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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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31 octobre 2008 5 31 /10 /octobre /2008 14:36
La crise frappe l'économie réelle aux Etats-Unis: par exemple, la vente de SUV s'effondre au point que l'Etat envisage de "nationaliser" General Motors. Et dans un pays ou "socialisme" veut dire la meme chose que "stalinisme", je peux vous dire que c'est grave.

Heureusement, il y a un secteur d'activités qui ne la connait pas la crise: la vente d'armes. Ces ventes ont augmenté de 7-8% au cours des derniers mois (ou semaines, je n'ai pas bien entendu, je conduisais). Il faut dire que les "rednecks" craignent l'élection de Barack Obama: les démocrates sont connus pour etre des empecheurs de shooter en rond, passant des lois scélérates et liberticides. Ce genre de lois qui interdisent aux profs d'amener leurs flingues a l'école (d'apres certains, ça permettrait d'éviter les tueries du type Columbine), qui préconisent que les internés psychiatriques ne devraient pas pouvoir acheter un canon scié comme un pack de bieres (i.e. sur simple présentation du permis) etc.

Puisque j'en suis a parler d'armes et de tarés, vous avez probablement entendu la derniere:
Deux "néo-nazis" de 18 et 20 ans ont été arrétés pour avoir fomenté l'aSSaSSinat d'Obama. Bon, de ce que j'en ai lu, ça ressemblait plus a Dumb and Dumber vont tuer des noirs qu'a un truc organisé minutieusement façon KKKGB. Déja, je pense qu'on ne leur a pas expliqué que dans le systeme nazi, les Noirs c'était pas vraiment les méchants (meme si, notion de pureté de race oblige, ils devaient pas etre trop aimés quand meme).
Je cite l'article du Monde: " Les deux individus interpelés auraient eu pour but de tuer 88 Noirs, d'en décapiter 14 autres puis d'assassiner Obama, habillés en smoking blanc et en haut-de-forme. Les chiffres évoqués dans leur plan – 14 et 88 – font clairement référence à la mouvance White Power (pouvoir blanc). Quatorze renvoit à un slogan raciste de quatorze mots – "Nous devons protéger la survie de notre race et l'avenir des enfants blancs" –, et le 88 au salut hitlérien – Heil Hitler –, "h" étant la huitième lettre de l'alphabet. Aux Etats-Unis, ces deux références sont étroitement liées à un groupuscule néonazi en particulier, appelé The Order."
Malheureusement pour eux, ils ont été arretés juste apres l'éxécution de la premiere phase de leur plan, qui consistait a prendre des photos d'eux-memes en tenue guerriere avec un fusil d'asaut a la main, et a peindre des croix gammées sur leur bagnole ... Ils étaient sur le point de réaliser la phase deux, l'achat du smoking et du haut de forme. Autant dire qu'ensuite, ainsi accoutrés a bord de leur bagnole camouflée, le massacre était inévitable. Bref, on était vraiment a deux doigts de la catastrophe.

Avouez que pour l'amateur d'humour noir (justement), il y a de quoi se marrer. Espérons quand meme que la Police, le FBI, la CIA, la NSA et tous ces trucs en A seront aussi efficaces lorsqu'il s'agira de déjouer une éventuelle "véritable" (au sens de crédible) tentative d'assassinat sur Obama, s'il est élu.
L'article souligne que les associations racistes potentiellement "violentes" comptent environ 50000 membres. Soit sur 250 millions d'habitants, une proportion de 2 pour 10000 qui ne doit pas etre tres différente de ce que l'on peut trouver en Europe. La différence, c'est que chez nous, vu qu'il est un petit peu plus difficile de se procurer des armes a feu, les actions "violentes" se limitent le plus souvent a un passage a tabac courageux a coup de rangers et a 1 contre 10. Bref, ces groupuscules, qui ne verraient pas d'un tres bon oeil l'élection d'un noir (meme métis, et plutot chocolat au lait), ont une probabilité non nulle de tenter un truc un plus sérieux que les deux crétins susmentionnés dans les prochains mois.
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29 octobre 2008 3 29 /10 /octobre /2008 18:55
Comme quoi, la lecture d'un bon blog stimule les neurones. Ou au moins pousse a se tirer les doigts pour écrire ce qui aurait du l'etre il y a un bail s'il n'y avait eu cette damnée flemmite aigüe.

La problématique est la suivante: est-ce que l'émotion, ou plus généralement ce qu'on peut ressentir face a l'Art est la meme lorsqu'on est un Candide ou lorsqu'on s'y connait a donf'? Comme la réponse est probablement non, est-ce qu'il y a de fait une situation préférentielle (sachant qu'a priori on peut passer de Candide a connaisseur mais difficilement l'inverse et qu'a priori encore, quand on est s'intéresse a une forme d'art, ou qu'on est attiré par elle, on finit me semble-t-il nécéssairement par avoir envie de s'y connaitre un minimum)?
La seconde interrogation est ici plus rhétorique qu'autre chose, hein: ça fait partie de ces questions existentialo-philosophicomiques ou les différences d'opinion argumentées se valent bien, qui n'ont d'autre but que d'exercer les méninges et de faire passer le temps pour oublier un peu la mort. Donc le premier qui répond de façon péremptoire, je lui sors le fameux dicton de Mme Michu "tout n'est pas blanc, tout n'est pas noir".
Du coup, cet article n'est absolument pas conclusif, mais plutot le récit de mes pérégrinations mentales sur le sujet. 

Je vais commencer par un exemple: 
Bien avant d'avoir des problemes de sébum, j'adorais lire. Pour autant je ne connaissais rien a la Littérature. La seule question qui m'habitait était  "est-ce que ça me botte ou pas?". Du coup j'ai lu et relu les Misérables, j'ai chialé comme un veau a chaque fois, pareil avec les Six Mousquetaires tout ça. A l'opposé, je n'ai jamais dépassé la page 40 de Madame Bovary ou la page 2 de A la Recherche du Temps perdu, pour ne parler que des classiques. Ainsi, alors que je ne m'interrogeais absolument pas sur la Forme et ne m'intéressait qu'au Fond, c'était pourtant dans une certaine mesure cette Forme qui déterminait au fond mon appréciation de l'oeuvre (ben oui, puisque si le style ne me convenait vraiment pas je ne terminais pas le roman). Mais si, relisez, c'est tres clair.

Il se trouve que depuis quelques temps le processus de création m'intéresse un peu plus: a la fin, la question fondamentale reste la meme ("est-ce que ça m'a botté?..."), mais je cherche a en savoir plus sur l'auteur, éventuellement sur sa vie lorsqu'elle est en relation avec le bouquin que je suis en train de lire, sur sa conception de l'écriture ou du roman... Je ne me pose pas moi-meme beaucoup de questions quand je lis, mais apres coup j'aime bien savoir que l'Auteur s'en est posé, lui, avant d'écrire ou meme pendant (il n'est jamais trop tard pour bien faire)*.
Bref, a l'occasion je lis quelques bouquins d'analyses littéraires appliquées (Vargas Llosa sur les susmentionnés Misérables, David Lodge ou Martin Amis sur Sterne, Joyce, James ou Nabokov etc: a vrai dire dans ce genre la je ne lis que des bouquins de critiques qui sont avant tout des écrivains, c'est plus facile a comprendre, plus crédible et pour tout dire ça me parle plus que si c'est écrit par un universitaire pompeux).
Du coup maintenant j'ai tendance a finir les bouquins que je commence meme s'ils m'emmerdent, histoire de pas mourir idiot (de passer de "j'aime pas c'est naze" a "tiens, pourquoi j'aime pas?") et des fois que je change d'avis en cours de route**. A m'intéresser a des auteurs qui a priori ne m'attirent pas plus que ça, a élargir mon champ de connaissances. Et a faire un peu d'analyse a posteriori pour comprendre pourquoi j'ai aimé ou pas, s'il y a des points communs avec d'autres auteurs que j'ai lus etc. Bon des trucs basiques hein, mais quand meme, mon comportement de lecteur a changé. Le paradoxe s'est aussi un peu inversé: je m'interroge plus sur la Forme, et pourtant elle a plutot moins d'importance qu'avant dans mon appréciation de l'Oeuvre (puisque désormais j'arrive a terminer, et donc potentiellement apprécier meme si c'est rare, un roman dont le style ne me plait pas).
Illustration (s'il y a un littéraire dans la salle, qu'il ne me jette pas de pierres si ce que je raconte est une hérésie): je me suis un peu fait chier a la lecture de McCarthy (De si jolis chevaux). Les histoires de chevaux, de cow-boys et de soleil couchant dans la prairie avec l'herbe qui bruit, c'est pas mon trip: j'ai un peu de mal avec les notions d'intemporel, d'immuable etc. Quand il ne se passe vraiment rien, et ça marche aussi pour le cinéma, faut vraiment que celui qui raconte soit tres fort, sinon je m'emmerde. Mais ce qui m'a surtout déplu est le fait que seules sont consignées les actions du héros. Ses sentiments ne sont jamais analysés ou meme décrits, comme s'il n'en avait tout simplement pas, ou comme si le narrateur se plaçait dans la posture d'un "journaliste" qui suit l'action mais n'a aucun moyen d'en connaitre les motifs, se contentant donc de la rapporter. C'est sans doute une posture réaliste (dans la vraie vie, un narrateur omnisicent, quelqu'un qui sait ce que l'autre pense, ça n'existe pas, a part bien sur Monsieur Boubakar marabout a Pigalle) mais que je trouve pour ma part on ne peut plus artificiel. Quand on lit un roman, c'est pour se plonger dans un univers différent. Cet univers, c'est celui de l'Auteur et en faisant le choix de lire son roman on accepte de facto qu'il nous l'impose. Si l'Auteur me dit prétendre qu'il ne connait pas l'univers qu'il a crée, que les zones d'ombre sont majoritaires, j'ai du coup du mal a y rentrer. 
Ce parti pris artistique me rappelle Hemingway ou Camus - et c'est la que les littéraires vont peut etre pousser des hauts cris- qui l'avaient amené encore plus loin puisque dans L'adieu aux armes ou l'Etranger, le narrateur est aussi le personnage principal. Je ne parviens pas a apprécier un roman écrit a la premiere personne qui n'est que factuel: le personnage principal est censé savoir ce qu'il pense. A moins qu'il ne veuille pas nous en faire part, mais dans ce cas pourquoi nous raconter sa vie malgré tout? A moins que ça ne soit censé passer pour un récit raconté oralement? Meme a l'oral on ne se contente pas que du factuel. Bref, pour moi ça ne fonctionne pas.
 
Mais revenons un peu au sujet et a la premiere de mes interrogations: comme l'exemple ci-dessus l'illustre peut-etre, il mesemble que le plaisir que l'on peut ressentir face a une oeuvre devient différent lorsque l'on passe du statut d'amateur naïf a celui d'amateur un poil plus éclairé.
Ce qu'on gagne en savoir, en moyens de compréhension, il se peut qu'on le perde en spontaneïté, en émotion. Et du coup, en mettant l'émotion au second plan, est-ce qu'on ne perd pas de vue l'essentiel, hein, Dieu me tripote? Parce que bon, qu'est-ce que l'Art sinon un vecteur d'émotions entre l'Artiste et son public?

Prenons un autre exemple: je suis un peu "cinéphile": j'entends par la que j'aime bien aller au cinéma (ça semble etre la condition minimum pour se déclarer cinéphile) en gros 1 fois par semaine pour voir toutes sortes de films, du blockbuster plein d'explosions a la comédie débile en passant parfois par le film d'auteur ouzbekhe. Je connais un peu les réalisateurs et acteurs "principaux", au moins contemporains, je m'intéresse un peu a la critique. Mais je ne connais rien a la technique, et pas grand chose a l'histoire du cinéma, les différents courants... Du coup, je m'en bats l'os de savoir que le mec a filmé en plan séquence de 13 minutes 27, a utilisé le champ contrechamp pour faire passer tel message ou que sais-je: si un réalisateur me plait, c'est plutot son univers, le genre d'histoires qu'il raconte, qui m'intéressent, meme si je peux etre sensible a certaines grosses ficelles comme les filtres de Jeunet, les ambiances glauques de Fincher ou les caméras a l'épaule pour faire réaliste (ou pour filer la gerbe au spectateur).
Bref, mes préoccupations de base devant un film restent assez basiques et reviennent a celles que j'énonçais pour la Littérature: me suis-je emmerdé ou ai-je passé deux heures agréables hors tu temps?. Si vous regardez le Cercle (une émission de ciné sur Canal, plutot bien faite car le panel de critiques présents est suffisamment vaste pour que chacun puisse trouver un ou deux chroniqueurs avec des gouts proches du sien) vous voyez tout de suite ceux qui raisonnent comme moi et ceux qui se tirlipotent sur les intentions du réalisateur. Alors c'est a l'occasion légitime et intéressant, ça permet aux crétins dans mon genre de se cultiver, mais des fois on a aussi envie de demander au gars qui se la raconte  - surtout, d'ailleurs, quand soi-meme on s'est fait chier comme un rat devant le film- : "non mais bon ok tu as bien tout analysé la technique et tu nous a fait une psychanalyse a la petite semaine du réal, mais au fond, vraiment, tu as aimé?". Et souvent on se rend compte que le critique est finalement bien incapable de répondre a cette simple question, tant il a intellectualisé son expérience, tant il est aussi dans le paraitre: parce que quand on parle d'Art, avoir vu et compris des choses que les autres ont pas vu et pas compris, ça fait toujours du bien a l'ego. Et la, paf, la question de l'émotion passe totalement au second plan.
  
Question subsidiaire: plaçons nous du point de vue de l'Artiste. Préfere-t-il etre jugé par des gens qui n'y connaissent rien (avec la tentation lors d'une critique négative de dire ouais mais toi t'y connais rien) ou par des personnes éclairées (avec la tentation de dire lors d'une critique négative ouais mais toi t'es qu'un gros frustré qui a jamais pu devenir artiste alors tu défonces ceux qui ont ça en eux)? Parce que bon, comme le disait Lodge et beaucoup d'autres, le but primal d'un artiste, qu'il l'admette ou non, c'est quand meme d'avoir un public et d'etre aimé (ou a défaut de susciter autre chose que l'indifférence: ça explique pourquoi les Houellebecq et autres sont finalement tres heureux de croire qu'ils sont haïs).

*D'ailleurs je ne me pose pas beaucoup de questions quand j'écris non plus, ça doit sans doute etre un signe et expliquer la pauvreté de mon style... Visiblement, certains écrivains contemporains ne doivent pas beaucoup s'interroger non plus.

** C'est marrant comme la premiere impression est souvent la bonne: un bouquin qui me fait chier les 50 premieres pages me fait tres rarement changer d'avis...
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Published by mixlamalice - dans Littérature
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24 octobre 2008 5 24 /10 /octobre /2008 17:38

C'est bien connu, la guitare est un symbole phallique. Si vous n'aviez jamais remarqué, imaginez un zgueg. Avec les roubignolles. Sans les poils. Ca y est? Bon maintenant, trouvez une photo de guitare. Il me semblerait improbable que la ressemblance stylistique ne vous sautasse pas aux yeux.

En tout cas, il y en a qui ont remarqué. Ou au moins leur inconscient. On ne compte plus les explosions de foufoune post-solo de Slash.

                                                Ca t'excite quand je branle le manche hein?

On ne compte plus le nombre de puceaux bourrés de sébum qui se sont mis a la guitare pour devenir un vrai mec et choper comme un renard (meme si d'expérience, je peux affirmer que ça ne marche pas toujours). Ok, dans la plupart des groupes de rock le personnage le plus charismatique (donc celui qui a le plus de chances de tringler de la groupie) est souvent le chanteur. Mais pourquoi croyez-vous que bien des chanteurs se sentent obligés de se saisir d'une guitare alors qu'ils savent a peine enchainer trois accords, hein? Pour montrer qu'eux aussi, comme leurs guitaristes, ils savent manier le manche, voila pourquoi.

En ce qui me concerne, j'ai muri. Je trouve ce symbole totalement surfait, présomptueux et futile. Comme en plus j'ai jamais su faire un solo, et que la seule chose que j'ai réussi a faire en jouant de la guitare, c'est empecher les gens de dormir, j'ai décidé de me mettre a l'ukulélé.

L'ukulélé, c'est un instrument hawaïen a 4 cordes, qui est également un symbole phallique, mais plus réaliste.

Certes, le joueur d'ukulélé provoque moins d'hystérie féminine, mais il est plus honnete avec lui-meme.


                                                Ah si j'avais appris la guitare au lieu de l'ukulélé...

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23 octobre 2008 4 23 /10 /octobre /2008 17:33
J'ai expliqué dans un article précédent que la chose la plus importante qu'un éleve moyen retirait de ses deux ou trois années de prépa n'était pas franchement des connaissances scientifiques mais plutot une méthodologie lui permettant d'etre efficace dans le travail.

Je souhaiterais ici aborder l'apprentissage majeur des années école d'ingénieur: le "pipot". Le pipot consiste a etre capable d'etre crédible lors d'un examen (écrit, oral, ou rapport), sur un sujet qu'au fond, on ne comprend pas franchement, parce qu'au lieu de bosser on a préféré faire autre chose (i.e., en école d'ingénieurs, boire de la biere). Attention, ce n'est pas si facile, et c'est tres différent de raconter n'importe quoi, meme si ça peut dans certains cas extremes s'en rapprocher.
Cela nécessite quand meme d'avoir compris un minimum, sinon ça finit par se remarquer. Cela nécessite d'etre capable de trouver l'information essentielle et de broder dessus, en restant suffisamment vague pour que l'absence de connaissances et de compréhension ne soit pas trop flagrant, mais sans l'etre trop pour que ça ne soit pas flagrant. Cela requiert aussi un certain "sens physique", a savoir une certaine intuition, ou habileté a raisonner (par analogie notamment) qui vous évite de raconter trop de conneries. Le but final étant bien entendu d'éviter d'avoir a retaper l'examen, bref, d'etre assez crédible pour que les 5 ou 10 personnes vraiment allergiques a la matiere se retrouvent derriere vous.
Bref, pour etre plutot bon a ce petit jeu, 3 années sont bien nécessaires: elles portent leurs fruits lorsqu'en master par exemple, on se retrouve confronté a des gens qui n'ont pas été soumis a cet apprentissage: des gens qui lorsqu'ils ne sont pas surs de savoir, se taisent ou avouent betement qu'ils ne savent pas.

Quelques années dans le domaine de la recherche plus tard (et quelques mois dans le monde industriel), je me rends compte que finalement, l'aptitude au "pipot" est une qualité fondamentale.
C'est elle qui vous permet d'obtenir des financements: lorsqu'il faut pondre un rapport de 15 pages sur des expériences qu'on compte mener tout en ne sachant pas si ça va marcher ni si ça marche ce qu'on va bien pouvoir en tirer, ce n'est pas si facile d'etre crédible. Il faut etre capable de citer les bons articles, de rentrer suffisamment dans les détails pour faire croire qu'on maitrise le sujet, et d'avoir l'air convaincu qu'on va révolutionner la science.
C'est également le "pipot" qui va donner de la profondeur a vos prestations lors de conférences, mais aussi lors de l'écriture d'articles ou de discussions avec d'autres chercheurs, surtout si ils sont nettement plus balezes que vous dans le domaine. Globalement, je ne sais pas si les gens sont dupes (ce qui serait un peu grave) ou s'ils font semblant parce que de leur coté ils font pareil (ce qui serait un peu grave aussi, finalement). Probablement un peu des deux, selon que les gens en question sont persuadés de leur importance ou plus détachés.
En tout cas, le pipot a la sauce scientifique me semble quand meme plus crédible que le pipot a la sauce managériale: il n'y a pas de camemberts dans nos présentations, et on pratique moins la novlangue franglaise pour crétin a cravate et attaché case amateur d'esbroufe.

Une remarque conclusive: il y a quelques petites différences entre le "pipot" professionnel et le "pipot" étudiant, cependant. Dans le monde de la recherche, il faut parfois savoir admettre qu'on ne sait pas. En effet, il suffit de peu de choses pour que vos auditeurs se rendent compte de votre faiblesse et vous sautent sur le rable, alors qu'avouer qu'on ne sait pas est mieux perçu: les chercheurs sont le plus souvent éminemment conscients de l'impossibilité de tout savoir, mais ils n'aiment pas qu'on leur raconte des conneries. Selon l'estime qu'ils vous portent, ils penseront soit que c'est involontaire et que donc vous etes incompétent, soit que c'est volontaire et que vous essayez de les blouser. Dans les deux cas vous passerez un sale quart d'heure. 
Au contraire, lors d'un examen, vous pouvez toujours tenter le coup d'une explication "avec les mains" en misant sur votre sens physique. Bon, cela va énerver certains correcteurs surtout si vous appliquez cette méthode a toutes les questions et que vous vous plantez a chaque fois (si vous etes de toute façon suffisamment en détresse pour vous y risquer, vous n'avez probablement pas grand chose a perdre), mais dans certains cas, ça peut efficacement remplacer un "je sais pas" aux effets généralement dévastateurs. J'ai rencontré dans ma courte carriere quelques thésards qui lorsqu'ils présentaient leurs travaux, se croyaient visiblement toujours en période d'examens, et finissaient par se faire défoncer a force de raconter des conneries plutot que d'admettre leur ignorance (ça arrive moins chez les chercheurs plus vieux, parce que ce genre de thésards n'arrive généralement pas au stade de chercheur, a mois d'avoir appris sur le tas les rudiments du "pipot").
Un autre élément essentiel du "pipot" dans le monde académique est la capacité a savoir écouter, surtout si votre interlocuteur est un ponte qui sait ce qu'il raconte. Ca a certains points communs avec l'attitude que l'on peut observer lorsqu'on participe a une discussion totalement inintéressante, notamment silences et hochements de tete approbateurs, mais il y a une différence fondamentale: il faut vraiment écouter et essayer de piger. La encore certains thésards un peu trop scolaires ne savent pas la fermer a bon escient: autant un enseignant apprécie généralement un étudiant enthousiaste meme s'il n'est pas tres doué, autant la plupart des chercheurs n'appécient pas d'etre interrompus par un étudiant qui en deux phrases leur prouve illico qu'il n'a rien bitté a ce qu'ils ont raconté lors de la derniere demi-heure.

Bon c'est pas tout ça mais j'ai une conf''dans moins d'un mois, et un bon pipot, ça se prépare.  

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20 octobre 2008 1 20 /10 /octobre /2008 16:23

Soeur Emmanuelle est morte aujourd'hui, a moins d'un mois de son centieme anniversaire.
J'avais vu ce bout de femme tout fripé il y a quelques années dans une émission quelconque a la télé, et elle m'avait fait chialer. A 95 balais bien tassés, elle m'avait retourné le coeur. Vive d'esprit, pleine de réparties, touchante dans son évocation des bidonvilles du Caire ou elle passa 20 ans de sa vie, mais aussi lucide sur ses travers (sa petite vanité qui la poussait a se montrer dans les medias) et surtout sur les tourments du croyant, sur la folie de notre monde qui parfois fait chavirer la foi la plus authentique. Elle racontait je crois, ses prieres a Dieu, ne comprenant pas quel était le dessin divin vis a vis de ces chiffoniers. Elle évoquait aussi ses "tourments charnels" avec une grande honneteté.

C'est en l'écoutant que pour la premiere fois, moi petit athée (ou agnostique pour faire joli) me suis dit que la foi ne conduisait pas qu'a l'Inquisition, au 11 septembre, a l'excision, a l'inceste ou a la polygamie. Que la foi, ce n'était pas simplement une conception de petits bigots qui vont laver a peu de frais leur conscience en allant hypocritement anonner quelques prieres a la messe de minuit. Que les véritables représentants de la foi, ce n'était pas les Borgia, Pie 12 ou Khomeini.

La foi, chez les justes, permet de sacrifier sa vie pour ceux qui sont démunis. Sans ressentir ce sacrifice comme tel, mais au contraire le vivant comme une transcendance. Je pense que c'est un "don", meme si, comme tous les dons il doit etre entretenu par l'ascese pour s'exprimer pleinement. Ce don du sacrifice, cette vie au service des autres, semble conduire paradoxalement a un bonheur que peu d'entre nous peuvent connaitre. Malgré le pognon, les gonzesses, les bagnoles, le foot ou meme le pinard.
 
L'abbé Pierre, Soeur Emmanuelle... et leurs pairs, lorsque je les écoute ou simplement les vois, m'émeuvent profondément, et me font ressentir avec acuité mes petits travers et mes gros égoïsmes, et ceux de mes semblables.

Je ne crois malheureusement pas que le Paradis existe, mais si je me trompe il compte depuis aujourd'hui un membre de plus.

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20 octobre 2008 1 20 /10 /octobre /2008 15:16
Je ne me souviens plus si je vous ai parlé de cette chaine de magasins, fleuron de l'Amérique. En gros ce sont des super-marchés discount ou on peut acheter a peu pres de tout (du matériel de camping aux fringues en passant par la bouffe - bon pour la bouffe ça reste plutot chips et beurre de cacahouetes que tournedos hein) qu'on trouve dans tous les bons malls ou zones commerciales de n'importe quel patelin ricain*. L'avantage c'est que c'est vraiment pas cher. L'inconvénient c'est que la qualité est vraiment merdique. Alors autant pour des T-shirts basiques a 5 dollars on s'en fout un peu, autant le jean qui s'auto-délave a la premiere averse, ça fait chier (cela dit, a 12 dollars made in China, peinture au plomb incluse, on pouvait s'en douter).

Et puis Walmart, c'est une société sympa ou il fait bon travailler.
Ainsi, une succursale mexicaine vient d'etre condamnée pour avoir payé ses employés en partie avec des bons d'achat Walmart. Alors certes ils ne faisaient que reprendre des coutumes en vigueur depuis plus d'un siecle, lorsque les gros propriétaires terriens payaient leurs cowboys de la meme façon. Certes encore, c'est économiquement bon pour l'entreprise qui récupere d'une main le pognon qu'elle a filé de l'autre. Mais bon, ça n'est pas passé. Encore des réacs, ces juges mexicains.
Il y a quelques années, Walmart avait aussi été condamné, aux USA cette fois, parce que les employés n'avaient pas le droit a la pause déjeuner (ou alors, j'imagine qu'elle était déduite du salaire et/ou compensée en temps de travail plus long).
Il parait également que les dirigeants appellent leurs employés a voter John McCain lors de réunions ou séminaires. 
Enfin, je me suis laissé entendre dire que niveau couverture sociale (assurance santé et chomage), Walmart ne faisait pas partie des compagnies les plus progressistes vis a vis de leurs employés. 

Mais bon, faut ce qu'il faut pour pouvoir faire du bénef sur les radio-réveils chinois a 2 dollars 47.

Cette belle entreprise n'a malheureusement pas le droit de s'installer en Europe. Je ne sais si c'est pour des raisons de protection sociale, anti-trusts ou parce qu'ils ne respectent pas les conditions de vente valables en Europe (vente a perte). Quel dommage. 
Leur slogan: "Save money, live better" (except if you are one of our employees). 

* A ce propos, une petite anecdote. Les petites villes du Western Mass, probablement parce qu'elles sont très vieilles ville (selon les standards US), disposent d'une loi ici anachronique mais qui prévaut en France: Les méga-supermarchés n'ont pas le droit de s'implanter a l'intérieur de l'agglomération. Du coup, pile a la sortie de ma ville, il y a une autre commune, qui doit compter 500 habitants mais surtout 5 malls comprenant tout ce que vous pouvez souhaiter pour claquer tout votre blé: Stop and Shop, Whole Foods, Big Y, JC Penney, Best Buy, Dick's, Barnes and Nobles, Target, McDo, Applebee's, Chili's, Wendy's, Domino's Pizza, Pizza Hut, etc. Et Walmart, donc.
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18 octobre 2008 6 18 /10 /octobre /2008 18:34
Outre une superbe chanson d'Iron Maiden issue de Seventh Son of a Seventh Son, ce substantif pourrait s'appliquer a notre bien-aimé Président.
Une preuve irréfutable dans la vidéo ci-dessous, datée de 2006.


Quand Nicolas Sarkozy vantait les subprimes

Bon, si on devait virer tous les politiques qui ont raconté des conneries ou retourné leur veste a un moment de leur carriere y aurait plus grand monde pour le job. Mais quand meme, celle la est pas mal. Surtout quand depuis, le Président nous la joue cheval blanc, pourfendeur du capitalisme sauvage.



Plus qu'un clairvoyant, osons le mot, un visionnaire!
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17 octobre 2008 5 17 /10 /octobre /2008 16:40

Je continue ma petite série (a partir de deux, on peut parler de série) qui a eu un franc succes.

Depuis 9 mois que je suis ici, j'ai assisté a trois moments sportifs quasi-historiques. Et franchement super excitants a regarder, meme pour le candide détaché que je suis. A savoir (ceux qui ne connaissent absolument pas les regles ou que le sport américain laisse completement froid, ce qui était mon cas il y a moins d'un an, peuvent passer directement au prochain paragraphe ou je m'intéresserai au pourquoi du comment):

- le match 4 de la finale NBA ou les Celtics ont remonté 24 points en un quart temps et demi pour gagner sur le fil et effacer le plus gros déficit dans un match de finale. Les Lakers avaient failli faire la meme chose au match 3 mais ils avaient échoué sur le fil.
- le match 6, ou les Celtics l'emportent de 39 points, soit la plus grosse branlée dans un match décisif pour le titre (les Bulls de Jordan avaient mis 42 points aux Jazz de Malone mais c'était lors du match 1 ou 2 de la série).
- Hier, les Red Sox, en finale de conférence face aux Tampa Bay Rays, étaient menés 7-0 au milieu du 7eme inning (un match de base-ball compte 9 innings, en gros un temps de jeu). A domicile, c'est a dire a Fenway Park, autrement appelé le "Green Monster" ou les Red Sox n'ont pas été éliminés d'une série depuis 1918, et ou ils n'ont jamais perdu 3 matchs d'affilée dans une meme série (ce qui aurait été le cas s'ils avaient perdu hier). Fin du 7eme inning, 2 batteurs éliminés, Dustin Pedroia, batteur des sox a pris 2 strikes: on est a 1 strike de la fin de l'inning. Mais Pedroia réussit a batter, les Sox scorent un point, puis David "Big Papi" Ortiz, muet depuis le début de la série, réussit un home-run qui rapportent 3 nouveaux points aux Sox*. Dans l'inning suivant le pitcher (lanceur) des Sox musele les batteurs des Rays, puis les Sox scorent trois nouveaux points sur un HR et un duel épique entre le batteur Coco Crisp et le pitcher des Rays, s'étendant sur 10 lancers. Le score est donc de parité 7-7 et le reste a la fin du 9eme inning. Du coup, prolongations, et un extra-inning, ou les Sox finissent par s'imposer. Joie intense sur et en dehors du terrain, les supporters qui avaient quitté le stade en cours de match doivent se les mordre. Dans la presse on parle de "miracle" et on rappelle que c'est le 2eme plus gros déficit remonté par une équipe en finale de conférence (et probablement le plus gros dans un match décisif). Rappelons que les Red Sox, apres avoir été "maudits" 85 ans suite a la vente de Babe Ruth aux New-York Yankees (alors qu'ils étaient la meilleur équipe du début du 20eme siecle ils n'ont plus rien gagné apres cet épisode), ont remporté le championnat en 2000 contre ces memes Yankees alors qu'ils étaient menés 3-0 (la finale se joue en 4 matchs gagnants). Cet autre exploit est unique dans l'histoire du sport américain: que ce soit en hockey, en basket ou en base-ball, que ce soit pour une finale ou aux premiers tours des play-offs, il n'avait jamais été accompli et n'a pas été réédité depuis.


Ce ne sont que les trois principaux grands moments que j'ai vus, je pourrais aussi vous parler de Pierce qui sort sur blessure au match 1 de la finale avant de revenir sous une standing-ovation crucifier les Lakers par deux trois points en 20 secondes, ou des Giants qui défoncent les Patriots ultra-favoris et invaincus depuis un an lors du Superbowl.
Alors, comment expliquer cette abondance de matchs d'exception? Parce que bon, en ce qui concerne les sports européens, je pourrais citer les deux France-All Blacks des dernieres coupes du monde de rugby, les matchs a élimination directe de la France de football en 1998 et 2000, la finale de coupe d'Europe Manchester-Bayern, la demi-finale Toulouse-Stade français avec la cuillere de Fillol, la victoire de Montpellier en Coupe d'Europe de Handball grace a un coup-franc a l'ultime seconde de Greg Anquetil, la victoire de l'équipe de France de handball au championnat du monde de Bercy contre la Suede... Bref une petite dizaine de matchs tous sports collectifs confondus en 10 ans.
J'ai plusieurs explications a avancer, j'ai tendance a penser que c'est un mix de tout ça:
- Leurs sports co favorisent les retournements de situation. Je vous disais que l'une des raisons pour lesquels le soccer ne perce pas ici est l'impossibilité de passer de la pub en dehors de la mi-temps. Il y a aussi sans doute le fait que pour un américain c'est chiant a regarder (surtout quand on connait la Ligue 1 et ses 80% de 0-0). Certes, le base-ball nous parait casse-couilles, mais il y a plus de retournements de situation et de home-runs que de buts au foot.
- Les sports américains sont souvent "typiquement" américains (a part le basket, qui reste malgré tout de par ses regles assez différent de la version européenne): du coup, le championnat national attire les meilleurs joueurs du monde (le salaire doit jouer aussi), et on a donc une compétition extremement relevée qui finalement ressemble plus aux Coupes du Monde (ou d'Europe) des sports classiques qu'a la Ligue 1 ou a un championnat national de seconde zone. Du coup, ils ont tous les ans une compétition du niveau de celle qu'on ne voit que tous les  deux ou quatre ans en Europe. Seule les compétitions type Ligue des Champions peuvent rivaliser, mais, si elles sont annuelles, elles sont aussi diluées sur la saison et pas le seul point d'intéret.  
- le coté winner-loser culturellement ancré chez les américains est parfait pour le sport. On a donc une nation passionnée: comme je le disais dans mon billet précédent, qui d'autre diffuse du sport universitaire en prime-time, dans des stades de 90000 personnes? Du coup, le sport est fortement représenté a la télé, encore plus que chez nous, et surtout sur des chaines "mainstream" ne nécessitant pas comme Sport + ou Canal + d'abonnements particuliers. C'est également, le plus souvent, en prime time. Cela explique pourquoi j'ai assisté a ces moments intenses, alors qu'une partie des matchs marquants européens m'ont sans doute échappé pour cause de retransmission sur une chaine obscure et/ou a des horaires a la mords-moi le noeud.
- Il y a 200 matchs de base-ball par an et par équipe, 100 de basket.... avouez que ça augmente les chances de voir des matchs de fous, comparés a nos 50 matchs de foot ou 30 matchs de rugby toutes compétitions confondues.
- Boston est probablement LA ville de sport aux Etats-Unis, avec deux équipes historiques (les Red Sox et les Celtics), et une sur le point de le devenir (les Patriots). En gros, pour donner une idée c'est un peu comme si Toulouse et Marseille étaient réunis en une seule ville pour le foot et le rugby. La passion est palpable, les stades sont chargés d'histoire et parmi les plus vieux des Etats-Unis... bref, pour les joueurs de ces équipes, ça doit favoriser la production de gros matchs. Le fait de vivre dans le Massachusetts m'y rend aussi probablement plus sensible que si je me trouvais dans l'Iowa.

Avant de rentrer, faut que je m'achete mes maillots "Big Papi" et "KG". J'ai des objectifs dans la vie.


* A ce  propos, illustration de la malédiction qui me frappe. Comme a chaque fois, je suis parti pisser 10 secondes avant et ait ainsi raté le tournant du match.

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15 octobre 2008 3 15 /10 /octobre /2008 04:37
Ce blog ressemble de plus en plus à ce que je voulais à tout prix éviter qu'il soit, un journal intime. Bof, après tout, il n'y a pas que ma petite cousine qui en tient un, des gars qu'étaient pas n'importe qui comme Victor Hugo consignaient aussi scrupuleusement leurs histoires de fesses, entre autres. Et puis avouons que quand on a rien a dire mais quand meme envie de l'ecrire, raconter sa morne existence est encore ce qu'il y a de plus facile: pourquoi croyez-vous qu'un genre pompeusement appele "auto-fiction" (avant on disait betement autobiographie, mais c'etait trop has been) fleurit chez nos "écrivains" a la mode?
De toute façon, j'ai renié l'esprit de ce blog le jour ou j'ai mis en lien ma premiere vidéo youtube, alors au point ou j'en suis...

Samedi soir, nouvelle visite dans ce qui est, décidément, l'un de mes restaurants préférés de Boston. Plus exactement, de Brookline: Boston est une ville compliquée, ou ce qui a Paris tiendrait lieu d'arrondissement est ici une municipalité indépendante, Cambridge étant l'exemple le plus connu. Ça (cela, comme écrirait François Simon) s'appelle Lineage. De la cuisine rondement menée, pas spécialement novatrice mais un peu quand même, en tout cas bien faite ("tacos" de homard, figues roties au bleu, risotto de potiron et St-Jacques, osso bucco... très bons desserts également), dans un cadre plutot plus éclairé et moins bruyant que la moyenne. Les vins sont moyens et c'est probablement un peu trop cher (75 dollars pour entrée-plat-dessert-2 verres de vin- pourboire), mais baste, il faut ce qu'il faut. 

Dimanche, faux départ pour Salem. Les trains de banlieue étant ce qu'ils sont de ce coté-ci de l'Atlantique, c'est a dire peu fréquents (c'est vraiment le moyen de locomotion du prolo total qui n'a meme pas les moyens de s'endetter pour un pick up et passer ainsi 2h par jour sur l'autoroute urbain "Mass Pike"), la balade dominicale fut remise au lendemain, jour férié célébrant l'arrivée de Cricri Colomb chez les Indiens qui ne demandaient rien a personne. Lundi donc, direction Salem, petite ville du bord de mer située a 30 bornes au nord de Boston. Cette ville est restée dans les mémoires - et survit donc grace au tourisme - car on y brula un paquet de "sorcieres" au 17eme siecle. D'apres cette référence scientifique qu'est le Guide du Routard, la folie meurtriere qui s'empara de la ville serait due au départ aux élucubrations de deux jeunes filles un peu trop impressionnées par les histoires fantastiques de leur nurse venue des iles. Ces gamines auraient egalement ete victimes de crises proches de l'épilepsie dues a un germe présent dans des céréales. Fin de la parenthese historique et revenons a Salem itself: autant vous le dire tout de suite, ne vous dérangez pas. C'est fou cette faculté qu'ont les américains de transformer tout ce qui pourrait paraitre joliment desuet et/ou authentique en un monde de plastique a la Disney. Le "donjon" ou les sorcieres ont été enfermées a été tellement restauré qu'on dirait du carton pate et la rue "marchande", décalcomanie de Bercy-Village, est bourrée de magasins qui vendent tous des masques d'Halloween. Seule la jetée vaut vraiment le coup d'oeil et mérite son quart d'heure de marche, avant de prendre un chocolat chaud ou une biere.

Ce matin, retour dans le Western Mass. Avec cependant auparavant la sympathique surprise de trouver, apres 45 minutes de métro pour rejoindre le parking ou je gare ma poubelle le temps du week-end, la batterie de la-dite poubelle totalement a plat. L'immigré clandestin préposé au paiement du parking ayant gentiment refusé de faire quoi que ce soit pour moi (si ce n'est accepter de m'ouvrir la barriere vu que, m'étant rendu compte de la chose apres avoir réglé mon stationnement, le ticket n'aurait plus été valable), n'ayant pas de portable et étant donné que le garage le plus proche se situait probablement a plusieurs heures de marche, je me suis posté a l'entrée du parking pour guetter une ame charitable. Apres avoir laissé passer plusieurs poufs a portable et 4x4, j'ai repéré un quinqua qui m'a semblé une bonne mise. Effectivement. Ca a eu l'air d'un peu le faire chier quand meme, il avait l'air pressé, mais, reconnaissons-le, la gentillesse ricaine a du bon parfois. Bref, un cable et quelques minutes de labeur plus tard, j'ai pu rentrer et laisser mon quinqua arriver a la bourre a son boulot.

Cette semaine, rencontre chercheurs-industriels avec séminaires a la pelle au sein du département. Je dois avouer que j'en ai un peu rien a foutre, l'avantage c'est que la bouffe est gratos le midi et que demain il y a banquet avec picole a volonté (l'inconvénient c'est que c'est loin: 20 bornes bourré, c'est pas évident, je vais essayer de me faire conduire). L'autre avantage est que, pour changer, plutot que de buller devant l'ordi, on peut donner le change en allant pioncer a une conférence.

Dans la rubrique divers, je lis en ce moment un bouquin édifiant écrit par Krakauer, le journaliste qui a écrit Into The Wild. Ca s'appelle Under The Banner of Heaven et ça traite des Mormons, plus particulierement de la branche dissidente des "Fondamentalistes", ceux qui font l'apologie de la polygamie. Polygamie conduisant souvent a de la pédophilie matinée d'inceste, ou comment épouser sa fille adoptive, sa demi-soeur ou sa cousine germaine de 13 ans en 3 leçons - dans certains cas, qu'est-ce qu'on se marre, une femme peut finir par se retrouver sa propre belle-grand-mere. Souvenez-vous, recemment, des membres de cette "secte" ont ete arretes dans un ranch au Texas apres qu'on y ait trouve un "elevage" de jeunes filles agees de 0 a 17 ans. On comprend avec de telles alliances qu'ils trippent sur les arbres généalogiques, mais il y en a plus d'un qui a du finir taré a cause de ça (en plus de la consanguinité). Vraiment, une chouette religion meme dans sa branche "mainstream", qui considere la femme comme la propriété de l'homme au meme titre que le cheval, la race blanche comme supérieure par volonté divine etc.

Enfin, je salue ici la décision du PS de ne pas voter le plan de relance de l'économie. Etant totalement inapte en la matiere, je ne jugerai pas du bien-fondé de ce plan, mais je souhaite simplement citer M. Hollande: "Pas question de s'opposer à un plan qui permet au niveau européen de sortir des premières tourmentes de la crise financière. Mais pas question non plus d'approuver la politique de Nicolas Sarkozy au plan économique car c'est elle aussi qui est responsable de la situation dans laquelle nous nous trouvons".
Bref, pour le PS, le plan il est bien mais on l'avouera pas parce qu'il vient de quelqu'un qu'il est pas bien.
Une attitude mature et constructive qui n'est pas sans rappeler celle des Républicains lorsque l'équivalent américain du plan avait été rejeté au Congres. Les parlementaires avaient sans doute beaucoup de bonnes raisons pour voter contre (notamment parce qu'une majorité des américains désapprouvait le plan) mais ce qui revenait dans toutes les bouches républicaines était grosso merdo que le discours de la Présidente démocrate avait été inutilement vindicatif a l'encontre de la politique gouvernementale. Les pauvres petits choux, ils avaient ete vexes et du coup s'ils avaient dit non, c'etait la faute aux democrates, d'abord.
Alors voila, c'est bientot le moment de la prise de fonction du nouveau secrétaire du PS, et je ne crois pas en l'Homme providentiel (encore moins si c'est une Femme), mais j'ai envie de dire a M. Hollande: "bon vent". Ou plutot, comme on dit maintenant, plus cru, plus franc: "casse-toi, pov' con!". 
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Published by mixlamalice - dans La vie de Mix
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9 octobre 2008 4 09 /10 /octobre /2008 17:58

Je voulais vous faire un couplet sur l'automne de la Nouvelle-Angleterre: comment un p'tit gars de Paname comme moi, qui a toujours préféré les bouches de métro sentant le moisi ou la gerbe de clodo aux odeurs de rosée dans les champs ou s'ébattent les chevaux est malgré tout stupéfait par la variété des couleurs que prend la cambrousse massachusettsienne en ce mois de septembre. Malheureusement je n'ai pas le temps, alors en résumé, c'est beau, et ça change du tout vert de l'été et du tout blanc de l'hiver. Une petite photo pour s'en convaincre, hop:




Pourquoi n'ai-je pas le temps, me demanderez-vous peut-etre? Eh bien parce que je passe la moitié de mes journées a faire de la microscopie confocale (en gros et pour les non-initiés, ça veut dire passer 5 heures dans une piece noire avec un PC et un microscope, et faire des séquences consistant dans un premier temps a mettre en place son échantillon - 5 minutes -  puis a prendre une image de cet échantillon - 10 minutes - et recommencer), le reste a faire de la bibliographie pour mon boss et pour moi aussi en vue des pré-auditions (visites de laboratoires et séminaires que je donne en novembre a Paris) censées me permettre de trouver un laboratoire pret a me sponsoriser pour les auditions CNRS de mars. Le reste du temps, je prépare mes échantillons pour la microscopie du lendemain. Ca ne va pas s'arranger dans les semaines a venir puisqu'il faudra aussi que je prépare les sus-mentionnés séminaires, ainsi que la conférence lyonnaise ou je me rends par la meme occasion.
Comme ma vie est sans doute trop fun, Dieu a voulu la pimenter un petit peu et je viens d'apprendre que l'avion censé me ramener en France dans 5 semaines n'existe plus: Air France a apparemment supprimé le vol. Celui-ci étant coopéré par Delat Airlines chez qui j'ai acheté mon billet, mais Air France ne s'occupant que de ses passagers, Delta Airlines a gentiment accepté de me rediriger, sans frais. Du coup je pars une heure avant, je passe par Cincinnati, et si je ne rate pas ma correspondance, j'arrive 3 heures apres l'heure initialement prévue. C'est la fetch.
Autre bonne nouvelle: comme la grosse connasse incapable du bureau des affaires étrangeres de l'Université a eu la bonne idée de ne me faire un visa valide qu'un an (oui, oui tu restes deux ans, mais c'est plus simple comme ça, la reconduction se fait facilement), je peux avoir une extension mais dans ce cas-la je ne peux pas rentrer en France autrement que définitivement, a moins de me retaper tout le dossier a 100 euros et 2 mois d'attente. Bref, autant dire que ça risque de compliquer les choses pour les auditions de mars, sans parler d'éventuelles vacances. Lui ayant demandé que faire, cette truie violette vient de me conseiller d'aller au Canada (juste 5 heures de route) refaire le dossier pour gagner du temps. J'hallucine. Je vais d'abord me calmer avant d'aller la voir sinon je risque de finir au gnouf pour lui avoir enfoncé mon passeport dans l'oignon.

Pour rester dans le petit monde de la Recherche, c'est assez rare pour que je le souligne, mais le Monde fait état d'une initiative louable de Mme Pécresse: " Au début de leur carrière, les maîtres de conférences seront mieux payés grâce à la prise en compte, dans le calcul de leur ancienneté, des années de doctorat et de post-doctorat. Actuellement, la rémunération d'un jeune maître de conférences s'établit sur la base de sa dernière activité, et le doctorat n'est pas considéré comme une expérience professionnelle. Un système injuste : beaucoup de jeunes doctorants poursuivent leurs études après leur thèse et sont recrutés par les universités en contrat à durée déterminée pour un ou deux ans, avant d'obtenir un poste de maître de conférences.
A partir de septembre 2009, le doctorat comptera comme deux années d'ancienneté, et toute activité scientifique ou pédagogique antérieure à la nomination comme maître de conférences sera additionnée. La rémunération minimum d'un maître de conférences (recruté tout de suite après son doctorat) s'élèvera à 2 328,60 euros bruts par mois contre 2 068,85 euros actuellement.
En fonction des situations, le gain salarial sera de l'ordre de 260 à 510 euros bruts mensuels. Cette revalorisation devrait concerner environ 2 000 maîtres de conférences. Elle coûtera, sur trois ans, 56,2 millions d'euros, dont 20,4 millions sont d'ores et déjà inscrits au budget 2009."
L'autre volet de la réforme me semble dans l'immédiat plus polémique (attribution de 130 postes "honorifiques" sur une durée de 5 ans pour de jeunes maitres de conférences prometteurs, avec moins d'enseignement, des primes conséquentes et des subventions pour leurs recherches). Apres tout pourquoi pas, mais j'espere que le concours pour attribuer ces postes sera plus lisible que les concours de recrutement...
Sur le long terme, cependant, le rapprochement des métiers universitaires - CNRS, voulu par le gouvernement, me semble inéluctable et nécessaire, sauf a transformer totalement les moyens d'évaluation pour les promotions. Cela fera toutefois surement grincer des dents chez les chercheurs CNRS qui ont souvent un petit complexe de supériorité.

Enfin, une petite remarque sur le Prix Nobel de Littérature attribué a Le Clézio. Encore un écrivain a rajouter dans ma liste, tiens. Et niçois qui plus est.
La rumeur bruissait, mais on attendait plutot un américain (Roth, Pynchon, DeLillo) ou un écrivain engagé comme c'est la coutume depuis quelques années (l'israëlien Oz par exemple). Et je me dis que ça fait du bien d’avoir un mec assez discret et “neutre” politiquement. En effet, depuis 5-10 ans, entre les féministes Lessing, Jelinek, les engagés comme Pamuk, les rescapés du nazisme comme Kersetz, les dissidents comme Xingjian, et la volonté de récompenser les “petits pays” (Afrique du Sud, Hongrie, Turquie…), on finissait par se demander, malheureusement pour eux, si c’était vraiment en premier lieu pour leurs qualités littéraires que ces écrivains se voyaient attribuer le Nobel.

PS: Si mon titre renvoie a Prévert, c'est bien un autre Grand Jacques qui a quitté le monde il y a 30 ans. Dommage. j'aurais bien vu Barbelivien a la place.



L'une des rares chansosn a me filer, litteralement, le frisson chaque fois que je l'écoute.
 
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