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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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  • Misanthrope optionnellement misogyne et Esprit Universel.

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11 avril 2006 2 11 /04 /avril /2006 14:33

Non, je ne suis pas moche. Enfin, si peut-être, mais là n'est pas la question. Qu'on m'appelle mademoiselle depuis trois mois non plus. Quoique. Est-ce dû uniquement à mes longs cheveux blonds vénitiens, ou au fait que je suis vraiment effeminé et que ma tentative de moustache est réellement abjecte?

Bref.

Devant mon manque d'inspiration patent (si quelqu'un peut m'expliquer l'article précédent, je suis preneur), je fais appel à vous lecteurs, avant que vous ne désertiez pour de bon vers le blog de Kévina ou de Jean-Pierre. Je vous propose, dans la petite case commentaire jointe à cet article, de me proposer des sujets de chroniques. Sérieux, stupides, qui vous intepellent ou pas, quels qu'ils soient, je relève le gant.

Merci d'avance pour votre participation. A votre bon coeur, messieurs dames.

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11 avril 2006 2 11 /04 /avril /2006 14:18

Le poête au front soucieux, penché sur son pupitre, cherche l'inspiration. L'image est datée, sans choix.

Non, c'est nul. Rature.

Ou plutôt, un monde moderne. L'écrivain, devant son ordinateur, se démène sur son traitement de texte, tapotant fiévreusement de ses deux index rougis par l'effort son clavier.

Non, c'est nul. Touche supprimer. Grave erreur, perte de mémoire instantanée, pas d'amélioration, pas de réécriture possible.

Un mot ajouté par ci par là, un adverbe en moins, un synonyme, revenir sans cesse sur une phrase, travail sur la forme, mais le fond y reste.

Le lectorat se lasse, l'impatience guette.

L'éthique personnelle en jeu: prêt à tout pour séduire? pour maintenir des liens?

Parler de football, de critique cinéma, de critique littéraire, de politique? Ne faire que critiquer, commenter, abandonner le créer. Trop facile.

Attendre, tout simplement, que ça vienne? Dur. Peur du vide, peur de l'abandon. Pression qui augmente. Réflexion qui s'embrume, obnubilée.

Penser à autre chose, écouter son i-pod, se ronger un ongle, fumer une cigarette, corriger ce qui précède, on n'avance plus.

Ecrire ce qui passe par la tête. Ok, on tente. Patrick Bruel et le World Poker Tour, tiens le nouveau première est sorti, pointues les griffes de Serval, les doigts s'emballent, rognure d'ongle coincé entre les dents, désagréable, chanson pourrie je zappe, fais beau mais pas chaud. Mallarmé applaudis-moi.

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31 mars 2006 5 31 /03 /mars /2006 16:25

Mais qui est vraiment ce petit trou de balle donneur de leçons, qui veut devenir fonctionnaire -chercheur au CNRS-, conchie la droite libérale, et qui pourtant prend position contre les jeunes rebelles anti-CPE, vous demandez-vous sans doute à la lecture de mes confuses chroniques.

Je vais tenter de répondre avec qui ça? Avec brio, bien sûr.

Tout d'abord, un homme, me semble-t-il, doit être fait de contradictions et de doutes pour mériter un tant soit peu d'intérêt. Rien de plus affligeant que les crétins bornés, sûrs d'eux et convaincus des vérités intangibles de leur conn(erie)aissance universelle et monobloc. La seule certitude que j'ai c'est d'être dans le doute (ça m'agace, j'ai l'impression que cet homme là a dit bien mieux que je ne le ferai jamais bon nombre de mes non-convictions profondes).

Bref, je suis fait de contradictions, ce qui explique la prétendue nébulosité de mes opinions éclairées. Si je me casse la voix aux concerts métalliques d'Iron Maiden, j'ondule mon corps de bonheur en écoutant Boney M. Si mon goujon frétille devant la beauté des poèmes de mon cher Victor, faire caca en lisant l'Equipe ou Entrevue me ravit également. Si j'apprécie la profondeur subtile de certains dialogues de Woody Allen, je m'esclaffe niaisement et grassement devant les farces stupides mais parfaitement assumées des frères Farelly.

Ceci mis au clair, j'en reviens au problème politique secouant notre beau pays actuellement, pour tenter d'expliquer au mieux mon point de vue (qui, j'en suis conscient, n'intéresse que moi, n'ayant pas la fibre prêcheuse).

Mon but dans les lignes qui vont suivre n'est pas de juger de la qualité de la réforme CPE. Je souhaiterais simplement souligner que le gouvernement ELU démocratiquement (pas par moi puisque je ne vote pas, c'est vous dire comme je suis impartial sur la question) est un gouvernement de droite. Qu'il pratique une politique de droite ne me semble donc absolument pas choquant. Que le gouvernement choisisse la voie de la réforme plutôt que la voie de l'immobilisme douillet suivi par tant de prédécesseurs (des deux partis, d'ailleurs) me semble, ce qui n'est déjà pas mal, relativement courageux. Car évidemment, quand on ne fait rien, le risque de se mettre les électeurs à dos est largement moins élevé.

Mais la crise actuelle est à mon sens révélatrice d'une mentalité française dont la portée dépasse largement le simple cadre du CPE. Les français sont allergiques aux réformes, qui sont, pourtant, semble-t-il, nécessaires, dans un pays plombé par sa dette, par le chômage de sa jeunesse, la fuite de ses entreprises et de ses cerveaux, j'en passe et des meilleures. Seraient-ils convaincus d'être encore au temps des 30 glorieuses, au temps du plein emploi à vie, au temps de la retraite et de la sécurité sociale? Ou, ce qui revient au même, que ce temps-là est encore possible? 

Il est affligeant de voir une jeunesse ,"intégrée" comme on dit,aussi conformiste, convaincue du bien-fondé de son immobilisme, contents de vivre dans le pays ayant l'un des plus forts taux de chômage chez les jeunes et ne voulant rien y changer, et confortée dans cette mollesse d'esprit par la génération précédente qui a laissé ses burnes et ses ambitions sous les pavés de la rue Saint-Jacques pour devenir fonctionnaire à la Poste.

Il est affligeant de voir la peur que le monde de l'entreprise inspire, ses "cadences infernales", sa "flexibilité", son "cynisme". De voir que les étudiants souhaitant professionaliser leurs diplômes sont considérés par la majorité de leurs pairs comme de vilains collabos. De voir que les étudiants d'école d'ingénieur sont considérés comme des privilégiés, des élites, des fils de riches qui ne s'impliquent pas par égoïsme puisqu'ils sont sûrs de devenir riches eux-mêmes. De voir que l'ambition de se dire que si l'on fait ses preuves, on finira par se faire une belle situation est annihilée par un manichéïsme (méchant patron contre gentil nouvrier) tel que même Zola dans les plus belles pages de Germinal n'avait osé l'exprimer.

Vous me direz que le petit con que je suis à bon dos de faire la morale puisqu'il cherche la sécurité de l'emploi dans le fonctionnariat. A vrai dire, je suis favorable à une évaluation des fonctionnaires, ainsi que cela se fait dans n'importe quelle entreprise et parfois même déjà, chez certains de nos voisins, dans l'administration. Sur ce point tout au moins, j'approuve le pacte pour la recherche, en son temps déjà si décrié par les fervents partisans de l'immobilisme et de la petite vie pépére (comme quoi, rien de nouveau sous notre soleil).

Il est affligeant de voir Bruno Julliard et ses énormes sourcils froncés, fier représentant de 40% des 8% d'étudiants syndiqués, étaler son sourire de petit con satisfait chaque soir sur tous les plateaux télés, demander le retrait du CPE comme un gosse refuserait de respirer tant qu'on ne lui achète pas sa cape de Zorro, mais surtout assurer son propre avenir au PS pour les 30 prochaines années. De voir plus généralement les syndicalistes se targuer encore et toujours de représenter le peuple, la France, alors qu'ils ne représentent plus qu'eux-mêmes depuis bien longtemps. De voir l'opposition hurler avec les loups pour essayer de faire oublier son manque d'envergure et ses querelles intestines de petits egos (ce qui leur permit, par exemple, d'ergoter misérablement pendant toute la crise des banlieues pour savoir si leur référendum interne avait été truqué ou non).

Il est affligeant de voir les arguments foireux de ces médiocres auto-proclamés révolutionnaires, leurs références incessantes aux sans-culottes (qui, eux, étaient vraiment pauvres et défavorisés, et qui, eux, se sont aussi vraiment fait niquer) et à Mai 68 comme justification de leurs violences qui ne font pourtant penser qu'à un enfant gâté cassant ses jouets. De les voir bloquer les routes, les universités, de les voir manifester accompagnés de leurs parents voire de leurs papis, sourire niais aux lèvres comme s'ils étaient à la fête foraine, comme s'ils faisaient leur promenade du dimanche (je soupçonne que ce sont les mêmes connards qui prennent le métro à 18h, partent au ski en février et à Nice au mois d'août, parce qu'ils doivent aimer le contact humain surtout s'il est à moins de 10 centimètres).

Il est affligeant de voir que les seules analyses intelligentes sur le sujet sont le fruit de journaux étrangers (je ne parle pas de Fox News qui conseille d'aller passer ses vacances en Irak car c'est moins dangereux que Paris).

Pour conclure, on aura bien compris que je suis affligé. Ceci dit, je comprends la jeunesse: moi aussi, je voudrais bien être payé 5000 euros par mois, avec un boulot sans pression mais ultra-intéressant, 10 semaines de congés payés, 35 heures et les RTT. Allez les jeunes, après la révolution du prolétariat, voici venu le temps de la révolution du fonctionnariat. Hasta la victoria siempre.

 

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31 mars 2006 5 31 /03 /mars /2006 15:17

9 jours sans écrire. Petit couplet habituel pour m'excuser auprès de mes 15 fans, et des trois autres.

Trop occupé à aller casser du CRS avec mes amis syndicalistes.

Enfin, malheureusement, ce n'est pas aussi rock'n'roll, je n'étais qu'occupé à rédiger la 48ème version de mon article arlésien, qui je l'espère, arrive enfin en phase terminale (sinon, c'est moi qui vais l'être bientôt). Mes chefs, après avoir géré leurs congrès, leurs demandes de financement, leurs nouveaux stagiaires, leurs vacances, ont décidé de prendre le problème à bras le corps, ce qui me laisse augurer d'une conclusion heureuse autant que prochaine.

En attendant, je reprends la plume et ça va chier dans le ventilo.

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22 mars 2006 3 22 /03 /mars /2006 14:28

Six derniers mois globalement assez intenses, du point de vue du travail:

Beaucoup de manipes, parfois le week-end, une publi à rédiger, un encadrement de projet, environ 80 heures d'enseignement par dessus, des abstracts à soumettre pour des conférences.

Le jeu en valait la chandelle, puisque la première partie de ma thèse est désormais achevée, ou presque, que la publi est en phase terminale (remarquez, ça fait deux mois que je le crois, et que, de manipes complémentaires en manipes complémentaires, elle atteint désormais les 11 pages), que la probabilité que j'aille à Rio cet été est désormais fort élevée.

La médaille a néanmoins un revers: le cerveau fonctionne au ralenti, et la perspective de commencer des manipes totalement nouvelles et sur un tout autre thème sans aucune garantie de résultats ne facilitent pas la motivation des quelques neurones qui me restent, d'autant que ses manipes nécessitent une mise en place pratique importante. L'article, toujours lui, commence à peser par les délais qui me sont imposés par mes boss (qui, eux aussi, ont des délais à respecter pour des demandes de financement ANR, et qui ne peuvent pas tout faire).

Bref, j'ai besoin de faire un break, car je n'ai pas la force de me bouger le fion en ce moment: résultat, je végète depuis dix jours devant mon ordi, de lequipe.fr en passant par lemonde.fr, le démineur et les mots fléchés du 20 minutes. Même les idées de chronique se font rares, alors qu'elles pourraient aider à meubler mon quotidien actuellement un peu morose. Cet état de légume apathique se renforçant chaque jour, j'attends désormais que le temps passe. Il ne serait pas cependant pas souhaitable que cela perdure jusqu'à mes vacances, puisqu'elles ne sont que dans trois semaines. En un mot comme en cent, je m'emmerde grave. Que faire pour ramener la patate?

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21 mars 2006 2 21 /03 /mars /2006 09:42

La société secrète judéo-maçonnique gouverne le monde, avec l'appui des extraterrestres de Roswell, au nez à la barbe des petites gens que nous sommes, depuis des siècles.

C'est cette société judéo-maçonnique qui a fomenté la révolution française pour faire chuter la royauté, et sous couvert de démocratie, a pu mettre en place une dictature bourgeoise qui s'est rapidement étendue à l'échelle européenne, ainsi qu'aux Etats-Unis.

Pour éviter la propagation de la révolution prolétaire soviétique (encore qu'un courant radical de théoriciens du complot affirme que la révolution soviétique est également d'origine judéo-maçonnique, menée par le sémite Trotsky), les judéo-maçonniques ont, par des provocations répétées, poussé à la guerre le gentil Adolf. La société bourgeoise, bien décidée à ne pas lâcher le pouvoir si chèrement acquis, a décidé de se défaire d'une de ses parties, comme on sacrifie parfois une branche d'un arbre pour qu'il puisse survivre: la bourgeoisie judéo-maçonnique dominante a subtilement provoqué le massacre de la petite bourgeoisie juive (l'Holocauste) pour détourner de la révolution les prolétaires. Cela, de plus, a permis au sionisme la création d'Israël, qui est devenu depuis  la place forte de la domination mondiale, plaque tournante de l'argent et du pétrôle.

A la fin de la guerre, et depuis l'effondrement du communisme, le complexe judéo-maçonnique a conquis la planète, et, relayé par des organismes secrets tels que la NSA, la CIA, le KGB, ou le CPE, il suit chacun de nos mouvements (notamment quand je vais aller faire caca d'ici quelques minutes) par satellites espions.

Le gouvernement mondial est à l'origine de toutes les guerres pour s'approprier les richesses des rares espaces de libertés qui ne sont pas encore sous sa coupe (Irak, Cuba, Iran).

Le gouvernement mondial judéo-maçonnique est à l'origine des résurgences religieuses actuelles, utilisées comme opium du peuple, et comme moyens de divisions (pendant que les fanatiques de tous bords s'assassinent au nom de Dieu, les judéo-maçonniques sont plus tranquilles pour mener le monde à leur guise, sans que nous ne nous rendions compte de rien).

 ....

Je pourrais continuer encore longtemps. Ne riez pas. Toutes ces "théories" ont été émises par des gens qui les prennent au sérieux (la "théorie" de l'Holocauste comme manipulation capitaliste est notamment le fruit de révisionnistes d'extrême gauche).

Ne sachant pas trop comment conclure, je vais donc aller faire caca, en espérant que les satellites ne zooment pas trop. Gardez l'oeil ouvert quand même, parce que la vérité est ailleurs, comme le disait Fox Mulder.

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20 mars 2006 1 20 /03 /mars /2006 16:10

Je vois que mes élucubrations politico-désanchantées ne me permettent pas de fidéliser de nouveaux lecteurs. Je vais donc revenir à l'univers plus basique du blog socio-culturel, plus cul que turel, d'ailleurs.

Je commence par la version 12-14 ans:

HiR, G T O ciné kan G rencontré 1 gross cochonn ki me ma-T avc des yeux 2 braise. L m a di ke ge ressemblé à M. Pokora. G T tro fi-R.

Je lé enmené boar un V-R o McDo. On a discu-T et on a tro kiffé. L ador oci le dernié Harry Potter et Green Day.

L porté un gin DIESEL tro bô et on voyé son string. Sé converse rose été tro class et son body Van Dutch ultra sexy.

On cé doné no tél. Ge lui é envoyé 1 SMS. J espèr kon va se revoar. J émeré tro sorti avc.

Bisouxxx a ts les blogueurs.

Mixou la malice. 

Je continue avec la version 20-30 ans. Seul le langage varie, le fond reste le même (enfin, non, il y a souvent une touche de pseudo-second degré, toujours le même, assez pitoyable):

Hier, je me connecte sur Meetic comme tous les soirs, désespérant d'y rencontrer enfin quelqu'un d'intéressant. Ma vie, c'est comme Bridget Jones, c'est fou.

Ouais, sur meetic, les mecs c'est tous des porcs, soit ils ne sont là que pour mon cul, soit ils sont trop moches. Bizarrement, je n'y ai pas encore trouvé le prince charmant, mais plutôt des désespérés comme moi.

Et puis, ce soir, j'ai rencotré Pierrot. On est allé discuter dans un café, et moi qui suis si difficile j'ai eu le coup de foudre. Comme moi, il adore Ana Gavalda, et puis c'est un grand fan de Vincent Delerm.

Ensemble, on est allé voir Angel-A de Besson, et on a trouvé que c'était la plus belle histoire d'amour qu'on ait vu au cinéma.

Il est un peu timide alors il n'a pas osé me raccompagner chez moi. Je viens de me faire le maillot en pensant à lui, j'espère qu'on fera l'amour très prochainement parce que je n'avais jamais connu une telle communion de pensée avec quelqu'un.

 

 

J'espère que cette nouvelle approche me vaudra le succès dans les jours qui viennent.

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17 mars 2006 5 17 /03 /mars /2006 10:13

L'une des inventions les plus pitoyables de l'intelligence humaine: le débat d'idées.

Preuve encore une fois hier soir, à propos, bien sûr, du CPE, sur France 2.

Les rares personnes constructives, posées, et réfléchies, et ce quelle que soit leur position, ne sont de toute façon pas écoutées par la majorité de débiles présents. Je décernerais d'ailleurs la palme à la représentante syndicale des lycéens alignant les lieux communs cheguevaresques version Lorie avec la fougue de ses 17 ans, et au représentant de l'UNEF et son sourire auto-satisfait de petit bourgeois propret de mes deux qui va décoiffer sa mèche dans la rue pour oublier qu'à 25 ans sa mère lui lave encore ses slips.

Je ne parlerai même pas des deux politiques présents qui n'ont pu s'empêcher, comme d'habitude, au bout de 5 minutes, de se lancer dans le classique: "oui mais nous quand on était au gouvernement, on a fait baisser d'1/3 le chômage des jeunes" "non c'est pas vrai, parce que il reste 40% de chômeurs chez les jeunes et c'est nous qu'on va les faire baisser" "Mais regardez les chiffres au lieu de leur faire dire n'importe quoi" "toi même, d'ailleurs les français ils le savent bien que vous dites des choses qu'elles sont pas vraies parce qu'on vous a battus aux dernières élections" "miroir" etc... Du haut niveau, en somme.

Plus généralement, chacun est reparti chez lui encore plus ancré dans ses convictions qu'au départ (notamment, pour les étudiants, que le gouvernement est très méchant, que les patrons sont très méchants et que leur seul but dans la vie est de licencier leurs salariés -surtout les jeunes, ah les jeunes- pour qu'ils meurent de froid et de faim dans cette société capitaliste qu'elle est pas très gentille), et a pu se féliciter d'avoir prôné le "dialogue" sans pour autant avoir, ne serait-ce qu'une minute, tenter d'écouter les autres.

Je suis allé vomir.

 

Je ne résiste pas, en appendice, à remettre ici le petit texte de Desproges intitulé sobrement non aux jeunes, et qui date, tout de même, de 1986:

«Et vous, qu'est-ce que vous avez fait pour les jeunes ? » lançait l'autre soir Jack Lang, cette frétillante endive frisée de la culture en cave, à l'intention de je ne sais plus quelle poire blette de la nouvelle sénilité parlementaire.
«Qu'est-ce que vous avez fait pour les jeunes?» Depuis trente ans, la jeunesse, c'est-à-dire la frange la plus totalement parasitaire de la population, bénéficie sous nos climats d'une dévotion frileuse qui confine à la bigoterie. Malheur à celui qui n'a rien fait pour les jeunes. c'est le péché suprême, et la marque satanique de la pédophobie est sur lui. Au fil des décennies,
le mot «jeunes» s'est imposé comme le sésame qui ouvre les voies de la bonne conscience universelle. Le mot «vieux» fait honte, au point que les cuistres humanistes qui portent la bonne parole dans les ministères l'ont remplacé par le ridicule «personne âgée», comme si ces empaffés de cabinet avaient le mépris des rides de leurs père et mère. Mais les jeunes ne sont pas devenus des « personnes non âgées ». Les jeunes sont les jeunes. Ah, le joli mot.

....Aujourd'hui, à l'âge mûr. les jeunes me sont encore plus odieux. Leurs bubons d'acné me dégoutent comme jamais.
Leurs chambres puent le pied confiné et l'incontinence pollueuse de leurs petites détresses orgasmiques. Et quand ils baisent bruyamment, c'est à côté des trous.Leur servilité sans faille aux consternantes musiques mort-nées que leur imposent les marchands de vinyle n'a d'égale que leur soumission béate au port des plus grotesques uniformes auquel les soumettent les maquignons de la fripe. Il faut remonter a l' Allemagne des années 30 pour retrouver chez des boutonneux un tel engouement collectif pour la veste à brandebourgs et le rythme des grosses caisses.
Et comment ne pas claquer ces têtes à claques devant l'irréelle sérénité de la nullité intello-culturelle qui les nimbe ? Et s'ils n'étaient que nuls, incultes et creux, par la grâce d'un quart de siècle de cretinisme marxiste scolaire, renforcé par autant de diarrhéique démission parentale, passe encore. Mais le pire est qu'ils sont fiers de leur obscurantisme, ces minables.
Ils sont fiers d'être cons.
«Jean Jaurès? C'est une rue, quoi», me disait récemment l'étron bachelier d'une voisine, laquelle et son mari. par parenthèse, acceptent de coucher par terre chez eux les soirs où leur cretin souhaite trombiner sa copine de caleçon dans le lit conjugal.
Ceci expliquant cela : il n'y a qu'un «ah» de résignation entre défection et défécation. J'entends déjà les commentaires de l'adolescentophile de bonne mise : « Tu dis ça parce que t'es en colère.
En réalité, ta propre jeunesse est morte, et tu jalouses la leur, qui vit, qui vibre et qui a les abdominaux plats, "la peau lisse et même élastique ", selon Alain Schifres, jeunologue surdoué au Nouvel Observateur. »Je m'insurge. J'affirme que je haïssais plus encore la jeunesse quand j'étais jeune moi-même. J'ai plus vomi la période yéyé analphabète de mes vingt ans que je ne conchie vos années lamentables de rock abâtardi.
La jeunesse, toutes les jeunesses. sont le temps kafkaïen où la larve humiliée, couchée sur le dos, n'a pas plus de raison de ramener sa fraise que de chances de se remettre toute seule sur ses pattes.
L'humanité est un cafard. La jeunesse est son ver blanc.
Autant que la vôtre, je renie la mienne, depuis que je l'ai vue s'échouer dans la bouffonnerie soixante-huitarde où de crapoteux universitaires grisonnants, au péril de leur prostate, grimpaient sur des estrades à theâtreux pour singer les pitreries maoïstes de leurs élèves, dont les plus impétueux sont maintenant chefs de choucroute à Carrefour.

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13 mars 2006 1 13 /03 /mars /2006 17:39

Depuis deux semaines, Jussieu (et une trentaine d'autres facultés en France) est en grêve, contre le CPE.

La jeunesse crie son ras-le-bol face à un probleme auquel elle ne comprend visiblement rien (non que moi, je sois capable de leur expliquer, mais il suffit de les voir s'exprimer sur TF1 pour se demander, affligé, si on assiste à une caricature d'Elie Seimoun ou s'ils sont vraiment aussi lobotomisés à force d'écouter Matt Pokora).

Ces petits crétins organisent le contrôle des entrées à la fac, se sentant des hommes en empêchant, parfois relativement violemment, leurs camarades (sans sous-entendu communiste) qui souhaiteraient aller bosser de pénétrer (sans sous-entendu graveleux), et en obligeant les chercheurs, parfois de très loin leurs aînés, à montrer patte blanche pour pouvoir se rendre sur leur lieu de travail. Ironie de la situation, ils s'empressent après leur "prise de pouvoir" de recréer le flicage incessant et nauséabond qu'ils villipendent (ou villepinisent?) si férocement chez Nabozy.

Oui mais voila, 20000 étudiants en sciences à Jussieu, et les AG des petits syndicalistes en herbe (qui a dit "manipulés" par les grands, les anciens frustrés de 68 qui souhaiteraient se sentir jeunes de nouveau, malgré leur évidente surcharge pondérale dûe à l'abus de foie gras?) se tiennent à moins de 1000 personnes. Je ne sais pas si les étudiants sont majoritairements contre la grêve, mais voici quelques petites anecdotes collectées auprès de mes élèves ce vendredi. "Il n'y a pas de blocus aujourd'hui vu que les grêvistes voulaient partir en week-end" (effectivement, le blocus a repris aujourd'hui, lundi). "Ca fait deux semaines qu'on ne fait rien, on est content d'avoir TP" (effectivement, effectif au complet si j'ose dire, ce qui ne m'était pas arrivé si souvent que ça en deux ans d'encadrement) "la semaine dernière, un élève a franchi le mur d'enceinte de 4m de Jussieu pour pouvoir venir en TP" (il s'est fait sermonner, à juste titre, par le technicien: ce n'est pas la peine de risquer la mort pour aller bosser quand même, surtout que le TP, tu ne le feras pas vu que tu es tout seul)...

On mentionnera également, en terme de connerie crasse,  l'occupation de la Sorbonne, qui a permis la dégradation de plusieurs objets à  valeurs historique et pécuniaire.

Je préfère les jeunes quand ils se rebellent en écoutant Kyo plutôt que quand ils essaient de faire comme leurs ancêtres, des barricades (tiens, c'est marrant, le PDG de Renault est un ancien leader de mai 68). Car il n'y a qu'eux qui ne savent pas encore qu'ils termineront pareillement, carriéristes ou tout petits bourgeois.

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8 mars 2006 3 08 /03 /mars /2006 10:49

Ce week-end, je me baladais sur l'avenue près de Saint-Germain. En bon parisien, je n'avais pas le coeur ouvert à l'inconnu, et j'avais encore moins envie de dire bonjour à n'importe qui. Je l'ai peut-être déjà écrit (la sénilité me guette): l'air agressif et pressé "viens pas m'emmerder" est un des côtés que le provincial venu conquérir Paris conquiert le plus vite, justement. Qu'est-ce qu'il est moche, ce verbe conquérir quand il n'est pas à l'indicatif.

Bref, je voulais profiter de ce dimanche bucolique et ne pas me faire casser les burnes par qui que ce soit.

Las, une demoiselle m'aborde malgré tout. J'ai commis l'erreur de croiser son regard. Toujours regarder par terre ou dans le vague, cela permet d'éviter la confrontation 9 fois sur 10. Cette technique est également suivie par des millions de cancres tout au long de leur scolarité.

Très jolie, des yeux de biche, je la sentais vibrante d'engagement désintéressé. La cause: le Sida. Elle me proposait de contribuer mensuellement, par prélèvement banquaire (le principe des dons se modernise), à l'éradication de ce méchant virus qui fait des morts, même parmi mes proches sans doute, puisqu'il y a 7000 nouveaux cas par an en France et 1 mort par jour (je n'écoutais que distraitement, les chiffres sont peut-être absurdes).

Après l'avoir laissée déblatérer son petit speech, je lui ai tenu à peu près ce langage "je m'en fous. Je suis un gros connard égoïste et je m'en fous. Donc je ne m'engage pas personnellement, et mieux, je ne soutiens aucun engagement: contre le CPE, contre la guerre, contre la faim dans le monde, contre l'intolérance, contre le racisme, contre le SIDA, contre la mort, contre la connerie, contre Harry Potter, pour la paix dans le monde, pour le bonheur, pour plus d'argent à la fin du mois, JE M'EN FOUS."

"Mais comment feraient les associations s'il n'y avait que des gens comme vous?"

"S'il n'y avait que des gens comme moi, il n'y aurait PAS d'associations. Malheureusement, il y a des gens qui ne sont pas comme moi et qui ont besoin d'avoir un but et de penser qu'ils servent à quelque chose pour se sentir exister. Je respecte ça, mais je ne suis pas comme ça. Moi je ne sers à rien, je l'assume pleinement. Ca ne veut pas dire que je n'ai pas d'opinions, que je ne suis pas révolté par la bêtise humaine ou le dernier Besson, que je ne réfléchis pas avec la même acuité que n'importe quel crétin de jeune qui va à manifester à tout bout de champ, mais je pense que la vie est assez brêve et que j'ai d'autres priorités à accomplir que la quête inutile consistant à sauver le monde: ainsi je ne m'occupe que de moi, je ne demande rien à personne et tout ce que je demande c'est qu'on ne me demande rien. Bref, comme il n'y a pas que des gens comme moi, il y a des associations, et donc je leur conseille de s'adresser à des gens qui ne sont pas comme moi et surtout de ne pas m'emmerder le dimanche, surtout quand je n'ai rien à faire." 

"Sur ce, bon week-end, alors". La peine se lisait sur son visage. Si encore j'avais été vieux, mais là, un djeun's présumé cool, l'écharpe et les cheveux au vent. Où va le monde? 

"Vous aussi".

Malheureusement, ceci est légèrement romancé. Je ne suis pas très réactif, dans ce sens où les mots que je voudrais dire, dans une situation donnée, ne me viennent qu'après coup. Donc, notre conversation s'est limitée à quelques mots, qui ont suffi à lui faire comprendre que je n'étais qu'un gros connard égoïste qui préférait garder sa thune pour aller se saoûler, ce qui était, de toute manière, l'argument majeur que je souhaitais lui faire passer.

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