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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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  • Misanthrope optionnellement misogyne et Esprit Universel.

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5 novembre 2009 4 05 /11 /novembre /2009 22:32
Un beau jour, un très bon groupe de rock, qui jusque là se contentait d'écrire de bonnes chansons, parfois "engagées" mais à un degré raisonnable, s'est mis à avoir un succès tel qu'une melonite aigüe s'est emparée d'eux. Enfin, surtout de leur chanteur (et un peu du guitariste aussi).

Depuis, on ne peut pas dire que leurs productions musicales soient vraiment intéressantes, même s'ils restent capables de sortir une chanson potable de temps à autre. Leurs productions scéniques sont elles assez lamentables d'un point de vue musical - le chanteur a désormais du mal à pousser-, même si le spectacle mégalomaniaque peut valoir le coup d'oeil.

Je leur pardonnerais bien volontiers leur médiocrité artistique actuelle, tant il est vrai que tout artiste connaît des pics de créativité et que dans le domaine du rock, ce pic se produit rarement à l'approche de la cinquantaine.
Oui mais voilà, je ne supporte pas ce côté prêcheur, artiste engagé. N'importe quel groupe de musique qui parle politique ou économie quand on lui demande de chanter a tendance à me gonfler. N'importe quelle pseudo-star qui vient montrer son émotion à tous les téléphages en chantant gratos pour la bonne cause tout en logeant, gratos aussi, au palace du coin me crispe. Je trouve que ces gens-là sont dans une position assez facile: quand on a beaucoup de pognon et de temps, donner un peu des deux* n'est pas bien difficile, et pour un grand nombre d'entre eux cela me semble simplement et avant tout un moyen facile d'étaler sa bonne conscience deux fois dans l'année pour plaire au public. Je préfère ceux qui agissent vraiment et ferment leur gueule, mais je crois qu'au bout du compte, je préfère même les égoïstes profonds qui eux aussi ferment leur gueule plutôt que ces semi-hypocrites suintants de mièvrerie. 
Cela dit, ce connard dont chaque boucle d'oreilles vaut le budget de fonctionnement d'une ONG de taille respectable qui passe la moitié d'un concert à haranguer la populace, qui s'est fendue de tickets à prix prohibitifs dans l'espoir vain d'entendre de bonnes chansons, pour lui demander d'envoyer des textos à 10 dollars pour sauver le Malawi, pousse les choses à un extrême répugnant.

Outre le fait qu'économiquement et socialement, ce genre de démarches a une utilité contestée (voir par exemple les thèses de Dambisa Moyo), j'exècre cette posture de bon samaritain donneur de leçon, qu'elle soit hypocrite ou sincère.
Ce chansonnier fait couler des lingots d'or dans la piscine de sa villa au Cap-Ferrat, fait construire pour la tournée de son groupe la scène la plus grande et la plus chère jamais édifiée, fait partie d'un club de "rich and famous" dont le droit d'inscription annuel est de 25000$ etc etc.
S'il fait ça pour qu'on voit sa gueule à la télé, c'est insupportable de cynisme. S'il est sincère, il est complètement déconnecté de la réalité: ferme un peu ta gueule et va sur le terrain, si possible pas pour deux heures avec 40 journalistes et cameramen à tes basques, ou file ton pognon plutôt que de le foutre au fond de ta piscine et de chanter gratos - oh la belle âme- des chansons dont les bénéfices sont reversés à l'association " trouvons un petit nenfant noir pour les stars du show-biz dont le chihuahua est récemment décédé".

Vous connaissez peut-être pas la dernière: le groupe donne un concert gratuit à Berlin pour les 20 ans de la Chute du Mur. En partenariat avec MTV. Eh ben, vous savez quoi? Pour empêcher que ceux qui n'ont pas de ticket puissent y assister, ils vont...
...
construire un mur.
...

Et tout le monde lui suce la bite. Je vais aller vomir et relire Desproges.

Et puis après, je pars pour New-York où je vais voir Springsteen, un autre artiste engagé mais qui au moins semble se contenter de le faire hors de la scène, sans trop la ramener, et avec un côté un peu plus populo.



* et encore, le plus souvent ce n'est que du temps. Et pas du "vrai" temps sans contrepartie, non. Du temps pour l'enregistrement d'une émission télé, e.g. de la pub gratos.
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3 novembre 2009 2 03 /11 /novembre /2009 17:33

Le français moyen ne se rend pas toujours compte à quel point la politique est un métier difficile qui engendre de grandes douleurs. Heureusement, une enquête du Monde nous fait partager ces moments terribles:

http://www.lemonde.fr/politique/article/2009/11/03/le-club-des-ex-du-gouvernement_1262049_823448.html#ens_id=1257667

Quelques extraits. Attention, éloignez les enfants et autres âmes sensibles, les images de la Nouvelle-Orléans après Katrina, à côté, c'est rien:

"Yves Jégo, ayant perdu son ministère, doit faire au plus vite faire ses valises... et les porter. "Le maître d'hôtel, tellement obséquieux la veille, vous fait comprendre avec un dédain appuyé que vous ne faites plus partie de la maison." Locataire avant son emménagement au ministère, la famille Jégo doit se résoudre à vivre à l'hôtel pendant six semaines, le temps de rechercher un toit. "J'ai fini par trouver un appartement, mais, la cuisine n'étant pas équipée, j'ai passé mon été chez Ikéa."
"

Obligé de porter ses valises, aller chez Ikea, terrible déchéance, sans doute impossible à mesurer clairement pour ceux qui n'ont jamais vécu ça. On ne le souhaite à personne.

"
Mme Boutin n'a toujours pas saisi pourquoi elle a dû partir. "Je n'ai pas eu de réponse. Juin a été une souffrance énorme. J'ai compris que lorsqu'il arrive quelque chose de dramatique, comme un avion qui s'écrase, une part de la douleur des familles est liée à l'absence de réponse à cette question : pourquoi ?"
"

Ne plus être ministre, c'est un peu comme perdre sa famille dans un accident d'avion. D'aucuns trouveraient la comparaison osée, mais baste, n'ayons pas peur des mots.

"
Mr Karoutchi: "Le 24 juin, j'en ai vu d'autres commencer à se plaindre, moi non, je n'ai pas bougé."
"

Enfin, heureusement que, comme dans toute crise terrible, il y a des courageux, des stoïques comme Mr Karoutchi.

Se pose ensuite le douloureux problème de la reconversion pour ces personnes d'âge mûr. C'est la galère qui commence pour retrouver son siège de député, responsable de parti ou conseiller général. Les plus démunis doivent quitter la carrière et devenir avocat ou membre de conseil d'administration. Sans doute plus de détails dans un prochain reportage tire-larmes. 

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3 novembre 2009 2 03 /11 /novembre /2009 04:16
Mon chef ricain désirant que je reste quelques mois, et vu que je n'ai pour l'instant rien qui m'attend en France, je commençais à me faire à l'idée de revenir après les fêtes de fin d'année, jusqu'aux environs de mars, espérant que les deux-trois mois de rab me laisseraient le temps de trouver un point de chute.

Or, il se trouve que je viens d'apprendre que l'audition pour le poste auquel je postule se fera probablement en janvier. Mon visa expirant mi-janvier, je ne pourrai pas retourner aux US - tout au moins pour y travailler- si l'audition est après cette date.
Vous me direz que rien ne dit que je serai auditionné, mais bon, sans avoir le melon, je ne vais quand même pas tout miser sur un échec.
Vous me direz que je pourrai refaire un visa, mais ça va encore prendre au moins deux semaines, me coûter 300 euros, et avec 2 semaines de perdues sur 2 mois, ça commence à devenir moins intéressant pour mon chef (et un peu pour moi aussi). Tout ça c'est un peu un acte manqué: l'an dernier quand j'ai du refaire mon visa, la responsable de la fac m'avait demandé si je le voulais pour deux ans. A cette époque là, ma recherche ne marchait pas fort, ma vie sociale dans le Western Mass n'avait pas de quoi faire rêver, et globalement, j'avais suffisamment envie de rentrer au pays pour ne pas envisager une seconde l'idée de faire une troisième année ici. Je lui ai donc dit "non non c'est bon ouhlala", et maintenant je l'ai dans l'os, alors que la perspective de rester me paraît largement plus sympathique (surtout quand je la compare à ce qui ne m'attend pas au pays).

Bref, on s'oriente vers une rentrée définitive pour Noël, et parti comme c'est, à moi les joies du RMI et de la chambre d'amis chez papa-maman. Remarque, 2-3 mois ça peut être sympa, il y a pas mal de nouveaux restos qui ont l'air sympa qui se sont ouverts récemment sur la côte.

N'empêche que du coup, ça arrive vite, et entre le papier et le brevet à écrire, les dernières manipes à essayer d'au moins mettre en place, la bagnole à revendre, les affaires à déménager, trouver un aller simple à un prix pas prohibitif et la paperasserie qui s'annonce pour les impôts, l'assurance, le permis, en attendant la française... je sens déjà le stress monter. En plus, il va falloir se faire à l'idée de vivre 6 mois à 6000 bornes de Priscilla.
Des nuits difficiles et des matins qui chantent en perspective avec une sensation d'oppression un peu désagréable, et pour vous lecteurs des semaines arides, de longs silences entrecoupés d'articles parfaitement inintéressants et pleurnichards à propos de ma vie qu'elle est dure, qui s'annoncent.

Vivement vendredi matin, aller jouer au wealthy people à New-York pendant quatre jours, ça me détendra peut-être.

Et pour contribuer à ma décrispation, si des potes passent par là et ont des plans pour le Nouvel An à me faire partager, à votre bon coeur.
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28 octobre 2009 3 28 /10 /octobre /2009 14:25

Plutôt qu'une réflexion, deux interrogations au sujet de l'"affaire" Jean-Jean et de la douche à 200000 euros. Comme disait un pote, ça laisse toujours un goût amer. Ou bien une petite démangeaison anale. Mais surtout:

- Je me demande en fait si ce genre d'"abus de pouvoir", "népotisme", "abus de bien sociaux" ou whatever, s'est vraiment multiplié. Je n'en suis pas sûr: je pense que ce sont plutôt les sources d'informations qui ont été décuplées. Les media alternatifs, qui certes racontent aussi beaucoup de conneries, ont sans doute quand même contribué à sortir un peu le journalisme français de sa léthargie.
Auparavant, seul le Canard sortait ce genre d'affaires, et le Canard n'est pas un journal qui a l'ambition d'être un redresseur de torts: ça faisait rire (jaune) les mauvais esprits, les politiques jouaient aux vierges effarouchées. Les autres media se contentaient souvent de relayer l'info en bas de page six mois plus tard quand elle se trouvait confirmée.
Désormais, certains journaux en ligne (Rue 89 etc) ou blogueurs aiment fouiller la merde faire leur boulot (pour la douche, ça voulait dire lire le rapport de la Cour des comptes) et sont plus engagés dans le "combat politique".

- L'autre hypothèse, c'est que ce genre de frasques se fait maintenant au vu et au su de tout le monde, façon "décomplexée": il n'y a pas de honte à être politique et kiffer sa life, la politique est une carrière lucrative au même titre que le showbiz ou les affaires, et plus un sacerdoce depuis un bail. Du coup, même pas besoin que les journalistes aient besoin de fouiller, tout est là sous nos yeux, ça a commencé le soir des élections au Fouquet's. J'ai l'impression qu'il n'y a pas si longtemps - quand j'étais gamin -, quand les politiques se faisaient construire une piscine aux frais du contribuable, ils se cachaient un petit peu. Aujourd'hui, tout ça se fait avec moins de peur ou de gêne et plus de sourire façon "oui on vous encule se fout de votre gueule,et alors?".
Dans l'ensemble, ils auraient tort de se gêner: quand ils nous prennent le bras et que ça devient trop gros, ils nous rendent généreusement un doigt et font passer ça pour du "courage politique".

Il te ressemble ; il est terrible et pacifique.
Il est sous l'infini le niveau magnifique ;
Il a le mouvement, il a l'immensité.
Apaisé d'un rayon et d'un souffle agité,
Tantôt c'est l'harmonie et tantôt le cri rauque.
Les monstres sont à l'aise en sa profondeur glauque ;
La trombe y germe ; il a des gouffres inconnus
D'où ceux qui l'ont bravé ne sont pas revenus ;
Sur son énormité le colosse chavire ;
Comme toi le despote il brise le navire ;
Le fanal est sur lui comme l'esprit sur toi ;
Il foudroie, il caresse, et Dieu seul sait pourquoi ;
Sa vague, où l'on entend comme des chocs d'armures,
Emplit la sombre nuit de monstrueux murmures,
Et l'on sent que ce flot, comme toi, gouffre humain,
Ayant rugi ce soir, dévorera demain.
Son onde est une lame aussi bien que le glaive ;
Il chante un hymne immense à Vénus qui se lève ;
Sa rondeur formidable, azur universel,
Accepte en son miroir tous les astres du ciel ;
Il a la force rude et la grâce superbe ;
Il déracine un roc, il épargne un brin d'herbe ;
Il jette comme toi l'écume aux fiers sommets,
Ô peuple ; seulement, lui, ne trompe jamais
Quand, l'oeil fixe, et debout sur sa grève sacrée,
Et pensif, on attend l'heure de sa marée.

Victor Hugo, les Châtiments, Au Peuple.

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26 octobre 2009 1 26 /10 /octobre /2009 22:51


Comme le titre l'indique, j'ai en rab deux tickets pour le concert du Boss avec le E Street Band au Madison Square Garden de New-York, le samedi 7 novembre 19h30.

J'y vais déjà le dimanche, et en accord avec mes partenaires de concert, on va plutôt aller dépenser une semaine de salaire chez Robuchon le samedi soir. 

Donc je souhaiterais les revendre au prix d'achat: 230$ les deux places.
Le Boss, c'est du classique en veux-tu en voilà et 2h30 de concert au bas mot. Dans une salle mythique.
Les places sont derrière la scène ouverte, section 320, rangée D: je pense qu'on doit voir plutôt pas mal même si, forcément, niveau ambiance on doit perdre un peu (mais c'était la ruée 4 minutes après la mise en vente, j'ai pas choisi): 
http://www.thegarden.com/seating/index.html 

J'ai déjà mis les places en vente sur StubHub, mais deux précautions valant mieux qu'une: si vous êtes sur Boston, dans le Mass, ou sur New-York et que ça vous intéresse, contactez-moi à 
mixlamalice@hotmail.com 
N'hésitez pas à faire circuler si vous avez des potes rockers.
Ceux qui veulent spammer cette adresse, vous gênez pas, c'est déjà là qu'atterissent les mails du Nigéria. 


Hi,

I am selling two tickets for the Bruce Springsteen & the E street band show at the Madison Square Garden in NYC, on Saturday the 7th of November.
I can't go and just want to get my money back: 230$ for the two tickets, section 320 row D.
Contact me if you're interested at mixlamalice@hotmail.com to set up a meeting (cash only) in the Boston or Western Mass or NYC area.
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26 octobre 2009 1 26 /10 /octobre /2009 15:51
Je lisais hier un article du Boston Globe où l'auteur, à l'occasion du match de foot américain joué à Londres ce week-end, s'étonnait quelque peu de l'anonymat de Tom Brady en Europe.

Pour ceux qui l'ignorent, Tom Brady est le quaterback des New England Patriots, peut-être la meilleure franchise de NFL de ces 10 dernières années (en concurrence avec les Pittsburgh Steelers).
Aux US, c'est une icône nationale, même pour les non-fans de cette équipe: une espèce de croisement entre David Beckham, pour le côté beau gosse métro sexuel qui sort avec une bonnasse (Gisèle Bundchen), et Zinedine Zidane pour le côté gendre idéal un peu timide voire lisse (sans les épisodes coup de boule et essuyage de crampons).
Dans un sport où la plupart des stars sont plutôt connues pour se flinguer dessus, organiser des combats de chien ou prendre comme nom son numéro de maillot, c'est plutôt rafraîchissant.

Oui mais voilà, le foot américain, comme le base-ball, le rodéo ou encore le NASCAR, en Europe, tout le monde s'en branle. Et donc, ces sportifs sont peut-être aux US des multimillionnaires adulés, mais sont des inconnus dans le Vieux-Monde.

Ce qui me fait réagir, c'est plutôt le fait qu'un journaliste s'en étonne au point de pondre un article sur le sujet: que plusieurs journaux anglais ne parlent pas du tout du match, que d'autres ne le mentionnent que sur 10 lignes contre 10 pages pour le "soccer", et que certains journalistes osent même se moquer du sourire ultra-brite de Brady a vraiment semblé défriser notre pauvre homme.
Pourtant, quel éditorialiste en France publierait une tribune sur le fait que Johnny a du mal à remplir une salle de 1000 personnes à Las Vegas alors qu'il fait le Stade de France les fingers dans le nose (à part pour s'en gausser)?
Pourtant, que par exemple Lionel Messi soit adulé par 4 milliards de personnes alors que l'américain moyen pensera qu'on lui parle du cousin de Jésus n'a donné lieu à aucun edito de ma connaissance.

Tout est affaire de perception, et je peux me tromper, mais j'y vois une certaine arrogance typiquement américaine - par typiquement j'entends qui va au-delà des clivages socio-politico-culturels, id est qui ne s'applique pas qu'aux bouseux du Midwest, mais aussi aux progressistes bobos de New-York ou de la Californie.

Un peu de clichés pas exempts de vérité:
Les français sont souvent arrogants sans doute parce qu'ils souffrent d'un léger syndrome "roi déchu": conscients que le rayonnement de la France n'est plus qu'un lointain souvenir, mais y croyant toujours un peu quand même. On a tous un peu de gascon en nous.
Beaucoup de ricains sont arrogants parce qu'eux sont au fond un peu persuadés qu'en dehors de leurs frontières et de leur culture, il n'y a finalement pas grand chose. Du sang de cow-boys coule en eux.
Et donc ils ne peuvent s'empêcher d'être étonnés quand ils se rendent compte que les films de Miley Cyrus, les disques des Jonas Brothers, les livres de David Sedaris, les exploits d'Alex Rodriguez ou Burger King ne reçoivent qu'un intérêt limité, pour ne pas dire inexistant, hors de leurs frontières*.


* Je me rappelle une discussion récente avec ma propriétaire au sujet du film sur la vie de Julia Child, la cuisinière américaine qui a contribué à la popularisation de la cuisine française aux US, avec des émissions un peu dans la veine de la cuisine de Maïté. Elle avait du mal à comprendre que Julia Child était à peu près inconnue chez nous, tout simplement parce que ses émissions n'étaient pas diffusées: qu'une américaine vienne nous expliquer notre cuisine ne l'aurait pas étonnée plus que ça, en fait.
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23 octobre 2009 5 23 /10 /octobre /2009 19:13
Prédictions pour les présidentielles:

- 2012: N. Sarkozy
- 2017: J-F. Copé
- 2022: X. Bertrand
- 2027: J. Sarkozy
- 2032: J. Sarkozy
- 2037: L. Sarkozy
- 2042: L. Sarkozy

S. Royal célèbrera sa victoire ou celle du PS après chaque élection.
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23 octobre 2009 5 23 /10 /octobre /2009 01:02
Après le gamin dans un ballon qui finalement se planquait dans le grenier pour que papa-maman puissent passer à la télé, une autre affaire de premier plan secoue l'Amérique.
Et moi aussi, de rire (désolé, ce n'est pas très charitable surtout si ce n'est pas un autre canular).



Avouez que c'est quand même autre chose que l'affaire J.S.

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22 octobre 2009 4 22 /10 /octobre /2009 21:15
Parce que vous en avez marre de me lire pleurer sur mon sort tel un footballeur "réduit en esclavage par son club", et parce que ça fait longtemps que je n'ai pas alimenté ma catégorie artistique, je souhaiterais parler ici d'un livre que j'ai lu récemment, Les aventures d'un gourmand vagabond, par Jim Harrison.

Je dois avouer que le roman et le recueil de nouvelles que j'ai lus de lui (Un bon jour pour mourir et Légendes d'automne, respectivement), ne m'ont pas tourneboulé plus que ça. Le côté contemplatif et nature sauvage de l'Ouest américan qu'on peut retrouver chez McCarthy n'est juste pas spécialement ma tasse de thé.

Cela dit, j'ai eu l'occasion de lire ou de voir quelques interviews du Monsieur, et son côté intellectuel bon vivant qui se prend pas trop au sérieux m'avait plu. Et étant moi-même un amateur de bonne chère (non, "épicurien" ce n'est pas ça) je voulais donc lire ses écrits à ce propos.

L'ouvrage est en deux parties: l'une, un peu répétitive et qui finit donc par être lassante, est une compilation de chroniques publiées dans je ne sais quel journal. entre 1992 et 1993.
La seconde partie, plus exaltante, comprend plusieurs récits d'aventures gastronomiques à Paris, New-York et ailleurs, ainsi qu'une correspondance avec Gérard Oberlé, écrivain français et camarade de "débauche", et un petit article ayant pour sujet le pinard.

Jim Harrison, comme beaucoup d'américains lettrés, bons vivants et relativement fortunés a une vision très idéaliste, très romantique, de la France et un peu aussi des français. C'est agréable à lire, mais aussi assez amusant car pas toujours à l'abri du cliché. Mais à tout prendre, je préfère ces américains aux français qui idéalisent de la même façon l'Amérique (carriéristes aux dents qui rayent le parquet et obsédés par la réussite individuelle, surtout pécuniaire)*. 
Au-delà de ça, j'ai franchement apprécié de me balader avec le gros Jim à Paris et à New-York, de suivre ses libations chez Marc Meneau à Vezelay, à l'Ami Louis, Taillevent ou chez Lulu à Paris, la Maison de Bricourt de Roellinger à Cancale, au Babbo de Batali à New-York, avec Oberlé, Coppola ou DeVito, bref, dans tous ces restaurants qui sont toujours là 10-15 ans après et où j'aimerais aller un jour. J'ai reconnu, petit plaisir de l'amateur pas éclairé qui se dit que peut-être il n'est pas si nul qu'il ne le croit, quelques uns des vins qu'il sirote au fil des pages (Vieux-Télégraphe, Domaine Tempier...). Et j'ai salivé en pensant aux dîners qu'il se concocte avec ses potes dans sa maison du Michigan, à base de gibier fraîchement chassé et de vieilles bouteilles...
Je me suis marré aux évocations des joggers obsédés par leur ligne que Jim croise lors de ses marches matinales avant son petit déjeuner (bacon, patates, truite etc), j'ai opiné tristement en constatant que le "slow food", chose naturelle il y a 50 ans pour les pauvres était désormais un "concept" et un "plaisir de riches" etc. 

Bref, un livre où il y a à boire et à manger (ah ah), sur l'amitié, la bouffe, le plaisir, entre poésie et crudité (ah ah ah) pour le prix d'un menu best-of. Si j'ai la motivation ce soir, je copierai quelques aphorismes tirés de l'ouvrage, il y en a qui valent le coup.

J'ai envie maintenant de lire En Marge, les mémoires du vieux Jimi. 


Puisque j'en suis à parler littérature, je n'ai pas trop avancé dans ma fameuse liste, car je me suis surtout adonné à mon équivalent littéraire de ce qu'on appelle la comfort food: des écrivains que j'aime bien, principalement anglais (Lodge, Amis), quelques romans académiques (Straight man de Russo, actuellement Moo de Smiley), etc: le genre de livres dont je sais qu'ils ne vont pas me prendre la tête, n'étant pas particulièrement d'humeur à ça en ce moment.  
J'ai également terminé récemment la Défense Loujine de Nabokov, livre de sa "période russe". Après avoir lu quelques romans de cette période, je dois avouer que je préfère les romans de la "période américaine". Outre le fait qu'on ne peut qu'admirer qu'un écrivain reconnu choisisse de se réinventer en écrivant dans une nouvelle langue, apprise sur le tard, je trouve ces romans plus novateurs, sur le plan du style (métafiction dans Feu Pâle) ou du sujet ("roman académique" avec Pnin, Lolita...). Les romans russes sont plus "classiques" dans tous les sens du terme, hormis peut-être "Invitation au supplice", l'un de ses derniers romans avant l'exode américain, auquel je n'ai pas accroché.
Je dois avouer que je me demande - et visiblement je ne suis pas le seul- pourquoi Nabokov, qui a franchement contribué à modifier les conventions littéraires et influencé bon nombre d'écrivains contemporains, n'a jamais décroché le Nobel (donné favori en 1974, le prix est attribué à deux obscurs suédois, membres du jury...).

Pour conclure sur une petite touche plaintive quand même, j'ai appris avec tristesse que selon Philip Roth, je ne suis pas un "vrai lecteur", grosse blessure à mon ego. " (les) lecteurs, concentrés, attentifs, qui lisent un roman deux à trois heures par nuit, trois nuits par semaine au moins. Ce qui s’appelle lire. Car si ça traîne des semaines, la concentration s’évapore et c’est fichu. Un lecteur, c’est quelqu’un qui peut en parler autour de lui, qui est capable de tout mettre de côté pour rentrer chez lui afin de poursuivre sa lecture et qui ne ne fait rien d’autre pendant qu’il lit”. 
Il ajoute, avec un petit côté "c'était mieux avant", quelque chose du genre "les vrais lecteurs sont une espèce en voie de disparition".
Et bon, je vis dans le pêché Père Philip: je ne lis qu'environ une demi-heure par jour, et rarement plus d'une demi-heure d'affilée (mais tous les jours, par contre), du coup je mets quand même souvent deux semaines à finir un roman de 400 pages.
J'admets aussi humblement qu'ayant un boulot pour lequel je suis payé, je ne suis pas "capable de tout mettre de côté pour rentrer chez moi afin de poursuivre une lecture".
Parfois quand même je passe une demi-heure planqué aux chiottes, on fait ce qu'on peut. Et puis j'ai du mal à lire avec de la musique, cela suffit-il pour ma rédemption?

* Ce paragraphe n'est lui non plus pas à l'abri du cliché.
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19 octobre 2009 1 19 /10 /octobre /2009 16:49
La semaine dernière a été plutôt bénéfique à mon ego malmené depuis quelques temps par une pré-"crise" du trentenaire (expatrié, vivant à 200 bornes de sa douce, pas de boulot stable, perspectives d'avenir pour le moins floues, compte en banque peu fourni, mais qu'est-ce que j'ai fait d'ces années, tout ça: quand je me mets à citer Patrick Bruel, l'heure est grave).

Ainsi, mon premier article de post-doc a été accepté sans coup férir, 2 jours après l'avoir renvoyé après révisions. 10 jours de boulot sur la lettre de réponse et quelques amendements dans le manuscrit ont permis de passer outre le "reconsider after revision" sans problèmes.
C'est un article un peu étrange, dont la génèse a été laborieuse, voire pénible. Je ne suis pas moi-même forcément convaincu par tout son contenu, même si les expériences sont plutôt astucieuses, les interprétations des résultats potentiellement importantes, et le papier dans son ensemble plus solide que ce que j'aurais pensé au départ, ce qui a été confirmé par les bons commentaires d'ensemble des referees (malgré le label "major revision", les conclusions étaient à chaque fois "le papier est bon et mérite d'être publié dans ce journal").
En fait, c'est plutôt le sujet et la communauté qui s'y intéresse qui me laissent songeurs. C'est un domaine assez bourgeonnant, à la frontière entre la biologie et la physique: il y a donc pas mal de papiers expérimentaux et théoriques qui sortent chaque mois, écrits par des physiciens qui dans l'ensemble pigent autant la bio que les biologistes la physique, dans des très bonnes revues, mais il n'y a pas encore vraiment d'unité dans les résultats, et ceux-ci semblent encore hachement dépendants de la méthode expérimentale employée. Pour ceux qui connaissent, ça rappelle un peu la thématique des "films ultra-minces" il y a 15 ans: on voit des choses, mais un peu tout et n'importe quoi - voire des résultats contradictoires- et on comprend pas grand chose. 
Du coup, ce n'est pas facile de distinguer le bullshit du top, et même des papiers énormément cités et sans doute globalement bons me semblent parfois, à certains égards, douteux. Je ne parle pas de résultats bidonnés, plutôt d'affirmations tranchées qui sont en fait plutôt des hypothèses, qui auraient gagné à être énoncées avec des pincettes: mais on ne publie pas dans Nature ou PNAS avec des "statements" trop tièdes...
Bref, après avoir passé 1 an et demi là dessus, je vais prendre du recul même s'il y a beaucoup de choses intéressantes à faire, quitte à y revenir dans quelques années une fois que les concepts fondateurs seront un peu plus dégrossis, ou à bosser avec des gens plus compétents que moi: publier pour publier, même si ce n'est pas très dur, ce n'est pas mon truc. Je conçois qu'à un moment donné, il faut faire circuler l'information, et que de toute façon c'est très difficile d'être sûr à 200% de tout ce qu'on raconte, mais il y a des limites. Et en ce qui me concerne, j'ai trop approché les miennes sur ce projet.

Cela dit, je maintiens un rythme de publication égal à 1/an depuis ma deuxième année de thèse, en premier auteur, dans des bonnes revues spécialisées de mon domaine (IF entre 3 et 5, à part pour un petit papier dans une revue mineure): en tant que physico-chimiste je pense que c'est honorable à défaut d'être impressionnant. 
Il me semble que, chez les expérimentateurs, les physiciens "purs" publient un peu plus vite (disons 2/an pour les bons), quant aux chimistes ou biologistes c'est plus par série (les choses mettent longtemps à se mettre en place, donc il faut optimiser une fois que ça marche).
On devrait soumettre un autre papier j'espère avant la fin de l'année. Le projet, dont je suis assez fier notamment parce qu'il n'en était pas un au départ (c'est mon idée - ou plutôt une observation initiale chanceuse- et mon instinct qui m'ont poussé, malgré quelques commentaires sceptiques initiaux d'autres membres du groupe, à continuer dans cette voie, avec il est vrai l'aide non négligeable d'un autre post-doc assez balèze), a je pense le potentiel pour faire de moi un autre "post-doc sexy". Ayant donné des résultats au-delà de mes espérances, il y a même espoir pour un ou deux autres articles pour lesquels je serai co-auteur. Même si j'ai appris à me méfier de ce genre d'espoirs: je n'ai pour l'instant jamais eu le plaisir d'être co-auteur, id est de faire 3 demi-journées de manipes et de voir mon nom sur un papier. Quand je n'ai pas mené moi-même un projet à terme, il a soit été abandonné, soit a dévié, soit mon nom a été plus ou moins légitimement oublié.

Autre bonne nouvelle: deux papiers récents citent chacun deux de mes précédents articles. 4 citations d'un coup, mon nombre de citations augmente de 20% (ne riez pas), et mon h-index est sur le point de s'envoler vers les sommets de la science (3). Le truc bien avec ces citations, c'est qu'elles sont dans la section discussion: en particulier l'un des papiers confirme l'un de nos résultats un peu nouveau, et même s'il va plus loin, reprend certaines idées que nous avions eues. C'est toujours plus flatteur, et à mon avis révélateur scientifiquement, même si ce n'est pris en compte dans aucun indice bibliographique de ma connaissance, que d'être cité dans l'introduction après une phrase du genre "a lot of work has been recently accomplished in this area (see for example references 1 to 27)" (où on est la référence 16).
Globalement, mes articles de thèse commencent à être honorablement cités (très modestement, ils font plutôt augmenter que baisser l'Impact Factor des revues en question), et pas que par mon ex-boss et ses potes, ça fait plutôt plaisir.

Parce qu'une semaine ne se passe tout de même jamais parfaitement bien, il semble que les 5 phrases que j'ai mentionnées au détour de mon dossier de candidature sur mon projet 2 soient suffisantes pour niquer le brevet que mon chef voulait essayer de déposer à ce propos... C'est un peu con, car j'avais rajouté au dernier moment ce passage avant qu'on discute de la possibilité de breveter, et c'était tellement anecdotique que cela m'était sorti de l'esprit jusqu'à ce que je ne jette un coup d'oeil à mon dossier la semaine dernière. C'est d'autant plus con que je suis persuadé qu'aucun des rapporteurs n'est allé aussi loin dans sa lecture (et s'est contenté de la notice récapitulative de 1 page...). 
Bof, de toute façon ça aurait mis 4 ans sans garantie de succès, et c'était plus pour la ligne dans le CV en vue d'une éventuelle reconversion que dans l'espoir de devenir millionnaire, mais bon... c'est con. J'espère, sans trop y croire - cf paragraphe précédent- que c'est un mal pour un bien et que ça me laissera plus de temps pour torcher quelques manipes et sortir un article.

A part ça, mon co-bureau coréen (grad student 2eme année) me casse un peu les couilles: ce n'est pas tant qu'il ait vraiment l'air de ne rien glander (entre siestes et actualisations fessebook, il me conforte dans mon idée qu'un expérimentateur qui passe 10h par jour dans son bureau n'expérimente pas des masses), c'est surtout que la coréenne qu'il tringle (grad student 1ère année) est toujours, c'est le cas de le dire, fourrée dans notre bureau, et qu'ils sont assez bruyants. Elle sent aussi un peu la sueur, ce qui n'arrange rien. 
Mon ancien co-bureau époque thèse était déjà assez pénible, dans un genre différent (le roi du téléphone et du "t'inquiètes je maîtrise").
Je regrette l'indien de l'an dernier, poli, sympa, serviable et avec qui j'allais souvent faire une "pause café" si rare en ce pays (et si nécessaire quand on a un bureau sans fenêtres).

Pour conclure, j'aurais bien aimé mettre ici quelques photos du concert de Kiss au Garden de Boston, parce que c'est un show qui vaut le coup d'oeil. Malheureusement, les appareils photos étaient interdits, et bien que j'en ai vu quelques-uns, je ne suis pas moi-même suffisamment fan du groupe pour prendre le risque de me faire refuser l'entrée, juste pour avoir des photos du show.
Bref, Kiss n'est pas un groupe philanthrope (et ils l'assument totalement), Kiss n'est pas un groupe qui va vous brouter le mou 20 minutes de concert pour vous parler de la faim dans le monde et de la politique extérieure américaine, Kiss n'est pas un groupe qui révolutionne la musique (on est dans le bon gros big rock avec des paroles de cul), mais Kiss est un groupe "culte" qui en concert vous en donne pour votre argent. Explosions, batterie qui vole, crachage de feu et de sang, envolée au-dessus de la scène et de la foule, chansons "taillées pour la scène" etc. Et Paul "Starchild" Stanley plafonne parfois un peu au chant, mais c'est un des meilleurs frontman que j'ai pu voir.


PS: Si vous avez un job à 4000 euros/mois (net) dans Paris (si possible rive gauche) en science des matériaux, spécialité polymères, débutant courant 2010 sous la main, n'hésitez pas à contacter Mixlamalice: mixlamalice@hotmail.com. Etudie toute proposition. S'il y a un appart' de fonction avec, c'est encore mieux.
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Published by mixlamalice - dans La vie de Mix
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