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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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19 décembre 2012 3 19 /12 /décembre /2012 13:02

Je suis de plus en plus convaincu que, dans une majorité des cas, le "mérite scientifique" personnel n'est qu'un facteur mineur dans la réussite d'une carrière scientifique. Et que les indicateurs de performance ne révèlent au mieux que quelque chose de très partiel.

 

Si je prends mon propre exemple. 

Aujourd'hui, ma production scientifique est probablement dans la moyenne de mon domaine, peut-être la moyenne basse. J'ai sorti 3 papiers premier auteur pendant ma thèse, plus un proceeding avec comité de lecture. Puis 2 papiers premier auteur pendant mes 2 ans de post-doc aux US. Rien pendant les 6 mois de post-doc de retour avant de trouver un poste, puis rien pendant ma 1ère année MCF. Cette année, un brevet, un proceeding avec comité de lecture et un papier reprint author. A priori, un papier premier auteur devrait sortir l'an prochain, plus un ou deux co-auteur. Comme j'ai maintenant deux étudiants, cela devrait rouler au moins pour les 2 ans à venir.

Bref, 5 papiers 1er auteur, 1 brevet, 1 papier reprint author, 2 proceedings à comité de lecture, en ayant commencé à publier en 2006: pas de quoi avoir honte (et pas encore de quoi se dire que passer Prof relève à tout jamais de l'utopie), mais pas de quoi se taper le cul par terre. 

 

Toutefois, il s'en est fallu de peu pour qu'à l'heure où j'écris ces lignes, sans être en aucune façon "plus excellent" que je ne le suis, je compte quasiment deux fois plus de papiers: quand je suis parti de mon labo de thèse, une post-doc était censé continuer sur mon boulot. Il se trouve qu'elle n'était pas très dégourdie et qu'au bout de quelques mois, mon chef a décidé de changer son fusil d'épaule et de lui faire faire autre chose. Pouf, un ou deux papiers potentiels qui tombent à l'eau.

En post-doc, j'ai mis au point, avec un autre post-doc, une manipe. Nous en avons tiré un papier. Cette manipe (que j'ai fini par reconstruire dans mon labo français) a permis à mon chef de publier une dizaine de papiers depuis que je suis parti, dont une bonne moitié est vraiment la pure continuation de mon boulot. Bref, ce papier est du coup bien (auto-)cité, mais je connais un certain nombre de laboratoires où j'aurais été "co-auteur" automatique (au moins pour les papiers qui incrémentent la manipe ou traitent de la physique qu'elle met en jeu).

Du coup, je pourrais très bien aujourd'hui avoir une liste de 15 papiers au lieu de 8. A priori, je ne serais pourtant ni meilleur ni moins bon que je ne le suis.

 

Enfin, il me semble que l'environnement est un élément clé pour un MCF: entre certains collègues en école d'ingé qui bénéficient de décharges, de bons étudiants à disposition, et dans certains cas de fonds importants, d'autres dans des labos "de pointe" qui ont 2 doctorants à disposition dans l'année qui suit leur nomination, et d'autres collègues à qui on demande d'assurer 300HED et dont les laboratoires ne fonctionnent qu'avec des stagiaires de L3, la production scientifique va rapidement diverger même si le "niveau d'entrée" est souvent assez similaire.

Ce n'est pas comme si l'offre était pléthorique et que la part de chance dans les auditions était nulle et qu'on pouvait affirmer "vu mon niveau, je n'irai que dans la crème des labos".

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9 décembre 2012 7 09 /12 /décembre /2012 13:02

Un article intéressant de Tom Roud sur le temps passé par un enseignant-chercheur à faire de la recherche me donne envie de tenter le meme.

 

Je ne suis pas sûr de respecter exactement la même organisation, mais on va voir qu'il y a quelques différences entre un enseignant-chercheur "lambda" physicien plutôt théoricien ayant dérivé vers la biophysique modèle nord-américain (lui, Assistant Professeur dans une grande université canadienne) et un autre enseignant-chercheur, plutôt physico-chimiste expérimentateur effectuant son enseignement dans un établissement un peu spécial, et sa recherche dans un labo de grande école assez loin de ses thématiques originelles, en France (moi).

 

Le problème (voire la limite) de l'exercice est de décorréler des activités qui pour beaucoup sont faites un peu toutes en même temps ou s'interpénètrent même...

 

Temps de travail global: difficile à estimer, mais je passe environ 45-50h au labo (ou en salle de cours) par semaine, auxquelles il faut retrancher 30minutes/1h par jour pour déjeuner et pauses diverses (je ne suis pas du genre à trainer 2h par jour en salle café, mais je peux glander devant Internet...). Je bosse rarement chez moi le soir et week-end, sauf pour lire/envoyer des mails (voir plus bas) ou lire/relire des papiers... 

Je prends, depuis que je suis rentré en France, 6 ou 7 semaines de congés (3-4 en été, 1-2 à Noël, et 1-2 vers Paques), pendant lesquels je me tiens généralement à jour en ce qui concerne l'intendance, mais n'accomplis pas d'autres tâches  (je fais plaisir à Tom en commençant par parler des vacances).

 

 

- Enseignement

Assez d'accord avec Tom, c'est probablement le plus facile à évaluer. J'effectue environ 200HED d'enseignement annuelles, dont environ 120 "face à élèves". 

Ces 120 heures devant élèves comptent environ 1 mois, voire 6 semaines, à temps plein (hors préparation: comme le dit Tom et comme je l'ai déjà dit aussi, une journée à 3 heures de cours magistral enchaîné à 4 heures de TPs est simplement "physiquement" impossible à répéter sur une semaine complète, pour les tenants du "ouais ben les profs y z'ont ka bosser 35 heures devant des élèves*).

Le reste consiste à organiser des stages (notamment en formation continue, ce qui prend beaucoup de temps et est comptabilisé dans la charge annuelle) et diverses activités (tutorat, jurys, soutenances, etc): 1 mois aussi.

J'ai la chance de ne pas trop changer d'enseignements d'une année sur l'autre (l'inconvénient est une certaine routine, et peu de possibilités de recrutements d'étudiants pour la recherche...), et je suis après 2 années de tatonnement, relativement satisfait de la majorité de mes cours (et raisonnablement à l'aise devant une classe), donc mon temps de préparation a beaucoup réduit, même si je passe on va dire 2h avant chaque cours histoire de changer quelques trucs, relire un passage un peu oublié. Ce qui doit faire dans les 2 semaines sur l'année.

A cela, il faut rajouter les corrections de copie (généralement peu time consuming là où j'enseigne), préparation d'examens, etc.

On arrive donc aussi à 3 ou 4 mois (plutôt 3 cette année, probablement 4 voire 5 l'an dernier où mes cours étaient moins rodés et où j'avais hérité d'une cinquantaine d'heures sup).

 

- Mails (plus généralement intendance: téléphone, recherche de signature ou de personnel compétent etc)

Cette catégorie est différente de celles de Tom et n'est peut-être pas légitime tant elle regroupe des choses différentes: commandes ou devis, organisation de réunions recherche ou pédagogique, emmerdes diverses avec l'administration, parfois même discussions "scientifiques" avec étudiants ou collègues, échanges avec élèves, commentaires sur des papiers etc...

Tout ça est très vague, mais je passe en fait à peu près selon mes estimations 1 ou 2h par jour à lire/envoyer des mails (liés au boulot), sans compter le soir... et les coups de fils ou rendez-vous administratifs divers.

Ce qui fait, eh ouais, environ 2 ou 3 mois sur une année.

La première fois où j'ai passé une journée entière de 8h à envoyer/lire des mails urgents sans avoir le temps de rien faire d'autre, j'ai compris que j'avais un boulot de merde le job était finalement assez éloigné de mes aspirations initiales...

Certaines choses seraient indispensables (demander des devis pour certains moyens expérimentaux complexes, échanges de mails collaboratifs avec les collègues etc), mais je pense qu'avec un secrétariat efficace, une direction au taquet et un système administratif dont le but ne serait pas de faire chier ceux qui essaient de se bouger, je pourrais gagner au moins 1 mois, peut-être pas loin de 2... oui, passés à réagir à des conneries.

 

- Réunions

La aussi, c'est une catégorie vague qui va des réunions collaboratives plus ou moins pertinentes aux meetings pédagogiques en passant par les trucs débiles où on te présente le nouveau logiciel dématérialisé mis en place par la fac qui va te pourrir la vie pour les 3 prochaines années. 

Mais cela correspond environ à 2 semaines à 1 mois par an (2 à 4h par semaine, typiquement). Une bonne moitié me semble globalement inutile.

 

- Encadrement d'étudiants

Sachant que la partie "manipes" est comptée en dessous, il s'agit ici de discussions, voire d'écriture/relecture de rapport pour les "jeunes" (DUT, M2 etc). 

Je passe probablement 2h par semaine à discuter avec chacun de mes 2 étudiants. Pas de rapports prévus cette année mais ça rajoute vite pas mal de boulot.

Entre 2 semaines et 1 mois

 

- Manipes

En tant qu'expérimentateur, j'essaye de faire quelques manipes moi-même ou au moins de former mes étudiants. L'an dernier, et j'espère recommencer cette année, j'ai manipé à peu près 1 mois.

 

- Confs

2 par an est ce vers quoi j'essaye de tendre. Soit 2 semaines par an.

 

- Reviewing et lecture biblio

Je n'accepte jamais plus d'un papier à la fois, mais je refuse rarement si je n'en ai pas à reviewer. Disons que j'en fais une dizaine par an. Je ne passe pas comme Tom deux jours dessus, mais malgré tout quelque chose comme 6h, soit pas loin d'1 journée par papier.

A peu près idem pour la biblio: je lis de plus en plus rarement les articles en entier (c'est mal), sauf quand j'écris un article, mais je suis régulièrement les flux RSS des 4-5 journaux que je suis (c'est bien), et dispatche à mes étudiants ou collègues quand un abstract me semble important.

Cela fait donc entre 2 et 4 semaines par an.

 

- Ecriture d'article

Cela rentre un peu dans les mails surtout pour les "coécritures" (qu'elles soient "lointaines" quand vous êtes 5ème auteur, ou beaucoup plus poussées quand c'est le papier de votre post-doc et que vous êtes reprint author). Pour le papier que je suis en train d'écrire "vraiment" (qui sera vraisemblablement le seul de l'année), l'estimation de Tom à 1 mois semble raisonnable (surtout quand on passe beaucoup de temps à collecter/mettre en forme des données dispersées sur plusieurs mois/années et expérimentateurs, et à boucher les trous). 

 

- Recherche de budget

Un certain nombre d'activités correspondant à cela est pris dans la partie "réunions" ou "mails". Reste le temps de l'écriture. Cette année j'ai un fonds propre (valable 4 ans) donc cela a été moins la lutte, mais je participe quand même à des demandes de financements d'équipe ou du labo. Cela dit, je ne suis pas "coordinateur" cette année donc la rédaction a été minime et peut passer probablement dans les catégories ci-dessus également.

Quand on dépose une ANR et 1 autre projet et qu'on est largement impliqué, 2 semaines "d'écriture" semble raisonnable, plus 2 semaines de  réunions/mails. On arrive donc vite aux 1 mois.

 

 

En fourchette basse, nous sommes donc cette année à 10,5 mois, ce qui me laisse 1,5 mois pour penser. Je crois que c'est sous-estimé, cela fait bien longtemps que je n'ai pas eu autant de temps pour effectivement penser (ou alors, réfléchir 20 minutes par jour est si différent d'un mois en continu que la comparaison n'a aucun sens).

En fourchette haute, je suis à 12,5 mois de travail annuel (+1,5 de vacances), ça me semble plus raisonnable vu l'état dans lequel je finis un semestre... **

Plus sérieusement, "ma" recherche (ou la collaborative dans laquelle je suis fortement impliqué) passe dans les quelques semaines de manipes que j'ai le temps de faire, dans l'écriture de papier, et dans mes discussions avec les étudiants que j'encadre. En rajoutant les "mails" et "meetings" liés à ça, ça représente environ 3 mois de mon année...

 

Soit "à la louche": enseignement 3,5 mois (rajout des réunions pédagogiques etc), recherche 3 mois, "activités autres" faisant partie du job (conf', reviewing, proposals, meetings utiles) 2,5 mois, bullshit 2 mois (réunions de merde, mails débiles, vidéoprojecteurs en panne, fiches bilan comptable, signatures après lesquelles on court etc).

CUT THE BULLSHIT!!

 

 

 

* J'ai il y a quelques semaines fait 15 heures devant élèves tout en organisant un stage formation continue. La semaine a franchement été éreintante.

 

** Incertitude de 2 mois qui me vaudrait une convocation devant l'administration si elle était "prévisionnelle".

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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 15:56

Je viens d'embaucher dans le cadre d'une ANR un post-doctorant.

 

Qui présente le sérieux désavantage (tout au moins quand on parle de travailler en France) d'être Libanais, avec un nom libanais, un passeport libanais, bref la totale.

 

Pour ceux qui l'ignorent, chaque fois que l'on embauche un étranger se pose le paradoxe suivant: il a besoin d'une carte de séjour valide pour signer un contrat de travail. Il a besoin d'un contrat de travail pour obtenir une carte de séjour.

 

On pourrait penser que depuis x dizaines d'années et y milliers de cas traités (surtout dans le petit monde de la recherche et de l'enseignement supérieur), quelqu'un quelque part aurait réfléchi à une manière de simplifier la procédure... quelle naïveté.

 

Bref, aujourd'hui, si j'ai bien compris (cela m'a valu quelques maux de crâne), le futur employé signe un contrat "sous réserve de l'obtention du titre de séjour", ce pré-contrat lui permet d'obtenir un récépissé à la Préfecture valable 3 ou 4 mois (équivalent d'un titre provisoire), qui lui permet d'obtenir le contrat, qui lui permet d'obtenir un rendez-vous à la Préfecture pour l'obtention du "vrai" titre de séjour.

Les choses se compliquent un peu quand, comme dans le cas de mon post-doctorant, son titre de séjour a périmé avant qu'il ait signé son nouveau contrat. Il faut rajouter alors une convention d'accueil signée par l'établissement et validée par la Préfecture de Police.

(je laisse des gens plus habitués que moi préciser les points sur lesquels je me serais montré imprécis ou incorrect, mais l'idée est là).

Soit.

C'est compliqué et pénible, mais on pourrait penser que les choses sont rodées et que tout roule... quelle naïveté.

 

 

Il y a quelques mois, je m'étais pris le chou avec la DRH en commençant par la personne en charge du dossier puis en finissant par remonter jusqu'à la directrice elle-même qui m'a pourri en m'expliquant qu'on ne venait pas sans rendez-vous, que je les dérangeais en pleine pause café en plein déménagement et que tout suivait son cours normalement.

Pourquoi cette prise de bec?

Parce que toutes les pièces pour l'établissement d'un contrat commençant au 1er septembre avaient été fournies le 15 juin au département, qui avait lui-même après toutes validations nécessaires soumis à la DRH tout début juillet.

Pourtant, le 31 août on m'a informé que le contrat n'était toujours pas prêt*, j'ai donc du annoncer à mon post-doc qu'il était officiellement sans-papiers et que je ne savais pas quand il commencerait ni s'il commencerait un jour.

Alors je suis allé dans les bureaux de la RH vers le 6 septembre, et même si je me fis jeter manu militari le soir venu je reçus un coup de fil "le contrat est prêt, nous prions votre post-doctorant de venir signer dans les plus bref délais**".

On notera également (pour rire) que le contrat était antidaté et que le post-doctorat a donc bien commencé officiellement le 1er septembre.

 

Je me suis longtemps demandé si c'était un heureux hasard ou si mon apparition énervée avait quand même eu pour effet de faire bouger le papier de son tas sur le bureau pour l'amener en haut de la pile...

 

 

Depuis, tout n'est pas réglé puisque mon post-doctorant attend sa convention d'accueil depuis six semaines.

Après avoir essayé sans succès de convaincre la DRH d'appeler la Préfecture de Police ou au moins de me donner le numéro de leur contact là-bas (quand on passe par le standard pour les étrangers on a le choix entre taper 1 qui envoie vers un numéro non attribué ou taper 2 qui envoie vers un numéro occupé - on nous conseille aussi de nous informer sur le minitel; authentique), j'ai fini par désespoir de cause par envoyer un mail à l'adresse de contact générique (chose qui je le reconnais marche plutôt bien aux impôts ou à la mairie, bref, à connaître).

Effectivement, deux jours après on m'a répondu, par téléphone s'il vous plaît, pour me dire que la convention venait d'être signée et serait renvoyée le lendemain à mon établissement.

 

Bref, encore un heureux hasard? Deux fois en quelques semaines, ça relève presque du miracle.

 

J'ai donc deux interprétations, potentiellement corrélées, autres que la coïncidence, et je dois avouer qu'aucune n'est flatteuse pour le système français:

- avoir un nom bien franchouillard et un statut de "Professeur d'Université" (ne chipotons pas et n'ayons pas de scrupules sur ses titres quand on s'adresse à l'administration, ainsi que me l'a suggéré Hady Ba qui connaît bien le problème) fait avancer les choses plus vite (même si je pense que je ne suis pas très bien vu par la DRH de mon établissement qui me prend pour un sous-fifre qui se la raconte) que quand on a un nom et un passeport exotique (et il vaut mieux être européen ou américain qu'africain).

- il faut gueuler pour faire bouger les choses: il n'y a pas de durée "normale" pour une procédure, c'est juste celui qui fait le plus chier le monde dont on va finir par vouloir se débarasser. Difficile ensuite de s'étonner du manque de savoir-vivre et du chacun pour sa pomme dans l'espace public.

 

 

Enfin, avec tout ça, la RH*** ne nous a toujours pas contacté pour nous dire qu'ils avaient reçu la convention d'accueil, ça fait dix jours qu'elle est censée être partie de la Préfecture. Mais c'est vrai qu'avec notre service de courrier interne, une lettre peut mettre 3 semaines pour arriver au bureau destinataire...

 

 

* traduction: il manquait la signature indispensable de je ne sais quelle huile jamais là, qui, comme on me l'a expliqué, ne peut pas connaître tous les dossiers puisqu'il signe 30 parapheurs de 20 documents par jour (personne ne semble se poser la question de l'intérêt d'engager les signatures de personnes qui doivent tellement l'engager qu'ils ne savent plus pour quoi ils le font). 

 

** oui, parce que eux mettent trois mois à faire bouger quoi que ce soit, mais quand il se passe quelque chose tu as 2h pour réagir.

 

*** Je ne me lasse pas de l'ironie de la présence du mot "humain" dans le terme "ressources humaines", alors que l'humain est vraiment la dernière des préoccupations... "oui, il est en situation irrégulière, on comprend qu'il soit stressé mais.... on s'en branle en fait la procédure suit son cours Monsieur"

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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 20:58

Voila où on en est, sans commentaires*. Ce mail a été envoyé au secrétaire du laboratoire par le gestionnaire des commandes:

 

 

"Bonjour,

Comme je te l'ai déjà demandé, j'exige un sujet explicite pour les messages : avoir tous les messages intitulés de la même manière ne permet pas de repérer ce qui est fait de ce qui ne l'est pas.

 Peux tu me renvoyer toutes les demandes que tu m'as faites depuis 10 jours avec un titre adapté?"

 

 

 

* Un seul: mon but ici n'est pas de dénigrer cette personne, plutôt gentille et qui fait ce qu'elle peut alors qu'elle gère plus ou moins seule les commandes de tout le département (son collègue censé l'aider étant d'une inutilité totale). Toutefois, elle est une bonne illustration du principe de Peter, et comme souvent dans ce cas, parce qu'elle est de bonne volonté, la réponse de sa hiérarchie a été de lui filer encore plus de choses à faire par rapport à ce qu'elle ne gérait déjà que tant bien que mal.

Je vois plutôt  la le symbole d'un système où les procédures sont si complexes et les intermédiaires si nombreux que tout (et on le voit vraiment tout - et surtout n'importe quoi) est susceptible de devenir blocage. Quand je vois qu'un "objet" de mail peut bloquer deux semaines des commandes, je relativise le fait que mon post-doc n'ait toujours pas reçu sa convention d'accueil visée par la préfecture de police après 4 ou 5 semaines d'attente... 
 

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4 octobre 2012 4 04 /10 /octobre /2012 09:13

A 32 ans, je suis devenu un vrai scientifique moderne.

 

Je passe mes journées à répondre à des mails, dans des réunions de labo, à chercher des partenariats ou écrire des projets pour trouver du pèze.

 

Quand je n'en ai pas, j'essaye de négocier au mieux la répartition des crédits du labo. Quand j'en ai en propre, j'essaye de le dépenser en achetant du matos (demander des devis, comparer les devis, négocier les prix, obtenir un devis réactualisé, passer un bon de commande, etc) et en recrutant des étudiants à qui je donne de plus ou moins vagues pistes de recherche en espérant qu'ils soient suffisamment bons pour qu'ils sortent des trucs sans avoir trop besoin de mon aide. 

 

De temps, en temps, quand il y en a 2 ou 3 qui sont partis (si ce sont des stages courts type DUT, M2 etc), j'essaie de recouper tant bien que mal les résultats et d'en faire un tout un minimum cohérent pour le publier. Ce qui peut être une gageure quand on n'a pas fait soi-même une seule manipe, qu'un an s'est écoulé et qu'on compile les résultats de 3 stages*.

 

Et les seules manipes que je maîtrise vraiment au labo sont celles sur lesquelles je donne des TPs (et un peu celles que j'ai achetées...).**

 

Je ne me plains pas spécialement, parce que mon directeur de thèse toujours de bon conseil m'avait bien briefé, que j'ai pu observer mon boss de post-doc aux US, jeune aux dents longues, et savais donc que c'était une transition "naturelle" pour une majorité de chercheurs. Et sans être une star qu'on verra à l'IUF dans 5 ans, je pense me débrouiller honorablement.

Cette transition est toutefois arrivée relativement vite pour moi, probablement parce que j'ai intégré une jeune équipe, ni très riche financièrement ni très "assise" scientifiquement, avec un directeur "par intérim" qui a fait beaucoup pour notre visibilité "administrative" mais n'avait pas forcément les compétences et le temps pour nous aiguiller scientifiquement.

Bref, tout ça pour dire que, parfois, je me dis que j'aurais apprécié grandir dans un labo plus structuré "à l'ancienne mode française", avec un senior qui se tape le management proprement dit (au sens le plus vaste possible), où j'aurais pu apprécier encore quelques années la paillasse, même au détriment d'un peu de liberté intellectuelle***. Parce que la paillasse, c'est quand même chouette quand tu peux t'y consacrer à peu près pleinement (quand tu y passes 1h par semaine, c'est juste horrible, l'impression d'être inefficace, incompétent, et presque l'envie de remonter répondre à des mails).

 

Bon, à part ça l'année n'a pas été mauvaise, 1 article publié, 1 brevet, 1 proceeding, 1 conf' orale. L'an prochain, objectif 3 publis. 

 

 

 

 

* Enfin, j'imagine que c'est comme tout, que ça s'apprend, et qu'au bout d'un moment ça paraît naturel. Mais pour l'instant je galère encore un peu.

 

** A la base, je suis un expérimentateur pur jus. Pas le type qui construit les manipes à partir du néant, mais plutôt celui qui n'a pas peur de se frotter à des techniques qui ne sont pas dans sa "confort zone". Dans le cadre de ma thèse, il a fallu se taper 1 an de chimie, je m'y suis collé. Il a fallu adapter un test mécanique, je m'y suis collé. Dans mon post-doc il a fallu maniper avec des cellules vivantes dans un labo de biologie, je m'y suis collé. Dans mon deuxième post-doc, j'ai refait de la chimie, de la RMN, etc.

 

*** Et de facto, je ne pense pas que je me serais super épanoui dans le système US, où la transition que j'ai vécue est la norme (avec probablement 10 fois plus de pression - mais peut-être 10 fois moins d'emmerdes de type administratif au sens large). Bref, je ne regrette pas de ne jamais m'être posé la question de savoir si je voulais y rester ou pas (la question n'avait pas de sens pour moi à l'époque, elle n'en a toujours pas aujourd'hui).

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2 octobre 2012 2 02 /10 /octobre /2012 09:37

Je viens de commencer Le Président des Riches, de M. et M. Pinçon, "enquête sur l'oligarchie dans la France de Sarkozy".

 

D'ores et déjà je ne sais pas si j'irai au bout.

 

Le scientifique en moi, à la lecture de l'introduction, a été confronté à un problème majeur: le flou artistique entre "étude scientifique" et "livre à thèse".

 

En quatrième de couverture, on insiste largement sur le fait que les auteurs sont sociologues, (anciens) directeurs de recherche au CNRS, etc. Le livre est publié à la Découverte, qui publie pas mal d'études scientifiques d'historiens (Arno J. Mayer, par exemple) ou autres, et de témoignages historiques majeurs.

 

Pourtant, l'introduction ressemble plus à un tract du NPA ou du Front de Gauche qu'autre chose.

Exemple: "Il ne s'agit pas de refonder le capitalisme en faisant confiance une nouvelle fois à Sarkozy ou à un socialiste acquis au libéralisme. Il s'agit de le confondre pour lui substituer une société plus juste dont l'enrichissement illimité de quelques uns ne sera plus l'ultime objectif".

 

Vient ensuite l'exposé de la méthode de travail des auteurs: "Le Monde et le Canard Enchaîné ont été nos sources d'information ainsi que d'autres journaux et des sites sur Internet". On a quand même vu des démarches scientifiques plus poussées, même, j'imagine, chez les sociologues (c'est le "physicien méprisant" qui parle...).

 

Du coup, même si en bon bobo, je risque d'être probablement (plutôt) d'accord avec un certain nombre d'idées avancées, je pense avoir du mal avec le côté "manifeste politique plus ou moins maquillé en étude scientifique".

 

 

Cela me permet d'exprimer une question qui me hante depuis longtemps concernant les sciences humaines et sociales. 

J'ai pu voir dans un bon nombre de cas des études procédant d'une vraie démarche scientifique, avec hypothèses, construction d'expériences types, analyse statistique des données, évaluation des hypothèses etc.

Cependant j'ai toujours pensé que la construction des expériences était très fortement induite par l'hypothèse de départ. Bref, que les conclusions, liées à l'interprétation des données (surtout si elles valident cette hypothèse) pouvaient être biaisées par la façon même dont l'expérience a été construite.

C'est un simple ressenti, je serai heureux d'en discuter plus profondément...

Petite remarque: j'imagine qu'on peut souvent dire la même chose d'expériences en sciences dures, même si en toute logique un phénomène physique existe ou n'existe pas. Mais il est vrai que certaines "sciences dures" se basent essentiellement sur des statistiques dont on peut parfois penser qu'elles sont surinterprétées. Et que certains physiciens concluent souvent un peu vite qu'un modèle qui fitte bien des données expérimentales est nécessairement vrai.

 

 

 

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26 septembre 2012 3 26 /09 /septembre /2012 17:30

Vincent Berger, rapporteur des Assises de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche qui se tiennent en ce moment (et qui passent me semble-t-il largement inaperçues au sein du "petit personnel" des laboratoires), a fait une première synthèse des contributions de plus de 85 organisations.  

 

Dans celle-ci, il remarque notamment que la "complexité du système est déplorée de toute part". "Toutes les personnes auditionnées pointent le coût en argent et en temps, et les difficultés juridiques et administratives paralysantes."

 

D'autres que moi ont souligné qu'il était bien temps que quelqu'un s'en rende compte.

 

Mais je vais aller plus loin.

M'inspirant de nos politiciens, j'apporte une solution simple à un problème complexe.

 

En effet, récemment, M. Bartolone, l'homme qui n'a pas embauché sa femme mais épousé sa collaboratrice, a décidé de moraliser les pratiques financières de l'Assemblée Nationale, dans une série de mesures saluées par la presse (de gauche).*

 

Toutefois, il a expliqué qu'il n'irait pas jusqu'à demander aux députés de justifier par factures les dépenses effectuées dans le cadre de l'IRFM (indemnité représentative de frais de mandats, 6412€/mois), se contentant d'une "déclaration sur l'honneur", notamment parce que cela serait une mesure "trop lourde en personnel".

 

Je suggère donc humblement que l'on fasse exactement pareil pour les dépenses d'équipes ou de laboratoire dans l'ESR.

 

Une simple déclaration sur l'honneur pour pouvoir, sur les contrats dont nous disposons, partir en congrès, acheter du matériel sans se faire chier à savoir si c'est du fonctionnement ou de l'équipement, recruter des étudiants ou contractuels sans avoir à faire valider le moindre mouvement d'oreilles par 12 services différents qui de toute façon ne contrôlent rien puisqu'ils signent 600 papelards par jour (chiffre qui m'a été avancé par la DRH de mon institut).

 

Bizarrement, je doute qu'une telle mesure fasse l'unanimité, tant dans la classe politique que dans l'opinion publique.

 

Et pourtant, l'argent (le plus souvent public lui aussi, mais pas toujours) que nous essayons tant bien que mal de dépenser pour mener nos recherches n'est pas contrairement à l'IRFM un acquis mensuel, c'est celui que nous sommes allés chercher "avec les dents", en remplissant des appels à projets à 15% de taux de réussite et évalués par des spécialistes du domaine, en faisant la danse du ventre devant des industriels etc.

A priori donc, de l'argent qu'on va vraiment utiliser pour faire de la recherche et pas pour aller à la Tour d'Argent, d'autant plus que nous sommes aussi évalués, même indirectement, a posteriori sur la réussite de ces projets (articles publiés, devenir des étudiants, réputation faite par les collègues etc).

 

 

 

 

* PS: Le très bon M. Bartolone, symbole du renouvellement de la classe politique française (député depuis 1981), s'est depuis justifié, en expliquant qu'il n'appliquerait pas les directives de Bruxelles interdisant à un élu d'embaucher quelqu'un de sa famille "Ca irait trop loin. Ce sont la qualification et le parcours d'une personne qui doivent être pris en compte dans une décision d'embauche".

Outre le fait qu'on puisse douter que seule Mme Bartolone est compétente pour être "chargée de mission interventions et droits des femmes", j'y vois vraiment la preuve que nos politiques vivent dans un monde déconnecté de toute réalité, où des règles simples d'éthique appliquées un peu partout dans la société française voire européenne sont perçues comme "aller trop loin", bref des atteintes fondamentales à leur liberté de claquer l'argent public sans rendre de comptes.

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30 août 2012 4 30 /08 /août /2012 10:16
Petite pause vis à vis de la "soirée de diapos de vacances version blog" pour s'ébaudir un peu devant le système universitaire US.
 
Lire le mail d'un Full Prof. américain à un administratif financier de sa fac me laisse rêveur: si seulement je pouvais adopter le même ton et les mêmes propos*... (est-ce possible quand on est un Prof. 1ère Classe en France?)
 
 
"I understand that there is a problem for the student getting his fee waivers.
I would think that it is not very reasonable to punish a student who gets a fellowship. That helps everyone and it shouldn't hurt him. 
It has gone well enough now that we will likely have him get a joint degree. It is not the kind of program we want to make difficult, it is the kind of thing we want to work very hard to make sure more students want to do it.
"
...
 
" I actually do not understand the total issues. He gets a fellowship and will be a student in every normal sense of the word, just that part of his stipend is being paid to him directly by the Fellowship. That gives us a full time student at a lower cost than normal, so why are we being given such a difficult time with him?
"
 
 
* en gros, pour les non anglophiles, "pourquoi voyez-vous/cherchez-vous des problèmes dans une situation on ne peut plus claire? pourquoi rendez-vous difficile une situation qui est a priori favorable pour tout le monde, de l'étudiant à l'Université? le but devrait plutôt être de travailler dur pour faire en sorte que beaucoup d'étudiants cherchent à profiter de cette opportunité".
Et si je comprends bien la suite, le problème a ensuite été réglé rapidement (attention, ils sont balèzes aussi, donc rien n'est jamais sûr...).    
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12 juillet 2012 4 12 /07 /juillet /2012 12:55

Voici quelques unes des informations simples que j'essaye de faire passer à mes élèves en cours d'introduction aux polymères (sans grand succès):

 

- Les matériaux polymères sont constitués d'un grand nombre (on va dire typiquement le nombre d'Avogadro, 6.10E23 molécules) de macromolécules. On parle aussi de "chaînes polymères".

- Ces macromolécules sont le plus souvent organiques (base C, H, O, N etc). Ce sont des produits issus la plupart du temps de la synthèse chimique. Certaines (comme par exemple les protéïnes) sont cependant naturelles.

- Comme leur nom l'indique, ces macromolécules sont de grandes molécules, constituées de 1000-10000 atomes (là ou l'eau, par exemple, est constitutée de 3 atomes, l'éthanol de 9).

- Ces grandes molécules ne sont pas constituées d'enchaînements au hasard d'atomes, mais d'"unités de répétition", répétées un grand nombre de fois, et reliées entre elles par des liaisons covalentes. Ceci permet de simplifier la nomenclature, en représentant par exemple le polyéthylène par (CH2-CH2)n où (CH2-CH2) est l'unité de répétition (dérivée de l'éthylène), et n le nombre de fois où cette unité est répétée.

- On peut contrôler le nombre d'unités de répétition par le biais de la méthode de synthèse. Deux polymères avec la même structure chimique en terme d'enchaînements d'atomes (par exemple deux polyéthylènes) mais des nombres d'enchaînements (et par voie de conséquence des tailles de chaînes différentes) conduiront à des matériaux aux propriétés différentes (viscosité, par exemple).

- On ne sait pas faire de synthèse "parfaite", donc on a toujours une distribution du nombre d'unités de répétition (donc de la taille, donc de la masse des objets) autour d'une valeur moyenne. La valeur moyenne, en plus de la largeur de la distribution, influent sur les propriétés du matériau.

- En lien avec leur structure chimique, l'organisation microscopique de la majorité des polymères (dits thermoplastiques) peut être de 2 sortes: désorganisée (ou "amorphe") ou semi-organisée (ou "semi-cristalline"). Un matériau polymère ne peut être totalement cristallin, notamment à cause de la taille des objets agissant comme des "défauts" en terme d'organisation. Il est donc au mieux partiellement organisé ("semi-cristallin" = assemblage de zones "amorphes" et de "zones cristallines").

- Cette organisation implique l'existence d'une température caractéristique (amorphe: température de transition vitreuse Tg) ou de deux températures caractéristiques (semi-cristallin: température de transition vitreuse Tg + température de fusion Tf avec Tf > Tg). La valeur "absolue" de ces températures caractéristiques dépend de chaque polymère, notamment de sa structure chimique.

- Ces températures caractéristiques définissent les conditions de mise en oeuvre des matériaux (par le biais du passage d'un état solide vitreux à liquide visqueux, par exemple), mais aussi leurs propriétés mécaniques (module d'Young, ductilité, etc), notamment en fonction de la température d'utilisation du matériau.

 

Bref, tout ça pour faire comprendre que mon domaine d'études est à la frontière entre:

- la mécanique

- la physique (expérimentale ou théorique)

- la chimie (synthèse)

- la science des matériaux ("engineering")

voire même

- la biologie

 

Des personnes de chaque communauté travaillent sur les polymères et apportent des résultats pertinents.

La gageure est désormais, me semble-t-il, pour les "grands résultats de demain", de réussir à faire collaborer et même dans un premier temps communiquer ces personnes issues de communautés si différentes.

Un mécanicien n'a a priori pas grand chose à faire de la structure chimique ou de l'architecture microscopique de son matériau tant qu'il peut écrire des équations; un physicien va mieux prendre en compte ces aspects mais va faire des calculs approchés type "lois d'échelle" qui déplaieront au mécanicien; le chimiste n'a pas forcément envie de voir des tenseurs chaque matin; le spécialiste des procédés se contrefout le plus souvent de savoir que le produit qu'il utilise n'est pas ultra pur ou de connaître la physique des écoulements dans sa machine. Le biologiste se pose peu de questions liées à la mécanique des objets qu'il étudie.

 

 

Pour ma part, j'ai eu l'occasion au cours de mon cursus de me frotter, de plus où moins près, à presque tous ces aspects.

Inconvénient: j'ai un profil flou, "bâtard", pas forcément conforme aux canons en vigueur où, avec les évaluations AERES, h-index, et autres "critères objectifs d'excellence", on aime bien ranger les gens dans des cases bien définies.

Avantage: je parle un peu tous les langages, donc je peux faire le "tampon" entre différentes communautés, ou en tout cas essayer. Je tente de jouer cette carte, pour l'instant ça ne se passe pas trop mal.

 

Il me semble qu'il n'est que tant de développer cette approche transverse qu'on trouve assez classiquement dans la recherche US, avec les départements "Materials Science" et "Polymer Science", allant de la synthèse chimique jusqu'au "procédé", du microgramme au kilo.

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6 juillet 2012 5 06 /07 /juillet /2012 10:01

Il est étonnant de voir comme, quand un sujet n'intéresse pas vraiment ni les médias ni le grand public*, la "comm' gouvernementale", si chahutée dans le cas contraire, est relayée sans aucune remise en question.

 

Ainsi, tout le monde ou presque répète à l'envi que "la LRU (autonomie des universités) est l'une des grandes réussites, si ce n'est LA réussite du quinquennat Sarkozy", soit à peu de choses près ce que répètent Pécresse et consorts depuis 5 ans.

Il n'est pas rare d'entendre dans les milieux non autorisés:

"Il a quand même fait des choses bien Sarko"

"Comme quoi par exemple?"

"Ben, la réforme de l'autonomie des universités".

 

Alors, je n'ai pas forcément d'analyse très poussée à proposer moi-même, car je ne vois que le petit bout de ma lorgnette (qui est déjà bien moins réjouissant que ce que l'on pourrait penser).

Mais j'aurais bien aimé que l'on relaie un peu plus la précarité galopante et les problèmes budgétaires graves de certaines petites universités, que l'on s'interroge sur l'impact réel des Bidulex et des grands chantiers, voire même les aspects vraiment positifs, et que l'on fasse une analyse un peu globale ce qui se passe, au lieu de régler en deux mots ce que, pour se donner bonne conscience deux fois par an avant de reparler des partouzes de DSK, l'on décrit comme un enjeu capital pour l'avenir du pays (je parle de la recherche et de l'innovation).

 

Mais il faut dire que les chercheurs sont inaudibles: d'une part parce qu'ils n'ouvrent pas beaucoup spontanément leur gueule (hormis Claude Allègre), et que quand ils le font ce qu'il raconte ne fait pas rêver, ni le journaleux ni le client du café du commerce qui ne voit pas pourquoi ça coûte des sous comme ça le boson de Higgs alors que ça va pas changer la bagnole et qui annone mécaniquement que les chercheurs on en trouve, les trouveurs on en cherche.

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