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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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21 décembre 2010 2 21 /12 /décembre /2010 10:28

Un post de Brighelli m'a enfin décidé à prendre le temps d'écrire ce petit bilan de mes dernières lectures, et des bouts de réflexions qu'elles ont suscitées chez moi. Après tout, ça fait quelques temps que je n'ai pas causé littérature.

 

- Chéri de Colette: Je crois que je n'avais pas été aussi irrité par une lecture depuis le Diable au corps de Radiguet, le mignon de Cocteau. Je serais pourtant bien en peine de vous raconter quoi que ce soit d'un peu précis sur l'"intrigue" (si j'ose dire) de Chéri, que j'ai pourtant terminé il y a deux mois.

A mon humble avis, le fait que les deux romans (ou nouvelles) aient été écrits à la même époque (1920-1923) n'est sans doute pas anodin. Je pense qu'ils reflètent la vie d'une certaine "élite" qui m'apparaît insupportable même un siècle plus tard. Des bourgeois qui pètent dans la soie, dont les problèmes existentiels sont aussi vains que caricaturaux: est-ce que ma maîtresse est trop vieille, est-ce que mon amant est trop jeune, est-ce que cette broche me va bien, est-ce que je dois attacher ou détacher mes cheveux, est-ce que les rides de mon cou commencent à se voir? MAIS ON S'EN BRANLE!!

Sous prétexte qu'ils ont lu trois bouquins et qu'ils font parfois preuve d'un peu d'ironie, on devrait trouver les personnages et à travers eux leurs auteurs, car on est dans l'autobiographie vaguement déguisée, sympathiques et y voir une critique farouche quoique subtile de ce milieu. Mes fesses, oui. Ces gens-là ne savent parler que d'eux, sont incapables de voir le monde au-delà du 6ème arrondissement mais se croient très forts parce qu'ils osent parfois en rire, se reproduisent entre eux, et aujourd'hui encore on peut voir leurs descendants, tels Florian Zeller ou David Foenkinos, s'astiquer au Flore, à moins qu'ils n'aient migré rive droite.

 

Sinon, pour l'anecdote, on notera que Colette, au même titre que Proust, est une icône chez les lettrés américains, probablement de façon plus répandue que chez nous: lorsque je vivais là-bas, j'ai vu ou lu énormément de références à son oeuvre. J'ai même l'impression que ceux qui en parlent aux US les ont vraiment lus...

 

- Juliet Naked, de Nick Hornby: autre ambiance... après quelques romans assez bof (la Bonté, mode d'emploi - About a boy), Hornby revient à son sujet de prédilection, le rock, et les adultes un peu obsessionnels qui ont du mal à grandir. Sujets qui ont fait de Hornby une star de la culture branchée anglo-saxonne, des hipsters aux white people en passant par les lecteurs de Technikart.  

C'est plutôt un retour en forme, il y a des tas de références et situations amusantes pour le fan de rock, et le pitch est assez fendard: ça tourne autour d'un quadra, médiocre prof dans une ville anglaise un peu miteuse, obsédé par un musicien reclus depuis 30 ans, qui même à son heure de gloire n'était considéré que comme un sous-Dylan (ou sous-Springsteen), et qui finit par sortir une version "démo" de son album culte (référence au "Let it be, Naked" sorti par McCartney en 2003, qui trouvait le son de l'original, dû à Phil Spector, trop "artificiel").

Hornby est un gars que j'aime bien, je l'ai déjà signalé. Il est rigolo, cultivé, ses critiques littéraires ou cinématographiques sont toujours intéressantes et ne se prennent pas trop au sérieux, et ses romans, même les médiocres, se lisent bien.

La seule chose que je reproche à ses bouquins, c'est que le narrateur est toujours le même, et je soupçonne que c'est, à peu de choses près, Nick Hornby himself: qu'on lise ses chroniques culturelles, son roman sur une femme en pleine crise de la quarantaine, celui sur un ado amené à devenir père, ou Juliet où les voix alternent (le musicien, le fan, et sa femme), on a toujours l'impression d'être confronté à une seule personnalité. Du coup, tous les personnages se ressemblent, et les situations ou dialogues peuvent finir par ne plus fonctionner.

Alors, pour faire dans la métaphore rock, certes, on ne peut pas reprocher à AC/DC de toujours faire la même chose sachant que c'est la base de leur succès et de leur longévité, mais au bout d'un moment on n'achète plus leurs albums studios et on se contente des anciens...

 

- Les Veilleurs, de Vincent Message: premier roman de ce jeune (moins de 30 ans) normalien prof. de lettres. Un sacré pavé, environ 800 pages, qui n'est pas sans défauts (un peu verbeux parfois, dialogues de temps à autre trop "écrits" ou un poil creux), mais qui reste très impressionnant. L'histoire est un peu longue à se mettre en place, mais elle mêle avec pas mal de virtuosité polar, fantastique, conte philosophique, réflexion sociale, etc. Cela faisait longtemps que je n'avais pas découvert un auteur français contemporain aussi intéressant. A suivre, donc.

 

- Chez Marcel Lapierre, de Sébastien Lapaque: certaines librairies, que d'aucuns jugeraient un poil cynique, ont ressorti ce petit opuscule quelques jours après la mort de M. Lapierre, viticulteur dans le beaujolais, dont le Morgon est, en plus d'être très bon, l'une de mes références prix lorsque je le trouve à la carte des vins d'un resto.

Je n'avais jamais entendu parler de S. Lapaque, écrivain et essayiste.

Son petit livre sur le vin, sorti originellement en 2004, se lit vite et bien: on y trouve des analyses intéressantes et de quoi cultiver le béotien que je suis. Certaines prises de position un peu "extrêmes" ne sont pas sans rappeler Nossiter : les américains sont des terroristes du pinard, Parker une tâche, et le bordeaux, c'est de la merde.

L'amour du vin est criant, certains jugements poussent à la réflexion: "les snobs peuvent déplorer la domination du mauvais goût. Ils feraient mieux de s'interroger sur la responsabilité de ceux qui ont réservé leur grand art à une poignée d'inités et de fortunés". Comme Desproges, je pense plutôt que les snobs sont au contraire très contents de faire partie d'une élite restreinte se partageant le bon goût et laissant la plèbe à ses errances, même si parfois ils prétendent le contraire ("paradoxe, les intellectuels démocrates les plus sincères n'ont souvent plus d'autre but que d'essayer d'appartenir à une minorité. Dans les milieux dits artistiques, où le souci que j'ai de refaire mes toitures me pousse encore trop souvent à sucer des joues dans des cocktails suintants de faux amour, on rencontre des brassées de démocrates militants qui préféreraient crever plutôt que d'être plus de douze à avoir compris le dernier Godard. Et qui méprisent suprêmement le troupeau qui se presse aux belmonderies boulevardières").

Je suis plus réservé sur certaines prises de positions liées visiblement à l'amitié: "à rebours de la démarche financière de certains coureurs de macarons Michelin, Y. Camdeborde est un cuisinier qui aime partager sa passion, un chef qui veut passer plus de temps avec son équipe qu'avec son banquier".

Quand on voit les tarifs et la gestion du Comptoir du Relais, on est en droit de se dire qu'on est quand même loin de la philanthropie...

Cela dit, il faut préciser que Lapaque est visiblement un proche du Fooding, vu les bistrots dont il parle (le Chateaubriand, Racines, les Papilles, le Paul-Bert, le Grand Pan, la Régalade, le Comptoir du Relais, l'Ourcine, le Severo, l'Os a Moelle, le Repaire de Cartouche, etc). C'est aussi un pote de B. Verjus, le pape de la nouvelle critique (tellement nouvelle qu'elle finit par foutrement ressembler à l'ancienne).

 

 

 

Voila.

Et en ce moment, je lis Ordinary Thunderstorms, de W. Boyd.

Un écrivain anglais de la même génération qu'Hornby, mais qui lui n'a pas peur de se renouveler: romans d'aventures, plus ou moins décalés, comiques ou philosophiques, (auto)biographies fictives d'artistes, etc. Ici, un thriller dont on dirait qu'il a été conçu pour être le plus "classique" possible: un fugitif innocent mais dont tout le monde pense qu'il est coupable, avec un tueur et un flic à sa poursuite. Une pute au grand coeur, etc. Du cliché assumé et bien ficelé.

 

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28 août 2010 6 28 /08 /août /2010 11:43

17. Citez un cas où l’effet de mode a détruit votre rapport à un livre.

 

Je ne lis pas spécialement de trucs à la mode, même si j'ai depuis quelques temps un peu de mal à assumer d'avoir apprécié le premier Ana Gavalda. Désarroi intellectuel post-rupture, tout ça, heureusement qu'un bon pote à qui j'avais lu un passage que j'avais trouvé beau m'avait dit à mots bien choisis que c'était de la daube pleurnicharde pleine de lieux communs.

J'ai aussi lu et apprécié Oscar et la dame rose, mais là j'ai tendance à être plus en accord avec moi-même. La suite des oeuvres d'Eric Emmanuel Schmitt m'a gavé assez vite et je m'en suis donc désintéressé. Idem pour Amélie Nothomb dont j'ai beaucoup aimé Hygiène de l'Assassin.

Sinon, je ne lirai jamais Harry Potter, voila, c'est comme ça. Et je pisse humblement à la raie de tous ceux qui me disent qu'en fait c'est vachement au-delà du phénomène moutondepanurgesque, que c'est surpuissant philosophiquement etc. Pareil pour Twilight et le Da Vinci Code.


18. Êtes-vous souvent d’accord avec les critiques ?

 

Je les consulte assez rarement, principalement parce que je suis mon propre agenda et pas celui de la rentrée littéraire.

J'aime bien lire le blog de Pierre Assouline, pas forcément pour approuver ou désapprouver, plus pour me cultiver et me donner des idées.

J'aime bien les essais critiques de David Lodge pour la même raison.

Plus généralement, j'apprécie lire les "critiques" d'écrivains faites par d'autres écrivains (Balzac, Proust l'ont fait en leur temps, plus récemment Updike, Steiner, Oates, Amis, Lodge etc). Qu'elles soient bonnes ou mauvaises, que je les approuve ou non, m'importe peu, en fait.


19. Que ressentez-vous quand vous donnez un avis négatif sur un livre ?

 

Il faut vraiment que ça me soit sorti par les yeux pour que j'en parle. Donc, ça arrive assez rarement, mais c'est une certaine forme de libération dans ces cas-là.

Mais je suis globalement moins rancunier avec un livre qu'avec un film, peut-être parce que l'un est un médium actif alors que l'autre est passif (et que donc, quand on s'est forcé à lire un livre qu'on a trouvé à chier, c'est un peu de notre faute aussi).


20. Le livre le plus intimidant que vous ayez lu.

 

En 3ème ou 4ème, le Rouge et le Noir était pas mal intimidant. En 1ère, Illusions Perdues aussi.

Entre les deux, j'ai lu pas mal de pavés de Dumas, Hugo, Walter Scott, etc, qui auraient intimidé pas mal d'ados, mais moi j'adorais, donc je ne le voyais pas comme tel.

J'ai mis beaucoup de temps à oser lire le Premier Cercle de Soljenitsyne (1000 pages police 4), et je l'ai d'ailleurs un peu regretté.

Si un jour, je lis Ulysse de Joyce, il sera dur à détrôner dans cette catégorie.


21. Nombre de livre que vous avez chez vous, empruntés à la bibliothèque, la plupart du temps.

 

Je ne suis pas sûr de piger la question, je crois qu'elle ne s'applique pas dans mon cas puisque je n'emprunte rien à la bibliothèque (voir première partie du questionnaire).

Sinon, j'ai chez moi une grosse bibliothèque (actuellement dans des cartons chez mes parents), et toujours une petite dizaine de livres "d'avance".


22. Personnage fictif préféré.

 

On va dire Jean Valjean.

Le Comte de Monte-Cristo un peu plus loin derrière.

Dans les "séries", je dirais Hercule Poirot, et ensuite Sherlock Holmes.  


23. Méchant fictif préféré.

 

Je pourrais dire Javert, qui n'est pas vraiment un méchant.

Humbert Humbert, le narrateur de Lolita, est une belle ordure.

Ca, la bête de Stephen King, a pas mal influencé mes cauchemars de pré-ado. 


24. Les livres que vous emmèneriez en vacances.

 

J'en emmène toujours. Celui que je suis en train de finir, plus deux-trois autres histoire de me laisser une petite marge de manoeuvre.

Ma "chick lit" à moi, quand je veux me délasser le cerveau parce qu'il fait trop chaud pour se prendre le chou, c'est un bon vieux polar à la Connelly (une fois par an maximum, n'abusons pas des bonnes choses). Sinon, je m'oriente vers mes écrivains "refuge", et parfois je tente d'être ambitieux, rarement avec succès.


25. La plus grosse somme d’argent que vous avez dépensez dans une librairie.

 

C'est assez constant, je fais rarement de folies. Quand je décide qu'il est temps de me racheter des bouquins, j'en prends toujours 5-6 d'un coup, des poches. Donc, j'en ai pour 30-50 euros.

Je dirais que ces achats se produisent une à deux fois par mois. Comme je lis 2-4 livres par mois en moyenne, j'essaie, quand la "liste d'attente" devient trop grande, de me contenir jusqu'à ce qu'elle ait repris des dimensions humaines. 


26. Est-ce que vous aimez garder vos livres bien rangés ?

 

Pas en ce moment, puisque j'habite dans un meublé que je compte quitter prochainement, mais habituellement, oui, plutôt.

J'avais une belle bibliothèque: il y avait toujours une dizaine de bouquins qui traînaient dans la maison, mais le reste était bien en ordre dans ses rayonnages. Je crois que ça va avec ma maniaquerie sur l'état de mes bouquins.


27. Y a-t-il des livres que vous évitez ?

 

Ceux des écrivains à la mode de la rentrée littéraire (surtout française d'ailleurs, c'est moins vrai en ce qui concerne certains auteurs anglais ou américains). En général, comme expliqué dans la première partie, les sous-genres trop catégorisés (chick lit, SF, horreur, polar etc). Ca fait déjà pas mal.


28. Citez un livre qui vous a rendu furieux(se).

 

Furieux est un bien grand mot mais j'avais écrit sur le blog un truc à propos de Saturday de McEwan, dont la lecture m'avait passablement énervé. Agréable à lire, plutôt efficace, mais à mon goût permettant surtout à l'auteur de diffuser quelques idées néocons assez gerbantes (et, quelques années après, foutrement à côté de la plaque).

Sinon, La Part de l'Autre de Schmitt (voir plus haut) m'a aussi pas mal brouté: la psychologie de comptoir et le freudisme pour les nuls pour expliquer Hitler et la Shoah, ça va bien: je pense qu'il faut autre chose qu'être mal baisé, impuissant et artiste refoulé pour devenir dictateur et le plus grand criminel de l'Histoire.

Enfin, c'est peut-être moi qui ait tort de croire que le manichéisme est une philosophie un peu limitée.


29. Un livre que vous ne vous attendiez pas à aimer.

 

Il y a pas mal de livres que je ne m'attends pas à aimer et qu'effectivement, après coup, je n'aime pas spécialement.

Puisque je l'ai mentionné plus haut: Illusions perdues, j'etais assez sceptique et je l'ai finalement lu très vite et avec beaucoup de plaisir. La trilogie (le Père Goriot, Illusions perdues, Splendeurs et misères des courtisanes) reste à l'heure actuelle tout ce que j'ai réussi à lire de Balzac. Et déjà, j'ai eu beaucoup de mal à accrocher aux deux autres.


30. Un livre que vous pensiez aimer mais finalement non.

 

J'aimais bien Zola, et j'avais donc un a priori plutôt positif sur Au bonheur des dames. Las, c'était de la chick lit avant l'heure. Et quand on est un ado boutonneux de 14 ans, 300 pages sur des nanas casse-burnes qui essayent des fringues dans les grands magasins, c'est dur. Sex and the city sans sex, imaginez l'horreur.

Dans un autre registre, j'entretiens aussi des rapports difficiles avec les livres de McEwan: c'est bien écrit, prenant, malin, mais il y a toujours quelque chose dedans qui me laisse un goût d'inachevé. C'est souvent un twist absolument pas crédible, parfois un personnage insupportable ou la diffusion de quelques idées de merde... Entre eux et moi, c'est un peu de l'amour vache.


31. Votre petit plaisir littéraire.

 

On va dire lire dans le bain. Enfin, quand je suis en possession d’une baignoire, ce qui m'arrive beaucoup moins souvent que d’être en possession d’un livre, et m’évite donc d’avoir à me dire que quand même, faudrait penser à la planète. Mais ce qui est rare est cher, justement.

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26 août 2010 4 26 /08 /août /2010 10:31

01. Livre d’enfance préféré.

 

J'ai lu quelques bouquins jeunesse, surtout des séries, quand j'étais gamin. J'étais un gros fan de Oui-oui vers mes six ans, puis je suis passé aux Six Compagnons. Entre temps, j'ai pas mal abusé de la Comtesse de Ségur aussi. Ah, les Malheurs de Sophie...

Vers 10 ans, j'ai commencé à dévorer Agatha Christie, Sir Arthur Conan Doyle, Boileau-Narcejac, et les versions "bibliothèque verte" des grands classiques: Les Misérables, Moby Dick, etc...

Pas vraiment de livres en particulier, donc, plutôt des images visuelles de collections (le vert de la bibliothèque susmentionnée, les bouquins tous jaunes de la collection Le Masque, ...).

 

02. Livre que je suis en train de lire.

 

Paul Auster, La Trilogie New-Yorkaise.

J'avance plutôt lentement (pour cause d'activités imprévues ces derniers temps pendant mes horaires habituels de lecture), mais ça me botte bien. 


03. Quels livres réservez-vous ou faites-vous commander à la bibliothèque ?

 

Si on parle de bibliothèque type municipale: aucuns, j'achète mes bouquins. Neufs. Généralement, je n'aime pas passer mes doigts sales là où d'autres doigts sales sont passés avant moi, et ce n'est pas valable que pour les bouquins. Même s'il y a des exceptions, puisque je n'ai rien contre les CDs d'occasion. 

Plus jeune, j'empruntais pas mal de bédés (franco-belge classique) à la Médiathèque de Nice.

Si on entend libraire, idem, aucuns: je suis un flâneur, j'aime me balader au milieu des rayonnages. Je ne commande ni ne réserve de livres, même pas sur Internet. Si vraiment je cherche quelque chose et ne le trouve pas, je vais dans une autre librairie ou j'attends une prochaine occasion. De toute façon je ne lis pas de choses suffisamment "spécialisées" pour ne pas finir par tomber dessus. 


04. Une mauvaise habitude livresque…

 

J'avais déjà écrit un article sur mes habitudes de lecteur. Bonnes ou mauvaises, j'en sais rien, mais bis repetita ne placent pas toujours donc suivez le lien si vous souhaitez quelques éléments de réponse.


05. Que cherchez-vous en ce moment à la bibliothèque ?

 

Rien puisque donc je n'y vais pas.

En librairie, de façon générale, je regarde les nouveautés poche un peu au hasard, et dans les rayonnages mes écrivains "refuge" et ceux de ma "to do list". En ce moment, je cherche Train de nuit ou Other people de Martin Amis, qu'on trouvait partout il y a quelques temps et qui depuis que la Flèche du Temps a été réédité en poche, sont devenus introuvables.


06. Préférez-vous lire un seul livre à la fois ou plusieurs en même temps ?

 

Un seul à la fois. A vrai dire, je ne comprends même pas qu'on puisse lire deux choses en même temps, sauf si l'une d'elles est le journal ou un magazine.

Mais en fait, en ce qui me concerne c'est facile, le nombre de livres que je suis en train de lire est toujours de 1. J'en commence un sitôt l'autre refermé (le même jour, si j'en termine un le matin ou dans la journée, le lendemain matin si c'est le soir).


07. Est-ce que vos habitudes de lecture ont changé depuis que vous avez un blog ?

 

Non. Principalement parce que mon blog n'est pas centré sur la littérature, ni sur quoi que ce soit du reste.

Depuis que je lis des blogs, par contre, j'ai probablement un peu ouvert mes horizons littéraires (et donc plutôt perdu des habitudes).


08. Le livre le plus décevant que vous avez lu cette année.

 

Déception implique qu'on attendait beaucoup, or je n'en attendais pas grand chose, mais Le Tramway, de Claude Simon, m'a franchement brouté comme rarement (et s'il avait fait plus de 115 pages, je ne l'aurais probablement pas fini). La branlette pour la branlette, c'est toujours pas mon truc. 


09. Le livre que vous avez préféré cette année.

 

Préféré je ne sais pas, mais le livre que j'ai "dévoré" cette année, avec cette sensation de bonheur que je n'avais pas connu depuis un certain temps, cette immersion totale dans un roman, qui fait perdre la notion du temps qui passe, du monde extérieur, qui fait que vous ne regardez pas combien de pages il reste avant la fin du chapitre, s'appelle L'affaire Seymour, de Tim Lott. Un polar efficace, avec en sus une charge assez féroce contre l'Angleterre vidéo-surveillée, et un petit trip métafictionnel sympa qui donne au livre une touche originale. Je ne sais pas si c'est dû uniquement à ses mérites ou s'il correspondait parfaitement à ce que je voulais à ce moment là, mais j'ai du lire les 400 pages en trois jours.

De cet auteur, j'avais déjà bien aimé Frankie Blue, à une époque où je lisais plein de livres sur la crise des trentenaires alors que je faisais moi-même une petite crise de post-adolescence (même si à ce moment là je me voyais comme quelqu'un de super mature qui faisait sa crise de la trentaine avec 8 ans d'avance).

Sinon j'ai été beaucoup touché par Let the Great World Spin de Colum McCann, dont j'ai parlé plus en détails ailleurs. 


10. Quel est l’endroit où vous préférez lire ?

 

Dans mon pieu pour les romans. Aux chiottes pour le journal. Mais je peux lire à peu près partout (voir ci-dessous).


11. Pouvez-vous lire dans les transports en commun ?

 

Oui, sauf cas extrême de bouquin outrageusement exigeant intellectuellement. Généralement, le matin, comme j'ai la tête dans le cul, je me contente de l'Equipe. Le soir, plutôt le roman en cours (sauf si l'Equipe était vraiment dense ce jour là).


12. Cornez-vous vos livres ?

 

Non, jamais, sauf involontairement. Et c'est pour ça que je ne prête qu'extrêmement rarement de livres. Sauf à Priscilla. A qui je fais les gros yeux si elle me les abîme (ce qui fait qu'elle m'en emprunte rarement). Je les protège même dans un petit sac quand je les transporte, je n'explose pas la tranche en lisant, je ne corne pas les pages etc. Avant, je vivais très mal d'abîmer un bouquin (comme la fois où j'ai fait tomber un Stephen King dans le bain - qui de plus appartenait à mon frère, aussi maniaque que moi), maintenant je le vis mieux, mais quand même, je fais tout pour éviter*.

Je suis de nature ordinairement plutôt bordélique et prend rarement grand soin de mes possessions, sauf "culturelles": ma collection de CDs est aussi bien entretenue, bien rangée (bon, là elle est dans des cartons), etc.  


13. Ecrivez-vous dans les marges ?

 

Non, voir ci-dessus. Ca a même tendance à me faire mal si je vois quelqu'un écrire sur son bouquin dans le métro. 


14. Qu’est-ce qui vous fait aimer un livre ?

 

C'est variable. Il y a quelques années c'était l'histoire qu'il racontait uniquement qui me faisait aimer, même si paradoxalement c'était le style qui pouvait me faire abandonner rapidement un bouquin (j'avais tendance à lâcher au bout de 30 pages si je trouvais ça "dur à lire", le "dur à lire" étant éminemment subjectif, parfois même temporellement parlant: il m'arrive d'accrocher immédiatement en retentant de lire un bouquin pourtant abandonné quelques mois ou années plus tôt, exemple en ce moment même avec la Trilogie New-Yorkaise).

Maintenant, sauf exception, je finis tout livre commencé, donc ça peut être une combinaison des deux: le style pour le style m'attire rarement (voir récemment Claude Simon cité plus haut), mais j'aime souvent bien les romans fondés sur des "jeux littéraires" (Pérec, Nabokov, etc).


15. Qu’est-ce qui va faire que vous allez conseiller un livre ?

 

Rien de spécial, je conseille généralement ce que j'ai bien aimé dans les semaines précédentes. Mes goûts littéraires varient un peu, et comme tout le monde j'oublie pas mal des bouquins que j'ai lus (voir Pierre Bayard, Comment parler des livres qu'on n'a pas lus), donc il y a de grandes chances pour que je ne me souvienne pas spécialement des livres que j'ai pu recommander il y a 5 ans. Après, j'ai mon petit top à moi si on me demande vraiment du lourd...


16. Votre genre favori.

 

Le roman, tout simplement. Je lis assez peu de "sous-genres" proclamés comme tels (polars, SF, auto-fiction, aventure, etc). Même si je lis des romans qui empruntent à ces genres ou pourraient s'y voir classés.

 

 

 

Bon, la suite sera pour plus tard (il reste 15 questions).

Au fait, puisqu'on ne se refait pas et qu'un scientifique a coutume de citer ses sources, ce petit questionnaire a été piqué sur un blog remarqué il y a peu, suite à une discussion brêve mais intense, sur un autre blog, à propos de la cinéphilie (thème sur lequel je reviendrai peut-être si le cerveau se rebranche).

 

 

 

* A savoir par exemple: la tranche des poches de la collection 10-18 (que j'aime beaucoup, tant pour l'aspect même de leurs livres que pour leur contenu éditorial) se plie extrêmement facilement... 

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24 juillet 2010 6 24 /07 /juillet /2010 12:04

Ca faisait longtemps que je devais le faire. L'été étant propice à l'accomplissement de tâches oiseuses, here it is: la mise à jour (avec même une présentation un poil plus lisible et quelques liens ici ou là) de ma fameuse (n'ayons pas peur du mot) liste qui me vaut plusieurs (sisi) visites par jour (sisi) de lycéens égarés cherchant des résumés d'oeuvres qu'ils préféreraient ne pas lire, et qui repartent donc déçus, ou de lecteurs en rade cherchant l'inspiration, et qui repartent peut-être avec des idées.

 

Je liste ici par pays les écrivains (romanciers) que je n'ai pas encore eu la chance de découvrir, que j'ai déja un peu lus (et qui ne m'ont pas plu) ou dont je n'ai jamais terminé un livre, histoire de leur donner une seconde chance.

La plupart de ces écrivains sont, de ce que j'en sais, "majeurs": pas forcément immensément connus, mais respectés du petit monde des lettres, bardés de prix ou ayant au moins commis une oeuvre d'importance.  

Je ne suis pas de "plan de lecture", ni ne consulte chaque mois cette liste pour en voir l'avancée, c'est un peu au feeling. Et si le dernier  Lodge sort en poche, il aura probablement la priorité.
Cependant, cette liste est quand même complétée et mise à jour (quand j'ai lu un des auteurs de la liste, je le "raye" et décrit brièvement ce que j'en ai pensé) plus ou moins régulièrement... et je reste à l'écoute de vos éventuelles suggestions.
Pour une liste concernant mes favoris parmi les livres et auteurs que j'ai déjà lus, et qui peut expliquer l'absence de certains grands noms, voyez ici et .

- France:
La Fayette - La Princesse de Cleves (le livre préféré de Sarkozy, voyez le blog de Pierre Assouline pour plus d'infos)
Chateaubriand - Les Mémoires d'outre-tombe
Sade - commencé Aline et Valcour, a retenter (échos pas terribles cependant)
Saint-Simon - Mémoires: un mec qui raconte sa vie en 25 volumes de 1000 pages, ça ne peut etre qu'intéressant, non?
Flaubert - Bouvard et Pécuchet, c'était chiant. Je n'ai jamais réussi a me farcir l'Education Sentimentale, faudrait que je tente Madame Bovary
Maupassant - Bel Ami, mais les "romans d'éducation", c'est un peu tout le temps pareil quand meme
Ponson du Terrail - Rocambole
Malot - Sans famille. Les aventures du petit Rémi. Assez étonnemment, le dessin animé est finalement extrêmement fidèle. Sinon, c'est un roman d'aventures du 19ème siècle avec les qualités (lecture prenante et facile) et les défauts (morale sociale qui a pas forcément très bien vieilli, incohérences dans le récit, suspense parfois un peu fastoche, personnages binaires...) du genre. On a depuis assimilé ça à un roman pour la jeunesse, mais elle doit avoir le coeur bien accroché, avec toutes ces morts affreuses qui s'enchaînent. 
Proust - 1 seul suffira je pense.
Peguy - ?
Aragon  - ?
Colette - j'ai acheté Chéri. Ca devrait être pour bientôt.

Kessel - jamais lu le Lion, tiens.
Radiguet - Le diable au corps. Radiguet a été peut-être le premier "phénomène littéraire" vendu comme tel par son éditeur et son protecteur Cocteau, par le biais d'une campagne de pub annonçant l'avènement du "plus jeune romancier de France". Radiguet fréquentait les cercles littéraires et artistiques parisiens dès l'adolescence, juste après la Première Guerre, et a écrit le Diable au corps à 16 ans. Il mourut à 20 ans pour se faire un destin à la Rimbaud. En ce qui concerne le Diable au corps, c'est un roman (plutôt une nouvelle) que j'ai trouvée insupportable. Pas tant au niveau du style, somme toute assez classique, qu'au niveau du fond: le narrateur, qui se trouve être l'alter ego de Radiguet, est un jeune homme prétentieux, qui à travers l'histoire d'amour qu'il raconte, ne parle que de lui. La jeune femme qu'il séduit semble juste un prétexte, une abstraction. Le narrateur est également un pleutre, qui justifie ses actions comme mûrement pensées alors qu'elles sont juste le reflet d'une couardise sans nom. Enfin, comme un certain nombre d'adolescents, il est assez primaire mais est persuadé d'être le seul être humain doué d'intelligence et de sensibilité. Dans ce sens c'est intéressant, puisque rare sont les adolescents qui écrivent (ou en tout cas qui sont publiés), qui plus est sur les émois de l'adolescence. Bref, insupportable, mais probablement à lire (et puis ça fait 100 pages écrit gros).
Valéry - ?
Martin du Gard - Les Thibault, mais a-t-il écrit autre chose?
Mauriac - Noeud de viperes c'est bien ça (je confonds toujours avec Vipere au poing de Bazin, Dieu sait que ç'a pas l'air d'avoir grand chose a voir).
Bernanos - Il y a soleil dans le titre je crois
Bataille - ?
Céline - Pas fini Voyage au bout de la nuit, j'avais trouvé ça vieillot (super, il parle en argot... so what? cf mes commentaires sur Orange Mécanique). A retenter quand meme.
Duras et Yourcenar - En bon misogyne, je suis sur que c'est le meme genre intello-chiant (de Beauvoir ca doit etre bien dans le genre aussi).
Vian - Faudrait que j'arrive a finir l'Ecume des jours ou que j'essaye J'irai cracher sur vos tombes
Camus - J'ai lu l'Etranger et Noces, j'ai trouvé ça bof. Je viens de finir la Peste, j'ai trouvé ça bof aussi. En fait, ces trois bouquins sont en quelque sorte des "romans philosophiques" et je crois que la philosophie de Camus c'est pas quelque chose à laquelle j'adhère franchement. D'autre part je trouve ça pas très puissant, entre "être un homme c'est pas facile parce qu'on sait pas vraiment pourquoi on est là" et "communier avec la nature, y a que ça de vrai". Soit, mais 300 pages là-dessus, entre personnages désabusés ou surblasés, c'est pas très folichon...
Sartre - la Nausée, les Mains Sales, je vais peut etre aller acheter Minute a la place...
Gide - Les faux-monnayeurs
Malraux - La condition humaine
Cohen (suisse) - Belle du Seigneur

Simon - Prix Nobel 1985. Je viens de commencer le Tramway, à suivre.
Gracq -?
Le Clézio - Le Procès-Verbal (commencé et pas fini)
Echenoz - Je viens de finir Cherokee, c'est pas mal. Un exercice de style "polar à l'ancienne" bien mené. J'essaierai de lire le Méridien de Greenwich un de ces quatre. J'ai depuis fini "Je m'en vais" qui est finalement assez semblable, avec la aussi un petit côté parigot désuet et une histoire policière "à la papa". Ca se laisse lire avec plaisir, mais j'espère que d'autres romans se renouvellent plus: sinon, c'est à pratiquer de façon espacée, pour ne pas se lasser.   
Chevillard - J'ai récemment terminé "l'Oeuvre posthume de Thomas Pilaster". Amusant, dans l'esprit (une espèce de biographie fictive) cela ressemble beaucoup au Nat Tate de William Boyd. Chevillard a l'air assez éclectique (même s'il a une forte attirance pour des aphorismes dont je ne suis pas toujours fan), donc j'y retournerai probablement.
Green - (Julien) ?
Kundera - L'insoutenable légéreté de l'etre, ou un autre

- Allemagne:
Mann - J'ai Faustus dans ma liste d'attente, ou alors le truc avec la Montagne.
Bernhard - ?
Hesse - Le loup des steppes
Grass - Le tambour : pas facile, intéressant cependant, et a par certains cotés, me semble-t-il, beaucoup influencé les Enfants de Minuit de Rushdie que j'avais beaucoup aimé dans la catégorie "livre exigeant mais hachement chouette quand même" (en terme de construction du roman, et de personnalité du narrateur).
Musil - L'homme sans qualité (Autriche)

- Russie:
Tolstoï - Guère épais... je dois avouer qu'apres 200 pages et 150 personnages en ov, j'avais craqué. Aurai-je le courage d'y retourner, ou prendrai-je plus court?
Tchekov - ?
Dostoïevski - jamais venu à bout, que ce soit les freres Karamazov ou Crime et Chatiment. Si j'essayais l'Idiot?
Gogol - On m'a offert ses Oeuvres en version Pléïade, je piocherai dedans.
Pouchkine - ?
Boulgakov - J'ai acheté le Maître et Marguerite, mais je n'ai pas encore osé m'y attaquer.
Pasternak - Docteur Jivago
Grossman - Son gros bouquin la, de toute façon c'est le seul qu'on trouve facilement.

- Italie:
Malaparte - Kaputt, dans ma liste d'attente
Svevo - oublié le titre (la conscience de Zeno, je crois), entendu beaucoup de bien.
Eco - La aussi, Eco c'est plus fort que moi, que ce soit le Nom de la rose, le Pendule de Faux cul ou meme ses essais littéraires (que je trouve un peu pompeux, dans le genre je suis très culturé mais je le montre un peu trop, même quand c'est pas vraiment utile). Mais dans certains cas je n'aime pas perdre.
Calvino - J'en ai lu un qui m'a prodigieusement fait chier (Si par une nuit d'hiver un voyageur, ou quelque chose comme ça). Je suis pret a donner une seconde chance un de ces quatre.

- Angleterre:
Fielding - Tom Jones, parce que la chanson de Springsteen est bien. Et Sexbomb aussi.
Thackeray - la Foire au vanités ou Barry Lindon.
Dickens - David Copperfield, Oliver Twist j'ai eu trop envie de le baffer dans le film de Polanski.
Austen - Orgueil et préjugés (j'en ai beaucoup sur ce livre...)
Wilde - Le Portrait de Dorian Gray, 5eme tentative?

Jerome - (K. Jerome) Trois hommes dans un bateau. L'un des premiers écrivains "populaires" (je veux dire issu de la classe moyenne, pas parlant du peuple). Comique à l'anglaise, mais pas encore très subtil, le vaudeville n'est pas loin. Ca se lit bien dans le métro, quoi.
James - Portrait de femme...
Joyce - J'ai acheté Ulysse il y a 7 ans avec beaucoup d'espoir. Je compte sur les longues soirées d'hiver de Amherst. Ou alors, j'irai acheter les Gens de Dublin, apparemment plus sympa.
Woolfe - ?

Waugh - Grandeur et décadence de l'humour à l'anglaise, ça se lit bien même si ça a un peu vieilli. Un peu comme Wodehouse quoi (voire quatre lignes plus bas). Peut être un peu plus "universel" malgré tout.
Poe - j'ai du lire quelques histoires extraordinaires gamin mais ça ne m'a pas marqué plus que ça.
Lawrence - Lady Chatterley meme si je crains que ça ait mal vieilli.
Kipling -  Le livre de la jungle
Wodehouse - J'ai lu un des livres de la série "Jeeves and Wooster", en VO. C'est sympathique, "délicieusement suranné" diraient sans doute les critiques, très très british. Je crois que les dialogues de Astérix chez les Bretons ou du Pied-Tendre (Lucky Luke) viennent de là... Je ne vois pas très bien ce que ça peut donner en VF, pour le coup (l'anglais très années 20 des dialogues est pour beaucoup dans le capital sympathie du livre). Enfin, en lisant ce bouquin, je me suis rappelé une discussion que j'avais eu récemment avec une amie: dans le "culte", il y a une large part liée à l'époque d'une part, et au caractère précurseur d'autre part. Mais bon, quand on découvre hors contexte, on a toujours du mal à ne pas penser à ce qui a été fait depuis sur ce filon, souvent en mieux. 
Amis (pere) - difficile a trouver en France et aux US. Un jour que j'irai en Angleterre peut etre. Sinon, ça sera Lucky Jim, le seul que j'arrive à trouver.
Greene - (Graham)?
Pratchett - ? je crois pas que ça ait beaucoup d'importance non plus...
Lowry -  Au-dessus du volcan
Welsh (écossais) - Trainspotting

- Portugal:
Pessoa - L'intranquilité

- USA:
Twain - Huckleberry Finn Un bon roman d'aventures bien prenant. Dommage qu'il y ait le personnage de Tom Sawyer, que je trouve assez fatigant. D'un point de vue stylistique, c'est l'un des premiers romans où le langage parlé est utilisé comme langage narratif (j'en ai parlé plus en détails ailleurs).
Stowe - La case de l'Oncle Tom
Cooper - Le dernier des mohicans
Lewis - je sais meme pas qui c'est, un Prix Nobel sans doute... mon coté snob.
London - J'ai du lire l'Appel de la foret gamin, je sais pas si ça vaut le coup d'y retourner...
Faulkner - ?
Fitzerald - Gatsby le magnifique ou Tendre est la nuit.
Steinbeck - Des souris et des homnes ou les raisins de la colere.
Abbey - The Monkey Wrench Gang je crois.
Miller - Sexus, Nexus... Tropique du cancer, du capricorne. J'ai lu l'essai Lire aux cabinets, dont le titre faisait plus marrer que le contenu...
Pynchon - Un des rares romans que j'ai pas fini ces dernieres années (vente a la criée du lot ...). Deuxieme chance?
Heller - Catch 22 Pff, j'en ai chié. Lu en VO, pas facile, il m'a fallu du temps pour m'habituer au style, touffu. Un livre plutôt épais et assez répétitif même si j'ai fini par accrocher un minimum (j'ai vraiment failli laisser tomber pendant les 150 premières pages mais je n'avais à ce moment là rien d'autre à lire qui me fasse vraiment envie). Pour une analyse un peu plus poussée, voir ici.
Kerouac - Sur la route
Kesey - Vol au dessus d'un nid de coucous
Millhauser - La vie trop brêve d'Edwin Mullhouse, écrivain américain C'est assez space: en gros, c'est la biographie d'un écrivain fictif décédé à l'âge de 11 ans, par son meilleur ami du même âge. Les deux manuscrits ont été retrouvés tardivement par des universitaires (fictifs eux aussi). Oui, ça ressemble un peu au bouquin de Chevillard dont j'ai parlé plus haut, enfin chronologiquement c'est plutôt le bouquin de Chevillard qui ressemble à celui-la (1972 contre 1999, les deux devant beaucoup à Pale Fire de Nabokov, 1962, probablement le plus ambitieux et le meilleur des trois). Je ne sais pas trop quoi en penser, l'exercice de style, le jeu littéraire, est bien mené surtout quand on pense que c'est le premier livre de Millhauser, pas encore 30 ans à l'époque. Mais bon, au-delà de ça, sans estimer que tous les romans doivent avoir un message profondissime à faire passer, c'est assez vain, je trouve. J'ai également fini Martin Dressler, Prix Pulitzer en 1997, un livre sur l'épopée, de la grandeur à la décadence, d'un jeune entrepreneur américain, dans le New-York de la fin du 19ème siècle. C'est un livre assez éthéré, assez "old school", plutôt facile à lire mais qui ne m'a pas vraiment passionné.
Bradbury - Farhenheit 451 Impression mitigée: c'est la premiere fois, depuis que je lis en V.O., que j'ai l'impression qu'un livre est vraiment pas très bien écrit. Répétitions, longueurs, métaphores supers clichés etc. Il y a aussi des passages qui ne fonctionnent pas (le chien mécanique, j'ai trouvé ça assez naze). Par contre, l'idée de départ, à savoir que les gens, abrutis par la téloche, ont progressivement arreté de lire (a part les BDs et les tabloïds), ce qui a ensuite permis au gouvernement d'interdire les dits bouquins sans que ça choque personne ou presque, est super "clever", surtout quand elle est énoncée dans les années 50. Du coup, il y a dans le bouquin des prémices de la société actuelle, avec des gens qui ont 5 télés dans leur appart, et des émissions de "télé-réalité", et un monde qui tourne autour de l'"entertainment" immédiat sans jamais prendre le temps de la réflexion. De ce coté la, le bouquin est vraiment bien, et peut-etre plus "prophétique" que 1984. Je ne comprends d'ailleurs pas pourquoi Fahrenheit est rangé au rayon SF chez nous, alors que c'est un livre d'anticipation dans la veine de 1984 ou Le Meilleur des Mondes.  
Lee - How to kill a mockingbird.

Selby Jr - Last exit to brooklyn ou Requiem for a dream.
Bellow - Ravenstein était tres chiant, il a sans doute fait mieux dans les vieux trucs.
Herbert - Dune
Asimov - Fondation, c'est ça?
Toole - Jamais allé au bout de la Conjuration des imbéciles. De toute façon il en a écrit qu'un.
Wolfe - Acid test Intéressant historiquement, pour comprendre le milieu hippie aux US à la fin des années 60, la vie de Kesey (l'auteur du Vol au dessus d'un nid de coucou, voir plus haut), leader plus ou moins contre son gré du mouvement, leurs relations avec les beatniks et les hell's angels etc. Après, c'est un peu pénible à lire. Je tenterai peut-être Le bucher des vanités.
Auster -  Je n'ai jamais fini La trilogie new-yorkaise mais je viens de finir Travels in the Scriptorium, une nouvelle assez perchée mais qui m'a beaucoup plu. Difficile à résumer, mais c'est court, pas dur à lire, mi-polar, mi-fantastique avec moult interprétations possibles.
Proulx - Brockeback Moutain ou Cartes postales que j'ai chez moi
Ondaatje - Le Patient anglais (Canada)

Updike - grand écrivain "comique" (mais pas que), décédé récemment. Styliste et reconnu pour ses critiques littéraires aussi. Ses romans (nouvelles) les plus connues sont celles tournant autour du personnage Rabbit et celles sur l'écrivain Bech. J'ai lu le premier tome de cette dernière série, Bech: a book. Un peu compliqué pour moi en anglais. Un écrivain qui écrit à propos d'un écrivain qui souffre du blocage de l'écrivain. Méga métafictionnel donc, plein de références ou semi-private jokes qui ont dû m'échapper. Les chapitres sont en fait des petites histoires indépendantes, très vaguement reliées, et qui ont tendance à se répéter un peu. J'ai également lu Terroriste, son dernier roman. Un autre roman post-11 septembre (voir DeLillo, ci-dessous), qui raconte de façon plutôt efficace et crédible l'embrigadement d'un gamin déboussolé. Dommage que la fin sombre un peu dans le thriller bas de gamme.

Joyce Carol Oates - j'en ai lu cinq ou six ces derniers mois et en ai parlé ailleurs. Ecrivain excessivement prolifique. J'aime beaucoup son univers sombre, dérangé. Zombi était franchement marquant, "Viol, une histoire d'amour" était pas mal aussi.

Don DeLillo -   écrivain américain très médiatisé, l'une des grandes figures contemporaines avec Oates, Roth etc. J'avais lu Chien galeux, l'un de ses premiers bouquins, un polar mou du genou qui m'avait plutôt ennuyé. Je m'étais ensuite attaqué à Libra, une fiction complexe sur la vie de Lee Harvey Oswald, que je n'avais pas finie. J'ai depuis lu L'Homme qui tombe, réflexion assez étherée sur le 11 septembre, qui ne me marquera probablement pas plus que ça malgré de jolis passages. Bref, je ne suis pas convaincu, même si ses oeuvres majeures sont paraît-il Underworld et White Noise. Un écrivain exigeant, mais je n'accroche pas.  
Palahniuk - J'ai lu un recueil de "non-fiction", qui regroupe des essais autobiographiques et des sortes de reportages journalistiques sur les tarés de l'Amérique (récit d'un festival annuel de sexe en plein air et en tout genre, tournoi annuel de batailles de moissonneuses-batteuses etc). C'est pas très bien écrit, à mon goût (trop journaliste), il y a cependant des réflexions intéressantes, mais globalement ça ne m'a pas emballé. J'ai enfin fini Snuff, son dernier dont le pitch était accrocheur: une actrice de porno en préretraite qui veut faire un retour fracassant en se faisant fracas... battant le record du gang-bang... Cette lecture confirme mon sentiment que finalement plus à un scénariste qu'à un écrivain (un grand nombre de ses bouquins ont donné lieu à des films plutôt bien accueillis). Le bouquin est raconté selon quatre points de vue différents, 3 des acteurs en attente d'aller tirer la pornstar, et la manager de l'actrice. C'est plutôt malin, mais d'un point de vue formel, les trois voix se confondent entre elles et, me semble-t-il, avec celle de Palahniuk, qui n'est pas un grand styliste. Après, c'est plutôt prenant, drôle et malsain même si la fin est assez débile.  A vous de voir.

McCann - (Colum) Let the great world spin très joli bouquin dont j'ai parlé ailleurs, qui m'a donné envie d'en lire plus de cet écrivain poétique.

Chabon - écrivain américain juif. Je précise parce que ses bouquins tournent beaucoup autour du judaïsme. J'ai lu "Gentlemen on the road", un bouquin d'aventure "à l'ancienne" ("à la Dumas", pourrait-on dire), sur des chevaliers errants dans un monde lointain, avec des princesses, un méchant usurpateur, tout ça. Classique, mais efficace, et assez drôle. J'ai ensuite lu "Le club des policiers yiddish", plus sombre: un polar dans un monde parallèle (monde où les juifs n'ont pas fondé Israël mais se sont retrouvés en Alaska). Un peu dur à pénétrer, mais prenant une fois qu'on y est (a obtenu le Prix Hugo en 2008, même si à mon sens ça relève plus du polar que de la SF). 


- Chine:
Xingjian - la Montagne de l'ame, ou un autre

- Inde:
Naipaul - Le Masseur mystique son premier roman. Je suis un peu passé à côté, je ne l'ai pas vraiment lu au bon moment.


- Japon:
Kawabata - j'ai lu le joueur de Go, ça m'est passé un peu au-dessus et puis ce n'est pas vraiment un roman. A retenter
Mishima - c'est un pote au précédent, j'ai un de ses bouquins chez moi.
OeJe viens de finir une de ses nouvelles, c'est assez contemplatif, poétique, et ça fleure bon l'autobiographique. Un peu court pour dire si j'ai adoré ou pas, à réessayer sur un roman.
Soseki - Je suis un chat   Plutot chiant, et je pèse mon mot: on sent que c'est une collection de chapitres écrits dans un mensuel littéraire. Du coup, meme si le premier chapitre est pas trop mal, ça tourne tres vite en rond et présente certaines similitudes de ce point de vue la avec Bouvard et Pécuchet (avec un poil plus de fil conducteur mais des évenements encore moins intéressants). Et puis les tiraillements des intellectuels japonais au moment de la transition entre culture ancestrale et culture "occidentalisée", c'est un theme assez récurrent dans les romans japonais de cette époque (premiere moitié du 20eme) et je dois avouer que ça m'en touche une sans remuer l'autre. Il me semble enfin que le roman a pas mal inspiré certains passages de Kafka sur le Rivage de Murakami.

- Pérou:
Vargas Llosa - je viens de finir son essai sur les Miséroïdes, j'aimerais essayer un roman maintenant

- Argentine:
Borges - comme Naipaul, les quatrieme de couv' ne m'ont jusque là pas trop fait bander.

- Afrique du Sud:
Coetzee - J'en ai lu un qui ne m'a pas emballé, la encore j'accorderai peut etre une seconde chance. Peut-être avec Journal d'une année noire dont le pitch m'a intéressé et que j'ai donc acheté récemment.

- Turquie:
Pamuk - Mon nom est Rouge, ou Neige.

- Israël:
Oz - Soudain dans la forêt profonde  Un conte pour enfants gentillet, même si dans le genre j'avais préféré Haroun et la mer des histoires de Rushdie, pour la multiplicité des niveaux de lecture. Enfin, c'est un peu court pour me faire une idée.

N.B.: L'ordre est vaguement chronologique, mais ne venez pas me boursoufler le cortex parce que machin est placé avant truc alors qu'il est né dix ans plus tard.
N.B. bis: environ 80. Arrondissons a 100 le temps que je complete ma liste, sachant que je lis environ 25 livres par an, si j'en consacre 4 sur ces 25 a cette liste, j'en ai pour 25 ans. En espérant que mon coeur tienne le coup et que la 3eme guerre mondiale ou le réchauffement climatique se fassent attendre un poil, c'est jouable.

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8 juillet 2010 4 08 /07 /juillet /2010 11:12

Il y a comme ça des rencontres ratées, des actes manqués, entre un roman et son lecteur.

 

Parfois, vous vous attaquez à du Coetzee alors que vous aviez à peine la concentration requise pour comprendre le dernier Mary Higgins Clark.

 

Ou alors, comme cela m'est arrivé récemment, des circonstances personnelles ou professionnelles font que vous lisez avec l'esprit toujours préoccupé par autre chose. Vous traversez l'histoire sans jamais y être rentré, et même l'aventure la plus passionnante n'aurait pas suffit à changer la donne.

 

Ainsi, pendant le concours du CNRS, je lisais "Le Masseur Mystique", premier roman du nobelisé V.S. Naipaul, indien de Trinidad.

J'ai eu l'impression que ça aurait pu être une lecture agréable, que c'était assez exotique et original. Mais bon, j'ai mis 3 semaines, sans jamais m'y impliquer, à lire les 150 pages...

 

Pendant les concours MdC cette fois, je commençais "La vraie vie de Sebastian Knight", de Nabokov. Et alors que, les concours enfin terminés, j'atteignais laborieusement la moitié du roman et commençais à m'y plonger avec attention, je l'ai oublié en partant en Islande, le reprenant ainsi un mois plus tard après avoir entre temps lu deux autres ouvrages.

Dommage, car ce roman avait tout pour m'intéresser: premier roman de Nabokov, dont j'aime beaucoup l'oeuvre (surtout sa partie anglaise), en anglais, il reprend pas mal de thèmes exploités par l'auteur au cours de sa carrière (les échecs, la compréhension d'une oeuvre par ses critiques qu'on retrouve par exemple dans la Défense Loujine ou Feu Pâle, etc). On y trouve un certain nombre de références métafictionnelles (le narrateur est, comme Nabokov, un russe qui écrit pour la première fois en anglais, ce qui lui permet de justifier les éventuelles mauvaises tournures du texte, le personnage principal est également un écrivain anglais élevé en Russie, etc).

 

En ce moment, je lis "Des hommes ordinaires", de Christopher Browning, livre d'histoire sur le 101ème bataillon de police nazie et son implication dans les fusillades et déportations de juifs en Pologne en 1942, dont la thèse est proche des travaux de Milgram. Et je dois avouer que, entre la canicule, la Coupe du Monde et les sorties, c'était peut-être pas un très bon choix non plus...

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8 avril 2010 4 08 /04 /avril /2010 11:29

 

Une nuit d'août 1974, le funambule -et presdigitateur à ses heures perdues- Philippe Petit s'introduisait illégalement dans les tours encore en travaux du World Trade Center.

Au petit matin, après presque 10 heures passées à installer le câble avec ses complices, il effectuait la traversée entre le sommet des deux tours, à 415 mètres du sol. Il est en fait resté plus de 45 minutes sur le fil, produisant un véritable spectacle - il alla jusqu'à s'allonger et s'asseoir sur le cable, effectuer plusieurs saluts, courir etc- devant une foule ébahie de new-yorkais le nez en l'air, qui ce jour là arrivèrent très en retard au boulot.

Il fut ensuite arrêté et jugé pour "conduite impropre" ou quelque chose du genre. Il semble qu'il fut condamné symboliquement à une peine de type "travail d'intérêt général": donner une représentation publique. Mais de façon encadrée et plus conventionnelle.

 

Cette histoire eut un énorme retentissement à l'époque, bien que la scène n'ait pas été filmée et qu'il n'y ait pas tant de photos que ça.

Un peu oubliée, on en a beaucoup reparlé récemment, comme une sorte de contrepoint optimiste aux attentats du 11 septembre: une bande de pied-nickelés déjouant par une préparation minutieuse les systèmes de sécurité pour perpréter illégalement, sur l'un des symboles de la puissance américaine, un acte de création (artistique), de beauté, et non de destruction.

Notamment, le documentaire Man on Wire reçut en 2009 l'Oscar (vidéo partielle en lien, très forte émotionnellement à mon goût).

Philippe Petit: "Ma criminalité est purement artistique. Si j'avais demandé l'autorisation et qu'on me l'avait refusée, j'aurais fait cette traversée quand même. Mais je n'y ai même pas songé. Pour moi, c'est une évidence : il n'y a pas besoin de permission quand on a envie de faire des choses belles. Il faut les faire, c'est tout."

 

Colum McCann s'en est inspiré dans son très beau dernier livre "Let the great world spin" (un peu pompeusement traduit en français par "Et que le vaste monde poursuive sa course folle"). L'acte lui-même sert de fil conducteur -ahaha- au récit, mais celui-ci décrit en fait une douzaine de personnages new-yorkais plus ou moins connectés dont les vies se trouvent changées autour de cet évènement (pas vraiment "à cause de", plutôt "simultanément"). C'est un roman polyphonique, une allégorie subtile, et j'ai trouvé les différentes voix justes, belles, variées.

La dernière partie perd selon moi un peu en intensité, mais c'est en ce qui me concerne la riche rencontre avec un auteur dont j'avais entendu parler sans l'avoir jamais lu (hormis un recueil de nouvelles ne m'ayant laissé aucun souvenir, Ailleurs en ce pays).

 

Dans un registre moins poétique, j'ai également découvert un écrivain qui me plaît beaucoup, Joyce Carol Oates. "Découvert" est ici sans doute mal choisi car elle a entre autres tout de même été plusieurs fois finaliste du Pulitzer et mentionnée plusieurs fois parmi les favoris pour le Nobel. Toute proportion gardée, Oates me fait un peu penser à Nothomb: look un peu "gothique" -teint blafard et longs cheveux noirs de jais-, écrivain excessivement prolifique, goût pour les univers sombres et les personnages glauques.

Oates écrit bon an mal an un roman ou une nouvelle chaque année depuis quarante ans. J'en ai lu 4 ces derniers mois, tous plutôt récents (Zombie, 1995, Beasts, 2002, The Tattooed girl, 2003, Rape: a love story, 2003), tous très bons, pour ceux qui aiment les histoires pour le moins noires: Zombie est écrit sous la forme du journal intime d'un serial killer (il est plus ou moins inspiré de la vie de Jeffrey Dahmer), Rape raconte l'histoire d'une mère de famille violée dans un petit village proche des chutes du Niagara et surtout comment la population locale en vient à prendre la défense des violeurs, Beasts s'intéresse aux relations troubles entre un professeur charismatique et ses élèves dans un lycée de filles pendant les années 70, The tattooed girl décrit l'itinéraire d'une jeune paumée devenant l'assistante d'un écrivain reclus.

Je pourrais exposer quelques divagations machistes pour expliquer mon entrain, vous dire qu'habituellement je lis peu d'écrivains femmes, pas de façon réfléchie d'ailleurs mais plutôt parce que peu m'ont marqué, qu'Oates propose des univers et un ton très personnels, que le malsain qui s'en dégage rappelle plus un McCarthy féministe que Gavalda et que c'est peut-être ça qui me plaît, mais bof. Restons simples: j'aime bien.

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22 octobre 2009 4 22 /10 /octobre /2009 21:15
Parce que vous en avez marre de me lire pleurer sur mon sort tel un footballeur "réduit en esclavage par son club", et parce que ça fait longtemps que je n'ai pas alimenté ma catégorie artistique, je souhaiterais parler ici d'un livre que j'ai lu récemment, Les aventures d'un gourmand vagabond, par Jim Harrison.

Je dois avouer que le roman et le recueil de nouvelles que j'ai lus de lui (Un bon jour pour mourir et Légendes d'automne, respectivement), ne m'ont pas tourneboulé plus que ça. Le côté contemplatif et nature sauvage de l'Ouest américan qu'on peut retrouver chez McCarthy n'est juste pas spécialement ma tasse de thé.

Cela dit, j'ai eu l'occasion de lire ou de voir quelques interviews du Monsieur, et son côté intellectuel bon vivant qui se prend pas trop au sérieux m'avait plu. Et étant moi-même un amateur de bonne chère (non, "épicurien" ce n'est pas ça) je voulais donc lire ses écrits à ce propos.

L'ouvrage est en deux parties: l'une, un peu répétitive et qui finit donc par être lassante, est une compilation de chroniques publiées dans je ne sais quel journal. entre 1992 et 1993.
La seconde partie, plus exaltante, comprend plusieurs récits d'aventures gastronomiques à Paris, New-York et ailleurs, ainsi qu'une correspondance avec Gérard Oberlé, écrivain français et camarade de "débauche", et un petit article ayant pour sujet le pinard.

Jim Harrison, comme beaucoup d'américains lettrés, bons vivants et relativement fortunés a une vision très idéaliste, très romantique, de la France et un peu aussi des français. C'est agréable à lire, mais aussi assez amusant car pas toujours à l'abri du cliché. Mais à tout prendre, je préfère ces américains aux français qui idéalisent de la même façon l'Amérique (carriéristes aux dents qui rayent le parquet et obsédés par la réussite individuelle, surtout pécuniaire)*. 
Au-delà de ça, j'ai franchement apprécié de me balader avec le gros Jim à Paris et à New-York, de suivre ses libations chez Marc Meneau à Vezelay, à l'Ami Louis, Taillevent ou chez Lulu à Paris, la Maison de Bricourt de Roellinger à Cancale, au Babbo de Batali à New-York, avec Oberlé, Coppola ou DeVito, bref, dans tous ces restaurants qui sont toujours là 10-15 ans après et où j'aimerais aller un jour. J'ai reconnu, petit plaisir de l'amateur pas éclairé qui se dit que peut-être il n'est pas si nul qu'il ne le croit, quelques uns des vins qu'il sirote au fil des pages (Vieux-Télégraphe, Domaine Tempier...). Et j'ai salivé en pensant aux dîners qu'il se concocte avec ses potes dans sa maison du Michigan, à base de gibier fraîchement chassé et de vieilles bouteilles...
Je me suis marré aux évocations des joggers obsédés par leur ligne que Jim croise lors de ses marches matinales avant son petit déjeuner (bacon, patates, truite etc), j'ai opiné tristement en constatant que le "slow food", chose naturelle il y a 50 ans pour les pauvres était désormais un "concept" et un "plaisir de riches" etc. 

Bref, un livre où il y a à boire et à manger (ah ah), sur l'amitié, la bouffe, le plaisir, entre poésie et crudité (ah ah ah) pour le prix d'un menu best-of. Si j'ai la motivation ce soir, je copierai quelques aphorismes tirés de l'ouvrage, il y en a qui valent le coup.

J'ai envie maintenant de lire En Marge, les mémoires du vieux Jimi. 


Puisque j'en suis à parler littérature, je n'ai pas trop avancé dans ma fameuse liste, car je me suis surtout adonné à mon équivalent littéraire de ce qu'on appelle la comfort food: des écrivains que j'aime bien, principalement anglais (Lodge, Amis), quelques romans académiques (Straight man de Russo, actuellement Moo de Smiley), etc: le genre de livres dont je sais qu'ils ne vont pas me prendre la tête, n'étant pas particulièrement d'humeur à ça en ce moment.  
J'ai également terminé récemment la Défense Loujine de Nabokov, livre de sa "période russe". Après avoir lu quelques romans de cette période, je dois avouer que je préfère les romans de la "période américaine". Outre le fait qu'on ne peut qu'admirer qu'un écrivain reconnu choisisse de se réinventer en écrivant dans une nouvelle langue, apprise sur le tard, je trouve ces romans plus novateurs, sur le plan du style (métafiction dans Feu Pâle) ou du sujet ("roman académique" avec Pnin, Lolita...). Les romans russes sont plus "classiques" dans tous les sens du terme, hormis peut-être "Invitation au supplice", l'un de ses derniers romans avant l'exode américain, auquel je n'ai pas accroché.
Je dois avouer que je me demande - et visiblement je ne suis pas le seul- pourquoi Nabokov, qui a franchement contribué à modifier les conventions littéraires et influencé bon nombre d'écrivains contemporains, n'a jamais décroché le Nobel (donné favori en 1974, le prix est attribué à deux obscurs suédois, membres du jury...).

Pour conclure sur une petite touche plaintive quand même, j'ai appris avec tristesse que selon Philip Roth, je ne suis pas un "vrai lecteur", grosse blessure à mon ego. " (les) lecteurs, concentrés, attentifs, qui lisent un roman deux à trois heures par nuit, trois nuits par semaine au moins. Ce qui s’appelle lire. Car si ça traîne des semaines, la concentration s’évapore et c’est fichu. Un lecteur, c’est quelqu’un qui peut en parler autour de lui, qui est capable de tout mettre de côté pour rentrer chez lui afin de poursuivre sa lecture et qui ne ne fait rien d’autre pendant qu’il lit”. 
Il ajoute, avec un petit côté "c'était mieux avant", quelque chose du genre "les vrais lecteurs sont une espèce en voie de disparition".
Et bon, je vis dans le pêché Père Philip: je ne lis qu'environ une demi-heure par jour, et rarement plus d'une demi-heure d'affilée (mais tous les jours, par contre), du coup je mets quand même souvent deux semaines à finir un roman de 400 pages.
J'admets aussi humblement qu'ayant un boulot pour lequel je suis payé, je ne suis pas "capable de tout mettre de côté pour rentrer chez moi afin de poursuivre une lecture".
Parfois quand même je passe une demi-heure planqué aux chiottes, on fait ce qu'on peut. Et puis j'ai du mal à lire avec de la musique, cela suffit-il pour ma rédemption?

* Ce paragraphe n'est lui non plus pas à l'abri du cliché.
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19 août 2009 3 19 /08 /août /2009 17:25
J'avais écrit un petit texte il y a quelques temps dans lequel je me demandais pour quelles raisons certaines oeuvres accédaient au rang de "culte" alors que leurs qualités me semblaient pour le moins douteuses.

Je voudrais m'attarder cette fois sur un autre phénomène que je trouve intéressant:  les oeuvres "cultes" uniquement dans leurs pays d'origine et quasiment inconnues partout ailleurs.

Un exemple au hasard - pas vraiment au hasard puisque c'est le livre que je suis en train de lire en ce moment- Catch-22 de Joseph Heller.
Je n'ai pas une culture hors du commun, mais généralement je connais les "classiques" de la littérature, au moins de nom. Ce roman était pourtant totalement inconnu de moi avant d'arriver aux Etats-Unis, où j'ai commencé à le voir un peu partout, dans les bibliothèques les moins fournies et sur tous les présentoirs de librairie.
Ma curiosité titillée, après quelques recherches, je me suis rendu compte que ce bouquin, publié en 1961, s'était vendu à plus de 10 millions d'exemplaires, et qu'il était considéré comme l'une des oeuvres majeures de la littérature américaine (voir par exemple la section "rankings" dans l'article Wikipédia en lien). Le titre est même rentré dans le langage courant américain.
Mais il semble pour de bon relativement méconnu en France et dans les pays non-anglophones (les pages Wikipédia, pour rester sur le même exemple, sont réduites à quelques lignes).  

Quelques explications potentielles concernant ce cas précis:
Pour résumer, c'est une satire de l'armée et de la guerre, basée sur l'expérience de l'auteur qui fut bombardier pendant la Seconde Guerre Mondiale, où les soldats cherchent avant tout à sauver leurs fesses par tous les moyens, même les moins avouables, et où les gradés sont soit des planqués soit des bureaucrates obtus, tous ces personnages se retrouvant confrontés à des situations absurdes et abracadabrantesques.
Catch-22, par exemple, désigne un règlement de l'armée qui dit grosso modo que tous ceux qui acceptent sans rechigner d'aller au combat sont probablement fous et devraient être révoqués, mais qu'on ne peut révoquer que ceux qui en font la demande, et que tous ceux qui font la demande ne sont pas fous, puisqu'ils ne veulent pas aller au combat, et ne doivent donc pas être révoqués. Si, si, relisez, ça devrait finir par être clair, et c'est assez proche du style du roman lui-même. Par extension, ce terme est entré dans le langage populaire comme désignant une situation perdant-perdant.
Rentre en compte dans ce succès, je pense, le thème du roman: dans un pays où majoritairement, même encore aujourd'hui, la guerre est considérée comme quelque chose de noble permettant de révéler les natures héroïques, un livre où les soldats sont des pleutres - ou plus simplement des êtres non surhumains- avait des chances d'attirer les yeux sur lui, et de devenir un symbole controversé.
En effet, deuxième point, le roman est sorti "at the right time, at the right place": peu de temps avant la guerre du Vietnam et l'émergence des mouvements non-violents qui l'adoptèrent comme description de l'absurdité de la guerre et de ses têtes pensantes. Cette absurdité, tant dans les dialogues que dans les situations impliquant les règlements et la bureaucratie, n'est pas sans rappeler Kafka, qui était devenu extrêmement populaire aux Etats-Unis à peu près à la même période.
Cet argument historique peut sans doute être appliqué à mon étude précédente (voir lien plus haut): certaines oeuvres d'art sont devenues "cultes" parce qu'elles reflétaient leur époque ou parce qu'elles introduisaient un bouleversement profond dans l'art tel qu'il était pratiqué avant elles. Mais soit justement parce qu'elles symbolisaient trop leur époque, soit parce que leur originalité du moment est depuis tellement rentrée dans les moeurs qu'il est impossible pour le contemporain d'imaginer l'effet que cela a pu provoquer sur le public de l'époque, elles sont dans le même temps devenues obsolètes.

Bref, pour revenir à Catch-22, pour des raisons culturelles et historiques plus que pour son mérite littéraire propre (d'un point de vue personnel, je trouve ça répétitif, lourdingue et alambiqué), ce roman est considéré comme majeur aux USA mais n'est pas devenu un roman "globalement" vénéré: au-delà du style, être pacifiste et ironique vis-à-vis de la guerre était probablement moins iconoclaste en Europe dans les années 60 qu'aux Etats-Unis, et d'autre part l'épisode du Vietnam est avant tout un traumatisme américain.

Difficile de généraliser à partir de mon exemple, mais je peux citer d'autres cas de "nationalisme artistique": Tristram Shandy de Sterne est un classique littéraire en Angleterre qui en France n'est connu que des relativement fins lettrés. Kiss n'est pas un groupe inconnu, mais la Kissmania qui a envahi les US dans les années 70 (et continue à perdurer dans une certaine mesure) s'est répercutée au Japon, mais pas vraiment en Europe. Certains chanteurs de country ont ici un statut de star alors qu'ils me font penser aux chanteurs qu'on rencontre dans les mariages ou les salles de bal. Marcel Proust est, j'ai l'impression, plus "vraiment" lu et considéré comme une influence majeure aux USA qu'en France. Jean-Jacques Goldman n'a pas traversé les frontières, seuls les plus grands fans de Céline Dion connaissent son existence hors de France. Etc...

J'aurais tendance à penser que ces artistes font vibrer une fibre culturelle propre au pays dans lequel ils connaissent un succès majeur (qui n'est pas forcément le leur: des groupes comme Supertramp ou un artiste comme Ben Harper ont longtemps été adulés en France avant de finir par devenir prophètes en leurs pays), mais qui n'existe pas ailleurs.

D'où, pour conclure, ma nouvelle classification des oeuvres cultes:
- le culte national (Catch-22, Kiss, les films et acteurs Bollywood...)
- le culte international temporel (Heart of Darkness, Orange Mécanique, L'exorciste...)
- le culte international intemporel (Les Misérables, Guerre et Paix, 1984, Le Seigneur des Anneaux...)
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20 avril 2009 1 20 /04 /avril /2009 15:29
Je l'ai placé ailleurs mais j'en suis assez content, alors bon:

"Bonjour Tristesse", bonjour l'ennui...
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14 avril 2009 2 14 /04 /avril /2009 15:18

Pour ceux que ça pourrait intéresser (lecteurs fidèles ou de passage, cet article attire beaucoup de "recherches google"), je tiens juste à signaler que je réactualise à l'occasion le papier sur ma "liste d'écrivains à (re)découvrir avant de mourir".

Donc, il m'arrive de rajouter quelques noms, quand j'en découvre de nouveaux ou qu'ils me reviennent à l'esprit. Et puis quand je finis un roman d'un écrivain de la liste, j'insers à l'article une petite fiche de lecture. Rien de bien détaillé, mais en quelques mots pourquoi ça m'a plu ou pas (pour le résumé façon quatrième de couverture, je vous laisse googler ou simplement aller vaquer dans votre librairie favorite).

Si ça peut donner des idées de lecture à certains désoeuvrés ou indécis, help yourself, ça m'fait plaisir.

 

Bon, les réactualisations ne sont pas très fréquentes, hein, je ne lis pas plus vite que la lumière et il m'arrive de lire des écrivains hors de cette liste: des écrivains que j'ai découverts par hasard, attiré par un roman en zieutant négligemment les susnommés quatrièmes de couverture. Ou alors, des écrivains faisant partie de ma liste refuge, c'est à dire ceux vers lesquels je me tourne quand je recherche la douceur de l'habitude plus que l'excitation de l'aventure. Mais voila, je souhaitais vous prévenir.

 

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