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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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13 avril 2015 1 13 /04 /avril /2015 15:39

Bon, ok, c'est facile, mais après tout, les politiques abusent eux-mêmes trop des petites phrases pour que l'on se réfrène. Donc hier, à un colloque sur le doctorat, la ministre a dit:

 

 

Alors, certes, ce n'est pas de la recherche privée, mais ce sont des "fonctions de responsabilité" donc on peut regarder un peu parmi ses collaborateurs si on fait confiance aux jeunes docteurs. Je me suis prêté au jeu suite à une remarque de @Alexis_Verger.

 

  

 

Il se trouve que j'ai fait ça vite et j'ai raté quelques personnes, notamment celles nommées en mars 2015

 

En refaisant le compte, et en comptant la ministre, j'arrive à 5 docteurs (les 4 nommés en mars - conseiller ESR, conseiller santé et recherche médicale, conseiller recherche, conseiller innovation- le sont et ont tous bossé dans la recherche après leur thèse, 3 ans au minimum, et il faut ajouter le conseiller en charge formation du supérieur) et 2 doctorants sur 27 personnes.

Alors, ce n'est peut-être pas si mal finalement? (même si le côté "jeune" reste douteux, seul l'un de ces docteurs, et les deux doctorants, ayant moins de 40 ans)

Dans le même cabinet, on trouve au minimum 8 Sciences Po et 6 ENA (dont quelques-uns ont le combo). Pour ceux qui viennent de l'inspection générale des finances ou de l'éducation nationale, je ne sais pas quelle est la "formation".

Mais c'est probablement le ministère le plus représenté en termes de docteurs, non? Encore heureux, me direz-vous, notamment sur les postes de conseillers en charge de l'enseignement supérieur et de la recherche proprement dit. On attend juste de les trouver sur des postes plus génériques maintenant.

 

Enfin, ça m'a valu un petit succès twitteresque, avec des RT de N. Brafman du Monde et de S. Huet de Libération notamment. C'est bien là le plus important...

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10 avril 2015 5 10 /04 /avril /2015 11:32

Parce que j'aime me faire du mal, je suis sur Twitter des membres de l'UNEF. Je ne vais pas revenir sur ce que je pense de ce syndicat et de sa représentativité, je pense que cela rejoint l'avis de beaucoup de mes collègues, même ceux que l'on qualifierait de gauche, progressistes, tout ce que vous voulez.

 

Bref, hier, c'était visiblement leur congrès annuel, qui permet surtout aux membres de leur bureau de rencontrer des responsables socialistes, parce qu'il faut bien se trouver un point de chute, quand, au bout de 9 ans d'études supérieures, on n'a toujours pas validé un master.

 

 

 

Au cours de ce raout, un responsable politique, C. Clergeau, a affirmé "L'élévation du niveau de formation est la clé du développement humain".

J'ai réagi en expliquant que je trouvais cette assertion bien péremptoire, j'aurais pu m'auto-citer aussi ainsi:

 

 

Or, on me répond "ce n'est pas comme si c'était sujet à controverse".

 

Pourtant, pour moi, ça n'a rien d'une évidence. De même, que, par exemple, bien que je ne sois aucunement spécialiste, affirmer qu'un modèle économique basé sur la croissance est la seule alternative, ou que le progrès technologique est la clé du progrès social. J'ai l'impression qu'on est plutôt dans la pensée positive, ou dans la réponse simple et naïve à un problème complexe.

 

Alors j'ai essayé de regarder quelques données, parce que c'est bien de se bra*** la nouille, mais au bout d'un moment, faut discuter sur des faits, ou au moins des représentations partielles de ces faits. 

J'en ai tiré un graphe, que voici.

Sources: Ici et la (la représentation des données de la 2ème source de cette façon est un peu audacieuse mais je pense qu'au premier ordre, ce n'est pas trop faux).

 

La confirmation de l'hypothèse de départ ne me saute pas aux yeux... Vous me direz, que, en regardant le taux de chômage, je suis resté assez terre-à-terre face à la dimension philosophique de la tirade. Et qu'en ne m'intéressant qu'à la France, je rate l'aspect universaliste et ne m'intéresse pas aux pays en développement pour lesquels le raisonnement est sans doute bien différent... Mais bon, à ce stade, on peut aussi dire, à la Florent Brunel, que la guerre c'est (généralement) pas bien.

Plus prosaïquement, le raisonnement de l'UNEF concernant l'enseignement supérieur français, qui selon moi est un sophisme, est le suivant: les diplômés bac+5 sont moins au chômage et ont des métiers plus stimulants et mieux rémunérés que les diplômés bac+2 ou 3. La sélection à la fin de la troisième année ou à tout autre moment est donc une injustice. Au contraire, si tous ceux qui le souhaitent peuvent aller en master et l'obtenir, notre beau pays ne comptera plus que des cadres riches et épanouis.

 

Diplôme = connaissance = emploi = progrès ?

Cela dit, quelques mots d'explication sur le graphe. J'ai commencé en 83 parce que j'ai voulu essayer de regarder ce qu'il se passe dans un contexte de "chômage de masse", dont on peut, je pense, qualifier l'apparition en France au début des années 80.

Je me suis intéressé à des périodes de 5 ans pour pouvoir comparer plus facilement entre elles les données.

Sur la période 83-2012, le taux de chômage global (moyenné sur périodes de 5 ans) a finalement assez peu varié (passage de 7 à 8.5%, pointe à 9).

Dans cette même période, le taux de chômage des jeunes a progressé 20% plus vite, de 14 à 20%.

Pendant ce temps là, le taux de diplômés du supérieur doublait, de 20 à 40%.

Ca me semble assez parlant: on voit plutôt l'inverse de ce qu'on aimerait voir.

 

Je n'ai pas les moyens ni le temps de pousser plus loin... il serait intéressant de regarder le taux d'emploi sous-qualifié (mais je ne pense pas que ces données existent). Je ne sais pas si on peut prendre en compte l'effet de la crise économique ou ce genre de choses, comme la désindustrialisation ou l'automatisation etc.

 

Ce que l'on peut dire de plus, en utilisant ces données de l'INSEE et ce rapport ESR (p.48), c'est:

1. qu'il y a effectivement de grosses différences en termes d'emploi, tout au long de la carrière, entre les gens niveau bac ou moins et ceux diplômés du supérieur. Un diplôme du supérieur conduit à un taux de chômage "initial" (après son obtention) typiquement deux fois plus faible que la moyenne de la classe d'âge (autour de 10%), quand les non diplômés sont à 25 voire 50% (pour ceux qui n'ont pas de diplôme du secondaire non plus).

2. mais que la différence est, en moyenne, inexistante entre filières courtes (bac+2), longues (bac+5), ou très longues (bac+8). D'ailleurs, le ratio études supérieures longues versus courtes a assez peu évolué (autour de 1.5x plus de diplômes "longs", augmentation vers 1.8 ces dix dernières années, qui demandent je pense à être confirmées). 

Bien sûr, c'est un indicateur limité, dans la mesure ou, en situation d'emploi, il ne préjuge pas de la qualité de l'emploi en question, ou même de son adéquation avec le diplôme obtenu... 

Mais il y a largement plus de différences inter-disciplinaires, ou entre master et diplôme d'ingénieur, par exemple, que lorsque l'on regarde ces chiffres globaux.

Bref, pas franchement de confirmation évidente non plus que "formation supérieure plus longue" = "vie professionnelle meilleure".

 

Ce que l'on ressent sur le terrain, c'est plutôt qu'une absence totale de sélection (celle à l'entrée M2 est encore préservée, sous réserves, mais pour combien de temps?) ainsi qu'une multiplication des compensations et des recours possibles pour valider conduisent plutôt nécessairement à une diminution du socle de connaissances minimal qu'un diplôme donné est censé représenter. Et qu'il s'ensuit une course à l'échalotte, à savoir qu'un employeur demandera un bac+5 là où il prenait un bac+3 auparavant, etc. 

Bref, on nous demande aujourd'hui, sans moyens, d'accueillir de plus en plus de monde et surtout on exige quasiment que tous en sortent diplômés. L'échec étant nécessairement le fait des enseignants. Les "privilégiés" (sociaux ou culturels) continueront, je le crains, à soigneusement éviter l'Université, et aller n'importe ou ailleurs, parfois même sur des formations courtes (un certain nombre d'IUT recrutent aujourd'hui des mentions bac uniquement, et les emplois en sortie sont nombreux et intéressants, à mon sens...)

 

 

 

Les commentaires sont les bienvenus, surtout ceux qui démonteraient cette pseudo-analyse: je ne demande qu'à changer d'avis. Les sources également, j'imagine qu'un tas de gens plus intelligents que moi ont conscré beaucoup plus de temps à ces questions (mais factuelles les sources hein, pas du blabla).

 

 

Remarque: On me dit que la tranche des 20-24 ans n'est pas pertinente puisque les 20-24 ans étant souvent étudiants, ils ne sont pas au chômage (et réciproquement). Je m'étais fait la remarque, même si a priori on finit un master à 23 ans (et un BTS/DUT à 20), mais on ne trouve pas facilement les statistiques par tranche d'âge de 5 ans (en gros, c'est souvent 25-49 ans). 

J'ai fini par trouver une courbe ici. En "extrayant à la main" les données (c'est un peu moche mais bon, ça ira pour ce que je veux dire), je trouve que pour les 15-29 ans, le taux de chômage "moyenné sur 5 ans" n'a pas bougé entre 1983 et 2010 (on passe de 17.8% à 18%, avec une petite baisse à 15% à la fin des années 1980-début des années 90).

Encore une fois, pendant ce temps là, le taux de diplômés du supérieur à doublé.

On peut aboutir à la même conclusion en regardant uniquement les 25-29 ans, pour lequel on a un taux de chômage de l'ordre de 11-12% depuis le milieu des années 90 (et 9-10% avant).

Peut-être après tout, que la conclusion est du genre "c'est pas plus mal que si c'était pire" (un peu comme ceux qui justifient le CIR en disant que sans, les grands groupes auraient encore plus licencié de chercheurs), mais personnellement ça m'excite moyen.

 

Précision: Que l'on me comprenne bien, je ne défends pas de thèse ici, je ne suis simplement pas convaincu que l'élévation du niveau de formation, ou plutôt l'augmentation généralisée du nombre d'années d'études, soit forcément une solution pour l'emploi des jeunes. Parce que, vu du terrain, ce n'est pas l'impression générale. Il faut se méfier de ces impressions, mais je n'aime pas que l'on balance comme des évidences des choses qui ne le sont, selon moi, pas. Donc j'essaye de trouver des arguments. Ici, ils sont plutôt "contre", mais je suis conscient 1. des limites de mon argumentaire 2. de mes limites en analyse statistique de données. En fait, je serais même très content que l'on me prouve que ce que je raconte est faux.

 

 

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7 avril 2015 2 07 /04 /avril /2015 11:36

Je publie et réfère des articles chez Elsevier et autres Wiley.

 

Certaines des études sur lesquelles je travaille et publie sont "alimentaires" (j'entends par là que l'intérêt scientifique n'est pas majeur, mais qu'il y a un peu d'argent et une ligne de plus sur le CV à la clé).

 

Je suis en train de remplir un dossier pour faire des expertises dans le cadre du Crédit Impôt Recherche.

 

J'ai accepté de m'occuper de trucs qui ne m'intéressent absolument pas et ne devraient pas relever du travail d'un enseignant-chercheur, ou de me laisser abuser par l'institution, pour de mauvaises raisons.

 

J'ai trop souvent fermé ma gueule lorsque j'ai été confronté à certaines procédures internes aussi inutiles que chronophages et humiliantes.

 

Il y en a sans doute eu, et il y en aura sûrement encore, beaucoup d'autres...

 

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20 mars 2015 5 20 /03 /mars /2015 15:17

La loi, c'est la loi, dura lex sed lex, nul n'est censé l'ignorer, etc. Certes. L'Université de Franche-Comté, qui pourtant avait l'air d'un peu la connaître, l'apprend peut-être à ses dépens.

 

Maintenant, il y a la réalité du terrain. 

 

Voici la mienne. J'ignore sa représentativité, mais je vais essayer de la raconter telle qu'elle est.

 

Nous nous occupons d'un Master 2 professionnel. Par nous, j'entends l'équipe pédagogique, constituée de 6 enseignants-chercheurs et un secrétaire pédagogique. C'est un master qui, sans être fantastique, marche plutôt bien, en ce sens qu'il a plutôt bonne presse auprès des étudiants, et, visiblement, des employeurs.

J'en ai déjà parlé il y a quelques temps. A l'époque, la gestion était assurée par deux maîtres de conférences, désormais partis à la retraite, et dont les dernières années ont été difficiles parce que subitement, leur statut de non-publiant a commencé à déplaire. 

Nous avons décidé de nous répartir les tâches qu'ils effectuaient à deux du mieux que l'on peut, puisque parmi les 5 "jeunes", personne n'a envie de totalement se griller d'un point de vue recherche.

Il faut savoir que la responsabilité d'un master donne droit, chez nous, à une royale décharge de service de 10HED, soit à peine plus que le suivi d'un étudiant en apprentissage. Je rappelle qu'un enseignant-chercheur doit assurer a priori 192HED de cours annuels, ce qui est censé correspondre, d'après les textes détaillant l'activité d'un enseignant-chercheur, à 803.5h de travail (préparation, correction de copies, gestion des UE, etc) - le reste devant être consacré à la recherche. Bref, 10HED, ça veut dire qu'on estime que gérer un master à l'année, ça vous occupe 40h de travail effectif. Je pense que, pour le faire bien, sans soutien de secrétariat, c'est au moins 200. Du coup, chez nous, je ne sais même pas si quelqu'un les demande, les 10HED; en tout cas, elles ne sont pas partagées en 6.

Sur les 6 personnes, 2 jeunes s'investissent assez peu, par choix personnel, dans la gestion proprement dite. Le chef d'équipe est quant à lui détaché à mi-temps et très sollicité. Il s'occupe des maquettes et suit les histoires de restructuration (notre master est cohabilité avec une autre université actuellement en grand chambardement), mais ne gère pas le quotidien, sauf, et encore, grosse urgence. Personne n'a jamais réussi, quelle que soit la méthode employée, à faire faire un travail suivi à notre secrétaire pédagogique*.

Donc, au quotidien, nous sommes 3. Il se trouve que sur ces 3, 2/3 voire 3/4 du travail était assuré par une seule personne, qui aura tenu 1 an et demi avant de demander son départ en disponibilité (pour différentes raisons, mais qui ont été exacerbées par la stérilisation en recherche et l'absence d'épanouissements par rapport à ce travail globalement assez peu stimulant intellectuellement). Il vient de partir, un jeune collègue a accepté de reprendre une partie de ses fonctions, nous verrons combien de temps il tiendra...

 

Le travail peut se décomposer en plusieurs parties, principalement:

- le suivi quotidien des étudiants, mais aussi des intervenants, qui sont souvent des grands enfants, notamment les extérieurs ou les industriels ("vous vous souvenez que vous avez cours demain?" "voila le plan du campus pour la 8ème fois" "j'attends votre sujet d'examen" etc). C'est le plus gros du travail, c'est extrêmement fastidieux. Dans 90% des cas, ça devrait être géré par un secrétariat pédagogique, qui ne devrait solliciter l'équipe pédagogique que pour des questions spécifiques d'étudiants liées au contenu des cours etc.

Vous n'êtes pas obligés de me croire, mais rien que le fait que notre master soit cohabilité, par exemple, a nécessité de la part de notre collègue un énorme boulot pour simplement parvenir à inscrire les étudiants (l'essentiel du boulot consistant à trouver le bon interlocteur, celui prêt à prendre la responsabilité d'inscrire les étudiants). Qui n'ont donc finalement eu leurs cartes d'accès, login internet vers la plateforme de contenu etc, qu'à la fin du premier semestre. Le master a plus de 10 ans, et chaque année c'est le même cirque administratif.

Vous n'êtes pas obligés de me croire non plus, mais les étudiants qui chialent pour n'importe quelle raison, qui passent à n'importe quelle heure et pensent que vous êtes toujours disponible pour eux (et qui font de la mauvaise pub si vous ne l'êtes pas), ce n'est pas tous les jours facile à gérer.

- le suivi des stages. S'assurer que tout le monde trouve un stage, vérifier que le contenu est à peu près cohérent, veiller à l'établissement des conventions. Attribuer les tuteurs, organiser les soutenances, vérifier que les rapports de visite sont bien transmis dans le cas de l'apprentissage, faire le lien avec le CRA etc.

- et bien sûr, le recrutement. Diffuser les dossiers, les récupérer, les trier, organiser les jurys, recevoir les étudiants en plusieurs sessions (les "intérieurs", les "extérieurs", les "apprentis") en fonction de leurs emplois du temps respectifs, les recontacter pour leur faire part de notre décision etc. En gros, le master tourne à 20-30 étudiants, et nous recevons environ le double de candidatures. 

- enfin, récupérer les notes des intervenants, les rentrer, organiser les examens et les rattrapages, établir le PV en fin de master etc. 

 

 

Bon, voila.

Franchement, certains y trouvent leur compte, mais en ce qui me concerne je ne trouve pas ça bandant. Je m'investis un peu (dans le suivi des stages) parce que je pense que jouer collectif est quand même important dans une certaine mesure, et parce qu'un fond de conscience professionnelle me fait penser qu'après tout, du point de vue des étudiants, le master remplit bien sa fonction. 

Après, comme je l'ai déjà écrit, je ne suis pas mère Teresa, et comme me le disent certains collègues, il faut aussi savoir dire non, et notamment pour faire comprendre que le système ne tournera pas indéfiniment de par la bonne volonté des personnels.

Alors voila, pour revenir au sujet, je pense que, dans mon master, nous ne serions pas à l'abri d'une décision de justice similaire à celle rendue à Besançon récemment. Parce que je pense que mon collègue qui s'occupe des admissions, même s'il prévient tout le monde individuellement, ne fais pas de message personnalisé de 2 pages pour réconforter l'étudiant. Parce que, franchement, les raisons sont toujours les mêmes...** ***

Certes, ça n'excuse rien mais, si ça arrivait, je pense que ça me casserait suffisamment les c... pour dire "ok, stop, j'arrête". Je fais les cours et c'est tout. Pour le reste, recrutez des fonctions support. Ou, soyons démago, employons un peu mieux celles déjà en place, parfois pléthoriques.

 

 

 

* pour donner une idée du personnage: la depuis près de 10 ans, il fonctionne toujours avec un webmail qui ne lui permet pas d'archiver plus d'une semaine de mails. C'est un peu gênant pour un secrétaire. Il lui est arrivé une paire de fois de venir me demander de lui ressortir des documents... 

 

** les étudiants pris à deux masters qui ne viennent pas le jour de la rentrée nous envoient d'ailleurs rarement de longues missives pour s'excuser de ne pas venir...

 

*** le master 2 est à peu près le seul moment, à l'Université, où on peut enfin travailler avec une promotion relativement homogène, et donc plus avec 1/3 d'étudiants dont il faut s'occuper, mais qui sont autant à leur place que moi à un entraînement du PSG.

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19 mars 2015 4 19 /03 /mars /2015 09:17

Avant-hier, le tribunal statuant sur le refus d'admission en M2 d'une étudiante par l'Université de Franche-Comté a rendu son verdict. Il a jugé illégale la décision de l'Université, pour cause de refus insuffisamment motivé.

La mention du refus par l'Université était la suivante: "Votre cursus et le dossier présenté ne satisfont pas aux exigences académiques du master. Notes trop faibles dans les matières fondamentales".

Le tribunal ne se prononce pas sur la "sélection" stricto sensu.

Pour avoir une idée plus précise de l'affaire: voir sur EducPros (1ère partie, 2ème partie, avec un commentaire très pertinent d'un dénommé F. Vatin) et France3.

 

Petit rappel historique: la réforme licence-master-doctorat a été menée en France à partir de 2002, dans une optique d'harmonisation des cursus au sein de l'UE. Dans ce cadre, il n'y a plus que 3 niveaux de "diplômes" à l'Université. Les années intermédiaires, ce qu'on appelait autrefois le DEUG (L2), ou la Maîtrise (M1), disparaissent. Les diplômes sanctionnent l'obtention de crédits (ECTS), 180 crédits pour la licence, a priori sur 3 ans (1 crédit ~ 10h de cours), et 300 pour le master. On est aussi passé dans un régime semestrialisé. 

Il se trouve que, probablement par une certaine forme d'inertie, la plupart des Universités continuent à raisonner en "années" en plus des semestres, et donc à valider les années les unes après les autres. Mais concrètement, "valider un M1" ne devrait plus vouloir dire grand chose, et dans le cadre du LMD on pourrait très bien imaginer commencer un semestre sans avoir fini de valider le précédent, voire faire les semestres (ou valider les crédits qui le composent) dans n'importe quel ordre.

Dans le principe, le LMD définit donc deux étapes importantes: le passage de L à M, puis le passage de M à D. Or, lors de sa mise en place, l'UNEF a obtenu, pour des raisons qui continuent de m'échapper, que l'obtention du L donne, de droit, la possibilité à l'inscription en M1. C'est donc à la fin du M1 que la plupart des équipes pédagogiques gérant des M2 "sélectionnent" de façon plus ou moins drastique, principalement selon la réputation du M2 (certains sont obligés d'aller recruter la moitié de la promo à l'étranger, d'autres ne prennnent que 10% des candidats...). 

 

Petit rappel légal: comme toujours, il y a un arrêté imbittable dont l'interprétation peut varier qui définit ce qui peut être fait légalement. 

L'article 11 commence par répéter ce que j'ai écrit plus haut (l'accès de l'étudiant titulaire d'une licence dans le même domaine est de droit pour le M1). La suite distingue l'accès en M2 Recherche (eg où les étudiants ont plutôt vocation à s'orienter ensuite vers le D) et l'accès en M2 Pro (où le diplôme se veut un diplôme de fin d'études équivalent à celui des écoles d'ingénieur ou de commerce). 

Dans le cas du M2 Pro, il est écrit "'l'admission ultérieure dans un master 2 professionnel est prononcée par le chef d'établissement sur proposition du responsable de la formation."

Dans le cas du M2 Recherche, cela renvoie à un autre arrêté, abrogé en 2006, donc je suis un peu perdu. Celui-ci stipulait que grosso modo, c'était ici le responsable de l'école doctorale qui proposait d'accepter le candidat en M2R, validé par le chef d'établissement. Je ne sais pas quelles sont les dispositions actuelles, du coup.  

 

Voyant ceci, j'ai encore plus de mal à comprendre l'affaire. 2 choses m'échappent en fait: que le refus ait été jugé insuffisamment motivé. Les notes sont trop faibles, le dossier n'est pas au niveau. Que dire de plus? 

 

Voici ce qu'en dit Eolas sur Twitter:

 

 

 

Donc, je suppose que c'est ce que l'Université va faire, désormais, dans le mois qui lui a été alloué pour rééxaminer et répondre à l'étudiante. Au lieu de dire, "notes insuffisantes dans les matières fondamentales du master", elle va écrire "vous avez 9.5 en management de gestion de projet et 8 en diagrammes de Gantt et Swot alors que nous ne recrutons personne avec moins de 12 dans ces matières". Ce qui, fondamentalement, est quand même exactement la même chose.

Et dans un deuxième temps, je me demande alors quel est alors le bien fondé, ou l'intérêt, d'une telle procédure? Sachant qu'il s'agit d'un Master 2 Pro (Management administratif et financier des entreprises), que le responsable de formation n'accepte pas l'étudiante dans le respect de ce qui est defini dans l'arrêté de 2002, que peut-on vouloir de plus? Si je comprends bien (mais je ne suis pas juriste), le tribunal ne pourra que dire "pas de problèmes, tout est parfaitement normal", non? *

 

Update du 21 mars: en relisant l'article d'Educpros, et grâce aux tweets d'@apokrif, je finis par mieux comprendre ce qui est reproché. Le refus est suffisamment motivé de "fait" donc la justification "académique", contrairement à ce que dit Eolas, semble suffisante. Ce qui est reproché, c'est de ne pas avoir fait mention des textes juridiques suivis (eg, probablement, l'arrêté). Pour reprendre mon article suivant, il faudra donc rajouter une petite phrase dans nos lettres de refus ("conformément à l'arrêté machin, et vu que vous n'avez pas le niveau, nous ne vous prenons pas dans le master"). 

 

Dans un second article, que j'espère avoir le temps d'écrire prochainement, j'essaierai de détailler un peu plus comment, de mon point de vue (celui d'un enseignant-chercheur "de base" qui co-gère un master 2 professionnel) les choses se passent sur le terrain. Parce que je crains que le caractère de plus en plus procédurier des étudiants, conjointement aux attaques de plus en plus nombreuses contre tout ce qui pourrait ressembler de près ou de loin à un semblant de sélection à l'Université, ne nous entraînent vers le fond assez rapidement...

Pour donner un exemple rapide, dans le cadre du master (accessible en apprentissage) dont je m'occupe: dans le cas franc-comtois, l'étudiante a "validé le M1" (eg, sa moyenne sur les 2 semestres est supérieure ou égale à 10, avec les jeux de compensations entre matières et/ou entre semestres propres à l'Université ou au cursus suivi). Dans notre cas, nous avons été "obligés" d'accepter en M2 un étudiant qui avait environ 7 de moyenne en M1, car il disposait d'un contrat d'apprentissage sur 2 ans.

 

 

Merci à @Maitre_Eolas pour sa contribution, et à @Fabrice_BM pour m'avoir transmis le texte de loi. Et aux autres pour les discussions à ce sujet sur Twitter, hier, assez enflammées.

 

 

* La réponse est peut-être bien non, dans la mesure où un article du Code de L'Education contredit "l'arrêté master", d'où les cas précédents à Bordeaux notamment. 

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3 mars 2015 2 03 /03 /mars /2015 10:05

Sola (12 rue de l'Hôtel Colbert, 75005 Paris, site web) est le restaurant d'Hiroki Yoshitake, dont vous avez une biographie exhaustive ici (en France, il est passé par le Fogon, antre de la paella chic à Paris, et l'Astrance de Barbot).

 

Comme souvent, j'arrive presque 5 ans après la bataille, puisque le resto a ouvert fin 2010, fait le buzz dans la blogosphère en 2011 et eu une étoile au Michelin en 2012 (ou 13). Forcément, plus grand monde n'en parle aujourd'hui, avec 5 nouveautés par mois dans lesquelles il faut se ruer pour les oublier aussitôt.

Pour l'anecdote, le restaurant, à proximité de Notre-Dame sur la rive gauche, est situé là où H. Darroze avait ouvert Toustem, son second restaurant, à la durée de vie très éphémère mais où me semble-t-il, j'avais dîné (mais je n'en ai aucun souvenir précis).

 

Compte-rendu d'une visite fin janvier 2015, au dîner, par un froid glacial.

Vieille bâtisse, au rez-de-chaussée il y a la petite salle "française" (une vingtaine de couverts), un peu terne à mon goût même si les tables sont joliment dressées. Quelques courants d'air se font sentir quand des clients entrent et sortent. A gauche, il y a la cave à vin avec quelques étiquettes alléchantes, et au fond, la cuisine ouverte (mais qu'on ne voit pas de la salle). En bas, le "salon japonais" où on mange en chaussettes et à genou, mais que je n'ai pas visité (vu l'état de mes genoux et de mon dos, 2 ou 3h dans cette position n'est guère prudent).

Le soir, c'est menu carte blanche surprise (on mentionne au départ ses allergies ou dégoûts alimentaires) à 98€. Amuse-bouches, 4 petites entrées, 1 poisson, 1 viande, 1 pré-dessert, 1 dessert, mignardises.

Accord mets-vins à 5 verres et 65€ (si je ne me trompe pas).

 

On peut qualifier la cuisine proposée de "très dans l'air du temps" (si tant est que ça veuille dire quelque chose). C'est assez épuré, avec des dressages verticaux et des assiettes très graphiques, des cuissons lentes, des jeux de texture (utilisation désormais classique de miettes ou chips diverses). Peu d'influences asiatiques finalement (peut-être dans la 4ème entrée, non prise en photo: saint-jacques et jus de crustacés, ou dans quelques sauces et ingrédients ici et là), mais ce n'est pas vraiment de la cuisine française non plus. C'est "mondialisé" contemporain. 

Les cuissons sont justes, les goûts sont là, tout est de bon ton. J'ai particulièrement aimé la truite, la seiche et l'agneau. Les amuse-bouches (couteaux au piment d'espelette, focaccia au parmesan, topinambour) étaient bien aussi. Le dessert n'était pas sans rappeler, tant au niveau du dressage que de l'inspiration, un dessert à la fraise mangé chez Toqué! (Montréal).

L'oursin est le plat qui m'a le moins convaincu (bon goût mais consistance trop "bouillie": il y avait le fondant, mais il manquait le croquant, comme dirait Lignac), le cabillaud était excellent mais la sauce avait une consistance un peu perturbante, comme une crème anglaise.

 

Un repas globalement sans-faute, mais, peut-être, en ce qui me concerne, sans véritable coup d'éclat. Peut-être un petit air de déjà vu (par exemple à La Scène, qui me semble évoluer sur un registre gastronomique similaire), sur certains plats comme la truite, l'agneau, ou le pré-dessert (yuzu, chocolat blanc, basilic). On peut aussi signaler les limites de la communication sur le "menu du jour en fonction de l'inspiration du chef", certains plats revenant visiblement régulièrement, en tout cas sur une période donnée

 

Pour ceux qui ne sont pas familiers avec cette approche par contre, c'est un très bon point de départ, l'étoile m'apparaît tout à fait méritée. Le service, notamment, est assez haut de gamme, dans le genre grande maison traditionnelle cette fois, discret et courtois sans être prout-prout (avec le maître d'hôtel qui présente les plats en français, anglais ou japonais, au choix: la clientèle est assez éclectique, il y avait même le comédien J. Lambert). Comme il n'y a pas de menu et que, pour les grandes occasions, j'aime bien l'avoir en souvenir, le maître d'hôtel me l'a écrit à la main, et fait dédicacer par le chef.

 

Les accords mets-vins sont bien choisis, par une sommelière japonaise presque trop discrète: j'ai beaucoup aimé le Saint-Joseph de Cuilleron avec l'agneau, et un macon avec la seiche dont j'ai hélas oublié le producteur. Sur l'oursin, on m'a servi un verre de saké, probablement très bien mais j'avoue ne pas vraiment être fan de cet alcool.

 

Pour conclure, dans le genre, c'est donc très bien; d'un point de vue personnel, ça finit simplement par manquer un poil de surprise.

 

 

1ère entrée: Truite et oeufs sur fenouil

1ère entrée: Truite et oeufs sur fenouil

2ème entrée: Oursin, gelée d'algues, crème de potiron

2ème entrée: Oursin, gelée d'algues, crème de potiron

3ème entrée: Seiche, encre de seiche, crème d'oignon

3ème entrée: Seiche, encre de seiche, crème d'oignon

Poisson: Cabillaud, crème d'ail blanc et noir, poireaux, graines de moutarde

Poisson: Cabillaud, crème d'ail blanc et noir, poireaux, graines de moutarde

Viande: Agneau de lait, sauce miso rouche, radicchio

Viande: Agneau de lait, sauce miso rouche, radicchio

Poire, jasmin

Poire, jasmin

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20 février 2015 5 20 /02 /février /2015 15:12

Devant le manque d'inspiration sur des sujets plus professionnels, j'en profite pour continuer sur la lancée de l'article précédent, avec un retour sur l'Italie et les trattorias (voir les pizzerias dans mon article 6, lien ci-dessous).

 

Retro Bottega: (12 rue Saint-Bernard, 11ème, métro Faidherbe ou Ledru-Rollin, site web). Petite échoppe qui a ouvert il y a environ 2 ans, et comme cela se fait de plus en plus couramment, est passée au fil du temps d'épicerie fine à bar à vins avec dégustation de charcuteries, fromages et autres, à "vrai resto" (on peut encore y acheter des produits).

Le patron, Pietro, vient des Pouilles et est sommelier de formation. La salle est minuscule, en été il y a une petite terrasse "sauvage" avec 10-15 places. La déco, désormais standard à Paris, est faite de bric et de broc, avec ici néanmoins une certaine authenticité "je-m'en-foutiste - l'important-c'est-dans-l'assiette".

Niveau assiette, c'est vraiment très bon, dans un registre la aussi de plus en plus courant de "tout pour le produit": la partie transformation est très basique, rien qu'un cuisinier amateur ne puisse faire peu ou prou chez lui, mais tous les produits sont de top qualité. En entrée, ça donne par exemple burrata-petits artichauts- figues fraîches- vinaigre balsamique, super. Ou alors , simplement de la charcuterie. En plat, risotto ou pates, accommodées avec les produits du jour, ce soir là, il y avait de la pancetta, de la truffe blanche, des petites courgettes, de la menthe, du bon fromage. Tout est bien cuit al dente, c'est assez copieux, et "original" (ou "personnel") malgré tout. Franchement, on se régale, même le pain est délicieux.

Le patron est, de plus, vraiment sympa, et de très bon conseil sur les vins italiens. Il a d'ailleurs ouvert une cave à vin pas loin. Il gère un peu tout dans le resto, le service et une partie de la cuisine, avec un aide-cuisinier ou deux (la cuisine, c'est en gros deux plaques chauffantes et un four, puisque la majeure partie des entrées sont crues...).

Je ne suis pas loin du coup de coeur, c'est vraiment une cuisine qui fait plaisir, malgré tous les a priori que l'on pourrait avoir quant au fait que ce resto coche toutes les cases du branché actuel. Il y a quand même un petit point noir: le prix. Les plats sont autour de 25, les entrées de 15, et les desserts (qui avaient l'air très tentants aussi , gourmands dirait Cyrille L., mais nous devions partir) autour de 10. Le vin au verre autour de 5. Même si c'est copieux et qu'on partage un dessert, on arrive vite en picolant un peu à 60€/tête. A ce prix là, malgré la qualité des produits, j'attendrais un peu plus, soit au niveau du confort, soit au niveau de l'"art du chef" (ou même des deux, soyons fous).

A 10-15€ de moins, ou avec une proposition de menu autour de 35, ça serait vraiment top. La, en y repensant, on se dit toujours un peu (en tout cas moi, peut-être parce que je cuisine un minimum), merde, quand même, c'est un peu trop "simple" pour le prix. 

 

 

Les amis des Messina: (204 rue du Faubourg Saint-Antoine, 12ème, métro Faidherbe, site web). Du nom du chef, sicilien. Il a aussi ouvert récemment une épicerie/cave à manger/restaurant/salon de thé vers les Halles.

Ambiance plus feutrée que le précédent, plutôt orientée "semi-gastro", tons sombres, lumière tamisée, ce qui n'est pas si fréquent dans le quartier. Il y a une salle à l'étage que je n'ai pas vue, au rez-de-chaussée, sur le devant il y a de l'espace, mais au fond on est un peu dans le passage (la cuisine est à droite, les tables à gauche, et les serveurs passent au milieu et ce n'est pas très large).

La carte est également plus variée, poissons, viandes, pâtes, antipasti etc.

L'assiette d'antipasti à partager est pas mal, pas hyper copieuse pour deux, mais tout est bon.

Les pâtes sont très bonnes aussi, avec des recettes siciliennes (alla norma) ou moins locales, mais les sauces sont bien travaillées et pas "communes". 

Le tiramisu m'a laissé un très bon souvenir (si je ne confonds pas) également.

Compte-rendu succinct, mais là aussi, j'ai trouvé les prix un peu trop élevés (autour de 20€ le plat de pâtes pourtant sans ingrédients extrêmement onéreux, 25€ les antipasti à partager). On avait aussi beaucoup attendu entre l'entrée et le plat, voyant bon nombre de tables autour de nous, arrivées après et servies avant, le tout sans un mot d'explication (classique énervant du quartier).

En conclusion, rien de catastrophique mais une addition un peu trop salée selon moi pour une cuisine qui ne m'a pas bouleversifié et quelques problèmes dans le service, nous n'y sommes pas retournés. Et, disons que j'accepterais bien plus volontiers de "surpayer" pour retourner à la Rétro Bottega qu'ici, affaire de goût.

 

 

Et puis, il y a tout près de là, le fameux Caffe dei Cioppi (159 rue du Faubourg Saint-Antoine, 11èm, entre Ledru et Faidherbe), qui a fait le buzz il y a déjà  5 ans ("fooding d'amour 2010 entre autres"), mais qui tient bon la barre et continue d'être complet assez longtemps à l'avance (mais il paraît que c'est tout petit, et privatisable le samedi je crois). Un signe. Bref, nous n'avons pas encore pu y aller, mais j'espère bien tester avant de quitter le quartier... si certains d'entre vous connaissent et y sont allés récemment, n'hésitez pas à me dire si ça vaut le coup.

 

 

Globalement, si vous me permettez une remarque de portée générale, je trouve quand même que les bons italiens à Paris sont un peu trop chers (comme beaucoup de restaurants vous me direz, mais je trouve que c'est plus marqué sur la cuisine italienne que sur d'autres)...

 

 

Et pour rappel:

Où manger à Faidherbe-Chaligny?

Bistrots ou semi-gastros français, 1 , 2 et 3

Afrique du Nord et Afrique Noire

Asie

Italien (pizzas)

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6 février 2015 5 06 /02 /février /2015 08:40

Avant de parler de trattoria, un bref article sur les pubs (et autres bars-restos) du quartier.

 

Côté irlandais, il y en a 2, et c'est facile, ils sont tenus par la même famille. Néanmoins, ils sont assez différents l'un de l'autre.

 

Le premier, Patrick's (le Ballon Vert), est au 33 rue de Montreuil, plutôt du côté Faidherbe. C'est un pub gigantesque, assez classe à l'intérieur, dans son jus avec dorures, bois et tissus jacquard sombres (dommage que le store banne extérieur, jamais nettoyé, soit couvert de chiures de pigeons), et différentes "ambiances".

En rentrant, en face, il y a un long bar en L. A droite, c'est un peu "club", avec des fauteuils bas. Au fond à droite, une salle en longueur avec des tables pour manger. A gauche du bar, des tables hautes avec des grands tabourets, et au fond quelques tables pour manger. Il doit bien y avoir 60 ou 80 places assises, et certains soirs il y a probablement 2 fois plus de monde que ça.

En gros, il y a beaucoup d'ambiance quand il y a des gros matchs de foot ou de rugby (Coupe du Monde, 6 Nations) car il y a plusieurs écrans, ainsi qu'un écran géant dans la salle du fond. Le reste du temps, c'est tranquille et on peut y bosser, lire son journal, ou discuter assez peinard.

Les bières à la pression sont on ne peut plus classiques et à part la Guiness pas irlandaises (pinte à 7€50), mais ils ont une sélection intéressante de bières bouteille de tous pays (Ecosse, Australie etc), et plus de 150 whiskys disponibles pour la dégustation (à des prix très musclés; si je me souviens bien, le verre de 4 cl de Bushmill's 10 ans dont la bouteille vaut dans les 30€ est autour de 10...).

La bouffe est du pub la aussi classique, fish and chips pas mal, bangers and mash (saucisse purée) idem, entre 10 et 15€. Leurs burgers étaient plutôt bien aussi (autour de 15€) mais la dernière fois que j'y suis allé c'était pas terrible (pain pas très chaud, viande de qualité bof et portion en baisse), je ne sais pas si c'est un accident. A noter, une formule cheeseburger-coca ou demi à 10€ le midi, plutôt un bon plan.

Le service est probablement ce qui fait que je n'y vais pas (plus) aussi souvent que je le pourrais (c'est à deux pas de chez moi, et j'aime bien descendre une mousse le vendredi soir ou aller voir des matchs dans un bar ou un pub). Quand le patron (un vieil irlandais, taciturne mais très poli) est là, c'est ok. Quand c'est blindé de monde, étonnamment, ça va pas trop mal aussi. C'est plutôt quand le patron n'est pas là, ou alors le midi, en journée, ou en début de soirée quand il n'y a presque personne que c'est assez pénible. Bien que majoritairement irlandais (dont l'un des fils du patron), les serveurs sont assez forts pour faire semblant de ne pas te voir. Parfois, même, ils te regardent intensément, sans rien te demander, puis s'en vont. Ou alors t'expliquent, quand tu es à un bout du bar en L, qu'ils ne servent pas là et qu'il faut aller à l'autre bout. Un vrai service à la parisienne, en somme. Je ne sais pas, peut-être que je m'y prends mal, mais je suis parti une fois sans commander. On était 10 dans le bar, pour 3 serveurs, ils m'ont donc vu arriver (j'ai dit bonjour, on m'a répondu), m'asseoir, un des serveurs est même venu commander à la table voisine de la mienne, mais au bout de 20 minutes, je me suis levé, je suis parti, j'ai dit au revoir, personne n'a bougé.

 

A quelques mètres de là, un autre fils du patron a ouvert The Green Goose (19 rue des Boulets, au croisement de la rue des Boulets avec la rue de Montreuil, métro rue des Boulets). C'est plus petit, mais il y a quand même je dirais une quarantaine de places assises et pas mal de place pour circuler debout (les tables sont le long des murs, le bar au fond à gauche, l'espace central est libre). Point de vue déco, c'est plus sobre que chez Patrick's, bois foncé brut. 

Sur tous les autres plans (sauf pour visionner les matchs, même s'il y a deux petites télés sans le son), c'est je trouve par contre très supérieur. 

Déjà, le mec est sympa. Il m'a vu 5 ou 10 fois, il me remet, me dit bonjour si on se croise dans la rue, et a toujours essayer de nous accommoder les 3 ou 4 fois où nous sommes venus nombreux et à l'arrache.

Ensuite, à la pression, ils ont toute la gamme O'Hara's (la aussi dans les 7€ la pinte), brasserie irlandaise qui fait des blondes, des brunes, et des rousses que je trouve toutes plutôt sympas. La aussi, pas mal de bières bouteilles de tous pays.

Enfin, la bouffe est vraiment pas mal, un peu "gastro-pub". Steack mariné, Irish Stew, tourtes, un très bon club sandwich qui a malheureusement disparu de la carte, oeuf écossais, carrot cake... La carte est assez petite (en gros 5 entrées, 5 plats, 5 desserts) mais change assez régulièrement en dehors de quelques incontournables. Plats autour de 15€, entrées vers 8, et desserts à 7, mais bon, on y va rarement pour faire entrée plat dessert. Ils proposent même des "accords mets-bières".

Vraiment, je trouve ça assez chouette, malgré les prix peut-être un poil trop parisiens.

 

 

On peut aussi mentionner dans le coin une "curiosité", l'un des seuls bars allemand de la capitale, le café Titon (34 rue Titon, site web). Je n'ai pas eu l'occasion d'y aller, parce que quand je passe devant c'est toujours plein (le vendredi et samedi soir, ça déborde jusque dans la rue, avec une clientèle assez hipster), mais ils ont l'air d'avoir une belle collection de bières allemandes, et quelques tables pour manger du sauerkraut, des currywursts et autres plats typiques teutons. En tout cas, ça me fait envie depuis longtemps, j'aimerais bien essayer, peut-être faudrait-il que j'essaye d'y aller un midi.

 

 

Enfin, il y a sur la place Faidherbe-Chaligny tout un tas de bars-restos "français". J'ai déjà mentionné En Attendant l'Or (6 rue Faidherbe, site web). Bouffe plutôt pas trop mal dans le registre archi-classique (voire éculé) de la brasserie aveyronnaise. Les planches de fromage et charcute sont un peu chiches et pas données, misez surtout sur les plats, burger, saucisse-aligot ou grosses salades pleines de patates sautées (autour de 15€). Formule plat du jour à 10 ou 11€ le midi au rapport qualité-prix pas mal du tout. Brunch très couru (grands buffets à volonté sucré et salé), et souvent pas mal de monde le soir, autant pour manger que pour picoler, surtout le jeudi (soirée aligot).

En face, il y a le Baroudeur (1 rue Faidherbe) qui a l'air d'être une mini-chaîne (il y a au moins un autre bar du même nom à Montparnasse). Le mercredi soir, happy hour quasiment toute la soirée, donc beaucoup de monde et de la musique. Le reste du temps, c'est plus calme. Je n'y suis jamais allé déjeuner car les plats annoncés, du brasserie parisienne typique (potentiel Métro fort) sont à des prix assez élevés (tranche 15-20€ plutôt que 10-15). Bref, n'ayant jamais lu ou entendu de recommandation forte pour contrebalancer mon instinct, je me suis toujours abstenu.

De l'autre côté, le Bidule (2 rue Faidherbe), le plus branchouille et aussi le plus jeune du lot. Clientèle majoritairement 20-25 ans, typée "zicos-fac de lettres-jean serré- keffieh-lunettes cerclées-barbe peignée- gomina", déco "chaises en métal piquées au jardin du Luxembourg et carburateurs qui traînent dans la salle pour faire déglinguos", bref vous voyez le genre. Un succès fou, plutôt pour boire de ce que je vois (je passe devant tous les jours). On m'a dit plusieurs fois que la bouffe était vraiment pas terrible (la aussi, à vue d'oeil du classique brasserie Métro-like).

Et encore en face, du coup dans le 12ème (202 rue du Faubourg Saint-Antoine), le Café Pierre (site web), qui a l'air beaucoup plus calme avec plein de place, et dont on (@krazykitty sur Twitter si je ne me trompe pas) m'a dit que le comestible était tout à fait correct.

 

 

Et pour rappel:

Où manger à Faidherbe-Chaligny?

Bistrots ou semi-gastros français, 1 2 et 3

Afrique du Nord et Afrique Noire

Asie

Italien (pizzas)

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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 11:09

Vous connaissez mon dada: les données chiffrées sur le système français d'enseignement supérieur et de recherche.

Et mon obsession: trop d'administratif dans l'enseignement supérieur et la recherche tue l'administratif.

 

J'avais fait quelques petites analyses à l'échelle de mon établissement, notamment en utilisant le rapport d'activités/bilan social qu'à une époque j'avais pu me procurer une ou deux années d'affilée.

 

Dans mon établissement, je rappelle que j'estimais en gros, as far as I can tell, 1 administratif pour 1 enseignant chercheur (en comptant les PAST et ATER, mais pas les vacataires; et de l'autre, en comptant les gestionnaires de terrain ainsi que les services centraux, RH, comptabilité, service financier, mais pas les services centraux "techniques"). Les chiffres exacts sont difficiles à trouver, puisqu'il ne sont pas présentés de cette façon, mais je sais que certains de mes lecteurs étaient dubitatifs. Au CNRS, par exemple, en allant fouiller dans le bilan social, on peut estimer que le ratio administratifs/chercheurs, tous statuts confondus, est de l'ordre de 1 pour 5.

 

Chez Gaia Universitas, je suis tombé sur cette carte diffusée par la CPU (et apparemment faite par l'AEF) et expliquant les "COMUE" (regroupements d'universités et d'établissements parce que "big is beautiful" pour le classement de Shanghaï, en tout cas c'est ce dont persuadés nos gouvernants depuis 10 ans), que j'ai trouvée proprement hallucinante.

 

 

Un peu de data sur l'ESR français

Sur cette carte, on voit, si je lis et compte bien, qu'à l'échelle nationale, on a 0.83 administratif pour 1 chercheur/enseignant-chercheur/enseignant dans les établissements de l'ESR.

C'est en fait assez stable: il n'y a que deux regroupements d'établissements qui ont un ratio inférieur à 0.6 (Côte d'Azur et Lille), plus sans doute un troisième (chiffres non communiqués concernant les administratifs), PSL, qui regroupe majoritairement des établissements de prestige ayant compris que pour continuer à attirer ou conserver des bons éléments au niveau enseignants-chercheurs comme étudiants, ne pas trop les faire chier pouvait être un plus (en termes administratifs, on dirait "assouplissement du régime procédural: trouver la solution dans l’exploitation des marges de manœuvres offertes par le socle de la règlementation et insuffler plus de flexibilité aux pratiques").

De l'autre côté, on voit que deux regroupements (HESAM, qui se veut aussi une COMUE "prestige" mais dont l'existence a été remise en cause récemment suite à la défection d'une de ses composantes majeures, ainsi qu'Aix-Marseille) franchissent la barre symbolique du 1 pour 1, avec même une valeur de 1.2 administratif pour 1 chercheur/enseignant dans le cas d'HESAM. Toulouse est à 0.99...

 

Mais à part ça, tout le monde est entre 0.7 et 0.9. Que dire, sinon que selon moi, c'est trop?

 

D'autant que, comme je l'avais souligné dans un billet précédent, la répartition n'est pas du tout uniforme: à l'échelle de mon laboratoire, qui dépend de 3 tutelles, nous avons 4 administratifs (secrétaire, secrétaire pédagogique, 2 gestionnaires). 1 par tutelle, la 4ème personne étant financée depuis quelque chose comme 15 ans sur fonds propres du laboratoire. Nous sommes plus de 30 chercheurs et enseignants chercheurs, on est donc sur un ratio d'1 pour 9. Bref, au plus près du terrain, là où potentiellement (de mon point de vue limité de petit homme de terrain) ils pourraient vraiment être utiles et nous apporter de la plus-value, rassurons-nous, des administratifs, il n'y en a presque plus.

Et vu que les regroupements se feront certainement à effectifs constants, que ces regroupements impliquent une strate supplémentaire à gérer, sans qu'aucune en-dessous ne soit supprimée, il est fort probable que toute l'échelle administrative "monte d'un cran", et que les labos se retrouvent encore plus dépourvus dans un futur plus ou moins proche. 

 

Loin de moi l'idée de prétendre qu'un établissement, encore moins qu'un regroupement d'établissements, de même qu'une entreprise, puisse tourner sans services centraux, gestionnaires, administratifs, comptables, ressources humaines etc. 

Après, je ne crois pas qu'il existe une boîte qui fonctionne avec x fonctions support pour x ingénieurs... et dans notre cas, ce sont quand même les chercheurs et enseignants-chercheurs qui "produisent". Le jour où on arrivera à un ratio du style de celui du CNRS, tout ira bien mieux selon moi: contraint ou forcé, les procédures devront être allégées et on n'aura plus besoin de 5 niveaux de signature pour changer une ampoule dans un couloir. Mais avant que ce jour béni arrive, il faudra boire le calice jusqu'à la lie (par exemple via les ZRR).

On peut aussi évoquer brièvement le "taux d'encadrement", soit le nombre d'élèves pour un enseignant.

La moyenne est à 14 étudiants par enseignant, mais il y a de plus fortes disparités. A priori, il y a d'ailleurs également de fortes disparités au sein de différents établissements d'un même regroupement.

Sans surprise, le leader de ce classement est PSL, avec moins de 6 étudiants par enseignant. A ce taux là, effectivement, on travaille bien...

Le bonnet d'âne est pour un autre regroupement d'île de France, Paris Lumière, avec 37 étudiants par enseignant.

D'un côté, Nanterre et Paris 8, de l'autre l'ENS, l'ESPCI, le Collège de France, les Mines, l'Institut Curie etc, personne n'est vraiment surpris...

Sinon, à quelques exceptions près, c'est entre 15 et 20.

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20 janvier 2015 2 20 /01 /janvier /2015 14:59

J'ai participé à mon premier jury de thèse, en tant que co-encadrant (le sous-fifre qui, en France, a le droit d'encadrer mais pas vraiment le droit de signer quoi que ce soit d'officiel, n'ayant pas reçu l'habilitation, ce sésame divin qui vous fait passer légalement de padawan à senseï).

 

Il se trouve que cette thèse était une cotutelle (j'y reviendrai par ailleurs) entre notre établissement et une université américaine. L'étudiant, chinois, ayant passé 2/3 voire 3/4 de son temps aux USA, et 1 an en France, la soutenance a eu lieu là-bas.

 

Il y a deux choses à dire avant de commencer: la soutenance (ou "Defense", comme on dit chez eux) est beaucoup moins "codifiée" que chez nous. Outre les variations entre disciplines, il y a au sein d'une discipline des façons de procéder relativement différentes d'un département à l'autre, même pour une discipline donnée. Chez nous, c'est beaucoup plus homogène.

D'autre part, le formalisme et la solennité me semblent moins présentes. Ce n'est pas la grande procession de la famille et des amis, il n'y a généralement pas de pot de thèse après (ou alors, il est bref, et ne dure pas toute l'après-midi ou toute la nuit). Il y a probablement un effet de distance (les familles américaines sont souvent éclatées sur un territoire largement plus grand que le notre), mais aussi le fait que la soutenance n'est finalement qu'une étape parmi d'autres pour décrocher le titre de docteur (il existe la aussi, de façon variable selon les départements, entre disons 2 et 4 "examens de passage" au cours du doctorat). Enfin, devoir rester quelques mois de plus pour amender le manuscrit ou pour publier un papier demandé dans le cadre de la validation est très fréquent, quand c'est chez nous uniquement pratiqué pour "sanctionner". 

 

Mais la chose qui m'a le plus frappé, et la je demande à mes lecteurs s'ils ont constaté ça aussi ou si c'était plus le fruit de la composition du comité (le directeur de thèse américain a la réputation, même en conf', d'être assez "frontal" dans ses questions), c'est le fait que le terme "defense" n'est pas ici un vain mot.

L'étudiant, qui de l'avis de tout le comité, a fait une bonne voire très bonne thèse, a du vraiment défendre ses positions, la partie américaine du comité le poussant dans ses retranchements sans montrer trop de bonhomie. L'appréciation positive du travail de l'étudiant n'a eu lieu que pendant les délibérations en l'absence de celui-ci, pas pendant les questions (alors qu'en France, il serait d'usage, quand on pose une question un peu méchante, de commencer par quelques compliments, un sourire, des précautions stylistiques etc).

Bref, pendant 2h de questions, l'étudiant n'a pas été à la fête et a vraiment transpiré. 

 

Etrangement, il y a la un petit paradoxe. Dans un cadre informel, les américains sont souvent dans le superlatif, là où le français sera dans l'understatement. Ce qui est "pas mal" pour nous est au minimum "great" pour un américain moyen.

Mais dans le boulot quand ça compte vraiment, business is business, et la les américains me semblent souvent plus "cash" que nous. "No hard feelings", cela dit. Après, on va s'en jeter un: "let's have a stiff one".

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