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  • : La vie au labo
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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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  • Misanthrope optionnellement misogyne et Esprit Universel.

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24 février 2006 5 24 /02 /février /2006 09:37

Hier, j'ai pu observer, à intervalles réguliers, lorsque je parcourais les couloirs à la recherche de divers objets pour mes manipes, un fait incroyable mais vrai.

Deux jeunes femmes en pause café, de leur arrivée le matin au labo (environ 10h) jusqu'à la pause déjeuner (environ 12h30).

Elles ont donc passé plus de deux heures dans la cafétaria du labo, à discuter devant un thé.

Quelques bribes de discussion saisies au vol (certaines sont authentiques, d'autres sont le fruit de mon imagination, mais auraient bien collé dans le tableau):

"Non, mais tu vois, en ce moment, je suis trop overbooké, je croule sous le boulot, j'arrive pas à m'en sortir, j'ai vraiment la tête sous l'eau".

"Moi ce qui m'énerve, c'est de passer 1h15 dans la journée à chercher un rodage à la con pour un montage. Ils font chier les gens à jamais remettre les objets à leur place".

"Pff il est vraiment temps que je prenne des vacances, je profite pas assez de la vie en ce moment".

"Il est pas mauvais ce thé".

"Ah mais il va être l'heure de déjeuner là, non?"

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20 février 2006 1 20 /02 /février /2006 19:14

Par définition desprogiennes, il précède l'âge pourri.

Bref, si il y a cinq ans le moi d'alors avait lu certaines chroniques du moi d'aujourd'hui, il se serait dit "quel polard de merde celui-là".

Eh oui, le rebelle nihiliste qui était en moi a bel et bien disparu pour laisser la place au petit bourgeois confortable.

Société, société tu m'auras pas, chantait Renaud, et puis bon, après tout lui aussi, elle l'a eu (le Renaud qui chantait ça viendrait-il bavocher sa misère chez Marc-Olivier Faugiel?). Alors pourquoi pas moi?

 

Ou alors, le rebelle nihiliste qui était en moi était déjà totalement moulé dans le système, à l'instar des petites pucelles de noir vêtues qui écoutent Nirvana (ou Slipknot... pauvre Kurt Cobain, même mort, la société l'a eu) à fond dans le bus en regardant la populace d'un air vindicatif.

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20 février 2006 1 20 /02 /février /2006 16:56

Plus le nombre de manipes s'amenuise pour finir un projet, plus le temps nécessaire pour les mener à bien est élevé. Il y a une divergence temporelle de la probabilité d'achèvement.

Je pense que ce constat est une implication de la loi de Murphy.

Que mes éventuels lecteurs dépourvus de culture scientifique me pardonnent ces quelques phrases un brin barbares. 

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17 février 2006 5 17 /02 /février /2006 10:18

Il m'arrive d'avoir à travailler (en clair, faire des manipes) avec certains collègues.

Premier écueil, fixer un jour. Il est strictement impossible d'obtenir du collègue en question de faire une manipe au pied levé, ou le lendemain. Il vous expliquera, entre deux mails et une tasse de café, qu'il a un programme surchargé, avant de vous accorder, après moult palabres, un créneau de son temps si précieux dans les deux semaines.

Arrive le jour dit. Et là, deuxième écueil: lancer la manipe. "Bon, on y va là?" "Attends faut que je réfléchisse" "bon d'accord". Résultat, 11 heures du matin, toujours rien de fait. Finalement, après avoir procédé à quelques réglages préliminaires, il est déjà l'heure de déjeuner. "On s'y remet à 15h, parce que là je voudrais aller faire mon jogging"... Super.

Si les gens bossent comme ça en solo, je m'interroge.

D'une part, je pense qu'à un certain moment, il faut cesser de s'interroger AVANT la manipe, parce qu'en général il y a déjà largement de quoi s'interroger après, lors de l'interprétation. Bref, autant la faire et on discutera après.

D'autre part, je pense qu'il est nécessaire de planifier et de réfléchier à ce que l'on va faire un peu AVANT de le faire et pas seulement au moment où on le fait. J'essaie dans la mesure du possible et bien évidemment cela ne prend pas en compte les impondérables, de déterminer les manipes que je vais faire d'une semaine sur l'autre, avec un planning relativement précis jour par jour. Comme cela, je sais quel jour je vais devoir arriver plus tôt, quel jour je vais devoir partir plus tard, et quel jour je peux glandouiller. Cela permet assez souvent d'éviter les mauvaises surprises, et surtout cela permet, sur une journée de 8 heures, d'avoir 8 heures relativement efficaces, plutôt que 10 heures où il en a fallu 2 pour se mettre en route, et avec 2 autres d'atermoiements au milieu et 1 heure de pause clope-café-jogging-caca-je ne sais quoi.

Je ne cherche pas à me poser en exemple (beaucoup de mes lecteurs pensent, peut-être à raison, que je suis un glandeur. Pour ma part, j'aime à penser que je bosse efficace. Je suis sûr que ça en fait sourire certains, en ce moment), ni à cracher sur le travail des autres, mais ces problèmes d'organisation m'agacent un brin, parfois.

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13 février 2006 1 13 /02 /février /2006 10:03

Une thèse, c'est:

1000 jours de travail.

1000 manipes, dont 900 foireuses.

30000 marches montées et descendues.

500 litres de café.

100 kilos de caca.

300 kebabs, 500 sandwichs.

75 pots (soutenance de thèse, départ à la retraite, galette des rois, naissances, décès...). 75 litres de rouge.

5000 photocopies dont 4500 inutiles (quand on fait de la biblio, on ne lit que l'abstract, qui représente les 10 premières lignes de la première page des 10 que compte l'article).

47 stylos bille.

63 tubes d'aspirine.

3 blouses blanches rapidement plus blanches.

100 engueulades pour des béchers mal nettoyés, un appareil mal éteint ou une gueule de con.

1000 h de glande sur Internet.

1 congrès au Bessat. Oui, mais 1 congrès à Rio. Oui, mais 1 congrès à Sheffield.

5000 coinches.

...

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10 février 2006 5 10 /02 /février /2006 17:20

Ah oui, ça c'est sûr.

Une semaine quasi sans manipes, pour cause d'absence de créneaux disponibles. Dommage, car il ne me manque que quelques petites expériences pour achever l'article que je suis en train d'écrire. Malheureusement, ces manipes sont importantes pour l'interprétation des résultats, impossible de ne rien faire sans elles.

La semaine s'est donc résumée, ou presque, à réécrire, remodeler encore et encore le début du dit article, et à commencer l'abstract nécessaire pour l'admission à la conférence de Rio.

Bref, toute la journée, tous les jours de la semaine, en permanence devant l'ordi. Résultat: migraine tous les soirs. En plus de la crêve que je me trimballe depuis deux semaines.

Le rayon de soleil de la semaine vient de mon nouveau bureau: je suis désormais en charmante compagnie. Là n'est pas vraiment la cause de mon sourire. Ou plutôt si. Je m'explique: auparavant, mes co-bureau étaient un post-doctorant grec et un thésard amateur de rugby. L'ambiance virile et amicale n'était pourtant pas du goût de l'informaticien du labo, qui ne venait pas souvent nous parler, étrangement. Depuis que mes compagnons sont une blonde à forte poitrine et une vénézuelienne au charme andalou, je vois beaucoup plus souvent ce cher Philippe, qui vient leur tenir des propos mutins à longueur de journée (j'aime me ballader nu dans mon appartement, tu connais ce site de cul, etc... je crois qu'il a acheté dernièrement le manuel du parfait chopeur).

Merci Philippe, donc, de me faire sourire, toi dont je n'avais pas apprécié jusqu'à présent la compagnie à sa juste valeur. Je ne suis pas sûr que les deux jeunes femmes partagent mon avis, néanmoins.

Vivement le week-end et ses gros dodos.

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8 février 2006 3 08 /02 /février /2006 11:14

Avant d'en parler, je vais commencer par en faire une, de citation.

"Si, pour enjoliver votre argument, vous citez un sombre inconnu, ça ne sert à rien, autant vous abstenir." Mon prof de français de prépa.

Remarquez ici le paradoxe étourdissant et génial (je m'impressionne de temps à autre), puisque j'applique dès mon début d'argumentaire l'antithèse de la citation susmentionnée, mon prof de français n'ayant, je crois, pas accédé entre temps à la célébrité.

Il n'empêche, je pense qu'il a raison. Et le corollaire, citer quelqu'un de plus ou moins unanimement balèze, ça peut permettre de renforcer l'argument. Attention, ça ne doit pas le remplacer (défaut malheureusement trop souvent observé), sinon ça ne compte pas.

Autre concept: citer peut être un moyen de montrer qu'on a été touché par une phrase, qu'elle nous a fait réfléchir. Dans mes lectures, je suis plus souvent marqué par quelques passages brefs, des "citations" qui m'ont amené à débattre intérieurement (à me reconnaître, à approuver, à contredire, à réfléchir en somme), que par la généralité de l'ouvrage (même si le style est souvent le facteur prédominant qui me fait m'attarder ou non). Je préfère par exemple Bukowski et ses histoires au renouvellement nul mais avec ses petites phrases parfois géniales de cynisme à la platitude gentillette de romans pourtant mieux ficelés.  

Pour conclure avec deux citations à propos des citations cet article sur les citations:

"Je me cite souvent, cela apporte du piment à ma conversation" de Georges Bernard Shaw

"Les citations sont les pilotis de l'écrivain fantôme: sans elles, il s'enfoncerait dans le néant", de Erik Orsenna.

Je vous laisse, amis lecteurs, le soin de les interpréter à votre guise.

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2 février 2006 4 02 /02 /février /2006 11:55

Le style est sans doute l'un des fondements de la littérature. Pour devenir un bon écrivain, il faut "trouver son style".

J'essaie de trouver le mien ici.

Et, quand j'analyse rétrospectivement ce que j'écris, je me dis que, peut-être, j'ai un style. Tout au moins dans mes chroniques que je qualifierais de "légères". Un style forcément inspiré (serais-je le nouveau Desproges?) quoique pas toujours très inspiré (quel talent de jongleur des mots). Bref, c'est sans doute ce que j'écris de mieux.

Le bât blesse lorsque je m'attaque à des sujets plus "sérieux". Je suis plus hésitant, je le sens lorsque j'écris. Je me tâte, car le ton décalé qui me vient naturellement  n'est pas toujours adapté pour des thèmes qui me tiennent à coeur.

Alors je me tourne vers mon idole, vers ce cher Victor. Comme je l'ai expliqué ailleurs, Hugo est très fort pour exposer ses idées. Il procède par phrases courtes, à la limite du péremptoire, mais qui s'enchaînent à merveille pour produire une argumentation sans faille, même si le point de vue défendu semble a priori litigieux. A un point tel que c'en est agaçant.

Vous remarquerez que, dans mes chroniques "sérieuses", je recours, plus ou moins consciemment, à ce procédé de phrases courtes (que j'essaye de rendre cinglantes). Malheureusement, n'est pas Victor Hugo qui veut, et je crains que ce que je ponds ne ressemble plus à des articles politiques de Paris-Match.

Bof. Je suis aussi là pour progresser.

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2 février 2006 4 02 /02 /février /2006 10:00

Malgré le titre trompeur, je ne compte pas parler ici de ma bite. Je ne souffre pas, tel Napoléon, de priapisme.

Je voulais plutôt souligner que la cadence blogienne n'est pas tous les jours facile à tenir.

Pour fidéliser la clientèle lectrice, il me faut écrire encore et encore. Trois jours sans chronique, et l'audience baisse dangereusement.

Or , mon travail, parfois, me passionne. Ne riez pas.

D'autres fois, l'inspiration n'est pas au rendez-vous. Quand je n'écris pas, hein. Quand j'écris, vous trouvez peut-être que je n'ai pas d'inspiration non plus, mais c'est une histoire d'échelle de valeurs. La par exemple, vous vous dites que je racle les fonds de tiroir. Ca ne vole pas bien haut tout ça. Originalité, néant.

Mais je suis seul. Avec mes petits doigts boudinés, et même avec la meilleure volonté, il m'est difficile d'écrire assez pour contenter l'appétit littéraire du badaud. D'écrire toujours à un niveau stratosphérique, comme dirait Georges Eddy. Et c'est pour ça que, rentré chez lui, il se jette sur le dernier Ana Gavalda dès qu'il a fini le nouveau Dan Brown.

Je porte une lourde responsabilité, parfois difficile à assumer.

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28 janvier 2006 6 28 /01 /janvier /2006 10:26
"Que c'est beau d'être un homme". C'est le slogan de la dernière pub Nennen. Ou Mivea, je ne sais plus.
Toujours est-il qu'en l'entendant, j'ai souri, en imaginant qu'une caméra me filmait au moment même où cette phrase était prononcée.
Samedi matin, je viens de me réveiller. Ma moitié est absente pour le week-end. Je suis vautré sur le canapé, torse nu, portant un calebard d'une propreté douteuse, pas rasé, l'oeil torve et me grattant nonchalamment le bas ventre à la  Al Bundy, devant l'EquipeTV. Sur la table les restes de repas de la veille s'amoncellent. Mes fringues sont éparpillées par terre.
Oui, c'est beau d'être un homme.
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