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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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5 août 2010 4 05 /08 /août /2010 10:50

A partir de ce soir, coupure d'une dizaine de jours pour aller voir la famille dans le Sud.

 

Vu l'activité au labo en ce moment (permanents tous en vacances, ainsi que tous les thésards et mes contacts industriels, couloirs pas allumés, poubelles pas vidées, portes fermées à clef...), je pense que ça ve me faire du bien. Depuis quelques jours, dire que ça passe lentement est un euphémisme.

 

Si je n'ai rien de mieux à faire sur la Côte et que l'"inspiration" est là, je posterai, mais en attendant et au cas où, je vous laisse avec un petit problème dans le genre de celui sur le prix du café aux US:

 

1.Sachant qu'en période de vacances, il n'y a, le matin, qu'un RER tous les quarts d'heure se dirigeant vers le plateau et sa grande fac dessus.

2. Sachant qu'en cette même période il y a, le matin également, une navette toutes les quinze minutes qui dessert la grande fac.

3. Sachant que l'arrêt de bus est situé à 100 mètres (en descente) de l'arrêt de RER avec une bonne visibilité (e.g. si le bus est déjà à l'arrêt et prêt à vous filer sous le nez, vous le voyez).

 

Sachant tout cela, comment donc expliquer que presque tous les matins, on attende plus de 900 secondes la correspondance?

 

Indices:

- Le panneau de l'arrêt de bus censé indiquer le nombre de minutes avant l'arrivée du RER n'a jamais fonctionné en six mois.

- Le coordinateur présent pendant l'année, qui ne sert pas à grand chose malgré son talkie-walkie de compétition ("oui le bus arrive", "non, prenez pas celui-là, l'autre va arriver", "bon finalement, il arrive pas, prenez celui-là", "ah non, redescendez, ça y est il arrive"), est lui aussi en vacances.

- Il n'y a pas sur les bus, comme aux US, de numéro de téléphone affiché en gros qui encouragent l'usager à dénoncer un chauffeur indélicat.

 

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23 juin 2010 3 23 /06 /juin /2010 10:21

Après Tom Roud, un autre post-doctorant blogueur quitte le monde de la "recherche précaire": me, myself, I.

 

Galaxie, le portail ultra-sexy du ministère de l'enseignement supérieur pour les recrutements, vient d'afficher son verdict.

Je n'ai pas obtenu le poste où je m'étais fait avoir à l'audition.

Par contre, je savais qu'il y avait une chance non négligeable que j'obtienne l'autre, le candidat classé premier ayant été également classé premier ailleurs. La probabilité a encore augmenté quand j'ai su que le candidat était un "provincial" ayant été classé premier dans sa ville (ville très agréable où j'ai d'ailleurs passé 20 ans de ma vie avant de monter à la capitale). Quand on a fait sa thèse et son post-doc dans la ville dans laquelle on a grandi, il y a peu de chances qu'on veuille soudainement découvrir Paname à plus de 30 piges...

 

Il y a quelques jours, le directeur du labo m'a appelé pour me confirmer que le candidat allait se désister. Cependant, je préférais attendre la confirmation officielle et informatique, qui est donc tombée ce matin.

 

Quand j'ai su qu'il y avait de bonnes chances d'obtenir le poste, je suis passé par une phase assez intense de réflexion: le poste n'était pas "celui de mes rêves", donc, que faire? Car, comme le disait N. Holzschuch, un poste c'est bien, mais ce n'est pas forcément une fin en soi et ça peut aussi être un enterrement (de carrière) déguisé.

 

Trois choix s'ouvraient donc à moi, assez simples en fait:

- L'accepter.

- Le refuser pour retenter ma chance l'an prochain.

- Le refuser pour me barrer dans l'industrie.

 

J'ai beaucoup tergiversé, discuté avec pas mal de personnes en qui j'ai confiance, et voici mes conclusions:

 

Parce que cette année déjà, il y avait très peu de postes sur mon profil, parce que je n'avais pas envie de repasser six mois à ne rien faire hormis préparer et passer des auditions, parce que je n'avais pas envie de réavaler des couleuvres, parce que je n'avais aucune garantie que ça se passe mieux que cette année, et parce qu'on ne m'avait pas fait de proposition qui aurait pu me faire réfléchir (type "contrat jeune chercheur"), j'ai éliminé la deuxième option.

Parce que je ne me sentais finalement pas si mûr que ça pour partir en R&D industrielle, que la période pour postuler n'est pas forcément judicieuse, parce que je n'étais pas forcément sûr qu'on aillait m'accueillir comme le Messie, et que mes copains qui y sont ne m'en ont pas forcément fait un portrait dithyrambique, je n'ai pas poussé plus loin mes vélleités industrielles.

 

Et parce que, même sans être "le poste de mes rêves", le poste en question présente des avantages indéniables et des points extrêmement positifs, bref n'est pas non plus, je pense, un "poste gloomy", j'ai décidé d'accepter.

 

Et voila, comme ça, paf, voila un parasite de fonctionnaire de plus (je dis ça pour mes lecteurs de droite). Qui va fêter prochainement sa nomination, sa prise de fonction à la prochaine rentrée scolaire, et la baisse de salaire concomitante.

 

Quelques détails sur le poste pour que les trois lecteurs que ça intéresse comprennent ma période d'atermoiements:

- avantages:

1. La localisation, au coeur de la grande ville, dans des beaux bâtiments historiques. Pour le coup, ça va faire du bien d'aller au boulot en bus ou à vélo, en 20 minutes, et de ne plus prendre le ReuReuReu pour la grande fac dans la prairie. Ca a l'air futile, comme ça, mais ça a toujours représenté une part importante dans mes choix de vie* et je l'assume (parce que je suis futile).

2. L'enseignement, très axé sur la formation pro (pour les techniciens qui veulent devenir ingénieur, par exemple), les stages industriels (pour des ingénieurs qui ont besoin d'une ou deux semaines pour acquérir des connaissances précises sur demande de leur employeur), ou encore aux cours du soir (pour l'actif qui se dit qu'il a bien envie de reprendre les études et d'obtenir un diplôme qu'il a toujours rêvé d'avoir et jamais pu tenter). J'idéalise peut-être, mais je me dis qu'un public motivé doit être motivant, et que la variété des enseignements doivent permettre de conserver une certaine fraîcheur d'âme.

3. L'équipe, qui pour ce que j'en ai vu, semble, bien qu'extrêmement réduite, motivée et sympathique, du directeur au maître de conf' déjà en poste en passant par l'ingénieur.

 

- inconvénient: au singulier, mais de taille. La recherche.

Même si le jeune groupe nouvellement en place, a fait repartir une activité de recherches après le départ à la retraite d'anciens qui se consacraient uniquement à l'enseignement, elle reste encore assez peu visible, très orientée vers l'industrie un peu "lourde" (ce n'est pas sale, mais mon expérience de la chose est extrêmement limitée), et pas forcément sur des thématiques qui me passionnent.

Mais je me dis que d'une part, ce redémarrage est plutôt positif, et que d'autre part, un poste est aussi ce qu'on en fait. Je connais beaucoup de monde dans la grande ville, il faudra juste que je sois un peu pro-actif et malin pour discuter, me faire connaître, monter des collaborations, etc. Je l'avais clairement énoncé lors de l'audition (ne sachant pas trop à quoi m'attendre et encore sous le coup de la déception de mon autre candidature, j'avais décidé d'être on ne peut plus franc: finalement ça a été bien perçu). De plus, le labo n'a semble-t-il pas de mal à recruter des étudiants, thésards ou stagiaires, il n'y a donc pas pénurie de bras pour faire des choses.

Je vois donc ça comme un challenge personnel excitant qui me permettra de savoir vraiment ce que j'ai dans le ventre: si je deviens un vieux maître de conférences un peu aigri qui ne voit plus que le mot enseignant dans la fonction d'enseignant-chercheur, ce sera de ma faute.

Par contre, si j'arrive à me faire un petit nom, ça sera tout bénef', puisque je serai plus visible qu'un jeune chercheur ayant obtenu un poste dans un labo où un grand chef célèbre ("mandarin") décide de tout et où on reste jusqu'à son départ une espèce de super-thésard. 

 

Voila, je ne sais donc moi non plus pas ce que ce blog va devenir. Je n'ai à l'heure actuelle pas l'intention de laisser tomber, mais pourrai-je comme mon idole F. Pagny conserve ma liberté de pensée, aurai-je même encore le temps de penser?

On verra bien...

En attendant, il me reste trois mois à vivre avec le statut de "post-doc". Et vendredi, j'annonce à mon partenaire industriel que je me casse fin août.

 

 

 

 

* Déjà, j'avais choisi mon école d'ingénieurs non pour des raisons bassement scientifiques, intellectuelles, ou carriéristes (de toute façon je trouvais que toutes les plaquettes racontaient la même chose), mais parce que pour aller voir Iron Maiden, vivre et étudier dans le 5ème, c'est mieux qu'à Gif-sur-Yvette. A 19 ans, j'étais très mature.

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3 juin 2010 4 03 /06 /juin /2010 20:32

Dur d'évoquer un coup de foudre quand on est resté à ce point dans le superficiel, mais je pense qu'on peut parler de "little crush". Petit béguin, in French, me souffle JCVD.

 

Je ne parle pas ici de remplacer l'irremplaçable Priscilla, mais de ma découverte de l'Islande, en sa douce compagnie.

 

Ce petit pays, grosso merdo un rectangle de 300 kms sur 200 kms de côté, paraît parfois aussi immense et riche que les USA. Ok, New-York en moins.

Déjà, 200000 de ses 300000 habitants sont concentrés dans Reykjavik et sa banlieue. Autant dire qu'on peut avoir l'impression d'être au fin fond du désert à 30 bornes de la capitale, ne croisant, le long de la "main road" que des stations-services ou fermes qui ne dépareilleraient pas dans le Midwest le plus reculé. En plus, ils servent des hotdogs et des burgers. Cet effet est renforcé par le fait qu'il n'y a pas beaucoup de routes, et que vu leur état, on ne roule de toute façon jamais très vite dans ce pays.

L'autre aspect saisissant, c'est la variété des paysages croisés sur des distances de l'ordre de la centaine de kilomètres: anciens champs de lave, glaciers gigantesques, plaines pour l'élevage des moutons ou des chevaux, caascades majestueuses, sources chaudes etc. On a, en quelques heures, l'impression de passer par moult pays aux climats et reliefs totalement différents.

 

Nous n'avons visité que la partie sud-ouest du pays, Reykjavik, le "Golden Circle", le "Blue Lagoon", et  nous avons poussé jusqu'au glacier Jokulsarlon en passant devant le volcan Eyjafjallajokull, malheureusement dans le brouillard (mais nous avons bien vu l'étendue de cendres le long de la route). Et encore, ce petit tour n'a été fait que très superficiellement, majoritairement au cours d'excursions journalières pour touristes allemands*, ou en utilisant le réseau de bus du pays. 

 

En tout cas, ça donne envie d'y retourner, peut-être en petit groupe pour des vacances plus longues et plus rock'n'roll, en sortant un peu plus des sentiers battus.

 

Il faut quand même ajouter que l'Islande, c'est une destination pour les rebelles, mais plutôt la version Teknikart que la version Kerouac ou Easy Rider**. Pour être "libre", il faut louer un 4*4 à 100$ la journée. Et niveau bouffe et dodo, même les options campings ou gîte reviennent vite à 25-50$ la journée. Bref, la jouer roots, c'est possible, mais faut avoir du blé quand même. Parce qu'à mon avis, ceux qui pensent que leurs randonnées en Auvergne les ont préparés à tout ont vite fait de finir comme McCandless en s'aventurant un peu trop à l'arrache dans les Highlands. 

 

Quelques photos:

 

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Le Blue Lagoon: C'est un peu "ze" attraction touristique en Islande. C'est un lac artificiel, causé par les eaux de rejet d'une centrale géothermique, au milieu d'un ancien champ de lave. La couleur bleue fluo est dûe aux micro-algues et à une espèce d'argile qui se transforme en pâte blanche sous l'effet de la flotte et dont on peut se servir pour s'exfolier la peau. Ou alors, c'est pas une centrale géothermique...

C'est hachement sympa de se baigner en extérieur avec un différentiel de température de 30 degrés. Il y a également possibilité de faire du sauna, du hammam, massages etc.

Cela dit, dans mon esprit, c'était un domaine super vaste, alors qu'en fait c'est une piscine géante, pas beaucoup plus grand en superficie qu'une piscine olympique, où la profondeur ne dépasse jamais le mètre.

Bref, ne comptez pas y rester une journée, 2-3 heures sont largement suffisantes. Après, vous dormirez comme un bébé, donc beaucoup de gens font ça avant d'aller prendre l'avion. Je pense que c'est une bonne idée. Jusqu'à midi, c'est assez peinard, après ça commence à être blindé, et avouons que la moyenne d'âge est assez élevée. 

Entrée + trajet en bus: environ 50$.

 

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Le Golden Circle: la route historique du pays, autour de Reykjavik. On passe par les fameux geysers, des cascades, et le parc national où on peut voir la faille dûe aux plaques américaines et européennes sur lesquelles repose le pays (qui fait que celui-ci "grandit" chaque année).

 

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Vik i Myrdal: village situé au pied du volcan Katla, le vrai gros volcan d'Islande. L'autre, c'est un petit pour les fiottes. Ca fait presque 100 ans qu'il n'a pas été en activité, alors que jusque-là il pétait en gros deux fois par siècle. Autant dire que les jours du village sont comptés. Depuis quelques années, ils s'"entraînent" même régulièrement à des évacuations.

 

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Jokulsarlon: Le glacier du parc naturel Vatnajökull se jette ici dans la mer, la glace se brisant dans l'estuaire. Certains icebergs sont noirs, car couverts des cendres des volcans avoisinants. Impressionnant.

 

Reykjavik est une petite ville sympa, qui se visite facilement en deux jours. Le week-end est assez marrant: les islandais sortent le look, on a l'impression d'être dans un village anglais avec la faune de NYC ou des quartiers de Paris où je ne vais pas. Puis ils se mettent des grosses caisses à la bière. Faut dire qu'à partir d'avril-mai, la nuit ne tombe plus: à 2h du mat' on a l'impression qu'il est 20h, et donc on a vite fait de se retrouver au bout de la night. 

 

Quelques mots sur la bouffe pour finir - on ne se refait pas-: il n'y a pas forcément beaucoup de vraies "spécialités" islandaises. Dans les plats typiques, on trouve des ragoûts de poisson ou des soupes de mouton. Cela dit, ils ont des produits bruts fantastiques, notamment leur agneau: l'élevage est loin d'être intensif, vu le climat pas trop besoin de pesticides pour les patûres... tout ça se sent, la viande est d'une d'une tendreté et d'une saveur incroyables.

Leur cheval n'est pas mal non plus (c'est une espèce unique dont ils conservent jalousement la pureté). Ils s'en servent comme moyen de locomotion, mais un peu autrement aussi.

Après, ils consomment un petit oiseau mignon et pas mauvais, dont le goût et la texture sont proches du canard, le puffin.

J'ai aussi dit fuck à mon côté bobo-écolo, en goûtant de la baleine. En "sushi" (plus proche du tartare, en fait) et en steack. Vrai goût de viande rouge, la texture fait un peu penser au thon.

Ils ont également pas mal de produits fumés, mais le goût cendré est un peu fort pour moi: est-il dû au bois utilisé, ou à une technique particulière? 

Je n'ai pas pu tester l'otarie, ni certains poissons du coin.

 

Mon conseil: Reykjavik est, as I said, une ville un peu branchouille. Il y a donc pas mal de restos "fusion" dans le style de Fish Market. Evitez. Un coup de sauce barbecue par là, un sushi par-ci, une sauce thaï aussi... un gloubi boulga de saveurs sucrées-salées qui servent surtout à masquer que les produits sont pas terribles (quelle déception d'avoir des sushis de thon et de saumon fades comme dans le plus mauvais faux sushi parisien quand on voit la qualité de leur pêche).

Allez plutôt dans les restos old-school (ceux qui n'ont pas une ambiance lounge), comme Prir Frakkar. Le service est pas terrible, les accompagnements sont sans intérêt, mais les poissons et viandes sont excellents.

Je pense que Dill et Einar Ben sont également des bons choix dans cette catégorie.

Comptez au moins 50$ pour un repas complet dans un resto un peu upscale, mais les desserts sont souvent sans intérêt.

Sinon, il y a des restos à burgers, des thaïs et des pizzerias à tout va, où on doit s'en tirer pour environ 20$.

Une remarque au niveau du service: c'est assez spécial. Il nous est arrivé plusieurs fois que les serveurs nous ignorent pendant 15-20 minutes, sans que ça semble être comme à Paris uniquement pour vous faire chier parce que votre gueule ne leur revient pas. Une fois qu'ils s'occupent de vous, ils sont plutôt souriants, et prévenants. Un peu déroutant.  

 

Pour conclure sur le rayon culinaire, la grosse spécialité au rayon "petite gourmandise" est la morue séchée. Ca a une odeur de bouffe pour poissons d'aquarium, et une texture pas très agréable. Au goût, c'est plutôt neutre. Plus exotique que très intéressant. 

L'autre "plat historique", c'est le Hàkarl, du requin pélerin fermenté. La pire expérience culinaire de ces dernières années en ce qui me concerne. Le requin est immangeable fraîchement pêché, car empoisonné. Pour le bouffer, les islandais l'enterrent puis le laissent sécher plusieurs mois.

Ca a une odeur de poisson fumé que je n'ai pas trouvé insupportable.

Dans la bouche, le goût est d'abord à l'avenant, puis la pourriture de la chair vous envoie une giclée d'ammoniaque qui vous arrive dans la gorge et les narines, comme si vous veniez de tomber dans les vapes et qu'on vous avait foutu des sels sous le pif. Dans le Lonely Planet, ils mettent en garde, et ma vanité de Frenchy qui bouffe du vacherin me faisait penser que franchement, ces ricains étaient des fiottes... comme quoi, parfois, faut être humble. Par contre, eux trouvaient l'odeur pire que le goût. Apparemment les locaux le font passer avec un schnapps local, j'aurais dû être plus prudent.

 

 

* Le touriste allemand en groupe est largement aussi beauf que la version française. Cela dit, il est plus discipliné, et donc en s'éloignant à plus de 15 mètres du bus ou de la boutique de souvenirs, il y avait moyen d'être peinard. Et puis, on n'est jamais dans les eaux de la Tour Eiffel ou de l'Empire State Building, en tout cas en cette période de l'année. 2-3 cars max à un endroit donné, généralement un site naturel assez vaste, on avait pas l'impression de se marcher sur les pieds non plus.

 

** Il semble d'ailleurs que le voyage en Islande révèle le "inner rebelle" qui sommeille chez beaucoup. A l'embarquement, j'avais l'impression que plein de gens partaient avec leur maison (j'entends par la 50 kilos de bagages/ personne). Alors, dans le tas, il y avait quelques backpackers bien roots, probablement aussi quelques ricains en transit (les ricains particulièrement ne voyagent jamais sans au moins 2 immenses valises par tête) et peut-être quelques partants pour 1 mois ou 2 (encore que vu le prix de la vie là-bas, j'ai des doutes).

Mais je suis aussi persuadé qu'il y avait un bon paquet de blaireaux qui avaient l'impression de partir à l'aventure alors qu'ils ne sont pas sortis de Reykjavik à part pour les excursions customisées avec bus climatisé et guide. Parce que les Delseys à roulette d'1 mètre cube, c'est pas super pratique pour aller au sommet des glaciers.

Vu qu'on a aussi fait une de ces excursions (très chouette d'ailleurs), je crois les avoir reconnus facilement: c'était les mecs en polaire (alors qu'il faisait 15 degrés) et chaussures de montagne (alors qu'on ne s'éloignait jamais des sentiers balisés d'un niveau randonnesque assez proche de ceux du jardin du Luxembourg). Parce qu'on sait jamais. 

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27 mai 2010 4 27 /05 /mai /2010 09:35

Une semaine de vacances, se vider la tête.

Direction Islande, on aime le risque. Mais Priscilla étant à Boston et moi à Paris, c'était une bonne occasion de découvrir un chouïa ce petit pays (dans lequel visiblement les distances paraissent très grandes).

Préparé un peu à l'arrache, pour l'instant Reykjavik pendant deux jours, puis le Blue Lagoon, et le lac de Jokulsarlon en début de semaine prochaine. Au milieu on fera peut-être un truc à touristes américains (bus + guide vers le Golden Circle, par exemple).

 

 

Grâce à C. Allègre, je savais que le Groenland avait été vert. L'Islande l'est toujours un peu, visiblement. 

 

 

Au pire, si Eyjàvossouhaits se réveille, ça nous fera des vacances supplémentaires...

  

A la revoyure, amis lecteurs, et bonne chance à tous ceux qui cherchent un job.

 

 

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16 mai 2010 7 16 /05 /mai /2010 14:54

Depuis 6 semaines, j'ai mis un peu d'argent sur un site de jeux en lignes (vous savez, ce truc pas très légal par chez nous), pour y faire un peu de poker avec un chouïa plus d'adrénaline que les parties pour du beurre que je faisais sur ce même site depuis quelques années.

 

Je pense être un petit joueur potable. Depuis qu'il est à la mode de se faire des parties entre potes, avec pour enjeu 5 euros ou une pizza, j'ai plutôt fait partie des gagnants, en France comme aux US.

Comme j'aime bien ce jeu, c'était aussi un moyen de se jauger un peu dans un contexte différent des soirées entre potes ou collègues.

 

 

J'ai placé 40 euros sur le site.

A la base je suis plus un joueur de "tournois", assez prudent, patient et porté sur le long terme. Mais pour cause de connexion internet pécrave qui me déconnectait une fois sur deux et me faisait perdre par paie automatique des blindes, je me suis mis au cash game, où à mon sens il faut être plus agressif, jouer plus de coups etc.

Je joue sur des parties de hold'em no limit à 6 cents la blinde, 10$ l'enchère max, où les joueurs jouent un peu mieux que sur les tables à 2 cents la blinde, et où de plus nous sommes moins nombreux, ce qui rend les choses plus aisées à maîtriser.

 

La bonne nouvelle, c'est que 6 semaines plus tard, je joue toujours avec ces 40 euros, le passe-temps ne s'avère donc pas, pour l'instant, trop coûteux, ce qui était mon objectif initial: je n'ai jamais pensé devenir millionnaire, mais je ne voulais pas que ça me coûte plus de 10-20 euros/mois.

La mauvaise nouvelle, c'est qu'il y a deux semaines j'avais doublé mon capital (et que le rêve de millions commençait à prendre forme), et qu'aujourd'hui je n'ai plus que 20 euros...

 

Plusieurs raisons à cela: je suis devenu un peu trop confiant (le plus gros adversaire du joueur de poker est souvent son ego), et je l'ai jouée un peu trop facile.

Ce fut le début de ma chute.

Il se peut aussi que je sois comme je le pense meilleur en mode "tournoi" qu'en mode "cash game" (peu de joueurs pros excellent dans les deux, après tout).

Mais en tout cas, depuis ces premiers moments difficiles, je me suis calmé, je joue le plus souvent la règle sans trop m'enflammer, et je suis surtout victime d'une poisse globale que j'avais rarement connue pendant un tel laps de temps.

 

La poisse, au poker, ça se manifeste de plusieurs façons:

- Il y a les coups qui coûtent très chers parce que tu as la deuxième meilleure main possible et que la probabilité qu'un adversaire ait la meilleure est très faible (typiquement, couleur max contre full, brelan contre quinte etc). Et que la main a été jouée de telle sorte que tu n'y crois (n'y pense) pas une seconde (tu devrais).

- Il y a les coups qui coûtent très chers parce que ta main hautement favorite est battue par une river ou un flop qui fait mal au cul (typiquement, paire de dames payée par paire de 9 qui touche 5678 ou AA battu par KK qui touche un troisième K, ou encore brelan de 10 payé par deux paires qui touche son full. Voire plus simplement AK battu par A6 à cause d'un 6 à la river).

- Il y a les coups qui coûtent très chers parce que tu es planqué avec une main improbable, qu'un mec s'excite, que tu te dis que tu vas te gaver et qu'en fait il a une main encore plus improbable que la tienne (brelan de 7 contre brelan de 10).

- Il y a les coups qui coûtent chers parce qu'un adversaire paye quel que soit la relance pour un tirage absurde tant les probabilités sont minces, qu'il finit pourtant par trouver (couleur ou quinte à la river, etc).

- Il y a les coups qui ne coûtent pas très chers mais qui en s'accumulant finissent par faire du chiffre: toutes ces mains où tu relances avec AK et voit 567 au flop, toutes celles ou tu payes avec 78 de trèfle et voit venir AKQ de coeur.

- Et puis, il y a les coups qui ne rapportent malheureusement rien: les mains de ouf ou tu as beau checker pour appâter quelqu'un, tout le monde se couche (ce genre de mains peut même finir par te faire perdre de l'argent quand ta victime finit par obtenir une main encore meilleure que la tienne à force de checks gratuits).

 

Ces derniers jours, j'ai connu tout ça.

Je n'ai rien pu faire de beaucoup de mes très grosses mains (deux carrés m'ont rapporté au total 20 cents). Et j'ai perdu gros, de l'ordre de 5 euros par coup, dans une petite dizaine de mains proches des exemples décrits plus hauts, qui m'ont toutes été défavorables.

Du coup, j'ai perdu confiance, mon "instinct" a pris un gros coup de froid, je me couche quand je devrais payer, je relance quand je devrais me coucher, je me dis qu'il n'y a pas de raisons que les mains improbables n'arrivent qu'aux autres et je joue donc trop gros pour des cartes qui ne viennent pas, je suis agressif quand il faut être passif et réciproquement, etc.

Et ça m'énerve, ça me pourrit mes journées.

Comme dans tout bon engrenage, je me dis que je vais me refaire, que la chance doit bien finir par tourner ("croyez aux cycles de chance", dixit Patrick Bruel) et je paume encore plus.

 

Voila, je crois que quand j'aurai perdu les 20 euros qui me restent, je vais faire un petit break remise en cause. Et pendant quelques mois me recontenter de jouer le pack de binouzes avec mes potes, ça me minera moins de perdre.

 

 

* Lorsqu'un joueur perd un coup pour lequel il était grandement favori, on a coutume de dire "that's poker"**. Ces derniers jours, on me l'a dit 4-5 fois, et c'est une phrase qui, je peux vous dire, devient difficile à accepter quand on l'entend beaucoup dans un laps de temps très court....

 

** Le pire exemple que j'ai vu est un gars perdre un coup qu'il avait 99,5% de chance de gagner après le flop. C'est à dire que l'adversaire n'avait que deux cartes dans le paquet pouvant le faire gagner, ces deux cartes devant venir ensemble. L'une est venue au turn, l'autre à la river. Je pense qu'il fallait s'abstenir de dire "that's poker" au perdant, qui plus est sorti du tournoi sur le coup...

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6 mai 2010 4 06 /05 /mai /2010 10:04

Parfois, je me demande si tous les services administratifs ou clientèle du monde ne se font pas passer une photo de moi avec une note du style "avec ce bon con, y a moyen de se marrer, n'hésitez pas à faire de la merde avec son dossier".

 

Après les histoires de carte de sécurité sociale américaine que je dus redemander trois fois et attendre six mois, de relevé d'imposition mal rempli par la fac qui m'a valu un petit contrôle du fisc américain, ou encore de la taxe d'habitation de notre appartement français quitté il y a plus de deux ans qui continue à nous être prélevée, j'aurais pu apprécier d'être peinard avec les emmerdes de ce genre pendant un an ou deux.

 

C'était bien mal connaître mon destin.

 

On commence soft par un gentillet problème de carte Intégrale.

Je suis allé il y a plus de deux mois remplir un dossier d'abonnement. J'avais bien tous les papiers (désormais je me ballade toujours avec une pochette de 12 kilos de justificatifs parce qu'on sait jamais), tout se passe au poil. Je sors, ça marche, parfait.

Hélas, au bout d'un mois je reçois un courrier expliquant que ma banque n'a pas d'autorisation de prélèvement et refuse le paiement. La guichetière a du merder et oublier de me faire signer un truc. Pas trop grave, je remplis un papier joint au courrier que j'envoie à ma banque comme demandé, et je vais dans une agence intégrale payer ma mensualité. Un peu chiant, mais rien de bien grave pour mon blindage.

Naïvement, je pensais que c'était réglé. Hélas encore, je reçois un nouveau courrier ce mois-ci. Mon prélèvement est une fois de plus rejeté, pour la même raison. Je dois reremplir une autorisation de paiement, mais cette fois je dois l'envoyer au centre Intégrale, pas à ma banque. Et puis, again, retour dans une agence payer ma mensualité.

Rendez-vous le mois prochain pour le troisième papier à renvoyer signé, puisque j'imagine qu'il y en a un autre et que mon conseiller client, pour ne pas trop se surmener, préfère me les envoyer à un mois d'intervalle plutôt que tous en même temps.

 

Tout ceci n'était cependant qu'un petit amuse-bouche pour mon grand combat face à Bouygues Télécom.

Wikipédia m'apprend que, pour la troisième fois consécutive (en 2007, 2008 et 2009) Bouygues a été élu n°1 de la relation client, et est également le seul opérateur français certifié NF Service pour la qualité de sa relation client.

Effectivement, vous allez voir, ça envoie du gras.

 

Quand je suis revenu des US et que j'ignorais encore si ce serait permanent ou temporaire, j'ai piqué un vieux portable à ma môman et acheté une carte Bouygues, l'équivalent Mobicarte.

Au bout de 2 mois et demi, sachant que j'allais rester, je décide de passer vers un forfait plus classique, un peu moins cher et pensais-je bêtement, contraignant.

Je me rends donc vers la boutique Bouygues la plus proche, dans un magnifique centre commercial du 13ème arrondissement, pour y effectuer la transaction. C'est du ultra-classique, ça ne devrait pas poser de problèmes.

Le vendeur m'explique que pour garder mon ancien numéro, ce que je souhaite, par commodité et aussi parce qu'en période de recrutement potentiel, il est toujours bon d'avoir le numéro que vous avez indiqué sur le CV, je dois être sous contrat carte depuis 3 mois. Il me manque deux semaines, mais n'étant pas si pressé et comme de plus cette date-butoir donne aussi droit à 2 mois de forfait gratuit, je décide de patienter.

En y retournant, le vendeur (un autre, forcément), se rend compte que l'adresse fournie lors de l'achat de ma carte ne correspond pas à l'actuelle. Normal, à l'époque je faisais Tanguy chez mes parents. N'ayant pas de justificatif de domicile de cette adresse mais seulement de la nouvelle, il faut d'abord que j'effectue un changement d'adresse auprès du service client.

Ca ne pose pas de problèmes, mais ça prend 48h. J'ai du mal à piger que changer une ligne dans un fichier excel mette 48h à être validé, mais soit. Le vendeur me prend tous les papiers "pour gagner du temps quand je reviendrai", et je repars tête basse.

Deux jours après, troisième vendeur. Il n'a rien à foutre de mes explications (à savoir que je suis déjà venu, que j'ai déjà choisi le téléphone, donné les papiers, tout ça). On repart de 0. 30 bonnes minutes plus tard, je signe mon contrat. L'abruti de service m'explique que j'ai un nouveau numéro "provisoire" mais s'étonne que mon ancien numéro n'apparaisse pas sur le contrat. Il appelle le service client pour "être sûr", me dit que normalement c'est bon. Si je ne retrouve pas mon ancien numéro "sous 48h" (le chiffre magique Bouygues visiblement), je n'ai qu'à repasser.

Vous avez deviné, je repasse donc.

Je retombe cette fois sur le deuxième vendeur, qui rappelle le service client, se rend compte que la demande de "migration" n'a pas été effectuée, et que mon numéro "provisoire" est le seul enregistré. "Je fais le nécessaire, c'est bon, c'est réglé sous 48h".

Le pire c'est que j'y crois.

96h plus tard, tel Soeur Anne je ne vois toujours rien venir, et comme passer à la boutique Bouygues un soir sur deux à 19h est une passion que je souhaite réfréner, je décide d'appeler directement le service client. Quitte à ce que rien ne se passe, au moins j'économise le déplacement. La "migration" n'est toujours visible nulle part, mais je tombe sur une conseillère clientèle plutôt gentille qui écoute calmement mes récriminations mi-fâchées-mi-desespérées, qui me promet de faire le nécessaire, de me rappeler dans la journée, et me remet 20 minutes de forfait pour me rembourser du prix de l'appel (oui, le service client, chez Bouygues, c'est payant, la qualité NF sans doute).

Finalement, la journée passe et elle ne rappelle pas.

Le lendemain, je rappelle (j'aime me faire du mal): je tombe sur une autre conseillère, moins sympa, mais elle me dit que sa collègue a prévu de me rappeler. Elle a juste 24h de retard.

Effectivement. Pour me dire, d'un ton semble-t-il sincèrement désolé qui m'a un peu réchauffé le coeur (il en avait besoin), que, oui, y a un blème (ah bon?), mais qu'elle ne peut rien faire et qu'il faut passer par l'agence. Elle m'explique -et j'ai la faiblesse de la croire- qu'elle essaye de les joindre en vain et qu'il faudrait mieux que j'y retourne, qu'elle a fait une note dans mon dossier, et que je leur explique de rappeler le service clientèle pour régler la situation. Et que quand tout marcherait, si Dieu veut, j'aurai droit à un "geste commercial".

Au bord de la crise de nerf, me voila donc de retour à la boutique, où je parle avec un quatrième vendeur, à qui je tente, de moins en moins calmement d'expliquer la situation. Il n'en avait strictement rien à branler, m'explique que de toute façon mon contrat a été archivé, qu'il a besoin de son numéro (que je n'ai pas avec moi, my bad, mais je me disais qu'avec le numéro de téléphone, une pièce d'identité, voire un RIB ou un numéro de carte bleue ça pouvait se retrouver), et que donc je n'ai qu'à repasser.

Sur le chemin du retour, j'achète un peu de Prozac et de l'herbe aux joueurs de basket de Glacière, et je pleure.

 

Le lendemain, car il faut quand même une fin heureuse, sans explication, sans rien, ça marche. Alors que je me résignais à y retourner une nième fois, je me rends compte que mon ancien téléphone est désactivé, et que le nouveau a bien récupéré l'ancien numéro. Il m'a fallu plusieurs heures pour m'en apercevoir, et une de plus pour me persuader que c'était bien vrai.

 

 

Epilogue.

De façon générale, je ne remercie pas la boutique Bouygues à laquelle j'ai eu le malheur de m'adresser.

En particulier, je ne remercie pas:

- celui qui m'a fait signer le contrat et ses excès de sebum, frais émoulu de son BTS technico-commercial à la con, qui n'a jamais écouté un mot de ce que je lui racontais et qui m'a tutoyé (malgré mon vouvoiement) sous je ne sais quel prétexte. Je suis pas un djeun's cool. En tout cas pas dans une relation professionnelle ou commerciale. Pov' tâche, plus intéressé à l'idée de me vendre un kit main libre ou un matelas de protection pour mon téléphone à un euro, a visiblement été infoutu de remplir correctement le contrat, s'en est rendu compte et m'a baratiné en se disant que de toute façon, quand je serai dans la merde, il ne serait pas à la boutique (je ne l'ai effectivement jamais revu).

- le beau gosse épilé aux muscles saillants, qui m'a fait appeler moi-même le service client pendant qu'il updatait son statut facebook ("encore avec un gros con", ou un truc du genre, j'imagine) sur son iphone de merde. Service client qui m'avait dit d'aller à la boutique leur demander de les rappeler. Ce qui s'est transformé en "j'appelle le service client comme si j'étais chez moi, mais je suis dans un centre commercial à 19h, j'ai fait une demi-heure de queue, et un vendeur fait semblant de m'écouter".

 

Et puis, je remercie un peu:

- le stagiaire, croisé deux fois, qui avait au moins l'excuse de l'être, et d'être plus sympa que ses collègue. Je crois que lui non plus n'était pas très compétent, mais au bénéfice du doute il se pourrait qu'il ait contribué à m'aider...

- plus sûrement, la première conseillère clientèle, calme, gentille, et qui fut, je crois, ma bonne samaritaine. J'espère qu'elle ne sera pas embaûchée par France Télécom.

 

Quant au geste commercial, là j'ai pas franchement envie de passer 30 minutes au 614 pour marchander et gagner 20 minutes que je n'utiliserai de toute façon probablement pas. On verra quand je serai un peu redescendu.

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29 avril 2010 4 29 /04 /avril /2010 11:27

Lors de ma première année de post-doctorat aux US, j'avais essayé de conserver une petite activité physique.

J'avais fait quelques matchs de foot mixte, et j'essayais d'aller à la salle de gym une fois par semaine.

Mais, à force de prendre des 10-0 et de côtoyer des cubes chinois obsédés par leurs reflets dans les rangées de miroir, je m'étais lassé.

Bref, l'an dernier, hormis un peu de marche, quelques tennis et de très rares séances de vélo, question sport, ce fut nada, balpeau.

 

Depuis que je suis rentré, n'ayant rien de mieux à foutre de mes soirées comme tout célibataire qui se fait chier, je me suis remis au foot avec les copains, rejoignant les deux équipes que j'avais quittées deux ans auparavant. Deux matchs par semaine, et j'ai même dit que j'étais prêt à jouer dans l'équipe du labo. J'en suis à un point où le week-end, il m'arrive même d'accepter d'aller faire un basket avec des gros noirs fumeurs de pétards sur les playgrounds situés sous le métro Glacière...

 

Image1.pngForce est d'admettre que je ressemble plus au premier qu'au second...

 

Après trois semaines, quelques constats s'imposent:

- j'ai quasiment retrouvé mon niveau d'antan. Le côté positif, c'est que je ne plombe pas l'équipe. Le côté un peu démoralisant, c'est que quand après t'être arrêté un an tu joues comme avant au bout de deux matchs, ça veut juste dire que ton niveau n'a jamais été bien haut...

 

- je me fais vieux, parce que désormais j'ai mal partout pendant deux jours après un match. Comme je fais deux ou trois matchs par semaine, j'ai mal partout et tout le temps.

Mes pieds plats me font souffrir, mes genoux ne se plient plus, mes quadriceps me lancent, j'ai une contracture au mollet, etc. Ce matin en allant au RER, je me suis fait dépasser par trois petites vieilles tellement je boitais lentement.

Cela dit, ce qui est plutôt rassurant, c'est qu'hormis après le premier match, je ne suis pas spécialement fatigué physiquement.

 

- les équipes que je fréquentais n'ont pas particulièrement changé elles non plus, les défaites s'accumulent comme aux jours d'antan. J'attends toujours ma première victoire. Cela dit, mon ego de sportif, peu développé, vit assez bien la défaite lorsque le match a été intéressant, ce qui a été le cas dans tous les matchs que j'ai joués jusqu'à présent. Les défaites par un ou deux buts d'écart sont rageantes mais pas démoralisantes, les défaites 8-0 le sont...

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25 mars 2010 4 25 /03 /mars /2010 09:51

De nouveau en France, plus précisément en région parisienne, j'ai retrouvé les douces joies des transports en commun.
Pire, pour la première fois de ma vie, je suis obligé de prendre quotidiennement le RER (B).

Certes, j'aurais pu aller habiter dans la pampa comme tant d'autres, pour profiter pleinement de tous les inconvénients de la vie parisienne sans ses avantages, mais, sujet à la dépression nerveuse et aux pulsions suicidaires, surtout depuis que Priscilla est loin de moi, j'ai choisi d'habiter Paname intra-muros plutôt que Bourg-la-Reine ou Palaiseau.

L'avantage de bosser en banlieue et de vivre à Paris est que l'on est dans le sens opposé aux voyageurs, ce qui veut dire que généralement, je trouve places assises et wagons non bondés matin et soir (le matin, il faut monter dans le RER avant 8h30, mais ça tombe bien, mon petit côté fonctionnaire fait que j'aime bien arriver à 9h00 au boulot, je prends donc celui de 8h15).
Bref, c'est pas si terrible, et le plus souvent ça ne marche pas mal, comparativement aux transports en commun de Boston ou New-York, pour ne prendre que des exemples que j'ai pratiqué assidûment. Je constate que le parisien (moi compris il y a quelques années, ça reviendra) aime bien vitupérer dès qu'un bus ou un train a 2m27 de retard, alors qu'on me semble plus stoïque aux US, face à des problèmes pourtant plus marqués.
 
Il y a deux jours, cependant, j'affrontais la première grêve depuis mon retour, il y a quand même presque trois mois. Une grêve apparemment "moyenne" avec un reureureu sur deux. Franchement, ça aurait pu bien se passer.
Malheureusement, la RATP avait bien fait les choses en peaufinant au mieux l'alternance des trains: ainsi, devant mes yeux se sont succédés trois trains consécutifs destination Robinson avant qu'un train direction Saint-Remy ne finisse par arriver, au bout d'une grosse demi-heure (entre temps, j'avais pris un train pour Bourg-la-Reine, histoire au moins de m'éviter la cohue à Denfert-Rochereau et de me donner l'impression que j'avançais un peu). 
Bien joué, d'autant que plein de gens vont à Robinson le matin alors que personne ne travaille sur le plateau de Palaiseau. Et qu'il y a beaucoup de modes de transport alternatifs pour s'y rendre.
Résultat, train blindé avançant à deux à l'heure sur tout le trajet, un grand moment de bonheur. 

Cela dit, il y a aussi chez les usagers un bon paquet d'abrutis panurgesques.
Car certes, pour aller hors de Paris, il n'y a pas trop le choix. Mais une fois rentré dans Paris, à Cité Universitaire, le wagon se remplissait de plus en plus (avec un pic à Saint-Michel où j'ai fini par descendre), sachant que:
- les trains s'arrêtaient de toute façon à Gare du Nord.
- le métro 4 et la ligne 38, parallèles au RER et s'arrêtant aux mêmes endroits, étaient bien moins affectées par la grêve (deux trains sur trois). Il y a également pas mal de lignes qui suivent partiellement le trajet du RER (la 21, de Cité U à Châtelet, par exemple).

- il y a des vélibs.

- sans vouloir faire mon Diniz, Cité U-Denfert à pied, c'est 15 minutes, et Denfert-Châtelet se fait en gros en 30 minutes sans trop forcer. Alors quand il fait beau, qu'il y a un RER tous les quart d'heure et qu'il faut pousser 10 minutes pour rentrer dedans puis manquer faire une syncope, le calcul me semble relativement vite fait.

Enfin, hier tout était revenu à la normale.
Sauf qu'un accident de voyageurs à Bagneux avait immobilisé le trafic dans les deux sens, que j'ai du prendre le RER C à Massy-Palaiseau pour rentrer dans Paris, et que j'ai donc mis 2h pour un trajet qui en temps normal me prend 50 minutes porte à porte.
Salauds de suicidaires, peuvent pas se jeter dans la Seine comme tout le monde? Ca fait chier personne et en plus ça permet aux Japs sur les bateaux-mouches de faire de jolies photos souvenirs.

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1 mars 2010 1 01 /03 /mars /2010 14:58
- Nouvel appart' depuis samedi soir, qui sent encore la peinture fraîche.
- Même pour un meublé, joie des courses pour se procurer les petits produits nécessaires à la vie de tous les jours auxquels on ne pense plus ensuite (en tout cas pas tous en même temps): en vrac, PQ, sopalin, sel, poivre, coton-tiges, poubelle, balayette, huile, réveil-matin, aspirateur, etc.
- Je m'attaque désormais au superflu, superflu nécessaire pour se sentir un peu chez soi quand même (électro-ménager non fourni tel que téloche, four etc).

- Depuis ce matin, nouveau boulot aussi.
- Enfin, la chef n'est pas là, la secrétaire chez qui je dois signer le procès-verbal d'installation et autres joyeusetés administratives non plus. Je ne vois pas l'industriel qui me paye et me fournit les échantillons avant la semaine prochaine, et ceux de mes collègues qui ne sont pas en vacances remplissent des dossiers ANR (les sections homme/mois les font bien marrer aussi).
- Cela dit, j'ai quand même une chaise, un bureau, un ordi et un badge cantine, autant dire l'essentiel pour faire semblant d'avoir quelque chose à faire. Qui a prétendu que les français n'étaient pas efficaces?
- Bref, c'est quand même pas le rush, et maintenant que j'ai envoyé quelques mails de boulot et que j'ai un peu bossé mon audition CNRS, je crois que je ne vais pas tarder à me barrer retrouver Priscilla, de passage pour des séminaires-entretiens en vue d'un nouveau post-doc à l'automne (à ses frais, bien entendu) et continuer à défoncer mon compte en banque à coup d'achats dispendieux et de réabonnements sans fin (EDF, RATP, téléphonie mobile, assurance, internet, et j'en passe).
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20 février 2010 6 20 /02 /février /2010 11:00
Le Courrier International a pour dossier cette semaine "Les parisiens, quelques raisons de les détester".

Quand je suis tombé dessus chez le marchand de journaux, je n'ai pu résister au plaisir de l'acheter, tant, depuis mon retour, j'ai du mal à me réhabituer à la goujaterie parisienne, alors qu'au contraire je n'ai pas eu de problème à me réacclimater à la ville elle-même.

Ce ne sont pas les mèches rebelles je sais tout de la rive gauche ou les serveurs gouailleurs* qui me broutent, eux me font plutôt rigoler et sont une institution: sans eux, Paris ne serait plus Paris. Et puis, ils sont copiés et jamais égalés dans toutes les grandes villes où je suis passé. 

Ce qui me sort par les trous de nez en ce moment, ce sont plutôt ces commerçants qui ne disent ni bonjour ni au revoir ni merde quand on leur achète le journal ou une baguette. Ce sont ces passants qui vous bousculent ou vous piétinent sans jamais vous adresser une parole ou un sourire d'excuse, qui vous coupent la route sans même ralentir, ou marchent à deux à l'heure en occupant toute la chaussée. Ce sont ces personnes qui ne vous remercient pas, ne vous regardent même pas, quand vous les laissez passer ou leur tenez la porte.
Pire, quand vous faites preuve de courtoisie, cela semble susciter une surprise extrême tant ça a l'air d'être devenu inhabituel: que vous vous arrêtiez à un passage clouté pour laisser passer une petite vieille, que vous cédiez votre place à un mec en béquilles dans le bus ou que vous aidiez une maman à monter sa poussette dans le couloir du métro et le "bénéficiaire" du petit geste vous regarde avec des yeux ronds.
Finalement, les seuls qui semblent avoir conservé un rien de politesse, ce sont les vieux (s'ils ne sont pas dans un bus ou ne tentent pas de vous griller pas dans la queue au Franprix), et les petits jeunes quand ils sont bien élevés: bizarrement, il semble que les parents continuent à apprendre les règles d'urbanité de base, même si eux ne les respectent plus depuis un bail. Ca dure jusqu'à ce que les hormones et l'acné n'entrent en scène, je pense.

Mais ce qui me marque le plus en ce moment, c'est surtout cette absence totale d'"eye contact" que j'ai déjà mentionnée plus haut. Personne ne vous regarde jamais dans les yeux.
Une maman m'a écrasé trois fois les pieds avec sa poussette en 30 secondes (dans une queue où elle persistait à vouloir avancer alors que ça n'avançait pas), sans jamais m'adresser un regard malgré mes oeillades appuyées, et au bout d'un moment un rien courroucées. Les commerçants rendent la monnaie sans un regard. Les exemples sont innombrables.
C'est cette attitude, je pense, qui révèle le mieux une déshumanisation rampante: est-ce plus marqué qu'il y a quelques années ou est-ce que cela me choque plus après deux années loin de tout ça? Ou est-ce dû au fait que, pour la première fois, je suis à Paris en flâneur?

Car, certes, c'est l'effet mégapole où chacun se préoccupe avant tout de ces fesses, mais je trouvais les relations plus "humaines" à Boston ou même à New-York: les commerçants ont encore conscience qu'une bonne relation avec le client potentiel peut les servir, on peut sociabiliser dans un bar même si on n'y connaît personne, les gens s'arrêtent pour vous aider quand ils vous sentent perdus, griller dans la queue n'est pas un sport national et on a droit à un sourire et un mot d'excuse quand on se fait bousculer.
Le "superficiel" à la ricaine a aussi du bon.

Alors voila, je pense que mon étonnement ne durera pas longtemps, et qu'après une petite réadaptation à base d'1h quotidienne dans le RER B, je serai de nouveau, moi aussi, un gros connard (après 7 ans à Paris, j'en étais un, je ne me leurre pas).
 

* La "race" des serveurs parisiens est malheureusement en train de disparaître car la nouvelle génération et les établissements à la mode, comme à New-York, se contentent de traiter le consommateur comme de la merde, sans humour.
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