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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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13 mars 2014 4 13 /03 /mars /2014 16:06

On a beaucoup discuté sur twitter des résultats des prépropositions ANR, sortis en début de semaine. On avait déjà bien disserté à l'époque de l'annonce des nouvelles modalités de dépôt en août septembre.

 

J'ai pris le temps de consulter les rapports d'activité depuis la création de l'agence, et de regarder l'évolution par année:

- du budget alloué aux (engagé dans les) AAP

- du nombre de projets déposés

- du nombre de projets acceptés

Pour l'année 2013, les chiffres ne sont pas encore disponibles publiquement (ils devraient l'être dans quelques mois), mais j'ai pu en voir certains par le biais d'un collègue insider (nombre de projets acceptés, et budget). Il reste deux ou trois valeurs que je n'ai pas formellement, mais qu'on m'a communiquées oralement avec l'incertitude qui va avec. Elles sont encerclées en rouge.

 

Je vous mets les graphes (moches, j'ai pas que ça à faire non plus) sans commentaires autres que, depuis 2 ans, "the rate is accelerating". Vous en faites ce que vous voulez.

Amis journalistes, si vous me lisez et que ça vous intéresse, prévénez-moi avant de vous en servir (ou à tout le moins citez-moi, même si comme me l'a dit un jour une journaliste réputée d'un quotidien tout aussi réputé, ce n'est pas votre façon de procéder). Je dis ça à tout hasard...

 

graphe-global.jpg

Graphe global, ordonnée en log

 

deposes.jpg

 

En 2014, changement en profondeur des règles avec passage à une sélection en 2 étapes, et pour la 1ère aux prépropositions de 5 pages (quand avant il n'y avait qu'une seule étape avec un document d'une quarantaine de pages)

 

acceptes.jpg

 

 

taux-d-acceptation.jpg

 

Le point 2014 sera réactualisé en juillet...

 

budget-copie-1.jpg

 

 

 

Edit: une idée dont je ne sais pas si elle est légitime, une évaluation du nombre de projets financés par rapport au budget (ce qui serait relié à un coût moyen par projet). Le chiffre est à peu près constant (2.2 + ou - 0.2 projets financés par M€, ou si vous voulez un coût moyen de projet de 450k€ - ce qui ne semble pas absurde pour un projet collaboratif typique de 3 ou 4 ans).

Le fait que ça soit constant semble indiquer que, quand le budget baisse, on ne baisse pas l'enveloppe par projet, mais le nombre de pojets, proportionnellement (ce qui est un "choix politique").

 

nb-projet-over-budget.jpg

 

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10 mars 2014 1 10 /03 /mars /2014 10:11

Je ne savais pas que ça se pratiquait encore, mais il faut croire que si. Et comme c'est la première fois que ça m'arrive en 8 ans et demi de blog, je ne peux décemment pas refuser. 

J'ai donc été "tagué" par Doc dans le cadre des Liebsters Awards.

 

http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQqlNKMXLIu-apg8b4K2h3vBPzTrczIGSUuaNEJjwrLXuK4zPW8

 

Alors pour jouer le jeu, il faut (je recopie):

- Écrire 11 choses sur soi.
- Répondre aux 11 questions de la personne qui vous a nominée.
- Taguer 11 blogs qui comptent moins de 200 abonnés et leur poser 11 questions.
- Mettre le lien vers leurs blogs sur l’article.
- Les tenir au courant de leur nomination.
- Informer la personne qui vous a nominée que vous avez rempli votre tâche.

 

Problème pour la partie "diffusion de la chaîne": je ne crois pas suivre 11 blogs au total, et une bonne partie d'entre eux ne se prêterait pas à ce genre de choses. Je vais donc hélas ne pas remplir mon contrat à ce niveau, mais je vais essayer de répondre au reste.

 

11 choses sur soi.

- Je joue de la guitare depuis presque 20 ans et les seuls soli que j'arrive à peu près à sortir sont ceux de Nirvana ou d'Eddie Vedder. 

- J'ai un téléphone portable Sagem qui date de 2004: j'estime passer déjà bien trop de temps sur Internet pour vouloir un smartphone (et je pleure chaque jour la disparition de Nokia).

- Je n'ai jamais compris l'intérêt des blogs de recettes ou de Marmiton: achetez-vous un bon bouquin simple et faites pas chier avec vos recettes persos quiche courgette-chorizo ou gratin de nouilles au jambon.

- Je ne suis pas un "vrai Parisien", puisque je suis né à Paris, ainsi que ma mère (il est de notoriété publique que le "vrai Parisien" est arrivé de sa province à 20-25 ans et renie son passé de bouseux).

- Je suis un maniaque des livres: mon "rêve" de bourgeois serait d'avoir une pièce entière bibliothèque lorsque j'aurai un 6 pièces. Je déteste abîmer les livres (et donc je ne les achète pas d'occasion) et je ne conçois pas d'acheter un jour une liseuse. 

- Je m'imagine souvent en Michael Douglas dans Chute Libre lorsque je suis assis à côté de gens qui téléphonent de façon interminable dans les lieux publics "clos".

- J'aime beaucoup les chiffres et les petits calculs (addition, soustraction, division, pourcentage), et les ordres de grandeur. Le tout associé à une absence à peu près totale d'idéologie, ça fait que je pense avoir un fort détecteur de bullshit.

- J'ai presque aussi longtemps que je me souvienne toujours aimé la bouffe et faire à bouffer. Au départ beaucoup de sucré avec ma mémé, depuis surtout du salé. Le sucré, c'est de la chimie, le salé, de la physique.

- Je suis tombé dans le métal à cause des pochettes, surtout d'Iron Maiden, à la Médiathèque de Nice. Mais ce qui a fait que je n'ai plus écouté que ça pendant plusieurs années, ado, c'est l'intro de "The Sign of the Cross", puis les premières mesures de Louder Than Hell de Manowar.

- J'étais bassiste inaudible dans le groupe des prépas Masséna, qui donnait un concert par an (le concert de la taupe si je me souviens bien) devant une foule en délire de probablement pas loin de 200 personnes.

- J'ai connu Chrisos en prépa d'ailleurs (puis j'ai lu son blog sans d'abord savoir qui il était), où le prof de chimie m'appelait Le Viking et les autres prépas Fausse Blonde (je m'étais teint en blond platine entre sup et spé, puis une deuxième fois en école, en fin de 3ème année je crois; à ce sujet, une anecdote amusante puisqu'il y a eu une coupure d'eau ce jour là dans la résidence étudiante, or il faut se rincer au bout de 15-30 minutes avant que ça ne commence à brûler. Un très bon pote, heureusement, est allé m'acheter 6 bouteilles de Cristalline au Franprix...).

 

 

Ensuite, on répond aux questions du Doc

 1. Si internet n'existait pas, tu ferais quoi actuellement, au lieu de répondre à cette question débile ?

Je serais en train de rédiger un article sur ma recherche, bref, je bosserais.

2. Tu as fais combien de fautes au code ?

2 si je me souviens bien (à l'époque on avait droit à 5).

 3. Est-ce que la vendange entière t'importe, quand tu goûtes un vin qui sent le cul de poney ?

Je pense que je ne connais pas assez bien le vin (ou peut-être ne suis pas assez snob sur ce plan là) pour que ça m'importe non.

 4. Le pire vin que tu as dû avaler, sans moufter, car le vigneron, son agent, sa femme, son meilleur client, était largement plus costaud que toi ?

Il y en a eu probablement plusieurs, mais je me souviens d'un Saint-Joseph Dard et Ribo il y a deux ou trois ans, que j'étais allé acheter dans "ze cave branchée de Nice sponso Fooding" pour Noël avec la famille, qui, avouons-le, s'intéresse peu au pinard et a donc des goûts extrêmement classiques. Le vin avait un petit goût de cidre de poire (à 30 euros la bouteille, ça fait quand même cher et chier), mais au lieu de l'admettre j'ai fait mon parisien snob en expliquant le peu que je sais des vins nature. Tout le monde a hoché la tête mais n'en pensait pas moins... 

Sinon, dans un autre registre, il m'est arrivé de boire du Mouton-Cadet aussi, ou des "promos Picolas médaille d'argent du concours viticole de Montluçon" à 3€90 dans des soirées.

 5. tu as eu combien en anglais au bac ?

Je crois que ça a du être 14, dans la mesure où j'ai eu 14 presque partout à part un 10 en philo (13.8 au général)

 6. Quel est le gros blockbuster, avec les voix françaises de Tom Hanks et Robert de Niro, que tu as vu 5 fois en 3D, dont tu ne te vanteras jamais pourlevercharmer une bombasse/un intello plus sexy que BHL en"Master de parcours visuel"qui ne jure que par les films de Theo Angelopoulos ?!

Concernant le cinéma, j'ai des goûts très prolos, même s'il m'arrive d'aller voir du coréo/iranien distribué dans 3 salles pour faire le malin. Donc, j'aime beaucoup Forrest Gump, Alien, Predator, Zoolander, Dumb and Dumber, Piranha 3D, Dodgeball, des histoires de cannibales consanguins...

 7. quel est le seul plat que tu peux manger même froid ?

J'aime à peu près tout, et même les trucs que je n'aime pas spontanément peuvent m'être révélés quand il y a un grand chef derrière... Après, je suis un grand fan des pâtes et des omelettes: dans les deux cas, on peut tout mettre dedans et c'est bon, chaud, froid ou tiède.

 8. T'es plutôt Godspeed you Black Emperor ou Dédé Verchuren ?

Faut-il vraiment que je réponde? Bon, j'ai commencé à écouter du métal comme presque tous ceux qui en écoutent quand j'avais des problèmes de self-esteem, une coupe en bois et des boutons sur la gueule, bref, à l'adolescence. Depuis, j'ai quand même élargi mon champ d'écoute (j'ai plus de 500 CDs chez moi, heureusement qu'il n'y a pas que du métal; par contre, je ne suis pas trop variétoche française), mais une part de moi reste fidèle au petit puceau moche que j'étais. Après, dans le métal comme dans d'autres trucs, je reste assez conservateur: mon dada, c'est le heavy des années 80.

9. un livre un vin, une chanson pour ta dernière journée avant de devenir sourd, aveugle, perdre l'odorat et le goût?

Les Misérables de Hugo mais c'est un peu long en une journée... Un vin particulier, non, je demanderais un conseil. Pour la chanson, ça évolue au fil du temps, en ce moment je dirais Child in Time de Deep Purple. Sinon, Amsterdam de Brel fait partie de ces chansons qui me filent toujours le frisson.

10. Viande ou poisson ?

Chez moi ou dans les restos "de tous les jours", largement viande. Chez les grands chefs, plutôt poisson, ce sont souvent les plats de poissons qui m'ont le plus émerveillé (peut-être parce que la première claque fut au Bernardin, qui ne fait que dans le poisson). Mais il faut beaucoup de talent. La viande c'est plus facile (et du coup moins bluffant même quand c'est très bien réalisé, à mon avis).

11. Et sinon, ça va bien ?!!

Comme un lundi.

 

 

 

Si j'avais 11 blogs à qui poser des questions, les voici (si vous me lisez et que vous vous sentez, help yourself comme on dit)

1. Twitter ou Facebook?

2. Ben Stiller ou Dany Boon?

3. Pinard: Bordeaux ou ailleurs?

4. Guillaume Musso ou Marc Lévy (ou autre)?

5. Lou Doillon ou Charlotte Gainsbourg (ou autre)?

6. La Ravigote avec son boudin patates sautées à l'ail à 14€ et son troubadour qui chante du Trénet ou Richer, Pantruche et autres avec leurs légumes oubliés, menu-carte à 37€, serveurs et clients barbus et chef tatoués? 

7. Hellfest ou Solidays?

8. The Mentalist ou Breaking Bad?

9. Est-ce qu'à la téloche ou dans les journaux vous êtes rassurés quand des têtes connues donnent leur avis sur tout et n'importe quoi (Attali, BHL, Guaino etc) ou est-ce que vous aimeriez bien voir des gueules nouvelles et un peu "expertes" dans un domaine donné plutôt que sachant rien sur tout?

10. Est-ce que vous lisez Libération? (et si vous êtes provinciaux, est-ce que ça vous parle ou est-ce que vous trouvez ça réservé aux "bobos parisiens"?)

11. C'est quoi pour vous un "bobo parisien"?

 

Du coup, plus de place pour "Paul Di'Anno ou Bruce Dickinson?", ni "doctorat: formation ou expérience pro?"

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27 février 2014 4 27 /02 /février /2014 13:18

Le CNRS recrute. De moins en moins... 

 

Image2

 

La communication du CNRS est, probablement malgré elle, éloquente (puisqu'il suffit de comparer les affiches d'une année sur l'autre pour se rendre compte de la chute), même si @nholzusch avait montré que c'était un petit peu plus compliqué que ça. Malgré tout, au niveau "jeunes chercheurs" (CR2 et de plus en plus CR1), on passe grosso modo de 350 recrutements constants de 2005 à 2010 à 280 en 2013.

 

 

Pour les postes MCF, on constate une tendance similaire, par exemple dans ce compte-rendu de 2012 (p.7): à part un pic en 2006, on a environ 2000 nouveaux MCF, toutes sections confondues, par an entre 2004 et 2009. On arrive à 1700 en 2012, et la liste galaxie actuelle (consultable ici) fait état de 1403 postes (1403 postes aujourd'hui, mais inclue les postes annoncés non encore ouverts. Il peut manquer certains postes qui ouvriront en fin d'année au fil de l'eau, mais il semble peu probable que le total final dépasse 1500). 

 

En somme, quoi, quelque chose comme -15% sur 3 ans sur l'ensemble des recrutements "juniors" de la recherche publique (les autres EPST suivent des tendances similaires et représentent des effectifs plutôt plus faibles)?

 

 

Alors voila, je sais bien que la réalité est plus complexe que déshabiller Paul pour habiller Jacques (eg que ce n'est pas parce qu'il y a 25 gestionnaires, chargés de mission divers ou communicants scientifiques recrutés en plus qu'il y a 25 chercheurs recrutés en moins) mais bon, quand on évoque les millions d'€ pour les MOOC, les milliards d'€ pour Paris-Saclay, les embauches en pagaille de community managers et webmasters pour les divers instituts, je ne dis pas que ce n'est pas important*, mais je pense qu'on perd de vue la priorité ** ***...

De fait on joue un peu le jeu des gouvernements, qui de ce point de vue se suivent et se ressemblent tous: "la recherche est une, si ce n'est la priorité pour la France". Mais oui.


Sauf si bien sûr, on estime qu'un système à 90% de précaires et 10% de permanents dans les labos est the way to go. Ca se discute, en effet, mais qu'on l'assume si c'est réellement l'agenda...

 

 

* oui, les sites webs des labos et des instituts français sont souvent un peu merdiques, oui les chercheurs eux-mêmes doivent apprendre à être plus "vendeurs"...

 

** la deuxième priorité étant la baisse de tous les crédits, qu'ils soient sur appels à projet ou récurrents, ce qui fait que comme le résumait @JaromilD, "on m'a jugé assez bon pour me recruter pour 40 ans, mais on ne me juge pas assez bon pour me financer 150k€ pour lancer mon activité", ce qui finit par concerner bon nombre de jeunes chercheurs. 

 

*** venant d'un établissement qui a pendant un temps eu de graves problèmes financiers au point de mettre 2 ans à payer primes et heures sup' (quand il les payait) et a même pendant quelques semaines imposé la rédaction de note d'opportunité pour tout achat, et qui dans le même temps continuait à proposer des affiches 4*3 dans le métro disant "viendez-chez nous, c'est génial", je reconnais que ça m'agace un peu...

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17 février 2014 1 17 /02 /février /2014 11:51

Encore une petite histoire très symbolique, mais comme discuté récemment, les symboles ont leur importance.

 

- Je déménage début novembre.

- Je mets en place un suivi de courrier à la Poste.

- Début décembre, je contacte les ressources humaines pour leur faire part de mon changement d'adresse (on n'est bien sûr pas autorisé à faire soi-même ce genre de changements sur son dossier personnel que l'on est juste, tel un voyeur, autorisé à regarder; des fois, j'imagine, qu'on s'amuse à mettre une fausse adresse).

- Fin décembre, les ressources humaines m'informent qu'on m'envoie par courrier recommandé le résultat de la PES *. Je resignale dans la foulée que j'ai déménagé, n'ayant jamais eu d'accusé de réception de mon précédent mail, et demande, sans succès (eg sans réponse à mon mail), si je peux simplement avoir une copie PDF.

- Début janvier, n'ayant toujours rien reçu et constatant que ma page personnelle sur l'intra indique toujours la précédente adresse, je renvoie un mail aux ressources humains pour leur demander si cela a bien été pris en compte, etc.

- Deux semaines plus tard, toujours sans réponse de leur part, je décide d'y passer. Ils m'informent qu'ils viennent de procéder au changement, qu'il ne sera effectif que fin février, et qu'entre temps le courrier doit être perdu (la Poste ne me l'ayant à ce moment là ni fait suivre, ni retourné à l'expéditeur). **

Une gestionnaire me fait donc une photocopie du papier, et signer un document accusant réception.

A ce stade, il est déjà trop tard pour porter réclamation (c'est pas que j'avais l'intention de le faire, mais bon, c'est un peu une question de principe...)

- Le 5 février, je reçois à mon domicile la lettre égarée, finalement repassée par mon établissement et renvoyée à ma nouvelle adresse.

 

 

Franchement, que de temps perdu de tous côtés (du mien, des gestionnaires, de la Poste)... peut-être qu'en 2050, l'administration sera un peu passée aux PDF.

 

 

 

* Je ne l'ai pas eue, ce qui ne m'a guère surpris (nonobstant toute question d'excellence personnelle, ne faisant pas partie d'un établissement lui-même excellent et bourré de pèze, moins de 3% des EC la touchent). J'ai été plus étonné (et un poil irrité, je l'avoue), de voir que mes notes n'ont jamais été aussi basses. J'ai un peu de mal à percevoir la cohérence globale de ces évaluations, quand je compare par exemple avec le retour de l'AAP jeune chercheur reçu récemment "excellent CV... reconnu internationalement... excellente expérience acquise grâce à des séjours dans des institutions de renom..."

 

** En fait, quelques jours plus tard, on me renvoie un mail pour me demander ma nouvelle adresse parce que mon précédent mail a été "égaré par mégarde".

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12 février 2014 3 12 /02 /février /2014 11:00

Résumé de ce point de vue: Le doctorat est une formation diplômante (on passe un "examen" à la fin, qu'on est en théorie susceptible d'échouer) ET une expérience professionnelle (je m'intéresse au cas des sciences dures où le contrat de travail de 3 ans pour le doctorant est la règle, pour les SHS je me déclare incompétent).

Ce couplage est probablement l'une des spécificités du doctorat, qui reste assez méconnu en France, même de ceux supposés pouvoir avoir besoin de leurs compétences.

Des associations se sont données pour but de valoriser le doctorat. L'une de leurs actions est centrée sur la communication autour du doctorat.

Leur communication est quasi-exclusivement centrée sur le caractère "expérience professionnelle". C'est selon moi une erreur. Je pense que c'est l'aspect formation qui est le plus important (ce que j'ai appris versus ce que j'ai fait). Mais surtout je crois que cette communication sur le caractère professionnalisant ne permet pas de faire comprendre facilement la spécificité du doctorat (eg ce qui fait que les docteurs ont des compétences "uniques"). Dans un pays où l'ingénieur demeure l'alpha et l'omega du recrutement, on continue à se placer en concurrence avec eux (en étant probablement désavantagé), au lieu de se placer en parallèle.

Ce recadrage autour de l'expérience professionnelle est, toujours selon moi, responsable de l'apparition de CV où le mot "docteur" n'est écrit nulle part, et où les expériences de post-doctorat sont décrites sous le titre "ingénieurs de recherche". 

 

 

 

Réponse version courte à mon titre: les deux.

 

Mais la question que je veux traiter ici est plus spécifique: comment le présenter dans un CV, ou plus généralement comment le vendre dans un entretien d'embauche pour un poste dans le privé (pour un poste dans la recherche publique, la question se pose mais est moins cruciale, j'y reviendrai). Dit autrement, où place-t-on le curseur de la communication: plutôt sur l'aspect formation, ou plutôt sur l'aspect expérience professionnelle?

 

Ma position sur la question tranche avec celle de la CJC et d'autres associations affiliées de "jeunes doctorants" ou "jeunes docteurs" (qui se multiplient à divers échelons plus ou moins locaux) dont le but affiché est de promouvoir le doctorat. C'est aussi un débat récurrent que j'ai, notamment avec @lazette (membre d'une association membre de la CJC) et quelques autres sur twitter, et nous devrions probablement "agree to disagree", mais je me dis qu'avant de clore ce chapitre, je devrais profiter d'avoir un blog pour expliciter mon point de vue en un peu plus que 140 caractères x 5 ou 6*. 


Le fait que j'ai rencontré il n'y a pas si longtemps certains représentants de ces associations (pas la CJC, mais une autre nationale, ainsi qu'une plus locale) et qu'ils m'aient semblé en général aussi ouverts au dialogue que des syndicalistes de Sud-Rail** ne doit pas faire oublier, je pense, que nous sommes d'accord sur le constat:

- le doctorat manque de reconnaissance en France, il faut faire en sorte de mieux le valoriser principalement aux yeux des employeurs potentiels.

- cette mise en valeur du doctorat, nécessaire dans un contexte de mondialisation, doit venir d'une approche top-down (initiatives du ministère, des industriels...) mais aussi bottom-up (les jeunes docteurs eux-mêmes, c'est le but de ces associations dont je loue l'existence, même si de nature je suis un one man wolfpack).

 

Une fois que l'on a fait ce constat, la question est de savoir, en tant que jeune chercheur, où placer le curseur pour expliciter son parcours et le valoriser au mieux. Doit-on insister plutôt sur le côté formation par la recherche (formation sanctionnée par un diplôme d'état, le doctorat) ou le côté expérience professionnelle (dans le cas - pas universel, mais j'y reviendrai plus bas- où le doctorant est payé pendant 3 ans avec un contrat doctoral qui est un "contrat de travail", on peut considérer le doctorat comme un "CDD de 3 ans").

 

Avant de continuer, il est bon que je précise, comme toujours, d'où je parle, tant les pratiques concernant le doctorat varient d'un secteur scientifique à l'autre (rendant d'ailleurs délicat la définition de constats généraux et de politiques d'action communes...). Pour ceux qui me connaissent déjà bien, toute cette partie est en italique et vous pouvez aller directement à la suite. 

Dans ce qui touche à la science des matériaux (et de façon je pense à peu près générale la physique, la chimie, la mécanique, et les sciences de l'ingénieur):

-  les doctorants du domaine, sont tous, effectivement, d'une façon ou d'une autre, rémunérés, depuis au moins 15 ans. Depuis 2 ans environ, les "bourses" et autres "allocations", qui donnaient lieu à des rémunérations et cotisations très variables selon leur provenance (Ministère, CIFRE, BDI, bourses propres à certaines écoles...) ont été plus où moins harmonisées (pas en termes de rémunération) sous une forme de "contrat doctoral" (je ne connais pas plus que ça les détails). Il subsiste encore quelques rares cas douteux (bourses de pays étrangers, thèses prolongées sans financements...) mais la situation de ce point de vue là est plutôt bonne. Je précise ce point puisque chez beaucoup de mes collègues SHS, le doctorant non financé reste encore, hélas, la règle (ce qui change l'analyse).

- il y a de l'emploi dans le privé sur des thématiques proches de celles des thèses, il y a des collaborations industrielles dans les labos. Il y a des grands groupes qui embauchent (pour ne parler que de ceux liés de près ou de loin au domaine des matériaux, Michelin, Saint-Gobain, Arkema, Rhodia, Total, Essilor...) et sont suffisamment implantés internationalement pour avoir fini par développer une certaine culture du doctorat. Cela ne veut pas dire nécessairement qu'elles embauchent majoritairement des docteurs sur tous types de poste, mais au moins qu'elles recrutent, pour des postes de chercheurs dans leurs centres R&D, spécifiquement des titulaires de doctorat (souvent des ingénieurs-docteurs d'ailleurs, il faut l'avouer).

C'est encore loin d'être le cas dans toutes les entreprises, PME ou même grands groupes au management encore très franco-français. Dans ces cas là, le docteur est le plus souvent, sur une embauche, en concurrence avec des jeunes diplômés ingénieurs. C'est donc là-dessus qu'il faut travailler: faire comprendre qu'un docteur et ingénieur n'ont pas les mêmes compétences et ne devraient pas postuler en général sur les mêmes postes (cela revient aussi à faire comprendre que la recherche et le développement ne sont pas identiques, qu'il y a différents types d'innovation, ce qu'est une rupture technologique etc, bref, c'est un problème français assez profond dont la perception du doctorat n'est qu'une manifestation, selon moi).

 

Enfin, quelques mots me concernant: tout le monde le sait, ou tous ceux qui lisent ce blog, je suis MCF. Je suis ingénieur-docteur de formation***. Je n'ai jamais candidaté dans le privé pour autre chose que les stages obligatoires au cours de ma formation, même si j'avais entamé des démarches pour le faire après ma 4ème 2ème place à des concours MCF: je commençais à me lasser, mais le 1er à l'un des postes s'est finalement désisté (vous pouvez aller voir sur le blog la période mai-août 2010 si les détails vous intéressent).

L'immense majorité de mes connaissances et collègues, dans le public comme dans le privé, est docteur-ingénieur, les autres sont docteurs tout court, ou ingénieurs tout court. C'est aussi le cas d'une bonne partie de mes amis.

Je côtoie des industriels quasi au quotidien, en tout cas très régulièrement, du fait de mes sujets d'étude, mais aussi de la structure qui m'héberge, historiquement branchée industrie. Les interactions vont de la discussion, à la collaboration de recherche, en passant par de la prestation de service axée "ingénierie". Je les côtoie aussi dans le cadre de mes enseignements, certaines formations que j'assure leur étant dédiées (soit par exemple dans le cadre de reprise d'études, soit dans le cadre du droit à la formation).

Ces industriels peuvent être ingénieurs ou docteurs, leurs entreprises vont de la start-up au grand groupe international, certains connaissent bien le fonctionnement de l'enseignement supérieur français, d'autres pas du tout (mes "étudiants" me voient souvent comme une sorte de prof de lycée par exemple).

Je ne connais donc, comme je l'ai dit plus haut, pas directement le domaine des ressources humaines dans le privé, mais toutes les interactions ci-dessus, des "formations" en France ou aux US, l'observation de CVs de quelques jeunes recrutés dans divers groupes, ont fait émerger quelques idées ou impressions, sans doute très naïves, sur la question. 

D'autre part, je ne suis pas RH moi-même, mais en tant que chercheur dans le public, je reçois mon lot de CV, et il m'arrive de recruter, pour une thèse, un post-doc, ou une candidature MCF. J'ai participé à 2 jurys de recrutement, dont un en tant que "secrétaire", ce qui m'a permis d'avoir la main sur une bonne cinquantaine de CV... Je suis aussi passé par les US, où les chercheurs permanents comme les doctorants et post-doctorants publicisent beaucoup leurs CV.

Ah, et dernière petite précision, je ne maîtrise pas toujours bien le "jargon" du ministère, des associations, et du Journal Officiel.

 

 

Ceci posé: je pense comprendre la position de la CJC et des autres associations de ce genre (peut-être me trompè-je, à la fois sur ce que je crois être leur position, et sur ma compréhension d'icelle). Leur point de vue, c'est que le jeune universitaire souffre face aux ressources humaines du cliché "éternel étudiant qu'a jamais bossé" (notamment face aux élèves d'école d'ingénieurs pour rester dans le cas évoqué ci-dessus, qui eux du haut de leur stage obligatoire de 6 mois, maîtrisent hachement bien l'entreprise). Ce point de vue a certainement été partagé par les ministères qui ont introduit assez dernièrement divers stages obligatoires dans le cadre des formations universitaires.

Leur communication en tant qu'association consiste donc à dire et redire que le doctorat est avant tout une activité professionnelle, et à encourager ceux qui les écoutent à axer leur communication de recherche d'emploi sur l'expérience professionnelle qu'ils ont acquise.

Ils en viennent à quasiment occulter l'aspect "formateur" du doctorat (le texte en lien est révélateur puisque cet aspect n'est abordé qu'au 4ème paragraphe, et encore uniquement pour justifier que, certes, on a un statut d'étudiant mais surtout de personnel).


Selon moi, c'est une double erreur:

- ce qui fait la spécificité du doctorat, c'est son aspect formation. On "apprend" à devenir un chercheur avec tout ce que cela comporte. S'approprier un problème (voire, dans certains pays, "définir" son problème), prendre le temps, pendant 3 ans ou un peu plus, de réfléchir, de maîtriser l'état de l'art sur une question, de travailler en autonomie mais pas de façon solitaire, de développer sa curiosité, des compétences transverses, de merder aussi, pour finir par apporter une solution ou un regard neuf sur la question posée. Qui sont évalués par un "examen" (la soutenance, mais surtout la lecture du manuscrit par deux rapporteurs - la France manque d'"examens intermédiaires" et parfois de sérieux sur l'étape diplômante, mais, bien que ce soit un problème connexe, je ne vais pas l'aborder plus en détails ici)****. Franchement, le sujet d'études importe le plus souvent peu dans la suite de la carrière, publique comme privée.

D'autre part, le doctorat me semble franchement assez éloigné d'une "expérience professionnelle représentative", la encore dans le privé ou dans le public. Je vais idéaliser un peu (je sais que ça ne se passe pas tout le temps comme ce que je vais décrire, mais c'est a priori l'idée), mais à quel autre moment de sa vie peut-on travailler 3 ans de façon autonome sur un projet unique, sans vraiment prendre en compte l'aspect budgétaire, sans deadline "cruciale" avant ces 3 ans, avec un chef dont le but est plutôt de vous aider à grandir que de vous plomber ou de tirer la couverture à lui, et sans aucune responsabilité autre que la sienne? 

Pour les pas stressés ou pas pressés de décrocher un sacro-saint CDI, 2 ans de post-doc (voire plus, je connais une post-doc de 41 ans, qui change de pays tous les 3 ans, et qui a l'air de bien kiffer sa vie) à l'étranger peuvent perpétuer dans une certaine mesure cette expérience (mais on va bien finir un jour par vous refiler des activités "conventionnelles", recherche de pognon, gestion de personnel, administration...). 

En tout cas, en tant qu'enseignant-chercheur, je tiens à rappeler que mon job n'a pas grand chose à voir avec ce que j'ai fait en thèse, non seulement mon sujet d'études, mais surtout mes activités au quotidien, même si je me sers de ce que j'ai appris.

Si je comprends bien l'argumentaire de la CJC, on "apprend dans le cadre de son travail": certes, mais mon point de vue, c'est que la thèse n'est justement pas un travail comme un autre. Ce qui m'amène à mon second point.

-  Il me semble qu'en occultant quasiment l'aspect formateur, la CJC et ses collègues, à l'insu de leur plein gré, obtiennent l'inverse de l'effet escompté, et que cela risque au contraire de contribuer à renforcer les préjugés sur le doctorat. 

Si j'étais un recruteur, privé ou public, qui connaît le doctorat, je me demanderais pourquoi le candidat donne l'impression de ne pas vraiment "assumer" son parcours (je donnerai des exemples concrets -eg auxquels j'ai été directement confrontés- plus bas).

Si j'étais un recruteur ne connaissant pas le doctorat, je ne verrai alors pas très bien en quoi ce "truc" est spécifique, unique. Et entre un M2 ou un ingénieur qui a fait un "truc" qui équivaut à une expérience pro de 3 ans dans un laboratoire, bref pas vraiment dans les canons de ce que je connais, et un M2 ou ingénieur qui a bossé 2 ou 3 ans dans une boîte "classique", il y a des chances que je choisisse le second. On me rétorquera que ce recruteur ne chercherait de toute façon pas à en savoir plus quoi qu'il arrive (le fameux "un centralien on sait ce que sait, un docteur on ne sait pas ce que c'est" de l'université du MEDEF). Probablement; mais si le but est de faire changer les mentalités à long terme, autant poser les couilles sur la table, affirmer fièrement qu'on est docteur, et expliquer ce que ça implique, plutôt que de faire le "docteur honteux".

 

Enfin, 3ème point, très court: j'ai du mal à voir en quoi on peut justifier qu'il s'agit d'une expérience professionnelle concernant tous les doctorants non financés (qui doivent représenter au moins 1/3 du total des inscrits en doctorat, peut-être 40% ou plus). Autant je peux comprendre qu'on puisse "communiquer" sur le côté formateur (ou auto-formateur), le fait que le travail résultant de cette formation a été évalué par les pairs et a résulté en un diplôme reflétant un "contrôle qualité", autant j'ai du mal à voir comment on peut décrire ceci comme une expérience pro. Que l'on soit bien d'accord, je suis un farouche opposant aux doctorats non financés, mais je constate que ça existe, que ce n'est pas négligeable, et que la complexité de la situation***** fait que ce n'est pas prêt de disparaître: on est donc un peu obligé de le prendre en compte dans la réflexion.

 

 

Voila pour l'argumentaire théorique, je vais conclure en tentant de l'illustrer par la pratique, en revenant aux CV, notamment le concept de "docteur honteux".

Tout d'abord, j'approuve les associations quand elles répètent que, dans un CV, les termes "thésard" ou, plus tard, "stagiaire post-doctoral", sont à bannir. Ce qui semble du bon sens est encore trop souvent rencontré. Les recruteurs n'aiment déjà pas les CDD (même s'ils représentent la majorité des contrats), mais encore moins les stages... Le post-doctorat, c'est un poste de "chercheur contractuel" ou toute autre dénomination équivalente, c'est pas à mettre sur le même plan que votre stage de M1.

Mais à l'inverse, j'ai vu passer des CV de certains membres de ces associations qui ne comprenaient nulle part la mention de "doctorant", mais par exemple celle de "jeune chercheur". Ca ne veut rien dire, franchement. Vous n'assumez pas? Vous pensez vraiment que jeune chercheur (ce que vous apprenez à être et que vous n'êtes pas encore, si on croit à la valeur du diplôme, ne vous en déplaise), ça en jette plus? Que ça "revalorise le doctorat"******? 

Dans un registre similaire, j'ai vu des "docteurs-moniteurs" fraîchement diplômés qui se présentaient comme "enseignant-chercheur pendant 3 ans". La, on me semble proche du RachidaDatisme vis-à-vis de son CV. C'est peut-être de plus en plus la norme, mais je ne cautionne pas.

Je vois aussi assez couramment passer des CV où les post-docs sont définis comme des fonctions d"ingénieur de recherches". Probablement parce que les candidats pensent que c'est l'intitulé des postes de chercheurs dans le privé, ou parce qu'il y a une confusion avec ce que désigne ce poste dans un labo public (il s'agit généralement de quelqu'un qui a lui-même un diplôme de docteur - ce n'était pas initialement le cas mais cela fait plusieurs décennies, je crois, qu'avec la diminution du nombre de postes ouverts, un "ingénieur" n'a pas obtenu un tel poste - qui peut avoir plusieurs fonctions, mais est souvent en charge d'une partie du parc expérimental et est donc impliqué dans les projets qui y touchent). Quoi qu'il en soit, ça ne vend pas très bien le doctorat et les expériences professionnelles qui en découlent.

De façon générale, j'ai l'impression que cette approche revient à vouloir montrer qu'on est à tout prix un "professionnel" et pas qu'on a passé 8 ans à la fac. 5 ans à la fac, et 3 dans un labo de la fac ou affilié à la fac. D'une part ce n'est pas grave, et d'autre part c'est la réalité.

A mon sens, ça ne contribue donc en rien à valoriser le doctorat et un parcours universitaire, mais au contraire fait le jeu des écoles et de ceux qui vendent la formation universitaire comme une voie de garage. 

 

 

Pour finir, c'est quoi alors un bon CV?

Même si dans l'académique, je suis ce qui se rapproche le plus d'un RH (nos services RH se "contentent" de gérer les aspects administratifs d'un recrutement mais ne portent pas de jugement), il faut avouer qu'on regarde assez peu la forme. Je pense que la façon de se présenter importe peu, même si quelques exemples dans le genre de ceux ci-dessus font un peu red flag (probablement pas éliminatoire, mais ça irrite). 

Il doit y avoir docteur dans le titre. Ou Docteur-Ingénieur si c'est le cas. Personnellement (je ne sais pas si c'est bien, mon titre de CV était: docteur en xxx, et en dessous, en police un poil plus petite, ingénieur yyy). 

Pour le privé, je dirais que si vous avez la place, mettez le doctorat dans les deux cases: activités professionnelles, et formation. Dans la partie formation, vous indiquez le diplôme, la spécialité, la date d'obtention, la mention. Dans la partie professionnelle, vous pouvez utiliser par exemple le vocable "chercheur doctorant", et expliquer en quelques mots clés votre projet.

Si vous n'avez pas la place, notamment parce que vous avez fait 5 post-docs avec 2 reconversions thématiques, et qu'on vous demande 1 CV d'une page, je mettrais le doctorat dans la case formation. Pour les post-docs, parler de "chercheur contractuel" me semble une bonne option, mais peut-être que "chercheur" tout court suffit? (après tout, on voit bien la date de début et de fin...). La, ça atteint mes limites.

Après quelques années de vie professionnelle, la question ne se posera de toute façon plus vraiment, et vous mettrez le doctorat dans la section formation. De même qu'on y rajoutera la HDR pour ceux qui la rédigent et l'obtiennent.


J'encourage enfin tout le monde à aller voir des sites de labos américains de son domaine: tout le monde ou presque y met son CV en ligne. Pour ceux que j'ai regardés, c'est assez simple; Section Education: PhD, MSc, BSc (en gros, chez nous, D, M, L). Je ne me suis pas amusé à faire de même pour d'autres pays, mais ça peut valoir le coup aussi.

On ne résoudra pas un problème franco-français avec une solution franco-française sans aller voir pourquoi ça marche ni comment ça marche ailleurs...

 

Un autre article de Gaia sur le sujet.

Et comme toujours les commentaires sont les bienvenus, pour me dire que ce que je dis est très juste ou au contraire de la merde.

 

 

* C'est tout de même une question sur laquelle j'ai un peu réfléchi et où j'ai fini par atteindre une sorte de consensus avec moi-même, ce n'est pas si fréquent. D'autre part, j'ai encore la faiblesse de penser que certains points de vue, certains problèmes ne peuvent être complètement disséqués en 140 signes. Comme le fait de ne pas avoir de smartphone, c'est probablement une position que je ne pourrai pas défendre encore 10 ans...

** le fait qu'ils insistaient toutes les 5 minutes sur la suppression dans le vocabulaire du terme "thésard", péjoratif et symbole de tous les maux, ne m'a je l'avoue pas très bien disposé à leur égard. Si c'est la l'essentiel (même si j'approuve cette "directive"), si le climax de leurs revendications et propositions pour revaloriser le doctorat, c'est ça... ceux que j'ai rencontrés avaient aussi une certaine tendance à répéter leur discours de manière mécanique et un rien agressive, quelle que soit la tentative de débat que l'on souhaitait instaurer. Il faut dire aussi que, bizarrement, la plupart des dirigeants de ces associations que j'ai rencontrés ne se destinaient pas du tout à une carrière de chercheur, ni dans le public ni dans le privé.

*** cela aussi fait déjà de moi et de mes semblables un hérétique pour certains "défenseurs du doctorat" (l'un d'eux m'ayant par exemple dit: "les ingénieurs ont les cifre, vous devriez être interdits de candidater aux bourses ministère". "Ecoute coco, j'ai fait un DEA - et un vrai à temps plein avec même un stage rallongé, hein, pas un pipot aménagé spécial écoles - et j'ai fini - beaucoup - mieux classé que toi, scousi hein, j'ai vraiment pas l'impression d'avoir volé qui que ce soit").

**** j'ajoute, que doctorant ou moniteur, dans le cadre du "contrat", il y a des formations plus "scolaires" à suivre, théoriquement imposées par les écoles doctorales (même si le suivi est souvent peu ou prou nul). Le volume horaire peut-être conséquent, 60 ou 90h, une quarantaine ou cinquantaine pour les moniteurs.

***** imposer à certaines disciplines de financer leurs doctorants reviendrait à soit leur donner beaucoup d'argent pour le faire, soit à les faire disparaître. Ce n'est pas quelque chose qui peut vraiment se faire par décret, sans réfléchir...

****** j'ai d'ailleurs du mal à comprendre qu'une association qui se donne pour mission de promouvoir le doctorat n'en fasse pas mention dans son nom. CJC, confédération des jeunes chercheurs, vraiment, c'était le nom le plus approprié pour mettre le doctorat en avant?

 

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10 février 2014 1 10 /02 /février /2014 16:58

Pour ceux qui en ont marre de me voir flooder sur Twitter, un petite article en guise de justification: voila ce qu'il est arrivé à mon ménique interne du genou gauche (on trouve de tout sur Youtube).

 

 

 

Cela s'est fait, je crois, progressivement, après un début de lésion au foot cet été en août. Seule une petite entorse du ligament interne avait été diagnostiquée, que 2 semaines de repos avait fait passer. Les douleurs subséquentes, brèves mais intenses, que j'attribuais à des mini-luxations de la rotule causées par mon hyperlaxité et venant tirer sur le ligament abîmé, ne m'empêchaient pas de jouer au foot.

 

Sauf que ça a fini par péter.

Tout seul, entre l'échauffement et le début d'un match. 

La douleur a été assez vive, mais était en fait là aussi surtout dûe à une entorse du même ligament, qui s'est faite en même temps.

Bon, je ne vais pas m'attarder sur ma visite aux urgences, où le médecin, après 4h d'attente, m'a fait déplier le genou, a conclu que rien n'était cassé, et m'a renvoyé chez moi en me conseillant du doliprane.


C'est assez con, mais la lésion du ménisque n'est pas un truc très douloureux. Par contre, le bout déchiré vient se caler au niveau de l'articulation, et donc, mécaniquement, on ne peut plus déplier la jambe. Et on ne peut plus tant qu'il n'a pas été enlevé.

 

D'où, arthroscopie (opération qui paraît bénigne après coup, puisqu'on a deux petites cicatrices d'1cm sur le genou, mais qui dure quand même je pense 1 bonne heure - j'ai été endormi pas loin de 2h), puis 3 semaines d'arrêt de travail, 10 séances de kiné, et en gros 2 mois sans sport. 

 

Un truc assez "bénin" (bon, ok, ça augmente aussi les risques d'arthrose à long terme puisque le "joint" qu'est le ménisque n'est presque plus là pour empêcher l'os de venir frotter directement sur le cartilage), purement mécanique, mais bien chiant donc, et ma pire "blessure" de sportif amateur (devant désormais une grosse entorse de la cheville, et un coude félé, en près de 15 ans à environ 1 match par semaine, en foot ou en hand). Bon, après, sans être Robocop, c'est tout de même la 8ème ou 9ème fois que je passe sur le billard (je ne parle pas de trucs du style 2 points de suture pour une coupure à la tête à 12 ans...).

 

Et quand on a 3 semaines d'arrêt de travail impliquant qu'on doit rester chez soi aux heures ouvrables, on a le temps de s'emmerder, même quand on a un boulot "intellectuel" et un ordinateur. On a beau être misanthrope, un peu d'interactions sociales et l'émulation d'un lieu de travail, ça a ses bons côtés.

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31 janvier 2014 5 31 /01 /janvier /2014 10:00

Faidherbe-Chaligny, à cheval entre le 11ème et le 12ème arrondissement est, de façon un peu inexplicable, l'un des coins de la capitale présentant le plus de restos "connus" (et potentiellement intéressants) au mètre carré.

 

Dans le premier épisode, j'avais parlé de deux "bistrots", l'un archi-recommandé et pour CSP+, le bistrot Paul Bert dans la rue du même nom, l'autre plus dans son jus rue de Montreuil, la Ravigote.

Dans le deuxième épisode, j'avais évoqué deux autres tenants de la cuisine française, un bistrot "marketing" finalement pas mal, le Petit Panisse, et un semi-gastro à la cuisine de qualité mais au rapport qualité-prix douteux et au service, le soir de notre visite, tout simplement désastreux, le Tintilou.

 

Dans cet article, nous allons passer à la cuisine d'Afrique du Nord (Maroc, Algérie) et d'Afrique Orientale (Ethiopie).

 

 

Le quartier n'a pas encore été totalement colonisé par les branleurs aux revenus confortables (à défaut d'être mirifiques) dans mon genre, qui vont acheter leurs croissants à la pâtisserie Lignac.

Il y a encore, notamment sur le Faubourg Saint-Antoine et jusqu'au marché d'Aligre, ou de l'autre côté lorsqu'on se déplace vers Nation, une vie populaire avec des échoppes, bars, troquets ou brasseries tenus par des auvergnats, surtout ceux dont parle Hortefeux (plat du jour: couscous, et population de chibanis qui passent leurs journées à taper le carton en buvant des cafés forts), mais les autres aussi (plutôt aveyronnais en fait).

 

Parmi ces échoppes, je peux citer rapidement la pâtisserie algérienne La Bague de Kenza, 173 rue du Faubourg Saint-Antoine, 11ème (site web), qui fait partie d'une mini-chaîne (5 ou 6 dans Paris) et propose des pâtisseries aussi appétissantes que saturées en glucides et en lipides. Fait aussi cafétaria avec des parts de pizzas (version Maghreb), chaussons à la viande, briks, kesra etc. C'est un peu cher (2€ pièce les pâtisseries je crois).

Meilleur marché (plutôt autour d'1€50 la pâtisserie maousse), familial, et m'a-t-il semblé de qualité largement équivalente, je conseille donc plutôt la boutique, algérienne aussi, d'Amira, 17 rue d'Aligre, 12ème. C'est dans cette rue que se tient tous les jours le marché d'Aligre, plutôt bon marché et de qualité lui aussi (au bout de la rue, le marché couvert  Beauvau sur la place est réservé aux échoppes plus luxueuses).

 

 

C'est aussi à Faidherbe-Chaligny qu'on trouve l'un des restaurants marocains les plus réputés de Paris depuis 30 ans, la Mansouria, 11 rue Faidherbe, 11ème (site web). Cela est sans doute largement du à la personnalité de Fatema Hal, chef et propriétaire, mais aussi universitaire, conférencière, engagée en politique, écrivain (je me suis d'ailleurs rendu compte que feue ma grand-mère avait un de ses bouquins chez elle) etc. Bref, une personnalité parisienne: bib gourmand et deux couverts au Michelin, 1 petit article du copain Pudlo par an...

Ici et là, on semble quand même lire, de la part de clients lambda, que le restaurant vit sur le nom de sa propriétaire, plus souvent à Washington ou Dubaï que dans ses cuisines, et sur ses acquis depuis au moins quelques années.

Je ne suis pas suffisamment spécialiste pour porter un jugement clair et définitif sur la question, mais le menu à 36€ m'a paru un peu surcôté. A ce prix là, pour 2 personnes, on partage 8 entrées (zaalook, R’ghaïf, confiture de tomates, salade de poivrons, salade de carottes, salade de pois chiche, salade aux herbes et purée de fêves), à manger seules ou avec une très bonne kesra. C'est tout de même assez copieux, c'est excellent dans l'ensemble, un très bon début et en fait le meilleur moment du repas. Les plats de résistance m'ont en effet moins emballé, que ce soit le couscous agneau ou le tagine agneau-aubergines-citron confit. Oh, qu'on ne se méprenne pas, c'est très correct, mais je n'ai pas vibré plus que ça. Le bouillon comme la viande ne sont pas des plus goûtus, la semoule est un poil agglomérée. Le tagine aussi pourrait être plus parfumé. On peut d'ailleurs dire la même chose des pâtisseries, qui, si elles sont fraîches (c'est loin d'être toujours le cas à Paris), manquent un peu de saveur.

A part ça, rien à redire sur le service, agréable même si pas hyper organisé. C'est très grand, un peu sombre, avec plusieurs salles, les tables sont relativement espacées, et je pense qu'on peut trouver de la place à peu près n'importe quand sans réservation. 

Si les petites entrées en format dégustation sont délicieuses et à découvrir, les couscous et tagines (environ 20€ à la carte) ne me semblent pas justifier le prix du menu ou à la carte les 5€ (voire 7 ou 8) de différence avec ce qu'on peut trouver ailleurs

 

Signalons, juste à côté sur la droite (au 11 bis ou au 13, les deux communiquent), Mansou à Emporter, la version traiteur/à emporter avec aussi 4-5 chaises pour manger sur place. Formule à 7€50 avec un sandwich boisson pâtisserie, 10€50 avec un tagine du jour. Les sandwiches ont une bonne gueule (5-6€ seuls), j'ai goûté le "Mansou Burger" (6€90 seul), boulette de poulet aux herbes et épices, oignons confits, roquette, et tomate. Il n'est pas fait "à la minute", mais il est frais et excellent (pas tout à fait assez réchauffé toutefois). Ca change, c'est pas mal.

 

 

 

On se déplace à l'est, dans le quartier et sur la carte, direction l'Ethiopie, avec le Négus, 52 rue de Montreuil, 11ème (150m après le Tintilou en allant du côté de Nation, de l'autre côté de la rue; site web en construction).

La gastronomie éthiopienne est peu représentée à Paris (d'après mes recherches, pas plus d'une douzaine de restaurants, dont une bonne partie dans le 11ème, le plus connu étant probablement Godjo, rue de l'Ecole Polytechnique dans le 5ème).

La façade ne paye pas de mine et même ne semble guère plus engageante qu'un kebab lambda, à vrai dire la première fois on est même passé devant sans s'arrêter. Quand on rentre, cela a l'air minuscule mais il y a en fait une salle relativement spacieuse au fond, on doit pouvoir compter une quarantaine de couverts. L'intérieur est largement plus agréable que l'extérieur, avec au mur des photos du pays et de ses habitants, des cartes etc. 

Le restaurant est tenu par un couple, madame visiblement seule en cuisine, monsieur seul au service. Monsieur est commerçant (un assortiment de légumes et deux verres de digestifs offerts lors de notre première visite), sympathique, et pédagogue (il donne même des "conférences" sur l'histoire éthiopienne dans son restaurant, le samedi). 

Je manque encore une fois de référents et de moyens de comparaison, mais j'ai apprécié mes deux visites au-delà de mes attentes.

Lors de la première, le patron nous a expliqué sa carte en détails. Il nous a conseillé de prendre la formule "découverte", soit pour 17€50 par personne un assortiment de différents plats et légumes typiques, parmi lesquels du ragoût de boeuf épicé, du ragoût non épicé, du poulet avec une sauce elle aussi épicée, des épinards, des pois chiches, oignons, oeuf dur... Tout est apporté dans un plat unique, dans lequel on mange avec les doigts, ou plutôt à l'aide d'une galette, à la texture de crêpe épaisse (c'est mou) et au goût un peu amer mais pas désagréable du tout. Que l'on soit deux ou quatre, le plat est quasi-identique, c'est donc très copieux à deux, un peu moins à quatre (à moins que nous ayions eu droit à un traitement de faveur lors de notre première visite en couple).

Il est d'ailleurs de tradition, lors de la première visite dans ce resto, que ce soit le patron qui vous donne la première bouchée ou la becquée (en Ethiopie, lors d'un repas traditionnel, le mari donne la première bouchée à sa femme). Ca peut surprendre, donc autant prévenir (je pense par exemple que mon frère, un rien hypocondriaque et hygiéniste, se barrerait à ce moment là, même si le patron ramène pour tout le monde un peu de gel hydroalcoolique).

En entrée la première fois, nous avions pris de la purée de lentilles avec de la moutarde, du citron et des piments (azifa, 6€50), là aussi à manger avec la galette. Ce n'est pas mauvais, assez voisin du houmous mais plus relevé. Cela dit, la gamelle à partager est bien copieuse et on peut donc faire largement sans entrée (ce que nous fîmes la deuxième fois).

La cuisine éthiopienne est apparemment traditionnellement très relevée, mais les plats servis ici, même ceux épicés, sont en version occidentalisée (le patron nous a dit que c'était "pour que les clients reviennent"). 

A la carte, d'autres choses sont tentantes, comme le "tartare éthiopien". Les plats sont entre 14 et 18€ environ.

En desserts, soit une salade de mangues à la cannelle (dans les 5-6€), fraîche mais un peu chiche, soit un gâteau au chocolat qui n'a probablement rien d'éthiopien mais qui est fait maison néanmoins. 

On ne vient pas pour la carte des vins, la bière éthiopienne à 5€50 est assez chère pour une lager on ne peut plus classique, mais ça se boit bien.

Et puis il y a la cérémonie du café, qui n'est pas très fort mais servi dans une belle cafetière et avec de l'encens un peu entêtant. Sinon, il arrive que le patron offre un petit (pas si petit d'ailleurs) verre de rhum pour conclure.

Bon, ce n'est pas donné finalement (1 plat, 1 dessert à la mangue, 2 bières et 1 café et on est proche des 40€), mais c'est un endroit agréable tenu par des gens sympathiques qui aiment leur métier et leur culture. On y mange bien, des choses qui sortent de l'ordinaire. Je pourrais largement envisager d'y aller 5-6 fois dans l'année (si c'est le cas j'aurai probablement épuisé la carte) et je suis toujours content de découvrir ce genre d'adresses.

 

 

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24 janvier 2014 5 24 /01 /janvier /2014 13:02

Résumé du 1er épisode: Faidherbe-Chaligny, à cheval entre le 11ème et le 12ème arrondissement (la rue du Faubourg Saint-Antoine constitue la limite, le nord étant le 11ème, le sud le 12ème)  est, de façon un peu inexplicable, l'un des coins de la capitale présentant le plus de restos "connus" (et potentiellement intéressants) au mètre carré.

 

Dans le premier épisode, j'avais parlé de deux "bistrots", l'un archi-recommandé et pour CSP+, le bistrot Paul Bert dans la rue du même nom, l'autre plus dans son jus rue de Montreuil, la Ravigote.

 

Aujourd'hui, tournons nous vers deux autres restaurants français, un bistrot et un "semi-gastro".

 

Au Petit Panisse: 35 rue de Montreuil (site web). Alors celui-là, il est assez amusant. En deux mots, ce bistrot a si peu d'originalité, ou plutôt est un tel assemblage hétéroclite d'identités variées, qu'il finit par avoir, de façon complètement inattendue, une personnalité propre, et, ma foi, plutôt agréable.

Le décor "dans son jus" de vieille baraque, de boiseries, d'objets vintage, l'incontournable ardoise, ne révèle absolument pas une maison historique, mais un établissement inauguré en 2008. 

La carte est un assemblage de recettes régionales, du basque par-ci, de l'ardéchois par là, un peu de corse, de l'alsacien même, et aussi quelques composantes "world food".

Des terrines de lapin ou de taureau, un oeuf poché cèpes, crème de potiron chataîgnes, buffala panée en entrée; saucisse de sanglier chou rouge, tartare italien frites, thon au pistou gnocchi, poulpe à la galicienne ou même des spaëtzle en plat; fondant à la châtaigne, tarte du jour ou fromage en dessert. En sus de la carte 1 ou 2 propositions du jour qui changent régulièrement.

Et, la encore, bien que ce genre de cartes fasse habituellement craindre le pire, tout ce que nous avons pu goûter dans ce gloubi-boulga est bon, avec toujours un petit quelque chose d'original ou de bien venu. Les plats sortent peut-être un peu vite pour qu'on puisse croire au fait minute, mais le fait maison me semble un label non usurpé ici.

La carte des vins pioche aussi un peu partout, avec les grands néoclassiques (Richaud, Gramenon, tout ça), à noter quelques vins corses (et d'ailleurs une eau minérale de là-bas aussi) agréables et qu'on ne trouve pas partout. Les coeffs ne m'ont pas semblé délirants pour Paris, autour de 3.

Le menu complet est à 32€ le soir, et la formule complète est à 19 au déjeuner. Le rapport qualité-prix est pas mal du tout, le service très sympathique et a payé son coup en fin de repas (une petite liqueur de châtaigne, pas très forte, assez sucrée, pas mal).

C'est souvent plein le midi, et les soirs de week-end. En semaine, on doit pouvoir trouver une place en dernière minute, mais une petite réservation me semble prudente.

Franchement, il est un peu sous le radar dans le quartier par rapport à la concurrence bistrotière (même s'il a été foodingué en 2010 et 2012), mais c'est mieux qu'un plan B, malgré la crainte que m'inspirait ce côté totalement artificiel de bistrot "marketé école de commerce".

Je vous renvoie vers le site de V. Delmas, ma critique étant tout à fait raccord avec la sienne il y a un an.

 

Le Tintilou: 37 bis rue de Montreuil (oui, à 100m du précédent, et de la Ravigote...), site web. Le chef, J.F. Renard, a pas mal bourlingué, été étoilé à 26 ans à Paris, avant de partir au Portugal, puis de revenir dans la capitale à la Carte Blanche, et d'ouvrir le Tintilou en 2011. J'en avais vaguement entendu parler à l'époque (en tout cas c'est ce dont je me suis persuadé depuis que j'habite à côté), et il apparaît dans le Fooding et le Michelin (bib gourmand, 1 couvert). Cela dit, mes camarades blogueurs gastronomiques à la page semblaient presque tous ignorer l'existence de ce lieu, il n'est donc pas dans le haut du panier des adresses à connaître.

On est vraiment là dans le registre de la bistronomie tel que je le conçois.

Le lieu est assez informel, mélange d'ancien (pour la maison, ancien relais de poste je crois) et de moderne "passe-partout" (pour le mobilier). Cela ne se remarque pas trop de l'extérieur, mais c'est vraiment grand (un salon d'une douzaine de personnes, 1 salle principale avec une trentaine de couverts, une autre plus petite, et visiblement une dernière à l'étage).

Surtout, la cuisine se définit, et je suis assez d'accord, comme une "cuisine d'auteur", assez imaginative et de saison (peu de choix) avec pas mal d'influences world et du terre-mer à profusion. Par exemple, en décembre, un carpaccio de Saint-Jacques, mangue, radis noir, coriandre bien dosé et très frais, de la joue de cochon, palourdes et blé vert ou Saint-Pierre, coco de Paimpol girolles. En dessert, une poire au vin moelleux caramel gingembre.

D'un point de vue de la cuisine seule, j'ai beaucoup aimé le repas; ça pourrait être plus copieux, mais c'est vraiment original, bien fait, et très bon.

La carte des vins compte une trentaine de référence, 15 en blancs, 15 en rouge, avec des prix variant de 20 à 150€. Le problème, du coup, c'est que les références entre disons 20 et 35 se limitent à une dizaine tout compris, pas forcément hyper excitantes. Le Montlouis-sur-Loire de Chidaine à 34 était cependant assez étonnant, coeff me semble-t-il raisonnable.

Malheureusement, il y a deux problèmes, l'un a priori récurrent, l'autre qui ne fut peut-être que la conséquence d'un mauvais jour, mais tourna presque à la farce et fait que l'on n'y remettra probablement jamais les pieds.

- Premier problème: le rapport qualité-prix. A la carte, on est à 50€ sans le vin. Ok, c'est original et bon, mais ça reste quand même cher selon moi, même par rapport aux produits utilisés. Il y a d'ailleurs une promo -30% la Fourchette sur la carte. A 35 on est plus dans le juste prix, mais on se demande du coup l'intérêt d'avoir une promo si celle-ci ramène simplement à un prix "normal". Mais tout le monde n'est visiblement pas du même avis, puisque, même si nous avons réservé à la dernière minute (genre 19h30 pour 20h), le resto sera quasiment plein en ce vendredi soir. Du coup, les "promotionnés" se retrouvent un peu parqués dans la salle du fond, pas forcément hyper agréable, car les tables sont assez serrées.

- Deuxième problème: le service, véritable catastrophe industrielle ce soir là, genre Cauchemar en cuisine, à peu près du niveau de ce qu'a connu Doc récemment. Il y avait beaucoup de jeunes en panique, ce que l'on peut excuser. Toutefois, une chef de salle, assez peu sympathique au demeurant mais avec plus de bouteille était là et, à défaut de remettre tout le monde en selle, ne semblait même pas vraiment plus dans le coup. En cuisine, les plats sortaient correctement, donc le chef aurait aussi pu ou du prendre le temps de régler les problèmes, car ça a touché toute la clientèle, au moins dans la salle où nous étions.

On arrive dans le resto alors peu rempli, on nous assoit puis il ne se passe rien pendant 10 minutes, avant que l'on ne finisse par nous donner une carte. Puis plus rien encore pendant un laps de temps non négligeable. Tout à coup, deux personnes différentes viennent nous prendre la commande à 2mns d'intervalle, ce qui arrivera aussi à d'autres tables. Il y a des erreurs de commande de partout, les plats sont servis aux mauvaises tables, ils retournent en cuisine avant de revenir (la chef de salle me reproche même de ne pas faire son boulot à sa place l'avoir laissée repartir sans signaler que c'était mon assiette, alors qu'en fait, les yeux dans les chaussettes elle ne m'a pas vu tenter désespérément de lui faire signe). Le vin arrive alors que l'entrée est bien entamée. Nos voisins ont mis tellement longtemps à être servis que, devant aller au spectacle, ils ne prirent qu'un plat. On demande l'addition, on attend 20mns avant de finir par décider de se lever pour aller payer au comptoir. Où plusieurs serveurs nous regardent mais ne nous calculent pas (on aurait du partir sans payer), il faut bien encore 5mns avant que l'un nous demande ce qu'on veut. "A ton avis, à 23h? Payer si vous voulez bien, mais surtout se barrer"... L'addition est fausse bien sûr, avec notamment le Montlouis-sur-Loire placé en Languedoc (why not). Ils n'ont pas la machine à carte, se questionnent pour savoir où elle peut bien être, puis ne savent pas la faire marcher, etc.

Bref, le sketch intégral, et pour la première fois depuis 2 ans je pense, je n'ai pas laissé de pourboire malgré une apparente bonne volonté chez certains jeunes (mais passé un certain stade, ça ne suffit plus à faire passer l'incompétence). Cela dit, c'était tellement too much qu'on avait plutôt envie de rigoler (il y a eu plusieurs regards et sourires complices entre différentes tables face au désastre...) que de s'énerver, donc c'était presque un mal pour un bien.

 

Prochain épisode: cuisines non françaises, a priori. Au choix, italien, chinois, marocain, irlandais, éthiopien...

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14 janvier 2014 2 14 /01 /janvier /2014 12:38

Faidherbe-Chaligny, à cheval entre le 11ème et le 12ème arrondissement (la rue du Faubourg Saint-Antoine constitue la limite, le nord étant le 11ème, le sud le 12ème)  est une station de métro finalement peu connue puisque seule la ligne 8 y passe, mais qui se situe à proximité de Nation, Gare de Lyon, Bastille, et Voltaire. 

C'est aussi, de façon un peu inexplicable, l'un des coins de la capitale présentant le plus de restos "connus" au mètre carré, dans le registre bistrot/bistrot chic/"ethnique" tout au moins (on y trouve peu d'étoilés, par contre).

 

Ainsi, la fameuse rue Paul-Bert, mais aussi la moins connue mais tout aussi intéressante (pour manger dehors) rue de Montreuil, la rue du Faubourg Saint-Antoine, et à peine plus loin, la rue de Charonne, comptent toutes plusieurs options que l'on peut avoir envie d'essayer, surtout si comme moi on vient d'emménager dans le quartier il y a quelques semaines. D'autant plus lorsqu'on habitait avant dans un quartier, le bas 15ème ouest, qui, sans être pauvre gastronomiquement, se révélait assez uniforme dans ses choix et sa clientèle (assez peu portée sur la hype dans l'ensemble, ce qui ne me dérangerait pas si à ce point là, on n'avait pas parfois l'impression de dîner dans un resto de notables de petite ville de province dans l'après-guerre), malgré là aussi quelques cuisines "exotiques" sympathiques, iranienne, kazakhe, ou coréenne notamment.

 

Article 1: Le bistrot Paul Bert vs La Ravigote

 

Histoire de ne pas lasser le peu de lecteurs que j'ai avec un article interminable, et de me ménager l'inspiration pour les semaines à venir, je vais choisir ici d'"opposer" deux "bistrots" du coin, l'incontournable Paul Bert, et le moins connu la Ravigote.

La suite sera consacrée à d'autres tenants de la cuisine française, et j'aborderai plus tard les cuisines "non-françaises" (c'est vaste) là aussi probablement en plusieurs parties... bref, ça devrait nous tenir un moment.

 

Le bistrot Paul Bert: 18 rue Paul Bert (11ème). Bertrand Auboyneau. Une institution, cataloguée comme l'un des meilleurs bistrots de Paris par toute la critique depuis probablement pas loin d'une dizaine d'années maintenant. Toute la blogosphère (qui à cette époque préhistorique était plus réduite qu'aujourd'hui) en a chanté les louanges en 2007, et j'avais envie d'y aller avant de partir aux USA, où j'ai finalement eu le temps de passer 2 ans, et d'être revenu depuis 4, avant de finalement y poser mon séant, à la toute fin 2013.

Pour le coup, c'était une "semi-occasion" (eg on savait qu'on irait au resto ce jour là), donc j'ai réservé une table deux semaines à l'avance, sans problèmes aucun. Je ne sais pas quel est le temps de réservation, mais comptez probablement une semaine pour être tranquille (un pote avait essayé sans succès un jeudi 48h à l'avance). Ils répondent au téléphone et sont plutôt courtois en tout cas si on appelle vers 19h avant le coup de feu, ça devient suffisamment rare pour être signalé. C'est assez grand (probablement une cinquantaine de couverts), et avec l'écailler du bistrot à côté qui fait au moins la même taille plus le plus petit 6 Paul Bert, tous tout le temps plein, le patron n'a probablement pas de problèmes de fin de mois, good for him. 

Ma chronique sera sans doute plus philosophique que factuelle.

En quelques mots toutefois, le menu-carte est à 38€ (notez que plat-dessert ou entrée-plat est à 36... et que le menu prend 1€ par an depuis 6 ans), avec environ 5 propositions pour chaque séquence entrée-plat-dessert.

On y trouve des produits assez nobles, majoritairement de saison en sus de quelques classiques intemporels, saint-jacques, ris de veau, du gibier en saison. Les préparations sont relativement simples ou traditionnelles: saint-jacques au kari gosse, feuilleté de ris de veau et champignons, côte de veau, marcassin ou rôti de cerf aux airelles avec purée de céleri, Paris-Brest, macaron aux châtaignes etc. Les cuissons et assaisonnements sont justes, les produits sont bons, c'est bien. Les portions sont correctes pour les plats mais sans excès, gargantuesques pour les desserts.

La carte des vins est extensive (plusieurs centaines de reférences à des prix allant de la vingtaine d'euros à plusieurs centaines si je me souviens bien, avec des coefficients typiquement parisiens).

C'est vraiment bien, le service est efficace, et si on sent que le roulement est optimisé (il y a au moins 2 et probablement 3 services par soir), on n'a pas l'impression qu'on cherche à vous mettre dehors. L'espace est extrêmement optimisé. Franchement, ça vaut le coup, au moins une fois ou deux, dans un registre pas si éloigné que ça de l'Ami Jean de Jégo. D'ailleurs, comme l'Ami Jean, c'est à mon avis probablement plus intéressant pendant la saison de la chasse qu'à un autre moment.

 

Après, mon questionnement porterait plutôt sur la définition même de ce qu'est un bistrot. Si on appelle bistrot tout ce qui a un comptoir en zinc, des tables en bois, des vieilles affiches au mur, des serveurs forts en gueule et de la cuisine traditionnelle française, alors oui, on a la un vrai bistrot. Mais en ce qui me concerne, j'entends dans ce mot une dimension populaire... et à 50€ minimum pour le menu et le vin (dans notre cas, une bouteille de Saint-Joseph à 60€ et une assiette de fromage pour 2, cela a plutôt fait 75 chacun), je sais qu'on est à Paris, mais tout de même. Cela ne veut pas dire que le rapport qualité/prix est exécrable (même si je pense qu'on paye un peu la réputation malgré tout): les prix s'expliquent par le fait que la cuisine, certes traditionnelle, est plutôt d'inspiration bourgeoise que populaire. 

La question annexe, c'est la définition de la "bistronomie" dont le bistrot Paul Bert est parfois érigé en figure tutélaire, au-delà de la vaste définition "gastro dans l'assiette, bistrot dans la déco et dans les prix" (Aaron Ayscough a également disserté là-dessus récemment en prenant l'exemple de la Régalade). Comme je l'ai dit plus haut, la cuisine du Paul Bert est relativement simple (ça n'est pas une critique et ne veut pas dire simpliste comme cela peut parfois se trouver - par exemple un blanc de boulet de chez machin avec des légumes vapeurs de chez truc, le tout au prix du caviar -; je veux dire par là qu'en opposition à la "cuisine d'auteur", elle reflète un chef qui "se contente de bien maîtriser ses classiques, ce qui n'est déjà pas si mal). Personnellement, je serais tenté de définir la bistronomie comme quelque chose d'un peu plus créatif, surtout quand les prix ne sont plus si légers que ça, maintenant que ce "concept" s'est révélé suffisamment bankable. Un Abri, par exemple, malgré toutes les réserves que je peux avoir sur l'endroit, me semblerait largement plus correspondre.

Mes goûts personnels, enfin, me pousseraient à aller chercher, pour les soirées restos à 50-75€, du plus suprenant (par exemple, la Fourchette du Printemps, que je n'ai pas blogué mais que j'avais trouvé épatant, mais dont les prix augmentent eux aussi avec régularité, et qui se situe donc aujourd'hui plutôt dans la gamme 75-100...), voire du plus formel. Comme lorsque l'on paye un sandwich pastrami à emporter 15€, qu'on fait 1h30 de queue devant un food-truck ou pour un brunch, je trouve qu'il y a un fond de snobisme (dont je ne suis pas toujours exempt) ou quelque chose d'un rien artificiel, à claquer 3 ou 4 billets de 20 pour boire dans un verre duralex, sur une table en bois de récup de 20cm2, tout en se prenant le coude du serveur dans l'oreille chaque fois qu'il passe. Et ce même si j'ai beaucoup de tendresse pour la bonne cuisine bourgeoise, vers laquelle je retourne régulièrement. D'autant qu'elle se perd un peu, à Paris notamment, où la mode des chefs basquo-nordiques autodidactes de 21 ans a quelque peu poussé vers une tendance de "non-cuisine" consistant à proposer, comme dans mon exemple plus haut, des produits à peine touchés sous prétexte qu'ils sont luxueux. Il est donc bon qu'il en reste quelques bastions à Paris, comme le Paul Bert, l'Ami Jean ou l'Auberge du 15 (que je souhaiterais découvrir un de ces quatre). Mais en province, il me semble que ces tables sont encore assez bien représentées, et qu'on n'est pas obligé de lâcher 5% d'un SMIC pour y dîner. 


 

La Ravigote: pour continuer à alimenter ma réflexion gustativo-philosophique, je vais donc opposer le bistrot Paul Bert à la Ravigote, 41 rue de Montreuil, 75011 Paris, qui, pour le coup, m'apparaît comme la quintessence d'un vrai bistrot populaire (certains diraient presque trop, mais j'y reviendrai).

Ce bistrot m'était totalement inconnu avant de passer devant. Mais je ne vais pas vous la jouer "découvreur de talents": s'il ne figure pas dans les guides branchés, il n'est pas tout à fait inconnu non plus, avec plusieurs mentions, si j'en crois la devanture, au guide Lebey des bistrots (qu'on oublie trop souvent de consulter, je trouve), dans l'annuaire Pudlo, ou au guide du routard, la plupart datant d'il y a quelques années (mais pas 25 non plus), du temps de l'ancien chef.

Le nouveau propriétaire, Christophe de son prénom, est arrivé si j'en crois ce que je peux lire sur le net en 2012, et n'a pas vraiment bouleversé l'endroit. C'est un long couloir avec un comptoir en rentrant à droite, environ 25 couverts bien serrés.

Au service, une dame d'âge mûr qu'on dirait, tant par le physique que par la gouaille, sortie d'un film de Jeunet. Le patron fait un peu tout, la popotte, le service, la discute. En salle, c'est varié, il y a des mamies du quartier qui viennent se faire leur sortie du vendredi, quelques alcooliques au bar, des groupes de jeunes qui font la fête pas cher, et quelques bobos comme nous. Le week-end, il peut même y avoir un chanteur à guitare, qui vous fera à la demande du Jean Ferrat ou du Brassens (je le signale pour ceux que le concept rebute...). C'est blindé, ça rigole et ça parle fort.

Dans l'assiette, c'est du pur jus franco-français orienté aveyronnais: oeufs mayo, pâté, céleri rémoulade, harengs pomme à l'huile ou charcute pour les entrées, quelques extras du jour du style poêlée de chanterelles (avec encore quelques épines de pin pour le côté nature) ou ravioles à la crème... puis boudin truffade, tête de veau ravigote bien sûr, andouillette, pied de porc, confit... Les desserts donnent aussi dans le "tradi comme en 74" (tarte aux pommes, crème brûlée, mousse au chocolat...).

Le chef ne pleure pas la matière grasse et l'ail, c'est du fait maison plutôt basique mais bien exécuté.

Les prix sont franchement doux, tous les plats ou presque rentrent dans une formule ou une autre, soit à 21 soit à 28€ pour l'entrée-plat-dessert (17 ou 24 pour entrée-plat ou plat-dessert).

Le week-end, il faut réserver et il y a plusieurs services. Ils servent tard (on proposait à des clients de repasser vers 22h30), et ils font rade entre le midi et le soir, pour ceux qui veulent boire des canons en bouffant du jambon ou du fromage. Petite (très petite) carte des vins de vignerons indépendants pas chers (le Morgon Charvet à 22€ était pas mal). 

En semaine, il y a une promo la Fourchette dont je me demande à quoi elle sert puisqu'elle est hors-formule et que, de ce j'ai compris, tous les plats peuvent être inclus dans la formule... bref, dans tous les cas, il y a de quoi faire avec elles. 

Si on ne traversera pas le pays et peut-être même pas Paris pour y manger, voila un vrai bon bistrot traditionnel sans aucune prétention gastronomique donc, à recommander plutôt aux repas de groupe pour manger plutôt bien, copieux, tout en restant sous la barre des 40€ en picolant sans calculer (voire moins de 30), qu'aux dîners en amoureux. Ce qui, finalement, devient aussi une rareté parisienne, cette gamme de prix, en sus d'être en voie de disparition dans une ville où un PEL rempli au maximum ne permet guère de payer plus qu'une salle de bain, ayant été colonisée par cette merveille marketing qu'est le "bistrot en bois sorti de Ratatouille avec son tartare-frites de chez Métro".

L'ambiance "rade de quartier comme dans les vieux films" peut aussi convenir aux âmes solitaires, je suis sûr qu'on finit par taper la discute et refaire le monde. Mais si l'on cherche à "voir et être vu", pour paraphraser le Fooding, ça n'est probablement pas là qu'il faut aller. Pour chercher en quoi un zeste de modernité ou de diversité culturelle peut transcender la tradition, non plus.

 

 

Bon, je ne vais pas pousser ma comparaison plus loin que ça: l'ambition, les prix et l'assiette qui vont avec sont très différents, et du coup la clientèle également. Mais si l'on n'était pas à Paris et qu'on me demande de citer un bistrot typique dans le coin, je pencherais spontanément plutôt pour la Ravigote que pour le bistrot Paul Bert... 

 

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7 janvier 2014 2 07 /01 /janvier /2014 13:28

Avant de reprendre le fil du blog, une petite réflexion à brûle-pourpoint.

 

Il arrive des choses un peu étranges dans les labos. C'est peut-être simplement lié à la tension sur le marché de l'emploi scientifique privé comme public (dans ce cas là, que mes lecteurs du privé n'hésitent pas à m'en informer), mais peut-être faut-il aussi y voir une certaine idée de la gestion des ressources humaines par des personnes dont ce n'est généralement pas le point fort.

 

Exemple:

"Je déteste mon job depuis 1 an, ce qu'on me demande de faire est débile, et en plus personne ne me calcule dans le laboratoire"

"Nous on trouve que tu es vraiment nul(le), tu fais pas du tout l'affaire et tu ruines ce super projet"

...

"Bon, est-ce que tu veux continuer 18 mois de plus?"

"Ok"

 

 

Bien sûr, le "dialogue" est fictif et outrageusement simplifié, en vrai c'est un peu plus subtil, mais dans le fond, c'est ce qui se dit. Ca arrive plus fréquemment qu'on ne le croit, pour un post-doc, un ATER, un CDD ingénieur de recherches etc etc. 

Du côté des superviseurs: solution de facilité, flemme de chercher, de devoir faire semblant d'être sympa pendant les interviews et de se retaper beaucoup d'administratif.

Du côté des "précaires": solution de facilité aussi, peur du chômedu quand ce n'est pas de l'expulsion...

 

Cela créé parfois des ambiances un peu étranges dans un laboratoire ou des situations ubuesques, comme cette réunion où une personne en CDD absente se fait déboîter non-stop pendant 2h avant que l'on ne conclue par "bon, tout le monde est d'accord, on la prolonge?".

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