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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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  • Misanthrope optionnellement misogyne et Esprit Universel.

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15 octobre 2009 4 15 /10 /octobre /2009 16:55

Emploi du temps chargé, donc petit break photo, ça ne mange pas de pain.

- L'automne dans le New England, c'est beau. Dommage que ça ne dure que quelques semaines (cette année: 2).


- Fenway Park, un stade mythique. Le temple du base-ball, c'est un peu pour un français ce que le Stade Vélodrome est pour un américain (le Yankee Stadium à NYC serait le Parc des Princes): LE stade représentatif d'un sport dont on n'a rien à battre.
C'était le dernier match de la saison régulière, 3 matchs plus tard les Boston Red Sox étaient éliminés des play-offs...


David Big Papi Ortiz à la batte.

Le "closer" des Sox, Papelbon, s'échauffe... 3 matchs plus tard, il annihilait les derniers espoirs de son équipe...

- Washington, une ville musée assez étrange. Un peu comme si la moitié de Paris ressemblait au 7ème: des bâtiments historiques, politiques, des musées, des hôtels, peu de vie à part les touristes, le tout sur au moins 10km2... Pour voir des "vrais gens", il faut aller à Georgetown, par exemple.

Forrest n'était pas là cette fois


- Nouveau passage à NYC, avec l'attraction phare que nous n'avions pas fait avant. Vive la France.


Et puis le symbole de la ville, qui continue à me fasciner, le bien-nommé Interceptor (dont on se demande ce qu'il peut bien intercepter: à cause des embouteillages, un piéton ou un vélo a probablement un sacré avantage. En cas de circulation fluide, à moins que ça ne cache bien son jeu, je vois mal la chose courser une Mustang et ses 600 chevaux...)


C'est tout pour l'instant: dans une série à venir, le Webster Hall, une messe gospel, que sais-je encore?


La plupart des photos sont copyright Priscilla.
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12 octobre 2009 1 12 /10 /octobre /2009 19:02
Tant que le sujet est encore "chaud", je publie ici, vaguement modifié, un petit texte que j'avais écrit en vue d'une éventuelle tribune collective, idée née chez Tom Roud (malheureusement, les deadlines et évènements privés étant ce qu'ils sont, le projet semble tombé à l'eau): c'est assez générique, mais je  l'espère pédagogique.

L’article de C. Rollot sur les « soutiers de l’Université » paru dans le Monde du 06 octobre 2010 ainsi que les appels à témoignages dans l’édition en ligne du même jour ont eu le mérite d’interpeller une fois de plus sur la situation des précaires de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (Nd Mix: l'article en question est disponible en section abonnés, les témoignages peuvent être lus ici: http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/10/06/malaise-a-l-universite-au-pire-je-ne-suis-pas-paye_1249880_3224.html).

Toutefois, étant moi-même dans cette situation, il m’a semblé que ces articles principalement basés sur des « anecdotes » laissaient dans l’ombre quelques points difficiles à comprendre pour ceux n’évoluant pas dans ces sphères, comme le montrent par exemple les réactions des lecteurs du Monde. Chaque domaine de recherche ayant ses spécificités, mes remarques ne concerneront que les sciences dites « dures ». Dans certains cas, elles ne s’appliquent probablement pas au droit, aux lettres ou à la sociologie qui font l’objet d’un certain nombre des témoignages publiés.

S’il est comme le dit Mme Rollot, délicat d’estimer le nombre de précaires, il est toutefois possible de connaître le nombre de qualifiés (c’est-à-dire le nombre de candidats potentiels) par poste crée chaque année, comme l’a fait par exemple N. Holzchuch (voir ses articles de juin 2009). En physique-chimie, ce nombre est de l’ordre de 7. C’est une surestimation du nombre de candidats par poste, car parmi ces qualifiés, un certain nombre, notamment les doubles diplômés ingénieur-docteur ou agrégé-docteur partira travailler qui dans l’Industrie, qui dans l’Education Nationale. Toutefois, estimer qu’il y a 5 docteurs pour un poste semble raisonnable.

Ce sont ces docteurs, ainsi que leurs collègues qui pour diverses raisons n’ont pas passé la qualification, que l’on retrouve x années aux postes dits précaires, ATER ou post-doctorants principalement, jusqu’à ce qu’ils se reconvertissent dans l’industrie ou ailleurs, partent tenter leur chance à l’étranger, ou finissent par obtenir un poste. Pour cela, une moyenne de trois années de « précarité » est actuellement nécessaire, phénomène qui va probablement en empirant du fait des méthodes de recrutement académiques en France : des auditions courtes (30 minutes contre 1 ou 2 jours aux USA par exemple) donnent une importance accrue au « dossier » du candidat non ramené à son âge - il est facile de comprendre qu’à compétences égales, un candidat de 35 ans aura un meilleur CV scientifique qu’un candidat de 30 ans. Contrairement à l’idée reçue, les auditions sont souvent extrêmement compétitives, avec des candidats ayant effectué avec succès des post-doctorats dans les meilleures universités mondiales. Certains choisissent de rester à l’étranger, mais beaucoup d’entre nous aiment trop leur pays, les attaches qu’ils y ont et souhaitent y rentrer malgré ces conditions difficiles: constater qu’une proportion non négligeable de mes concitoyens n’y voit qu’un attrait pour le service public et ses « avantages », ou considèrent qu’une carrière ne devrait être dictée que par des motifs financiers, est quelque peu démoralisant et symptomatique. Une société qui n’a de meilleur conseil à donner à ses jeunes diplômés que de s’expatrier, et qui considère ceux qui restent ou veulent revenir comme la « lie » n’est sans doute pas au mieux…

Si je reviens à cette proportion de 5 candidats pour un poste, il convient de noter qu’elle n’est probablement pas si éloignée de ce que l’on trouve dans les autres pays. La différence majeure, fondamentale, est, selon moi, plutôt le manque de passerelle privé-public, bref, la difficulté pour le docteur (surtout non-ingénieur) d’intégrer le monde industriel. Ce manque de communication, cette, pourrait-on dire, méfiance réciproque entre les deux mondes me semble propre à la France et lié probablement, au moins en partie, à la dualité écoles d’ingénieurs-universités. Le monde de l’entreprise est traditionnellement peuplé, au niveau cadres, d’anciens élèves ingénieurs ou d’écoles de commerces. Les politiques de recrutement, axées plus sur le développement que sur la recherche, ne font que peu appel aux Docteurs: trop spécialisés, trop ancrés dans le fondamental au détriment de l’appliqué, pas adaptés au monde de l’entreprise, etc. Plus le docteur reste dans l’académique après l’obtention de son doctorat, plus il est ensuite considéré dubitativement par bon nombre de recruteurs. Certaines entreprises considèrent même plus ou moins ouvertement qu’un ingénieur préparant un doctorat dévalorise son diplôme, et préfèreront pour un poste R&D former ad hoc un ingénieur plutôt qu’embaucher un docteur.

Partout dans le monde, le titre de docteur est un sésame vers les postes à responsabilité dans les centres de R&D mais aussi ailleurs, le signe d’une grande adaptabilité, d’une capacité à raisonner de façon autonome et originale face à un problème nouveau. Les expériences de type post-doctorat sont valorisées. Aux Etats-Unis, nombre de Professeurs partent vers l’industrie en milieu de carrière ou inversement. Le diplôme n’est pas un passe-droit ni une garantie, mais il est respecté, les opportunités existent et sont nombreuses. Pas en France, où, comme l’a remarqué Tom Roud, le diplôme est vu comme sanctionnant des connaissances et non des compétences. La situation est semble-t-il en train d’évoluer grâce à quelques entreprises pionnières, Rhodia, Saint-Gobain etc, finançant des laboratoires mixtes en partenariat avec le CNRS et mettant en place des politiques de recrutement valorisant enfin le doctorat, mais ces cas restent encore trop rares. Difficile de déterminer les parts de responsabilité de chacun ou du système, mais il ne semble que cet état de fait contribue à expliquer pourquoi, d’après les rares études sur le sujet, le taux de chômage des docteurs français en sciences dures est équivalent ou supérieur à la moyenne nationale quand il est quatre à cinq fois inférieur à la moyenne nationale aux Etats-Unis.
Certes, un diplôme bac+8 ne donne pas accès à un statut privilégié garantissant un emploi bien payé, mais cela devrait cependant ouvrir des opportunités plutôt qu'en fermer...

Mix, octobre 2009

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6 octobre 2009 2 06 /10 /octobre /2009 21:41
J'aurais du m'en douter.
Quand les colocs de Priscilla ont trusté la salle de bain de 5h du mat' jusqu'à ce que je parte - les douches de 5 minutes, c'est pas pour eux -, m'obligeant à me laver les dents dans l'évier de la cuisine et à tenter de contenir ma légitime envie de pisser, j'aurais du sentir quelque chose.
Quand au Starbucks du coin où je me fournissais en liquide brûnatre et insipide qu'ils osent appeler café, je suis tombé sur un adepte du "je vais chier chez le voisin" et que j'ai du retenir ma vessie dix minutes de plus, ça aurait dû éveiller mes soupçons et pas seulement m'agacer.
Quand ma poubelle a failli être concassée avec moi à l'intérieur par un 33 tonnes qui s'est foutu sur la voie de gauche pour tourner à droite au carrefour, je n'ai pas eu le temps d'avoir peur, mais ça aurait dû me faire réfléchir.

Enfin voila, pour faire court:
Mon boss n'a lu ni mon manuscrit corrigé, ni ma réponse à l'éditeur, ni même le rapport que je lui ai fait sur un manuscrit qu'il était censé référer vendredi dernier sans faute.
Même écho de la part de notre collaboratrice biologiste.
Et comme sur mon autre projet, j'attends depuis trois semaines la partie de mon co-worker pour avancer (pour qu'en gros on ait un draft à peu près complet qui nous permettra de voir exactement quelles manipes nous manquent, s'il nous en manque), ainsi que sa part de boulot sur notre pré-demande de brevet, je passe une journée à la con, où ma seule activité consiste à essayer de les relouter pour qu'ils se bougent avec accroché aux lèvres un faux sourire Ultra-Brite type "mais non c'est pas grave". Entre temps, je réactualise la page du Monde l'oeil vitreux et l'index victime de crampe.

Une journée qui s'annonçait bien bookée se retrouve ainsi flinguée, comme ma motivation.
J'espère que les choses se décanteront demain mais je ne suis guère optimiste.
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5 octobre 2009 1 05 /10 /octobre /2009 15:05

Ci-dessous une petite liste, sans ordre particulier, des comportements de mes contemporains qui m'exaspèrent toujours. Quand je dis "exaspérer", ce n'est pas un vain mot, ça peut vraiment ruiner ma journée, ou au moins une part substantielle de celle-ci.
Ce sont souvent des choses liées au savoir-vivre tel qu'on me l'a enseigné (merci maman, merci papa, merci certains Professeurs de l'Ecole Publique et Laïque) et que je tolère mal de voir foulé aux pieds par des barbares bas du bulbe.

- A tous seigneurs, tout honneur: les blaireaux qui exhibent toute honte bue leur vie privée dans des lieux publics. J'excuse parfois (parce que, soyons honnêtes, j'en ai déjà été) la bande de potes bourrés, déjà moins la bande de pétasses en chaleur (parce que je suis misogyne). Mais je parle surtout des téléphoneurs impénitents qui, que l'on se trouve dans le métro, au restaurant ou au supermarché, ne ressentent aucune gêne à exposer en braillant leurs problèmes les moins intéressants à l'assemblée entière qui n'en demande pas tant.
La aussi, je veux bien tolérer ceux qui oublient de mettre leur téléphone sur veille, qui répondent d'un air gêné et chuchotent "j'arrive" ou "je te rappelle". Mais n'y revenez pas, ok?
Dans son dernier ouvrage, Deaf Sentence, David Lodge montre avec justesse que le plus énervant est qu'il n'y a pas de réaction possible qui soit efficace: soit, comme la majorité des gens que ça fait chier aussi, on se contente de soupirs, d'yeux levés au ciel, et de foutre son walkman à fond, soit on intervient et passe pour un "fasciste" (qui avait pensé que la liberté d'expression reviendrait à la liberté de raconter sa soirée de la veille à 100 personnes qui s'en battent le steack, et accessoirement à un interlocuteur au bout du fil - qui s'en bat probablement le steack lui aussi?), soit on se pourrit vraiment la journée par une engueulade inutile, pour peu que le goujat se sente offensé dans sa goujaterie.

- Puisque j'ai mentionné les supermarchés, je ne supporte pas les consommateurs moyens qui restent, l'oeil bovin, plantés trois plombes devant deux pots de yaourts ou de confiote, probablement les mêmes que ceux qu'ils achètent chaque semaine, à effectuer mentalement des comparaisons aussi mystèrieuses qu'inutiles. Ca pourrait se comprendre au rayon "boucherie", et encore: l'avantage, si on veut, de la grande distribution, c'est que les 50 morceaux de viande ont la même gueule, le même poids, et la même date d'emballage. 
Bref, ces indécis lobotomisés retardent ceux qui, comme moi, estiment qu'ils ont mieux à faire de leur vie (par exemple regarder American Idol à la télé) et ont donc beaucoup travaillé pour optimiser le temps qu'ils passent au supermarché (je dois être à 30-45 minutes pour deux semaines).   

- J'ai horreur des gens malpolis: par exemple, ceux qui ne disent pas "bonjour" lorsqu'on se croise dans un couloir ou un ascenseur. Pire encore, ceux qui ne répondent pas et fixent leurs chaussures. Je tiens d'ailleurs à remarquer que cela arrive beaucoup moins souvent aux US qu'en France. Dans le même genre, je balance souvent un "dis surtout pas merci, connard" à ceux qui pensent que le fait que je leur tienne la porte ou que je leur cède le passage en bagnole est un dû.

Tiens, en parlant de bagnole: comme 80% des gens, j'estime que je conduis mieux que la moyenne (un des paradoxes de la conduite). Bon, je veux bien relativiser, mais la ça ne souffre aucune discussion: je conduis mieux que la moyenne américaine (je rappelle que l'une des épreuves les plus dures du permis de conduire ici consiste à faire une marche arrière tout droit sur 30 mètres). Donc, je voudrais mentionner quelques comportements, irritants en eux-mêmes, mais qui deviennent franchement insupportables lorsqu'appliqués au volant:
- Le manque de bon sens. C'est un peu à la voiture ce que Ben Arfa est au football. On peut effectuer une manoeuvre conforme à la loi du code de la route, et créer une situation dangereuse. Il vaut souvent mieux décélerer et se rabattre que piler sur la voie de gauche de l'autoroute, par exemple. Ou ne pas rouler à 65 sur  la voie de gauche même si c'est la limite technique de vitesse, si tout le monde roule à 85.
En fait, le manque de bon sens est assez insupportable en général: qui n'a pas eu envie de boxer un(e) abruti(e), qui, bloquant la porte du bus de toute son obésité, se met sur la pointe des pieds avec un sourire d'excuse signifiant "ah la la y a du monde aujourd'hui" plutôt que de sortir du bus et d'y remonter une fois la foule descendue? 
- La gentillesse: c'est assez relié au bon sens ou à son absence, mais parfois il vaut mieux ne pas laisser passer quelqu'un que créer un embouteillage. Ou ne pas s'arrêter pour un piéton qui de toute façon ne pourra pas traverser à cause du trafic en sens inverse (alors que si on était passé, il n'y avait pas de voiture derrière et plus de voitures en face).
- Enfin, l'indécision: Rien de plus insupportable que ceux qui mettent trois heures à déboîter, ont besoin de 6 appels de phare pour se lancer quand vous leur cédez la priorité etc. "Les mous de la bite", de façon générale, me gavent: c'est aussi valable pour ceux qui hésitent deux heures entre le cheeseburger et le bacon-burger quand le pub est bondé ou essayent 50 paires de pompes pour partir sans rien. 

- Je maudis ceux qui ne répondent pas aux mails. Je ne parle pas des potes, il m'arrive aussi de zapper et les vrais potes sont au-dessus de ça (mais qu'ils ne viennent pas me pipoter avec des "je suis overbooké en ce moment" alors qu'ils passent deux heures par jour sur fessebook). Je parle plutôt des relations professionnelles, au taquet quand elles ont "besoin" de vous et muettes lorsqu'elles n'estiment pas pouvoir tirer quelque bénéfice de votre correspondance.

- J'ai une tendresse particulière pour la colère teintée de lassitude que provoquent en moi ceux qui 1. s'expriment à coup de clichés ou lieux communs (exemples: "les fonctionnaires sont des feignasses", "les américains sont des bouseux incultes", "les patrons sont méchants", "la société est machiste") et 2. ont l'impression d'enrichir considérablement le monde de la pensée - économique, politique, sociale, artistique etc.
Si les clichés et lieux communs ont la vie dure, c'est probablement parce qu'ils recèlent une part plus ou moins grande de vérité. Donc, les utiliser, si possible en fixer les limites d'usage pour aller au-delà dans l'analyse, pourquoi pas? Mais de grâce, ne vous prenez pas pour des penseurs quand vous vous exclamez "l'écologie, c'est bien" et "la faim dans le monde, c'est caca". 
Un exemple: mon coeur penche plutôt à gauche, mais généralement, sur un sujet politique ou économique, je préfère écouter un patron de PME affilié UMP à un président de syndicat lycéen de gauche...

- Dans le même genre, je peux ranger ceux qui ont une perception du monde totalement manichéenne (exemple: "les arabes sont des gentils et les juifs et les américains sont des méchants" ou l'inverse) et les adeptes de théories du complot diverses et variées, qui pensent sincèrement que la complexité du monde peut être entièrement résolue par des arguments binaires, des argumentaires définitifs de 500 caractères et des vidéos Youtube.

- Il y a une catégorie de personnes très représentée dans le monde scientifique qui me donne des envies de coup de boule: ceux qui aiment s'écouter parler (j'en suis parfois), mais qui, pour diverses raisons, apprécient d'autant plus leur logorrhée qu'elle concerne un sujet qu'ils ne maîtrisent absolument pas. Or, de ce point de vue là, je suis plutôt adepte du "mieux vaut ne rien dire et passer pour un con que l'ouvrir et ne laisser aucun doute à ce sujet". Bref, ceux qui parlent pour ne rien dire, ou pire pour raconter des conneries, ou pire encore pour parler d'eux ou de leur recherche même et surtout si le sujet de départ n'a rien à voir, me sortent par les trous de nez. 

- Une certaine élite intellectuelle a aussi la fâcheuse tendance à me donner des hémorroïdes, d'autant plus que j'en fais peut-être partie à mon corps défendant, au moins jusqu'à un certain point. Je parle de ceux pour qui l'Art est forcément élitiste, ceux qui, comme Desproges disait, "préféreraient crever plutôt que d'être plus de douze à avoir compris le dernier Godard". Qui pensent que tous ceux qui conçoivent l'Art comme une initiation populaire plutôt que comme de la branlette intellectuelle pour désoeuvrés plus ou moins fortunés sont des ploucs ou des vendus. Et qui pensent qu'un truc est bon simplement parce qu'il est imbittable.  

- Enfin, une pensée particulière pour ces vieux qui regardent tout ce qui a moins de 50 ans comme un probable assisté social ou un criminel qui en veut à leurs économies (là aussi, je dois admettre que ça se voit peu ici). Et pour ces jeunes qui regardent tout ce qui a plus de 25 ans comme un vieux con de droite sans coeur et à tendance fascisante.

Voila. Je crois que j'ai suffisamment expectoré pour aujourd'hui. J'y reviendrai peut-être.
N'hésitez pas en attendant à titiller mon inspiration avec vos exécrations à vous.

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2 octobre 2009 5 02 /10 /octobre /2009 15:26
Avec la NFL (National Football League), il y a toujours moyen de se marrer. Il y a un côté, souvent hilarant, kitsch-bling-bling-crétin dans ce sport et ceux qui le pratiquent au haut niveau qu'on ne retrouve, à mon goût nulle part ailleurs*.

On rit jaune parfois, quand les joueurs sont impliqués dans des histoires sordides de règlements de compte ou quand on apprend , suite à une étude commissionnée par la League, que le risque pour un joueur de développer Alzheimer est environ 20 fois plus élevé que la moyenne.

On a un peu moins honte de rigoler (parce que même s'il ne faut pas rire du malheur des autres, le fait que la connerie soit parfois punie fait du bien), quand Plaxico Burress, dont j'ai déjà parlé, se tire lui-même dans la jambe (sans gravité) en faisant joujou avec son flingue et écope de deux années de prison.

On hésite entre rire et peine quand on voit les joueurs fêter à peu près chaque action de jeu de façon virilo-simiesque: mais à la limite, ça n'est pas plus ridicule que les joueurs de foot (soccer) qui se léchouillent et se roulent par terre, juste plus fréquent.

Dernièrement, un joueur m'a franchement fait marrer, sans arrière-pensées: Il s'agit de Chad Johnson, l'un des meilleurs joueurs de la League. Il porte le numéro 85 pour les Cincinnati Bengals.
L'année dernière il a effectué les démarches pour officiellement changer son nom. Il s'appelle désormais Chad Ochocinco. Oui, oui, c'est bien en référence à son numéro de maillot. Et à ses origines espagnoles, paraît-il....



Vous me direz, entre les dents Joey Starr, la crête Demolition Man et les boucles d'oreille tout en discrétion, il a bien la gueule à changer de nom.

Je verrais bien Cristiano Ronaldo changer son nom en CeeNaïne. Ou Grégory Coupet en Grégory NumeroUno.

Non mais franchement, à chaque fois que je vois un truc comme ça, je repense au sketch des Nuls (où plutôt à sa chute):



* Aux US, le base-ball et dans une moindre mesure le basket-ball sont un peu plus "distingués" même s'ils comptent leur lot d'abrutis (voir par exemple Stephon Marbury manger de la vaseline). Même le football (soccer) et les footballeurs en Europe ne poussent pas aussi loin ce côté ridicule.
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30 septembre 2009 3 30 /09 /septembre /2009 15:36
Et bandante...

La vraie rentrée commence à dater, mais à mon menu depuis quelques semaines:
- Un poster à préparer torché
- Un dossier de candidature à compiler et envoyer c'est fait
- Un article à référer, qui plus est un bon gros pavé  fini aujourd'hui à l'heure du déjeuner
- Un article à rédiger
- Une demande de brevet à préparer
- Un article à corriger si les referees veulent bien se bouger

Autant dire que:
- vivent les rimes riches.
- la préparation de l'audition passe un peu au second plan. De toute façon je ne connais pas encore la date, quelque part entre mi-novembre et l'été prochain, je suppose, si le poste est à pourvoir en septembre 2010.
- les dernières manipes que j'aimerais bien faire avant de rentrer au bercail sont repoussées à une date ultèrieure elle aussi non déterminée.

D'ailleurs je remarque qu'en ce qui me concerne, l'efficacité en fonction du ratio (boulot sur ordi)/(boulot dans la salle de manipes) ressemble à ça:


Où 0 représente uniquement des manipes quand on sait qu'elles marchent à peu près et qu'il n'y a plus qu'à (parce que avouons, la partie exploratoire des manipes, ça peut devenir casse-burnes quand ça met du temps à fonctionner), et 1 uniquement du boulot sur ordi comme en ce moment.

Je demande pardon à tous les modélisateurs, théoriciens, ou informaticiens qui me lisent.
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28 septembre 2009 1 28 /09 /septembre /2009 19:11
J'ai récemment posé candidature pour un poste en France.

C'est un poste un peu à la marge (je veux dire par là ni CNRS ni Université), ce qui explique ce calendrier décalé. Cela dit, la procédure est assez similaire: dossier papier examiné par des rapporteurs, qui convoquent ensuite (ou pas) pour une audition devant une commission mixte: membres internes, externes, et  apparemment quelques administratifs. 

C'est aussi un poste qui me fait très envie: le labo est réputé, travaille sur des thématiques proches des miennes, les enseignements sont plus motivants que la moyenne, l'environnement scientifique est excellent et bien situé géographiquement (les trous paumés, j'ai donné, merci).  

Toutefois, c'est un peu une expérience nouvelle pour moi - même si c'est en fait probablement la norme: mes candidatures du printemps dernier s'étaient faites dans un très gros labo, avec de multiples équipes se battant pour un poste. Il était important pour chaque équipe d'avoir un candidat, de le soutenir, et donc de l'aider à bâtir un projet qui tienne la route. Le candidat postulant "parce qu'il a vu de la lumière" sans avoir auparavant été en contacts avancés avec l'une des équipes allait tout droit à l'abattoir.
L'expérience avait été usante, mais enrichissante, et presque couronnée de succès.
Le laboratoire dans lequel je postule actuellement est au contraire une unité de taille modeste, gérée un peu "à l'ancienne" par le directeur, id est de manière relativement autocratique, avec une volonté assez affichée de "rester entre eux".
Je connais un peu quelques chercheurs du laboratoire, rencontrés à divers congrès. J'y ai effectué un séminaire il y a quelques temps, où, d'après des rumeurs off the record, j'ai fait "plutôt bonne impression". J'en avais profité pour faire acte de candidature spontanée (à l'époque ils ne savaient pas s'ils allaient obtenir le poste qu'ils demandaient).
Lorsque le poste est paru, on m'a "encouragé" - le mot est sans doute un peu fort - à candidater ("n'hésitez pas à vous inscrire").
Bon, on n'est pas dans le registre de la grande claque dans le dos et du "coco, c'est pour toi", mais tout cela semblait de relativement bon augure. Or, depuis que la campagne de recrutement est de officiellement ouverte, les relations sont beaucoup plus froides (non pas qu'elles aient jamais été bouillantes...), et c'est là qu'est la nouveauté.
Comme mon ex-boss me l'a appris, j'essaye de montrer que c'est LE poste qui m'intéresse et pas seulement UN poste - même si c'est pas toujours facile et l'est de moins en moins au fur et à mesure que le temps passe: j'ai donc tenté de reprendre contact à plusieurs reprises avec les divers responsables, pour discuter des projets d'enseignement et de recherche. J'ai reçu une polie mais ferme fin de non recevoir, un peu stressante bien qu'elle semble simplement indiquer que les candidats seront départagés lors de l'audition et que le laboratoire ne fera pas de "favoritisme" en attendant, bref ne discutera pas plus avant avec les postulants.
Donc, je vais devoir apprendre à préparer mon talk tout seul, en construisant de moi-même un "projet de recherches" crédible et adapté au laboratoire basé sur les 5 lignes du profil publié: en clair, 3 slides qui tiennent la route scientifiquement, montrent que je peux leur apporter quelque chose tout en faisant clairement comprendre que j'ai pas l'intention de trop la ramener. Tout est dans le bon dosage. 

Bref, encore de grands moments de fun en perspective.
May the luck be with me, Force. Ou l'inverse.
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24 septembre 2009 4 24 /09 /septembre /2009 21:00

Alors que Dassault allait peut-être enfin réussir à exporter ses superbes avions de chasse*, "deux Rafales s'abîment en Méditerranée ce jour vers 18h - heure française- lors d'un vol d'essai".

C'est quand même pas de bol.

(source AFP Reuters: http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/09/24/deux-rafale-se-sont-abimes-en-mediterranee_1244917_3224.html).


* Pour ceux qui n'ont pas suivi cette affaire rocambolesque, l'Elysée après la visite au Brésil du Président Sarkozy avait annoncé avoir passé un contrat sans précédent avec le Brésil pour la vente de 36 Rafales, annonce confirmée dans la foulée par le Président brésilien Lula.
La folie, d'autant plus que personne à part la France n'avait jusque là acheté le fleuron de Dassault.
Depuis, l'armée brésilienne ainsi que le ministère de la Défense ont démenti, affirmant que l'appel d'offres n'était pas terminé.
On n'en sait pas plus aujourd'hui.

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23 septembre 2009 3 23 /09 /septembre /2009 16:13
Le système de santé français n'est pas toujours aisé à comprendre, mais le système américain est bien pire - et en plus il ne fonctionne absolument pas. C'est d'ailleurs là qu'est, en partie, le drame: qu'un expatrié n'y pige rien, ce n'est à la limite pas trop grave. Mais qu'une bonne partie de la population autochtone soit dans le même cas...

J'ai lu récemment dans l'édition du mois de septembre de Rolling Stone (l'équivalent américain des Inrocks, ze magazine qu'il faut lire pour être au top niveau "unique taste of millions") un article très intéressant de Matt Taibbi, un journaliste politique engagé (à gauche), sur la réforme de ce système, qui embarrasse très fort Barack actuellement. Un article, orienté politiquement mais très didactique, qui a largement éclairé ma lanterne, et qui je l'espère contribuera à éclairer la vôtre si tant est que le sujet vous intéresse.

Bon, quelques mises au point pour commencer: de même que les Américains vivent avec le cliché* qu'en France se soigner est gratuit (alors qu'un prorata est prélevé sur les salaires, que les remboursements sont forfaitaires et que nous avons aussi des mutuelles complémentaires), les Français sont persuadés que le système de santé est totalement privatisé aux US. Ce n'est pas tout à fait vrai: les plus démunis bénéficient d'une couverture "minimale" assurée par le gouvernement (Medicaid), ainsi que les personnes âgées (Medicare). Le reste de la population, en fonction de ses moyens, fait appel à des assureurs privés, dont les plans de couverture sont en général hors de prix (ou alors ils ne couvrent rien), et qui peuvent légitimement refuser d'assurer qui ils veulent, pour des raisons financières mais aussi pour des raisons de santé "préexistante".
Ce sont donc les basses classes moyennes, ne bénéficiant pas des aides gouvernementales - chaque Etat fixant son propre seuil de pauvreté, voir plus bas- et trop pauvres pour se payer une assurances privée, qui se retrouvent le bec dans l'eau. On estime le nombre des personnes sans assurance à 45 millions, soit quasiment 15% de la population.
Le système américain est en fait un gouffre financier (18% du PIB, contre 11% pour notre si "chère" sécu - chiffres tirés d'un article du Monde), notamment parce que les personnes non assurées, ne pouvant se payer un docteur (dans les 500$ la consultation chez le généraliste), "attendent" d'être gravement malades avant d'aller se faire soigner aux urgences. Le coût du traitement est alors surmultiplié, puis l'Etat finit par régler la facture (le particulier ne pouvant pas rembourser). 

Ca c'est la base de la situation. Maintenant, pour mieux comprendre un certain nombre de "détails" ainsi que les enjeux de la réforme et où nous en sommes, voici une version raccourcie de l'article vaguement modifiée par mes soins pour en conserver la cohérence: c'est un peu long, en anglais et nécessite de l'attention. Je souligne ou surligne les passages, selon moi, clefs.
Et à la fin, un résumé, forcément réducteur.

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The US health care system doesn't work for anyone. It cheats patients and leaves them to die, denies insurance to 47 million Americans, forces hospitals to spend billions haggling over claims, and systematically bleeds and harasses doctors with the specter of catastrophic litigation. [It doesn't even work for insurance-companies]: they see their profits sapped by millions of customers who enter the system only when they're sick with incurably expensive illnesses.

 

The game in health care reform has mostly come down to whether or not the final bill will contain a public option — i.e., an option for citizens to buy in to a government-run health care plan. Because the plan wouldn't have any profit motive it would automatically cost less than private insurance. Once such a public plan is on the market, it would also drive down prices offered by for-profit insurers.
Here's where we are right now: Before Congress recessed in August, four of the five committees working to reform health care had produced draft bills. The only committee that didn't finish a bill is the one that's likely to matter most: the Senate Finance Committee, chaired by Max Baucus, a right-leaning Democrat from Montana who has received $2,880,631 in campaign contributions from the health care industry. Whether or not there will be a public option in the end will likely come down to Baucus. The early indications are that there is no public option in the Baucus version.

Even worse, Baucus has set things up so that the final Senate bill will be drawn up by six senators from his committee:  three Republicans (Chuck Grassley of Iowa who has received $2,034,000 from the health sector, Olympia Snowe of Maine, 756,000$, Mike Enzi of Wyoming, 627,000$) and three Democrats (Baucus, Kent Conrad of North Dakota, Jeff Bingaman of New Mexico). This is what the prospects for real health care reform come down to — whether one of three Republicans from tiny states with no major urban populations decides to forsake forever any contributions from the health-insurance industry.


But the Congress has also sabotaged the bill long before it even got to Baucus' committee. To do this, they used a five-step system of subtle feints and legislative tricks to gut the measure until there was nothing left.


1. Heading into the health care debate, the main idea was a single-payer system. Used by every single developed country outside the United States, single-payer allows doctors and hospitals to bill and be reimbursed by a single government entity. In America, the system would eliminate private insurance, while allowing doctors to continue operating privately.

There are currently more than 1,300 private insurers in this country, forcing doctors to fill out different forms and follow different reimbursement procedures for each and every one. This drowns medical facilities in idiotic paperwork and jacks up prices: Nearly a third of all health care costs in America are associated with wasteful administration. Fully $350 billion a year could be saved on paperwork alone if the U.S. went to a single-payer system.

But even though the Democrats enjoy a political monopoly and could have started from a very strong bargaining position, they chose instead to concede at least half the battle before it even began: they agreed to back down on single-payer and tried to push for a strong public option — a sort of miniversion of single-payer, a modest, government-run insurance plan that would serve as a test model for the real thing.


2. Once single-payer was off the table, the Democrats lost their best bargaining chip, rather than being in a position to use the fear of radical legislation to extract concessions from the right.

The situation was made worse as the flagging economy ate away at Obama's political capital. Polls showed the percentage of "highly engaged" Democrats plummeting, while the percentage of "highly engaged" Republicans — inspired by scare stories from Rush Limbaugh and Sarah Palin about socialized medicine and euthanasia — rose rapidly. Democrats, who on the morning after Election Day could have passed a single-payer system without opposition, were now in a desperate hurry to make a deal.

The public option is hardly a cure-all. But the basic idea of the public option is sound enough: create a government health plan that citizens could buy through regulated marketplaces called insurance "exchanges" run at the state level. Simply by removing the profit motive, the government plan would be cheaper than private insurance. The logic behind the idea was so unassailable that its opponents often inadvertently found themselves arguing for it.
But conservative opponents of the plan expressed concern that doctors in the public option "must be fairly reimbursed at negotiated rates, and their participation must be voluntary". They wanted (and obtained) compensation rates for doctors to be jacked up, on the government's tab. In the end, the bill required the government to negotiate rates with providers, ensuring that costs would be dramatically higher.
In one fell swoop, the public plan went from being significantly cheaper than private insurance to costing, well, "about the same as what we have now," as one Senate aide puts it. This was the worst of both worlds, the kind of take-the-fork-in-the-road nonsolution that has been the peculiar specialty of Democrats. The party could now sell voters on the idea that it was offering a "public option" without technically lying, while at the same time reassuring health care providers that the public option it was passing would not imperil the industry's market share.


3. Given that five different committees are weighing five different and often competing paths to reform, it's not surprising that all sorts of bizarre crap winds up buried in their bills, stuff no one could possibly have expected to be in there. 
One example: allow the makers of complex drugs known as "biologics" to keep their formulas from being copied by rivals for 12 years — twice as long as the protection for ordinary pharmaceuticals.
Another favor to industry buried in the bills involves the issue of choice: Democrats have been careful to make sure that a revamped system would not in any way force citizens to give up their existing health care plans.
There's a flip side, though: If your employer offers you acceptable care and you reject it, you are barred from buying insurance in the insurance "exchange." In other words, you must take the insurance offered to you at work. And that might have made sense if employers actually had to offer good care. But actually there is no real requirement for employers to provide any kind of minimal level of care. On the contrary, employers who currently offer sub-par coverage will have their plans protected by this clause.
This clause has potentially wide-ranging consequences. One of the biggest health care problems we have in this country is the technique used by large employers —Walmart is the most notorious example — of offering poor health insurance that forces employees to take on steep co-pays and other massive charges. Low-wage workers currently offered these plans often reject them and join Medicaid, effectively shifting the health care burden for Walmart employees on to the taxpayer. If the clause survives to the final bill, those workers who did the sensible thing in rejecting Walmart's employer plan and taking the comparatively awesome insurance offered via Medicaid will now be rebuffed by the state and forced to take the Walmart offering.

Veteran legislators speak of this horrific loophole as if it were an accident — something that just sort of happened, while no one was looking.

4.
From the start, Obama acted like a man still running for president, not someone already sitting in the White House, armed with 60 seats in the Senate. At no time has he come out and said what he wants Congress to do, in concrete terms. Eight months after being elected president of the United States is too early to have an opinion on an issue that Obama himself made a central plank of his campaign?
This is a crystal-clear example of how the Democratic Party likes to act — showering a real problem with a blizzard of ineffectual decisions and verbose nonsense, then stepping aside at the last minute to reveal the true plan that all along was being forged off-camera in the furnace of moneyed interests and insider inertia.
No single-payer system, no meaningful public option, no meaningful employer mandates and a very meaningful mandate for individual consumers.
In other words, the only major reform would be the one forcing everyone to buy some form of private insurance, or suffer a tax penalty. If things go the way it looks like they will, health care reform will simply force great numbers of new people to buy or keep insurance of a type that has already been proved not to work.

5. The bill alone is 1,017 pages long and contains countless inscrutable references to other pieces of legislation. There are five different versions of this creature, each with its own nuances and shades, and reconciling the costs of each of the five plans looks like a pretty difficult task.
For instance: All five of the bills envision a significant expansion of Medicaid. As it stands, Medicaid awards benefits according to a jumbled series of state-by-state criteria. Some states, like Vermont, offer Medicaid to citizens whose income is as high as 300 percent of the federal poverty level, while others, like Georgia, only offer Medicaid to those closer to or below the poverty level.

The House plan would expand Medicaid eligibility to automatically include every American whose income is 133 percent of the poverty level or less. For those earning somewhat more — up to 400 percent of the poverty level — federal subsidies would help pay for the cost of a public or private plan purchased via the insurance "exchanges." That worries state governments, which currently pay for almost half of Medicaid — and which are already seeing their Medicaid rolls swelled by the economic meltdown. A massive surge in new Medicaid members — as many as 11 million Americans under the current proposals, according to the Congressional Budget Office — might literally render many big states insolvent overnight.

By blowing off single-payer and cutting the heart out of the public option, the Obama administration robbed itself of its biggest argument: that health care reform is going to save a lot of money.

To recap: First, they gave away single-payer apparently as a bargaining chip to the very insurers mostly responsible for creating the crisis in the first place. Then they watered down the public option so as to make it almost meaningless, while simultaneously beefing up the individual mandate, which would force millions of people now uninsured to buy a product that is no longer certain to be either cheaper or more likely to prevent them from going bankrupt. The bill won't make drugs cheaper, and it might make paperwork for doctors even more unwieldy and complex than it is now. PhRMA [Pharmaceutical Research and Manufacturers of America] which last year spent more than $20 million lobbying against health care reform, is now gratefully spending more than seven times that much on a marketing campaign to help the president get what he wants.

It is a fight to the finish now between Really Bad and Even Worse.

Then again, it's more than a little conspicuous that the same electorate that poured its heart out last year for Obama has not been seen much in this health care debate. The handful of legislators who are fighting for something real should be doing so with armies at their back. Instead, all the noise is being made on the other side. Republicans, at least, understand that politics is a fight that does not end with the wearing of a T-shirt in November.

Matt Taibbi
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Bref, un savant mélange comprenant les ingrédients suivants:
- quelques petites lâchetés de politiciens qui veulent se fâcher avec personne, pensent plus à leur réélection et/ou leur porte-monnaie (de Obama à certains Congressmen impliqués dans la réforme), et beaucoup de concessions trop faciles, au niveau du plan de couverture universelle par l'Etat fédéral et du système de paiement des frais de santé (concession aux Républicains et aux compagnies d'assurance privées). 
- un bon gros lobbying, de ces mêmes compagnies d'assurance et des industries pharmaceutiques qui ont arrosé à qui mieux mieux.
- beaucoup de contre-vérités de la part des "right-wing conservative" (et des lobbies) et d'ignorance de la part du public ricain moyen qui voit dans toute intervention de l'Etat le spectre des goulags et une atteinte à sa liberté de crever dans sa caravane.
- un mauvais timing et trop de tergiversations de la part du camp Démocrate.
- une machine à légiférer qui envoie de la rillette (1000 pages sans les petites notes et exceptions) pour accoucher d'un bon gros paquebot impossible à manier.
- un soutien populaire qui s'arrête au port de T-shirts et aux bumper stickers à l'effigie d'Obama.
va sûrement conduire à une réforme qui ne sera qu'une réformette: elle coûtera cher, ne déplaira pas aux assureurs privés et aux compagnies pharmaceutiques, permettra au Parti Démocrate de se la jouer sauveur sans que les Républicains ne perdent vraiment la face, et surtout ne changera pas grand'chose au quotidien pour les malades.

Le point le plus important, que l'Etat devienne LA centrale de paiement, notamment pour diminuer les coûts liés aux formalités administratives propres aux 1300 assureurs privés, a été retirée de la table des négociations avant même qu'elles ne débutent: trop socialiste, trop contre la libre entreprise.
La deuxième idée, celle d'une couverture universelle proposée par l'Etat, beaucoup moins chère que les couvertures privées parce que n'ayant pas pour but d'amener des bénéfices, risque d'être vidée de sa substance. Elle existera bien, mais sera probablement d'un prix quasi-similaire à celui des assurances privées.
Du coup, quoi de neuf: une nouvelle taxe pour obliger les non-assurés à le faire...
Quand on n'a pas trop d'idées ou de couilles pour vraiment changer les choses, une petite taxe fait souvent l'affaire.

Finalement, la politique américaine, c'est pas très différent de la nôtre... (voyez la taxe carbone).

Obama a donné un discours paraît-il incisif il y a une dizaine de jours, cela changera-t-il la donne? A suivre cet automne.

(pour l'article entier: http://www.rollingstone.com/politics/story/29988909/sick_and_wrong/1)



* Pour lire quelques "clichés" (ou semi-vérités) sur le système français, voir par exemple cet article du Washington Post (avec interviews de Marseillais en sus) au demeurant pas inintéressant
http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2009/09/22/AR2009092204289.html?hpid=topnews&sid=ST2009092204354

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22 septembre 2009 2 22 /09 /septembre /2009 18:48
Lu quelque part (sur le site de la Chanson du Dimanche pour être exact):

"Baruch Spinoza dit que ce qui ne nous tue pas nous rends plus fort…" (sic)
Signé: un commentateur philosophicomique.

L'objet de son ire (là, je paraphrase): la télévision qui corrompt les artistes engagés et abrutit les masses.
Je dirais qu'elle n'est probablement pas la seule...

J'apprécie toujours particulièrement les tentatives d'érudition qui échouent lamentablement: et je me contiens de répondre "votre incultance dépasse l'entendure".

Je vais peut-être retourner aux commentaires du Monde, finalement.
Ou aller bosser, tiens: car, pendant ce temps-là, comme le dit Marcel Descartes, "et pourtant elle tourne".
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