, était, grosso modo, un sacré bordel.

Quelques causes:

- le plus souvent, une absence de politique scientifique globale au sein d'un labo (hormis celle du chacun pour sa gueule et du tirer dans les pattes de l'autre): d'où généralement, des "profils" de poste de 4 lignes les plus vagues possibles, afin que chaque groupuscule du labo puisse y glisser ses deux mots clefs et en conséquence présenter ses candidats.  

- l'"égalité républicaine", un peu moins poussée qu'au CNRS -où le seul moyen de ne pas être auditionné est quasiment d'avoir oublié d'appuyer sur "valider" lors de l'élaboration de son dossier en ligne-, mais qui consiste tout de même à auditionner 8 candidats là où seuls quatre ont une chance quelconque d'obtenir le poste.

 

Quelques conséquences:

- L'audition même ne représente que 25 minutes chrono au sein d'un processus qui prend deux mois. En plus d'être un exercice à part qui reflète plus le talent d'acting et un certain don pour la maîtrise du flou artistique, cela signifie que:

- La valeur des candidats, sans être secondaire, est parfois fortement balancée par des jeux de pouvoir, copinages et autres renvois d'ascenseurs -pudiquement appelés de la "politique interne"- pouvant s'étendre sur plusieurs années.

- La moitié de la France de la recherche -celle qui a un poste permanent- examine l'autre -celle qui aimerait en avoir un- pendant le mois de mai (heureusement il reste les thésards pour bosser). Et comme en France, les permanents sont des gens importants, et les non-permanents de la merde en boîte, le système est plutôt pensé pour faciliter la vie aux premiers cités.

 

Alors, quand j'étais aux US, je pestais parce que d'un côté on me prévenait deux semaines à l'avance pour une audition et que de l'autre on exigeait que je réponde dans la minute dès qu'il fallait envoyer pour la vingtième fois le même document, parce qu'on me demandait de venir faire un séminaire puis qu'on me modifiait les dates parce que quelqu'un de vraiment important venait finalement ce jour-là, parce qu'on me faisait claquer 800 euros pour venir jouer la comédie vingt minutes, etc.

Maintenant, je suis sur place, et ça a ses avantages: le postage du dossier estampillé développement durable de 12 kilos est moins usant psychologiquement, et le prix de mes candidatures est compris dans mon forfait Intégrale puisque je ne me présente qu'en région parisienne cette année.

Postulant dans le labo où je travaille actuellement (je suis donc un semi-local, et, à titre de précision pour les farouches opposants, je ne suis pas le seul), l'inconvénient majeur est en fait que je suis aux premières loges pour évaluer en direct les tractations inter-équipes, les triples jeux et tactiques, les commérages et autres commentaires plus ou moins bienveillants sur les candidats, l'analyse digne d'"On refait le match" des forces en présence, etc.

Sans être omniprésent, c'est assez poussé pour que ça en soit un rien pénible. Et, vu que l'audition est dans un mois, je pense que ça va finir par devenir stressant. 

Et que je vais finir par regretter le bon vieux temps du Candide qui débarquait à Charles-de-Gaulle 24h avant l'audition et avait eu autre chose à foutre que d'éplucher en détail le CV des autres candidats... 

 

Pour finir sur une note plus réjouissante, enfin, si on veut, digne des 12 travaux d'Astérix, il semble que le dit laboratoire s'apprête à me convoquer pour une pré-audition. Vous savez, ce truc vaguement illégal que les labos font quand même... (cela dit, si un candidat lambda suit scrupuleusement la procédure légale, il ne sera probablement jamais auditionné, alors on est plus à ça près).

Sachant que j'ai déjà été candidat chez eux l'an dernier pour un poste MdC et cette année pour un poste CNRS, j'y ai déjà fait un séminaire et deux pré-auditions. Sachant d'autre part que je présente le même projet et qu'en 11 mois mon CV n'a pas radicalement été bouleversé, on mesure l'utilité de la chose...

Remarque je me dis que ça sera plus pénible pour ceux qui auront à faire semblant d'écouter le même speech pour la troisième fois que pour moi à le donner.

Je crois que mon chef essaie de nous (on est 3-4 dans le même cas) et de s'éviter ça, mais je crains que le règlement ne soit le règlement...

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8 avril 2010 4 08 /04 /avril /2010 11:29

 

Une nuit d'août 1974, le funambule -et presdigitateur à ses heures perdues- Philippe Petit s'introduisait illégalement dans les tours encore en travaux du World Trade Center.

Au petit matin, après presque 10 heures passées à installer le câble avec ses complices, il effectuait la traversée entre le sommet des deux tours, à 415 mètres du sol. Il est en fait resté plus de 45 minutes sur le fil, produisant un véritable spectacle - il alla jusqu'à s'allonger et s'asseoir sur le cable, effectuer plusieurs saluts, courir etc- devant une foule ébahie de new-yorkais le nez en l'air, qui ce jour là arrivèrent très en retard au boulot.

Il fut ensuite arrêté et jugé pour "conduite impropre" ou quelque chose du genre. Il semble qu'il fut condamné symboliquement à une peine de type "travail d'intérêt général": donner une représentation publique. Mais de façon encadrée et plus conventionnelle.

 

Cette histoire eut un énorme retentissement à l'époque, bien que la scène n'ait pas été filmée et qu'il n'y ait pas tant de photos que ça.

Un peu oubliée, on en a beaucoup reparlé récemment, comme une sorte de contrepoint optimiste aux attentats du 11 septembre: une bande de pied-nickelés déjouant par une préparation minutieuse les systèmes de sécurité pour perpréter illégalement, sur l'un des symboles de la puissance américaine, un acte de création (artistique), de beauté, et non de destruction.

Notamment, le documentaire Man on Wire reçut en 2009 l'Oscar (vidéo partielle en lien, très forte émotionnellement à mon goût).

Philippe Petit: "Ma criminalité est purement artistique. Si j'avais demandé l'autorisation et qu'on me l'avait refusée, j'aurais fait cette traversée quand même. Mais je n'y ai même pas songé. Pour moi, c'est une évidence : il n'y a pas besoin de permission quand on a envie de faire des choses belles. Il faut les faire, c'est tout."

 

Colum McCann s'en est inspiré dans son très beau dernier livre "Let the great world spin" (un peu pompeusement traduit en français par "Et que le vaste monde poursuive sa course folle"). L'acte lui-même sert de fil conducteur -ahaha- au récit, mais celui-ci décrit en fait une douzaine de personnages new-yorkais plus ou moins connectés dont les vies se trouvent changées autour de cet évènement (pas vraiment "à cause de", plutôt "simultanément"). C'est un roman polyphonique, une allégorie subtile, et j'ai trouvé les différentes voix justes, belles, variées.

La dernière partie perd selon moi un peu en intensité, mais c'est en ce qui me concerne la riche rencontre avec un auteur dont j'avais entendu parler sans l'avoir jamais lu (hormis un recueil de nouvelles ne m'ayant laissé aucun souvenir, Ailleurs en ce pays).

 

Dans un registre moins poétique, j'ai également découvert un écrivain qui me plaît beaucoup, Joyce Carol Oates. "Découvert" est ici sans doute mal choisi car elle a entre autres tout de même été plusieurs fois finaliste du Pulitzer et mentionnée plusieurs fois parmi les favoris pour le Nobel. Toute proportion gardée, Oates me fait un peu penser à Nothomb: look un peu "gothique" -teint blafard et longs cheveux noirs de jais-, écrivain excessivement prolifique, goût pour les univers sombres et les personnages glauques.

Oates écrit bon an mal an un roman ou une nouvelle chaque année depuis quarante ans. J'en ai lu 4 ces derniers mois, tous plutôt récents (Zombie, 1995, Beasts, 2002, The Tattooed girl, 2003, Rape: a love story, 2003), tous très bons, pour ceux qui aiment les histoires pour le moins noires: Zombie est écrit sous la forme du journal intime d'un serial killer (il est plus ou moins inspiré de la vie de Jeffrey Dahmer), Rape raconte l'histoire d'une mère de famille violée dans un petit village proche des chutes du Niagara et surtout comment la population locale en vient à prendre la défense des violeurs, Beasts s'intéresse aux relations troubles entre un professeur charismatique et ses élèves dans un lycée de filles pendant les années 70, The tattooed girl décrit l'itinéraire d'une jeune paumée devenant l'assistante d'un écrivain reclus.

Je pourrais exposer quelques divagations machistes pour expliquer mon entrain, vous dire qu'habituellement je lis peu d'écrivains femmes, pas de façon réfléchie d'ailleurs mais plutôt parce que peu m'ont marqué, qu'Oates propose des univers et un ton très personnels, que le malsain qui s'en dégage rappelle plus un McCarthy féministe que Gavalda et que c'est peut-être ça qui me plaît, mais bof. Restons simples: j'aime bien.

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31 mars 2010 3 31 /03 /mars /2010 14:01

Cas (un peu particulier mais que je commence à maîtriser) du post-doc recherchant un job académique en France. C'est carré, précis presqu'à la semaine près, et tellement enrichissant, au sens premier mais aussi humainement, professionnellement... 

 

- Septembre: début du post-doc.

- Septembre/novembre: recherche de contacts en vue d'une candidature CNRS. Séminaires, entretiens, conférences, etc.

Septembre/décembre: (une fois tous les quatre ans) préparation du dossier de qualification pour pouvoir postuler aux concours MdC.

- Décembre: écriture du projet CNRS.

- Janvier: envoi du dossier de candidature au CNRS. Recherche de contacts en vue des candidatures MdC. Entretiens, séminaires, conférences, etc.

- Février: préparation de l'audition, répétitions etc.

- Mars ou avril: audition CNRS (en cas de réussite, sautez ce qui suit, mettez en vous une bonne et concentrez vous sur votre recherche jusqu'en juillet puis prenez 6 bonnes semaines de vacances avant de commencer votre nouvelle vie de "permanent". Sinon, voir ci-dessous).

- Mars: préparation et envoi des dossiers de candidature aux postes MdC.

- Avril: préparation des auditions pour les postes MdC. Eventuelles préauditions, séminaires, rencontres, etc.

- Mai: auditions MdC (en cas de réussite, voir ci-dessus).

- Juin: dépression plus ou moins marquée.

- Juillet: recherche de contacts pour trouver un autre post-doctorat. Dans l'hypothèse d'un post-doc de 2 ans, période de manipes intenses.

- Août: vacances (avec un peu de chance) ou déménagement, recherche d'appartement etc.

 

Réitérer autant de fois que nécessaire jusqu'à réussite ou abandon.

Aux heures perdues, si possible, faire un peu de recherche, obtenir quelques résultats, écrire des papiers, faire des enseignements, etc. C'est censé améliorer le pourcentage de chances de décrocher quelque chose. Ou vous faire prendre conscience que finalement, zob. 

 

Cas du post-doc recherchant un job dans le privé en France: un peu moins réglé à la minute près, mais quelques étapes clefs.

 

- Apprendre à écrire (ou peaufiner) son CV* et ses lettres de motivation.

- Chercher des contacts pouvant fournir lettres de recommandation.

- Passer des entretiens.

- Attendre que la crise soit derrière nous.

- Fournir un minimum de travail au labo pour ne pas se faire remarquer (relativement aisé normalement).

- Essayer de décrocher un post-doctorat financé par un industriel avec une éventualité non nulle d'être embaûché derrière (moins facile).

 

Petite remarque amusante en ce qui concerne les post-docs industriels: actuellement, je suis financé par le CNRS et travaille dans un laboratoire universitaire, mais sur des thématiques proposées (et financées indirectement) par un industriel. En gros, pour les aider à faire des choses relativement appliquées, je dois répondre à quelques questions fondamentales sur les systèmes qu'ils utilisent.

Là où ça devient rigolo, c'est que:

1- ils ne veulent pas me dire ce que sont ces systèmes. Ils me donnent un nom de code.

2- comme ils sont quand même obligés de m'en donner un peu pour que je puisse faire des manipes, ils font mieux: ils me donnent un système qu'ils pensent proche de celui qu'ils utilisent, mais qui n'est pas exactement celui-là.

Ils ont raison, le pifomètre il n'y a que ça de vrai pour faire de la belle science (le pire c'est que ça marche plutôt bien jusque là).

 

 

* Comparativement à l'académique, la forme est importante.

Donc on ne cite pas in extenso ses 8 papiers et 22 confs, mais on écrit par exemple: Communication scientifique (8 articles dans des revues internationales à comité de lecture).

On ne dit pas: "doctorat, compétences expérimentales en..., encadrement de stagiaires" mais "conduire un projet R&D, fonctionner en mode projet, pluridisciplinarité, maîtrise du management".

Et on met une jolie photo de soi en costard, l'oeil pétillant et le sourire conquérant sans être présomptueux.

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30 mars 2010 2 30 /03 /mars /2010 17:36

Une belle preuve qu'on vit dans un monde de cons?

Ceux qui ont un animal de compagnie - donc a priori par choix, hein- mais pas le temps ou l'envie de s'en occuper. J'imagine que chez les têtes de cul, avoir un chien c'est un signe extérieur de richesse ou de statut social.

Ou alors pour paraphraser Coluche, on se demande presque si certains ne s'occupent pas de leurs chiens parce qu'ils ne peuvent pas avoir d'enfants.

 

"[...]

"Les maîtres sont très pris par leur métier et vivent en appartement. Ils n'ont pas le temps de s'occuper de leur chien", raconte le jeune homme, qui exerce le reste du temps la profession de coach sportif, parfois au service des personnes dont il promène le compagnon à quatre pattes.

En France, on voit encore rarement, comme dans les rues de New York ou de Buenos Aires, des personnes tenant une vingtaine de laisses au bout desquelles trottent des chiens, tous différents, du caniche bien peigné au saint-bernard affectueux en passant par le doberman racé. Tout juste peut-on croiser quelques promeneurs professionnels, quelques laisses à la main, dans les rues de Paris ou à Cannes, sur la Croisette.

Le service fait pourtant l'objet d'une concurrence acharnée entre plusieurs sociétés.

[...]

"

 

Remarque, ça crée de l'emploi.

L'avantage de la société contemporaine, c'est qu'elle réinvente dans les pays "riches" des métiers qu'on croyait disparus suite aux progrès sociaux ou réservés aux pays en voie de développement: les promeneurs de chiens, mais aussi dernièrement les "pousse-pousse" dans les rues de Paris ou de New-York (ça s'appelle "éco pouss" ou des trucs du genre pour faire développement durable) ou les remplisseurs de sacs dans les supermarchés américains.

  

Tiré de cet article

http://www.lemonde.fr/aujourd-hui/article/2010/03/30/promeneur-de-chiens-pour-maitres-tres-pris_1326356_3238.html

 

 

 

* Bon, si, elle m'aura, regardez Renaud.

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25 mars 2010 4 25 /03 /mars /2010 09:51

De nouveau en France, plus précisément en région parisienne, j'ai retrouvé les douces joies des transports en commun.
Pire, pour la première fois de ma vie, je suis obligé de prendre quotidiennement le RER (B).

Certes, j'aurais pu aller habiter dans la pampa comme tant d'autres, pour profiter pleinement de tous les inconvénients de la vie parisienne sans ses avantages, mais, sujet à la dépression nerveuse et aux pulsions suicidaires, surtout depuis que Priscilla est loin de moi, j'ai choisi d'habiter Paname intra-muros plutôt que Bourg-la-Reine ou Palaiseau.

L'avantage de bosser en banlieue et de vivre à Paris est que l'on est dans le sens opposé aux voyageurs, ce qui veut dire que généralement, je trouve places assises et wagons non bondés matin et soir (le matin, il faut monter dans le RER avant 8h30, mais ça tombe bien, mon petit côté fonctionnaire fait que j'aime bien arriver à 9h00 au boulot, je prends donc celui de 8h15).
Bref, c'est pas si terrible, et le plus souvent ça ne marche pas mal, comparativement aux transports en commun de Boston ou New-York, pour ne prendre que des exemples que j'ai pratiqué assidûment. Je constate que le parisien (moi compris il y a quelques années, ça reviendra) aime bien vitupérer dès qu'un bus ou un train a 2m27 de retard, alors qu'on me semble plus stoïque aux US, face à des problèmes pourtant plus marqués.
 
Il y a deux jours, cependant, j'affrontais la première grêve depuis mon retour, il y a quand même presque trois mois. Une grêve apparemment "moyenne" avec un reureureu sur deux. Franchement, ça aurait pu bien se passer.
Malheureusement, la RATP avait bien fait les choses en peaufinant au mieux l'alternance des trains: ainsi, devant mes yeux se sont succédés trois trains consécutifs destination Robinson avant qu'un train direction Saint-Remy ne finisse par arriver, au bout d'une grosse demi-heure (entre temps, j'avais pris un train pour Bourg-la-Reine, histoire au moins de m'éviter la cohue à Denfert-Rochereau et de me donner l'impression que j'avançais un peu). 
Bien joué, d'autant que plein de gens vont à Robinson le matin alors que personne ne travaille sur le plateau de Palaiseau. Et qu'il y a beaucoup de modes de transport alternatifs pour s'y rendre.
Résultat, train blindé avançant à deux à l'heure sur tout le trajet, un grand moment de bonheur. 

Cela dit, il y a aussi chez les usagers un bon paquet d'abrutis panurgesques.
Car certes, pour aller hors de Paris, il n'y a pas trop le choix. Mais une fois rentré dans Paris, à Cité Universitaire, le wagon se remplissait de plus en plus (avec un pic à Saint-Michel où j'ai fini par descendre), sachant que:
- les trains s'arrêtaient de toute façon à Gare du Nord.
- le métro 4 et la ligne 38, parallèles au RER et s'arrêtant aux mêmes endroits, étaient bien moins affectées par la grêve (deux trains sur trois). Il y a également pas mal de lignes qui suivent partiellement le trajet du RER (la 21, de Cité U à Châtelet, par exemple).

- il y a des vélibs.

- sans vouloir faire mon Diniz, Cité U-Denfert à pied, c'est 15 minutes, et Denfert-Châtelet se fait en gros en 30 minutes sans trop forcer. Alors quand il fait beau, qu'il y a un RER tous les quart d'heure et qu'il faut pousser 10 minutes pour rentrer dedans puis manquer faire une syncope, le calcul me semble relativement vite fait.

Enfin, hier tout était revenu à la normale.
Sauf qu'un accident de voyageurs à Bagneux avait immobilisé le trafic dans les deux sens, que j'ai du prendre le RER C à Massy-Palaiseau pour rentrer dans Paris, et que j'ai donc mis 2h pour un trajet qui en temps normal me prend 50 minutes porte à porte.
Salauds de suicidaires, peuvent pas se jeter dans la Seine comme tout le monde? Ca fait chier personne et en plus ça permet aux Japs sur les bateaux-mouches de faire de jolies photos souvenirs.

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22 mars 2010 1 22 /03 /mars /2010 09:25

- Y a des films comme ça, dont je sors énervé.
Ils sont même répartis en plusieurs catégories: les films complètement ratés qui vous donnent l'impression de vous être fait voler (typiquement les comédies dont les deux moments drôles ont été mis dans la bande-annonce), ceux où vous hésitez carrément à vous barrer, ceux où vous vous sentez en totale inadéquation avec le reste du public (les comédies où le public rigole et où vous trouvez ça pathétique, les films d'auteur où tout le monde se branle et n'avez qu'envie de vomir) etc.
Je voudrais parler ici d'une autre sorte de film: ceux dont les deux premiers tiers agréables sont gâchés par une fin absurde, manichéenne, ou simplement complètement con.
Dans cette catégorie, je pourrais mentionner par exemple Sex Crimes, polar plutôt bien foutu, comme les nichons en plastique de Denise Richards qui y sont allègrement exposés. Jusqu'à une fin à rebondissements proprement horripilante. Je n'ai rien contre les rebondissements, sauf quand il y en 5 en 12 minutes: là où le premier twist vous aurait fait dire "malin ce scénar", le troisième vous gonfle et au-delà vous devenez totalement indifférent. Ah c'est lui le méchant... ah non, c'est lui... ah non... et merde.
Récemment, j'ai également vu dans le style Vantage Point, là aussi un polar de facture classique, avec une bonne distribution et une réalisation basée sur le principe des points de vue multiples donnant un petit cachet particulier. Jusqu'à une fin typiquement américaine, aussi écoeurante que deux litres de milkshake, à base de poursuites improbables, de terroristes basanés, et de héros prêts à tout pour sauver l'Amérique sans se décoiffer. "Je n'ai fait que mon devoir, Président".

Et puis, hier, je suis également sorti d'une salle obscure profondément irrité. La cause de cet état: Ghost Writer, de Polanski.
Je ne suis pas un grand connaisseur de Polanski, n'ayant pas vu ses vieux classiques (Rosemary's Baby, Chinatown, le Bal des Vampires), ni un grand fan: j'ai beaucoup aimé Le Pianiste et La Jeune Fille et la Mort, mais je n'avais pas vraiment accroché à Oliver Twist, et j'avais trouvé la Neuvième Porte à chier.
The Ghost Writer commence plutôt bien, ni vraiment film politique, ni thriller, avec une ambiance étrange, un peu oppressante bien qu'il ne se passe pas grand chose, et que j'ai trouvé assez prenante (dans la veine de certains films français, par exemple de F. Ozon ou D. Moll).
Et puis, dans sa dernière partie, le film devient vraiment polar et, en plus de torcher l'enquête en 40 minutes, enchaîne les poncifs plus ridicules les uns que les autres: une bonne vieille théorie du complot impliquant la CIA, l'écrivain "nègre" qui se mue en journaliste d'investigation et pige tout après deux clics sur internet... La scène "google" est risible, de même que celle ultra-premier degré où l'écrivain justifie sa découverte par cet argument massue: "it's written on the internet" à laquelle son interlocuteur, un politique influent, scié, répond "oh my god!! we have to warn everybody".

J'ai eu le vague espoir que la fin soit en eau de boudin, ce qui aurait au moins permis de sauver la face. Mais non, le clou est enfoncé avec l'ultime découverte d'un message codé (pour débiles), qui finit de faire sombrer le film.
On ne remercie pas l'auteur et co-scénariste Robert Harris pour cette histoire grotesque, ni la critique dithyrambique pour qui Polanski est décidément un intouchable.

A part ça, d'autres choses m'ont énervé récemment (le mois de mars de l'apprenti chercheur fait pas mal monter le niveau de stress):
- La visite médicale obligatoire d'embaûche du CNRS: celui-ci étant l'organisme payeur pour mon post-doc, j'ai du me soumettre à une visite médicale de contrôle. Cette visite a été réalisée, avec presqu'une heure de retard, par l'assistante du médecin, qui n'était même pas présent. Après trois questions (avez-vous des problèmes psychologiques, avez-vous une maladie grave, votre famille a-t-elle présenté des cas de maladies graves ou génétiques?) et une prise de tension, l'assistante a signé mon papier, sans oublier de me signaler que je devais vérifier si mes vaccinations étaient à jour.
Bilan, 22 euros (payées par le CNRS), ce n'est pas de l'argent perdu, et le généraliste ne l'a pas volé.
Ah, et à ce prix là, j'ai gagné le droit d'acheter le timbre et de poster moi-même le papier au CNRS... l'assistante du médecin m'avait quand même obligeamment fourni l'enveloppe.

- Dans la série le bal des faux-culs, same old, same old, on mentionnera la performance globale des politiques hier soir après la publication des résultats, et leurs "éléments de langage" ("déséspérance", "crise politique"...). Mention spéciale à l'UMP et aux têtes à claques en chef X. Bertrand et L. Chatel, qui, en gros, quand ils gagnent disent: "ça valide notre politique et nous allons continuer les réformes", et quand ils perdent disent: "ça ne remet pas en cause notre politique et nous allons continuer les réformes". Comme disait Mélenchon (?), si manifester ne sert à rien, faire la grêve ne sert à rien, et voter ne sert à rien, ça va peut-être finir par péter un jour...

- Détenteur de quelques fonds aux US, je suis l'évolution du dollar car j'envisage d'en ramener une partie à plus ou moins brêve échéance. Il y a trois semaines, je lis que les spéculations vont faire baisser l'euro jusqu'à la parité. Depuis, l'euro a remonté... sauf ces deux derniers jours, où les économistes prédisent que, peut-être, on va passer sous la barre des 1.34 (en gros, comme il y a un mois). Ce n'est pas la première fois que l'inverse des prédictions se réalise ou que les prédictions sont contradictoires, c'est même plutôt la norme depuis un an que je regarde. J'en viens à me demander si quelqu'un comprend vraiment quelque chose ou si c'est juste de la théorie du doigt mouillé.

- L'administration française: elle ne m'avait pas manqué même si je ne garde pas un souvenir ému de la version américaine (au moins je pouvais me dire que les complications étaient dues à mon statut d'étranger).
Comme déjà dit ailleurs, ça fait trois mois que je ne sors pas sans une copie de ma pièce d'identité, un justificatif de domicile, et un RIB, car j'ai l'impression qu'où que j'aille on peut me les demander: j'ai été surpris de ne pas avoir à fournir un justificatif de domicile en achetant un aspirateur ce samedi.
Et puis il y a deux semaines, les impôts ont facturé à Priscilla la taxe d'habitation 2009 de notre appartement parisien que nous avons quitté en janvier 2008. Cela vient quelques mois après qu'ils nous aient déjà prélevé deux fois la taxe 2008. Pour qu'ils nous remboursent, il avait fallu fournir le numéro de chèque.
Les ayant donc prié à nouveau de nous rembourser, c'est à dire leur ayant signifié pour la cinquième fois au bas mot - il y a eu aussi les tiers prévisionnels- que nous ne vivions plus en France et n'y travaillions pas depuis maintenant deux années pleines, ils nous ont expliqué que pour cela, il nous fallait justifier notre départ...
Après quelques recherches qui m'ont rempli de joie, j'ai retrouvé dans ma paperasse un joli papier à ce propos, qu'ils nous avaient eux-mêmes fait remplir et signer, dont ils nous avaient donné une copie et qu'ils doivent donc avoir dans le dossier nous concernant. Copie que nous leur avons donc envoyé, ainsi que l'état des lieux de sortie.
Ils ont accepté de rembourser Priscilla. Reste à savoir combien de temps cela prendra. Peut-être avant qu'ils ne nous prélèvent la taxe 2010.

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