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  • : La vie au labo
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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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  • Misanthrope optionnellement misogyne et Esprit Universel.

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14 février 2007 3 14 /02 /février /2007 14:38

Au restaurant. Encore. Ma vie s'y passe.

Rencontre avec un vieux dilettante, psychanalyste ou sociologue de mes deux, qui osa interrompre mon repas pour me dire que, visiblement, j'étais totalement égocentrique.

Causes de cette déclaration aussi impromptue qu'outrecuidante (j'eus, je crois, du mérite à ne pas lui claquer lestement le beignet): je tenais le crachoir depuis le début du repas, et ma dulcinée m'écoutait (ou pas) sereinement sans quasi prononcer un mot.

D'une part, si vous connaissiez ma douce, vous sauriez qu'un tête à tête se passe rarement différemment avec elle, étant aussi peu loquace de nature que possible (sauf si vous décidez de ne pas parler non plus, le repas se déroulant alors dans un silence monacal, ce qui, j'en suis sûr, n'aurait pas plus agréablement impressionné Al Freud sur notre vie de couple).

D'autre part, je crains d'être, effectivement, égocentrique. Preuve sur ce blog (la blogosphère est la nouvelle essence du Moi, rien que Moi, puisque cela permet à n'importe quel abruti de ne parler que de sa pauvre vie et, surtout, d'avoir la vanité de croire que ça intéresse les abrutis qui le lisent).

Enfin, soit, Dieu a dit aime ton prochain comme toi-même, mais ce n'est pas de ma faute si je préfère moi-même.

Son analyse profonde comme la gorge de miss Lovelace était que "pour bien se connaître soi-même, il faut d'abord connaître les autres". Je lui répondis, du millionnaire, euh pardon, du tac au tac que non, à mon sens, "pour bien connaître les autres, il faut d'abord se connaître soi-même".

Je ramasse les copies dans deux heures.

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9 février 2007 5 09 /02 /février /2007 16:10
Une réflexion dans l'air du temps, bien qu'elle ait été écrite il y a plus de 20 ans...

La production de conneries est donc stimulée quand les occasions de s'exprimer sur une question donnée l'emportent sur la connaissance de cette question.
[...]
Des exemples très semblables naissent de la conviction très répandue dans les démocraties qu'il est de la responsabilité du citoyen d'avoir une opinion sur tout, ou du moins sur l'ensemble des questions liées à la conduite des affaires de son pays. Il va de soi que le fossée entre les opinions d'une personne et son appréhension de la réalité s'élargira encore si celle-ci estime qu'il est de sa responsabilité morale d'émettre un jugement sur les évènements et sur la situation de l'ensemble de la planète.

Harry G. Frankfurt, prof. émérite à Princeton
De l'art de dire des conneries (On bullshit)

Un petit essai assez rigolo (probablement plus en VO, car "bullshit" n'est pas facile à traduire en langue Molière). L'auteur ne semble pas dénué d'humour, puisque cet ouvrage est à l'origine un discours qu'il prononça alors qu'il était professeur invité à Yale.
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9 février 2007 5 09 /02 /février /2007 16:08
"Le roman le mieux vendu de tous les temps! Le phénomène devenait de plus en plus inexplicable. Aucune analyse littéraire, du moins, ne pouvait l'expliquer. Dans l'accueil fait au livre, il y avait sûrement eu un stade décisif où l'élan acquis par ses ventes s'était nourri de lui-même: plus ses lecteurs étaient nombreux, plus étaient nombreux ceux qui "devaient" le lire."
David Lodge, "L'auteur! l'auteur!"

Non, il ne parle ni de Harry Potter ni du Da Vinci Code, puisque ce livre est une biographie plus où moins romancée de l'écrivain américano-anglais Henry James, à la fin du 19ème siècle.
Le roman en question est "Trilby" de DuMaurier, paru dans les années 1890. A l'époque, l'engouement fut tel en Angleterre et aux Etats-Unis, qu'une ville fut baptisée ainsi en Floride, que "trilby" est rentré dans le langage courant anglais (il désigne un style de chapeau porté par l'héroïne)... Ces faits sont réels, je vous laisse chercher sur Internet.

Et aujourd'hui, qui connait "Trilby" et Du Maurier (en fait, le bouquin est semble-t-il encore relativement connu en Angleterre, enseigné dans les jeunes classes, mais hors des frontières, la renommée a clairement pâli)?

Alors, dans 100 ans, quel avenir pour J.K. Rowling et Dan Brown?
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Published by mixlamalice - dans La vie de Mix
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9 février 2007 5 09 /02 /février /2007 11:26

Même remarque que pour l'article précédent.

Marcel Prout a écrit:
Mon père haussait les épaules et il examinait le baromètre, car il aimait la météorologie, pendant que ma mère, évitant de faire du bruit pour ne pas le troubler, le regardait avec un respect attendri, mais pas trop fixement  pour ne pas chercher à percer le mystère de ses supériorités. Mais ma grand'mère, elle, par tous les temps, même quand la pluie faisait rage et que Françoise avait précipitamment rentré les précieux fauteuils d'osier de peur qu'ils ne fussent mouillés, on la voyait dans le jardin vide et fouetté par l'averse, relevant ses mèches désordonnées et grises pour que son front s'imbibât mieux de la salubrité du vent et de la pluie. Elle disait "enfin, on respire !" et parcourait les allées détrempées - trop symétriquement alignées à son gré par le nouveau jardinier dépourvu du sentiment de la nature et auquel mon père avait demandé depuis le matin si le temps s'arrangerait- de son petit pas enthousiaste et saccadé, réglé sur les mouvements divers qu'excitaient dans son âme l'ivresse de l'orage, la puissance de l'hygiène, la stupidité de mon éducation et la symétrie des jardins, plutôt que sur le désir, inconnu d'elle, d'éviter à sa jupe prune les taches de boue sous lesquelles elle disparaissait jusqu'à une hauteur qui était toujours pour sa femme de chambre un désespoir et un problème.


Ce court passage, si merveilleusement bien écrit, est à mes yeux le révélateur ultime de tout ce qui fait de Marcel Prout un écrivain qu'il fait bon avoir dans sa bibliothèque pour briller lors des dîners mondains, mais qu'on n'a en fait pas lu parce que, avouons-le, oui, c'est chiant.

Oui, écrire une phrase de quinze lignes grammaticalement correcte, et qui plus est, sans faute d'orthographe, possédant d'autre part des mots de plus de trois syllabes ainsi que de multiples subordonnées plus surchargées d'adjectifs les unes que les autres, et dont la poussivité relève de l'inommable est une gageure, mais j'estime cependant que cela n'a rien avoir avec une quelconque qualité de plume, tant il est vrai que, comme le parlé du reste, l'écrit se doit d'aller à l'essentiel, et ne pas se laisser aller à des circonvolutions douteuses dans le but non-avoué, ce qui le rend d'autant plus exécrable, de distraire le lecteur et de lui faire oublier qu'on n'a rien à raconter, procédé que l'on peut également retrouver dans le cinéma d'auteur -je pense par exemple à un film comme Lost in translation, encore que ce choix ne soit peut-être pas le plus pertinent qui soit puisque ce film reçut un certain succès commercial dans notre beau pays, ce que l'on peut toutefois concevoir puisque nous sommes toujours à la pointe de l'élitisme - encensé par les intellectuels voyant du talent dans ce qui n'est que de la loghorrée épuisante et appellant art tout ce qui ressemble de près ou de loin à de la merde, du moment que cela intéresse moins de dix personnes, reflétant ainsi au comble du ridicule leur besoin irrépressible et pourtant vain de ne pas être ou faire comme toute cette plèbe vulgaire au point qu'il faut à tout prix en être différent, comme si cela était une preuve d'une incontestable supériorité spirituelle.
Pouf pouf.

P.S.: D'après mon expérience personnelle des dix dernières minutes, non seulement c'est épuisant à lire ce genre de cacas boudas, mais ça l'est au moins autant à écrire.
Je suis cependant relativement satisfait du résultat, que je considère lui aussi merveilleusement bien écrit, en toutes modestie et objectivité comme de juste. D'ailleurs, je vais arrêter les études, car désormais, dans la vie, je veux faire Marcel Prout, je sens que j'en ai les capacités, tant au niveau du vide intersidéral de mes propos que de la lourdeur de mes constructions de phrase.
Je vous ai raconté la dernière fois que ma grand'mère est allé acheter du pain et que mon chien a fait caca dans le petit parc en bas de chez moi? Je me sens inspiré, cela pourrait donner lieu à des envolées lyriques qui confineraient au sublime. Au bouleversifiant.
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9 février 2007 5 09 /02 /février /2007 09:27
Un vieux texte que j'avais écrit il y a une paire d'années, et qu'à la relecture (je suis tombé dessus par hasard), je trouve toujours correct:

le critique des inrocks en parlant de Sin City a écrit:
Ce film est au film noir ce que certains groupes de heavy-metal sont au blues : une copie un peu ridicule à force de surgonflette, faisant certes beaucoup de bruit mais totalement dépourvue de sensualité ou de mystère.


Tout d'abord, soulignons bien, pour les non-initiés, que le heavy-metal est aussi éloigné de blues que Pascal Obispo du rock'n'roll. Le plumitif voulait sans doute causer du "hard-rock". On me rétorquera que je joue sur les mots. Peut-être. Mais un amateur de reggae trouverait-il ça normal qu'on appelle ska ou ragga reggae, par exemple? Je ne crois pas. Eh bien il y a autant de différence entre AC DC et Iron Maiden (pour prendre les plus gros groupes de hard rock -ou big rock- et heavy metal) qu'il n'y en a entre les Rolling Stones et Jethro Tull.

D'autre part, j'ai remarqué cette propension chez certains (dont probablement ce journaleux des Inroculs) à se revendiquer amateurs de blues, parce qu'ils ont une anthologie deux cds (les meilleurs tubes de blues depuis 100 ans) chez eux, qu'ils connaissent le nom de B.B. King (et qu'il savent que sa guitare se prénomme Lucille), qu'ils ont entendu un standard de Robert Johnson repris par Jimmy Hendrix, qu'ils tapent du pied quand ils entendent boom boom de John Lee Hooker et qu'ils ont vu un film de Scorcese sur le blues.
Ca fait bien quand on en parle dans les comités branchés, mais bon, au fond on n'y connait rien (c'est facile de faire semblant, regardez les quelques lignes précédentes), et on fonce au concert de Franz Ferdinand ou de Moby.
Bref, des vrais connaisseurs de blues, j'en connais pas lourd.

Et puis dénigrer le métal, c'est tellement facile. Ah tous ces gros boeufs bourrés à la bière qui braillent comme des porcs en entendant du bruit à 300 dbs, et qui tapent les petites vieilles et profanent les cimetières. Ca fait le fond de commerce de Karl Zéro et M6 (un reportage toutes les trois semaines) et d'Arthur (qui invite des groupes à son émission sur Europe 2 pour se foutre de leurs gueules à coups de clichés). C'est oublier un peu vite que tous ces groupes à la mode encensés par ces mêmes Inrocks ont pompé honteusement l'imagerie et les sonorités métal des années 70-80 (Black Sabbath, Deep Purple, Led Zep) pour la recycler vaguement.

Pour conclure, ce genre de propos m'agace prodigieusement.

Une petite citation de MANOWAR (ça apportera de l'eau au moulin sur la non-subtilité des hardos): If you're not into metal, you're not my friend.
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8 février 2007 4 08 /02 /février /2007 16:34
J'aime pas l'hypocrisie, la méchanceté, la bassesse, la guerre, la famine, la violence, la cupidité, pleurer, la tristesse.

J'aime le chocolat, la couleur rose, la gentillesse, la liberté, la fraternité, la paix dans le monde, les fleurs, la vie, rire, Ana Gavalda, le flan.

Je sais qu'en disant ça, je brise le consensus mou, mais j'ose dire tout haut qui je suis vraiment et tant pis si ça doit en déranger plus d'un.
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1 février 2007 4 01 /02 /février /2007 08:43

Depuis aujourd'hui, il est interdit de fumer dans les lieux publics. Non que cette nouvelle loi me semble abjecte, je ne peux néanmoins m'empêcher d'avoir un petit doute.

Bientôt, la cigarette sera totalement prohibée (dans certaines villes américaines, on ne peut déjà plus fumer chez soi si l'on n'est pas propriétaire), puis l'alcool. Enfin, le cholestérol tuant, on nous interdira le cassoulet pour nous obliger à manger macrobiotique. Le rire, comme la baise, causant un risque d'attaque cardiaque seront prohibés.

Bref, nous vivrons tous 115 ans, nous mourrons tous en pleine et bonne santé. Mais qu'est-ce qu'on se sera fait chier.

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27 janvier 2007 6 27 /01 /janvier /2007 13:15

Je reprends à mon compte le néologisme version Ségolène Royal et la citation philosophique Lorienne de Jean-Pierre Raffarin (autant dire deux de nos politiques les plus talentueux). Par beaufitude, j'entends la contraction de "beauf' attitude".

On croise la beaufitude malheureusement partout, mais la pire est je crois lorsqu'on la rencontre chez des gens riches. Mon point de vue est peut-être politiquement peu correct (du moins chez les décérébrés chroniques qui, tels des messieurs Jourdain de pacotille, font du manichéisme sans le savoir, et s'empresseront donc de transformer ma pensée en une conclusion de portée générale, type "pauvres=vulgaires, riches=classes"), mais le voici tout de même: lorsqu'on rencontre un grossier personnage dans le PMU du coin ou au McDonald's, c'est certes désagréable, mais pas choquant.
Par contre, quand on se retrouve (exceptionnellement car je ne fais pas moi-même partie de la confrérie des fortunés) dans le cadre d'une soirée onéreuse à l'ambiance feutrée et que l'un des convives se comporte comme le pire des gougnafiers, cela le devient (choquant. Je sais, mes phrases sont trop longues, ce n'est pas facile de suivre, mais je suis chez moi).

La scène se passe dans un restaurant chic de l’île Saint-Louis. L’établissement était auparavant tenu par un acteur célèbre et cultivait donc un style typiquement parisiano-insupportable fait de médiocre cuisine prétentieuse, de prix prohibitifs, et de clientèle mi-people bas de gamme ou copains de l’acteur en question, mi-bobos branchouilles de tous âges. Depuis peu, le restaurant a été racheté par un chef brillant, ancien triplement étoilé ayant officié dans des lieux gastronomiques prestigieux.

Nous nous offrons ma dulcinée et moi-même, ce cadre romantique pour nos deux ans de partages de soucis (ou vie commune). L’île Saint-Louis est toujours aussi belle, la bâtisse abritant le restaurant est superbe, ses poutres apparentes étant rehaussés par la décoration post-moderne (meubles anguleux aux couleurs froides, lumière tamisée…) de la maîtresse de maison.

Tout s’annonçait pour le mieux, malgré un sommelier jeune mais manquant tout de même terriblement de classe. Mais nous passâmes rapidement outre. Les amuse-bouche étaient divins, le vin bon, et le foie gras-sauce saké-soja avec compote de poires allait bientôt bouleverser mes papilles lorsque ce qui allait, malheureusement, devenir nos voisins de table (quand je dis voisin, j’entends 5 bons mètres) entrèrent. L’un, le verbe haut (toujours très peu distingué lorsque l’ambiance générale invite plutôt à la discrétion de bon aloi), la chemise froissée largement ouverte et dépenaillée, semblait le chaperon. L’autre, plus discret, jouait le rôle du Candide provincial.

Les quelques remarques claironnées sur le bon vieux temps de son ami « Jean-Claude » (l’acteur anciennement propriétaire susnommé), sur les anciens serveurs et sur la décoration qui était mieux avant donnèrent le ton. La cigarette allumée à mon nez délicat essayant de se mettre en osmose avec mes papilles pour « comprendre » au mieux cette entrée de foie gras (je peux vous paraître snob, mais si vous avez déjà essayé un restaurant de ce genre, oui, la cuisine devient quelque chose de complexe qu’il faut tenter de saisir) fut, déjà, la première goutte d’eau.

Je finis par dire au maître d’hôtel que la fumée m’importunait, ce qui sembla le mettre dans l’embarras. Je ne fus peut-être pas suffisamment clair, mais j’étais prêt à changer de place (ce qui m’aurait permis de m’éloigner de ces deux cons). Mais il ne l’entendit pas ainsi. Après quelques circonvolutions, il finit par exposer ma requête, sans me nommer (toutefois, comme nous étions à peu près les seuls à distance raisonnable, il ne faisait guère de doute que cela venait de moi). Sans faire trop de manières, la cigarette fut éteinte.

Tout se passa ensuite correctement jusqu’au dessert, malgré un manque de discrétion toujours très patent qui nous permit d’ouïr la fine fleur de leurs remarques (« c’est vachement différent du cuistot d’avant mais c’est pas mal quand même » «  tu crois que les champignons de Paris c’est des en boîte ? 40 euros pour des champignons de Paris, quand même, ils s’emmerdent pas »… tant de remarques qui confirmèrent si besoin était que ces rustres auraient pu manger chez Flunch sans avoir le sentiment que ce n’était pas la même cuisine).

Arriva la fin du repas, nous en étions au café. Candide, ennuyé pendant que Pangloss discutait cognacs avec le sommelier, sortit son palm-pilote et se mit à faire mumuse avec le son à fort volume. Ti tou tou ti tou tou tou. Une cliente anglaise très chic arrivée entre temps semblait elle aussi affligée, mais jusque là nous avions plutôt pris le parti d’en rire.

C’est alors que Monsieur Gros Con appela le maître d’hôtel et annonça d’une voix de stentor: « Dites-moi, les emmerdeurs à côté –il parlait de nous-, vu qu’ils ont fini de bouffer, ils vont plus nous empêcher de fumer la, si ? C’est des étrangers, non ? »

Le maître d’hôtel, un noble petit vieux, blêmit un peu mais tenta de garder sa contenance. Il savait parfaitement que j’avais tout entendu. Le sentant quelque peu hésiter sur la formulation, je pris l’initiative et lui dit (moi aussi suffisamment fort pour que ces messieurs nous entendent) : « puisque nous sommes des emmerdeurs, je pense que non, nous ne souhaitons pas qu’ils fument ». Monsieur me répondit (toujours sans me regarder) : « Vous avez l’ouïe fine, c’est bien ». « Et vous, vous manquez de discrétion, c’est mal ». « Je vous remercie de vouloir chercher à m’éduquer, mais à mon âge ce n’est plus la peine ».

Fin du dialogue. Je regrette d’avoir manqué de réactivité et de ne pas lui avoir rétorqué « Il n’est jamais trop tard pour essayer d’arrêter d’être un gros con ». Malheureusement, cette réplique germa dans mon cerveau quelques minutes trop tard.

Le repas se termina peu après avec les excuses diverses des serveurs.

Je regrette infiniment que cet épisode ait fini par prendre le pas sur la divine cuisine que j’ai goûté ce soir-là. Je regrette car, dans quelques années, je me souviendrai plus probablement de l’algarade que de ce que nous mangeâmes. Mais la beaufitude avait encore frappé.

Remarque : la cigarette semble jouer un rôle majeur dans la beaufitude, surtout au restaurant. La seule fois de ma vie où je suis allé dans un doublement étoilé, un autre gros porc plein de foie gras et de fric, accompagné de sa pouf de 30 ans moins âgée, courroucé de ne pas être en salle fumeur, est allé se planquer dans les toilettes pour s’en griller une. Lamentable.
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24 janvier 2007 3 24 /01 /janvier /2007 10:34
Pascal Sevran n'a pas toujours tenu ces propos diarrhéïques sur la bite des Noirs, principalement parce qu'il en avait souvent une en bouche. En garçon bien élevé, il sait qu'on ne doit pas parler lorsqu'icelle est pleine.
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24 janvier 2007 3 24 /01 /janvier /2007 10:29

Je sais gré aux Enfants de Don Quichotte d'avoir crée un nouveau tourisme social, plus abordable pour les classes moyennes.

Plus besoin désormais de claquer 2000 euros pour aller s'ébahir de la misère humaine en visitant les favelas de Rio ou les townships du Cap. A deux pas de chez vous au coeur de Paris, pour le prix d'une tente Quechua et d'un saucisson Justin Bridou, allez partager le dénuement des SDF le temps d'une nuit ou deux. Vous serez le roi de la soirée lorsque vous raconterez cette aventure extrême à vos amis, de retour bien au chaud dans votre loft.

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