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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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16 juin 2008 1 16 /06 /juin /2008 22:09

Pour ceux qui vraiment débarqueraient de Mars, les smileys, ce sont ces petits dessins stylisés qui, pour les plus simples, représentent une figure souriante :-) ou clignant des yeux ;-) ou pas contente :-(.

La plupart du temps, ils sont employés pour ponctuer une boutade, ou pour bien signifier "attention je déconne la, c'est du second degré".
Il y en a de plus complexes, sur MSN notamment, mais le principe est le meme (encore que le mouton d'hotmail je n'ai jamais compris a quoi il servait...)

Ils foisonnent sur les blogs.

A mon sens, c'est un peu l'équivalent du roulement de tambour que les mauvais comiques de music-hall utilisent pour bien montrer a leur public desespéré que oui, la, faut rire. Ou au moins sourire.
L'autre utilisation potentielle n'est pas meilleure: se sentir obligé de montrer qu'on fait du second degré, c'est soit mépriser son lecteur en le considérant incapable de bitter toute tentative d'humour, soit prouver qu'on est soit-meme usuellement tellement premier degré qu'on vient de s'impressionner au point de devoir le souligner.

Les smileys sont surabondamment utilisés par ces blogueurs qui tiennent a préciser sur leurs profils qu'ils n'aiment ni la guerre, ni la méchanceté ni l'hypocrisie.

Bref, ça et les lol (ou autres xplsdr, ptdr), sans parler de l'écriture SMS, sont les fossoyeurs de l'immense majorité de la littérature bloguesque. En attendant peut-etre l'extension a toute la littérature. Remarque, ça sera peut-etre pas pire que du Christine Angot. ;-)

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13 juin 2008 5 13 /06 /juin /2008 22:43

Je viens de voir la branlée que l'équipe de France vient de se prendre a l'Euro contre la Hollande. Oui, c'est cool, c'est diffusé sur ESPN2 a la cafete de la fac donc je peux m'éclipser subrepticement pour "déjeuner" (le premier match est a 12h) ou pour '"m'acheter un coca" (le deuxieme match est a 15h).

Je ne vais pas crier haro sur le baudet Domenech, encore que certains de ses choix me paraissent discutables, notamment:
- continuer a titulariser Sagnol, qui, certes a fait une passe décisive, mais a a part cela distribué 42 centres directement dans la tribune en deux matchs. Et qui défensivement a été tres a la peine (coups francs dangereux concédés, mise dans le vent par les attaquants oranges etc)
- continuer a faire rentrer Gomis (sans parler de l'avoir sélectionné: apres Chibombda, c'est la nouvelle blagounette de Raymond), qui en 45 minutes a touché 14 ballons et en a perdu 13 sur le controle (le 14eme étant une passe en retrait pour Toulalan, arreté dans le rond central).


Ce qui m'interpelle surtout, c'est notre incapacité offensive. Elle vient pour moi, d'une raison assez simple, bien que les causes soient difficiles a déchiffrer.
En effet, ce n'est pas facile de marquer, quand, quel que soit le joueur ayant le ballon dans la zone en bleue dans le dessin ci-dessous, il se passe ceci:
-90% du temps, meme lancé, donc en bonne position potentielle de frappe, le joueur freine, hésite, s'arrete, puis fait une passe foireuse a un coéquipier arreté qui ne sait pas quoi faire du ballon.
-  8% du temps, meme lancé, le joueur freine, hésite, s'arrete, décide quand meme de frapper sans élan mais se fait contrer par un défenseur qui a eu le temps de fumer une clope avant de venir essayer de contrer le ballon.
- 1% du temps, frappe dans les nuages.
- 1% du temps, fait une frappe écrasée minable au milieu de la cage que le gardien stoppe avec la narine gauche.



Cette incapacité a prendre sa chance, non seulement de loin, mais aussi au dela des six metres, n'est pas nouvelle et me frappe constamment, surtout depuis l'introduction des nouveaux ballons (il y a quand meme plusieurs années) dont les trajectoires foireuses ont amené toutes les équipes, sauf la notre, a envoyer des pruneaux de toutes les positions (regardez les buts hollandais, allemands, anglais - ah non pas cette fois-...).
 
Résultat, dans ce match, pour les hollandais: 3 buts (le 4eme est une tete). Sans se poser de question, prises d'initiative dont la probabilité de réussite étaient faibles mais qui ont payé (une frappe excentrée, une reprise de volée au point de pénalty, une frappe des trente metres).
Pour qu'un français marque, il faut qu'il soit dans les six metres ou a peine derriere (zone en rouge), et que si possible il n'y ait pas de défenseur a moins de trois metres, et que le gardien soit en train de se faire soigner.
Et pourtant, il y avait moyen tant la défense hollandaise a été poreuse.

Enfin, heureusement qu'hier, pour remonter un peu le moral, il y a eu en finale NBA le plus gros retournement de l'histoire, avec les Boston Celtics revenant de l'enfer et de 20 points de déficit a 15 minutes de la fin pour l'emporter avec une défense de fer et de grosses burnes. En parlant de burnes, j'étais pret a parier, a la mi-temps (-24 points), que je m'en couperais une s'ils gagnaient ce match. Heureusement que j'ai regardé le match tout seul donc.

*Oui, j'avais du temps a perdre pour me faire chier a faire ce dessin sous powerpoint...

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12 juin 2008 4 12 /06 /juin /2008 15:32

Ce n'est pas le titre d'une nouvelle fable de ce vieux salopard de La Fontaine.
C'est juste que, depuis le début de la semaine, je me réveille ensuqué, fatigué. Et puis, ça ne passe pas pendant la journée. J'ai l'impression que mon cerveau est continuellement enrobé dans de la ouate. Quand je rentre chez moi en fin d'apres-midi, je m'affale dans mon rocking chair et je regarde sans écouter, un filet de bave a la commissure des levres, Fox TV. Et j'ai beau me coucher tot, faire des grasses mat' le week-end, ça ne passe pas.
Généralement, c'est signe qu'il faut que je prenne des vacances. Ce ne serait pas étonnant, car depuis un an et demi, j'ai du prendre moins de dix jours de vraies vacances (meme le dernier Noël-Jour de l'An, consacré aux fuckin' formalités administratives en vue du départ de ce coté-ci de l'Atlantique, n'a pas été du bon vrai repos les couilles dans la vaseline a ne strictement rien bouener. Allez, ç'avait été quand meme bénéfique apres les 4 derniers mois assez intenses dus a la soutenance de these).

Je me souviens, j'étais souvent dans cet état la pendant mes années prépa.

D'ailleurs, il y a un article sur la prépa dans le Monde en ce moment. Une psychiatre nous informe que dans son centre crée pour aider les lycéens et étudiants en grand désarroi psychologique, 50% de ses patients viennent des meilleures prépas parisiennes (Henri 4, Louis le Grand...). Le tableau dressé est celui d'un univers quasi-carcéral (avec les profs-matons sadiques, les éleves qui n'ont plus de vie a part la pougne - "une vie entre parentheses" dit-elle, la branlette comme seule activité sexuelle et sportive, mais quand meme la franche camaraderie basée sur le "on est tous dans la meme galere").
Un article qui donne du grain a moudre au moulin de ceux qui aiment dénigrer cette noble institution.
Il faut dire que, dans un pays ou tout ce qui est "inégalitaire" est considéré comme discriminatoire, que penser de ces formations de haut niveau qui, bien qu'inconnues a l'étranger (un peu comme les anglais, on aime bien aussi avoir des trucs que y a que nous qu'on les a), amenent des étudiants dans des écoles d'ingénieurs ou de commerce, dont les meilleures sont, elles, mondialement réputées, en tout cas dans les milieux ou ça a de l'importance (et si les écoles elles-memes ne sont pas connues, il me semble que les ingénieurs français ont peu de difficultés a s'expatrier, preuve que la formation, elle, est appréciée).
Oh, certes, tout n'est pas rose dans le royaume de la prépa: c'est vrai, c'est un domaine ou l'héritage a son importance (une majorité non négligeable d'éleves a papa-maman-grandpapa et les frangins qui ont aussi fait prépa). Du coup, pour l'ascenceur social, c'est pas nécessairement trop ça. Mais bon, on ne vous demande pas votre pedigree non plus (j'aurais été mal barré avec un seul parent bachelier), le plus important c'est vous et ce que vous avez dans le ventre. Ce n'est pas illogique d'avoir plus de chances d'etre un poil matheux si toute votre famille l'est que si elle travaille dans la restauration par exemple. On retrouve ce problemes dans pas mal de corps de métiers (médecins, notaires...), difficile de faire la part des choses entre le "piston" et la "génétique".

Mais bon, je voudrais rétablir quelques vérités suite a cet article.

D'une part, les usines a X du centre parisien mentionnés dans l'article sont, d'apres tout ce qu'on m'en a dit et comparativement a ce que j'ai vécu dans une des meilleures prépas de province, un monde a part. Des classes dites **, c'est a dire ou sur 30 éleves, 30 éleves visent Polytechnique ou Normale Sup rue d'Ulm. Les deux blaireaux qui n'ont QUE Centrale Paris ou les Mines sont considérés comme des gros losers. Pression maximale, niveau tres homogene, ça a pas l'air d'etre fun tous les jours (il y a malgré tout, meme dans ces prépas, de loin les meilleures de France, des classes moins fortes ou ça doit etre plus sympa).
Dans la plupart des autres prépas, il n'y a qu'une classe ou deux, donc le niveau est plus hétérogene. Dans ma classe, entre les plus mauvais qui visaient des ENSI moyennes et les meilleurs qui visaient l'X, il y avait un monde d'écart. Du coup, il y a moins d'esprit de compétition, chacun fait son truc sans se préoccuper de savoir s'il intégrera mieux que bidule. Et ça oblige les profs a etre un peu plus attentionnés.

D'autre part, c'est vrai qu'on en chie en prépa. Ca reste de loin les trois années les plus éprouvantes de ma vie (c'est sans doute la preuve que j'ai pas eu une vie bien difficile). Ceux qui disent que ce sont les deux ou trois meilleures années de leur vie (voir quelques commentaires dans l'article du Monde), je les plains un peu quand meme. Certes il y a de bons moments, on se fait des potes qui restent, mais tout de meme, il y a moyen de s'éclater plus apres. Personnellement, les deux premieres années d'école d'ingé étaient bien dans le genre on ne fait rien, on ne pense pas a l'avenir et on profite (sexe, non pas sexe, mais drogue, alcool, rock'n'roll). J'ai préféré pour ma part les un an et demi du milieu de these, plus équilibrés: boulot stimulant, pas trop de pression, relation amoureuse idyllique, et toujours le temps de voir les potes pour refaire le monde et s'en mettre une bonne derriere le cornet. Ca c'était de la balle, dommage que ça n'ait pas duré 20 ans.
Enfin bon, revenons a la prépa, certes on en chie, mais on n'est pas non plus obligé pour intégrer une bonne école de lacher le sport, la musique, les sorties et tout ce qui distrait du boulot. J'ai envie de dire au contraire.
Si certains ont besoin de laisser tomber toute activité externe pour parvenir a s'accrocher, c'est peut-etre, tout simplement, qu'ils ne sont pas fait pour ça. Généralement, ceux qui sont déja a bloc le nez dans le guidon au lycée, quel que soit leur niveau, auront de grosses difficultés en prépa.
Quant aux dépressifs dont parle l'article, eux non plus ne sont pas fait pour ça (la prépa c'est dur, mais s'il faut suivre une thérapie pour en sortir, le jeu n'en vaut pas la chandelle). Ou alors, qu'ils ont déja des problemes, car apres tout a 18-20 ans, on est souvent dans le doute, pré ou pa.
Un probleme toutefois: je reconnais que la prépa a tendance a retarder un peu la maturité. Comme on bosse beaucoup a un age ou on a pas vraiment envie (sauf cas bien particulier de futur Jean-Marie Messier), les détentes consistent a se murger, puis, en école, la vie consiste a se murger (et aux exams a éviter d'etre dans les 5% du bas du classement qui auront des problemes pour passer), au moins les premiers temps. Bref, on commence généralement a se poser des questions sur son avenir en troisieme année d'école, i.e. aux alentours de 23 ans. J'imagine qu'a la fac, il faut se prendre en main un peu plus tot et faire preuve d'une volonté et d'une pugnacité plus forte.

Il y a aussi les blaireaux qui parlent de formatage de la pensée, parce qu'ils ont entendu qu'il y avait en prépa quelques coutumes débiles institutionnelles et vaguement pompées sur les coutumes débiles institutionnelles de fac de médecine... Bof, c'est comme partout, il y a quelques bas du front, mais la majorité des prépas sont des gens plutot réfléchis qui savent prendre du recul. Pas forcément beaucoup pendant leurs deux ou trois années de prépa, mais plus tard, si. Je n'ai pas l'impression qu'il y ait un réel moule prépa-école. Bien sur, il y a des comportements inhérents au groupe social fréquenté qui se créent, mais pas plus qu'ailleurs: effectivement les gens que je fréquente n'ont généralement que peu de points communs avec un étudiant d'Assas. Mais il y a également beaucoup de personnalités différentes et potentiellement incompatibles: je me serais probablement mieux avec bien des étudiants de Jussieu ou d'ailleurs qu'avec certains tetes de bite, rares mais puissantes (oui, Thierry, je pense a toi), rencontrées en prépa-école.

Pour conclure, on n'apprend pas grand chose en prépa scientifiquement parlant, ou plutot ce qu'on apprend on l'oublie tres vite (hormis les bases qui servent dans l'école intégrée). Il serait d'aolleurs amusant de faire revenir aux concours un éleve d'école d'ingé un an apres son intégration. A part les quelques tres doués, je suis sur que les résultats seraient comiques (j'ai d'ailleurs fait plusieurs fois ce cauchemar).
Cependant, la formation est ailleurs:
- On apprend a bosser sous pression. En prépa, on a toujours énormément de boulot, entre les DM (devoirs maisons), les kholles, les DS (devoirs sur table), les TPs a rédiger, le TIPE (travail d'intéret personnel encadré, si si ça veut dire quelque chose) a préparer... Du coup, il faut etre:
- organisé. Savoir déterminé ce qui est important et ne l'est pas.
- efficace. Savoir faire en deux heures ce qu'on faisait auparavant en quatre.
Et c'est mine de rien un apprentissage essentiel, totalement empirique et pas du tout théorisé (chacun développe sa propre méthode, j'imagine), pour beaucoup de situations futures. En ce qui me concerne, ça m'a énormément servi en fin de these.
C'est la, ou, je pense, les éleves ingénieurs sont globalement meilleurs que ceux de la fac, et pas tellement en terme de compétences scientifiques: je respecte énormément les universitaires, car, a leur place, quasi sans encadrement, je n'aurais probablement pas été flamboyant (un peu feignasse, j'ai toujours eu besoin qu'on me pousse au train, sinon je me contentais d'etre dans le premier quart sans trop me fouler, chose sans doute insuffisante en fac). 
Toutefois, la plupart de ceux que j'ai cotoyés bossaient vraiment tres mal: aux exams de DEA, leur méthodologie m'a plus d'une fois laissé pantois, et je me suis retrouvé avec de bien meilleures notes qu'eux en y passant probablement quatre fois moins de temps. 

Bref, malgré tous ses défauts, la prépa, c'est pas si pire, ne croyez pas les psychodemesdeux et autres universitaires maoïstes frustrés qui voudraient les supprimer ainsi que les grandes écoles (ils ont du boulot vu la puissance de ces institutions) pour que tout le monde y soit égaux dans la médiocrité anonyme de la Fac. Et la on verrait vraiment ceux qui ont des couilles pour arriver a quelque chose.

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9 juin 2008 1 09 /06 /juin /2008 23:27
Comme je l'ai mentionné subrepticement ici, je m'essaye pour la premiere fois a la lecture en anglais dans le texte. En effet, il se trouve que j'ai fini les 7-8 bouquins en français que j'avais ramenés, et que la seule librairie bostonienne vendant des livres dans la langue de Moliere ne propose que des auteurs francophones (vous me direz que c'est logique. Certes, mais, ça aussi je l'ai dit ailleurs, je n'aime pas trop les écrivains contemporains français, et je ne suis actuellement pas d'humeur a lire des classiques). Alors, tant qu'a faire, pourquoi ne pas?

A vrai dire, je n'étais pas sur d'en etre capable, et finalement ça s'est pas trop mal passé.

Toutefois, l'un dans l'autre, ça m'a conforté dans mon jugement a priori, que je vais vous exposer illico.
Cet avis, j'avais pu le murir au cours d'une discussion quelque peu enflammée avec l'une des personnes les plus stimulantes intellectuellement que j'ai pu rencontrer. Sans rentrer dans des détails intimes, nous nous sommes légitimement mais malheureusement un peu perdus de vue, et je dois avouer que parfois je le déplore. Bon, treve de guimauve, je ne pense pas qu'elle lise ces lignes, mais si c'est le cas, je pense qu'elle se reconnaitra et donc salut a toi. Ah, pour finir, comme j'avais (ai) plus tendance qu'elle a désirer avoir le dernier mot, j'avais (ai) tendance a devenir, au fur et a mesure de l'argumentation, de mauvaise foi (plutot consciemment, pour ma défense). Bref, je vais essayer d'etre plus pondéré (vu qu'ici je n'aurais pas a potentiellement avoir a admettre que quelqu'un d'autre puisse etre dans le vrai).

Je crois que nous parlions de Lolita de Nabokov.
Pour ceux qui l'ignorent, Nabokov, émigré russe, d'abord en France puis aux Etats-Unis, a, vers l'age de 40 ans alors qu'il était un écrivain en langue russe reconnu, choisi de composer la suite de son oeuvre littéraire en anglais. Lolita est son troisieme ou quatrieme roman dans cette langue, et, selon beaucoup, l'un de ses chef-d'oeuvre d'un point de vue stylistique (en plus du reste).

La personne en question avait lu l'opus dans la langue de Shakespeare (ou de Nabokov en l'occurence). Connaissant mes opinions sur le bouquin (que j'avais lu, en traduction, quelques années auparavant), elle a tenu a m'informer qu'il l'avait également profondément marquée, et, notamment, par sa forme (autant sinon plus que par son fond). Elle m'a ensuite tenu a peu pres ce langage: "pour moi ce livre est intraduisible". 

Je passerai outre la legere humiliation que j'ai ressentie (oui, elle savait que je l'avais lu en français. Oui, je pense que sa remarque était sincere et sans réelle volonté de me faire passer pour un noeud. N'empeche, ça peut expliquer une partie de la mauvaise foi qui a suivi). 

Ce n'est pas non plus le coté "intello" ("bobo", "parisien", "inrock", "snobinard", "teleramesque", choisissez votre insulte favorite d'aculturé qui s'assume) qui me rebute dans la tirade entre guillemets avec des pincettes, encore que: je me doute bien que dans le tas de crétins qui s'extasient devant l'art contemporain, le dogme et Lars Von Trier ou encore le rock lo-fi, il y en a des honnetes qui aiment vraiment ça. Apres tout, tous les gouts sont dans la nature, pour faire dans le plus abject des lieux communs. 
Mais, parfois j'ai beau essayer tres fort, ben j'y crois pas: quand je vois, par exemple, cette sombre merde qu'est "Rois et Reines", mal joué, nombriliste, totalement vain et sans intéret encensé, analysé, décortiqué par tous les critiques la bouche en cul de poule, je me doute. Je persiste a croire qu'il y en a un bon paquet qui se sont autant fait chier que moi, qui n'ont rien compris non plus parce qu'il n'y a rien a comprendre, mais qui creveraient plutot que d'admettre qu'ils auraient préféré aller voir Scary Movie 3 (c'est dire), plutot que d'admettre qu'ils se sentent obligés de dénigrer tout ce qui est "populaire" et d'encenser tout ce qui plait a moins de 6 blaireaux, simplement pour cette raison.
Ainsi, ce qui n'est probablement qu'une fiente (le peuple a mauvais gout, certes, et il peut se tromper, recertes, mais pas toujours) est élevé au rang de chef d'oeuvre conceptuel pour initiés du bulbe*.
Je prends ici l'exemple du cinéma, car par association d'idées, je me rappelle nos débats houleux également sur le principe voisin de la V.O.S.T. pour les films. La, pour le coup, je dois reconnaitre que j'abusais en défendant le point de vue opposé au sien -i.e. la V.O.S.T. c'est quand meme mieux-, car effectivement c'est quand meme mieux, a de rares exceptions pres (les animés par exemple, avouez qu'on s'en fout meme si le progres fait qu'ils en sont presque a restituer le mouvement des levres... autre exemple, certaines "voix" françaises collent si bien au personnage et ont tellement marqué qu'elles sont presque mieux que la vraie, comme pour Bruce Willis ou Eddie Murphy).
J'admets meme que je me fourvoyais en prenant comme exemple les comédies: je disais que de toute façon les blagues intraduisibles on ne les comprenait pas en V.O., donc on ne perdait pas grand chose a voir la V.F.. Bof, peut-etre, mais de toute façon, pour ces films, généralement, le budget doublage doit etre de 23 euros et on se retrouve avec des voix nazes, mal calés et des dialogues traduits en version pas drole.

Oups. Je m'égare quelque peu, comme a l'accoutumée.

"Pour moi, ce livre est intraduisible". Tout simplement, je considere que cette affirmation péremptoire est globalement non fondée. 
En effet, a part quelques personnes totalement bilingues, meme les gens maitrisant bien la langue (i.e. ceux qui, comme moi, peuvent soutenir correctement une conversation quel que soit son sujet, comprendre dans sa globalité un film sans les sous-titres - on y revient- etc) sont, forcément, moins a l'aise que dans leur langue natale et ont donc des lacunes, de vocabulaire notamment. En gros, il y a souvent des subtilités qui leur échappent, que ce soit a l'ecrit ou a l'oral. 
En ce qui concerne l'écrit, il existe toujours la possibilité de lire avec un dictionnaire sous la main, mais a mon sens, s'il y a bien quelque chose qui annihile le processus d'implication dans l'oeuvre lue, c'est bien de passer deux minutes toutes les deux pages a chercher trois mots dans le dico: je le réserve aux cas de nécessité majeure, par exemple si c'est un passage clé du bouquin que je ne saisis pas. Si c'est moins important, je laisse pisser et tente de deviner le sens de ce qui m'a échappé.

Du coup, il y a deux sortes de bouquin. Ceux ou l'anglophone basique comprend 99% ou plus de ce qui est écrit. Pour ces livres la, on peut se dire que, probablement, un bon traducteur saurait rendre l'essence meme du livre (a part peut-etre trois jeux de mots, deux alitérations ou oxymores et une référence culturelle que de toute façon 99% des lecteurs ne remarquent pas meme dans la version originale). Donc, pour ces livres la, on ne perdra sans doute pas beaucoup a la traduction. Un exemple dans mes lectures récentes: Haroun and the sea of stories de Salman Rushdie (je suppute, car je ne me suis pas encore amusé a le relire en français pour vérifier). Comme c'est un conte pour enfants, la forme est assez simple. Il y a quelques seconds sens, j'en ai compris quelques uns et ai du en rater beaucoup d'autres, mais, l'un dans l'autre, j'ai tout saisi.  

Et puis il y a les bouquins plus complexes, ou l'anglophone lambda pige l'histoire dans sa globalité et la majeure partie de ce qui se passe, mais ou certains dialogues ou disgressions - pour le fond-, certaines constructions de phrases - pour la forme- lui échappent. Dans ces cas la, une traduction - bonne (j'insiste et j'y reviendrai) - meme, nécessairement, imparfaite, sera donc plutot bénéfique. Je termine en ce moment le dernier Martin Amis (The House of Meetings): aucune incompréhension majeure, mais certains apartés historiques (le livre traite des camps d'internement en URSS) ou métaphysiques ont pu m'échapper, ainsi que certains procédés stylistiques. Cela dit, je pense que l'originalité du style d'Amis vient plus de la construction de ses bouquins que de la langue qu'il emploie, qui n'a me semble-t-il, rien de spécialement intraduisible. Je suis heureux d'avoir tenté l'expérience et apres un démarrage délicat, je suis parvenu a rentrer dans l'histoire. Toutefois, je n'aurais pas été contre le lire en français pour mieux apprécier, et il me semble que j'ai atteint ma limite linguistique, ou pas loin.

Je ne parle pas de la troisieme sorte de bouquins, celle ou le langage, le style, la forme sont si soutenus que seul le pur bilingue bittera quoi que ce soit (je n'ai pas essayé mais Ulysse de Joyce doit etre un bon exemple). 
 
Ainsi, il me semble qu'il y a généralement plus a gagner qu'a perdre en lisant la version française. Et normalement, apres cette démonstration sans faille, vous devez adhérer, tout ébaudis, a mon point de vue.

Pour conclure, je reviens au concept de "bonne" traduction. Difficile de juger de la qualité d'une traduction sans avoir lu la version originale. Cependant, quelques indices qui me semblent prouver la bonne tenue d'une version francaise:
généralement, les auteurs reconnus ont un traducteur attitré. Cela permet une certaine symbiose entre un auteur et un traducteur, une connaissance de la personnalité de l'auteur et de son style littéraire. Dans les contemporains, je peux citer Lodge (qui évoque d'ailleurs le probleme dans l'un de ses ouvrages de théorie littéraire). Certains auteurs multilingues surpervisent meme leurs traductions (Nabokov, encore et toujours). Certains traducteurs sont aussi des écrivains marqués par une oeuvre au point qu'ils veulent ne laisser a personne d'autre le soin de la retranscrire (Chateaubriand a passé plusieurs années sur le Paradis Perdu de Milton, au point que la version française est sans doute un peu son oeuvre aussi, Baudelaire a traduit Edgar Allan Poe).
D'autre part, quand on lit une version française superbement écrite, on peut penser que le traducteur a bien fait son boulot et a su retranscrire une oeuvre de qualité (et s'il a vraiment fait de l'excellent boulot en transformant de la merde en bronze - attention jeu de mot intraduisible- eh bien, on ne va pas se plaindre). Je citerais par exemple les Enfants de Minuit du meme Salman Rushdie. Ce livre était étourdissant, non seulement par son histoire, mais également par son style. Sachant que Rushdie est réputé pour son talent d'écrivain, je dis chapeau au traducteur. Je ressens la meme chose lorsque je lis la plupart des textes de Haruki Murakami: le coté onirique ressort magnifiquement, je suis persuadé que le traducteur n'y est pas pour rien.
Attention, ce n'est pas réciproque: un livre traduit pourri est peut-etre bien en V.O.. Je pense a ce livre de Donald Westlake recommandé par cette - encore- meme personne: la traduction était visiblement minable - fautes d'orthographe, de syntaxe... comme je l'ai souvent remarqué pour les polars et la SF (l'équivalent des comédies au cinéma...). Puis-je vraiment conclure que Westlake est un écrivain merdique? Ce n'est vraisemblablement pas le cas).

Mais baste, treve de bavardages: l'important reste de lire, en anglais, en français ou meme en mandarin si ça vous botte. D'ailleurs, moi, j'y vais.

* Desproges analyse bien mieux que moi ce phénomene dans sa chronique de la Haine ordinaire intitulée la démocratie, extrait: "... les intellectuels démocrates les plus sincères n'ont souvent plus d'autre but, quand ils font partie de la majorité élue, que d'essayer d'appartenir à une minorité. Dans les milieux dits artistiques, où le souci que j'ai de refaire mes toitures me pousse encore trop souvent à sucer des joues dans des cocktails suintants de faux amour, on rencontre des brassées de démocrates militants qui préféreraient crever plutôt que d'être plus de douze à avoir compris le dernier Godard. Et qui méprisent suprêmement le troupeau de leurs électeurs qui se pressent aux belmonderies boulevardières."
Ah tiens, pour le "crever plutot que", c'est un hasard. Sisi, je vous assure.

** L'accouchement a été laborieux...
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6 juin 2008 5 06 /06 /juin /2008 21:04
Personne n'en a parlé, de cette économie judicieuse réalisée par le gouvernement en 2008:

Depuis quelques années avaient été lancées les "bourses initiatives post-doc", devant favoriser le retour au pays de jeunes post-doctorants, afin de limiter un peu la "fuite des cerveaux" tant décriée.
Ces bourses permettaient de financer a hauteur de quelques milliers d'euros des aller-retours ponctuels en France de jeunes chercheurs a l'étranger pour donner des séminaires, visiter des laboratoires, éventuellement permettre de commencer l'écriture d'un projet, bref de lier des contacts en vue des auditions aux concours CNRS et MdC.
Certes, les foireux tenants de l'égalitarisme a tout crin, prompts a pourfendre tous ceux qui ont l'indécence de se bouger le fion pour trouver un job et tout ce qui est fait pour le leur permettre (sous le prétexte fallacieux qu'on pourrait faire mieux), n'appréciaient pas. Ce sont les memes qui voudraient supprimer les classes prépas, les grandes écoles etc: a la place, soyons tous unis dans la médiocrité, ça sera mieux.

Enfin, voila, ça devait faire un budget de quelques centaines de milliers d'euros, tres probablement moins de 5 millions d'euros quoi qu'il en soit.
Eh ben paf, personne n'a été informé, mais dans le cul, quéquette, j'ai eu confirmation par l'ambassade que pour cette année, on pouvait se brosser.
Il n'y a pas de petites économies, comme disait mamie tromblon. Et puis, la "fuite des cerveaux", c'est pas ce qui inquiete le plus le gouvernement. Il faut dire que Johnny est sur le point de revenir, lui, donc tout va pour le mieux.

Et dans deux-trois ans, on nous ressortira des vieux dossiers ou on s'étonnera que la recherche française n'est pas assez compétitive et que les jeunes partent dans le privé ou a l'étranger.
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4 juin 2008 3 04 /06 /juin /2008 22:17

Franchement, les artistes engagés m'insupportent.
Ceux qui généreusement acceptent de chanter deux heures gratuitement (nourris, logés, blanchis au Crillon) pour une cause quelconque, avant de nous imposer leur émotion mouillée, quand ils ne font pas la morale aux méchants qui ne donnent pas.
Qui en profitent pour se faire un coup de pub, toute honte bue. Et qui, pour ne pas payer d'impots, habitent en Suisse.

Les jeunes idéalistes qui arpentent les rues pour faire perdre son temps en vendant du Médecin du Monde au mec important (surtout quand il va acheter ses slips) que je suis ne valent pas mieux.

Mais tout de meme, au moins, la cause qu'ils défendent est d'importance, que ce soit la misere, le Sida, les mongolos, les lépreux, la famine ou les atrophiés de la bite.

Pendant ce temps, d'autres montent au front sur d'autre sujets et me laissent sans voix.
Ainsi, dans le Monde de ce jour:
Plaques d'immatriculation : "Jamais sans mon département" ne désarme pas

Si je comprends bien, une association s'est créée pour protester contre la suppression du numéro de département sur les nouvelles plaques d'immatriculation. Je n'ai meme pas écouté l'interview du blaireau de service: franchement, qu'est-ce-qu'on en a a foutre? Et eux, est-ce qu'ils n'ont rien de mieux, a foutre aussi? Il n'y a rien de plus grave qui se passe, meme pas sur Terre, meme pas en Europe, meme pas en France, rien que dans ton quartier ou dans ta famille?

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3 juin 2008 2 03 /06 /juin /2008 00:20
Je parlais dans un vieil article du retour du rock comme musique a la mode chez les djeun's, et conséquemment de sa récupération par des charognards aussi authentiques que les restos japonais de la rue Monsieur le Prince.

Le phénomene a perduré (Tokyo Hotel étant le dernier avatar du boys band version "groupe de rock" pour pucelles bubonneuses dont la rebellion adolescente n'impressionne meme pas leurs parents).

A l'époque, je ne savais pas afficher une vidéo. Donc voici l'erreur réparée, deux ans plus tard, afin d'illustrer au mieux mon propos.



Ou, comme je l'avais lu quelque part, "la chanteuse la moins rock'n'roll du monde reprenant le plus grand groupe de rock du monde".

 

P.S.: elle est quand meme drole, la Céline, et pas besoin d'un imitateur beauf pour ça. Son interview a propos de Katrina, ça envoie de la rillette, par exemple (restez au moins jusqu'au kayak).

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Published by mixlamalice - dans Musique
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2 juin 2008 1 02 /06 /juin /2008 22:29
Ou on ferait mieux de rester couché, ouais. Pour une fois qu'une expression populaire détient un fond de vérité.

Tout a commencé tot ce matin:
A sept heures, alors que je vais prendre le métro, premiere étape de mon long périple pour rentrer chez moi après un week-end bostonien, je m'arrete comme a l'accoutumée au Dunkin' Donuts (chaine dégueu de breakfast) sur mon chemin pour y prendre une cup de jus de chaussettes (black coffee) et un journal, histoire de garder les yeux ouverts pendant la demi-heure ronronnante de tchouk-tchouk a travers les bois de la banlieue bostonienne. Il y a toujours un peu de monde, mais la, paf, queue de dix personnes. Et une seule serveuse, contre deux habituellement. J'hesite a repartir illico, mais bon, j'ai vraiment besoin du choc psychologique du café (vu la couleur et l'arome de leur café "noir", le coup de fouet est plus psychosomatique qu'autre chose). Du coup, 15 minutes de perdues et un métro qui me passe sous le nez pile quand j'arrive a la station.
Jusque la rien de bien grave, le métro suivant arrive rapidement. En plus la ligne est réparée et je n'ai pas a me farcir de correspondance avec le bus (un accident la semaine derniere a fait un mort et quelques blessés et a causé la fermeture temporaire d'une partie de la ligne, partie comprenant la station ou je laisse ma bagnole. Le transit était effectué par des bus).
 
Je finis donc par retrouver ma berline surpuissante et ses 1.2 chevaux.
Deuxieme accroc: apres une grosse heure de route jusque la sans encombre, je me suis retrouvé bloqué a Belchertown, ville trépidante du Western Mass d'au moins 1000 habitants, pour cause de route principale en travaux (et aussi d'inefficacité totale des fonctionnaires de police chargés d'assurer la circulation). 
Bref, une bonne demi-heure pour passer ce "bouchon" de meme pas 1km, et une arrivée au labo sur les coups de 10h30.

Cela dit, je ne me doutais pas a ce moment la que je venais de vivre les prémices de ce qu'on appelle dans le milieu des losers une journée de merde. 

Typiquement, une journée de merde, c'est quand sur a peine plus de deux heures de manipe, vous foirez lamentablement 75% de vos essais (en faisant des erreurs expérimentales qu'en temps normal vous commettez une fois sur 100). C'est quand, enfin, les 25% d'essais que, par miracle, vous avez réussi a ne pas faire capoter contredisent les résultats de la semaine passée qui s'annonçaient prometteurs et qui finalement sont probablement des artefacts.
Une variante: quand vous faites de la chimie, la journée de merde c'est quand vous renversez par terre le produit que vous avez mis trois semaines a synthétiser et que vous pétez dans la foulée trois ustensiles de verrerie a 1000 euros piece en moins de deux heures de temps.

Généralement, quand ça se passe comme ça, au bout d'un moment je finis par me rappeler que parfois, il faut savoir perdre, et j'arrete tout simplement pour la journée.
Ce que j'ai fait aujourd'hui.

Tellement blasé que je ne me suis meme pas énervé quand l'ascenseur s'est refermé pile devant moi, alors que je retournais, vaincu, a mon bureau pour y glander en paix une heure avant de rentrer, histoire de resourcer un peu un moral en stéphane. 
Que va-t-il m'arriver ce soir?
La journée de merde est-elle elle meme annonciatrice d'une semaine de merde?

Quel suspens.
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Published by mixlamalice - dans La recherche
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2 juin 2008 1 02 /06 /juin /2008 16:43

Le concept de l'homme pressé a été assez bien décrit par Super Trempe, euh pardon, Noir Désir.

Ici, ou on est moins enclin a l'ironie, on appelle ça tout bonnement des workaholic, terme qui finalement décrit assez bien le coté pathologique de ceux qui, meme lorsqu'ils font caca, ne se séparent pas de leur blackberry, de ceux qui, meme lorsqu'ils fourrent, songent a la productibilité et a la rentibilité de la chose (quantité de sperme émise, plaisir ressenti, temps passé aux préliminaires, calories brulées, une bonne branlette finalement c'est plus efficace).

Cela dit, on a tous un petit coté homme pressé, je pense.

Prenons un exemple au hasard: moi.

Certes, je n'ai pas de blackberry. Depuis quatre mois je n'ai meme plus de portable (objet certes utile mais qui ne m'a jamais absorbé plus d'une heure de mon temps par mois). Quand j'en possédais un, je ne m'en servais pas au restaurant, je ne m'en servais pas dans les transports en commun, et je n'envoyais pas de SMS quand j'assistais a une conférence (ou quand je parlais au Pape). 
Je n'ai pas non plus d'attaché-case, et je ne comprends rien a La Tribune.

Bref, je  suis assez éloigné du stéréotype habituel.

Pourtant, il y a des choses qui me donnent vraiment l'impression de perdre mon temps, qui me font consulter ma montre toutes les trois minutes tel un businessman sur le point de rater son avion pour Tokyo, alors meme que je n'ai strictement rien d'autre a faire apres:

- conduire. Aller d'un point A a un point B. Ca me broute. C'est long, pénible, inintéressant et l'exemple parfait de l'anti-stimulant intellectuel. Globalement, etre dans les transports ça me crispe des que ca dépasse 1 heure ou deux, mais a la limite je préfere le train ou l'avion (ou etre conduit), au moins je peux lire ou écouter de la musique (ou discuter avec celui qui tient le volant, s'il faut vraiment se montrer bien élevé).
- les réunions. La réunionnite aigüe a l'air d'etre une maladie universelle. Elle est sans doute apparue pour que l'homme puisse un peu oublier son inutilité flagrante et se laisse aller quelques heures a la vanité d'etre indispensable. Pour moi, cependant, c'est le symbole absolu du vide intersidéral, de la perte de temps dans sa quintessence. Non, j'exagere: souvent, il y a un quart d'heure de productif sur deux heures de réunion. Ce que je me demande, c'est si les autres ressentent aussi que les 1h45 restantes sont inefficaces au possible (entre ceux qui s'écoutent parler, ceux qui n'écoutent pas du tout et pensent a leur repas de la veille ou envoient des SMS et moi qui regarde tout ça d'un oeil a la fois désabusé et hargneux)?
- le shopping. Pas celui qui consiste a aller acheter des slips parce qu'on n'a plus de slips valides, mais celui qui consiste a passer une apres-midi aux Galeries Lafayette sans avoir rien de spécial a y faire. Ca m'insupporte, ce d'autant plus que le magasin est rempli. Deux exceptions: les magasins de disques et les librairies. Avec deux conditions (1 heure maximum, et autant que faire ce peut pas le week-end). J'ai heureusement la chance d'avoir pour compagne l'une des seules personnes de sexe féminin qui préférera 999 fois sur 1000 une apres-midi biere-foot a la télé a une apres-midi Pretty Woman. Et la fois qui reste, elle ne m'obligera meme pas a l'accompagner pour que je lui donne mes avis (sachant que, de toute façon, elle ne les écoutera pas).

Il y en a probablement d'autres, mais si déja je pouvais supprimer ces trois choses de ma vie, mon ulcere s'en porterait mieux.

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30 mai 2008 5 30 /05 /mai /2008 18:42
Cela ne vous a sans doute pas échappé, mais les étudiants d'Amherst sont donc en vacances depuis le 24 mai. Les cours reprennent le 8 septembre, ce qui fait, si je compte bien, 3 bons mois et demi de vacances.

En fait, les cours sont comme chez nous divisés en deux semestres, mais les semestres sont plus ramassés (entre 15 et 20 semaines de cours d'affilée) avec quatre semaines de break a Noël, et donc les big de chez big vacances d'été (ça leur permet de bosser pour payer une partie des 15000 dollars de frais d'inscription, c'est quand meme bien fait).

Chez les plus jeunes (pré-ados et ados), j'ai l'impression que c'est un poil plus tard mais bon, ca fait quand meme bien trois mois a glander.

Et la, l'illumination, le flash comme je dis depuis que je cause le franglais: je comprends pourquoi l'idéal américain, c'est d'avoir une grande baraque avec jardin dans une banlieue résidentielle paumée.
C'est l'evidence meme.
En effet, les parents, eux, n'ont pas de vacances (deux semaines de congés payés par an pour les jeunes cadres: avec l'age ca augmente, mais du coup quand les gamins sont jeunes, nakach bono, en tout cas jamais plus d'une semaine d'affilée pendant l'été. Ici le spirit c'est plutot les longs week-ends).
Il faut donc se taper des gamins désoeuvrés trois mois durant, a la maison toute la journée, alors que vous bossez. Imaginez une telle situation dans un trois pieces parisien: au bout de deux mois grand maximum, vous en jetez un par la fenetre pour calmer les autres. Ou alors, vous les envoyez en colonie ou autre camp d'internement pour jeunes histoire d'avoir la paix (c'est Patrick Timsit qui disait que les camps de vacances, c'est comme les maisons de retraite sauf que dans un cas il n'y a plus jamais de rentrée scolaire). Derniere option, vous finissez a Saint-Anne.
Avec la maison individuelle, vous les foutez dans le jardin avec les clébards (sans la laisse quand meme, ne soyez pas distraits), ou meme dans le salon devant les pubs non-stop (avec du pop-corn et du coca pour faciliter le transit au temps de cerveau disponible) pendant que vous fourrez dans la chambre au deuxieme étage, c'est plus supportable. 

Notre systeme est quand meme mieux fait: deux mois d'été seulement a supporter les gosses, dont presque un mois passé en vacances communes (c'est pénible aussi, mais on peut toujours se dire qu'apres tout c'est les vacances et donc la vie est belle), ça ne laisse plus qu'un mois a gérer a la maison.
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