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  • : La vie au labo
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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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3 février 2010 3 03 /02 /février /2010 19:02

Un article placé sous le sceau de la loi de Godwin.

Je voudrais ici montrer quelques similarités, dans la méthode ou les arguments, entre les sceptiques d'aujourd'hui (les sceptiques du réchauffement climatique, les sceptiques de l'affaire du World Trade Center) et ceux d'hier (les négationnistes).
Je n'assimile pas les uns aux autres, je remarque simplement des anologies, amusantes si l'on peut dire, en tout cas intéressantes à mon sens.

Aujourd'hui, tout fait historique ou scientifique a ses négateurs; "sceptique" étant la désignation politiquement correcte donnant à la chose une légitimité n'ayant pas toujours lieu d'être.
Que le medium Internet, permettant la diffusion instantanée de tout et surtout de n'importe quoi, ait favorisé cet état de fait, probablement.
Mais le phénomène n'est pas nouveau, et quel que soit le sujet remis en cause, on trouve dans une certaine mesure les mêmes arguments transposés, les mêmes méthodes employées: potentiellement recevables, ils ne sont pourtant pas toujours utilisés de bonne foi ou à bon escient.

En voici quelques exemples.

- L'utilisation du "scepticisme scientifique" ou du "révisionnisme historique" comme caution intellectuelle.
Certes, presque par essence, le scientifique et l'historien doutent et doivent douter. Des modèles scientifiques ou des interprétations de l'histoire peuvent être remis en cause par des découvertes plus récentes. Mais, outre que cela est assez rare, cela signifie encore plus rarement "virage à 180 degrés" par rapport à l’interprétation initiale. Le plus souvent, on permet simplement de pousser plus loin le modèle, ou d'affiner la compréhension d'un fait historique. D'autre part, et cela peut sembler une évidence: si "douter" est légitime, il ne signifie pas pour autant que, parce que vous doutez, vous avez raison.

- Un peu dans le même registre: la plupart des courants sceptiques étant (ultra-)minoritaires, on les entend souvent se comparer aux exemples historiques de celui qui a eu raison seul contre tous (typiquement, Galilée). La aussi, il paraît bon de rappeler que, 999 fois sur 1000, celui qui défend une théorie seul contre tous, a, simplement, tort. Et que, sans même rentrer dans ces considérations, le fait d'émettre une opinion à contre-courant n'est pas une preuve de sa validité. 
On peut également mentionner que les courants sceptiques ultra-minoritaires sont généralement eux-mêmes divisés en différentes fractions, dont le principal ou seul point commun est de remettre en cause la théorie "officielle": dans le cas du climat, il y a ceux qui nient tout réchauffement, ceux qui contestent l'amplitude du réchauffement, ceux qui valident le réchauffement mais nient son caractère anthropique... pour le 11 septembre, on a ceux qui pensent que les avions volent encore, ceux qui pensent que tout a été organisé par la CIA, ceux qui pensent que la destruction a été aidée par des bombes en sous-sol par le propriétaire pour toucher l'assurance... en ce qui concerne la Shoah, il y a ceux qui en nient l'existence, ceux qui mettent en doute son caractère planifié, ceux qui veulent en minimiser les chiffres ou son caractère unique...

- Souvent, les figures de proue des mouvements sceptiques sont des non-spécialistes: Courtillot et Allègre sont des géologues, Jean-Marie Bigard est un humoriste, Butz est un Professeur d'"Electrical Engineering", Faurisson était Professeur de Lettres, etc. La aussi, c'est utilisé comme argument en tant que tel ("un non-spécialiste apporte un oeil neuf, non façonné par l'establishment"). On peut rétorquer qu'un non-spécialiste a aussi plus de chances de raconter des conneries sur un sujet qu'il ne maîtrise pas complètement, voire pas du tout : voyez sur Internet tous ces "non-spécialistes" qui "démontent" la théorie de la relativité, par exemple. Encore un argument souvent entendu et qui, en tant que tel, ne signifie rien. 

- Les sceptiques aiment à se poser en victimes médiatiques, à qui l'establishment ne laisse pas la possibilité de s'exprimer. Or, c'est fou le nombre de tribunes que ces personnes obtiennent pour dénoncer cet état de fait (encore une hier dans le Monde en ce qui concerne le climat), le nombre d'interviews qu'on leur accorde, le nombre de "débats" auxquels ils participent (c’est un peu moins vrai pour les négationnistes depuis les lois Gayssot, mais Faurisson notamment a eu beaucoup de publicité dans les années 80). Si l'on y réfléchit, leur exposition est proportionnellement bien plus importante que la fraction "scientifique" qu'ils représentent, tant il est vrai qu'un medium d'information préfèrera un "non-spécialiste" charismatique qui raconte des choses simples (la véracité de ces choses étant parfaitement accessoire), qu'un spécialiste casse-burnes qui va énoncer des choses complexes diminuant le temps de cerveau disponible et obligeant le journaleux à réviser ses fiches.

- Puisque je parle de débat : on entend souvent les sceptiques "ne demandent qu'une chose, c'est qu'il puisse y avoir débat". Les media ne demandent que ça. Mais science et histoire ne sont pas culture et politique. On peut discuter des mérites du dernier film de Mickael Youn ou de l'ultralibéralisme, mais comme le disait
Tom Roud, la science n'est pas, en ce sens là, démocratique.
En science, il y a d'un côté la vérité (e.g., typiquement, des résultats expérimentaux reproductibles, et un modèle expliquant convenablement les données, modèle pouvant être affiné au fur et à mesure selon l'intérêt du problème), de l'autre le bullshit (données foireuseset modèles capillotractés ou plus simplement faux). 
Le but pour la communauté scientifique est d'arriver à un consensus: le débat peut exister pendant plusieurs décennies (dans mon domaine, la physique des films minces de polymères reste, je crois, un sujet à controverses depuis une bonne quinzaine d'années - même si on commence au moins à s'accorder sur les données expérimentales), mais lorsque 99,9% des spécialistes s'accordent sur une réponse, il n'y a plus débat pour convaincre les 0,1% restant. Lorsque 99,9% des spécialistes s'accordent sur une réponse, le fait que 55% de la population non-spécialiste n'y croit pas n'est pas une
remise en cause.
Pierre Vidal-Naquet soulignait, dans les Assassins de la Mémoire, la difficulté intrinsèque du "débat" avec les négateurs: accepter de débattre avec eux leur permet une exposition qu'ils ne méritent pas, et tend à mettre sur un pied d'égalité ce qui ne doit pas l'être (la vérité et le bullshit). Refuser le débat donne par contre un côté hautain au scientifique, et un côté victime (voir point ci-dessus) au sceptique.

- Les sceptiques considèrent toujours que les milliers de preuves qui accréditent la thèse officielle sont fausses ou sujettes à caution, mal comprises, etc. Par contre, les quelques faits inexpliqués, inexplicables, ou dont l'interprétation pourrait éventuellement remettre en cause cette thèse, sont, eux, "parole d'Evangile". Un crédit illimité est également accordé aux théories alternatives, en dépit de leur légitimité le plus souvent contestable (témoignages d'anciens SS, articles scientifiques publiés dans d'obscures revues inconnues au bataillon...).
Dans la même veine, il y a tendance par les sceptiques à assimiler toute erreur ou déontologie douteuse à une preuve irréfutable que toute la thèse officielle est erronée, voire qu'il y a complot pour étouffer l'affaire (alors que généralement, les erreurs sont parfaitement admises par ceux qui les ont commises): on peut mentionner les trois mails déontologiquement contestables envoyés par des climatologues (sur plus de dix ans d'échanges piratés), l'erreur du rapport du GIEC (sur 600 pages de rapport)... ou encore les premiers chiffres surévalués de la Shoah, les quelques pages falsifiées du journal d'Anne Franck, les rares témoignages de faux survivants mais vrais mythomanes, la reconstruction de la chambre à gaz d'Auschwitz par les polonais... S’il est bon de signaler les erreurs et de condamner les comportements non professionnels, il ne faut pas confondre pour autant cas isolé et remise en cause générale.

- Terminons par une petite analyse, de non-spécialiste, des profils psychologiques: parmi les points communs, je sens une attirance certaine pour la lumière, nécessairement plus facile à obtenir en étant l’un des rares contradicteurs que l’un des multiples défenseurs d’une thèse "à la mode". Egalement une volonté plus ou moins consciente de se démarquer, de ne pas être comme tout le monde, de ne pas être un "mouton".
Je pense qu’il y a aussi chez beaucoup de sceptiques la peur, ou l’incapacité à accepter des idées effrayantes, difficiles voire impossibles à "comprendre" (philosophiquement), justement à cause de leur simplicité même (un fanatique ultra-motivé peut déjouer sans moyens ou presque les systèmes de sécurité les plus élaborés, l’Homme est en train de détruire sa planète, l’Homme est capable d’exterminer de façon planifiée son prochain, etc). D’où l’élaboration de théories alternatives, plus complexes mais paradoxalement conceptuellement plus faciles à saisir.

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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 19:14

Ca ne vaut pas le cheese-rolling, ou le swamp soccer roots de nos amis british, mais les ricains sont sur la bonne voie:


Le slam ball, mix improbable entre trampoline, basket, et football américain (pour les impacts musclés)


Ca s'appelle du "Lingerie Football", le nom parle de lui-même.
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28 janvier 2010 4 28 /01 /janvier /2010 14:51
Chose promise, chose due, je vais parler d'une question importante, voire fondamentale.

Je me suis souvent demandé si c'était proportionnel, surtout quand je regarde des gros noirs jouer au basket (y a des associations d'idées, comme ça...).

Parce que si oui, pensez à Shaquille O'Neal par exemple (~ 2,15m,150 kgs), c'est énorme. Et si non, ça doit faire ridicule sur un corps comme ça.

La réponse avec Greg Oden, pivot actuellement blessé des Portland Trailblazers, 2,13m et 130 kgs, qui semble avoir trouvé à s'occuper.

Eloignez les âmes sensibles et les complexés, ou votre boss si vous êtes au boulot, mais à mon avis, Thierry "l'anaconda" Henry peut aller se rhabiller.
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27 janvier 2010 3 27 /01 /janvier /2010 07:18

Je retourne ce jour dans le Massachusetts, auprès de Priscilla, pour les deux prochaines semaines. Si les douaniers sympas de Boston laissent rentrer un touriste dont le visa de travail a expiré deux semaines avant, bien sûr.

Ensuite, ce sera la quête d'un appartement en région parisienne, encore de grands moments de bonheur en perspective, et de rire aussi quand je visiterai mes premiers rez-de-chaussée sans fenêtre de 15m2 à 800 euros, charges non comprises.

Du coup, je parlerai un peu plus tard de mes nouvelles expériences gastronomiques, de mon "travail d'Astérix" inachevé pour réintégrer la Sécu, du jour sans fin des pré-auditions, auditions informelles et autres convocations facultativo-obligatoires qui recommence, et peut-être aussi de choses plus intéressantes.

boston.jpg


Ah, non, pardon, ça c'était en automne, là ça ressemblera sans doute plus à ça:

boston-neige.jpg
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23 janvier 2010 6 23 /01 /janvier /2010 11:34
Deux déclarations récentes sur le modèle de celles de Monsieur Prudhomme ou du Maire de Champignac qui m'ont fait rigoler:

"Henri Proglio consacrera un peu de son temps à Veolia, tout en étant 100% de son temps à EDF".
Christine Lagarde, ministre de l'Economie.

"Quand on est fragilisé, c'est là qu'il faut être encore le plus solide".
Didier Ollé-Nicole, entraîneur de l'OGCN.

http://blogsimages.skynet.be/images/000/272/389_Maire.jpg

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20 janvier 2010 3 20 /01 /janvier /2010 18:37
Je discutais récemment avec une post-doctorante encore fraîche: je ne parle pas de son physique ou de son âge, juste du fait qu'elle entamait ses premiers mois de son premier contrat.

Je lui expliquais ce que j'ai déjà écrit en long, en large et en travers en ces pages et parfois même ailleurs, à savoir que je commençais à en avoir plein le fion (d'être pas bien payé, de vivre séparé de ma dulcinée, de ne pas avoir de perspective d'avenir dépassant les 12 mois, entre autres), et que je ferai tout pour que ma troisième année de post-doctorant soit aussi la dernière. Que si la recherche publique ne voulait pas de moi, je ne continuerai pas à faire le larbin encore cinq ans pour finir dans une Université de sixième zone juste pour dire que j'y suis arrivé.
En gros, elle m'a répondu: "oui mais tu vas faire quoi alors? Quand on a choisi cette voie, on n'a pas le choix".

Je m'insurge.

D'une, bien que je sois plutôt fataliste, je crois qu'on a quand même un minimum de contrôle sur sa vie, qu'il n'est jamais trop tard pour se réinventer, qu'un parcours atypique peut-être positif etc. Un précepte de base dans la culture américaine que j'apprécie beaucoup, même si je suis trop cynique ou désabusé pour y croire pleinement.
De deux, la recherche "précaire", c'est quelque chose d'assez ingrat qu'on peut accepter pour plusieurs raisons valables: la recherche académique est une passion, et on n'envisage pas d'autre carrière. Si on estime que la fin justifie qu'on en chie, qu'il vaut mieux en baver 5 ans et tripper 35 plutôt que de s'emmerdouiller 40, soit. Autre raison: trouver un post-doc c'est assez facile, il n'y a que peu de responsabilités et il n'y a pas toujours besoin de se fouler. Ca peut être à mon sens une bonne solution de "deuxième job" si le conjoint est lui bien installé.
Il y en a sûrement d'autres.

Mais "on n'a pas le choix", faut pas déconner. Si la seule motivation du post-doctorant, c'est qu'il "n'a pas le choix", autant essayer direct de se reconvertir dans le privé: il y a quand même quelques boîtes françaises qui aiment les docteurs, le diplôme reste un sésame à l'étranger pour ceux qui veulent voir du pays (même en ces temps de crise, je viens de recevoir dernièrement 4 ou 5 offres de diverses boîtes dans mon domaine*) etc. Sinon, faire comme certains de mes potes qui ont décidé d'aller vers quelque chose de plus proche du "terrain" (responsable d'une chaîne de production par exemple), du "consulting", ou qui ont carrément changé totalement de carrière: je connais un docteur artisan au fin fond de l'Espagne, sa femme docteur également est devenue apicultrice, un autre devenu viticulteur, une artiste. Si mon frère me finance, vous me verrez peut-être bientôt proprio d'un camion à pizzas sur la promenade des anglais, etc.  

Certes, la situation actuelle n'est pas forcément propice aux reconversions ou à l'obtention d'un CDI, mais de manière générale, je pense que le système de recrutement français, avec ses défauts dont on a déjà beaucoup parlé, perdure aussi parce que de plus en plus de post-doctorants sont persuadés qu'"ils n'ont pas le choix", qu'une fois engagés dans cette carrière ils n'ont plus d'autre solution que continuer jusqu'à ce que par miracle, pitié ou piston, ils finissent par choper un poste n'importe où, pourvu qu'ils aient un poste**.


* Je peux faire suivre si j'ai des demandes par mail ou commentaires (pour ceux qui ne suivent pas, mon domaine, c'est le polymère).

** Ca perdure aussi parce qu'une fois en poste, ceux qui gueulaient sont ensuite souvent les premiers à promouvoir le système, activement ou simplement en s'en lavant les mains (je ne jette la pierre à personne, je ferai probablement partie du lot si je chope un poste), mais c'est un autre problème.
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15 janvier 2010 5 15 /01 /janvier /2010 11:31

Paris coûte cher quand on a un revenu de 0 euros, même lorsqu'on squatte un canapé.
Paris coûte d'autant plus cher quand on n'a plus vu ses copains depuis deux ans, à part très furtivement entre deux auditions, congrès ou avions.
Parce que, pour passer un peu de temps à retrouver ses potes, on n'a pas inventé mieux que le bar ou le resto. Alors, depuis deux semaines, j'ai bu pas mal de pintes de bières dégueus (et je me souviens avec un brin de nostalgie des micro-brasseries du Western Mass), mais, plus intéressant, j'ai aussi poursuivi ma petite quête gastronomique avec pas mal de bonheur (donc au diable l'avarice), sponsorisée ici par le guide du Fooding ou le Michelin (section bibendum gourmand).

En vrac:
- Chez You, 6ème (Vavin). Dans une petite rue à deux pas du boulevard du Montparnasse, au niveau de la Coupole, du Dôme etc. Un resto thaÏ un peu "haut de gamme" dans un décor de bistrot parisien, tables en bois, bar, et menu sur ardoise. A la carte comptez environ 35 euros. Je n'y connais pas grand chose mais j'ai trouvé les plats bons, et le service ultra-commerçant m'a donné envie de revenir: nous cherchions quelque chose d'ouvert pour manger rapidement avant un ciné, la serveuse est arrivée, a ouvert le resto pour nous avec 15-20 minutes d'avance par rapport à d'habitude, nous a conseillé sur les plats qui pouvaient arriver vite etc. Ca m'a donné envie d'y retourner et de prendre un peu plus mon temps.
- La Cantine du Troquet, dans le 14ème (Pernety). Les endroits à Paris où on peut manger entrée-plat-dessert de qualité pour moins de 30 euros ne sont pas si aisés à trouver, ce resto basque en est un*. En entrée, couteaux, terrine, pâté de tête etc, en plats échine de porc, civet de sanglier, poitrine de cochon etc, vous voyez le genre. Sans réservation, il faut aimer s'entasser au bar et attendre son tour, et le principe des tables d'hôte. Le repas complet autour de 25 euros, 35 en étant généreux sur le vin. Je qualifierais ça de mélange assez réussi entre la Régalade (14ème également, pas loin) et la Cave de l'Os à Moelle (fin fond du 15ème). Le patron a d'autres restaurants plus "haut de gamme", le Troquet et le Grand Pan, où je ne suis pas allé.
Une chronique plus détaillée ici, avec des comparaisons similaires: www.chrisoscope.com/2008/07/06/la-cantine-du-troquet/ 
- Le Petit Marguery, 13ème (Gobelins). Une valeur sûre, rachetée de nombreuses fois mais qui a su garder son côté old school de qualité (la clientèle, le décor et le service ne trompent pas). Menu à 36 euros, des suppléments un peu partout, pour de la cuisine de terroir un peu travaillée, plutôt bien faite et généreuse. Service et déco type "petite brasserie chic", un peu dans l'esprit de Gallopin. On trouve assez facilement meilleur rapport qualité-prix à Paris, mais pas forcément dans ce quartier, et ça reste un honnête point de rendez-vous pour les tablées un peu nombreuses en panne d'idées branchouilles, où je n'ai jamais été déçu.
 - Le Janissaire, 12ème (Daumesnil). Resto turc gastronomique (pas de kebab frites), dans une allée pas franchement funky. Le menu midi à 13 euros est probablement l'un des meilleurs rapports qualité-prix que je connaisse. Purée aubergines-poivrons-oignons pour commencer, à étaler sur une bonne galette au sésame, "brochette" poulet-agneau à l'ail et au persil, avec un peu de boulghour bien assaisonné et de la salade pour suivre, pâtisseries à la pistache bien fondantes pour conclure. Efficace, goûteux, copieux, bluffant, ça change du tartare médiocre à 10euros50. Service nickel, plusieurs petites salles assez classes. M'a donné grande envie d'y retourner le soir pour le menu gastronomique à 45 euros, dommage que ce ne soit pas trop un quartier où je passe par hasard.
- Les Cocottes de Christian Constant, 7ème (Invalides ou Ecole Militaire). "Le" resto de la rentrée 2007: le nouveau concept du chef Christian Constant, ancien du Crillon, déjà propriétaire dans la même rue Saint-Dominique du gastronomique Le Violon d'Ingres, du café Constant, et des Fables de la Fontaine (depuis cédé à deux de ses anciens). Constant, un peu comme Senderens, en a eu marre du Michelin et s'est placé dans le créneau "démocratisation de la grande cuisine" (démocratisation reste ici assez relatif).  Entrées et desserts entre 7 et 10 euros, plats - servis en cocottes Staub, comme le nom l'indique- autour de 15 (quelques "suggestions" à 25), on dépasse de justesse les 30 euros pour un menu complet si on oublie les cocottes aux noix de St-Jacques. Bouteilles assez chères, mais pas mal de choix au verre autour de 4 euros. Tout est excellent, très savoureux, du potage de potimarron au jambon de pays en entrée à la cocotte de poulet au citron confit et olive ou encore le vol au vent en plats, et la fameuse tarte au chocolat ou le clafoutis en dessert. Ce resto est plutôt fait pour les couples, qui peuvent s'asseoir au comptoir. Il y a quelques tables de 3 ou 4 personnes mais n'y allez pas à plus, et allez-y avant 20h si vous voulez l'une de ces tables. Service un peu dépassé car en sous-nombre, donc un peu d'attente entre les plats à prévoir, mais gentil, déco minimaliste. Là aussi, pas de réservation, mais un bon plan, même si c'est un autre quartier où je passe assez rarement - un pote s'y est installé, ça va donc peut-être changer, d'autant qu'il y a de quoi faire plaisir à un gastronome aux alentours de la rue Saint-Dominique.
-  Le Bistro des Halles, 1er (métro Châtelet). Pas vraiment un resto (fermé le soir), plutôt un endroit pas loin des Halles où faire une pause déjeuner ou casse-croûte. Très bons sandwiches, copieux et préparés à la demande dans les 5 euros, salades copieuses avec des bons produits (un peu chères, ~12 euros), quelques plats classiques et roboratifs (andouille, confit de canard, etc, dans les 14 euros si ma mémoire est bonne). Petits vins de propriétaires au verre dans les 3-4 euros. Service parigot gouailleur, bonne ambiance. Evitez le plateau de fromage, bien cher (ou alors servez-vous généreusement), mais quand je suis dans le coin j'aime bien m'y faire un dwich'-verre de rouge pour environ 9 euros.

Voila. La semaine prochaine je suis à Nice, c'est Papa qui va payer, donc si mon foie tient le coup je vais essayer de continuer sur ma lancée. Et essayer de me remettre au sport un peu aussi, sinon, le bibendum gourmand finira par désigner autre chose.

* Dans cette gamme, mon préféré reste d'assez loin La Biche au bois, près de Gare de Lyon (12ème). Ou en tout cas ça l'était la dernière fois que j'y suis allé, il y a deux ans et quelques.

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13 janvier 2010 3 13 /01 /janvier /2010 11:18
... le nov-mode d'expression Facebook conduit parfois à des résultats d'un goût pour le moins douteux?

cest-con-facebook.jpg

Ca ne les a pas frappé, les 445?*




* Certes, on peut éventuellement imaginer que 445 personnes soient franchement heureuses de la mort de Mano Solo, parce que ça faisait 15 ans qu'il nous en promettait l'imminence dans ses chansons, et que donc ils commençaient à s'impatienter...
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12 janvier 2010 2 12 /01 /janvier /2010 22:00
- Lever 5h30
- Départ 6h15
- Marche par moins 5, RER, Aéroport 7h
- Vol 8h30, arrivée 9h45
- Taxi, 50 euros, arrivée 10h15 (le taxi m'a bien enculé, mais l'accent chantant du sud, c'est un peu comme de la vaseline)
(- café)
- Séminaire 11h
- Déjeuner avec le groupe 12-13h
- Visite, discussion 13h-15h
- Pause email 15h-15h30
- Discussion 15h30-16h15
- Départ 16h15
- Taxi (40 euros), arrivée aéroport 17h
(- coca)
- Vol 18h30, arrivée 19h45
- RER, marche par moins 5, retour case départ 21h
- Réponse demain, si Dieu veut (depuis 5 jours, "ça devrait être bon, on attend confirmation au niveau du budget"), remboursements Le Même sait quand.
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8 janvier 2010 5 08 /01 /janvier /2010 11:21
Lorsque j'étais jeune et plein d'illusions, il y a environ 8 mois, je me montrais sûr de mon fait.

Maintenant que je suis tel Lucien Chardon, maintenant que moi aussi je me suis fait traiter comme de la fiente j'ai plus d'expériences sur les questions de recrutement, je suis plus circonspect.

Une question notamment, me taraude - mon côté mécanicien -: Projet de recherches or not Projet de recherches*?

Dans le cas d'une candidature au CNRS, la réponse est simple, puisqu'elle est explicitement demandée dans les dossiers de candidature: il faut soumettre un projet de recherches, ainsi qu'un labo d'accueil potentiel. En théorie, on peut très bien écrire le projet seul et proposer un labo qu'on n'a jamais contacté. Dans les faits, vu l'abondance de candidats et la non-abondance de postes, je crois qu'il est quand même franchement conseillé d'être en contact étroit avec une équipe ou un laboratoire, et de bien choisir son laboratoire (un gros labo bien côté qui n'a pas recruté depuis 2 ans étant probablement un meilleur choix tactique qu'un petit labo pas très bon qui a obtenu un poste par miracle l'année d'avant - sauf si bien sûr vous êtes le 5ème choix du gros labo...).

Les choses se compliquent dans le cas des postes MdC. Une fois de plus, comme plus tard au moment du recrutement et le comportement vis à vis des candidats locaux, c'est le bordel car il n'y a pas vraiment de règles.
Ou plutôt si, il y en a une: lorsqu'on lit les instructions du Journal Officiel, il n'est mentionné nulle part qu'il faut fournir un "projet de recherches" pour candidater. Mieux, les pièces demandées (CV, liste de publis, qualification etc) le sont "à l'exclusion de toute autre". En théorie, il n'y a donc pas de projet à fournir lorsque l'on candidate.
Mais nous sommes en France, et les règles sont faites pour être contournées (et même doivent l'être si on veut avoir une chance, voir un autre exemple ici).
Comme chaque université, et même quasiment chaque laboratoire ou "commission de spécialistes" font un peu ce qu'ils veulent, et que "les délibérations restent confidentielles"...

Il y a cependant des cas de figure assez clairs: par exemple lorsqu'on candidate dans un laboratoire composé de 15 équipes qui ne s'aiment pas trop, et qu'il n'y a qu'un poste. Le profil du poste est généralement laissé le plus vague possible pour que chaque équipe puisse proposer un candidat sur ses thématiques. Pour avoir une chance d'avoir LE poste, il faut être soutenu par une équipe et blinder ses arrières, donc les choses se passent dans les faits un peu comme aux concours CNRS (au moins jusqu'au moment des entretiens et délibérations, où localisme et petits arrangements entre amis peuvent ensuite reprendre leurs droits). Bref, en pratique, il faut soumettre un projet de recherches pour avoir une chance d'être au moins auditionné.

  Cela devient plus complexe dans les cas où:
- c'est un petit labo avec très peu d'équipes et/ou une structure pyramidale (j'entends par là ces labos "à l'ancienne" où le directeur décide de tout depuis 20 ans)
- le profil demandé sur la fiche du poste est extrêmement détaillé (ce qui généralement est de toute façon mauvais signe, car tend à dire que le labo a déjà un candidat sous la main: vous savez, ces profils tellement précis qu'il ne manque que la photo du candidat - photo non nécessaire d'ailleurs puisque le profil ne correspond qu'à un candidat en France, celui-ci étant par hasard post-doc dans le laboratoire qui recrute).
Le candidat a ici le cul entre deux , et même trois chaises:
- soit il ne fournit pas de projets, se disant que de toute façon on le recrutera pour faire ce qu'on a décidé pour lui et pas ce qu'il veut. Attitude qui semble raisonnable et honnête mais qui risque de vous voir non-sélectionné pour l'audition (la mésaventure m'est probablement arrivée récemment, et je connais d'autres exemples).
- soit il fournit son projet personnel sans tenir vraiment compte du profil demandé. J'imagine qu'on peut alors reprocher au candidat de ne pas bien fitter dans le laboratoire d'accueil...
- soit il brode sur cinq pages autour du profil demandé: peut-être la meilleure solution d'un point de vue tactique, mais un exercice totalement fastidieux et inutile pour le candidat, même si la commission peut probablement en profiter pour quantifier sa "smartness"...

Je trouve quoi qu'il en soit tout cela un peu hypocrite: contrairement aux US où les départements cherchent toujours à recruter pour élargir leurs champs de compétences, et où le chercheur recruté est par définition indépendant, en France un candidat est presque toujours supposé s'intégrer dans une équipe existante. Même s'il est recruté pour son apport de compétences nouvelles, il ne fera généralement pas vraiment ce qu'il veut. Bref, le "projet de recherches" est avant tout un exercice de style qui doit montrer qu'on comprend ce qu'on raconte, qu'on a des idées mais surtout qu'on comprend celles que le laboratoire a pour vous, qu'on ne se rebellera pas et qu'on fera à peu près ce qu'on nous demande...
Cela dit, certains pensent déjà que l'audition est avant tout une performance théâtrale**, dont le résultat ne dépend d'ailleurs pas franchement de votre performance: si ce n'est pas vous qu'on veut, la commission trouvera toujours une "bonne" raison à vous donner (si vous la demandez), le projet de recherches n'étant qu'une parmi tant d'autres possibles...

* Pour les novices, le "projet de recherches" désigne ce document plus ou moins pipot résumant en cinq pages ce que vous comptez faire les 5 années suivant votre embaûche éventuelle (ne pas confondre avec le "résumé des recherches", cet autre document pipot de 5 pages devant effectuer la synthèse de vos 3 ans de thèse et 5 ans de post-doc).

** Une idée qui se défend largement: à quel autre moment de votre carrière, académique ou industrielle, devrez-vous présenter votre parcours professionnel des 5 (ou plus) dernières années ainsi que vos projets pour les 5 suivantes en 15 minutes et 5 minutes de questions?
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