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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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  • Misanthrope optionnellement misogyne et Esprit Universel.

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24 décembre 2009 4 24 /12 /décembre /2009 09:33
- J'ai hier écrit puis effacé illico un petit billet d'humeur assez pauvre. Il faut savoir ne pas trop ressasser ses obsessions (oh la belle allitération), ou au moins les garder un peu pour soi.

- Les librairies niçoises sont catastrophiques, bonne chance si vous ne cherchez ni le dernier Marc Levy ni le dernier Dan Brown. Vivement le retour à Paris, et je vais vite fait regretter les librairies américaines, chaînes ou indépendantes. Je peux dire la même chose des disquaires (fuckin' elitist).

- J'ai revu des vieux copains de prépa Masséna, bonne bouffe dans un nouveau petit restaurant niçois appelé Millésime 82. Un excellent menu à 32 euros, bons produits, copieux (pour ceux qui sont difficiles ou qui aiment les cartes de 12 pages, précisons que le menu est imposé et qu'à la carte il n'y a que 3 entrées, 3 plats, et 1 dessert). Service un peu lent, mais idéal pour les soirées "catch-up". Pour plus de détails, voir cet excellent blog (en anglais).
Je pense que j'y retournerai dans quelques temps quand le menu aura été changé pour la dégustation en 6 services, qui si j'ai bien compris fait découvrir 4 des 6 plats de la carte.
J'aimerais bien aussi essayer juste à côté Flaveur, autre nouveau restaurant par des anciens du très bon Keisuke Matsushima.

- Ce soir le réveillon familial déroge par bien des côtés à une tradition jusqu'alors immuable, je suis inquiet. J'ai peur que le stress résultant dans mon petit corps de conservateur ne me noue l'estomac et ne m'empêche de baffrer comme tout bon occidental qui se respecte. En plus, personne n'a l'air de s'occuper du pinard.

- Pour le reste, rien de neuf. Faut juste que je demande à mon pote RMIste à quoi il occupe ses journées.
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18 décembre 2009 5 18 /12 /décembre /2009 16:38
Dans 5 heures je prends le bus, direction Boston, avant un retour en France prévu lundi.

La fin de cette aventure de 94 semaines, si je compte bien, n'a pas été très réjouissante.

- J'ai appris avec un certain désarroi que l'équation:
dossier potable + adéquation correcte avec le profil demandé + connaissance du labo + encouragement du directeur à postuler = audition 
n'était pas toujours vraie. 
Ou l''humbling experience'' de l'année: désormais je serai moins pontifiant sur le sujet, et encore plus méticuleux dans mes choix de candidature et dans la préparation de mes dossiers.

- L'un de mes rares contacts en France m'a confirmé qu'il ne sera pas en mesure de m'accueillir en post-doc et pour l'instant mes options se comptent sur le doigt de une main.

- Une tempête est annoncée sur le Nord-Est ce week-end. Pour l'instant il n'est pas certain qu'elle passera sur Boston, je croise les doigts pour ne pas passer la nuit à l'aéroport ou Noël seul à Boston.

Mais ne nous laissons pas abattre, je rentre l'âme conquérante, prêt à tout renverser sur mon passage au Pôle Emploi: le RMI ne m'échappera pas.

Et puis j'ai toujours l'option de retourner aux US (d'où le point d'interrogation du titre) où mon chef a du pognon et l'envie que je revienne. Cette option a été confirmée hier par l'obtention homérique* d'un nouveau DS-2019.

Enfin, on devrait soumettre mon deuxième papier à Nature Materials la semaine prochaine ou en tout début d'année. Vu le bol que j'ai en ce moment, j'ai un peu peur d'être le chat noir, et comme, hormis si vous bossez avec un très grand ponte, il y a pour ces revues toujours un facteur chance qui dépend surtout de l'humeur de l'Editeur le jour J...
mais le papier est, je pense, bon, donc il devrait passer dans une bonne revue, même si ce n'est pas Nature Materials.
Mais si par bonheur le papier est accepté dans NM, ça devrait booster mon ego un peu flappi actuellement (et mon CV par la même occasion). 

Allez, bonnes vacances à tous et See Ya.

* l'histoire pourrait faire un article à elle seule, mais j'ai déjà parlé des bureaucrates en détail.
La personne en charge des histoires de visas pour le personnel étranger de la fac, que nous appellerons Nancy pour  préserver son anonymat, est fondamentalement assez gentille mais pas franchement très compétente, ses emails sont généralement imbittables, et il est assez difficile de la joindre autrement ou d'obtenir un rendez-vous.
Mon boss lui a envoyé un mail pour expliquer la situation et lui demander de me fournir un nouveau DS-2019 pour que je puisse revenir le cas échéant. Sa réponse, quasi-immédiate, nous a laissé perplexe même si nous avons cru comprendre qu'il y avait un problème. J'ai dit à mon chef de l'appeler, lui expliquant qu'il ne comprendrait jamais ses emails cryptiques et que la situation risquait de s'éterniser.
Il ne m'a pas vraiment cru et a préféré renvoyer un mail, resté sans réponse pendant 36h. Comme il est très occupé en ce moment et que, comme moi, il ne comprend rien aux subtilités administratives, il a fini par demander à une secrétaire assez compétente et efficace du département d'essayer de la contacter.
Après quelques minutes de discussion, le problème semblait sur le point de se régler, il fallait juste que j'appelle moi-même Nancy. Las, mon coup de fil a de nouveau complexifié la situation: les dates dont nous parlions respectivement ne coïncidaient absolument pas, pour une raison obscure.
Elle me demande de passer: je traverse le campus, température -10 degrés avec 30km/h de vent. Quand j'arrive elle me dit qu'en fait elle avait compris le problème: elle regardait le dossier de quelqu'un d'autre.
.............................................
Bon, ok, ce quelqu'un d'autre a le même prénom que moi et est également français, mais il n'a pas le même nom, il ne travaille pas pour mon chef ni même pour mon département, son visa n'a pas les mêmes dates, etc, toutes choses précisées dans les emails et au téléphone.
J'ai fini par avoir mon nouveau DS-2019 (et j'ai probablement indirectement permis au mec avec qui elle m'avait confondu de pouvoir revenir aux US après les vacances s'il en prend, dans la mesure où elle avait modifié la date de SON DS de Juillet 2010 à fin décembre 2009, sans qu'il soit au courant puisqu'elle croyait avoir modifié le mien...: la situation à l'aéroport aurait été assez cocasse je pense).
Maintenant je n'ai plus qu'à espérer que le personnel qui s'occupe des taxes ne va pas se mêler de ce qui ne les regarde pas (je crois que c'est en partie eux qui ont causé ce merdier pour, ce qui était une intention sympathique de leur part, m'éviter de me faire payer des taxes, que je devrais commencer à payer au premier janvier 2010, en raccourcissant mon DS de mi-janvier à fin décembre: mais bon, je préfère payer les taxes sur deux semaines de salaire que ne pas avoir ces deux semaines de salaire).
Je ne sais pas si tout est très clair, mais vous pouvez voir que j'ai occupé ma dernière semaine de boulot à des choses intéressantes.
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16 décembre 2009 3 16 /12 /décembre /2009 16:31
Je suis en train de lire un bouquin de D. Lodge, une collection d'essais de critique littéraire, fort intéressants, et qui s'intitule "Consciousness and the Novel" (non disponible en français à ma connaissance).

Dans l'un des essais "literary criticism and literary creation", Lodge écrit, à propos du travail de l'écrivain:
"Few modern novels take more than ten hours to read, but the novelist will work for hundreds, perhaps thousansds of hours to make the experience enjoyable and profitable, and most of those hours will be taken up with work that is essentially critical. It is not work that necessarily goes on at the writer's desk, but at all times and places: in bed, at the table, while showering or cooking, or walking the dog".

(Peu de romans récents prennent plus de dix heures à lire, mais le romancier aura travaillé plusieurs centaines ou milliers d'heures pour rendre l'expérience agréable et enrichissante, et la plupart de ces heures sont en fait du travail critique, de révision permanente. Ce travail n'est pas seulement effectué à son bureau, mais partout et tout le temps: au lit, à table, pendant qu'il se douche ou fait la cuisine, ou promène son chien.
Traduction pas très travaillée de Mix)

Rien de révolutionnaire dans ce propos, et concernant un écrivain, cela semble bien naturel: il est facile de concevoir que la "concision" du produit final est un leurre qui ne reflète absolument pas le labeur de l'écrivain (sauf dans le cas d'Amélie Nothomb ou de Dan Brown qui disposent de générateurs automatiques de romans). On comprend aussi aisément que le travail créatif ne se compte pas en heures de bureau, 9h-17h, mais que c'est un processus continu et fortement non-linéaire: comme le dit Lodge, un romancier ne s'arrête pas nécessairement de penser à son travail parce qu'il n'est plus devant son ordinateur ou sa machine à écrire, et de plus deux mois de labeur peuvent n'aboutir à rien alors que quelques heures pourront presque sans retouche devenir des pages clefs du roman final.

Bref, si on accepte assez facilement cette assertion pour les écrivains, et les artistes en général, il me semble qu'elle s'applique également assez bien aux chercheurs. Mais danc ce cas, la perception extérieure de ce fait apparaît beaucoup moins établie, popularisée par exemple par le malheureusement célèbre "des chercheurs on en trouve, des trouveurs on en cherche" de De Gaulle.

Modifiez quelque peu le texte de D. Lodge:
"Peu d'articles scientifiques prennent plus de quelques heures à lire et leurs résultats sont rarement révolutionnaires, mais le chercheur aura travaillé plusieurs centaines ou milliers d'heures pour obtenir puis comprendre ses résultats et les exposer de manière enrichissante pour la communauté et/ou les industriels, et la plupart de ces heures sont en fait du travail critique. Ce travail n'est pas seulement effectué au laboratoire, mais partout et tout le temps: à son bureau, à table, pendant qu'il se douche ou fait la cuisine, ou promène son chien."
Et vous aurez une description assez réaliste du travail de chercheur*.
Cela est surtout vrai dans le cas des "théoriciens" (De Gennes aimait bien raconter les circonstances anecdotiques pendant lesquelles il avait eu de bonnes idées), mais même dans le cas d'un expérimentateur un peu bas du front comme moi, cela s'applique: les expériences que je présente, que ce soit dans un papier ou une conférence, bref, les expériences qui marchent, ont souvent été réalisées en relativement peu de temps. Tout le travail en amont, qui consiste à mettre au point l'expérience qui va marcher, principalement par itération successive d'expériences qui échouent, puis à comprendre et analyser de façon pertinente les résultats obtenus, qui amènent à procéder à d'autres expériences etc, n'est pas vraiment montré. Ce travail, long et souvent fastidieux, n'est pas nécessairement effectué au laboratoire (j'ai eu des idées de manipes ou d'analyses en regardant un match de basket à 23h), et est aussi difficilement quantifiable de manière linéaire (on peut rester bloquer plusieurs semaines sur un problème et le débloquer en quelques heures suite à une illumination ou un coup de bol).
En général, on ne présente que ce qui est beau et lisse, pas ce qui a chié lamentablement un an avant de se débloquer, comme on ne dévoile pas qu'on a passé six mois à comprendre un résultat bizarre: pour prendre l'exemple de mon dernier papier, les expériences et analyses explicitement présentées sont le fruit de, grosso modo, deux mois de travail, même si j'ai, en tout, passé presque 18 mois sur le projet.
Souvent, comme le dit Lodge pour les écrivains, on prétend après coup que tout était calculé dès le début, et dans la communauté tout le monde fait plus ou moins semblant d'être dupe. 
Mais de même qu'un écrivain a besoin d'un premier brouillon médiocre pour arriver à une version définitive brillante, un chercheur a besoin de ces premières expériences foireuses ou de ces premiers modèles merdiques pour arriver à un résultat final satisfaisant. 

Il y a d'autres analogies intéressantes à faire, notamment celle qui explique que le résultat final, le roman publié (ou l'article scientifique, la thèse etc), de l'écrivain (du chercheur), est, du fait de ces corrections incessantes, fondamentalement extrêmement différent de l'idée initiale. Mais baste pour aujourd'hui.


* La petite adaptation a ses limites dans la mesure où elle pourrait laisser croire que publier est l'activité fondamentale du chercheur, dérive actuelle ("Publish or Perish") qui nous vient des US et n'est ni très enthousiasmante, ni forcément très bon signe quant à la qualité de la science en train de se faire. Mais bon, ne chipotons pas, l'effet reste selon moi assez saisissant.
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13 décembre 2009 7 13 /12 /décembre /2009 19:30
Ce blog a officiellement 4 ans aujourd'hui.

370 articles au compteur, 455 commentaires, 18000 visiteurs et 45000 pages vues, avec une augmentation substantielle des statistiques mensuelles ces derniers mois (passage de 20-25 visiteurs quotidiens à 30-35, et de 40-50 pages vues à 70-80: le jour où je comprendrai ce qu'est un flux RSS et comment référencer mon blog, je peux vous dire que je vais devenir un star du ouèb).

Rendez-vous dans quelques mois - même si entre vacances, auditions, et retour au bercail le rythme risque de se ralentir en ces pages pendant un certain temps - pour le passage des 400 articles, 500 commentaires, 20000 visiteurs et 50000 pages vues.

En attendant, il se passe des choses bien plus importantes dans le monde, comme les media s'en font l'écho: Tiger Woods est infidèle et Johnny est dans le coma...

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10 décembre 2009 4 10 /12 /décembre /2009 17:24
Il y a aux US un certain attrait pour ce qu'on appelle la Pretty Picture Science, dont le nom parle de lui-même (le phénomène existe aussi en France mais me semble un poil moins développé pour l'instant).
Ce qu'on fait ne sert pas forcément à grand chose, on ne comprend pas nécessairement bien ce qui se passe, mais le résultat est cool et on peut montrer des jolies photos. Si la photo montre un objet nanométrique et/ou biologique, et qu'on rajoute un titre à la con pompeux "poétique", c'est encore mieux, ça impressionne autant le citoyen lambda que le rapporteur scientifique qui va décider ou pas de vous attribuer un financement.

Il y a même plusieurs programmes récompensant les plus belles photos scientifiques, l'un d'eux ayant par exemple donné lieu à une exposition au Boston Science Museum l'été dernier.  

Cette année, comme je n'ai pas grand chose de plus intéressant à foutre et que je suis dans une phase où je me dis qu'un peu de pub, quelle qu'elle soit, ne peut pas me nuire, surtout quand elle me demande dix minutes de boulot, je participe.

Voici l'une des mes photos: pour l'instant, j'appelle ça "wrinkled sun" (soleil frippé).
C'est parfaitement dans la thématique du programme: ça ne sert probablement à rien et on n'est même pas sûr que la physique derrière est fondamentalement différente de phénomènes bien compris depuis 10 ans, mais c'est plutôt joli. Sans rentrer dans le détail de ce que c'est (sait-on jamais, des fois qu'on ait une bonne surprise et qu'on publie un papier là-dessus dans deux ans - en attendant vous pouvez toujours essayer de deviner), les couleurs sont artificielles, et le rayon du machin rond est de l'ordre de 150 micromètres.

visual-1-wrinkled-sun.jpg
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8 décembre 2009 2 08 /12 /décembre /2009 16:45
http://www.telegraph.co.uk/earth/copenhagen-climate-change-confe/6736517/Copenhagen-climate-summit-1200-limos-140-private-planes-and-caviar-wedges.html

Copenhagen climate summit: 1,200 limos, 140 private planes and caviar wedges

Copenhagen is preparing for the climate change summit that will produce as much carbon dioxide as a town the size of Middlesbrough.

On a normal day, Majken Friss Jorgensen, managing director of Copenhagen's biggest limousine company, says her firm has twelve vehicles on the road. During the "summit to save the world", which opens here tomorrow, she will have 200.

"We thought they were not going to have many cars, due to it being a climate convention," she says.
Ms Jorgensen reckons that between her and her rivals the total number of limos in Copenhagen next week has already broken the 1,200 barrier. The French alone rang up on Thursday and ordered another 42. "We haven't got enough limos in the country to fulfil the demand," she says. "We're having to drive them in hundreds of miles from Germany and Sweden."

And the total number of electric cars or hybrids among that number? "Five," says Ms Jorgensen. "The government has some alternative fuel cars but the rest will be petrol or diesel. We don't have any hybrids in Denmark, unfortunately, due to the extreme taxes on those cars. It makes no sense at all, but it's very Danish."

The airport says it is expecting up to 140 extra private jets during the peak period alone, so far over its capacity that the planes will have to fly off to regional airports – or to Sweden – to park, returning to Copenhagen to pick up their VIP passengers.
As well 15,000 delegates and officials, 5,000 journalists and 98 world leaders, the Danish capital will be blessed by the presence of Leonardo DiCaprio, Daryl Hannah, Helena Christensen, Archbishop Desmond Tutu and Prince Charles.

According to the organisers, the eleven-day conference, including the participants' travel, will create a total of 41,000 tonnes of "carbon dioxide equivalent", equal to the amount produced over the same period by a city the size of Middlesbrough (150000 habitants, NdMix).

 

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8 décembre 2009 2 08 /12 /décembre /2009 15:48
- Je rentre en France dans moins de 15 jours.
- Il me reste 9 jours de boulot.
- Projet 1 est fini, publié, et ses ramifications possibles sont gelées jusqu'à nouvel ordre.
- Projet 2 est bouclé expérimentalement, un draft complet a été écrit, on attend les retours de mon boss qui ne sont pas prêts d'arriver, entre ses proposals, ses voyages, ses meetings, ses teachings, et sa femme enceinte.
Les ramifications de projet 2 sont à l'état suivant:
- On sait que projet 2 bis marche, il faut "juste" faire les manipes et écrire le papier, ce qui peut aller vite mais soyons raisonnables, pas en 9 jours. Comme de toute façon je ne serai pas first author, je ne vais pas non plus me défoncer (désolé, l''amour de la science', ça va quand on a un boulot).
- Projet 2 ter est au stade exploratoire, avec des résultats curieux et potentiellement intéressants et exploitables. Là encore, il va pas se passer grand chose en 9 jours, et ce sont des choses que je pourrai éventuellement faire en France, l'équipement nécessaire étant on ne peut plus standard.
- L'ingénieur brevet vient "regarder" nos manipes concernant l''invention disclosure' une demi-heure la semaine prochaine.
- Toujours pas de nouvelles concernant l'audition de janvier.
- Pas de nouvelles non plus du groupe avec qui j'envisageais de candidater au CNRS.
- Pas de nouvelles non plus pour un post-doc en région parisienne début 2010.

Il y a quelques semaines, le "rien" dans tout cela me stressait beaucoup.
Maintenant que j'ai admis que le papier concernant projet 2 ne serait pas soumis (et donc encore moins accepté) d'ici la fin de l'année, et que rien concernant mon avenir ne se décantera avant janvier au bas mot, je suis plus zen. Ou blasé, selon. En gros, j'attends les vacances de Noël pour me goinfrer, picoler, et passer quelques jours les couilles dans la vaseline avec la famille. Il sera bien temps de stresser à nouveau après le Nouvel An.

Par contre, vu que la fin de séjour coïncide presque parfaitement avec la "fin" des projets scientifiques que j'ai menés ici, les journées ne passent pas bien vite. Préparer vaguement un dossier de candidature, des slides pour une présentation, retoucher des figures ou des paragraphes d'article, actualiser son CV etc, ça n'occupe que partiellement son homme, surtout quand la motivation n'est pas franchement au rendez-vous.
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4 décembre 2009 5 04 /12 /décembre /2009 17:37
Il y a des choses qui ne s'inventent pas.
La petite-fille de Jean-Marie Le Pen sera candidate pour le FN aux régionales.
Eh bien:
- Elle est étudiante en droit à Assas (pour ceux qui ne connaissent pas, la fac de droit d'Assas n'a que peu de points communs avec la fac de Nanterre).
- Son nom de famille est Maréchal.
...

http://www.lemonde.fr/politique/article/2009/12/04/la-petite-fille-de-jean-marie-le-pen-se-lance-en-politique_1276423_823448.html
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3 décembre 2009 4 03 /12 /décembre /2009 15:23
Un titre accrocheur, pas forcément en phase avec tout ce que je vais raconter, mais qui je l'espère va m'amener plein de lecteurs (j'ai suivi "Journalism 101" dernièrement).

En fait, tout a à peu près été dit ici par Nicholas Carr (avec Google au lieu de iPhone pour faire parler de lui, mais là aussi c'était plus général), et la, sous forme plus comique.

Il y a d'autres choses très justes (comme le fait de ne plus écouter d'album en entier ou la disparition de la pause déjeuner), mais l'essentiel est selon moi résumé ici:
- Memory: When almost any fact, no matter how obscure, can be dug up within seconds through Google and Wikipedia, there is less value attached to the "mere" storage and retrieval of knowledge.
- Dead Time: When was the last time you spent an hour mulling the world out a window, or rereading a favourite book? The internet's draw on our attention is relentless and increasingly difficult to resist.
- Respect of professionals: The proliferation of health websites has undermined the status of doctors (and other professionals), whose diagnoses are now challenged by patients armed with printouts.
- Privacy: We may attack governments for the spread of surveillance culture, but users of social media websites make more information about themselves available than Big Brother could ever hoped to obtain by covert means.
- Concentration

Je ne suis pas statisticien et je ne prétends pas que l'observation de dix personnes fait office de vérité générale (je ne suis pas un institut de sondages), mais d'après mon expérience personnelle et l'observation de mes con-citoyens, j'aurais tendance à croire que c'est assez vrai.
J'ai toujours eu des problèmes d'attention, mais j'ai l'impression que j'ai désormais plus de mal à me concentrer sur un bouquin, ou sur des analyses de données, un match de sport, et même sur un film quand je le regarde à la télé (c'est pour ça entre autres que je préfère aller au cinéma).
Je pense avoir une bonne mémoire, surtout des trucs les plus inutiles, mais il m'arrive de plus en plus de relire 3 fois en 4 jours la même page wikipédia parce que je n'ai rien retenu de l'information que je cherchais.
Quand je m'emmerde et que je n'ai rien à foutre, je vais de plus en plus devant Internet et de moins en moins devant la télé (ça c'est pas forcément trop grave), mais aussi de moins en moins derrière un bouquin (ça ça me mine plus).
Pour les deux autres faits, je ne me sens pas trop visé mais je suis assez persuadé de leur véracité.

Même si vous êtes d'accord avec moi, vous allez me dire "qu'est-ce que l'iPhone a à voir là-dedans, parce que tu causes que d'Internet, connard?".
J'y viens.
Les iPhone et autres GooglePhone, Blackberry, Smartmachin et je ne sais quoi ne font qu'amplifier le phénomène. Il y à peine deux ans, on se contentait de se décérébrer au boulot ou chez soi, en tout cas pas loin d'un bureau. Avec ces petites merdes de 20cm2, on peut être connecté en permanence, dans son bain, aux chiottes, au resto, dans son pieu, n'importe où. Et quand on peut facilement, on ne se prive pas, j'en ai la démonstration sous les yeux en permanence.
Dans le bus tous les matins, la moitié des blaireaux sont en train de doigter leur substitut pénien ou clitoridien (remarque, ça fait toujours ça de moins qui n'est plus en train de brailler sa vie privée au téléphone: maintenant, ils twittent, c'est plus silencieux). Mon chef ne peut pas s'empêcher de checker ses emails toutes les 20 minutes en group meeting. Mais je crois que le pire, c'est au restaurant: je vois de plus en plus de couples chacun sur leur iPhone dès qu'ils attendent un plat. Ou d'abruti qui se fait un petit coup de Google dès que sa moitié part pisser. Si encore c'était un déjeuner d'affaires avec un casse-burnes... mais pendant un dîner romantique, franchement, ça me fait peine. Idem les dernières fois que je suis allé au pub: toujours un ou deux gars à la table qui se mettent à surfer pendant que le reste discute et boit des bières.

Dans quelques dizaines de génération, si l'Homme est encore là, je l'imagine bien muet, avec un cerveau ne permettant que la mémoire immédiate (comme le poisson rouge), et muni d'un index et de pouces surdéveloppés (l'adolescent ricain moyen est déjà à 100 mots/minute en mode texto).

Voila. C'était ma petite minute mensuelle passéiste, "c'était mieux avant même si j'étais pas là avant". Et j'aimerais bien savoir ce que glandaient les thésards quand internet n'existait pas. Moi, en attendant les retours sur mon draft et le meeting de cet aprèm, je vais aller consulter lequipe.fr.
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1 décembre 2009 2 01 /12 /décembre /2009 03:53
Ce week-end, nous avons vu Precious (une obèse de 16 ans violée par son père séropositif et enceinte de son deuxième enfant, le premier étant mongol, battue par sa mère et en échec scolaire) puis The Road (dans un monde post-apocalyptique où les animaux ont disparu et la plupart des survivants humains sont devenus cannibales, un père et son fils tentent de survivre après que la mère désespérée s'est suicidée).
Comme en plus le concert de John Fogerty était un peu décevant (le concert lui-même était plutôt bon, mais le public à la moyenne d'âge digne du public des Chiffres et des Lettres était bien amorphe et m'a un peu empêché de rentrer dans le show), vous comprendrez qu'on avait besoin de se remonter le moral.

Et, ce n'était pas nécessairement prévu, mais nous avons passé un excellent moment chez Sensing.
Sensing est la "chaîne" de Guy Martin, le chef du Grand Véfour. Le Grand Véfour a perdu sa troisième étoile Michelin l'an dernier, Guy Martin passant visiblement plus de temps à étendre ses activités qu'à superviser la cuisine de son restaurant phare.
Qu'on ne se méprenne pas, je ne fais pas ici la pub de Guy Martin, qui d'une part n'a pas besoin de moi, et qui d'autre part ne m'inspire pas vraiment confiance avec sa chaîne de sandwichs sous vide à 13 euros Miyou (mon côté plouc sans doute, mais je préfère un club frais à la boulangerie du coin pour 4 euros, même s'il n'y a ni foie gras ni chutney de mangue dedans).

Par contre, je recommande chaudement aux Bostoniens ou aux foodies passant dans le coin d'aller visiter son spin-off, ne serait-ce que parce que le chef Gérard Barbin, dont c'est la première expérience en tant que "head chef", est sympa et plutôt doué, et que le chef de salle Guillaume ainsi que tous les serveurs sont impeccables. Et parce que l'aventure ne va peut-être pas durer éternellement (voir plus bas).
Les grands chefs entrepreneurs, Ramsay, Ducasse ou Robuchon, s'installent plutôt à New-York, Las Vegas ou Los Angeles. Lorsque Martin a choisi Boston pour sa première expérience américaine, la presse locale et les bostoniens - toujours un peu en mode compète face aux new-yorkais- n'en pouvaient plus. Las, les premières critiques du restaurant ont été plutôt moyennes, et, toujours méfiant des "machin présente", j'avais fini par me dire qu'y aller ne valait pas le coup. 
Et puis, un an après, les gens y sont retournés, ont trouvé que ça s'était suffisamment amélioré pour en refaire une critique, le restaurant est apparu dans divers classements locaux etc, et j'ai eu de nouveau envie d'y faire un tour.
Mes semaines dans la région étant comptées, il s'agissait de ne plus lambiner.

Samedi soir, 20h, le resto n'était pas plein, environ 1/3 des places étaient vides. Pourtant, la salle est déjà bien aérée (ce qui n'est d'ailleurs pas désagréable aux US où même dans les restos haut de gamme l'espace est souvent plus rentabilisé que dans les troquets parisiens).
Nous avons opté pour le menu dégustation, que je définirai comme le meilleur rapport qualité-prix de la ville: 75 dollars le menu itself, pour 6 mises en bouche ("teasers", en fait presqu'un plat à part entière), 1 entrée, 1 poisson, 1 viande, 1 dessert. L'accord mets-vins (rien d'exceptionnel mais très correct, 1 verre de champagne, 2 verres de blanc, 1 verre de rouge, 1 petit verre de vin à dessert) rajoute une trentaine de dollars: avec le café, les taxes, et un généreux pourboire, nous en avons eu pour 140$ tête, quand même 100$ de moins que No9 Park et consorts. Certes, c'est un cran en-dessous, mais peut-être pas tant que la différence de prix ne le laisserait penser.
Les plats qui nous ont été servis étaient tous des plats de la carte, par contre nous avons Priscilla et moi eu chaque fois chacun un plat différent, ce qui en partageant nous a permis de découvrir à peu près l'ensemble du menu.
Les 6 mises en bouche sont une idée plutôt chouette, et la réalisation est presque à la hauteur (une huître bien assaisonnée, une très bonne mini-pizza, un macaron à la betterave surprenant, une excellente crême brûlée aux champignons, seules la croquette de fromage-tomate confite et la soupe de potiron au café étaient un peu bof). Les entrées étaient inégales (raviolis à la chataîgne secs et fadasses, mais très bon velouté de rutabaga à la figue et au comté). Les plats de poisson étaient eux influencés thaï, avec les poissons eux-mêmes un peu fades mais les sauces et accompagnements remontaient le niveau. Les plats de viande par contre furent tous deux très chouettes: une joue de veau braisée avec des haricots coco, et une bonne pièce de boeuf avec une béarnaise, simple mais efficace. Très jolis desserts - le chef, passé par Hermé, semble aimer travailler le sucré-, et très bon dans le cas du citron-yuzu (moins dans le cas de la tatin à la citrouille - mais la citrouille, très employée ici dans les desserts ou même dans la bière, n'est pas vraiment ma tasse de thé).

L'ensemble s'est avéré un peu inégal donc, mais avec plus de hauts et quelques très hauts que de bas. Et puis tout le monde était très gentil, ne nous a pas pressé alors que nous étions la dernière table, nous avons donc passé un excellent moment. Guillaume, alsacien sur Boston depuis 7 ans, nous a offert une petite assiette de fromage bien sympathique avec deux verres de vin italien, une attention fort aimable qui explique en partie cette petite plage publicitaire (comme pour chez Albert à Amherst, où j'avais été acheté par une coupe de champagne et un dessert: je ne coûte pas bien cher en valeur absolue, mais en investissement pur, avec mes 12 lecteurs français, je ne suis pas franchement une bonne affaire).

Je leur fais de la pub (et donc indirectement à Guy Martin aussi) parce que je pense que le business ne va pas très fort, et que je ne pense pas que ça soit mérité. Plusieurs facteurs probablement: des premières critiques bof, des deuxièmes meilleures mais trop tard, surtout dans un contexte économique où pas mal de gens réfléchissent à deux fois avant d'aller claquer 100 ou 200$ au resto. Un resto d'hôtel. Un coin un peu paumé de Boston (la jetée) où on passe pas vraiment par hasard, et où les autres restaurants présents, majoritairement des chaînes de seafood plutôt bofs, ne favorisent pas le passage des gourmets.
Ils font des offres spéciales, réductions et autres, tous les jours de la semaine, mais je ne sais pas si ça sera suffisant. Après tout je peux me tromper et peut-être que tout va très bien, mais... J'espère que Barbin - qui a pris le temps de venir saluer toutes les tables - réussira.
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Published by mixlamalice - dans La vie de Mix
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