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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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2 décembre 2014 2 02 /12 /décembre /2014 09:05

Je voudrais faire passer ici 2 messages:

 

1. L'emploi académique, de chercheur ou d'enseignant-chercheur, n'est pas, ne sera pas, et n'est probablement nulle part dans le monde le débouché naturel des Docteurs.

D. Monniaux en a fait un long papier, mais alors que les chiffres concernant les ouvertures de poste au CNRS viennent de sortir, on peut faire quelques rappels: il y a en gros, depuis quelques années, 300 postes ouverts par an au CNRS en CR2 et CR1. A cela, on peut ajouter 1300 ou 1400 postes de Maître de Conférences dans l'ensemble de nos Universités et Grandes Ecoles dépendant du MESR.

Si l'on rajoute les quelques dizaines de postes ouverts dans d'autres EPST (INRA, INRIA, INSERM, IFFSTAR...), ainsi que ceux dans les écoles d'ingénieur ne dépendant pas directement du Ministère de l'ESR (ESPCI, X, Mines, Agro...) voire même les postes dans des instituts avec des statuts particuliers mais fonctionnant comme des centres de recherche "classiques" (Institut Pasteur, CEA...), on doit arriver à environ 2000 postes ouverts annuellement.

 

On délivre de 10 à 12000 doctorats par an ces derniers temps (11000 en 2010).

 

La recherche publique ou l'enseignement supérieur, et donc le public en général (on va négliger le nombre de Docteurs qui finissent dans la haute administration...) n'absorbe ainsi que 20% des nouveaux diplômes (on pourrait raffiner le modèle en intégrant les recrutés non diplômés en France, et en soustrayant les diplômés non français qui repartent dans leur pays d'origine, ça ne change pas l'ordre de grandeur je pense).

 

Si l'on revenait aux niveaux de 2000-2004, période relativement "faste" de recrutement, on aurait en gros 3000 embauches (2000 postes de MCF, 600 au CNRS plus le reste).

 

Ce ratio, que l'on parle de 20% ou 30%, est probablement très similaire à ce que l'on peut trouver ailleurs dans le monde (il est difficile de trouver les chiffres exacts aux Etats-Unis, mais on délivre environ 50000 doctorats pour quelques milliers de postes d'Assistant Professor par an). 

 

On voit donc clairement qu'une "politique pluriannuelle de création d'emploi" réclamée par les organisations dans l'enseignement supérieur et la recherche n'est pas la solution aux problèmes de débouchés des docteurs, comme on peut parfois l'entendre (souvent par les mêmes qui expliquent que la loi Sauvadet limitant à 6 ans l'emploi à durée déterminée dans le public tue la recherche française...). 

Même la création de 30000 emplois supplémentaire sur 10 ans, proposée par Sciences en Marche, n'absorberait (en imaginant qu'elle soit mise en place) au total que 50 ou 60% du nombre des docteurs "produits annuellement", et seulement sur cette durée. 

Bref, la politique pluriannuelle de création d'emploi aurait beaucoup de points positifs pour le fonctionnement de l'enseignement supérieur et de la recherche, ne serait-ce notamment que parce qu'il manque l'équivalent de 10000 équivalents temps plein pour l'enseignement à l'échelle du pays, mais n'est pas une solution à ce problème. Communiquer en ce sens me semble au mieux une erreur, au pire un mensonge.

Ainsi, je pense que notre responsabilité, en tant que chercheurs et enseignants-chercheurs, est de faire comprendre aux jeunes que nous formons qu'une carrière académique sera l'exception, pas la règle. Et qu'il faut réfléchir le plus tôt possible à un plan B.

 

Ce qui m'amène à mon deuxième point:

 

2. Il existe un problème réél, en France, de débouchés des Docteurs dans le privé. Et ce problème nous est propre.

En 2007, 3 ans après la thèse, le taux de chômage des docteurs en France était de 10%. On tourne plutôt autour de 3-4% dans la majorité des autres pays. En gros, en France, le taux de chômage des docteurs est équivalent à celui de la population globale. Il est typiquement 2 fois plus faible que ce taux global dans les autres pays de l'OCDE.

Autre point intéressant: le taux de chômage des M2 en France est de l'ordre de 7%, et 5% pour les ingénieurs. Aux USA, le taux de chômage des MSc est de 3,5%, similaire voire un peu plus élevé que le taux de chômage des docteurs. Le doctorat "diminuant" l'employabilité (par rapport au diplôme d'ingénieur mais aussi par rapport au Master) semble donc la aussi propre à la France (même si la tendance paraît s'inverser récemment, le doctorat restant stable mais les M2 ayant été touchés par la crise).*

 

On lit parfois que, tout simplement, on diplôme trop de docteurs en France, comparativement à notre "besoin". Je ne le crois pas. Ramené à la population globale, l'Allemagne délivre quasiment 2 fois plus de doctorats que nous, toutes disciplines confondues. Les Etats-Unis une proportion similaire (voire un peu plus élevée) que la nôtre. Le taux de chômage des docteurs dans ces pays est largement (typiquement 4 fois) plus bas que chez nous. La différence de taux de chômage global (10% chez nous, autour de 5 chez eux), n'expliquant pas tout. 

Ce n'est donc pas une question de "nombre" uniquement: ni de nombre total, ni de nombre d'emplois dans le public.

 

On peut aussi se dire qu'il s'agit avant tout d'un problème général lié à l'employabilité des Docteurs en Lettres, Langues, Sciences Humaines et Sociales. La aussi, c'est sans doute un peu plus complexe. Le ratio est d'environ 2/3 de doctorats délivrés en sciences pour 1/3 en SHS en France. C'est assez proche aux USA. En Allemagne le ratio serait même inversé (mais certains chiffres présentés ici ne collent pas tout à fait avec ceux lus ailleurs...). Le taux de chômage des docteurs étant très faible dans ces pays, tous champs disciplinaires confondus, on peut supposer que si "inemployabilité des docteurs de SHS" il y a dans ces pays, elle est nettement moins marquée que chez nous.

 

Maintenant, que peut-on dire du problème français?

- Le taux de chômage pour les thèses CIFRE ou allocations de recherche est de 6 ou 7%. Aujourd'hui, 33% des thèses sont encore non financées (pour les SHS seules, le ratio est inversé puisque seules 33% des thèses sont financées). Cela veut donc dire que le taux de chômage pour les docteurs dont le doctorat n'a pas été financé est très élevé (autour de 15%?). 

- On peut aussi identifier en gros 2 populations en termes de taux de chômage: les disciplines au-dessous de 8% (Maths, Physique, Informatique, Sciences de l'Ingénieur, mais aussi Droit), celles au-dessus de 12 (Langes et Sciences Humaines mais aussi Chimie et Sciences de la Vie et de la Terre). Pour cette deuxième catégorie, on peut être plus subtil en regardant le taux d'emploi dans le secteur public: plus de 80% pour les LSHS, moins de 60 pour la Chimie et les SVT.

Il y a donc probablement 2 facteurs un peu différents qui interviennent: manque de reconnaissance du doctorat dans le privé pour l'un, tension sur le marché de l'emploi pour l'autre (la chimie et les sciences de la vie sont assez "embouteillés" depuis longtemps...).

 

 

D'où vient-il?

Cela va faire cliché et redite, mais je crois qu'il reste une "incompréhension" de ce qu'est le doctorat et de ce qu'il peut impliquer comme compétences dans beaucoup d'entreprises. Je pense que la dualité du système français (Grandes Ecoles versus Universités), et le fait qu'historiquement les Grandes Ecoles ont la main dans les entreprises, renforce ce problème.

Ce n'est bien sûr pas vrai de toutes les entreprises, mais il y a semble-t-il une certaine frilosité (ou méconnaissance) vis-à-vis de la recherche et de l'innovation, parce que l'on cherche une rentabilité à très court terme. Même dans les boîtes disposant de centres de recherche réputés, il faut batailler pour "vendre" aux décideurs des projets de rupture à long terme. De plus, le centre de recherches est souvent la porte d'entrée du docteur mais à moyen terme l'évolution est ailleurs. La notion d'expert senior est assez éloignée de nos standards. Et dans les petites entreprises, on voit le docteur comme concurrent de l'ingénieur, or avec les ingénieurs on fonctionne bien donc à quoi bon.

Les universitaires ont leur part de responsabilité: par exemple en n'étant pas clairs avec leurs étudiants sur les points exposés ci-dessus, ou en leur faisant miroiter des postes qui n'existent pas, ou en leur disant que tout ça c'est que la faute des politiques.

En laissant soutenir trop de thèses de mauvaise qualité pour tout un tas de mauvaises raisons (et notamment un manque de contrôle d'étapes, ce que les comités de thèse sont aujourd'hui un peu censés faire)

En faisant souvent la confusion, voulue ou non, "emploi scientifique" = "postes académiques" (je l'ai vu dans un paquet de présentations estampillées CNRS). Un petit symbole qui dit bien des choses, je trouve.

En ne proposant pas grand chose en termes de formations à la recherche d'emploi non plus (même si de plus en plus d'écoles doctorales proposent des choses de ce style, parfois obligatoires).

Il me semble aussi que la vision française du doctorat est trop axée sur l'"hyperspécialisation" qu'il représente.  Cela aussi est vrai du côté de l'employeur comme du docteur. "Mais pourquoi je recruterais quelqu'un qui a fait de l'optimisation de réacteurs  à plasma froid pour traitements de composés organiques volatils/ qui s'est intéressé à la sociologie des punks à chien?" et "Mais pourquoi je candidaterais chez Boston Consulting Group alors que ce que j'ai fait c'est de la synthèse totale du taxol/comprendre les migrations de population dans le Marais poitevin au 16ème siècle?". Ma maigre expérience des USA m'a laissé entrevoir de ce point de vue une plus grande ouverture d'esprit réciproque (mais peut-être que je me leurre).

 

Que peut-on envisager?

Je ne suis pas politicien, je n'ai pas l'oreille des politiciens, et je ne suis convaincu ni de leur volonté de changer les choses, ni de leur pouvoir pour le faire, mais j'aimerais juste vous avoir convaincu de ces 2 points:

L'emploi académique ne permet pas, ne permettra jamais, et n'a pas vocation à absorber le flux de docteurs diplômés chaque année.

La France ne diplôme pas trop de docteurs par rapport aux standards internationaux, mais ne sait pas bien les employer. 

L'une des mesures du CIR, donnant un crédit d'impôt pendant 2 ans à une entreprise embauchant un docteur pour son premier emploi "privé", me semble intéressante. Il faudrait sans doute en faire plus de publicité... 

La reconnaissance du doctorat en entreprise, impliquant un changement culturel assez fort, passera probablement par une amélioration du "contrôle qualité" des thèses soutenues. Je pense que les comités de thèse mis en place récemment et qui se généralisent, sur le modèle de ce qui se pratique aux USA, va dans ce sens.

Dans l'autre sens, les entreprises gagneraient aussi à prospecter un peu plus à la recherche de potentiels futurs employés dans les laboratoires, comme cela se pratique courramment aux USA (voir commentaire).

Pour conclure sur une touche polémique, je dirais enfin que les doctorats non financés et interminables n'aident visiblement pas, ni à la reconnaissance du doctorat comme "expérience professionnelle" tant défendu par les associations, ni les doctorants eux-mêmes dans leur recherche d'emploi, si j'en crois les chiffres plus hauts. La aussi, des pistes de réflexion ont été abordées par D. Monniaux. Resterait juste à trouver l'argent, mais ça aiderait sans doute à responsabiliser quelques "directeurs de thèse" pas toujours hyper scrupuleux...

 

 

* Bien sûr, le taux de chômage n'est qu'un indicateur parmi d'autres. Un autre indicateur qui serait intéressant serait le pourcentage d'emplois "sous-qualifiés" pour les docteurs. Dans le rapport du CAS mis en lien plus haut, on peut juste avoir une idée du % d'emplois "hors recherche" (mais c'est un sens très large, et donc pas forcément "sous-qualifié"), qui est toujours autour de 25-30% (sauf au Royaume-Uni, 40%).

 

 

 

Et allez voir un article très intéressant sur cette question même s'il date un peu, d'un "pionnier" du blogging scientifique, vaquant depuis à d'autres occupations.

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Published by mixlamalice - dans La recherche
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28 novembre 2014 5 28 /11 /novembre /2014 13:50

Cette fois-ci, après français, africain, asiatique, parlons cuisine italienne dans le quartier Faidherbe-Reuilly-Ledru-Rue des Boulets.

 

Commençons avec les pizzerias (le reste dans un 2ème, ou plutôt 7ème volet): 

- Da Toto e Peppino (4 rue Alexandre Dumas, 75011, métro rue des Boulets): pizzeria tenue par des napolitains, qui fait aussi d'autres choses, mais pas le week-end, en tout cas quand on y est allé. Le samedi, c'est pizza ou pizza, sur place ou à emporter. Du coup, l'attente peut être longue, surtout quand, comme ce soir là, la serveuse, visiblement une copine du patron là pour aider, ne parle pas français, et n'a jamais fait de service de sa vie (ou alors, il faut qu'elle arrête très vite).

Bref, si ce jour là le service était si dysfonctionnel que c'en était presque comique (sauf à la toute fin quand on n'arrivait pas à partir...), les pizzas (j'avais du prendre une bresaola, avec roquette) étaient plutôt dans le haut de gamme de ce que j'ai goûté à Paris (pâte plutôt fine et croustillante, bons ingrédients), avec des prix assez raisonnables (dans les 10-15€ selon le "modèle").

- Buona Idea (249 rue du Faubourg Saint-Antoine, 75011, métro Faidherbe): un traiteur qui depuis quelques mois s'est un peu agrandi, a rajouté des tables et installé un four à pizza. On peut du coup y manger sur place le soir, ou prendre à emporter. Pâte très fine (la taille de la pizza est impressionnante mais ça se mange bien), là aussi elles ont du goût et les prix sont dans le même registre. Le petit problème des pâtes très fines, je trouve, est que quand ça refroidit ça devient assez dur.

- Pizza dei Cioppi (44 rue Trousseau 75011, métro Ledru): l'annexe pizza ouverte très récemment du Caffe dei Cioppi, un gastro italien très réputé pas loin sur le Faubourg ("Fooding d'amour" 2010...). Pâte épaisse ici, à la coupe, plutôt pour emporter même s'il y a quelques tables sur place, avec une ambiance très "traiteur" (disons que personnellement, j'ai pas trop envie de m'asseoir déjeuner là). Parts de pizzas autour de 6-7€, relativement copieuses, 1 suffit si vous mangez léger le midi. Elles ne sont pas mal, celles aux légumes était quand même assez grasse, et puis froid du coup ça fait toujours un peu figé. Bon, j'ai pas été scié, quoi, mais ça va. 

 

On descend d'un cran ou deux avec 

- Casamici (62 rue de Montreuil, 75011 métro rue des boulets): je pense qu'on est plus dans le registre "traditionnel" de la pizzeria parisienne (eg tenue par des égyptiens), mais cela dit la pizza n'est pas mal en termes de rapport qualité/prix, surtout à emporter (en gros moins de 10€, ou moins de 20 pour la version géante qui peut facilement se partager à 2, voire 3). Sur place, ça fait quand même très rade; le patron est gentil mais c'est un petit peu glauque surtout quand c'est aux 3/4 vide. 

 

Par contre, je recommande d'éviter la Pizzeria Dell'Isola, 179 rue du Faubourg Saint-Antoine. Les pizzas ont des tarifs "milieu de gamme" (dans les 14€) avec un rapport qualité/prix que je trouverais correct si elles étaient à 10... le vin en pichet peut détartrer votre vaisselle. Ambiance pas folichonne non plus.

 

 

Sinon, outre Buona Idea, il y a d'autres traiteurs sympas sur le Faubourg Saint-Antoine, Soboa, au 187, avec pâtes fraîches ou non, un peu de charcuterie et de fromage. J'ai tendance à aller plus souvent chez Mercatino (ouvert cette année au 193), parce qu'il est ouvert plus souvent et qu'il a une bonne sélection de légumes, céphalopodes ou poissons marinés, idéale pour les antipasti. Leur focaccia à emporter est super bonne aussi (je n'ai goûté ni les panini ni les pizzas), et leurs pâtes fraîches ne sont pas mal du tout.

 

 

Pour conclure ce premier volet, je vais mentionner rapidement 2 pizzerias qui ne sont pas dans ce quartier là mais dans le quartier Place d'Italie, et plus précisément une:

- L'Oraziano (123 boulevard de l'Hôpital, métro Campo Formio, 75013 Paris): je suis étonné qu'on ne parle pas du tout de cette pizzeria/trattoria dans la gastrosphère. Bon, elle n'a rien d'exceptionnel, et de l'extérieur elle fait même grande brasserie de boulevard anonyme, sur un boulevard qui est loin d'être le plus rieur de Paris. Après, c'est "authentique", les pizzas sont très bonnes (même style que Da Toto), faites dans le four à l'entrée par le même pizzaïolo à chaque fois que j'y suis allé, pour moins de 15€, et les plats de pâtes (linguini alla vongole notamment) se défendent bien aussi, de même que le tiramisu. Il y a une formule midi entrée-plat ou plat-dessert dans les 16€ qui à 2 ou 3€ de moins serait une très bonne affaire. La pizzeria étant assez un "concept" assez dévoyé à Paris (soit c'est à 20 boules ou plus la pizza, soit c'est vraiment pas très bon), cela suffit donc je pense à la placer dans le top 10 ou 20% de l'offre parisienne...

Pour nous les pauvres de la fonction publique, c'est un peu l'"italien chic" du quartier où on a pas trop honte d'emmener nos visiteurs industriels et où on pourra quand même se faire rembourser...

 

Par exemple, certains collègues (selon moi de mauvais goût donc) préfèrent le Delfino, au 1 rue Campo Formio, où je pense que, pour le même prix, les pizzas (ou au moins la pâte) sortent directement du congélateur.

 

Du coup, si vous êtes en mode "ticket resto" le midi, allez plutôt au "bien nommé" Top Pizza, au 137 du boulevard de l'Hôpital. Repaire d'étudiants ou de profs fauchés comme moi, la pizza y est à 7 ou 8€. Comme on peut s'en douter, les ingrédients sont assez bas de gamme, mais je trouve que le rapport qualité-prix n'est pas si mal (il y a quand même un facteur 2 avec les prix parisiens "normaux", what do you expect?). Ils sont sympas, et ça va vite. Le rapport prix-cholestérol est également très bon, donc ne pas en abuser... 

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18 novembre 2014 2 18 /11 /novembre /2014 09:27

Après presque 800 articles, voici la 2ème recette proposée par Mixlamalice, grand cuisinier (c'est Priscilla qui le dit) qui conchie les blogs de recettes.

La première, je le rappelle, était le gratin dauphinois sans fromage, qui a connu un franc succès auprès de mes 8 "followers".

 

Derrière ce nom délicat, plov, se cache LE plat traditionnel de toute l'Asie Centrale. Et franchement, c'est délicieux.

(En fait, le terme "pilaf" désignant la cuisson du riz utilisée en est dérivé.)

 

A l'origine, je crois que c'est un plat ouzbek, mais on le retrouve au Kirghizistan, au Kazakhstan, au Tadjikistan, et même en Afghanistan (pour ceux qui ont les Cavaliers de Kessel, c'est le palau qu'ils mangent à tout bout de champ) ou dans certaines régions de Chine.

J'en ai déjà parlé lors notre voyage au Kazakhstan, pour ceux qui me suivent régulièrement, bien sûr.

 

Il y a autant de variations que de pays, et probablement même que de régions voire de familles.

 

Je vais vous donner ma version, probablement aussi authentique qu'une choucroute de la butte Montmartre, mais facile à faire, que je pense plutôt bonne et qui donnera une petite idée si ça vous branche d'essayer, fût-elle déformée, de la gastronomie d'Asie Centrale.

 

Ingrédients:

Comptez grosso merdo 15 minutes de préparation, 20-25 minutes de cuisson tout compris.

- Agneau: le collier est très bien, si vous avez des goûts de luxe vous pouvez prendre des côtelettes ou même de la souris, ou mélanger tout ça. 2 bouts de collier par personne, ou 1 bout de collier et 1 ou 2 côtelettes.

- L'ingrédient secret: de la graisse d'agneau (demander à votre boucher de vous filer un peu de gras de gigot ou autour des rognons, c'est gratuit).

- Riz: le riz basmati Taureau Ailé ou autre marque est bien, mais je trouve qu'il n'absorbe pas assez le gras et manque de liant (la version "tradi" doit pouvoir se manger avec les doigts!). Si vous trouvez un riz rond, coréen, par exemple, ça peut être pas mal, mais il faut un peu expérimenter (le dernier que j'ai essayé, turc, était un peu trop collant et ne cuisait pas super bien; d'expérience le long grain genre Uncle Ben's et les riz thaï sont à proscrire pour cette cuisson). En fait, le top, c'est le riz basmati iranien Tilda, où les grains cuisent tout en restant bien individualisés, un bonheur. 80g par personne suffisent amplement même pour les gros mangeurs (et il devrait en rester), c'est assez nourrissant.

-  Oignons: 1 petit par personne ou 1 gros pour 2 ou 3. 

- Ail: beaucoup. Mon beau-père (ou terme équivalent dans la mesure où je ne suis pas marié) en met quasiment 1 tête pour 4 personnes. Moi je mets un peu moins, plutôt 2 gousses par personne.  

- Carottes: en gros 1 pour 2 personnes. 

 

Recette:

Dans un faitout on fait fondre la graisse d'agneau coupée en petits morceaux. Lorsque le plat est bien graissé, virez les bouts de gras solides. Si ça ne vous branche pas, remplacez par de l'huile d'olive.

Plongez l'agneau dans le faitout avec l'oignon en lamelles assez fines. Mon beau-père découpe la barbaque en dés et fait revenir agneau et oignon à part, moi même pas je fous tout en vrac et les morceaux entiers, ça gagne du temps. Je mets aussi les gousses d'ail à ce moment là, avec la peau, juste en donnant un coup de manche de couteau sur la gousse pour libérer les arômes. On peut les rajouter à l'étape d'après si on préfère. 

Faites dorer à feux vif sans faire cramer les oignons. 

Pendant ce temps faites bouillir de l'eau.

Rajoutez ensuite en ayant baissé le feu dans le faitout le riz avec un peu d'huile d'olive pour rendre les grains translucide, et les carottes la aussi en lamelles (sections 1-2*1-2mm, longueur 2-3cm, et si vous vous fournissez chez M. Picard, les rondelles ça marche aussi).

J'aime bien rajouter quelques épices pour le riz, qu'on peut trouver dans des épiceries iraniennes ou turques.

Remuez 1-2 minutes.

Quand les grains ont absorbé le gras, on rajoute entre 1.5 et 2x le volume du riz en eau bouillante (je me sers d'un verre doseur). Si vous mettez trop d'eau (2x, c'est généralement trop, 1.5 c'est pas mal si vous faites vraiment cuire très doucement), ça va faire de la bouillie; la aussi, il faut un peu adapter au riz utilisé: les experts préconisent, une fois qu'on a trouvé son bonheur en terme de riz et la quantité d'eau correspondante, de ne plus jamais changer (on déconne pas avec le plov).

Faire cuire à couvert très doucement (quasiment au minimum), généralement un peu plus de 15 minutes minimum, 18-20 minutes c'est bien, jusqu'à ce que toute l'eau soit absorbée. Normalement, il ne faut pas soulever le couvercle pour voir où ça en est, d'où l'intérêt d'avoir un couvercle en plexi.

 

Voila, c'est prêt. 

 

C'est un peu moche (on ne servira pas ça aux beaux-parents versaillais pour la 1ère rencontre et ça ne peut pas vraiment se servir en verrine), mais c'est bon.

 

La version ouzbek fait intervenir pois chiches et raisins secs, si vous aimez ça.

 

 

 

Le plov
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Published by mixlamalice - dans Autour de la gastronomie
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14 novembre 2014 5 14 /11 /novembre /2014 14:11

Il y a quelque chose qui conceptuellement me turlupine. Au sens où j'y pense beaucoup, et où je n'arrive pas à trouver d'explication rationnelle qui ne soit pas manichéenne.

Je ne parviens pas à expliquer les ressorts psychologiques qui soutiennent l'action d'anciens chercheurs passés dans les sphères politiques.

 

Je pense notamment à cet ancien leader d'une organisation de chercheurs en pointe des actions de sensibilisation de l'opinion publique aux difficultés de notre communauté depuis une dizaine d'années.

Cet ancien responsable, notamment lors des événements de 2009 (LRU etc), claironnait partout dans les médias que, grosso modo, le gouvernement sarkozyste était proche du fascisme, que la LRU était "extrêmement dangereuse", et que l'alternance au pouvoir était la seule voie de salut.

Aujourd'hui, devenu depuis responsable politique assez haut placé (la mobilisation de 2009 a au moins servi à quelque chose), il nous explique selon les occasions que, malgré les mouvements initiés par une autre organisation fraîchement créée:

- ça va beaucoup mieux que sous Sarkozy et Pécresse mais qu'on ne se rend pas compte.

- ça serait encore pire sous Sarkozy.

- on continue la politique d'avant mais parce que là, on a vraiment pas le choix et c'est pas de gaieté de cœur alors que eux c'était vraiment avec des intentions méchantes.

 

Encore mieux, on a pu le croiser en train de se montrer lors de la récente manifestation 'Sciences en Marche' à Paris contre la politique gouvernementale dans laquelle il est impliqué fortement.

 

Alors, voila, j'essaye de comprendre et je ne peux émettre que les hypothèses suivantes pour expliquer ces comportements:

- cynisme absolu

- naïveté confondante (pour rester poli)

- schizophrénie

Dans tous les cas, avouons que ce n'est pas très flatteur. S'il y a une explication qui l'est plus, je serai heureux de l'entendre, car dans le cas contraire c'est je trouve un peu déprimant.

 

 

Je pense aussi à V. Berger, dont le rapport lors des Assises de l'ESR en 2012, bien que globalement assez "techno", proposait quelques pistes un peu audacieuses notamment sur la partie recherche, concernant l'emploi des jeunes docteurs et l'utilisation du CIR. Pour récompense d'avoir mangé son chapeau sans rien dire (la version "parlementaire" du rapport de Le Déaut ayant soigneusement lissé les rares propositions potentiellement polémiques), il est devenu conseiller direct du président à l'ESR. 

Aujourd'hui, il reçoit une délégation de chercheurs, leur explique que les caisses sont vides et que donc il n'y aura rien de fait du côté de la création de postes académiques, que le CIR n'est pas une niche fiscale et qu'il est sanctuarisé. Lui aussi déclare que si ça n'a pas l'air très différent de sous Sarkozy c'est que ce n'est pas facile. Et que tout ne va pas si mal puisqu'on grimpe dans le classement de Shangaï et qu'on a des Prix Nobels. Bref, du Fioraso dans le texte. 

Alors quoi? Il s'agit quand même de quelqu'un qui a fait une belle carrière scientifique, a présidé l'une des plus grandes universités et semblait avoir quelques idées pour faire évoluer l'enseignement supérieur et la recherche. Comment en arrive-t-on à ce néant là?

 

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Published by mixlamalice
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31 octobre 2014 5 31 /10 /octobre /2014 09:26

Silence radio depuis quelques jours pour plusieurs raisons, la principale étant beaucoup de soucis et de temps perdu pour des problèmes de visa du nouveau doctorant.

Parce que bon, il faut parler des conditions de travail qui se dégradent pour les statutaires, mais on peut aussi parler de l'accueil des précaires, surtout quand ils n'ont pas la chance d'être français.

 

Hier, plein d'espoir, je l'ai accompagné à la Préfecture de Police, et jusqu'à environ 10h30 j'ai vraiment cru qu'on partirait avec le fameux "récépissé" libératoire (en fait, qui donne 3 mois de sursis avant le stress d'après, mais qui quand même permet d'être payé, couvert etc).

Hélas, le xème examen du dossier par le xème préposé a révélé l'existence d'un problème insoluble dont personne ne s'était rendu compte auparavant, à une semaine de l'expiration du titre de séjour actuel du doctorant.

La seule solution qu'on propose alors, tout naturellement, est que le doctorant retourne dans son pays pour refaire une demande de là-bas ("comme ça, c'est sûr que ça va marcher"). Les gens, par ailleurs globalement plutôt gentils mais quand même très centrés sur le "papier" plus que sur l'"humain" (sans doute une déformation professionnelle pour tenir le coup), ne semblent pas vraiment se rendre compte qu'ils évoquent un solution à 2k€ et typiquement 3 à 6 mois de retard, pour quelqu'un qui du coup sera sans revenus.

Du coup, on nous propose une alternative qui est de demander par courrier la bienveillance du chef du bureau y, dont on ne saura jamais le nom et dont on nous explique qu'on ne peut pas le contacter comme ça mon bon monsieur (question bête de ma part: "vu qu'on est là et qu'on a tous les papiers, ça serait pas plus simple d'aller lui parler directement?" "mais monsieur il s'agit d'un CHEF DE SERVICE!!" "pardon, suis-je bête, comment ai-je pu oser?").

Ma journée, de 08h30 à 16h30, a donc été passée à la Préfecture le matin (en gros 3h de présence pour 45 minutes d'entretiens maximum), puis a écrire des lettres, passer des coups de fil, et courir partout pour essayer de faire ce qui était en mon pouvoir (c'est à dire finalement très peu) pour débloquer la situation. A 17h30, complètement déprimé (je ne peux qu'imaginer l'état du doctorant...), je suis rentré chez moi. Ce n'est pas le plus important, mais je ne peux m'empêcher de penser que ce temps perdu pour moi (et pour tous mes collègues dans la même situation), c'est aussi un peu la collectivité qui jette l'argent par les fenêtres (à moins que l'on ne m'explique qu'aller à la Préfecture et apprendre le droit concernant le séjour des étrangers sur notre sol ne fasse partie des missions pour lesquelles on m'a recruté).  

 

 

Quelques remarques générales, propres à beaucoup d'administrations mais probablement exacerbées ici dans la mesure où l'on est souvent face à des cas graves du point de vue de l'humain.

- Les individus sont comme je l'ai dit plutôt sympathiques et semblent faire de leur mieux, mais la machine est impitoyable. La (dé)responsabilisation est également problématique: il est impossible de connaître le nom de son interlocuteur. Il n'est écrit nulle part (tout le monde est appelé par sa fonction), et même quand on le demande on ne vous le donne pas. Nous avons réussi à obtenir un prénom. Idem pour les numéros de téléphone. Les gens veulent bien vous aider, mais surtout sans s'engager à l'écrit (les écrits restent), et parfois même cela se fait comme à l'abri des oreilles indiscrètes ("on va sortir du bureau et discuter dans le couloir ce sera mieux").

- On voit bien que soit les procédures sont imbittables, soit les personnels sont mal formés, soit elles évoluent tellement souvent qu'ils n'arrivent pas à rester à jour. Qu'on se rende compte après 2 mois de procédure et 2 visites à la Préfecture que dans ce cas de figure, elle n'aurait jamais dû être entamée, ce n'est quand même pas normal. Que, selon le préposé, on ait des sons de cloches totalement différents, non plus. Que toutes les 5 minutes on nous dise "attendez, je vais demander à machin, qui va appeler truc, qui va aller voir muche et on aura la réponse", me semble assez symbolique.

- Le corollaire de tout ça, c'est qu'on te propose comme solution de demander au grand chef de t'accorder un passe-droit en expliquant ton problème, et que ça ne semble choquer personne que la solution a un problème administratif soit que le responsable décide de lui-même qu'il n'y a plus de problèmes.

 

 

Du coup, de frustration, j'ai écrit un bref document google doc relatant cette histoire et les autres qui ont touché des personnes de notre équipe. Pour l'instant, je pense qu'en 5 ans, un cas sur 2 de recrutements d'étrangers a posé des problèmes. Vous me direz, cyniquement, que le plus simple, ce serait de recruter des français ou à défaut des européens. Après, pour prendre un exemple concret, sur nos deux derniers postes d'ATER, le taux de candidatures européennes était typiquement 10%. C'est quand même plus élevé pour d'autres types de postes, mais bon, tout compris si on dit qu'1 candidature sur 2 est d'origine asiatique, africaine ou sud-américaine. Il est assez logique que les recrutements, en moyenne, suivent un ratio similaire.

Le problème, si j'ose dire, ici est que l'étudiant concerné ne vient pas du Maghreb ou du Moyen-Orient: il n'est donc pas "habitué" (triste à dire, mais le précédent post-doc, dont j'avais raconté quelques problèmes ici, m'expliquait "oh, être sans-papier 1 ou 2 mois tu sais c'est normal"). Bref, je crains de plus en plus qu'il n'abandonne la thèse.

Si vous souhaitez alimenter ce document avec les problèmes que vous avez directement (en tant qu'étranger vous-même) ou indirectement (en tant que responsable scientifique ou collègue proche), n'hésitez pas. Pour l'instant, le document est lu et partagé, mais le succès d'un point de vue écriture est faible...

https://docs.google.com/document/d/1cUAqxQ4xkzJX1liZCVVLkrU15ITqm71YTxH7BzzVvtc/edit?pli=1

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21 octobre 2014 2 21 /10 /octobre /2014 16:16

Quelques mots (énervés) rapides suite à une petite vexation récente.

 

Après avoir écrit et déposé un projet pour une bourse ministère, l'avoir défendu, avoir fait des compromis, avoir été sélectionné, avoir auditionné puis recruté le doctorant, bataillé pour qu'il ne nous claque pas entre les doigts alors qu'on lui demandait toutes les 2 semaines de remplir 10 pages de documents ou de renvoyer pour la 6ème fois sous 48h (par mail) son nom, son prénom, et son adresse mail tout en lui expliquant qu'il ne signerait pas son contrat avant le 1er octobre, bref, après tout ça, la secrétaire de l'école doctorale, suite à un échange de mails, m'écrit "ah mais vous faites partie de l'encadrement aussi, faut que je vous rajoute alors?".

L'explication, pour ceux qui n'ont pas saisi, est que je n'ai pas la HDR. Que j'ai beau avoir conçu le projet, qu'il ait été jugé assez bon pour être sélectionné (peut-être pour des raisons discutables, mais finalement pas plus que celles pour lesquelles d'autres projets sont rejetés), on ne m'estime pas capable d'encadrer un étudiant sans un chaperon. Et que, pour l'administration (sans blâmer la dite secrétaire qui ne fait que refléter la perception commune), c'est ce chaperon qui est le vrai boss, le vrai smartass, tandis que moi je ne suis qu'un petit puceau de la science qui 10 ans plus tard a toujours besoin qu'on lui explique la vie. Dans certaines écoles doctorales, on estime même que le directeur HDR ne peut pas être à moins de 50% de taux d'encadrement, même si dans la réalité tout le monde sait que les prête-noms, ça existe, et que leur contribution consiste à voir 3 fois le thésard en 3 ans. 

 

Je pourrais vivre avec ce genre de choses si on fonctionnait encore comme il y a 20 ans. Avec des équipes pyramidales, des jeunes padawans entourant un senseï, le vieux étant censé apporter aux jeunes son expérience, mais aussi son réseau, son pognon, et se coltiner les emmerdes administratives, le grant writing etc.

Maintenant qu'on nous bassine avec l'excellence, avec les primes individuelles, avec la recherche de pognon tous azimuts par appels à projets, où seul le coordinateur ou le partenaire responsable compte, où tout est prétexte à être foutu sur le CV pour montrer à quel point on est individuellement brillant, je trouve ça insupportable.

Je trouve ça insupportable que l'administration exige que j'ai la permission de mon "chef d'équipe" ou "chef de labo" qui n'a rien à voir avec le projet pour aller en conférence avec les crédits d'une ANR dont je suis le porteur. Je trouve ça insupportable qu'on exige que je sois "encadré" pour mener à bien des projets qu'on me pousse souvent à écrire seuls.

 

Donc soit on (les chercheurs et l'administration) accepte qu'on a bien entamé une transition vers un système "individualiste" à l'américaine, et on arrête de faire chier les jeunes: on les laisse déposer les projets qu'ils veulent où ils veulent, recruter, encadrer, gérer le pognon qu'ils ont ramené. Soit on n'assume pas, on revient vers un système plus hiérarchisé mais dans ce cas là, qu'on m'enlève les emmerdes administratives, qu'on n'exige pas que je ramène 150k€ par an, et donc qu'on me laisse faire ma recherche moi-même, peinardos avec mes petites mains, sans avoir à monter mon groupe et à faire le "manager".

Mais comme d'habitude, personne ne semble vraiment vouloir choisir et on reste donc dans cet entre-deux merdique, où le jeune est un vieux comme les autres mais pas tout à fait. 

 

Sur des thématiques vaguement connexes (mais qui ont inspiré ce billet), voir:

le dernier billet de Gaia, l'avant dernier billet de D. Monniaux, et le dernier billet de Tom Roud (qui fait un peu écho à un vieux billet à moi, si je puis me permettre)

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15 octobre 2014 3 15 /10 /octobre /2014 16:21

Il m'arrive en ce moment quelque chose d'étrange et d'inédit (pour moi) avec un papier.

 

Il a été refusé de peu par l'éditeur d'un bon* journal de ma branche après 3 reviews, l'une concluant 'accept with minor revisions', l'autre 'accept with major revisions', et le damné reviewer 3 'reject'.

Il faut noter que même le reviewer 3, qui a soulevé quelques questions intéressantes, ne remettait pas en cause la "validité" du papier, mais plutôt son caractère novateur et son aptitude à être dans le "top 30% des papiers soumis" (sans qu'on sache trop ce que ça veut dire, c'est désormais une question essentielle lorsque l'on réfère un papier). Je craignais un peu ce genre de reproches, du reste.

J'ai quand même hésité à tenter la négociation avec l'éditeur (puisqu'après tout 2 reviewers sur 3 étaient prêts à accepter le papier et que le 3ème ne nous faisait pas de graves reproches de fond), et puis je me suis dit naïvement qu'en prenant en compte les commentaires "faciles" des 3 reviewers et en resoumettant dans le journal d'à côté, aux thématiques assez proches mais un peu moins côté, ça passerait.

Surprise, on me renvoie cette fois le papier au bout d'une semaine, directement rejeté par les éditeurs scientifiques.

Je viens de resoumettre une troisième fois à un journal encore un peu en-dessous, et il se peut que l'éditeur se pose aussi des questions puisqu'il n'est toujours pas indiqué "under review".

 

Honnêtement, j'ai un peu de mal à comprendre.

Est-ce que le papier est révolutionnaire? Certainement pas.

Est-ce qu'il est "purement incrémental"? Je ne pense pas (voir ci-dessous). 

Est-ce qu'il est honnête, est-ce que le post-doc qui a mené l'étude a bossé sérieusement, est-ce qu'on a fait un effort d'écriture, et est-ce que le papier peut avoir un intérêt pour une petite branche de la communauté? Je le crois.

Récemment, j'ai eu un papier, qui m'avait demandé pas mal de boulot personnel mais qui d'un point de vue scientifique était autant que je puisse juger grosso modo du même niveau (qui est le mien, il ne faut pas se leurrer) accepté en 4 semaines, relu par un seul reviewer qui n'avait rien à redire, dans un journal équivalent. On me dira que le côté aléatoire fait partie des joies de ce métier...

 

J'identifie en fait un problème potentiel: il s'agit d'un papier très "engineering". Grosso modo, on a adapté, en la simplifiant, une "recette" de chimie développée par des chimistes dans le cadre d'applications de type biophysique. Les matériaux ainsi préparés doivent nous servir pour des problématiques de physique des matériaux. Le papier est donc centré sur la "fabrication" et les "caractérisations" appropriées vis-à-vis des problématiques physiques qui vont nous occuper dans la suite.

Du coup, on est un peu le cul entre 3 chaises sur ce papier: les reviewers avec un background "chemical engineering" nous disent qu'on a fait de la chimie un peu dégueulasse (mais le but c'était de faire simple). Les biophysiciens (puisque c'est la communauté classique qui utilise cette "recette") nous demandent pourquoi on ne fait pas de la biophysique avec ces matériaux. Les physiciens ne lisent pas la partie chimie et trouvent nos résultats "préliminaires" un peu légers du point de vue de la physique. Idem pour les références: on cite beaucoup d'articles dans des journaux de biochimie/biophysique, mais ce n'est pas là qu'on a envie de soumettre... Et du coup, là où on a envie de soumettre, après une lecture rapide, ils pensent qu'on est hors-sujet.

 

Bref, je pense qu'on va finir par y arriver, mais je sens qu'on va encore transpirer.

 

Ca semble aussi conforter une deuxième impression (difficilement quantifiable) qu'on a avec un collègue, à savoir que les "petits" journaux très spécialisés (avec des reviewers issus d'une micro-communauté et donc hyper pointus sur la thématique) sont presque plus pénibles pour y faire accepter son article que les "gros" plus généraux, qui communiquent beaucoup sur des délais raccourcis d'acceptation, des thématiques très vastes etc (je ne parle pas ici des très gros comme Nature ou Science; et encore, eux aussi ne sont pas chiants: dans 90% des cas, le papier est vidé en moins de 48h).

 

 

* si on estime que l'impact factor du journal est une bonne mesure, dans ma branche les meilleurs journaux spécialisés sont à 4-6, les bons à 3-4, les corrects à 1.5-3. Ensuite, on a des journaux plus généraux, soit physique, soit chimie, soit matériaux, entre 7 et 12, et puis après, rarement (jamais en ce qui me concerne), les Nature, Science, et leur déclinaisons autour de 20 et plus.

 

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2 octobre 2014 4 02 /10 /octobre /2014 11:12

J'avais déjà brièvement évoqué cette branche d'activité que notre établissement essaye de développer, les formations courtes (typiquement 2 à 4 jours) pour industriels, qui rentrent dans le cadre du DIF.

La raison, au coeur de notre mission de service public, a été clairement explicitée par nos huiles lors de diverses réunions: "si la formation initiale rapporte 1, l'alternance rapporte 10 et la formation continue rapporte 100" *.

 

Ces formations sont en concurrence directe avec celles proposées par des boîtes privées (par exemple celle-ci). Je ne vais pas comparer les contenus et leur qualité, je n'en aurais pas les moyens, mais par contre, je peux souligner deux choses.

Je pense que ce que nous proposons est "plus ambitieux" (ce qui est loin de vouloir dire que le résultat est nécessairement meilleur...): pour ces formations, nous faisons venir plusieurs intervenants (1 par demi-journée ou par journée maximum), qu'il soit chercheur, enseignant-chercheur, ou industriel, pour parler d'un thème précis qu'il est censé maîtriser (il a en tout cas été choisi pour ça). Dans les formations privées, c'est généralement le même "expert" qui intervient sur les 2, 3 ou 4 jours de la formation. De plus, nous rajoutons toujours quand cela s'y prête des sessions de "pratique" devant nos machines au laboratoire, chose que j'imagine mal la concurrence faire. 

Deuxième point, les prix qui sont proposés par notre établissement sont en gros 33 voire 50% moins chers que ceux de la concurrence, à durée et contenu de formation équivalents. 

Alors vous allez me dire, avec tout ça, vous avez sans nul doute phagocyté le marché. Eh bien non. Et même, la tendance en terme de taux de remplissage des formations est assez sensiblement à la baisse depuis plusieurs années (ceci étant certes aussi dû à l'effet "crise").

 

Il y a plusieurs explications, la première étant certainement un déficit de communication. Malgré tout, des efforts ont été faits en ce sens depuis 2 ou 3 ans (recensement des industriels potentiellement intéressés, envoi du catalogue, prises de contact avec les responsables formations des industriels et relances...), pour l'instant sans grands résultats.

 

En fait, le principal problème selon moi, c'est le "packaging", l'image renvoyée par le stage. Je pense qu'elle est plutôt médiocre, en tout cas selon la vision des industriels, même si pourtant, l'accueil que nous leur réservons est une version très améliorée de celle que nous proposons à nos étudiants "lambda". Mais voila, un ingénieur d'une boîte du CAC40 attend un peu plus qu'un jeune de L3, qui a été habitué depuis près de 20 ans aux conditions de travail dans l'école publique.

Les salles, bien que refaites récemment, ne sont pas franchement hyper cossues, ce n'est pas très bien ventilé, le matériel ne marche pas toujours correctement, on a parfois du mal à se les faire ouvrir à l'heure prévue. Il n'y a pas si longtemps, on les trimballait de salle en salle dans tout l'établissement au fur et à mesure de la formation (ce dernier point a été réglé). On commence la formation en les mettant en garde contre les vols et en leur expliquant bien de ne rien laisser de valeur dans la salle. Parfois, même les polys disparaissent. Les pauses café sont extrêmement mal organisées, parfois inexistantes. Le cours est souvent interrompu, l'organisation globale est parfois folklorique (notamment parce que la petite structure est en sous-effectif et sans beaucoup de moyens, comme souvent), etc etc. 

Franchement, rien de majeur, mais on sent qu'en tant que groupe, ça les chiffonne toujours un peu, et ça revient quand même régulièrement dans les évaluations du stage. 

On peut dire que c'est dommage que les stagiaires se concentrent plus sur la forme que sur le fond, mais quoi qu'il en soit cela montre que le paraître a aussi son importance (même si je refuse toujours de mettre un costard pour faire cours). Elle n'est peut-être pas fondamentale, mais elle n'est visiblement pas négligeable.

Nos concurrents ont probablement mieux compris ça, comme Apple: on peut vendre deux fois plus cher un produit équivalent, s'il a de la gueule. Je suis persuadé que chez eux, les stagiaires sont bien assis, mangent bien, et qu'on ne leur dit pas de faire attention à leurs affaires personnelles. Et ça compte finalement beaucoup.

 

Bref, on peut demander aux enseignants-chercheurs de s'investir dans la formation continue, mais il faudrait aussi des "investissements" forts en espèces sonnantes et trébuchantes pour que le produit soit plus joli et donne plus envie. Comme souvent, il manque quelque chose derrière les beaux discours, quand il n'y a pas contradiction**...  

 

 

* je crains quand même que les coûts associés ne soient pas les mêmes non plus et que ça ne soit pas toujours bien pris en compte dans les "fiches d'analyse économique" qu'on nous distribue, mais baste, là n'est pas le propos 

** en parallèle, les nouvelles directives économiques concernant le paiement des heures de cours, notamment pour les BIATSS, font qu'il est beaucoup plus pénible qu'avant d'intervenir dans ce genre de formations

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24 septembre 2014 3 24 /09 /septembre /2014 10:15

Dans un labo que je connais, il était extrêmement courant, jusqu'à il y a peu, de prolonger en 4ème voire 5ème année les thèses par un ATER, ou d'inciter les jeunes docteurs à rester au labo faire un post-doc, un petit contrat industriel, etc.

 

Je trouve que ça symbolise bien cette fausse empathie, ou empathie intéressée, qui semble bénéfique et bienveillante à court terme mais s'avère néfaste à moyen terme, qu'on rencontre dans notre milieu.

 

Ok, à court terme, on a l'air sympa: on offre un job, fût-il temporaire, à un jeune. Dans le contexte actuel, c'est déjà pas mal. Pour le doctorant en fin de thèse, qui est souvent un peu dans le doute métaphysique, c'est la solution de facilité. Sauf qu'à moyen terme, il n'y a généralement aucune intention de l'embaucher pour de bon (même si parfois ce genre de choses est évoqué comme argument), et ça le grille au minimum un peu, parfois complètement, le CV pour une carrière académique. Dans les commissions de recrutement, "tiens, mais pourquoi il a fait 5 ans dans son labo de thèse?". Il n'est pas non plus facile de justifier face à un industriel ces contrats "alimentaires".

Ainsi, je me souviens de cette personne, qui a du passer 5 ou 6 ans d'affilée dans le labo entre sa thèse et ses différents contrats. Elle était devenue en quelque sorte le "super technicien", qui connaissait toutes les manipes du labo, formait tout le monde, et n'en retirait personnellement pas grand chose. Finalement, tout ce petit monde sympa qui la prolongeait de six mois en six mois a vu arriver la loi Sauvadet et a conclu en réunion "bon ben faut qu'elle dégage". Mais ils la regrettent beaucoup aujourd'hui: normal, certes elle n'apprenait pas beaucoup scientifiquement et se flinguait un peu la carrière, mais c'était bien pratique pour les permanents qui lui refilaient leurs étudiants en formation...

 

Or, quand on essaye de s'affranchir de la sympathie qu'on peut éprouver pour une personne et qu'on tente de réfléchir à la situation dans sa globalité ou sur du long terme, on passe pour un connard sans coeur (tant du point de vue des collègues, qui soit ne sont pas conscients de leur cynisme, soit font semblant, que parfois du point de vue des jeunes chercheurs, ce qui est plus triste). Mais est-ce que le mec sympa, c'est vraiment celui qui, au final, t'aura pourri ton CV et te jettera au bout de 3 ou 4 ans parce qu'il n'a "pas les moyens de te titulariser", tout en ayant bien profité de tes compétences?

 

Ces pratiques ont un peu stoppé, pas parce qu'il y a une épiphanie dans le labo au sein des permanents, mais simplement parce que le nombre de postes d'ATER ont fortement baissé, et que les durées moyennes des thèses ont été épinglées par l'AERES (je vous ai dit que j'aimais bien l'AERES...).

 

 

On a le même genre de situations avec les personnels de catégorie C ou certains contractuels gestionnaires payés sur contrats de type 10 mois sur 12. Il y a plein de gens sympas pour prendre la défense individuelle de ces personnes, et pour leur donner plein de boulot à un salaire horaire bien en-dessous du SMIC. Si on s'élève contre l'existence même de ces contrats ou de ces conditions de travail, on est implicitement accusé de vouloir mettre des gens au chômage, de ne pas prendre en compte la bonne marche du système, etc.

 

 

(Désolé, texte écrit un peu sur le vif, sans avoir pris beaucoup de temps pour le peaufiner, il y a sans doute des passages légers tant sur le fond que sur la forme - encore plus que d'habitude, je veux dire)

(Cela rejoint aussi un peu mon article sur la sélection à l'université)

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18 septembre 2014 4 18 /09 /septembre /2014 15:25

On a évoqué quelques bistrots, semi-gastros, cuisine du monde (Afrique et Asie).

 

Dans cet article fourre-tout car se basant sur des visites étalées sur 6 bons mois, je vais commencer par (re)parler de la rue Paul-Bert. 

 

Rue "mythique" des gastronomes parisiens, puisque sur 200m, on y trouve 6 ou 7 établissements, principalement dans le genre bistronomie, appréciés tant des bourgeois du Michelin que des bobos du Fooding. Pourquoi une telle concentration dans cette petite rue quelconque d'un quartier lui-même pas spécialement hyper tendance, simple hasard ou non, je ne sais pas...

 

Tout d'abord, on doit évoquer la galaxie Auboyneau: outre le Paul-Bert dont j'ai parlé dans mon premier article (premier lien ci-dessus), il est également propriétaire dans la rue de l'Ecailler du bistrot, reproduction quasi-identique et mitoyen du premier nommé mais centré sur les produits de la mer à des prix peu sages (homard frites à 55 boules si je ne me trompe pas). Je n'y suis pas (encore) allé mais n'ayant pas été fasciné par le Paul-Bert, je ne suis pas certain que cela arrive un jour.

Plus bas dans la rue vers le métro Faidherbe, on trouve enfin le 6 Paul Bert (6 rue Paul Bert, 75011). Histoire de couvrir toutes ses bases, après le bistrot "dans son jus", l'annexe maritime, on a ici la quintessence du "néobistrot" (circa 2008): produits de saison, cuisine épurée sur le produit effectuée dans une cuisine ouverte par deux jeunes barbus, service hipster, légumes racines, intitulés de carte en 3 ingrédients (veau/topinambour/herbes), vins nature, tables d'hôte en bois parce que même si on casque 60€ par tête (menu 4 plats imposé à 44€ le soir, avec en gros 3-4 choix par plat) on aime s'encanailler. On croirait que c'est fait avec une liste à cocher par un chargé marketing, bref, ça a autant de personnalité qu'un clone de Kristen Stewart. Après, c'est (très) bien fait, les serveurs sont commerçants et ne se prennent pas pour des stars, donc si vous n'êtes pas (encore) saturé de ce type d'adresse, de qualité mais qu'on retrouve hélas un peu trop partout de Paris à Copenhague en passant bientôt par Melun, ça vaut le coup. Si vous commencez à en avoir marre, par contre...

Un récit plus factuel de ce repas chez le doc (puisque nous l'avons partagé).

 

Ensuite, il y a Unico et El Galpon. Unico est l'un des restos argentins de barbaque "historique" de Paris, basé dans une ancienne boucherie dont la devanture a été conservée, ça a un petit côté poseur mais ça ne rend pas mal. Les prix sont assez musclés aussi (30€ le steack-frites en gros). El Galpon appartient au même proprio, et c'est une cave à vins épicerie fine, basée bien sûr sur les produits argentins. Dans les tuyaux mais pas encore testé.

 

Dans un registre, de nouveau, de "bistrot" classique, avec des prix plus doux que le Paul-Bert, j'ai bien aimé le Temps au temps (au 13 de la rue). Le menu est à 32€, c'est globalement du classique (saumon fumé, épaule d'agneau confite, mulet...) mais avec toujours une petite tentative de personnalisation des recettes. 1 fourchette Michelin. 20 couverts maximum, tout simple avec 1 personne en salle et 1 ou 2 en cuisine, mais moins demandé que les autres de la rue, donc possible en dernière minute sauf le week-end. Un bon resto de quartier. 

 

Au bout de la rue, on rentre dans la galaxie Lignac, avec la pâtisserie (24 rue Paul Bert). Ils font des viennoiseries, j'aime assez leur pain au chocolat et beaucoup leur pain aux raisin, la brioche pralinée est sympa aussi. Les croissants sont un peu plus écoeurants, et les pâtisseries sont quand même vraiment chères (5€ la mini tarte au citron). Toujours beaucoup de monde, avec un service accentuant cette impression, dont je me demande souvent s'il ne fait pas exprès d'être si lent et mal optimisé pour donner l'impression de gérer la pénurie. Probablement pour le côté "famous" mais aussi parce que les bonnes boulangeries ne sont hélas pas légion dans le quartier...

En face, tout au bout de la rue, le Chardenoux (en fait plus rue Paul-Bert mais au 1 rue Jules Vallès sur la place), est un troquet historique qui a fêté ses 100 ans récemment et a été repris par Lignac il y a quelques années. Ca joue à peu près dans la même cour que le Paul-Bert, globalement ça me semble un peu moins bien. Déco dans son jus, tables serrées, service en tenue brasserie mais qui se veut un peu collet monté. Cuisine très classique, franchement pas hyper ambitieuse même si bien faite. Burger très bon, escalope de veau à la crème avec pommes grenaille, ris de veau en fricassée etc. Pour ceux qui aiment le sucré, les desserts sont des bombes caloriques assez addictives. A 39€ le menu, je trouve qu'on paye quand même un peu trop la notoriété là aussi, et pour revenir à la comparaison, les assiettes me semblent globalement plus nobles au Paul-Bert, que je trouve déjà un peu surévalué. A 32 comme au Temps au temps ça serait bien...

 

Finalement, mon bistrot préféré dans le coin n'est pas dans la rue Paul-Bert mais à 2 pas, 7 rue du Dahoney, au Vieux Chêne. 33€ le menu, c'est un tarif, comme vous pouvez le constater, qui me plait pas mal (quand on se rapproche ou dépasse 40 boules vin non compris, même si on est à Paris, je commence à m'attendre à manger "des trucs que je sais pas faire moi-même" et plus de la "poitrine de cochon aux lentilles" ou une "côte de veau frites", même si elle vient de chez l'éleveur star, du maraîcher vedette, que le chef a des tatouages et qu'il a bossé au Danemark). La aussi c'est une cuisine de terroir, roborative, sur une carte resserrée, avec quelques touches sucrées salées et des produits frais. Rien d'inoubliable mais de bonne qualité. Ce qui fait grimper ce restaurant dans mon estime, c'est

1. La carte des vins. Il y a beaucoup de références (pas loin de 200), entre 15 et 200€. Les coefficients m'ont semblé très raisonnable pour Paris, et on y trouve des vraies belles références, notamment dans la Loire (domaine de Bellivière par exemple). Le patron est de bon conseil, sympa et passionné (il m'a noté sur une carte les références de mon verre d'apéro que j'avais aimé).

2. Globalement, le service est très bon, et chose assez rare dans le quartier, ça ne se la raconte pas du tout. Ils aiment leur boulot, assument leur statut de bon resto de quartier sans faire passer du tout l'impression qu'on a bien de la chance de bouffer chez eux. Ils aiment parler spontanément et pas pour le paraître. Le risque même, c'est si le resto est plein (en gros aux 2/3 rempli ce jour là), que le service soit un peu longuet parce qu'ils aiment tchatcher (sans être envahissants, mais si vous demandez quelque chose, les explications peuvent durer). 

 

 

Pour conclure et compléter mes articles précédents, 2 nouvelles recommandations de restaurant africain et chinois dans le coin:

- le Waly-Fay (6 rue Godefroy Cavaignac, 75011, site web, ouvert tous les jours, mais soir uniquement). Il y a plusieurs "red flags" dans ce restaurant, mais au final c'est vraiment pas mal. La cuisinière est sénégalaise, mais on trouve également des spécialités camerounaises, ivoiriennes, voire des antilles (apparemment, le patron en est originaire). On pourrait craindre le gloubi-boulga. La déco, un peu lounge tamisé, un peu squat murs à nu fils qui pendent, genre bar à cocktails tendance pseudo-destroy, m'inspirait aussi moyennement. Mais finalement, tout est bon, copieux, avec des saveurs inhabituelles et authentiques. Validé aussi par mes vieux qui ont passé 20 ans de leur vie en Afrique Noire. C'est pas très cher sachant que les plats (poulet yassa, tiep bou dien... 15-20€) sont hyper nourrissants. Si vous voulez tester des entrées, 1 pour 2 suffit donc amplement. Les desserts sont anecdotiques, courte carte des vins branchée nature, aux tarifs sans doute un peu costauds vis-à-vis du prix des plats. Le service est très sympa, pas forcément hyper organisé donc ça peut devenir long quand c'est plein.

- Nanchang (143 rue de Charonne, 75011, métro Charonne ou rue des Boulets, ici aussi tous les jours mais soir uniquement, à partir de 18h). Une cantine chinoise aux spécialités du Jiangxi (en gros à mi-chemin entre Pékin et Hong Kong). Pour le coup, cantine n'est pas un vain mot. Tables serrées, papier protecteur sur la table, les verres sont des tasses en plastoque et les serviettes un paquet de kleenex. La carte est une photocopie A4 sur laquelle on coche ce qu'on veut et combien on en veut. Il y a des trucs hardcore: bouillie de riz aux oeufs de 100 ans, des brochettes (de tendons, de pénis de boeuf...), et puis des plats chinois plus classiques (porc aux aubergines, racines de lotus en salade, etc). Demandez le moins pimenté possible si vous n'êtes pas fan (c'est déjà parfois assez fort) et n'hésitez pas à tenter, piocher au hasard, partager, recommander, ce n'est pas vraiment fait pour prendre chacun un plat... 

Globalement, c'est un peu gras et on en fout assez vite partout sur la table, mais c'est vraiment goûteux et ça fait hyper authentique (j'avoue, je ne suis jamais allé en Chine). C'est blindé, principalement de chinois, mais ça tourne assez vite, n'hésitez pas à attendre ou laisser votre numéro et aller boire une bière à proximité. Sinon, en arrivant avant 20h il n'y a pas de problèmes normalement.

Vous pouvez oublier les desserts, tout est frit ou presque et vu que le reste est quand même assez chargé en lipides...

Personnellement, la bite de boeuf j'ai trouvé ça sympa mais j'ai eu du mal à trouver un partenaire de testing. 

En se lâchant, on arrive péniblement à 50€ pour 4 boisson comprise, les tarifs par item varient entre 0.5 et 8€...

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Published by mixlamalice - dans Restos
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