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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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  • mixlamalice
  • Misanthrope optionnellement misogyne et Esprit Universel.

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24 janvier 2007 3 24 /01 /janvier /2007 10:29

Je sais gré aux Enfants de Don Quichotte d'avoir crée un nouveau tourisme social, plus abordable pour les classes moyennes.

Plus besoin désormais de claquer 2000 euros pour aller s'ébahir de la misère humaine en visitant les favelas de Rio ou les townships du Cap. A deux pas de chez vous au coeur de Paris, pour le prix d'une tente Quechua et d'un saucisson Justin Bridou, allez partager le dénuement des SDF le temps d'une nuit ou deux. Vous serez le roi de la soirée lorsque vous raconterez cette aventure extrême à vos amis, de retour bien au chaud dans votre loft.

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24 janvier 2007 3 24 /01 /janvier /2007 10:26

Franchement, heureusement que le problème des SDF en France a été résolu en trois semaines par les Enfants de Don Quichotte, parce que de toute façon, Augustin Legrand n'aurait pas pu rester plus longtemps, il avait un tournage en Afrique du Sud... En plus, il est obligé de se raser la barbe pour le rôle.

L'abbé Pierre, lui, est mort avec la sienne.

 

 

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23 janvier 2007 2 23 /01 /janvier /2007 10:55

Voila, après un an d'absence, peu ou prou, mon grand retour attendu par plus personne, forcément. Loin des yeux, loin du coeur, ça marche aussi pour les blogs.

Après m'être laissé griser par le succès, avoir cédé mon âme d'artiste aux procédés mercantilistes inhérents à la blogosphère et en conséquence perverti mon écriture (pour ceux qui n'aiment pas les mots de trois syllabes et plus: moi y en a avoir forcé moi-même à écrire de la merde tous les jours parce que moi y en a vouloir que mes 20 lecteurs ils continuent à me lire), je reprends mon indépendance et n'écrirai que quand je le souhaiterais. Ou plutôt, que quand j'aurais quelque chose à raconter. Autant dire que vous ne ferez pas d'overdoses, amis lecteurs, si vous reviendez.

Bisous.

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23 janvier 2007 2 23 /01 /janvier /2007 10:54

 

Tout d’abord voici la réponse à un article du Monde (que vous pouvez lire à cette adresse : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3234,36-855431@51-855435,0.html) par le collectif Sauvons la Recherche (http://recherche-en-danger.apinc.org/).

 

 

 

 

Le Monde (16/01/07) vient de publier un article intitulé "En France, la recherche manque de performances, pas d’argent". Cet article introduit les éléments confidentiels d’un rapport (Henri Guillaume et Jean-Richard Cytermann) sur la valorisation de la recherche que la journaliste semble être la seule à posséder. L’utilisation de ce rapport pour affirmer que le problème de la recherche est structurel et non pas budgétaire est consternante. Des membres de SLR répondront sur le fond aux propositions de ce rapport. Mais d’ores et déjà, on peut remarquer que lors du dernier rapport Guillaume, des "fuites" avaient été organisées par l’Express : c’est le journaliste économique qui avait servi de porte-plume aux révélations, sans même que le journaliste scientifique n’ait été au courant. Aujourd’hui, dans Le Monde, c’est une journaliste n’ayant pas suivi les problèmes de recherche qui sort le rapport.

Dès à présent et à titre d’exemple, nous souhaitons commenter la phrase de l’auteur de l’article, indiquant que "la France est l’un des pays développés où la dépense publique de recherche est la plus élevée ramenée au PIB" d’après une étude "publiée vendredi par Eurostat". En fait, ce dernier vendredi, Eurostat a simplement rendu public le chiffre moyen européen d’effort de recherche après l’entrée de la Bulgarie et de la Roumanie, ce qui fait baisser la moyenne européenne. Les autres chiffres étaient connus depuis longtemps. Il n’y a strictement rien de nouveau ; mais surtout, l’affirmation est totalement mensongère et relève de l’opération politicienne.

La part de la recherche dans le PIB : l’Europe aggrave son retard sur les Etats-Unis et le Japon
Les tableaux publiés par Eurostat (voir leur site) indiquent d’abord un fantastique retard de l’Europe (1,85 % du PIB pour "les 25", 1,91 pour "les 15") sur les Etats-Unis (2,68 %) et le Japon (3,18 %), avec la Chine, l’Inde ou le Brésil qui avancent très vite. En dynamique, depuis 10 ans, l’Europe a stagné, les Etats-Unis (+ 7 %) et le Japon (+ 9,5 %) ont progressé.

La part de la recherche dans le PIB : la France occupe une place très médiocre en Europe
Avec 2,13 % de son PIB consacrés à la recherche civile et militaire, la France se situe un peu au-dessus de la moyenne européenne. Mais elle est très largement devancée par la Suède (3,86), la Finlande (3,48), la Suisse (2,93), l’Allemagne (2,51), le Danemark (2,44) et même l’Autriche (2,36).

Hors recherche militaire, ces écarts s’accroissent et la France se retrouve, de plus, derrière la Belgique, voire les Pays-Bas, mais devance encore le Luxembourg et la Grande-Bretagne.

En termes de dynamique, depuis 1995 et d’après Eurostat, trois pays seulement régressent quant au volume de recherche (inflation prise en compte) : la Grande-Bretagne (- 11,4 %), les Pays-Bas (-9,5) et la France (-6,9). Les pays bien placés progressent : l’Allemagne (+ 15 %), le Danemark (34 %), la Suède (16 %) et la Finlande (+ 70 %). Les pays à faible taux de recherche ont progressé eux aussi et commencent à rattraper leur retard : Italie (+ 12 %), Espagne (+ 40 %), Portugal (+ 37 %). Avec une croissance de 58 %, l’Autriche a doublé la France. A qui le tour ?

Le financement de la recherche académique est mauvais en France
D’après Eurostat, dans cet effort global, la part de financement public en France ( 37,6 %) est un peu au dessus de la moyenne européenne (34,7 %). Qu’on envisage le financement total ou bien le seul financement public, cela ne change donc rien dans l’ordre des pays.

Mais comme l’article du Monde semble viser d’abord le CNRS et les universités, il est bon de préciser que dans ces 37,6 % de financement public, la France inclut le financement de la recherche militaire (22,3% des crédits budgétaires publics de R&D), une partie de la recherche liée aux grands programmes industriels, contrairement à tous les autres pays, sauf la Grande-Bretagne. Si bien qu’en termes de recherche "académique", le taux de financement public français est mauvais, dans une part de recherche dans le PIB qui est elle-même médiocre, et très, très loin des pays les plus avancés.

Nous maintenons donc que c’est de l’ordre de 50 % qu’il faut accroître l’effort français (passer de 2,1 à 3 % du PIB), l’effort pour la recherche publique et l’effort pour la recherche industrielle. Quant au rapport Guillaume-Cytermann, nous répondrons très prochainement. La démocratie exige qu’il soit réellement rendu public.

 

 

 

 

Je souhaiterais joindre à cet article quelques précisions et réflexions plus personnelles, plus terre à terre aussi.  

Le système français est (comme souvent) complexe, sûrement trop.

Il y a, grosso modo, deux « types » de chercheurs (je laisse de côté volontairement, par souci simplificateur, certains organismes semi-privés comme le CEA, l’Institut Pasteur etc).

Ceux employés par le CNRS (chargés de recherche ou CR), et ceux employés par une université (les enseignants chercheurs ou maîtres de conférences). La principale différence entre eux vient du fait que les maîtres de conférences doivent assurer une charge d’enseignement de 192h/annuelle au sein de leur université de tutelle (ces 192h étant les heures effectives, ne comprenant donc pas les préparations de cours, TDs, les corrections d’exemens. Ces 192h sont également comprises dans le salaire reçu). Les CR ont quant à eux le choix d’enseigner ou non (et donc d’avoir une rémunération supplémentaire ou non).

 

Pour « devenir » chercheur, que faut-il ?

Le concours d’entrée au CNRS est un concours à l’échelon national. Techniquement, il suffit "simplement" pour se présenter être titulaire d’un doctorat (bac+7 ou 8). Seulement, le nombre de postes est si faible (dans ma partie, qui se trouve pourtant être une discipline d'"avenir", sur le plan scientifique, 6 cette année, dont 4 réservés à des profils très particuliers, ce qui laisse deux postes « généralistes » pour une quarantaine de candidats) qu’il est quasiment obligatoire, pour avoir une chance de se voir reçu, d’être passé par une école prestigieuse (ENS, ESPCI, X principalement) plutôt que par la fac, d’avoir fait après son doctorat au moins une mais plutôt 2 voire 3 années de post-doctorat (on arrive donc autour de bac+10), si possible à l’étranger et dans des universités de renom (Harvard, MIT, Berkeley, Oxford, Cambridge…). Ce qui nous laisse, pour reprendre l’exemple précédent, une vingtaine de très bons candidats pour 2 postes. Contrairement aux idées reçues, les meilleurs candidats ne partent pas (encore, mais pour combien de temps ?) tous dans le privé ou à l’étranger…

Le concours de maître de conférences est réputé plus aisé, en grande partie parce qu’il se fait à l’échelon local. C’est le laboratoire d’accueil qui fait sa sélection et non une commission nationale. Souvent, le laboratoire d’accueil privilégiera ce qu’on appelle un candidat « local » c'est-à-dire un candidat avec qui ils ont déjà travaillé pendant sa thèse ou son post-doc. Les meilleurs candidats optent d’autre part souvent pour le CNRS (quand ils en ont l’opportunité), « mieux vu ».

Ensuite, une fois ces maigres obstacles surmontés, un statut de « fonctionnaire ». Ah, beurk. Pour beaucoup (cf les commentaires de lecteurs sur l’article du Monde), les fonctionnaires sont une race honnie de privilégiés branleurs qui pompent l’argent des honnêtes travailleurs du privé. Qui certes ne sont pas très bien payés mais qui le sont largement trop vu le peu qu’ils font et tous leurs avantages. Pour ce qui est de mal payé, je cautionne (voir sur le site internet du CNRS : salaire d’embauche : 1550 euros net, salaire en fin de carrière 3000 euros net. Salaires équivalents pour les maîtres de conférences. Avantages : 6 semaines de congés payés. Frais payés lors d’une conférence. C’est maigre, finalement). Pour ce qui est de la branlette, je m’insurge. Le concours d’entrée est comme je l’ai dit tellement compétitif, tellement risqué (si tu n’y arrives pas, 35 ans sans expérience pro, quelle boîte veut de toi ?), demande tellement d’investissements, que, à mon avis, les gens qui se battent pour y rentrer le font avant tout par passion. Après tout, des postes pas trop exigeants en entreprise, largement mieux (2 ou 3 fois) payés, où le risque d’être débauché est minime, il en existe aussi (je n’ai pas une énorme expérience, mais les ingénieurs chez Essilor –où j’ai travaillé 6 mois- ne m’avaient pas l’air soumis à des rythmes dingues), et on les obtient à bac+5 et non bac+10 ou plus.

Je sais qu’il y a, comme dans chaque troupeau des « brebis galeuses », mais je ne crois pas qu’il y en ait beaucoup plus parmi les chercheurs CNRS que dans beaucoup d’entreprises. Pour prendre un exemple que je connais, mon labo n’est jamais fermé (ni en août, ni le week-end, ni ni), chaque fois que je passe travailler le week-end (une fois par mois en gros) je ne suis jamais seul, souvent le soir, il y a du monde après 20h…Je pourrais multiplier les exemples.

 

Le problème est un peu plus complexe pour les postes maître de conférences, cela vient de l’absurdité du système, je le répète. Un maître de conférences doit, comme je l’ai dit, assurer chaque année 192 heures d’enseignement, sachant qu’il ne sera noté, pour être promu, que sur ses qualités de chercheurs (ses publications dans les revues scientifiques, ses découvertes…) et en aucun cas sur ses qualités d’enseignant. Les premières années, un maître de conférences assure des cours dans lesquels il n’a aucune compétence (en général, les jeunes débutants récupèrent les cours que personne ne veut assurer), et ne fait presque pas de recherche, s’il n’a pas la chance de se retrouver dans une équipe structurée où il n’est pas laissé à l’abandon. Du coup, après quelques années sans publications, le jeune maître de conférences s’aperçoit qu’il ne sera jamais promu. Je peux comprendre que certains, minés par le découragement, décident de ne plus rien faire d'autres que leurs 192h obligatoires d’enseignement, un peu d’administratif par ci par là et basta, laissant totalement tomber le côté recherche de leur fonction. Il faut, me semble-t-il, absolument réduire le nombre d’heures (qui était 100 il n’y a pas si longtemps), au moins pour les jeunes maîtres de conférences qui doivent commencer par faire leurs preuves en recherche. Ou alors changer le système d’évaluation pour la promotion, en tenant compte de la qualité d’enseignant, qui après tout fait partie de la fonction également. Autre solution : puisqu’on forme trop d’agrégés qui se retrouvent en collège, pourquoi ne pas les affilier dans les Universités ? Tout le monde serait gagnant, car actuellement le système défavorise aussi les étudiants (quand votre prof est organicien dans son labo et qu’il vous fait un cours de thermochimie, il n’est pas nécessairement très doué et/ou impliqué).

Je reviens un tout petit peu sur le salaire. J’ai eu droit à, selon l’empathie de la personne avec qui je dialoguais, en variant le ton. Réaliste : « vous êtes vraiment idiots de vous battre pour entrer dans ce truc où on vous paye avec un lance-pierre ». Méfiant : « Si c’est pas la preuve qu’il y a plein d’avantages à être fonctionnaire, sinon vous ne feriez pas tant d’efforts pour ça … ». Curieux : « Pourquoi n’allez vous pas tous dans le privé, ou à l’étranger? ». La encore, j’utiliserais des mots qui sont peut-être un peu désuets aujourd’hui : passion, patriotisme… Je préfère faire un boulot que j’aime, pour lequel je sais que je me lèverais avec plaisir tous les matins (ou presque) pendant les 40 prochaines années de ma vie, plutôt que de m’emmerder profondément mais 3 fois mieux payé. Je crois que beaucoup d'entre nous partagent encore ce raisonnement (fut-il considéré comme étonnant à une époque ou le plus important semble être de faire et d'avoir du blé, de l'oseille, du pognon quoi). D’autre part, j’aime la France, j’ai envie d’y vivre (même si quand on prend le métro le matin, on n’aime pas toujours les français) et j’aimerais bien que cela soit possible. Il me semble que j’ai fait ce qu’il fallait pour « mériter » la France, et il me semble inconcevable qu’il n’y ait pas de place pour nous ici, qu'on me dise le plus sérieusement du monde bien qu'avec beaucoup d'étonnement "mais qu'est-ce que tu fais encore ici?" comme si j'étais un illuminé ou un benêt.

Je voulais également éclaircir un dernier point. On entend souvent des choses comme « de toute façon dans un labo ce sont les thésards qui font tout le boulot » ou « les chercheurs ont une idée dans leur vie et après, ils ne font plus rien… ». Ce genre de propos est souvent tenu par des gens qui n'y connaissent rien mais qui ont des "amis chercheurs" (comme on peut avoir des "amis arabes") dont ils ont transformé les remarques certes parfois désabusées mais surtout contextuelles en généralisations pour le moins hasardeuses (pour le plus, erronnées). Le concept de « recherche » est assez différent du concept de « création » dans la pub ou je ne sais quoi. La recherche, ce n’est pas une idée géniale qui arrive par miracle un jour d’illumination subite (ou grâce à une petite ligne de coco, puisque je traite du chapitre clichés). C’était peut-être le cas à l’époque de Newton (les illuminations, pas la coco), mais ça ne marche plus comme ça. La recherche, c’est avant tout de la sueur et des larmes, des heures, des mois, des années, d’expériences pointues et délicates, des contre-expériences, des protocoles complexes pour valider des concepts, etc. Des échecs, beaucoup, pour peu de succès. Effectivement, ce labeur en blouse, ce sont les thésards qui s'en chargent le plus souvent. C’est encore en forgeant qu’on devient le mieux forgeron. Cela ne veut pas dire que les « chefs » pendant ce temps, se roulent les pouces. Mais, comme dans n’importe quelle entreprise, ils acquièrent un rôle qui tient plus du « manager ». Au menu, trouver des fonds (et Dieu sait qu’en France ce n’est pas aisé), et surtout trouver des idées, des voies à explorer, encadrer des apprentis chercheurs, les recadrer parfois. Mon directeur de thèse a coutume de dire : « un bon sujet, c’est un sujet intéressant scientifiquement et réalisable techniquement ». C’est exact, et ce n’est pas si facile que ça à trouver.

 

Quelques idées pour finir sur l’avenir de la recherche (et non plus des chercheurs)

Je pense que l’un des principaux problèmes du CNRS vient de ce que le nombre d’employés purement « administratif » est plus important que le nombre de chercheurs. Je crois effectivement qu’il y a une « réforme du mammouth » à faire de ce côté là, pour que la recherche soit la seule priorité de cette organisme.

L’idée d’évaluer les chercheurs au cours de leur carrière est sans doute à étudier, car peut-être le statut de « poste à vie » peut en amener certains à se la couler douce (même si, comme je l’ai dit tout à l’heure, je comprends mal l’intérêt de se faire extrêmement suer 10 ans pour ensuite végéter 35 ans en attendant la retraite. Je suis conscient que ça doit exister, mais j’ai de la peine à croire que ça soit le reflet comportemental de plus d’une infime minorité). Toutefois, il faut être vigilant. Car autant on peut juger, à mon sens sans trop de difficultés, sur résultats la recherche appliquée (pas de brevets ni de publications ni rien de visible au bout de x années = coupe des crédits, ou licenciement) autant le problème semble plus complexe en ce qui concerne la recherche fondamentale. Quel critère de temps (comprendre un phénomène nouveau, cela peut prendre un temps fou, et convaincre les autres qu’on a compris, encore plus. Exemple : Prix Nobel de médecine 2005. Deux petits chercheurs qui ont montré que la plupart des ulcères étaient d’origine bactérienne et non comme on le croyait depuis des lustres un espèce de phénomène nébulo-psychosomatique, qui se sont fait railler pendant 10 ans par leur communauté scientifique qui ne les croyaient pas, puis ensuite malmener encore 10 ans par les boîtes pharmaceutiques qui voyaient la poule aux œufs d’or s’envoler à cause de deux blaireaux)? Et quel critère de réussite également (par exemple les supraconducteurs... 20 ans, des équipes entières se sont acharnés sur ces matériaux « révolutionnaires » pour finalement montrer qu'on n'en tirerait probablement jamais rien d'applicable industriellement parlant... doit-on les considérer comme des rebuts de la science ou des glandus? Je pense, personnellement, que montrer qu'une impasse en est une, c'est un résultat…)? Je signalerais enfin qu’aux USA, les professeurs ont aussi des postes à vie (payés au bas mot 100000$ l’année), et je ne crois pas que le MIT ou Harvard s’en soient jamais plaints…

Je crois d’autre part fermement que l'avenir de la recherche en France passe par plus d'interactions entre public et privé. Que les chercheurs arrêtent de concevoir les industriels comme des capitalistes débiles et bornés, et que les industriels arrêtent de concevoir les chercheurs comme des professeurs Tournesol déconnectés de la réalité ou des jean-foutre.
Certaines entreprises (Michelin pour ne citer qu'elle - je précise que je ne suis pas actionnaire ni salairé chez eux) l'ont bien assimilé, en essayant de comprendre en amont les procédés techniques qu'ils utilisent depuis des lustres. Ils ont également compris que pour cela, les chercheurs étaient beaucoup plus capables qu’eux. Ils financent des recherches fondamentales, sur des systèmes modèles, n'empêchent pas les publications... Malheureusement encore trop de boîtes fonctionnent beaucoup plus sur une approche développement (ça marche, pourquoi se poser des questions, on va plutôt essayer de faire marcher mieux. Alors que peut-être, comprendre pourquoi ça marche permettrait de faire marcher mieux très rapidement plutôt que par tâtonnements longs, coûteux...).
Il y a à ce propos des choses que je reproche à Sauvons la Recherche, notamment le fait de prôner un certain immobilisme et de contester chaque tentative de réforme (par exemple vis-à-vis de l’ANR – agence nationale pour la recherche, qui finance de plus en plus de projets- qui me semble potentiellement une création intéressante, reste à voir comment ça va tourner…). Je pense que c’est en partie dû à la façon dont la politique se gère en France actuellement, à savoir que pour obtenir le doigt, il faut demander le bras.
L'ANR peut être une bonne chose, car elle est censée créer ces ponts privé-public qui manquent. Elle est aussi potentiellement une bonne chose pour un second point: les projets, avant d'obtenir un financement, sont écrits par les chercheurs puis examinés par d'autres, censés être « indépendants », qui rendent une expertise sur le sujet. Cela devrait (si le système est bien fait) permettre de limiter les financements pour les sujets en bois, ou trop complètement aléatoiro-exploratoires.

Pourtant, le CNRS ne doit pas devenir une sous-traitance des industriels à moindre coût, et c'est je crois ce que Sauvons la Recherche craint avec l'ANR. Je ne sais pas, je suis jeune et j'ai peu d'expérience. Je demande à voir.
Le CNRS doit garder un pôle important Recherche Fondamentale, car après tout c'est grâce à la recherche fondamentale que les grandes avancées se font (pour reprendre un exemple d'un lecteur du Monde, le breveteur de l'ampoule à Néon aurait-il existé s'il n'y avait pas eu un con pour s’acharner à comprendre le phénomène électricité?).

Un bon système serait peut-être, comme aux US (eh oui, sur certains plans nous avons beaucoup à apprendre d’eux, notamment sur la valorisation des compétences), que les industries financent les labos, que ces labos utilisent l'argent pour amener des résultats aux industriels, mais aussi pour financer des sujets plus "ésotériques" et que les industriels ne demandent pas de comptes budgétaires du moment que les résultats leurs conviennent et leur semblent valoir le prix qu'ils payent (cela se passe parfois comme ça en France, mais reste du coup par coup, et du personne par personne).

 

 

Voila, j’espère avoir clarifié certains points obscurs pour les non-initiés et j’espère également que l’avenir de la recherche en France sera un point important (ou au moins, un point abordé) de la campagne électorale à venir…

 

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31 mai 2006 3 31 /05 /mai /2006 10:23

Bobby Steelballs est un homme soucieux. Sa machoîre carrée est, ces jours-ci, constamment crispée. Ses sourcils froncés.

Ses étudiantes s'inquiètent:  Qu'arrive-t-il à leur professeur préféré?

Bobby, la quarantaine rayonnante, le front haut, les cheveux poivre et sel, le regard bleu gris déterminé, enseigne l'histoire de l'art à Harvard, dont il fut lui-même l'un des plus prestigieux éléments 20 ans auparavant, après avoir été diplômé de physique quantique à Stanford et de biologie cellulaire à Melun.

Sa passion pour l'archéologie et la littérature mérovingienne (il est titulaire d'un doctorat dans ces deux domaines) font de lui l'un des professeurs les plus estimés de la scène internationale.

Il entraîne de plus l'équipe de football de l'université et se produit en tant que violoniste soliste à travers le monde pour ses loisirs.

Mais ouais, en ce moment, Bobby est inquiet.

La prophétie qu'Ambroise Paré, le célèbre médecin de Catherine de Médicis, fit en 1567, est sur le point de se réaliser.

"Le sixième jousr du sixième mois de la sixième asnnée, la bêste ensdormie se reveilleroit de son prosfond sosmeil pour dosminer le monsde et l'Aspocalyspse résgnera à jasmais pour plongeoir l'husmanité dans les ténèsbres".

Bobby consulte son calendrier: blood and guts, se dit-il, plus que 27 jours avant le 6 juin 2006. Comment faire pour sauver le monde en si peu de temps? Et damned, personne ne se doute de rien. Je suis seul...

 

A suivre.

 

Nota Bene: tous les éléments contenus dans cette saga sont véridiques et sont le fruit de profondes recherches scientifiques. Ceci n'est pas un roman.

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31 mai 2006 3 31 /05 /mai /2006 09:59

Eh oui, toujours pleins d'idées pour d'éventuelles chroniques qui fourmillent, à divers moments de la journée.

Fainéant comme toujours, je me dis qu'elles sont bien au chaud dans mon énorme cerveau et qu'il ne sert à rien de prendre 10 secondes pour en noter les mots clefs sur un post-it.

Et puis forcément, paf, j'oublie tout, et, au moment où je me décide à coucher sur le papier mes fulgurances, il ne reste qu'un gros vide dans mon cortex abîmé par une vie de débauche.

Alors je reste comme, comme quoi déjà?, devant mon clavier et je ne trouve pas les mots.

 

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26 avril 2006 3 26 /04 /avril /2006 09:28

Un jour banal, un vain butor, nabot binoclard, pourvu d'un bouc, frisotis sur son occiput, annonça qu'il trouvait amusant d'avoir occis la fiction dans un roman. L'important fut pour lui, ainsi qu'un grand tas d'abrutis, l'utilisation du mot, a fortiori sans aucun attrait pour un fond, aussi pourri soit-il. Jouant sur du grammatical ou tutti quanti pour la construction d'un manuscrit.

Il m'apparaît qu'un avis aussi fat nuit au travail du scribouillard.

Disposant d'un an, plus ou moins, quasi tout un chacun d'un brin savant aimant son stylo pourra aboutir au mot fin. Positif, car suivant la loi.

Boulot artisanal. Bon tour de main, ok.  Mais bof... Pas bandant pour trois sous.

Ca, l'art? Aucun point commun.

Un vrai, un grand plumitif aura toujours pour but  la divagation du public. Pour ça, obligation d'avoir l'imagination, l'inspiration.

Il faut bâtir. Qui dit roman dit fond, suivi d'un individu, sans omission ou circonvolution. Il faut offrir là l'original, la passion, pour voir surgir du divin.

Voila ma conclusion, j'y croirai jusqu'à la mort. Prout.

 

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21 avril 2006 5 21 /04 /avril /2006 15:25
Une réflexion m'est venue ce matin à 8h02, dans les vapeurs embrûmées du sommeil mises à mal par le marteau piqueur défonçant frénétiquement la chaussée sous ma fenêtre.

Le fond du problème social qui agite, lui aussi, frénétiquement, la France depuis plusieurs mois, est le suivant: êtes-vous de nature optimiste, ou pessimiste?

Ou, pour parler clairement, pensez-vous qu'il faille vous battre pour un monde meilleur, ou bien pour une vie la moins pire possible?

Personnellement, je suis d'avis que l'homme est un loup pour l'homme (ce n'est pas de moi, c'est de Florent Pagny), ce qui a été démontré irréfutablement par l'échec total de tous les systèmes communistes. En effet, cette belle idée, le communisme, part malheureusement du principe que l'homme est bon, tout au moins suffisamment pour partager un tant soit peu avec ses camarades. Or, ce postulat qui est sans doute vrai chez la majorité, est incontestablement faux pour une minorité plus ou moins nombreuse mais indubitablement réelle, de cupides aux dents longues dont le but sera d'avoir plus et mieux que les autres (que ce soit en termes de notes à l'école, de pognon, de voitures ou même de gonzesses). D'où, le capitalisme.

Cette démonstration me vaudra, j'en suis sûr, le prix nobel d'économie dans quelques années.

Quoi qu'il en soit, mon idée, que d'aucuns trouveront tristes, car je ne suis pas révolutionnaire dans l'âme, et qui plus est fataliste, est que le monde est ce qu'il est  et qu'a priori il ne s'arrangera pas. Globalement pas très optimiste de nature, je suis en conséquence  plutôt d'avis que la politique du moins pire est une option préféréable à une hypothétique politique du meilleur ne pouvant amener que désillusions et échecs cuisants.
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15 avril 2006 6 15 /04 /avril /2006 18:05
Depuis quelques temps, le racisme beauf reprend du poil de la bête. Il est de bon ton, entre bourgeois de bonne éducation (le racisme primaire, fait essentiellement de peur de l'autre, de son inconnu, n'est plus réservé au français moyen ou à la vieille noblesse enfermée dans son 19ème siècle, mais s'est étendu à toutes les franges de la population) dire tout haut tout le mal que l'on pense des arabes.

Le politiquement correct fera juste que l'on emploiera le vague "ils" ,néanmoins très compréhensible dans ce contexte, plutôt que le désormais suranné "bougnouls" qui avait au moins le mérite de la franchise. Sans oublier le pudique terme "jeune", qui désigne rarement dans les media un petit blanc bien propret mais presque toujours un plus ou moins basané (en général le visage est flouté mais pas suffisamment pour que le doute subsiste) en survet capuche vivant en banlieue (si possible délinquant ou au moins présenté comme tel pour bien faire comprendre à mamie qu'il faut qu'elle ait PEUR).

Je ne peux m'empêcher de trembler. La jeunesse débilitante qui manifesta un soir de mai 2002 plutôt que d'aller voter quelques jours auparavant, toujours prompte dans la connerie engagée, a désormais d'autres chats à fouetter (s'assurer une place de fonctionnaire notamment) que sauver les ratons, espèce pourtant bien menacée en France.

Symbole de ce racisme ordinaire grandissant, la cité et son traitement médiatique. Les casseurs, les "racailles", sont, à la télé, toujours des arabes (ou parfois des noirs, mais ne mégottons pas, pour l'amateur de Pernault -sous forme de 13 heures ou de pastis- cela reste quelqu'un de différrrrrent). On occulte, ou tout au moins on n'insiste pas trop, sur le fait que, dans le gang des barbares, parmi les casseurs, etc, il y avait des jeunes bien blancs, qui se prénommaient Jérôme et pas Youssouf. Les humanistes sirupeux contribuent de plus, dramatiquement et malheureusement, à creuser le fossé entre la cité et le français bêtement raciste.

En effet, bien qu'il ne faille absolument pas occulter l'aspect sociologique des atrocités commises récemment dans les banlieues (jeunes filles brûlées, meurtre d'Ilan...), il ne faut pas non plus insister au point d'y trouver une excuse envers ceux qui les commettent, ce qui a pour unique conséquence de révolter (à juste titre) le bovin futur lepéniste. L'aspect sociologique me semble indéniable: si de tels actes n'arrivent qu'en banlieue (encore que les média ont ici aussi un rôle important: force est de constater qu'on parle beaucoup moins de Jean-Louis, étudiant en droit d'un quartier cossu qui assassine sa mère en lui défonçant le crâne à coups de bouteille- pourquoi?), si les jeunes de ces cités sont pour la plupart persuadées que les femelles n'ont aucun droit, si, si, si, la cité doit bien y être pour quelque chose, dans la misère qu'elle entretient, le sentiment de rejet du monde qu'elle provoque. Et cette misère sociale propre à la cité frappe tous ses habitants, aussi bien Mouloud que Charles-Henri (mais bien évidemment, il y a dans les cités une majorité de Mouloud puisque c'est là que nous les y mettons depuis 30 ans).

Pour comprendre les gestes horribles susmentionnés, il faut prendre en compte cet aspect. Mais cela ne veut pas dire que cet argument est unique ou fondamental. Mais cela ne doit bien évidemment pas servir à absoudre les auteurs de tels actes, car vouloir comprendre ne veut pas forcément dire vouloir justifier ou excuser. Simplement tenter de réfléchir à ce qui doit être fait pour que cela n'arrive plus, pour que les mentalités changent de part et d'autre. *

Et faire en sorte que le pays des droits de l'Homme ne devienne pas le pays de la Nausée.





*Pour une analogie peut-être parlante: tous les historiens spécialistes de la Shoah prennent en compte, pour tenter de comprendre et d'expliquer l'Incompréhensible, l'antisémitisme virulent qui régnait à l'époque dans la vieille Europe (voyez l'affaire Dreyfus pour ceux qui penseraient que, en France, on était mieux que les autres). Cet argument est, d'une part, un argument parmi d'autres, dont l'importance varie selon les interprétations des spécialistes, et, d'autre part, n'a jamais servi d'excuse ou de justification au IIIème Reich (sauf chez certaines personnes qu'on appelle révisionnistes, et qui ne sont pas forcément connus pour leur objectivité historique). Je reviendrai sans doute sur ce sujet complexe (mes pensées s'ordonnent difficilement pour le moment).
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14 avril 2006 5 14 /04 /avril /2006 17:06
Enfin les vacances. Temps de la branlette, de la sieste, du manger, et un peu de la remise en forme psychique et physique. Le beau temps du sud de la France pour redonner des couleurs à la vie. Pas trop le moment de l'écriture, donc. Pour les aventures en klingon ou la défense des prostituées (un grand passage des "Choses vues", ou Victor se met en scène héroïquement à la troisième personne), il faudra patienter. Quoique, sait-on jamais, le sommeil réparateur pouvant s'avérer un baume bénéfique pour l'inspiration roidie telle un muscle endolori (métaphore inspirée par l'état de mes cuissots suite à une séance vélocipédique intense ce matin). A très vite, ami-x.
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Published by mixlamalice - dans La vie de Mix
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