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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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25 juillet 2008 5 25 /07 /juillet /2008 18:45

J'ai actuellement plusieurs idées d'articles griffonnées quelque part, et que, par flemme, je laisse en plan.
Il faut dire que les vacances se profilent a l'horizon: jeudi soir avion pour Paris, vendredi midi voiture pour Périgueux, vendredi soir resto a Brantome, samedi apres-midi témoin de mariage, samedi soir ivre mort (entre la baisse de mes charges de travail et le décalage horaire, ça risque d'aller vite: mon but, éviter d'etre si bourré que j'en viendrai a confondre le livre d'or avec un cendrier, chose qui, lorsque ça m'était arrivé il y a quelques années, n'avait que modérément plu a la mariée. Pour la fin de l'anecdote, le pere du marié m'avait consolé en nous faisant boire, a lui, un pote et moi, une bouteille de champ' au goulot. Puis, le seul black out total de ma vie, d'une durée d'environ deux heures, et un réveil au beau milieu des champs sur la banquette arriere d'une Clio, recouverte de nappes blanches pour la sauver de mes régurgitations). Dimanche dans la journée retour sur Paris, lundi déjeuner avec les membres de mon ancien laboratoire pas encore en vacances, id est les trois thésards en rédaction, lundi apres-midi avion jusqu'a Nice, et enfin dodo. Jusqu'au dimanche d'apres, avec l'espoir d'assister a la naissance de ma niece, puis retour a Paris, et vol pour Boston le lundi.

Court, mais intense. Bref, pour me préparer physiquement et mentalement, je réduis un peu l'intensité au labo pour compenser. Il faut dire que les horaires d'été ici sont plutot peinards (9h30-16h30 c'est la journée moyenne), de ce coté la on est pas trop dépaysé, meme si la plupart des gens ne partent qu'une semaine (cela dit, ils ont pas mal tendance a compléter cette semaine par des petits week-ends de 4 jours par ci par la, surtout si le boss est lui-meme absent). Du coup, hormis les derniers manipes que j'essaie de mener a bien, je glandouille un peu et meme l'écriture d'un article est une activité trop intense. Je me contente de quelques petites contributions de ci de la sur les blogs que je lis plus ou moins régulierement (voir liens sur votre gauche), quand le sujet m'interpelle. C'est a dire pas souvent.

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22 juillet 2008 2 22 /07 /juillet /2008 15:54

L'Amérique, c'est sympa. La prof de bio avec laquelle je collabore vient de voir l'une de ses principales subvensions supprimée. Conséquence immédiate: la technicienne qu'elle emploie se barre dans un autre labo, le thésard qui était sur le point de terminer a intéret a se bouger le fion, et la thésarde qui venait de terminer sa premiere année va surement devoir aller voir ailleurs.
En ce qui nous concerne, les dommages sont plutot collatéraux: les manipes que la technicienne nous faisait, il va falloir les apprendre, et le matos qu'on employait (boites de pétri, pipettes pasteur...), il va falloir l'acheter: quelques milliers de dollars par an en plus dans le budget de mon boss, rien de bien grave.

Voila, le darwinisme social, tres en vogue ici, s'applique aussi aux sciences: tu n'es pas bon, ou pas assez bon, tu creves comme une merde. Id est, tu n'as plus de financements, tu peux mettre la clef sous la porte et aller vendre des frites (plus prosaïquement, puisque, contrairement aux idées reçues, ils ont ici aussi des postes a vie une fois le cap de la tenure passée vers 32-35 ans, on se contentera de vous reprendre vos salles de manipes et en contrepartie de vous refiler les taches administratives et d'enseignement). A vrai dire pourquoi pas, sauf que quand ça arrive en milieu de carriere, vers la cinquantaine, et que ça n'est pas un choix (les virages enseignement-administration-recherche peuvent ici etre faits de maniere beaucoup plus flexible que chez nous, ou, grosso modo, on demande de tout faire tout le temps sans laisser le choix), j'imagine que ça fout un coup au moral. Et puis, les dérives existent et ont été (d)énoncées par un article récent de The Scientist, un journal scientifique américain (probablement "de gauche" car ici aussi les scientifiques sont majoritairement "de gauche", mais connaissant les standards américains, probablement assez éloigné du courant anti-capitaliste): notamment, ces coupes budgétaires affectent non seulement les nullos ou ceux qui se laissent aller, mais aussi de plus en plus des chercheurs pas plus mauvais que les autres, confirmés, mais ayant moins de capacités a "vendre" leurs projets (c'est a dire sucer des bites et rédiger 15 pages de pipot pour expliquer aux commissions de la NSF ou autres a quel point ce qu'on fait est génial), ou alors travaillant sur des sujets moins a la mode (typiquement, le boss de ma douce bossant sur les bactéries potentiellement utilisables en tant qu'armes biologiques, il vient de toucher un pactole de 80 millions de dollars, merci l'armée. Il aurait probablement eu un peu plus de mal s'il était intéressé aux bactéries potentiellement utisables en tant que nouveaux insecticides non-polluants, et beaucoup plus de mal s'il s'était intéressé aux bactéries dont on ne sait pas a quoi elle servent mais que ça pourrait etre bien de comprendre quand meme).

Cela dit, chez nous, ce n'est pas mieux. Le plan campus, censé donner un peu de pognon a une dizaine de campus (il faut progresser dans le classement de Shangaï, a peu pres aussi légitime que le classement des 50 meilleurs restos du monde, quelle vision ambitieuse de la recherche pour notre gouvernement) était plutot une bonne nouvelle. Encore que, selon les sources, on oscille entre 5 milliards et les intérets perçus sur les 5 milliards obtenus par la privatisation d'EDF (donc plutot quelques centaines de millions), ce qui n'est pas pareil. Enfin, c'était toujours mieux que rien. 
Les mauvais esprits diront que cela créera un systeme a deux vitesses, cela dit 80 universités sur le territoire, c'est sans doute un peu trop: que ce soit pour les étudiants ou les chercheurs (encore faut-il qu'ils en aient les moyens), il est sans doute plus intéressant de faire deux cents bornes pour aller dans une université correcte plutot que d'aller s'enterrer dans la fac de Trifouillis sur Marne.
Quoi qu'il en soit cette "bonne" nouvelle vient d'etre contrebalancée par l'annonce de la suppression de 900 postes (0.5% des effectifs) dans l'enseignement supérieur et la recherche pour l'année a venir. L'an dernier, dans mon domaine (faisant plutot partie des themes scientifiques en vogue), il y avait 6 postes ouverts au CNRS sur toute la France, ça faisait déja rever. Ca va etre de mieux en mieux.

Et puis bon, juste pour continuer a maugréer,l'article relatant cette décision est resté une heure en une sur lemonde.fr, avant d'etre relegué en 5eme position de la page sciences, et a recueilli une vingtaine de réactions en 24h (un bon nombre se félicitant de la disparition de quelques salauds de fonctionnaires de plus, certaines allant meme jusqu'a parler de ces feignants de profs, confondant visiblement enseignement secondaire et supérieur, mais bon on n'est plus a ça pres).
Pendant ce temps la, un point de vue affligeant de BHL (qui devait trouver qu'on ne parlait plus beaucoup de lui depuis son "opposition" virulente a Sarkozy, type oui je vais faire du ski avec lui a Courcheuve, mais c'est pas pour autant que je suis d'accord avec certains de ses points de vue) sur une affaire majeure secouant la France entiere depuis une semaine (le dessinateur Siné, de Charlie Hebdo, est-il antisémite?) a suscité 230 réactions, preuve que mes con-citoyens ont une conscience politique extremement développée et qu'ils savent discerner les sujets d'importance. Alors bon, tant que j'y suis, puisque moi aussi j'ai un avis pertinent sur la question, ma réponse est que, antisémite, Siné l'est peut-etre, mais que ce n'est pas avec l'article incriminé, je cite: "Jean Sarkozy vient de déclarer vouloir se convertir au judaïsme avant d’épouser sa fiancée, juive, et héritière des fondateurs de Darty. Il fera du chemin dans la vie, ce petit!", qu'on peut vraiment en conclure. Certes, je peux comprendre que 5000 ans de persécutions plus ou moins violentes (plutot plus que moins d'ailleurs) puissent amener une certaine paranoïa. Toutefois, je trouve que le politiquement correct, oeuvre des bien-pensants de tous poils et de toutes religions, poussé a ce point est vraiment l'un des symboles actuels les plus puissants de ce que la connerie humaine peut engendrer de pire. Car, merde, d'un point de vue sémantique, que dit-il, ce monsieur? Que la future probable conversion de Jean Sarkozy au judaïsme semble avant tout guidée par un arrivisme aussi débordant que celui de son pere. Vrai ou faux, c'est un point de vue (qui se défend) et il me semble que c'est le seul exposé ici, le judaïsme n'ayant en soi, dans le cas présent, pas grand chose a voir avec la choucroute. Ceux qui reprochent a Siné d'assimiler les juifs aux possédants, dans la veine de l'antisémitisme européen du 19eme, marchent franchement a coté de leurs pompes: c'est peut etre vrai mais comment en juger par ce simple extrait? Dans le cas présent, la fille Darty est-elle oui ou non, juive et riche héritiere? Apparemment Siné est juste un vieil anar qui n'aime pas trop les religions et leurs pratiquants (il y a quelques semaines il avait écrit vouloir botter le cul des femmes en tchador de son quartier, ce qui était passé totalement inaperçu), et son boss (Philippe Val, que je ne connais pas plus mais qui lui aussi fait couler beaucoup d'encre pour d'autres raisons), cherchant un moyen de le virer a peu de frais, a sauté sur l'occasion. 

Ce débat passionnant avec moi-meme étant maintenant clos, et pour montrer que je ne suis pas le seul rebelle a dénoncer cette société de merde, je vous recommande d'aller voir Wall-E, le nouveau Disney pour les moins de 10 ans. Eh oui, quelle n'a pas été ma surprise d'y voir, dans un futur proche, une Terre devenue décharge géante par la surconsommation. D'y voir qu'une seule multinationale a fini par absorber toutes les autres entreprises. D'y voir des humains survivant dans un vaisseau spatial, "mall" géant, devenus obeses, quasi-incapables de marcher, bouffant toute la journée et communiquant par caméras interposées meme lorsqu'ils se font face. Bref, m'a-t-il semblé, une critique assez féroce du monde actuel et plus particulierement de la société américaine qu'on n'avait plus vu depuis Robocop, c'est dire. Ce qui me surprend, c'est que ce point n'a pas du tout été évoqué dans les critiques ricaines que j'ai pu lire, qui parlaient toutes uniquement du graphisme et de l'histoire du petit robot zolis tout plein. Et qu'apparemment le public n'a pas semblé réagir plus que ça non plus (typiquement, si j'avais été un gros porc avec mon kilo de pop corn et mon litre de coca vautré dans mon fauteuil, je me serais senti visé). Mais moi, je suis un petit français vachement malin et c'est pas parce que je vais voir un dessin animé que je débranche mon cerveau. Ils sont forts ces français. Et j'attends de voir ce qu'en diront nos critiques a nous, propres habituellement a s'extasier sur les prises de position tranchées du cinéma hollywoodien.

A part ça, j'ai raté la tempête du siecle dans ma petite ville, vents a 140 kms/h, pluie diluvienne, coupures d'électricité, chutes d'arbres et tout le tintouin. Juste a coté de mon logement, je croyais lundi que le proprio avait fait un sacré boulot de jardinage mais en fait non, ce sont juste trois bons gros arbres qui se sont cassés la gueule... Décidément le Massachusetts me plait de plus en plus.

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17 juillet 2008 4 17 /07 /juillet /2008 19:43

Petite annonce envers les réalisateurs français. Plus particulierement tous ceux, interchangeables, qui font le meme film, interchangeable, et chiant, sur des français moyens et leur vie moyenne (assez souvent, le français en question a la trentaine et a peur de s'engager, mais la crise de la cinquantaine ou la crise de l'adolescence ça marche aussi). 
L'idée c'est que ça soit pas triste, juste bien morose, gris foncé, pas drole et fourré de réflexions philosophiques que ne renieraient pas Ana Gavalda.

Alors l'histoire est totalement originale: c'est un scientifique de 28 ans. Déja ça commence pas mal, un scientifique, c'est pas marrant et c'est vilain, pas de risques d'avoir un beau gosse plein de thunes qui s'éclate.
Il est expatrié dans la cambrousse ricaine, dans une ville de 20000 habitants, et vit dans une chambre chez une lesbienne de 78 ans et son fils informaticien puceau, la cinquantaine. Le fils travaille a 150 kms de son domicile, part de chez lui a 6 heures du matin et revient le soir a 20h passées. Il s'occupe aussi de sa soeur schizophrene et handicapée, qui vit a quelques kms de la.
Le scientifique est en CDD, et cherche a obtenir un CDI a 1800 euros par mois, CDI que 50 personnes largement aussi compétentes que lui, convoitent. La chambre dans laquelle il vit est meublée d'une mousse a meme le sol, d'un bureau années 1950, et d'une télé datant de 1972. La fac dans laquelle il bosse a un petit coté soviétique, architecturalement parlant (béton grisatre, briques bordeaux et tours). Son bureau est le seul de l'étage sans fenetre. Il ne connait personne a part ses collegues qu'il ne fréquente pas en dehors des horaires de boulot. Le soir, il joue sur son ordinateur, regarde la télé, et lit.  
Voila, a part ça il ne se passe pas grand chose. Théoriquement, dans mon scénario, le scientifique retrouve sa partenaire le week-end dans la grande ville, mais si ça apporte un peu trop de joie au film, ça peut etre supprimé, je suis ouvert a la discussion.
Le film est censé durer un ou deux ans, mais on peut se concentrer sur les mois d'hiver, quand il fait -10 et qu'il tombe 20 cms de neige en deux heures. L'été, c'est un peu trop lumineux.

Je pense que ça peut rafler un paquet de Césars, a défaut d'avoir des spectateurs (qui auraient raison de préférer aller voir Hellboy 2).

Me contacter par mail pour acquérir les droits.

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16 juillet 2008 3 16 /07 /juillet /2008 17:50
Mes lecteurs sont un peu fainéants en ce moment (et plutot moins nombreux). Mes articles sont-ils moins passionnants qu'a l'accoutumée? (est-ce possible?). Ou alors, la période estivale n'est-elle pas propice a la lecture bloguesque? Il se trouve que pour ma part, je suis un peu en mode roue libre au labo (petite période de transition de trois semaines entre la conférence et les vacances), et que, meme cas inhabituel ou l'inspiration est au rendez-vous, le poil dans la main me pousse a aller chercher un coca et musarder un peu au soleil plutot qu'a tenter de venir ici laborieusement raconter ma vie. Du coup, je me dis que, de votre coté, vous faites le meme genre de choses plutot que venir ici laborieusement lire mes aventures.

Donc, juste une petite anecdote qui n'intéressera personne, comme ça vous n'aurez pas la mauvaise conscience d'avoir raté une fulgurance philosophique, et comme ça je n'aurais pas le remords d'avoir délaissé mon blog totalement.

Il m'arrive de faire des tournois de poker (gratuits) sur Internet. Le niveau n'est pas tres relevé, mais ça passe une heure de façon pas plus conne que de regarder la Fox.
Dernierement, tournoi de 50 participants, 1000 dollars chacun en jetons initialement. Texas Hold'em no limit, 10 joueurs par table. Les mises augmentent régulierement (de 5-10 dollars jusqu'a 5000-10000), et on joue jusqu'a ce qu'il n'en reste qu'un.
Il devait rester environ 20 personnes, les blindes sont a 75-150 dollars. Je perds un coup a tapis, et il ne me reste plus que 28 dollars, donc trois fois moins que la petite blinde. Autant dire que je peux retourner a mes séries télé.
Pourtant, coup suivant, alors que je suis grosse blinde, je quintuple miraculeusement ma mise. Bon, 140 dollars, je vais pas aller loin non plus. Mais voila, je quadruple encore, me retrouve dans les 600 dollars, puis finis par tripler cette somme et me revoila dans la course avec 2000 dollars.
J'ai fini par gagner le tournoi. Ce qui m'arrive assez régulierement, mais ne m'était encore jamais arrivé apres m'etre retrouvé dans une situation aussi précaire (28 dollars!! - a ce moment la la moyenne des tapis devait etre de 3000 dollars).
Bref, le poker, c'est surtout de la technique, mais c'est quand meme aussi de la chatte. D'ailleurs, depuis, les temps ont changé, je n'arrete pas de perdre sur des coups du sort improbables et on ne peut plus frustrants.

Voila. Super, hein? 

D'ailleurs, si vous connaissez un cercle de poker ou on peut jouer de petites sommes (moins de dix dollars) du coté du Western Mass, n'hésitez pas a me contacter, mes recherches ont pour l'instant été vaines. J'aimerais bien m'étalonner contre des gens qui jouent sérieusement (pour les tournois gratuits, sur 50 participants, il y en a toujours une trentaine qui fait n'importe quoi et/ou ne sait pas jouer, c'est parfois pénible, et ça atténue la fierté qu'on a a gagner). Et malheureusement, les paris en ligne sont interdits aux Etats-Unis. 
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14 juillet 2008 1 14 /07 /juillet /2008 15:39
Bon, voila, c'est la fete nationale française et apparemment ici, tout le monde s'en branle. Racistes, va. Du coup, pendant que les cadres profitent pour la derniere fois du 14 juillet férié, moi, je bosse. Ou, soyons plus objectif, je suis présent au labo.
Quoi, merde, il est 9h30, je suis arrivé il y a une demi-heure, je finis mon petit café en écoutant la montée du Tourmalet sur rtl apres avoir consulté mon absence de mails. De toute façon, manipe avant 10h, c'est péché.

Tiens, puisqu'on parle du Tour, un joli tir groupé des ptits français avec 6 coureurs dans les 10 derniers du classement général (9 dans les 15). Le premier français est actuellement 26eme.
De l'autre coté on trouve 7 espagnols dans les 20 premiers, les espagnols, pour ceux qui ne suivent pas, étant au cyclisme ce que l'Allemagne de l'Est était a la natation féminine. Sachant que Ricco et Cunego, deux italiens (Ricco évoluant dans une équipe espagnole) sont connus pour leurs parametres sanguins "naturellement" hors norme, que Valverde, l'un des favoris, a été cité a plusieurs reprises dans l'affaire Puerto, que Schumacher l'ancien maillot jaune a été a plusieurs reprises dans sa carriere controlé positif (puis "innocenté" pour vices de procédure), et que Beltran (un autre espagnol qui a connu les plus grandes épopées, de la Mapei de Rominger a la Banesto de Manolo Sainz en passant par la Discovery d'Armstrong) a été controlé positif a l'EPO, on sent vraiment que c'est le Tour du "renouveau".
Attention, je ne souscris pour autant pas a la these du "tant qu'y aura pas de français en course pour le général, ça voudra dire qu'ils sont tous dopés sauf nous". Apres tout, nos coureurs sont peut-etre tout simplement des chevres aussi (avec tout mon respect hein). Je suis également d'avis que le cyclisme est un sport particulierement exposé et surement plus sérieux dans la lutte anti-dopage que des sports plus mainstreams et surtout générant plus de blé, comme le foot ou le rugby (ah, il y a quelques années, tous ces gentils footballeurs ou rugbymen français gringalets partant qui en Espagne, qui en Italie, qui en Angleterre, et prenant 5 ou 10 bons kilos en quelques mois de séances de muscu acharnées...).

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9 juillet 2008 3 09 /07 /juillet /2008 21:50
C'est rigolo quand meme. Un peu comme quand le toit de l'église s'écroule sur la gueule des croyants en pleine priere.

Je n'ai pas tout compris, mais de ce que j'ai lu de loin, il semble que la nouvelle loi sur le temps de travail soit surtout destinée aux cadres, qui perdent potentiellement un bon paquet de RTT.
Petite remarque avant d'aborder le coeur de mon article: ce qu'il y a de bien avec le gouvernement, c'est qu'ils veulent nous faire un systeme a l'américaine, mais avec seulement les inconvénients. Les avantages, ça sera surement pour une prochaine fois. Exemple: moins de vacances pour les cadres, comme chez l'Oncle Sam. Ok, mais ici, les salaires sont conséquents, les jours de vacances deviennent plus nombreux apres quelques années passées dans la boite, et les cadres bossent 40h/semaine et pas une de plus, le boulot reste le boulot. Exemple: financements sur projets pour la recherche. Ok, mais ici, il y a pléthore de financements possibles, pas regardant sur le montant.

Mais revenons a mon propos. 
Bizarrement, tous ces jeunes cadres dynamiques fraichement issus d'écoles de commerce ou d'informatique, prompts a mettre en avant leurs capacités phénoménales de travail, leurs compétences, et a stigmatiser ces feignasses de privilégiés de fonctionnaires ou de salariés et l'immobilisme de la France sclérosée par les 35 heures et les chomeurs vivant grassement des allocs payées par ceux qui se levent tot, le tout généralement pendant leurs trois semaines de vacances a Taïwan ou a Marrakech ou leur week-end prolongé a Geneve, tous ces jeunes cadres donc, disais-je, sont beaucoup plus vindicatifs lorsque c'est leur tour de se faire, comment dire... ah voila: enculer profond (apres les retraités, les chomeurs, les profs, les chercheurs, les étudiants etc... il ne reste plus grand monde). Il n'y a qu'a lire les réactions aux articles du Monde sur le sujet pour apprécier leur légitime désarroi. Ils en sont meme a vouloir se syndiquer, autant dire que la situation est grave, vu l'estime dans laquelle ils tiennent habituellement ces réacs de syndiqués.
Finalement, travailler plus pour gagner pareil, ça ne leur plait pas tant que ça (et pour beaucoup, ceux qui ont des gosses notamment, travailler plus meme pour gagner plus n'est pas non plus, en y réfléchissant un peu, prioritaire), et les beaux discours sur le valeureux effort national a accomplir pour redresser notre belle France n'est plus vraiment de mise.

Peut-etre que bientot ils dépasseront le syndrome franco-français du donneur de leçons "moi je suis super et les autres c'est des cons" (si vous ne voyez pas ce que je veux dire, je donne un bel exemple de ce comportement dans cet article) et intégreront l'idée que les coleres des autres catégories socio-professionnelles sont probablement aussi légitimes que les leurs, causées par des réelles régressions sociales, ou pour le moins par des "réformes" qui ne vont pas dans le sens d'un monde franchement meilleur. Bref, pas que pour faire chier et pas que pour s'accrocher a des "privileges" (attention ces 17 jours de RTT que les cadres ne veulent pas lacher, ce ne sont pas des privileges, mais une juste récompense pour leurs journées de ouf, 8h-20h avec seulement 2h de pause déjeuner en notes de frais et 2h de pause café a refaire la France).

Du coup, d'ici quelques mois, quand tout le monde sera bien mécontent, a part les purs et durs et Laurence Parisot, quand ce seront les plombiers français qui envahiront la Pologne et plus l'inverse, on pourra tous se réunir derriere la bicyclette blanche d'Olivier B. pour aller pendre Carlita Brubru avec ses cordes de guitare. En mai 2009?


Et si on réformait encore un petit coup?
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9 juillet 2008 3 09 /07 /juillet /2008 15:31

Petite anecdote a Provincetown, dans un café-resto réputé de la ville.
Comme une grande majorité des restos ricains, il propose jusqu'a une heure avancée de l'apres-midi une carte type brunch avec pour une dizaine de dollars des plats oscillant entre les pancakes ou le muesli-salade de fruits d'une part, et les omelettes-patates-bacon d'autre part. Je dois avouer que c'est un plaisir assez coupable, en terme de graisses saturées et de sucres divers et variés, que nous nous accordons de temps a autre.
Il était midi et demi, c'était le coup de feu, nous étions le seul couple hétéro, et les 4 serveuses se répartissaient les tables avec une certaine dextérité, maintenant le temps d'attente a des niveaux raisonnables.

Arrivent a la derniere table libre, a coté de la notre, deux hommes, plutot look peres de famille que musclors ou folles, l'air gentil. Le premier, taille et corpulence moyenne, mat, cheveux poivres et sel, le deuxieme tendance ploucos en vacances (le genre a porter une banane).

La serveuse qui les a placés s'éclipse, et une autre serveuse arrive quelques minutes apres leur demander s'ils souhaitent a boire. La banane demande si le service est "réparti", la serveuse lui explique que non, sa collegue les a juste installés, mais que désormais c'est elle qui s'occupera d'eux (sans doute premiere erreur de la part de la serveuse, car en effet, meme si elle était la serveuse principale de ce coin de tables, d'autres passaient de temps a autre remplir les tasses a café ou vérifier que tout se passe bien). Je crois qu'ils commandent leur thé, jusque la tout va bien.

Deux minutes plus tard, la banane alpague la serveuse entre deux aller-retours a la cuisine chargée de plateaux pour lui demander de quoi est fait le smoothie qu'il aperçoit a une table voisine. Notamment, monsieur voulait savoir (et il a bien insisté sur ce point) si le lait utilisé était du low fat, juste histoire de se renseigner pour savoir s'il allait s'en commander un. Alors qu'elle n'avait pas que ça a foutre, la serveuse a pris le temps d'expliquer gentiment tous les fruits utilisés, la marque du lait et tutti quanti. 
A ce moment la, je commençais déja a apprécier, comme cela m'arrive souvent, la patience et le sens du commerce des serveurs ricains, il est vrai favorisés par leur mode de paiement mais tout de meme. 

Finalement banane fut convaincu, on lui apporte son smoothie, ils commandent. Je crois bien que le meme a trouvé le moyen de demander 43 précisions sur le menu pourtant on ne plus détaillé, mais a ce moment la je ne me disais pas encore que le gars était particulierement casse-burnes.
J'ai commencé a le ressentir fortement quand, 5 minutes apres, il a rappelé la serveuse pour lui demander des précisions sur le bacon servi en side dish avec son omelette. Je n'ai pas tout saisi, et je dois avouer que je me demande quelles questions on peut se poser a propos de deux tranches de bacon (est-ce que c'est du low fat?...), mais, la encore, la serveuse a été tres politiquement correcte alors que moult tables l'attendaient qui pour l'addition, qui pour le café, qui pour recevoir ses french toasts. 

Il y a bien du avoir une ou deux remarques sur le temps d'attente ensuite, ou sur le verre d'eau vide et pas immédiatement rempli, toujours de la part de banane (l'autre ne disait rien, était-il habitué, mal a l'aise, je ne sais pas). 
Finalement, les deux plats a dix dollars arrivent, et banane commence a manger. Il rappelle la serveuse pour lui demander de la Worcestershire sauce (ou autre condiment immonde comme les amerloques les apprécient tant). Je crois qu'a la place de la serveuse, a ce moment la, je la lui aurais immédiatement envoyée dans la gueule, sa sauce. Il me semble qu'a ce moment la aussi, malgré sa bonne volonté, elle començait a perdre patience.

Pendant quelques minutes, alors que nous sommes en train de régler, j'entends banane expliquer a son pote que quand meme les patates ont un gout bizarre, que c'est épicé etc. 
Au moment ou nous nous levons, il interpelle une fois de plus (probablement la dixieme fois en une demi-heure) l'une des serveuses pour lui expliquer qu'il est tres mécontent, qu'en plus du temps d'attente tres long, les patates sont immangeables, beaucoup trop fortes (mon Dieu, probablement trop de poivre high fat). Toujours relativement zen comparativement a moi par exemple, la demoiselle propose de ramener d'autres patates (oui, mais si c'est pas trop long hein), avant d'aller en référer a la patronne. M'imaginant encore a sa place, j'aurais dit a la patronne, bon j'en peux plus de ce connard, vous vous en occupez vous-meme, vous lui offrez le repas ou vous le virez je m'en fous, mais c'est votre probleme. 

Puis nous sommes partis. Je n'ai malheureusement pas la fin de l'histoire. Peut-etre y est-il encore, a se plaindre qu'il y a des grumeaux dans son smoothie, ou que l'eau a un gout de chlore. Etait-il casse-couilles a ce point par religion, dans l'espoir de bouffer a l'oeil, la question reste posée. Il me semble en tout cas, placé aux premieres loges, que ses gémissements étaient pour le moins globalement illégitimes.

Certes, le client ricain est souvent plus exigeant que le client français vis a vis du service au restaurant, notamment parce qu'il le paye "directement". C'est parfois une bonne chose, mais la le client était vraiment un chieur premiere classe, catégorie qui me semble moins rare que chez nous (voyez les commentaires, quel que soit le resto, sur citysearch.com: 90% des mauvaises critiques sont liées au serveur trop ceci, au maitre d'hotel pas assez cela, on a presque l'impression que la bouffe est secondaire). 
Pour ma part, j'ai trop tendance a laisser faire et je me dis que je devrais remiser mon éducation feutrée au placard et gueuler plus souvent quand la situation dérape vraiment (typiquement quand il faut 3h pour terminer un entrée plat dessert comme cela m'est arrivé a la Table Corse, maintenant fermée, ou a Coco de Mer, et que visiblement vous passez apres toutes les autres tables). Je pense me comporter trop souvent comme un hote alors que je suis un client, pour vous donner une idée. Mais les vraies mauvaises expériences sont assez rares, probablement moins de 5% des cas, et je pense que la plupart du temps, on peut laisser pisser les petits aléas de service. Il faut aussi adapter ses attentes au resto ou l'on va, et la, typiquement, le mec semblait exiger pour sa petite personne l'attention d'un resto 3 étoiles dans un café bondé, sans prétention et pour une addition de 15 dollars service compris.  

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Published by mixlamalice - dans Autour de la gastronomie
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8 juillet 2008 2 08 /07 /juillet /2008 00:44
Retour de Ptown (pour les intimes) hier soir apres un week-end riche en émotions.
Moi qui n'avais jamais été a la Gay Pride, j'en ai vécu une de trois jours.
Finalement, avoir pris la seule chambre disponible de l'ile a perpete les oies (selon les criteres ricains, i.e. a 15 minutes de marche de la zone la plus festive) fut plutot un bon plan, qui nous a permis de dormir sans trop de soucis.
Ptown est sans doute la seule ville au monde "hétéro friendly" puisqu'elle compte grosso modo 80% de gays et lesbiennes. En meme temps, tres touristique et, un peu bizarrement vu le coté "extravaganza" de la ville, une destination également familiale.
Les boutiques de Commercial Street, "la" rue de Ptown, ne sont pas aussi trash (sauf si on entend par trash une boutique vendant des t-shirts "I love my two dads" ou "Nobody knows I am a lesbian") que décrites dans le Routard et les restos sont plutot chers. A noter le nombre important de magasins de clopes et d'alcool. J'ai du croiser, pendant ces trois jours a Ptown, plus de fumeurs que pendant ces six derniers mois sur le territoire américain.
Les bars meme "classiques" (finalement pour les cabarets transformistes nous nous sommes abstenus) sont plutot marrants, surtout le soir, et surtout si vous etes nostalgiques de la musique géniale des 80's (A-Ha, Madonna...). Cela dit, je dois reconnaitre que malgré toute mon ouverture d'esprit (le reste est resté fermé), se retrouver entouré de 200 tres sympathiques musclors rasés (sur 210 personnes dans la boite, le reste étant composé de 6 lesbiennes, 2 femmes hétéros célibataires accompagnant des amis gays, et nous), en marcel ou torse poil se malaxant le fion ou se roulant des patins a fini par etre un peu perturbant pour ma douce et moi apres quelques heures.
Le dimanche tout ça se calme un peu et nous en avons profité pour explorer les dunes a vélo, pour une randonnée sympathique d'une vingtaine de kilometres. Nous avons également fait une petite croisiere de trois heures pour aller observer les baleines au large. Splendide spectacle, mais fait étonnant, bien que semble-t-il il puisse etre donné d'en observer, c'est le seul endroit ou nous n'avons vu aucun phoque.


A Ptown, on annonce la couleur, meme si on est pas tres fort en orthographe

Quoiqu'il en soit, une expérience assez unique que je recommande.

Entre Ptown et Newport, quelque chose comme 200 bornes, mais deux planetes différentes en terme de mode de vie: deux salles, deux ambiances comme on dit. Et deux bonnes idées de week-end si vous etes dans le coin.
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4 juillet 2008 5 04 /07 /juillet /2008 19:05

Grace a over-blog, je peux avoir acces aux recherches google qui ont amené des lecteurs de passage sur mon blog. Je ne suis pas le premier a avoir remarqué des mots-clefs parfois surprenants: "bodybuilder bandant" et "elles montrent leurs nibards", par exemple (désolé, cher inconnu, j'imagine que ce que tu as trouvé ici ne correspondait pas vraiment a ce que tu cherchais). Il y a aussi ceux qui visiblement ne vivent pas tres bien leur these: petite précision, meme si mon blog peut donner l'impression inverse parce que faut bien rigoler un peu, j'ai beaucoup aimé mes trois années de doctorat. Mon conseil si vraiment ça vous sort par les trous de nez: c'est pas votre truc, arretez tant qu'il est temps et faites autre chose (petite exception a la regle: si vous etes a quelques mois du terme, donc en rédaction, la, la saturation est normale. Dans ce cas, tenez-bon. Le pinard peut etre un bon allié).

En tout cas, depuis que j'ai parlé du concert de Maiden auquel j'ai assisté il y a deux semaines, une bonne trentaine de googleurs sont tombés sur mon blog. Je suis déçu, moins de quatre personnes sont arrivés jusqu'ici apres des recherches liées a Manowar dont je parle pourtant depuis plus de deux ans.
Je me dis que je devrais écrire plus souvent des articles sur des groupes ou écrivains "mainstream" (je mets les guillemets car Maiden n'est pas dans la meme tranche mainstrean que Obispo. Tiens d'ailleurs, pour augmenter mon taux de lecteurs, je vais tenter un peu de name dropping: Mary Higgins Clark, Jonathan Littell, Marc Levy, Amélie Nothomb, Ana Gavalda, Florent Pagny, Patrick Bruel, Radiohead, Madonna, U2).

Bon, sinon, nous sommes a Provincetown pour le week-end, et c'est effectivement une ville tres tres tres tres gaie. Le Marais a coté, c'est un quartier homophobe. Si vous avez toujours regretté d'etre blanc, hétérosexuel, de taille et corpulence moyenne et sans handicap particulier, bref, si vous avez toujours souhaité savoir ce que ressentaient les minorités visibles, venez faire un tour a Ptown avec votre moitié. L'ambiance est cependant bon enfant, festive, et les familles comme les couples hétéros sont accueillis sans discrimination.
Quelques photos et blagues bigardiennes sont a venir.  

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Published by mixlamalice - dans La vie de Mix
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1 juillet 2008 2 01 /07 /juillet /2008 19:55
Chose promise chose due, quelques réflexions qui me sont venues pendant la conférence.
Pour ceux qui n'ont pas la chance de connaitre, disons qu'il y a deux types de conférences: les énormes, type celles organisées par la société américaine de physique, réunissant 3000 physiciens allant du nanocéramiste a l'astrophysicien. On se croirait au palais des expos de Versailles pendant un salon du livre, autant dire qu'il faut avoir planifié ce qu'on veut voir et autant dire que, quand on est étudiant et qu'on veut se placer, il faut etre un bon vendeur pour arriver a quelque chose, car on n'est loin d'etre seul dans la meme situation.
La deuxieme sorte est a taille plus humaine et avec un theme plus restreint. Ces conférences la réunissent souvent les grands pontes du domaine qui profitent de l'occasion pour se revoir, et le risque peut etre qu' ils passent leur temps a se sucer entre eux ou a se remémorer le bon vieux temps de leur publication commune en 1972 ou de la blague de De Gennes a Pincus a propos de la marche aléatoire de l'ivrogne, amenant ainsi, au bout du compte, les memes tourments pour l'étudiant admiratif mais timide qui aimerait aller leur dire tout le bien qu'il pense d'eux et si des fois m'sieurs dames vous aviez un poste pour moi...
La conférence ou je suis, appartenant a la deuxieme catégorie, est justement faite pour essayer d'éviter au maximum cet écueil: les sessions poster réservées majoritairement aux étudiants sont planifiées au milieu de la journée, les sessions orales laissent du temps pour poser moult questions, les gens sont logés sur place et pas a l'hotel, la période estivale décontracte un peu tout le monde, la picole est pas chere, il y a des activités communes possibles en début d'apres midi etc. Je ne dirais pas que ça marche a 100% (je vais en donner un exemple plus bas), mais meme un jeune coincé a l'éducation bourgeoise comme moi, qui a toujours un peu de réticence a aller emmerder un inconnu fut-ce pour le complimenter bassement, a réussi a discuter avec des gens balezes qu'il m'aurait été difficile d'aborder voire de rencontrer autrement.

Ceci étant dit, voici les points dont je souhaitais vous causer:
- le look. Je dois dire qu'il y a un nombre certain de chercheurs qui ont la classe innée. Je vous avais déja parlé du pantalon velours et de la chemise a carreaux rentrée dans le pantalon et fermée jusqu'en haut. Oui, mais la c'est l'été. Alors on remplace le pantalon velours par un bermuda ou un short en jean serré tendance hard-rock années 80. La chemise a carreaux est toujours la, mais elle est en tissu plus léger et a manche courtes: elle est cependant toujours bien rentrée dans le bermuda et boutonnée jusqu'en haut (variante: le polo). Aux pieds, plusieurs tendances se dégagent: les tennis blanches avec les chaussettes blanches également et remontées jusqu'au genou. Les "sandales de marche" a l'allemande (sans chaussettes quand meme). Les especes de sabots en plastique fluo avec des trous sur le dessus (tres a la mode aux US et pas que chez les chercheurs) dont j'ignore le nom exact.
Les femmes chercheurs sont généralement plus classes, ma misogynie dut-elle en souffrir, ce qui m'amene a mon point suivant (n'ayant pas grand chose a voir avec la science).
- Je tenais il y a peu encore le discours suivant (probablement misogyne lui aussi): passé 40-45 ans, une femme cesse d'etre désirable sexuellement parlant pour un homme jeune. Elle peut rester belle, mais un homme de moins de 30 ans quelconque ne ressent plus en la regardant l'instinct animal de possession virile qu'il éprouve pour une femme jeune (et jolie aussi, c'est quand meme un facteur important dans la démonstration). Au contraire, l'homme atteint une maturité, une plénitude, plus tardive qui peuvent éventuellement le rendre sexuellement irrésistible jusqu'a un age avancé (certes il faut que le matériau de départ soit pas mal, mais dans certains cas, typiquement Georges Clooney, le vieillissement a plutot tendance a améliorer la chose, pour ceux qui se souviennent de la gueule qu'il avait dans les années 80: l'amélioration de la beauté apres 40 ans chez une femme, c'est du jamais vu. A la limite ça peut rester a peu pres constant si le chirurgien est excellent comme avec Sharon Stone, mais c'est tout ce que l'on peut faire). Un nombre non négligeable de femmes jeunes se damneraient pour fourrer le susmentionné Georges Clooney (47 ans), Brad Pitt (45 ans), Johnny Depp (45 itou) voire Sean Connery (78 ans, bon la il croule un peu mais il y a moins de 10 ans, Zeta Jones, qui est certes un peu gérontophile sur les bords, avait admis publiquement qu'elle en aurait bien fait son quatre heures si elle n'avait été mariée).
Bon, bref, je ne me dédouane pas, mais je suppose que je vieillis un peu -effectivement les 30 ans ne sont plus si loin- puisque je commence a me dire que certains femmes "mures" sont attirantes (la chairman de la conférence par exemple). Certes, je préfere toujours regarder les jambettes des thésardes (une petite tcheque et une asiatique étaient plutot a mon gout), et j'imagine que ces dames devaient etre bien plus désirables dans leur prime jeunesse. Mais quoi qu'il en soit, je serais probablement plus pondéré dans mon argumentaire, a l'avenir.
Message personnel: si mon aimée lit ceci, pardon ma poupougne. Tu sais que ceci n'est qu'une vue de l'esprit (et un peu des yeux quand meme, ok) relevant de la pure recherche scientifique, et que tu restes la plus belle et l'Unique.
- Revenons a la conférence: avec la maitre de conf' de mon ancien labo, nous nous sommes interrogés a de nombreuses reprises. Sommes nous vraiment scientifiques? Pourquoi cette interrogation? Eh bien lorsque la session est terminée (ou plus généralement lorsque la journée de boulot est finie), j'aime bien penser a autre chose. J'aime bien parler de sport, de cinéma, de littérature, de musique, et meme, oui meme, je prefere usuellement parler de politique plutot que de boulot. Bon, je ne dis pas que ça ne m'arrive jamais apres une journée difficile ou si un probleme me perturbe, mais ça reste exceptionnel. Nous avons constaté ici que la plupart n'arretent jamais. Au déjeuner, au diner, et meme le soir au bar apres avoir pourtant bouffé de la science pendant 10 heures.
Et puis il y a parler boulot et parler boulot: attention, la ils ne parlent pas de leurs collegues, de leur vie de bureau ou de ce genre de considérations générales. Non, ils parlent bel et bien de polymeres, de physique fondamentale, de forces de Van der Waals et de couches adsorbées. Ca m'épuise rien que de les écouter.
- Je vous disais plus haut que la plupart des conférenciers jouaient le jeu et discutaient volontiers avec les jeunes. Il y a tout de meme eu quelques exceptions a la regle. Deux trois théoriciens issus d'Harvard notamment. Ils ne semblaient pourtant pas nécessairement totalement dénués d'humour. Bon, un humour de physicien, certes, mais tout de meme (pour la définition de l"'humour de physicien",voir PPS). Cependant, ils ont séché la plupart des sessions posters, ont passé quasi tout leur temps entre eux. Plus grave a mon sens, leur fatuité consistant a mépriser ouvertement les speakers plus jeunes et pas issus du sérail Harvard, MIT ou a la rigueur Stanford: je pense particulierement a ce jeune prof grec qui apres son speech, s'est fait déboiter en bonne et due forme. Le premier théoricien a émis un commentaire sous-entendant que le grec ne comprenait rien a rien, le deuxieme théoricien a posé une question sans regarder le conférencier un seul instant, puis n'a absolument pas écouté la réponse, occupé qu'il était a discuter avec le troisieme théoricien, qui a lui pris la parole pour expliquer que la façon dont le grec avait exprimé ses données était tout a fait dénuée de pertinence.
La science est un monde d'ego, surtout chez les théoriciens (d'autant plus qu'ils ont des approches différentes), mais parfois, c'est un brin too much a mon gout.
- A part ça, mon ancienne directrice de stage a l'époque du défunt DEA, présente a Newport, semble intéressée par mon éventuelle candidature a un tout aussi éventuel poste de maitre de conférences dans son laboratoire a Orsay. Tout cela reste tres aléatoire, mais c'est toujours agréable de se sentir désiré, fut-ce uniquement professionnellement parlant.

Si vous souhaitez apprécier un peu mieux l'ambiance des congres d'universitaires, commencez illico la lecture de "Un tout petit monde" de David Lodge. Ca se passe il me semble dans les années 80 et dans le milieu des lettres, mais on sent que c'est du vécu et je peux vous assurer que les choses ont peu changé depuis.
Quant a moi, un petit coup de "Pnin" et au dodo...


PS:
En tout cas, Newport est vraiment chouette, un croisement entre la Bretagne pour les paysages, et le Cap d'Antibes pour la grande quantité de pognon qu'on sent chez les locaux (sans pour autant l'aspect trou de balle vulgaire de Saint-Trop'). J'avais une fois de plus été médisant en craignant le coté kitsch de l'architecture, qui a apparemment été réservé a l'intérieur des maisons.
PPS:
Un fermier trouve que ses poules ne pondent pas assez. Il demande donc a un physicien de travailler au probleme. Le physicien s'enferme pendant deux semaines avec un crayon et un cahier. Il finit par ressortir et déclare au fermier. "Ca y est j'ai une solution a votre probleme. Mais elle n'est valable que pour des poules sphériques dans le vide".
Si cette blagounette ne vous fait pas rire, ou si vous ne la comprenez pas, vous n'etes probablement pas sensible a l'"humour de physicien" que j'évoque plus haut.
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Published by mixlamalice - dans La recherche
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