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  • : La vie au labo
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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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  • Misanthrope optionnellement misogyne et Esprit Universel.

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29 novembre 2012 4 29 /11 /novembre /2012 11:42

"- Si vous utilisez des heures de responsabilités pédagogiques ou administratives pour remplir votre service statutaire, les heures complémentaires ne vous seront pas versées.

- Très bien. Dans ce cas, vous informerez les élèves de ma part pour leur dire que, n'étant pas bénévole, je n'accomplirai aucune tâche au-delà des 192 heures réglementaires. Je vous laisse le soin de recruter un vacataire pour me remplacer. Et vous demanderez à la comptabilité de me payer les heures complémentaires effectuées il y a deux ans et que j'attends toujours."

 

 

"- Vous voudrez bien vérifier qu'une place de parking m'a été attribuée pour mon intervention.

- Bonjour, je ne suis ni votre secrétaire, ni votre mère, vous voudrez bien vous démerder (ou contacter le personnel techique en charge de ce genre de questions, et dont je vous ai donné dix fois les coordonnées)."

 

 

"- Le logiciel de procédure dématérialisé a été mis en place dans un but de rationalisation.

- Depuis la mise en place de ce fameux logiciel, je suis passé d'un référent à 5. Je n'ai aucun pouvoir direct d'action mais je suis censé vérifier l'exactitude de la procédure et serai tenu responsable en cas d'erreur. J'en conclus que le logiciel n'a pas été mis en place dans un but de simplification des démarches: c'est dommage, ce fut l'un des consensus des Assises..."

 

 

"- Veuillez passer signer avant demain midi dernier délai.

- Bonjour, cela fait trois mois que l'on attend que quelque chose se passe enfin, et une fois que vous vous réveillez, nous avons 12h pour réagir?"

 

 

"- Vous ne pouvez pas faire faire des cours magistraux à votre ATER (10h niveau DUT 1èere année).

- C'est marrant, le directeur de l'école m'a expliqué doctement il y a 1 an que pour des raisons de sécurité, un ATER n'était pas censé faire les TPs non plus. Il ne nous reste qu'à lui trouver 192 heures de TD, c'est ça?"

 

 

"- J'ai un problème bien précis à résoudre dans le cadre de ma mission au sein de mon entreprise, vous pouvez m'aider?

- Il s'agit d'une formation généraliste de 4 jours, pour laquelle je suis rétribué sur mon service d'enseignement. Mais si vous voulez me payer plus tard 1 journée de consulting, ou à la limite en prestation de service pour le labo, je peux essayer."

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16 juillet 2012 1 16 /07 /juillet /2012 17:14

Henri Guiano a déclaré le plus sérieusement du monde, sur I-Télé: "Si les députés sont obligés de justifier chaque dépense, alors ils ne vont plus être des députés libres."*

 

Appliquons mot pour mot ceci à la recherche: "Si les chercheurs sont obligés de justifier chaque dépense, alors ils ne vont plus être des chercheurs libres".

 

A vue de nez, ça n'a pas l'air plus con.

Par contre, entre notes d'opportunités pour rachat de matériel informatique, ordres de mission et formulaires pour se faire rembourser les tickets de RER, administratifs qui demandent à étudier le programme des congrès pour daigner procéder au remboursement ou vérifient les devis ligne par ligne même pour les marchés publics ou les financements obtenus en propre (et je ne parle pas que pour les appareillages à 100k€), ça fait un moment que la liberté n'est déjà plus une option pour nous...

 

Bref, on se marre bien avec les politiciens professionnels, toujours prompts à défendre leurs intérêts tout en expliquant en parallèle que la situation est grave et qu'il faut se serrer la ceinture.

 

 

 

* ceci à propos d'une proposition de loi bien vite enterrée, consistant à encadrer et imposer les frais de représentations des députés (6400€ brut/mois, une paille - ou, comme le dit Guiano qui n'a pas peur de l'emphase et de faire pleurer dans les chaumières: "Il n’y a pas une seule démocratie au monde où les députés ont aussi peu de moyens pour faire leur travail !").

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1 juin 2012 5 01 /06 /juin /2012 13:25

On peut se demander pourquoi dans un établissement d'enseignement supérieur et de recherche, il y a un ratio personnel enseignement/recherche vs personnel administratif/technique de 1 pour 3.

 

Eh bien pour s'occuper par exemple de choses essentielles comme:

 

- passer les commandes de matériel chez des fournisseurs étrangers selon une procédure propre car le logiciel de gestion n'est prévu que pour des fournisseurs ou revendeurs français.

 

- rentrer manuellement toutes les notes de tous les examens car le logiciel utilisé pour centraliser ne sait pas exporter les fichiers excel que l'administration demande de remplir aux enseignants (qui n'ont bien évidemment pas directement la main sur le dit logiciel).

 

- trier et livrer le courrier en à peine deux semaines après réception (établissement de 1500 personnes).

 

 

 

(je n'ai pas forcément plus de détails à donner, mais ces anecdotes sont ou ont été dans une certaine mesure vraies)

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5 mars 2012 1 05 /03 /mars /2012 13:42

De par ma profession, je suis amené à être en contact avec un nombre certain d'étrangers vivant en France, post-docs, chercheurs, thésards, etc.

Ils sont indiens, vietnamiens, allemands, argentins, espagnols, américains, italiens, russes...

 

Un grand nombre d'entre eux n'a pas assez de mots pour dire tout le mal qu'ils pensent des français et de la France, ou plus exactement des parisiens et de Paris.

 

C'est généralement plutôt argumenté, probablement pas toujours de mauvaise foi d'ailleurs, et ça tourne le plus souvent autour des stéréotypes classiques: 

Gens grossiers, pressés, fainéants, qui passent leur vie à cloper aux terrasses des cafés sans se calculer, arrogants. Bref, des connards.

Ville sale, pas fun, magasins jamais ouverts (le drame pour les anglo-saxons qui aiment acheter leur livre de poche ou leurs baskets à 23h le dimanche), prix exorbitants. Bref, un pays sclérosé.

 

Et malgré tout, ces gens là, non seulement ne cherchent pas à partir, mais fréquemment se battent pour rester.

Ils ralent, mais ils prolongent leurs contrats, passent les concours de recrutement, postulent dans le privé etc.

 

En fait, je me rends compte qu'ils sont devenus plus français que les français, plus parisiens que les parisiens: jamais contents, mais finalement bien comme ça.

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24 février 2012 5 24 /02 /février /2012 09:50

Je fais depuis six mois environ régulièrement la navette entre deux établissements d'enseignement supérieur et de recherche français parisiens (pour faire simple, mes cours ont lieu à un endroit, ma recherche à l'autre).

 

A l'entrée, dans les deux cas, nous avons des journaux en libre service.

 

Dans l'un, en plus des gratuits, Libération.

Dans l'autre, les Echos et la Croix.

 

Saurez-vous deviner lequel est une école d'ingénieurs?

 

Heureusement, on trouvera l'Equipe aux deux endroits. 

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11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 10:26

Ah, qu'est-ce qu'on se marre en école d'ingé.

 

http://www.rue89.com/comment/2850499#comments-start

 

Un petit copié-collé d'un mail cité en fin d'article, parce qu'il a été écrit par un élève de mon alma mater et qu'il y parle du club de rugby. Une prose de l'"élite de la nation" comme on aimerait en voir plus souvent, et qui vaudra probablement à son auteur un petit quart d'heure de gloire sur la toile...

 

« Objet : [...] Résumé de la soirée à l'ens hier

Salut les gorets,

Pour les polards et les tocards qui n'étaient pas présents hier soir pour la réouverture de la kfet à l'ens, je vous propose une petit résumé [...].

[Notre] troupe de gars bonnard se ramene avec une chaussette sur le sexe et enflamme le dancefloor ! Qqs biffles (comme une gifle, mais avec la bite, NdeMix) sur le podium, frottements de couilles sur la gente féminine, sans compter la pose de couilles sur le comptoir du bar. [...]

Les rugbymen intellectuels commencent alors à insulter tous les jeunes autour, et à emprunter des chapeaux ou des casquettes. On a d'ailleurs trouvé marrant de trickser un homosexuel véti d'une paire de bretelles, d'un pantalon en cuir et d'une casquette en cuir ! Le pauvre, ce qu'on lui a mis. Mais la bonne humeur des porcelets l'a emporté sur l'envie de mettre quelques droites.

Puis nous rencontrons [une fille] de la kfet, qui avait arrosé les couilles [d'un des nôtres] quand celui ci les avait posées sur le bar. La demoiselle un peu bourrée et demandeuse de calins nous paye pas mal de coups, et demande des plaquages dans la cour aux ernests ! [...]

Ensuite petite session podium, et le fameux moments ou tous les porcelets présents sont montés sur le comptoir, les couilles à l'air. Un grand moment de romantisme ! [...]

On en redemande des soirées comme ca ! ! [...] »

 

Moi qui me suis toujours demandé pourquoi je n'avais jamais fait de rugby, je comprends que je n'en étais sans doute pas digne...

 

Je me sens rajeunir, même si à mon époque (2000-2004), se balader à poil en soirée et vouloir poser sa bite n'importe où ou sur n'importe n'était pas répandu; certains se contentaient simplement de faire un barrage de culs.

C'est pendant que je faisais ma thèse (2004-2007, dans la même école, où je continuais à aller boire quelques bières au foyer des élèves ou à des soirées de temps à autres) que j'ai vu ce genre de choses pour la première fois. Ainsi que les mecs proches du coma éthylique à 20h (quelques années auparavant, les cadavres s'accumulaient à partir de 3h du mat', rarement avant).

 

Par contre, chier dans un labo mal fermé ou actionner les douches de sécurité pour inonder la salle blanche (qu'est-ce qu'on s'marre), c'était rare mais ça existait déjà.

 

 

 

 

Bon, plus sérieusement, tout ça est un peu affligeant mais je suis à peu près sûr que les faits décrits sont majoritairement vrais*.

 

Pour mes lecteurs qui ne connaissent pas le monde des écoles d'ingé, oui, ça se passe, parfois, comme ça (et c'est paraît-il pire en fac de médecine). Mais le "jeune" n'est pas toujours très subtil, et il serait étonnant que le "jeune" d'école d'ingénieurs le soit plus: quitte à faire des conneries, autant les faire à 20, quand les conséquences et les responsabilités sont souvent relativement faibles, qu'à 50 parce qu'on ne supporte plus d'avoir eu le cul serré toute sa vie.

On peut aussi disserter sur le bienfait d'un système où 2 années ultra-compétitives à peine sorti de l'adolescence (la prépa) sont suivies par 3 années de branlette quasi-totale où 95% des entrants à son diplôme à la fin en bossant deux semaines par an (l'école d'ingénieurs).

 

Cela dit, les vrais gros bourrins décrits dans l'article ne sont pas majoritaires, et à part peut-être pendant le week-end d'intégration personne n'oblige personne à quoi que ce soit, même si certains peuvent avoir cette impression en ressentant une "pression de groupe". Je connais plein de gens qui ont eu beaucoup d'amis, même parmi les "fêtards", en école d'ingénieurs alors qu'ils n'ont jamais vomi ou montré leur zgueg.

Il faut aussi noter que condenser des évènements qui se sont produits dans plusieurs soirées à plusieurs mois d'intervalle en quelques lignes laisse penser un peu facilement que c'est l'orgie permanente: même si l'ambiance est rarement extrêmement studieuse, ce n'est pas non plus tout à fait le cas**.

Parler de "viol" parce qu'une fille qui a trop picolé a couché avec un mec qui a aussi trop picolé me semble un peu too much (je fais une litote) quand on fait référence à des personnes qui ont 20-25 ans.

Quant aux chansons paillardes, elles ne brillent pas par leur finesse et on peut regretter leur existence dans notre patrimoine culturel, mais taxer de sexiste homophobe celui qui chante "ah la salope va laver ton cul malpropre" me semble aussi tiré par les cheveux que vouloir interdire Tintin au Congo...

 

 

 

 

* bien que leur interprétation et/où la façon dont ils sont présentés soient beaucoup plus tendancieux, (voir aussi en commentaires).

** Casser de la "grande école" est toujours tendance dans certains média (un peu comme les francs-maçons), parfois à raison d'ailleurs. Dans le cas d'espèce, l'ENS ne délivre pas de diplôme d'ingénieur et forme en majorité des fonctionnaires, profs et chercheurs (même si de plus en plus d'ulmiens dérivent vers le privé ou la haute fonction publique). Bref, le symbole arrogant du grand capital et de la reproduction des élites, c'est pas vraiment à l'ENS qu'on le trouve...

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12 décembre 2011 1 12 /12 /décembre /2011 17:54

Je viens de finir un bouquin intitulé "Départs anticipés" de Christopher Buckley (journaliste politique et satiriste qui a aussi écrit, entre autres, Thank you for smoking, dont a été tiré un bon film).

 

Ce n'est pas très bien écrit (ou bien traduit), mais c'est néanmoins assez réjouissant:

Dans un futur proche, une blogueuse propose de légiférer sur le suicide volontaire des baby-boomers (contre exemptions de taxe pour ceux qui acceptent) coupables selon elle de la ruine du pays, pour sauver le système de retraite et de santé. De façon impromptue, des "révoltes" de jeunes adultes amènent la Maison Blanche à prendre l'idée au sérieux...

 

 

On se dit parfois que l'histoire écrite en 2006, aussi farfelue qu'elle paraisse et poussée aux limites de l'absurde, est pourtant presque complètement crédible depuis que la crise est passée par là.

 

Un exemple, qui m'a bien fait marrer:

 

"La situation nationale continuait de se dégrader: la bourse était en chute libre, les prix s'envolaient. On en était à six semestres de croissance négative. Le dollar avait perdu 40% de sa valeur. Indifférent à ces données économiques calamiteuses, le Congrès refusait de réduire les dépenses fédérales.

La situation extérieure n'était guère plus réjouissante.

[...]

Au milieu de ce tumulte, le Président préparait sa campagne pour être réélu. Tout portait à croire que la lutte serait rude. Pour l'instant, le meilleur slogan que son équipe avait pu trouver était: " Il fait de son mieux. Vraiment." 

"

 

On n'est pas si loin des leitmotivs employés sérieusement chez nous: "je n'ai plus rien à vous promettre si ce n'est de l'effort" ou "les autres n'ont aucune expérience internationale"...

 

Un bon bouquin de politique fiction rigolo, peut-être pas si fictionnel que ça, qui se lit en moins d'une semaine.

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20 octobre 2011 4 20 /10 /octobre /2011 08:55

Et moi* qui ose prétendre qu'il y a quelques dysfonctionnements sur mon lieu de travail.

Alors qu'il suffit juste d'un peu de patience et tout s'arrange.

 

conge-2.jpg

 

 

Gestion intranet des demandes de congé sur un compte personnel pour le suivi de carrière, par le biais d'un logiciel de gestion des ressources humaines, c'est très moderne.

 

Bon, j'avoue, je n'ai pas attendu la validation de fin août 2011 pour prendre ma journée du 12 octobre 2010**...

 

 

 

 

* ainsi que quelques autres: je viens de recevoir les présentations des listes pour les élections syndicales. L'état des lieux est saignant, que les constats soient faits par des radicaux ou des plus modérés...

 

** c'était pour aller déjeuner au Ritz fêter le retour de Priscilla - on m'avait collé une réunion "obligatoire" des nouveaux arrivants ce jour là - finalement il y avait eu grêve, la réunion avait été annulée...

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7 septembre 2011 3 07 /09 /septembre /2011 17:29

 

Un commentaire seulement: pourquoi le joueur prend-il un carton jaune? L'arrêt dans la course ne donne-t-il pas simplement penalty à retirer?  L'arbitre a-t-il voulu enfoncer encore plus le joueur qui venait de se prendre la honte de sa vie?

 

 

 

PS: Je tiens à m'excuser auprès de mon lecteur se prénommant Régis pour mon titre inspiré des Nuls. 

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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 10:09

Le Parisien-Aujourd'hui en France est un très bon journal: c'est le seul quotidien national bâti comme un quotidien régional.

 

Aucune analyse politique/économique/sociale, beaucoup de reportages people ou d'interviews de (semi-)stars, et une grande part consacrée aux faits divers. L'avantage par rapport à un quotidien régional, c'est qu'on n'y trouve que la "perle" des histoires sordides: pas de place pour mamie qui s'est fait voler son sac à Las Planas, on ne fait que dans le cadavre démembré ou le chauffard alcoolique qui tue deux gamins et paralyse le troisième minimum.

 

Bref, dans l'avion ou dans le taxi, c'est bien, ça se lit facilement et vite.

 

En allant sur Toulouse le week-end dernier, je l'ai donc récupéré.

 

C'était le lendemain de l'"agression" de Sarkozy au milieu d'un bain de foule (de deux rangées, comme on le voit dès que la caméra fait un plan large).

 

 

Et là, même dans le Parisien, on n'ose pas croire ce qu'on lit:

"Le profil psychologique d’Hermann Fuster pose également question. Fan de hard rock, souvent vêtu de noir, l’agent municipal est décrit comme très casanier."

 

Je croyais le cliché des "gothiques ténébreux qui égorgent des chats dans les cimetières avant de passer aux vierges puis au Président" éculé depuis les investigations de Karl Zéro dans les années 90, mais visiblement, non.

 

Cette petite phrase a été élue Noix d'Honneur de la semaine par le Canard.

 

Ils auraient pu aussi relever celle-là: "On le sait peu, mais le président a quelques notions d’autodéfense : il a été ceinture marron de judo!"

 

 

 

 

PS: les hardos sont des gens gentils qui respectent la nature. La preuve avec ce programme, le chef black métal végétarien.

 

 

 CUT THE TOFU!! 

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