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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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6 octobre 2008 1 06 /10 /octobre /2008 15:27
Comme vous devez commencer a le savoir, les scientifiques ont de l'humour.

En ce moment c'est la période des Nobel. Depuis 91 ont été crées les Ig Nobel (quel jeu de mots, déja) qui récompensent des recherches dont les résultats "ne peuvent pas ou ne doivent pas etre reproduits". Les prix sont donnés lors d'une cérémonie a Harvard (si, si), et apparemment, il n'est pas rare que les lauréats viennent chercher leurs prix (moins rare en tout cas que les acteurs se déplaçant aux Golden Raspberry Awards, sorte d'équivalent anti-Oscars).

Donc, ce palmares 2008 (je suis un peu fainéant, ça sera un copié-collé du blog scientifique du Monde):

L’Ig Nobel de la nutrition est décerné à Massimiliano Zampini et Charles Spence  pour leurs travaux qui vont révolutionner notre alimentation. Ils ont démontré que le goût des aliments était meilleur s’ils produisaient un meilleur son. Voir en particulier leurs recherches sur le bruit des chips.

L’Ig Nobel de la paix est décerné à la Commission helvétique fédérale d’éthique dans le domaine non humain (ECNH).  Ils ont eu le courage d’adopter une motion protégeant la dignité des plantes. Au grand dam de la communauté scientifique effrayé par les conséquences d’un tel texte.

L’Ig Nobel d‘archéologie est décerné aux Brésiliens Astolfo Gomes de Mello Araujo et Jose Carlos Marcelino. Nous savons grâce à eux que les tatous influencent notre compréhension de l’histoire en déplaçant les vestiges archéologiques.

Cocorico! L’Ig Nobel de biologie est décerné à la France  Marie-Christine Cadiergues, Christel Joubert et Michel Franc). Ils ont montré que les puces des chiens sautaient plus haut que les puces de chat.

L’Ig Nobel de médecine est décerné à l’Américain Dan Ariely. Ses travaux risquent de coûter une fortune aux laboratoires de recherche. Selon M. Arley, un placebo marche d’autant mieux qu’il est cher.

L’Ig Nobel de sciences cognitives est japonais. Toshiyuki Nakagaki, Hiroyasu Yamada, Ryo kobayashi, Atsushi Tero, Akio Ishiguro et Agota Toth ont prouvé que certains organismes amiboïdes pouvaient s’extirper d’un labyrinthe. Nous proposons un remake de Shining où Jack Nicholson devrait les empêcher de se tirer d’affaire

L’Ig Nobel d’économie est décerné à Geoffrey Miller, Joshua Tyber et Brent Jordan dont les travaux aideront les gogos danseuses. Ils ont montré que les clients sont plus généreux avec elles quand elles atteignent leur pic de fertilité.

L’Ig Nobel de physique est décerné à Dorian Raymer et Douglas Smith qui ont prouvé “mathématiquement” que les cheveux, ou tout objets comparables, finiront inéluctablement par s’emmêler.

L’Ig Nobel de chimie est décerné à Sheree Umpierre, Joseph Hill et Deborah Anderso. Ils ont découvert une propriété méconnue du Coca-Cola qui serait un bon spermicide. Le prix est également décerné à C.Y. Hong, C.C. Shieh, P. Wu et B.N. Chiang qui ont démontré le contraire .

Et pour finir, l’Ig Nobel de littérature est décerné David Sims pour son étude, “très bien écrite” intitulée “You Bastard: A Narrative Exploration of the Experience of Indignation within Organizations.”


Quelques remarques pour les non-scientifiques. Toutes ces études sont "sérieuses", c'est a dire qu'elles ont été publiées dans des revues a comité de lecture, et qu'elles peuvent potentiellement servir a d'autres équipes de recherche voire a des industriels (je pense notamment au bruit des chips).
Le but n'est donc pas de dépenser l'argent du contribuable pour faire n'importe quoi, meme si dans le cas de l'étude des puces ou de l'interaction spermatozoïde-coca-cola, comme vous, j'ai des doutes.
Ainsi, en tant que scientifique, pour ne parler que de cette année, les études sur les cheveux qui s'emmelent (si quelqu'un a partir de cette étude invente le fil électrique qui ne s'emmele pas vous l'acheterez non?), le role des phéromones sur le comportement humain, l'efficacité des placebos, ou meme l'activité des tatous et des amibes (article publié tout de meme dans Nature, revue de référence) me semblent plutot intéressants.
Certains scientifiques tres reconnus ont obtenu l'IG Nobel, par exemple Mahadevan (Harvard) en 2007, ou Benveniste en 1991 (a noter cependant que dans le cas de Benveniste, ses recherches, malgré leur intéret dans le domaine de l'homéopathie, se sont vraiment révélées impossibles a reproduire a part par sa propre équipe ou d'anciens collaborateurs. Il était donc ensuite entré, jusqu'a sa mort en 2004, dans la catégorie des "scientifiques paranoïaques" qui a divers degrés de compétences pullulent depuis que le Net permet a n'importe qui de s'exhiber, sont persuadés que leurs découvertes sont réelles et que la communauté scientifique les opprime par peur de se remettre en cause: lire son histoire édifiante ici. Cette catégorie un peu différente de celle des fraudeurs assumés, le plus célebre étant Schön).

Plus sérieusement, Luc Montagnier (aucun lien avec le comique-troupier Guy ni avec Gilbert le chanteur metteur d'ambiance aux congres UMP) et Françoise Barré-Sinoussi de l'Institut Pasteur viennent d'obtenir le Nobel de Médecine pour leur découverte du VIH en 1983.

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3 octobre 2008 5 03 /10 /octobre /2008 16:14
N'ayant souvent rien de mieux a foutre, et vu que c'est soit ça soit des jeux télévisés on ne peut plus débiles (genre celui des boites, présenté chez nous par Arthur) ou des séries qui finissent par se ressembler, comme de plus ces incultes ne diffusent pas la L1 ou le Top 14 (heureusement pour ma santé mentale, une ou deux fois par mois je me fais un plaisir régressif grace a TV5 ou en streaming sur internet), je me suis mis au sport américain. A la télé, hein, pas en vrai.
En gros, il y en a trois: le basket (NBA), le base-ball (MLB), et le foot américain (NFL). Il y a aussi le hockey (NHL) mais c'est quand meme un peu en retrait, sauf dans certaines villes.

Premiere remarque, un peu comme pour les jours fériés, les américains sont plus pragmatiques que nous: les saisons de chaque sport sont décalées les unes par rapport aux autres, ce qui permet de pouvoir se lobotomiser toute l'année, sport apres sport: quand le basket se termine, le base-ball reprend, puis c'est le foot américain qui prend le relais and so on. Pas de treve estivale ou on s'emmerde, ou l'Equipe fait six pages, bref, pas de moments creux ou la vie semble vaine au fan de sport. D'autre part, hormis le football américain qui propose des calendriers "a l'européenne" (en gros un match par semaine), les équipes de basket disputent entre 80 et 100 matchs par saison, et les équipes de base-ball quasiment 200. Autant dire qu'il ne se passe presque pas un jour sans qu'on puisse voir jouer une de ses équipes (pour peu que l'on soit supporter), histoire de bien se lobotomiser.

Deuxieme remarque, aux Etats-Unis, le sport universitaire est extremement populaire. Un grand nombre d'universités ont un stade aussi grand que le Stade de France, le tournoi de basket universitaire est la compétition sportive la plus suivie (March Madness), les résultats font la une des journaux... J'ai meme pu voir sur ESPN (LA chaine de sport) des matchs de base-ball de prépuberes. Globalement, il me semble que les américains s'intéressent plus au sport que les européens (il n'y a qu'a voir l'impact des JO ici) et sont surtout fervents supporters des équipes de leur région. Meme ceux qui se foutent du sport regarderont probablement les finales si l'une des équipes de leur ville (ou état) y figure. Un peu comme chez nous avec la finale de la Coupe du Monde de foot s'il y a la France, mais a un échelon plus local donc (je ne suis pas sur que les parisiens qui ne s'intéressent pas au foot aient regardé la finale de la Coupe de la Ligue l'an dernier parce que le PSG la jouait...). Il existe aussi des rivalités entre équipes et supporters qu'on voit assez peu en France, un peu sur le modele anglais: en base-ball il y a les NY Yankees et les Boston Red Sox, en basket les Boston Celtics et les Los Angeles Lakers, anciennement les Chicago Bulls et les Detroit Pistons...

Troisieme remarque, les sports américains sont faits pour la télé, faits par la télé, avec tout le pognon que ça rapporte. Je crois que le foot américain arrive en tete: il y a quasiment autant de pubs que de temps de jeu. D'ailleurs, les meilleurs pubs de l'année sont diffusées pendant le Superbowl (la finale du Championnat). Le basket et le base-ball sont un peu moins prolifiques, en gros 10 minutes de jeu pour 5 minutes de pub. Ce qui est amusant, au baket, c'est quand aucune des deux équipes ne prend de temps mort pendant une trop longue période: dans ce cas la, le diffuseur annonce un temps mort, le temps mort télé, pour passer un peu de pub. Bref, c'est la télé comme j'aime, idéale pour faire autre chose en meme temps (manger, jouer au poker en ligne, envoyer des mails, tenir son blog, lire le journal...). C'est probablement aussi pour cette raison que les sports "européens" (ou mondiaux), tels le foot "soccer", le rugby ou le handball, n'arrivent pas a percer ici, meme pour ceux qui essayent comme le "soccer": a moins de changer les regles, 45 minutes sans pub, c'est proprement impossible.

Quatrieme remarque, les américains, par leur culture, considerent les sports collectifs comme une somme d'individualités. Ainsi fleurissent pour chaque joueur les statistiques les plus completes (et inutiles) qui soient, la palme allant cette fois au base-ball. Chaque sport sacre son meilleur joueur (MVP, most valuable player), mais aussi son meilleur remplaçant, son meilleur défenseur, son meilleur marqueur, j'en passe et des moins intéressants.
Du coup, les analystes sportifs reviennent plus souvent sur les performances individuelles des joueurs plutot que de s'intéresser au tout que constitue l'équipe. Je crois que du coup, ils perdent une dimension essentielle de ce qu'est un sport collectif: si l'équipe constituée des meilleures individualités était forcément la plus forte, ça se saurait. Il n'y a qu'a voir ce que cette approche du sport a donné pour Chelsea, certes une bonne équipe, mais qui comparativement au pognon dépensé et a la liste de ses joeurs n'a pas un palmares fantastique.
Ainsi, depuis que je suis la, tous les analystes donnaient vainqueur les Patriots dans le Superbowl. Ils ont perdu contre les Giants. Puis en finale NBA, tout le monde voyait les Lakers en favoris. Ils ont pris une belle branlée contre les Celtics. En ce moment, en base-ball, les Chicago Cubs, plébiscités par les journalistes, sont en train de prendre une branlée au premier tour des playoffs contre les LA Dodgers que personne ne prenait vraiment au sérieux. Avouez que ça fait beaucoup de mauvaises prédictions en moins de six mois. Et autant en base-ball et en football je n'y connais pas grand chose, autant je suis un peu le basket, et il était assez clair pour qui avait regardé 10 matchs, que les Celtics étaient une meilleure équipe que les Lakers, meme si les Lakers possedent probablement le meilleur joueur du monde (Kobe Bryant) et le meilleur coach (Phil Jackson). Bref, les analystes sportifs ont beau connaitre 12876555 statistiques par sport et par joueur, ils n'en demeurent pas moins totalement inaptes a faire un pronostic crédible, insensibles qu'ils sont a ce qu'en jargon sportivo-abruti on appelle la "force du collectif".

Cinquieme remarque, j'arrive a Boston et ils font finale en foot, ils gagnent en basket et ils sont qualifiés pour les play-offs en base-ball. Vous n'allez pas croire que c'est un hasard, si?

Bon, c'était pas tres intéressant tout ça, mais on est vendredi, et je participe actuellement a plusieurs discussions sur la République des Livres. Comme en plus je mene quelques expériences, je ne peux pas tout faire. Ou plutot si je peux tout faire, mais pas tout bien. 
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30 septembre 2008 2 30 /09 /septembre /2008 17:35
Je rajoute ce site dans les liens a gauche: la vie au labo en "strips", ces courtes bds de 3-4 images dont raffolent les ricains, disséquée par l'oeil goguenard d'un thésard malicieux: l'auteur a obtenu sa these de mécanique en 2003 a Stanford.
Ca fait un peu le gars qui réinvente la roue, vu que presque tous les thésards du monde connaissent ce site depuis plusieurs années. Mais bon, c'est généralement rigolo (si vous aimez l'humour de physicien), on ne peut plus réaliste et peut donner une petite idée de ce qu'est réellement le monde merveilleux de la science pour mes lecteurs curieux qui n'en feraient pas partie. J'y passe quelques minutes quelques fois par mois, c'est un bon moment. Attention a ne pas abuser: je crois que le coté répétitif du concept peut finir par lasser si les visites sont par trop répétées. Enfin, a vous de voir, hein.

En bonux quelques extraits piochés dans les bds de ces derniers mois (c'est en V.O., mais bon les dialogues sont assez minimalistes). Reproduits sans permission, mais j'espere que ça passera inaperçu. Ne caftez pas, por favor.






"Piled Higher and Deeper" by Jorge Cham
www.phdcomics.com
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30 septembre 2008 2 30 /09 /septembre /2008 00:41

Pour l'anniversaire de Priscilla, nous sommes allés diner au restaurant Clio, a Boston. Apres la déception l'Espalier (addition de 200 dollars pour le tasting menu comportant 2 plats, 2 entrées, fromage et dessert), premier resto gastronomique fréquenté de ce coté-ci de l'Atlantique (ce qui avait renforcé mes préjugés de français moyen a la gastronomie infuse), avait suivie la révélation le Bernardin, a New-York (qui avait rabaissé d'un coup ces memes préjugés).

Pour résumer, l'Espalier, c'est, dans un décor luxueux, une cuisine "a la papa": je n'ai rien contre le classicisme, au contraire, mais pour 200 dollars ou l'équivalent en euros, j'aime etre surpris et dans la dizaine de restaurant de ce prix ou j'ai pu diner je l'ai été, meme chez les chefs "classiques". Or, la, a part le homard, rien ne m'a vraiment marqué, du cake au chocolat a la soupe d'asperges en passant par la cote d'agneau, j'avais l'impression de manger dans n'importe quel "bistrot-gastro" parisien de qualité passable, pour trois fois le prix, avec un service pas franchement a la hauteur, dilettante et un rien méprisant, dans une ambiance et un décor a la Flo.  

Je n'ai finalement pas fait mon article sur le Bernardin, donc en voici une version abrégée:
Nous avons choisi le menu dégustation avec l'accord mets-vins, comportant 3 entrées, 2 plats, 2 desserts pour 220 dollars par personne (environ 275 une fois le café et le pourboire rajoutés). Ce fut tout simplement la meilleure expérience culinaire de ma vie a ce jour, des plats de poissons incroyables sans esbroufe aucune et ou chaque ingrédient est juste a sa place, parfaitement dosé. Les accords mets-vins étaient également excellents, pour mon palais peu connaisseur en tout cas, avec des saveurs se complétant a merveille (complémentarité ou opposition selon les plats). Le service est presque parfait, pédagogue pour les plats comme pour les accords, mais discret, chose si rare ici.
Les entrées sont rangées en deux catégories: "almost raw" et "barely touched", avec souvent des influences asiatiques. Les plats sont eux "lightly cooked", plus européanisants. Pour les petits bémols, d'un point de vue personnel j’ai trouvé que le début était meilleur que la fin (alors que j’aurais préféré l’inverse): le premier plat principal, du saumon, était le seul plat presque décevant de la soirée, du a une chair trop molle a mon gout. La lotte, cuisinée a la façon d'une viande (avec une sauce au fond de veau et un tres étonnant ail noir, i.e. cuit deux semaines a tres basse température) était surprenante mais j'ai trouvé que c'était presque dommage de cuisiner la lotte ainsi. La salle est superbe mais un peu bruyante, c'était une bonne idée de venir pour le dernier service vers 10h (meme si nous n'avions pas eu le choix): la salle commence a se vider a l’arrivée du premier plat, c’est nickel. Le pain est effectivement médiocre, meme pour les standards américains, j’ai été étonné.
Enfin, par chauvinisme, soulignons qu’Eric Rippert est français, ainsi que le tres professionnel maitre d’ - comme ils disent - et quelques serveurs. Apres avoir sympathisé et discuté un peu (3 heures de bonheur plus tard, nous étions quasiment les derniers dans le restaurant), nous aurons droit a un dessert supplémentaire, ainsi qu'une copie du menu et deux exemplaires du Zagat que, bachiquement a coté de nos pompes, nous oublierons malheureusement dans le taxi...
Bref, le Bernardin, c'est un peu une Mercedes haut de gamme. On n'est pas dans le tape a l'oeil, juste dans la maitrise classique presque parfaite, sure d'elle meme mais sans suffisance, qui assure un chemin sans cahots mais pas sans émotions.
Bon, je ne sais pas d'ou me vient cette métaphore foireuse parce que je ne connais rien aux bagnoles, mais vous voyez ce que je veux dire. Non? Eh bien ne m'emmerdez pas et allez chez votre concessionnaire le plus proche.
Pour conclure, quelques photos des plats qui m'ont le plus emballés (elles sont un peu sombres) :
La premiere entrée, du carrelet (plie) mariné dans une sauce au soja blanche, assaisonnée d'algues et de riz soufflé. Fondant, croquant, gouteux, un départ exceptionnel.


La deuxieme entrée, du calamar farci avec un mélange de légumes au gout délicatement sucré:


Il me manque la salade de morue relevée d'huile de chorizo, un grand moment aussi.

Les desserts, sont eux, tres classiques, mais parfaitement réalisés: un fondant au chocolat avec sa boule de glace qui n'a pas grand chose a voir avec celui du pub d'Amherst (la photo est meilleure: apres 7 verres de vin, j'étais moins inhibé a l'idée de mettre le flash. Et puis a ce moment la nous devions etre 10 clients restants).
 

Un mois plus tard nous voici donc a Clio (chef Ken Oringer). Pour ne pas vous faire languir, verdict immédiat: le Bernardin vainqueur hands down comme on dit ici. Mais cela dit l'expérience a été tres agréable, et je pense que nous ferons une deuxieme visite.
Le Zagat soulignait que le service pouvait paraitre condescendant, cela m'a beaucoup moins marqué qu'a l'Espalier. La salle ressemble étonnamment a celle du Bernardin, vaguement japonisante avec quelques plantes géantes ici et la, les tons creme remplaçant les couleurs bois. Il y a encore plus de tables, c'est donc également tres bruyant (les tables de deux sont minuscules, alors qu'au Bernardin elles font la meme taille que les tables de 4). La clientele est plutot jeune (pas mal de couples, la trentaine friquée).
Les prix sont légerement plus chers qu'a l'Espalier (au niveau des menus en tout cas), et un peu moins qu'au Bernardin: nous avons opté pour le menu le plus cher, 14 plats (qui se décomposent en 4 amuse-bouche, 4 entrées, 3 plats, fromage et deux desserts, avec 10 verres de vin) pour 230 dollars (le menu le plus cher du Bernardin n'est pas celui que nous avons pris, il comporte un plat de plus et coute 320 dollars).
Autant le dire tout de suite, ce choix fut une erreur: 14 plats, meme petits, c'est trop. Surtout quand ils ne sont pas si petits que ça. Bref, ma douce a calé au 9eme (i.e., le premier plat de résistance). Moi-meme, pourtant gros mangeur, ce n'est pas vraiment que je calais, mais c'est plutot que je ne ressentais plus trop de plaisir a déguster, ce qui est dommage quand la cuisine est de qualité. Bref, il existe une version "basique" avec 9 plats (pas de fromage, un seul dessert, deux plats, et quelques entrées en moins), pour 30 ou 40 dollars de moins, qui semble plus appropriée. Voila ce que c'est que de s'emballer (la encore, la faute au Zagat qui écrit "Clio est le resto le plus cher de Boston en terme de prix par calorie servie").
La cuisine, au moins dans ce menu, est d'inspiration "moléculaire" (ça a l'air plus sage a la carte, mais ça reste créatif). C'était une premiere pour nous. Mes préjugés vis a vis de cette cuisine se sont avérés assez fondés: ça me fait penser un peu a un film de Tarantino. C'est bien fait, c'est marrant, on passe un bon moment, et on oublie qu'au fond c'est super creux. Par exemple, l'une des mises en bouche était un liquide incolore dans un verre de martini. Cela avait un parfait gout de tomate. Alors c'est chouette, on s'enthousiasme devant l'ingéniosité, mais bon, au fond, une tomate reste une tomate, que le chef ait passé deux heures a la déconstruire-reconstruire, transformer en liquide, ou 2 minutes a connement la couper en tranche.
Le gaspacho piquillos-fraises passé a l'azote liquide sous nos yeux pour en faire un "sorbet" était plus intéressant au niveau du gout, la puissance du poivron étant bien équilibrée par la douceur sucrée de la fraise. Il y avait des choses plus classiques et bien executées (superbes sushis de thon rouge notamment, une soupe de potirons divine, un foie gras poelé avec peche rotie et creme de bourbon, en dessert les premieres fraises avec du gout que je trouve ici). J'ai trouvé que le chef abusait un peu des mousses diverses et variées qui n'apportent pas grand chose a part du décorum des assaisonnements (beaucoup de plats avec de la moutarde ou de la vinaigrette, parfois c-g?-achant la saveur du produit). 
Globalement ça allait de l'excellent au bof (crabe pané absolument sans gout, salade de chou vagument asiatisante mais pas bandante), en passant par l'intéressant, et nous avons dégusté quelques tres bons vins blancs.
A mon sens, il y avait beaucoup de défauts (dernier petit reproche: le menu n'est pas imprimé car au gout du jour... nous avons du coup raté quelques explications, n'ayant pas de support écrit sur lequel nous reposer. Ils ont promis de me le mailer, mais j'attends toujours...), mais la cuisine était vivante, amusante, passionnée: mieux vaut parfois échouer en ayant tenté qu'en s'étant contenté. Pour reprendre la métaphore de la bagnole, la on est plus dans le registre d'un coupé a l'anglaise: c'est flamboyant, c'est l'éclate, ça a de la gueule, et quand ça marche ça envoie du paté. Par contre ça tombe souvent en panne.
La encore, 3h plus tard nous fumes les derniers a partir. Et, surtout, si vous y allez, contentez-vous de la carte (je dirais environ 150 euros pour un repas complet avec vin) ou du menu a 9 plats.
Pour conclure sur Clio, quelques photos:
Le martini-tomate


Le gaspacho a l'azote préparé sous vos yeux

 

PS: peu de photos au final. Je dois avouer que, quand je vais dans un restaurant ou que je visite, je suis souvent dans l'instant et je ne pense donc pas a prendre de photos. Je trouve qu'on perd un peu du moment quand on le photographie au lieu de le vivre. Ou quand on pense a le photographier avant de penser a le vivre (j'ai l'impression de relire une de mes médiocres dissertations de taupe sur les Noces de Camus). C'est assez irrationnel, mais il n'y a guere que New-York et ses perspectives affolantes qui m'aient donné des envies de mitrailler. Les blogueurs gastronomes ou ma dulcinée (qui a pris quelques unes des photos de cet article et d'autres) ne semblent pas éprouver ces pseudo-remords qui me taraudent.

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26 septembre 2008 5 26 /09 /septembre /2008 15:18

Bien que lisant beaucoup, je fais généralement assez peu de réclame pour les ouvrages que je lis.
C'est en partie du au fait, que, comme tel personnage d'un roman - que je ne recommanderai pas - terminé assez récemment, parce que j'ai toujours beaucoup de mal a accepter les conseils littéraires qu'on peut me donner. Je n'ai aucune explication a la chose, mais il s'avere que lorsqu'on me recommande un bouquin, ou lorsqu'on m'en offre (sauf cas particulier ou j'ai agrée l'achat), s'opere un blocage psychologique qui m'empeche de lire le-dit bouquin pendant un laps de temps conséquent. J'ai besoin de découvrir moi-meme romans ou écrivains, que ce soit en flanant dans une librairie, ou par le biais d'autres lectures (oui, quand c'est un écrivain que j'aime bien qui en recommande un autre dans un texte que je lis, la ça ne me dérange pas).
Du coup, charité bien ordonnée commençant par soi-meme, j'évite de faire aux autres ce que je n'aime pas qu'ils me fassent. Toutefois, comme la littérature est une de mes passions, qu'il est difficile de ne jamais évoquer ses passions, et que je suis un peu aussi un petit vaniteux qui aime bien étaler sa maigre culture, il m'arrive de déroger a cette regle, comme mes 5 fideles lecteurs ont pu le constater en ces pages. Surtout s'il ne s'agit pas d'un roman. Les essais de tous genres sont des lectures plus "immédiates", ou moins intemporelles, qui ne rentrent pas dans le schéma de culture globale que j'essaie de me construire.

Ainsi, aujourd'hui, je vais évoquer un ouvrage de Marc-Vincent Howlett, "Triomphe de la vulgarité". C'est un ouvrage assez court, qui se situe aux frontieres entre le traité philosophique, l'analyse politique, et le pamphlet. Howlett est un agrégé de philo, qui a aussi donné dans la psychanalyse et l'anthropologie, themes abordés dans l'essai.
Plutot qu'un long discours, je vais procéder a quelques citations: quelques passages m'ont particulierement interpelé, du coup autant vous les faire partager si j'arrive a les retrouver. Et puis ça pourra toujours me resservir plus tard, qui sait. 
Sachez juste que ce livre parle de l'élection de Nicolas Sarkozy et de ses premiers mois de mandat (avec un titre pareil on s'en serait douté), et qu'au-dela il propose une analyse de la société française contemporaine. Je n'approuve pas tout (notamment sa conception de la défaite de Segolene Royal), et certains passages m'ont semblé un brin abscons* (l'analyse de Mai 68), mais dans l'ensemble la réflexion est intéressante, bien documentée et a mon gout plutot lucide, l'engagement politique n'otant pas tout objectivite a l'auteur. Bien sur, si idéologiquement vous vous situez dans les memes eaux que la frange dure des Républicains, ça vous semblera un monceau de conneries. Mais j'ai dans l'idée que si tel est le cas, vous n'etes de toute façon pas un grand lecteur de pamphlets politiques (ni de quoi que ce soit d'ailleurs). La probabilité que vous tombiez dessus (et probablement sur mon blog) restera donc assez mince.

Ceci étant dit, les citations promises:

-  Les vertus de l'argent, la haine de l'étranger, le mépris pour les fonctionnaires et le savoir (et plus particulierement pour tous les intellectuels), la paranoïa sécuritaire, la haine des effets de la misere et son déni, la distance avec le peuple, l'opprobre jeté sur les assistés, l'autre considéré comme fainéant, profiteur, etc: ces passions politiques peuvent avoir leur origine dans le propre de la condition humaine. Mais toutes, quand elles sont habilement gérées par les politiques, nous conduisent au pire: le fascisme en période de grave crise démocratique, et la vulgarité dans les moments de la médiocratie démocratique.

- "Au fond, ce qu'on sent aujourd'hui a la vue du travail, c'est qu'un tel travail constitue la meilleure des polices, qu'il tient chacun en bride et s'entend a entraver puissamment le développement de la raison, des désirs, du gout de l'indépendance. Ainsi une société ou l'on travaille dur en permanence aura davantage de sécurité: et l'on adore aujourd'hui la sécurité comme la divinité supreme." Nietzsche, Aurore (1881, tout de meme...)

- "Nous ethnologues et anthropologues, dont la discipline a vocation comparative fonde son corpus de connaissances sur les questions de l'altérité et de l'identité, tenons a affirmer que la notion d'identité nationale ne saurait avoir de validité scientifique. Elle est une construction sociale imaginaire, qui, sous couvert d'unité, tend a renforcer les divisions, les discriminations et les inégalités. A travers le monde et les époques, les exemples que nous observons montrent que lorsque l'Etat s'empare de ce theme, c'est partout une incitation directe au mieux a la xénophobie, au pire a des violences entre groupes d'origine différentes..." Communiqué de l'AFA (association française des anthropologues), mai 2007.

- Il est certain qu'aujourd'hui se dessine la volonté de définir la justice en fonction des victimes, de leur soutien. Dérive fondamentale, des lors que l'on suppose la justice moins comme une réponse a une victime que comme l'affirmation de la nécessité, pour toute société, de penser en termes de collectivité. Or la victime ne peut avoir un regard neutre sur ce qu'elle est en mesure de réclamer: elle demande une solution immédiate, supposée combler la béance que le délit a ouverte. Cette immédiateté pousse le plus souvent a la radicalité, au point meme, puisque nous sommes tous des victimes en puissance, de recourir au seul droit pour désamorcer le danger de nos relations sociales. Comme l'a écrit Michéa, "le droit doit etre conçu comme, d'une part, le cadre général des relations humaines concretes, et d'autre part comme l'ultime instance a laquelle on doit se référer lorsque les différends et les conflits ne peuvent plus etre réglés au niveau primaire de l'existence sociale. Quand par conséquent le droit en vient a fonctionner comme un recours normal, voire préalable - quand en d'autres termes la menace de proces réciproques devient une forme ordinaire de la civilité - on entre alors dans le regne des individus procéduriers et dans la tyrannie du droit".

Voila. Et si ça vous intéresse, c'est aux Editions de l'Olivier pour le prix d'environ deux films sur le mal-etre des trentenaires dans n'importe quel cinéma.

* Il est vrai que, a l'instar de nombre de philosophes, l'auteur emploie frequemment des tournures pour le moins ampoulees, lourdeur grammaticale et jargon philosophique inclus. J'ai parfois l'impression que les philosophes aiment a volontairement complexifier leur discours. J'y vois deux raisons: la premiere c'est qu'ils ne savent pas ecrire, et que du coup ecrire complique ca masque un peu la chose. La seconde, c'est que c'est leur boulot de nous faire adherer a la surpuissance de leur pensee. Du coup, j'imagine qu'une pensee facile a comprendre et exprimee avec des mots simples, ca impressionne moins qu'une pensee qui necessite 25 neologismes par phrase. A la decharge de l'auteur, ayant passe la majorite des cours de philosophie de mon existence a jouer a la bataille navale, je manque aussi de references basiques dans le domaine: c'est bien simple, quand on me parle Descartes, je pense (donc je suis) belote.

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23 septembre 2008 2 23 /09 /septembre /2008 15:18
Petite vidéo, de bon gout, trouvée par ma compagne.
En tant que supporter de l'OGCN ayant assisté au vol du match OL-OGCN d'il y a dix jours, voici enfin l'heure de la vengeance. On fait ce qu'on peut.


 
Jean-Michel Aulas, a l'instar de Raymond Domenech pratique une communication outrageusement arrogante, a la mauvaise foi pleinement assumée. C'est sans doute calculé pour cristalliser sur eux les rancoeurs, a la fois surement pour satisfaire leur ego démesuré (mieux vaut susciter la haine que rien du tout) mais surtout pour que les journalistes et le public, en s'en prenant a eux, foutent la paix aux joueurs. Il n'empeche, ça marche au dela de leurs espérances parce qu'il y en a plus d'un qui aimeraient leur claquer le beignet. En ce qui me concerne, autant Raymond la Science me laisse froid, autant Jean-Mich' m'exaspere franchement. Outre sa communication, donc, un brin lassante a la longue, je lui reproche sa stratégie (acheter tous les meilleurs joueurs du championnat de France de la saison passée, stratégie sans doute exacerbée par son incapacité a attirer des grands joueurs européens, preuve que malgré ses efforts, ses moyens et sa domination outrageante en France, Lyon n'est pas encore un club sexy) qui non seulement phagocyte la L1, devenu le seul championnat ou la lutte pour éviter la descente intéresse plus que la lutte pour le titre, mais contribue également a la médiocrité des clubs français sur la scene européenne.





Pour les incultes, un petit lexique:
- OGCN: Olympique Gymnase Club de Nice, le club de foot niçois.
- OL: Olympique Lyonnais, le club de foot lyonnais, 7 fois de suite champion de France.
- Jean-Michel Aulas: Président de l'OL et homme d'affaires.
- Raymond Domenech: sélectionneur de l'équipe de France de football.
- L1: acronyme (pour Ligue 1) du championnat de France de football.
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22 septembre 2008 1 22 /09 /septembre /2008 17:13

Les Etats-Unis sont une Terre de paradoxes.

Un qui me frappe tout particulierement est celui de la production artistique.
Les Etats-Unis sont le symbole de la "culture de masse" dans tout ce qu'elle a de plus abrutissant. Les films formatés tous pareils (quatre sous-genres différents quand meme, il en faut pour tout le monde: le film d'action qui pète, la comédie grasse qui tache, la comédie romantique qui colle, et le dessin animé qui brille), les chansons que tu as l'impression d'entendre la même en boucle dès que tu allumes la radio (la encore, de la chanteuse à guitare au groupe de rock de gosses de riches en passant par le punk aseptisé, il y a quelques sous-catégories), les bouquins policiers avec toujours la même histoire (Mary Higgins Clark est un excellent exemple), j'en passe et des pires.

Oui, mais voila. Les Etats-Unis, c'est aussi l'idée de la société de consommation poussée à l'extrême. En conséquence, dès qu'il y a trois clients potentiels, il y a toujours des entrepreneurs (ici, le mot veut bien dire ce qu'il veut dire) prêts à prendre des risques. Ainsi tout courant, meme ultra-minoritaire, mais susceptible de rapporter du pognon, ne fut-ce qu'un chouia, sera représenté. Réflechissons-y, ce n'est pas si con: un album de low-fi enregistré dans le garage du producteur rapportera probablement moins de blé que le dernier Britney Spears, mais il coutera aussi beaucoup moins cher à produire, et le risque de faire un four moins grand. Il est donc tout a fait possible d'être gagnant.
Du coup, les Etats-Unis, parrallèlement à leur lobotomisante culture pop-corn, présentent aussi une scène indé-underground terriblement vivace. Certes, les motivations ayant conduit les grands groupes tels la Fox ou Sony a ouvrir une section "indépendante" ne relèvent probablement pas de la philantropie, mais plutôt du cynisme absolu. Après réflexion, je me dis: et alors?
Ne boudons pas notre plaisir. La culture américaine, dès que l'on sort un peu des sentiers battus, ce qui n'est pas si difficile, est me semble-t-il autrement plus réjouissante que la notre, où, paralysés par la peur de perdre un centime, les décideurs ne font que suivre ce qui se fait ailleurs. Ou promeuvent des collègues membres du microcosme culturellonaniste parisien qui aime à se tripoter la nouille de façon consanguine, qui exhibent plus ou moins métaphoriquement mais toujours fièrement leurs vies de cons et assimilent ça à de l'art. 
Les américains produisent The Fall, à Paris sort Un conte de Noël. Chuck Palahniuck écrit Fight Club, Lolita Pille sort Hell. Beirut se réclame de Brel, Anaïs est visiblement influencée par Helen Fielding...

Attention, il y a quand meme des points noirs, de ceux que Biactol ne peut annihiler. Le principal étant qu'un courant minoritaire et fier de l'être, regorgeant de talents finisse par devenir mainstream, par quelque alchimie inexplicable (je ne crois pas que les maisons de disque puissent planifier ce genre d'évènements, par contre elles s'y adaptent tres vite). C'est ce qui est arrivé au Grunge et a Kurt Cobain, ou alors aux comédies grasses à humour scatologique des freres Farrelly. Vous me direz que ce n'est pas forcément un mal. Malheureusement, si, car le rouleau compresseur se met alors en marche, ce qu'un gars comme Cobain, jeté en plein milieu de cette ambiance schizophrénique ("vas-y Kurt, dis fuck au system dans tes chansons, ça vend a mort et on s'en met plein les fouilles") n'a pas supporté. Tous ceux qui, à défaut d'avoir du talent, sont appatés par le gain, les 15 minutes de gloire reglementaires ou les groupies, s'engouffrent dans la breche: à ce point la, le talent n'a plus aucune importance pour les producteurs du moment qu'on est bien dans le moule.
Il devient alors délicat pour le public de séparer le bon grain de l'ivraie, tout étant mis sur le meme plan (combien de 40 ans toujours puceau pour des Scary Movie 22?). Et puis moi je suis pas n'importe qui et ça me fait chier d'etre un gars mainstream, alors quand le métal devient le genre en vogue, j'éructe de rage. S'il faut se mettre à écouter la has been Whitney Houston pour rester underground, je le ferai. C'est ça etre rebelle. Heureusement, Mariah Carey et Céline Dion continuent a vendre.

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Published by mixlamalice - dans Cinéma
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19 septembre 2008 5 19 /09 /septembre /2008 01:32
Et c'est encore plus vrai de ce coté-ci de l'Atlantique, tant la combinaison forfait 600 minutes - absence totale de tempérance fait des ravages.

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18 septembre 2008 4 18 /09 /septembre /2008 16:56

Plein de projets d'articles, mais qui nécessiteraient une réflexion intense que je suis incapable de produire actuellement. Notamment parce que, ponctuellement j'espere, mon boulot me casse un peu les burnes. Vous me direz, au contraire, refais le monde, ça devrait te détendre. Oui, mais non. Quand le boulot me fait chier, je deviens neurasthénique. La morosité actuelle n'est pas améliorée, sans entrer dans le détail, par un certain nombre de situations pas cools qui touchent des gens que j'aime, alors que je suis a 6000 bornes de la. Meme si a part ça, moi ça va, merci.

Bref, au lieu de concurrencer BHL comme philosophe des temps modernes a jabot,je vais plutot vous parler du temps qu'il fait, tentant ainsi modestement d'égaler la liberté de ton des blogs de ménageres de moins de 50 ans.

Attention, rien ici de pertinent sur le réchauffement climatique, les ours polaires qui se retrouvent en Islande, ou l'augmentation de l'activité cyclonique.
Non, juste qu' en ce moment c'est la saison que j'aime pas. Ce n'est pas propre a la Nouvelle-Angleterre, c'est une saison qui existe un peu partout,  au moins la ou il y a un climat tempéré.  Je veux parler des moments dans l'année, généralement a la fin de l'été et au milieu du printemps, ou le matin on se pele le jonc, et ou l'apres-midi on creve de chaud. Alors que faire? Sortir en mini-short comme les pouffiasses du campus, mais avoir les levres gercées. Ou foutre un jean et un gros pull, et suer comme un boeuf apres le déjeuner (oui, je sais, ça irait mieux en enlevant le pull, mais meme).
Voila un probleme qui me tarabuste depuis 28 ans. Comme je n'aime pas avoir froid alors que transpirer ne me dérange pas (ça m'excite meme un peu d'etre tout huileux hmmm), et que j'en ai rien a battre de savoir si ça incommode mes voisins, je penche plutot vers le pull. Mais ça reste une situation bancale.

Sinon, parce que je ne fais pas rien quand meme, j'ai apporté quelques modifications ici ou la. Et puis je découvre des blogs sympatoches.

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Published by mixlamalice - dans La vie de Mix
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16 septembre 2008 2 16 /09 /septembre /2008 21:32

Comme je suis peu en verve, un petit article facile dans la catégorie "ethnocentrisme et préjugés".
Je vais vous exposer rapidement les caractéristiques principales des thésards, en fonction de leurs origines. Ces réflexions sont issues d'observations purement personnelles, encore que les conclusions en soient, d'apres Opinion Way, incontestables, puisque basées sur des statistiques d'au moins deux personnes.

- L'indien: Le thésard indien est un gros bosseur, qui fait de longues journées et qui court partout. A noter toutefois qu'il prend de longues pauses devant Internet. Point négatif: l'agitation est souvent finalement peu productive, car le thésard indien ne pige pas forcément bien ce qu'il fabrique (ou ne se pose pas les bonnes questions), ce qui, en sciences, est finalement assez dommageable.
 
- Le chinois: c'est un peu pareil, mais en moins vif. Et avec des journées encore plus longues aussi. Par contre, le thésard chinois ne comprend souvent rien, la barriere de la langue n'aidant pas. Comme le disait un directeur de labo un brin cynique (ou raciste, je ne sais pas), si vous avez besoin de quelqu'un pour faire 500 fois la meme expérience sans se poser de questions (ce qui peut aussi servir, mais plus au chef qu'au thésard), prenez un thésard chinois.

- Le japonais: le gros probleme du thésard japonais est son obséquiosité. En particulier, le Professeur est considéré comme un Dieu vivant qui ne peut jamais se tromper. Ce qui, outre les yeux, bride la créativité, mais aussi la prise d'initiatives du thésard pouvant donc rester six jours sans maniper parce que le chef n'est pas la pour dire si oui ou non il pense que c'est une bonne idée. Or, une bonne these, c'est aussi finir par apprendre a avoir ses propres idées, et etre capable de les suivre une fois qu'on a estimé qu'elles n'étaient pas completement connes.

- L'américain: Le thésard américain est extremement manuel, et indépendant. Il faut dire que leur éducation, ainsi que leur culture, favorise tres tot la prise de risques, l'initiative et l'inventivité. Par contre, le thésard ricain n'est généralement pas tres baleze sur le plan théorique, et se pose rarement deux heures pour lire trois articles et aligner quelques équations ou mettre ses idées au clair (ce qui peut aussi s'avérer utile, en sciences). D'autre part, le doute ne faisant pas partie des genes américains, un succes mitigé sera considéré comme une franche réussite et rarement poussé plus loin: mais, comme ils ont aussi un coté "bon vendeur", ça compense.
La these part donc souvent un peu dans tous les sens, avec quatre ou cinq themes abordés en autant d'années de these, et peu de points approfondis jusqu'a leur terme.
Le thésard ricain considere également majoritairement la these comme un boulot, avec des horaires de boulot pas trop contraignants (typiquement 9h30-17h00). Par contre, il ne prend pas de pause, et pratique le sandwich en 15 minutes devant l'ordi a midi.

- Le français: Le thésard français a un petit poil dans la main. Du coup il prend souvent des longues pauses. Pour certains elles occupent meme la majeure partie de la journée. Le bon coté du thésard français, si malgré tout il est bon, c'est qu'il réfléchit avant d'agir, puis finit par etre, du coup, tres efficace, meme s'il reste plus généralement plus cadré que le thésard américain (c'est aussi lié a la taille des groupes: la ou un chercheur américain encadrera 10 étudiants en moyenne, un chercheur français en encadrera deux).
L'autre bon coté, c'est qu'il ne considere pas forcément la these comme un boulot a 35 heures, et que donc les longues pauses sont souvent compensées par des journées pleines, du genre 8h-20h. C'est un truc que les américains qui nous visitent ne pigent pas d'ailleurs (les pauses, ils pigent vite, mais comme ils continuent a se barrer a 17h, ben ils branlent pas grand chose quand ils se retrouvent dans un labo français).
Verre a moitié vide ou verre a moitié plein, le thésard français est, contrairement au thésard américain, souvent en proie au doute (ou perfectionniste si vous etes de nature optimiste): quand quelque chose ne marche qu'a moitié, le thésard repart pour six mois de manipes.

- L'allemand: un mélange entre français et américain. Bosseur, posé, réfléchit avant d'agir, adepte du 9h-17h.

Malheureusement, mes connaissances s'arretent la (je n'ai pas connu de thésards anglais ou espagnols, et qu'une seule italienne et vénézuelienne, trop peu pour mes statistiques). Notons que ces différences tendent a s'atténuer lorsque le thésard devient permanent (en général, le permanent s'adapte avant tout a la façon de travailler de son labo, qui est souvent dépendante du domaine de recherche et du pays ou le laboratoire se trouve).

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Published by mixlamalice - dans La recherche
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