Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : La vie au labo
  • La vie au labo
  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
  • Contact

Profil

  • mixlamalice
  • Misanthrope optionnellement misogyne et Esprit Universel.

Recherche

19 décembre 2005 1 19 /12 /décembre /2005 17:02

Sans inspiration, l'artiste expire.

Moi.

Je ne sais pas si quelqu'un l'a déjà faite, en tout cas, je suis content de l'avoir trouvée. Elle est pas mal, non?

Bon, enfin, voila, quoi. Je vais m'arrêter là car aujourd'hui je n'ai pas trop la flamme. J'ai même plutôt la flemme.

 

Repost 0
Published by mixlamalice - dans La vie de Mix
commenter cet article
19 décembre 2005 1 19 /12 /décembre /2005 11:54

Noël. La neige couvre de son manteau blanc la plus belle ville du monde, incitant le poète au romantisme et à la mélancolie bucolique. En théorie. En pratique, à Paris, il pleut. Ou alors, les rares flocons couvrent en quelques heures les trottoirs d'une boue immonde qui provoque surtout le dégoût.

Ah, quel enthousiasme chaque année pour offrir ces jolis cadeaux dans le but de faire plaisir à son prochain.

"Bordel de merde, qu'est-ce que je vais bien pouvoir lui offrir cette année?". La question rituelle que nous nous posons tous. Prévoyants, nous y réfléchissons un mois durant, activement.

Et puis, finalement, devant l'absence totale d'idée originale, nous nous retrouvons à la bourre comme des millions d'autres connards, à faire tous nos achats trois jours avant Noël, dans des magasins bondés où la bonne humeur règne.

Ainsi, comme chaque année, à quelques menues variantes près, maman recevra un compact-disc, papa un livre, frérot une place de concert, et mamie un bibelot en porcelaine (plus les gens vieillissent, plus c'est difficile: d'une part on a à peu près tout ce dont on a besoin, d'autre part on est en général peu enclin à la nouveauté. Je vois mal ma grand-mère se mettre au mp3, par exemple). Joie ultime, ils seront tous obligés de sourire en ouvrant leurs cadeaux et de me féliciter "oh quelle bonne idée".

Repost 0
Published by mixlamalice - dans La vie de Mix
commenter cet article
19 décembre 2005 1 19 /12 /décembre /2005 09:47

Trop vieux pour ces conneries, en français dans le texte. La phrase culte de Danny Glover dans l'Arme Fatale.

C'est un peu ce que j'ai ressenti aussi, en allant pour la première fois depuis six mois, à une soirée étudiante de mon ancienne (parce que j'y ai été élève) et nouvelle (parce que j'y fais ma thèse) école.

En 4 années, j'avais dû rater 3 soirées. En fermer un sacré paquet.

Et puis là, je ne sais pas. Le drame. Que s'est-il passé pour que je subisse une telle transformation? Est-ce simplement la vie en couple, qui en remplaçant le célibat, a annihilé toutes mes propensions à être un djeun's à la cool? Est-ce le cap du quart de siècle, qui m'a changé en vieux beauf préférant se saouler au pinard en mangeant un boeuf mode tranquillement chez lui face à la télé, plutôt que d'enchaîner kebab-whisky coca et brûlage de dancefloor all night long? Est-ce une moins grande résistance à la fatigue, ou plutôt une moins grande volonté de résistance à la fatigue qui est en jeu?

Enfin voila, quelles qu'en soient les raisons, c'est un fait, je ne vis plus les soirées comme avant.

Déjà, la sono ne passe plus de disco. Forcément, ça n'aide pas. Un petit Boney M ou un Patrick Hernandez de derrière les fagots, ça vous fait quand même plus facilement remuer le popotin que le dernier brûlot hardcore tech underground londonien à 740 bpm (cet avis n'engage que moi).

Voir vomir un gars sur mes pieds à 0h00, ça ne me fait plus rêver. Voir deux gars bourrés vouloir se taper, ça ne m'excite plus. Voir des gros roulages de pelles sous l'emprise du cabanis, ça ne fait plus vibrer ma fibre romantique, ni même mon esprit de compétition pour découvrir le ragot de la mort qui tue de la soirée et être le premier à pouvoir faire la concierge.

J'ai fumé UN joint à la soirée, j'ai été décalqué pendant deux heures. Trips en rafales, immobile et le regard fixe. C'est bien la preuve que je vieillis. Finie la grande époque ou je prenais deux soufflettes avant d'aller en TD (enfin c'est ptêt pas un mal non plus).

Alors voila, c'est pas que je m'emmerde à une soirée, parce qu'il y a toujours des gens que j'aime y voir, avec qui je n'ai plus forcément autant qu'avant le temps, ou l'occasion, de discuter. Même si ce n'est pas toujours facile de discuter en soirée, surtout quand l'écart d'alcoolémie entre les deux protagonistes est trop élevé. C'est pas que je m'emmerde donc, mais ce n'est clairement plus le bon vieux temps.

La daronisation, dirait l'un de mes amis. C'est fou comme en si peu de temps, un jeune rebelle peut se transformer en gros con réac. Oh mon Dieu, je vais peut-être voter Sarkozy en 2007? Ce sera vraiment la fin. Pour mon enterrement, soyez gentils, passez en boucle "Mon Beauf" de Renaud.

Repost 0
Published by mixlamalice - dans La vie de Mix
commenter cet article
18 décembre 2005 7 18 /12 /décembre /2005 00:42
Qui suis-je pour parler d'influences?

Un petit thésard. Un scientifique. Je ne veux pas ici évoquer des personnalités scientifiques qui m'ont influencé. Hormis le fait qu'il n'y en a probablement pas à l'heure actuelle (plutôt des gens dont j'admire le génie scientifique), ça ne ferait pas un sujet de chronique très bandant.

Je voudrais écrire quelques mots sur mes influences artistiques. Le terme "influence" est sans doute mal choisi, puisque je ne suis ni écrivain, ni musicien, ni plus généralement artiste . Au sens propre du terme, ils ne m'ont donc pas influencé. Alors disons plutôt qu'ils ont provoqué en moi des émotions. Fortes.

Dans le domaine littéraire (je commence par là puisque, pour ceux qui ont la comprenette difficile malgré ce que montre ce blog, je suis un écrivain raté, ou un non-écrivain frustré, à votre convenance), mon hugophilie est très connue au sein de mon cercle d'amis. Sans parler de l'homme, si contrasté, l'écrivain Hugo est à mon sens le plus grand. The greatest, si ce surnom n'était pas déjà attribué à Mohammed Ali dans un tout autre domaine. Son talent de plume est inégalé. Hugo manie tellement bien la phrase dans son ensemble (sa longueur, son champ lexical, sa musicalité) qu'une argumentation hugolienne est toujours irréprochable et incontestable, quand bien même on ne partage pas son opinion. Ses affirmations apparaissent à la fois péremptoires et en même temps inattaquables. C'est très fort.
Sa faculté à provoquer l'émotion chez le lecteur est également phénoménale (amours impossibles, dévouement sublime...).
500.000 personnes se sont massées à son enterrement au Panthéon, en 1885. Autant que sur les Champs-Elysées en 1998 quand la France a gagné la Coupe du Monde. C'est dire si Hugo n'était pas n'importe qui, puisqu'il fut à un siècle décart l'égal de 22 footballeurs.

Toujours dans le romantisme français, j'ai une grande affection pour Alexandre Dumas père. "Je viole peut-être l'Histoire, mais je lui fais de si beaux enfants", aurait-il dit. Il n'y a rien à ajouter. Je passerai sans polémiquer sur ses "nègres" (perfidement, je soulignerais juste que Maquet, le plus célèbre d'entre eux, commença une carrière solo après leur séparation, pour sombrer illico dans les oubliettes de la littérature, tandis que Dumas restait à son sommet). Dumas écrit sans doute moins bien que Hugo, et que la plupart des écrivains de l'époque (Stendhal, Balzac, Flaubert), d'un strict point de vue technique. Mais son génie de conteur d'histoires n'a jamais été surpassé. Dumas et ses ficelles pas toujours très fines (suspense de bas de page, histoires à rallonges, de l'action à tout va, du sexe, de la mort) sait appâter le lecteur comme pas deux et provoquer un engouement, une quasi-dépendance. Je ne connais personne qui n'ait fini "le Comte de Monte Cristo" et ses 2000 pages en moins d'un mois, même chez des lecteurs rien moins qu'invétérés.

Dans la littérature contemporaine, Haruki Murakami a écrit les plus beaux romans d'amour qu'il m'ait été donné de lire. "La ballade de l'impossible" et surtout  "Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil", sont des chefs-d'oeuvre. Peut-être parce que j'y ai trouvé une métaphore de ma propre histoire, peut-être parce que je trouvais là superbement couché sur le papier des sentiments ressentis que je n'avais jamais su exprimer, moi, par écrit? Quoiqu'il en soit, le texte est poétique, éthéré, beau tout simplement. Sa deuxième facette, plus orientée vers un fantastique teinté d'absurde, m'est moins familière.

Enfin, j'apprécie grandement David Lodge, auteur britannique. David Lodge, à l'instar d'Umberto Eco, a d'abord été universitaire (prof de littérature anglaise, spécialiste de Joyce et Austen) avant de se lancer lui-même dans l'écriture. Avec une grande réussite. Les histoires (qui ne sont souvent, je le subodorre, que des prétextes) ne sont guère plus que du vaudeville. Tout est dans le traitement: Lodge, grâce à sa grande culture, développe dans chaque roman un thème philosophique (souvent théologique) qui ne tombe pas comme un cheveu sur la soupe (et n'est pas là que pour impressionner le lecteur, chose que j'aurais par exemple tendance à reprocher à Eco) mais vient subtilement donner plus d'intérêt à l'histoire. D'autre part, une grosse dose d'humour british, fait d'ironie, de petites méchancetés et d'une grosse dose d'auto-dérision, me correspond assez bien. Je me soupçonne d'aimer Lodge car il me montre, en quelque sorte, ce à quoi ressembleraient sans doute mes romans si j'étais capable d'en écrire.
J'apprécie plus généralement tous les romans de ce que j'appellerais les affiliés de David Lodge (qui commence à se faire vieux), les petits jeunes british qui montent: Hornby, Baddiel, Coe, Fielding, Mc Cauley (lui, il est de Boston).

En BD, je rendrai hommage à Greg et son Achille Talon, qui m'ont fait aimer la langue française et donné le plaisir d'enrichir mon vocabulaire à un âge ou ce n'est pas forcément la préoccupation première. Goscinny pour sa faculté à jouer avec les mots (que ce soit dans Lucky Luke, Astérix, avec Gotlib, etc) a toujours beaucoup compté.

Pour conclure sur le chapitre littéraire, je me dois de coucher ici le nom de Pierre Desproges, que j'ai déjà cité dans un autre article, qui alliait de grandes qualités d'écrivain et un humour dévastateur sorti droit d'un esprit férocement misanthrope. Coluche, quoique touchant un public plus populaire, était beaucoup plus subtil qu'on ne le présente souvent.

Musicalement, ce sera plus court: il y a un groupe qui a fait de moi l'amateur de musique que je suis devenu. Iron Maiden. Eh oui, ce n'est pas récent. De plus, la baffe qui m'a conduit au métal est venue d'une écoute, à la Fnac, de l'intro de "Sign of the cross" dans l'album X-Factor (alors que j'avais 14 ans) , album qui est sans doute (et sans doute à raison)  l'un des moins aimés du groupe. Je ne classerai pas ici les trois chanteurs de Maiden, puisque je les apprécie tous, et que selon moi la force du groupe vient plutôt des compos de Steve Harris, le bassiste. Maiden, certes, finit par tourner un peu en rond, mais a eu le mérite d'inventer ou de populariser les duels de guitare, et la basse type cheval au galop, deux éléments qui sont désormais quasiment des définitions du heavy métal.
J'ai toujours voulu jouer de la guitare comme dans Iron Maiden et quand je m'y suis mis, j'étais convaincu de devenir une rock star (comme tout le monde lorsqu'il commence la guitare). Malheureusement, mon manque de volonté patent m'a plutôt conduit à faire dans le Hughes Aufray: vous savez, le pote qui ramène sa gratte à toutes les soirées au coin du feu et qui vous fait chanter les grands classiques de U2 ou de Téléphone. Je suis sûr que vous en avez un comme ça dans votre entourage.

Enfin voilà, je ne suis pas devenu un guitar hero permanenté vêtu d'un collant moule-burnes et alignant les soli à 3000 à l'heure, mais Maiden m'a fait aimer le métal et découvrir une foultitude de groupes que j'écoute toujours aujourd'hui (WASP, Megadeth, Manowar, Metallica, Helloween, etc...), même si je suis maintenant un petit vieux (qui plus est, qui vit en couple. Et Manowar ne renforce bizarrement pas le couple) qui s'est mis aux Cranberries et à Ben Harper.

Je m'intéresserai au cinéma dans une chronique prochaine, car, voyez-vous, il est tard. En vous souhaitant, amis lecteurs, une bonne nuit, je m'éclipse.
Repost 0
Published by mixlamalice - dans Littérature
commenter cet article
16 décembre 2005 5 16 /12 /décembre /2005 11:31

Brassens a souligné avec une rare justesse, dans "Le Pluriel" qu'au delà de 4, on était une bande de cons.

Je pense donc que Georges était grand amateur de belote.

Je me félicite d'autant plus d'en être un moizaussi.

Repost 0
16 décembre 2005 5 16 /12 /décembre /2005 09:50

"L'amour, ce n'est pas seulement un homme fuck une amie, ce n'est pas. L'amour, c'est quelque chose de plus en bas, dans le coeur, dans le corps, dans toute la forme". Bruce Dickinson.

Excusez-le, il est anglais.

Enfin, à peu près tout le monde (non?) aujourd'hui serait d'accord pour distinguer l'amour du sexe (l'un semble impliquer l'autre, l'autre pouvant être totalement décorrelé de l'un. Pardonnez au scientifique qui sommeille en moi, mais je me comprends).

 

Cette définition semble toutefois insuffisante. Et se pose la question: c'est quoi-t'est ce, l'amour? 2000 années de philosophie et de réflexions sur le sujet n'ayant pas résolu le problème, je ne viens pas tel Zorro tout régler pif paf, mais juste argumenter un peu pour le plaisir.

 

Quel est le plus facile : aimer quelqu’un qui ne vous aime pas ? Ou être aimé de quelqu’un que vous n’aimez pas ?

L’amour se construit-il ou est-il irraisonné et passionnel ?

Un amour passionnel est-il viable à long terme, ne cause-t-il pas nécessairement trop de souffrances à celui qui le vit comme à celui qui en est l’objet ?

Trop de questions sans réponses fermes, tranchées, définitives. Trop de questions sur lesquelles bute le cartésianisme le plus sûr de lui.

Qui viennent sans doute d'une question mère: qu’appelle-t-on aimer ?

Et c'est bien là le problème: chacun a une définition bien à lui de ce que signifie "aimer". Problème sémantique donc, rendu par l'Académie elle-même dans le dictionnaire, puisque sous "amour", on trouve des significations allant du panpankiki à la passion destructrice et suicidaire du jeune Werther.

Plus important encore, chacun a sa façon bien à lui de vivre son amour.

Je distinguerais toutefois très schématiquement trois types de couples (par couple, j'entends ici deux êtres qui vivent ensemble une histoire de longue durée. Je ne m'intéresserais pas ici aux couples type amitié longue mais juste pour une nuit).

  • Les couples passionnels, éternels amoureux, Roméo et Juliette, Cosette et Marius, les couples romantiques tels qu’on n’en voit que dans la littérature ou presque. Les couples dont l’amour est si fort qu’il est auto-suffisant, que les besoins terrestres n’existent plus, que le regard de l’autre suffit seul au bonheur total. Les couples à l'abri de l'érosion du quotidien qui finit par détruire tant de liens. Un tel couple existe-t-il dans la réalité ? Je ne sais. Je ne crois pas en connaître. J’aimerais croire qu’il en existe. J’aime à le croire. J'ai toujours été très influencé par la scène littéraire romantique française. Je suis un doux rêveur: je sais que ce ne sont que des mots. Je sais que, par exemple, Hugo, qui peignait si bien la Passion, la beauté des sentiments amoureux, ne se gênait pas pour défoncer sans états d'âme la bonne ou une quelconque actrice.
  • Les couples "raisonnables", si j’ose dire. Une attirance physique réciproque, quelques sujets de conversation communs ou une relative indifférence positive mutuelle, une occasion fortuite ont rapproché deux êtres. Le courant est passé, l’histoire a continué. L’attachement s’est crée, le couple est confiant dans son bonheur pépère et sans risque, cet attachement grandit. Pour devenir de l'amour, si tant est que, comme je me le demandais plus haut, l'amour puisse se construire. De tels couples, il me semble en voir chaque instant autour de moi. C’est sans doute la voie la plus saine de la relation conjugale, même si ce n'est pas celle qui me fait le plus rêver.
  • Les couples "hybrides", où l'un des protagonistes, amoureux, a réussi, plus ou moins rapidement, à s'attacher l'autre partie, pourtant "indifférente" au départ. Si l'amour peut se construire, peut-être alors ces couples peut-être peuvent se rapprocher de l'idéal du couple passionnel (après tout, ils n'ont que la moitié de chemin à faire). Mais ces couples sont aussi dangereux. Le couple fonctionnant toujours, plus ou moins subtilement et pour des raisons variées, sur un mode dominant-dominé, on peut trouver dans ce cas un fort déséquilibre. Trop fort pour la viabilité du couple. Et, supposons que l'amour ne se construit pas, la mauvaise balance des sentiments peut elle aussi avoir raison du couple: L'"indifférent" peut être tenté d'aller chercher ailleurs ce qu'il ne trouve pas ici, l'"amoureux" peut finir par perdre patience devant l'absence de sentiments de sa moitié.

 

 

Pour conclure par une citation bien choisie (pourquoi "bien choisie"?: simplement parce qu'elle est drôle et tient compte de ma problématique aussi bien sémantique que thématique. Et tac.) comme toute rédaction de lycée qui se respecte:

Le verbe aimer est un des plus difficile à conjuguer : son passé n'est pas simple, son présent n'est qu'indicatif et son futur est toujours conditionnel. 

Cocteau

 

 

 

Post-Scriptum: Je vous l'accorde, pour un sujet aussi noble et éthéré que l'amour, mon exposé peut sembler enfermé dans un cadre un peu trop rigide. Mais, une fois encore, c'est le scientifique en moi qui cartésianise un maximum.

Repost 0
15 décembre 2005 4 15 /12 /décembre /2005 15:42

Parfois je rêve.

Je rêve d’un monde meilleur, un monde moins fou, un monde plus beau.

 

 Un monde où on ne ferait pas la guerre. Un monde où tout le monde vivrait en paix, dans l’harmonie et la félicité.

Un monde où la pauvreté, la faim, le SIDA, la drogue et toutes ces choses méchantes qui tuent des gens auraient disparu, ou même n’auraient jamais existé.

Un monde où les arabes et les juifs s’aimeraient, et où nous on les aimerait aussi.

Un monde où l’on ne dirait, ne ferait jamais de mal à personne. Où tout le monde il serait beau il serait gentil. Un monde lisse.

 

Où l'ironie et le second degré n’existeraient pas. Où le rire, finalement inutile, finirait par disparaître. Comme les pleurs, comme l'amour, comme la haine. Comme toutes ces émotions contradictoires qui ne servent à rien d’autre qu’à nous faire sentir vivants.

 

 

Repost 0
Published by mixlamalice - dans La vie de Mix
commenter cet article
15 décembre 2005 4 15 /12 /décembre /2005 15:31

Comment s’inscrire en thèse financée par le ministère de la recherche ?

 

 Arme-toi d’un stylo bic noir et neuf (beaucoup d’encre nécessaire), de ton chéquier, de quelques photos, de ta carte d’identité, de ta carte vitale, de plusieurs RIB, quittances de loyer, factures EDF, de tous tes diplômes depuis le baccalauréat, de ton certificat d'appel à la défense si tu es né après 1980, de ton extrait de casier judiciaire, de ton extrait de naissance certifié conforme par la mairie, d’enveloppes et de timbres, d’une photocopieuse, d’un plan de métro, de deux pieds en état de marche, et de toute ta patience.

Prends surtout la décision, ferme, inébranlable et inextinguible de ne jamais, au grand jamais, perdre ton sang-froid. Sinon, tu es perdu, irrémédiablement.

Sache qu’on ne t'aidera pas. Sache qu’on ne t'informera jamais spontanément de quoi que ce soit. Sache qu'il te faudra obtenir les signatures de personnalités invisibles (le directeur de l'UMR, le directeur du DEA, le directeur de l'UFR, le directeur du CIES -ne me demande pas ce que ces sigles veulent dire). Sois prêt à traverser Paris, à retraverser Paris, à découvrir des lieux dont tu ne soupçonnais pas l'existence. Sache que tu as seul ton Destin entre tes mains. Sache que l’Aventure que tu vas vivre, tu en es l'unique Héros. Tu n'auras plus d’amis. Il n’y aura face à toi que des machines inhumaines créées pour te détruire mentalement. On les appelle les FONCTIONNAIRES.

Je ne peux que te souhaiter bonne chance. Il n'y a pas de conseils à donner, si ce n'est de ne jamais crier victoire trop tôt. Cette expérience, cette leçon de vie, est personnelle et unique.

Tu seras un homme mon fils. Mais seulement une fois que tu seras inscrit en thèse.

Et n'oublie pas, il faut renouveler ton inscription chaque année...

Repost 0
Published by mixlamalice - dans La vie de Mix
commenter cet article
15 décembre 2005 4 15 /12 /décembre /2005 11:41

Tous les thésards ont connu ce genre de journée typique.

9h30: arrivée au labo. Le thésard n'est pas un animal matinal.

La journée ne peut commencer sans une grosse dose (30 cls) de caféïne, une lecture intensive de ses six boîtes mail, une pause caca (le café du matin a des effets nettement plus impressionnants sur le transit intestinal que les All Bran).

10h15: L'heure des manipes a sonné. Le thésard, l'oeil vif et le poil luisant, se rue dans la salle de manipes.Malheureusement, ses échantillons qu'il préparait amoureusement depuis deux semaines n'ont absolument pas fonctionné. Il ne peut rien en tirer. Il se contente de tout jeter et de faire la vaisselle. Variante: le thésard mal réveillé laisse tomber son produit par terre, le polluant ainsi irrémédiablement.

Qu'à cela ne tienne, il avait une deuxième manipe en cours. Mais elle n'est pas finie. La chimie, c'est comme la cuisine, quand c'est pas cuit, c'est pas cuit. Tant pis.

La troisième manipe est également inexploitable: l'appareil est hors service. Personne n'ayant pensé à s'occuper de passer commande pour la pièce de rechange, le thésard s'en charge. Par la magie de l'administratif, le thésard passe une heure à remplir des papiers, à envoyer des mails de validation de commande. Enfin, la commande est passée: il n'y a plus qu'à attendre trois semaines que la pièce de rechange arrive.

12h00: pause déjeuner, l'enthousiasme du jeune thésard est déjà bien émoussé, son esprit déjà nettement moins conquérant.

14h00: Deuxième lecture de mails. Le thésard cherche au fond de lui la remotivation.

14h30: le thésard a une idée de génie. Ca y est, la science va décoller. Eh bien non: la manipe est occupée, et le thésard s'entend dire qu' "il n'est pas prioritaire, et qu' il n'a qu'à revenir dans un mois, peut-être qu'à ce moment là il aura un créneau de 27 minutes, mais là maintenant c'est impossible".

15h00: le thésard, passablement énervé, se voit demander par la thésarde vénézuelienne qui ne parle pas français, d'appeler Ikea pour elle car elle a eu un problème de livraison de ses meubles. Puis, le post-doc grec, qui lui non plus ne parle pas français, demande au thésard d'appeler le médecin pour prendre rendez-vous.

16h00: le thésard, hésitant à éventrer avec les dents tous ses collègues, préfère s'en aller comme un prince et va se saôuler avec ses potes en attendant des jours meilleurs.

Repost 0
Published by mixlamalice - dans La recherche
commenter cet article
14 décembre 2005 3 14 /12 /décembre /2005 19:40

Un projet de loi sur la recherche va bientôt être voté, projet de loi qui fit suite aux importantes manifestations de chercheurs partout en France il y a deux ans. Voici mon avis sur la question, qui ne se trouve être que mon avis, pas forcément très éclairé, mais qui est malgré tout l'avis auquel je me réfère lorsque je veux savoir vraiment ce que je pense.

Je trouvais à l'origine ce mouvement spontané et noble. Noble, car les chercheurs ont été les seuls, à ma connaissance du moins, à manifester NON PAS pour des augmentations de salaire (ou autres avantages personnels), mais SIMPLEMENT pour de meilleures conditions de travail (quand je dis "de meilleures conditions de travail", entendez plutôt "des conditions de travail décentes"), permettant à la recherche française de rester compétitive, et éviter l'exode grandissante des jeunes chercheurs à l'étranger où leurs diplômes et compétences sont reconnus -et payés- à leurs justes valeurs. Et pourtant, un jeune chercheur rentrant au CNRS ou à l'Université débute à environ 1500 euros net. A bac+10, il y aurait de quoi gueuler. Nous ne l'avons pas fait. Comme disait le vieux Raymond, qui m'encadrait lorsque j'effectuais mon stage de DEA au Collège de France, "aujourd'hui, vouloir devenir chercheur en France, c'est comme vouloir être curé: c'est un sacerdoce".

Bref, j'aimais l'idée altruiste et non égoïste de ce mouvement dans ses premiers moments.

Mais las, finalement le syndrome du syndicalisme français omniprésent a frappé le mouvement. Aujourd'hui les chefs de "Sauvons la recherche" me font penser aux leaders de la SNCF, EDF ou la Poste. Ancrés dans leur immobilisme et leurs petits privilèges, ils refusent toute avancée.

Le gouvernement, avec son projet de loi, semble faire des efforts (notamment dans l'intégration et l'insertion des jeunes docteurs, et également en allégeant les charges d'enseignement parfois monstrueuses des chercheurs universitaires - 1 journée par semaine sans compter les préparations, corrections...- qui empêchent d'une part le jeune chercheur d'avancer ses projets, et qui d'autre part pénalisent également les étudiants, leurs cours étant assurés par quelqu'un dont ce n'est pas le "métier" et même, pas nécessairement un spécialiste en la matière. Si, si, je vous assure, ça se passe comme ça: "il nous manque un prof de thermodynamique" "oui mais je fais de la chimie organique, moi", "ben c'est pas grave, vieux, tu vas le faire quand même". Vous imaginez cette situation au collège ou au lycée? Fin de cette longue, mais me semblait-il nécessaire, parenthèse).
Mais le gouvernement donne le doigt, et ces messieurs, forcément, veulent le bras.

Ils refusent, en élitistes académiques, la moindre ouverture vers le monde industriel (partenariat qui, me semble-t-il, fonctionne très bien aux Etats-Unis, au Japon ou même en Allemagne).

Ils refusent d'admettre que le CNRS, comme toutes les administrations françaises, doit être réformé pour gagner en efficacité, pour que la sécurité de l'emploi (qui me semble importante) ne dérive cependant pas vers un jem'enfoutisme hallucinant de certains parasites.

Ils refusent d'évoquer l'idée que des axes prioritaires de recherche puissent être fixés, pour que Tartempion puisse encore toucher des subventions et les gaspiller en étudiant les moeurs reproductives de la drosophylia amenibus en milieu tempéré ou tout autre sujet inutile - Attention, je ne soutiens pas pour autant la politique consistant à ne faire que de la recherche à court terme, appliquée. Sans recherche fondamentale, à long terme, pas d'inventions révolutionnaires-.

Preuve de leur mauvaise foi grandissante, ces messieurs du collectif  Sauvons la Recherche demandent au public, sur leur site, de répondre à une question biaisant totalement le débat. Au lieu de demander "le projet du gouvernement est-il une avancée sur les conditions de la Recherche en France?", la question est, deux points je cite avec des pincettes: "Pensez-vous que le projet de loi est une réponse à la hauteur des demandes exprimées depuis deux ans dans le cadre du mouvement de la recherche ? ". Bien sûr, à 98%, les votants répondent non. Que peut-on répondre d'autre? Prenons un exemple simple: quand la CGT demande pour ses salariés 25% de hausse de salaire, et que le gouvernement offre 5%, non il n'a pas été à la hauteur des demandes exprimées, mais pourtant oui, il a fait un pas dans la bonne direction.

Quoiqu'il en soit et pour conclure cette diatribe qui doit commencer à paraître longue, des réformes pour la recherche me semblent nécessaires. Je ne suis pas un spécialiste en juridiction, mais le projet gouvernemental en propose, des réformes, me semblant aller dans le bon sens (ce qui ne veut pas dire que je soutiens la politique gouvernementale dans son ensemble). Est-ce suffisant ou pas? Là, cela devient trop complexe pour ma petite vision de chercheur débutant. Je stopperai donc là.

Pour conclure sur une petite touche d'humour, une chercheuse réputée qui m'encadrait, toujours lorsque j'étais au Collège de France (institution tout aussi réputée, et qui regroupait certains des leaders du collectif pour la recherche), au plus fort de la grogne et après trois semaines de manifestations plus ou moins quotidiennes, a dit: "au bout d'un moment, la recherche, avant de penser à la sauver, faudrait penser à la faire".

Repost 0
Published by mixlamalice - dans La recherche
commenter cet article