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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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8 mai 2008 4 08 /05 /mai /2008 18:11
Un peu de boulot et pas mal de flemme cette semaine. Donc ni trop le temps ni trop la motivation pour écrire de longues réflexions comme celles sur la recherche. Ca sera pour plus tard. Quant aux articles plus légers, rien dans l'actualité ou dans ma vie ne m'inspire vraiment ces jours-ci.

Bref, pour patienter:
Je lis en ce moment Acid Test, de Tom Wolfe, auteur notamment du Bucher des Vanités et "théoricien" du "nouveau journalisme" (vous savez, le truc qui a donne De Sang Froid de Truman Capote). Honnetement, c'est un peu chiant meme si ca a le mérite de me rendre moins inculte que je ne l'étais, puisque ca raconte l'histoire totalement ignorée de moi des Merry Pranksters (les joyeux lurons), qui sous la houlette de Ken Kesey - l'auteur de Vol au dessus d'un nid de coucous-, ont été parmi les premiers, a la fin des annees 50-début des années 60, a prendre du LSD comme moyen d'ouvrir les portes de la perception (dixit Aldous Huxley), a voyager autour de l'Amerique en bus, et a vivre en communauté.
En gros, des hippies mais avant que ca ne soit la mode, alors que les beatniks (Kerouac et autres Ginsberg ou Burroughs) commencaient a ne plus l'etre.
Pour ceux qui l'ignoreraient (en France, on fait assez souvent la confusion), les deux mouvements sont assez disjoints, temporellement et meme "philosophiquement": s'ils ont en commun un certain rejet de la société "bourgeoise", les moyens de s'en évader (la vie itinérante et marginale d'un coté, la drogue de l'autre) et les finalités (foutez-moi la paix d'un coté, créons un monde meilleur qui sera gentil et faisons tous l'amour nus de l'autre en ouvrant nos esprits et nos foufounes de l'autre) sont assez profondément différentes. D'ailleurs, les beatniks n'aimaient pas trop les hippies (je crois que les hippies s'en foutaient) bien qu'ils les aient inspirés, meme s'il y a la peut-etre un cote Francis Cabrel c'etait mieux avant vous les jeunes vous savez pas vivre.
 
Je ne sais pas, je ne suis pas historien de ces mouvements. Et puis on s'en fout c'est pas ce dont je voulais vous causer dans le blog. D'ailleurs je voulais meme pas vous causer mais vous montrer des zolies zimages.

Un court passage du bouquin m'a en effet fait penser a ces photos que vous avez surement deja vues de toiles d'araignées, celles-ci ayant été soumises a diverses drogues. Les voici:
Bon voila, c'est tout. C'est pas tres intéressant mais c'est rigolo. Non? Bon tant pis.
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2 avril 2008 3 02 /04 /avril /2008 19:34
Reprenons ou nous avions stoppé (j'aime bien parler de moi a la premiere personne du pluriel).
9. Lolita, Vladimir Nabokov
10. Les liaisons dangereuses, Choderlos de Laclos
11. Et si c'est un homme, Primo Levi
12. La Vie mode d'emploi, Georges Perec
13. Les enfants de minuit, Salman Rushdie
14. Differentes saisons, Stephen King
15. Rafael derniers jours, Gregory McDonald
16. Chroniques de la Haine Ordinaire, Pierre Desproges

Lolita est un roman epoustouflant, tant par son sujet que par son style. Malsain, quand on se rend compte qu'on commence a eprouver de l'empathie pour Humbert Humbert, quand on oublie que cette passion a pour objet une fillette. Superbe quand on se concentre sur l'ecriture (et dire que ce n'etait pas sa langue natale). On retrouve des premices a ce chef d'oeuvre tant dans la Meprise (au niveau du personnage principal et du systeme narratif) que dans l'Enchanteur (au niveau de l'histoire), mais loin d'atteindre ce degre de perfection. Et puis, quand le nom d'un personnage passe dans le langage courant, c'est rarement mauvais signe.

Les liaisons dangereuses, livre "miracle", inspiration géniale de Choderlos de Laclos qui était avant tout un homme de guerre (et conseiller de Philippe Egalité pendant la Révolution). Laclos n'a quasiment rien écrit d'autre. C'est un roman épistolaire, genre usé jusqu'a la corde a l'époque mais qui est ici on ne peut plus pertinent. Ce livre est infiniment plus licencieux que bien des romans actuels qui se veulent choquants. On y trouve dépeint tous les sentiments les plus vils, des sous-entendus graveleux etc. Un monument. Valmont, Merteuil, Volanges... Des personnages presque aussi célebres que les Trois Mousquetaires ou Jean Valjean.

Ecce Homo est l'un des livres les plus poignants sur l'Holocauste avec La Nuit d'Elie Wiesel. On peut aussi citer le Pianiste de Wladislaw Szpilmann (a vos souhaits) et le superbe film eponyme de Polanski sur le ghetto de Varsovie. Que dire de plus, c'est autobiographie, c'est terrible et cela celebre la naissance d'un grand ecrivain, Primo Levi.

Dans l'article "Fat plus coquin", j'avais essaye d'exprimer ce que je ressentais vis a vis de l'Oulipo en pastichant un poil "La disparition" de Perec. Pour resumer, je dois avouer que cette branlette intellectuelle consistant a imposer des contraintes mathematiques a la Litterature comme outil de creation a tendance a m'exasperer et a me faire penser que cela sert simplement a occulter le manque total de talent creatif de la majorite de ses adeptes. Toutefois, comme il ne faut pas etre borne, reconnaissons que la Vie mode d'emploi est tout bonnement hallucinant, et parvient a captiver en racontant de facon exhaustive, appartement par appartement, habitant par habitant, la vie d'un immeuble parisien pendant une courte periode de temps (ce qui n'est pas sans rappeler Sterne). Quand la forme reste un moyen au service du fond et non une fin en soi, de tels morceaux de bravoure peuvent accoucher. Il a ete publie quelque part toutes les regles de construction que Perec s'etait imposees, j'aimerais bien pouvoir consulter cet ouvrage (par exemple, deplacement dans les appartements a la facon d'un cavalier aux echecs, utilisation obligatoire de telle liste de mots elaboree par les membres de l'Oulipo au cours de tel chapitre, etc).

Les Enfants de Minuit est une fresque epique mettant en parallele le Destin de deux enfants nes a la meme heure, qui se trouve etre egalement l'heure exacte de l'independance de l'Inde. Leur vie semble ainsi liee inexorablement a tous les evenements majeurs de ce jeune Etat. Ce roman fait partie du courant du realisme magique (courant personnalise entre autres par Garcia Marquez et Cent ans de solitude), mais ici plus realiste que magique, ce qui m'a permis d'accrocher (Cent ans de solitude m'a au contraire fait un peu chier, si je puis me permettre). Ce roman se merite, il est long et pas facile a lire, tout en etant tres prenant.  

Stephen King a longtemps (j'ai un peu lache depuis quelques annees, ayant ete tres decu par les derniers romans que j'ai lus de lui, notamment le bien nomme Sac d'os) represente pour moi la quintessence de l'ecrivain scenariste. Ses livres sont des films. Pas un mot de trop, des bonnes histoires, du suspense, a la Dumas (si j'ose cette comparaison pour le moins inattendue). C'est sans doute pour cela que ses livres ont conduit a tant de bons films (Misery, Shining, Carrie...). J'ai choisi un livre un peu different de son repertoire habituel (Ca, le Fleau) et ai longtemps hesite avec la Ligne Verte (ecrit d'ailleurs comme un feuilleton, a la maniere des ecrivains du 19eme) qui m'avait vraiment marque (le film aussi). J'ai finalement choisi ce recueil de nouvelles tantot personnelles (celle qui donna le joli film Stand By Me), historico-polar-old-school (la redemption de Rita Hayworth, adaptee au cinema egalement avec Morgan Freeman et Tim Robbins), thriller psychologique (Un eleve doue)... J'ai oublie quelle etait la quatrieme histoire (oui, dans Differentes Saisons, il y en a 4 en fait), mais ces trois la valent vraiment le coup. Il a egalement ecrit des romans interessants sous le nom de Richard Bachman (Running Man, Marche ou creve...).

Rafael derniers jours est un livre assez tragique sur les oublies de l'Amerique, sur le cynisme, l'inculture, et la fatalite. Difficile d'en dire plus sans deflorer l'histoire. Neanmoins, je peux vous assurer que ca prend aux tripes et qu'on n'oublie pas sa lecture de sitot. Johnny Depp en a fait un film.

Chroniques de la Haine Ordinaire: si vous lisez frequemment ce blog, vous devez savoir tout le bien que je pense de Monsieur Desproges. Pas la peine d'en rajouter. Si ce n'est que ca fait 20 ans qu'il est mort presque exactement (18 avril 1988) et que, d'unecertaine facon, ou d'une facon certaine, il me manque.
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31 mars 2008 1 31 /03 /mars /2008 21:45

J'ai recemment publié une petite liste des bouquins qui m'ont suffisamment marqués pour que j'en parle ici. La voici pour simple rappel a l'intention des distraits ou autres rustres qui n'auraient pas lu avec l'attention (cette fois) necessaire ma precedente communication:
1. Les Miserables, Victor Hugo
2. 93, Hugo Victor
3. Le Comte de Monte-Cristo, Alexandre Dumas
4. 20 ans apres (et la trilogie des trois mousquetaires, ne soyons pas chien), Dumas Alexandre
5. Au sud de la frontiere, a l'ouest du soleil, Haruki Murakami
6. La fleche du temps, Martin Amis
7. Vie et opinions de tristram Shandy, Laurence Sterne
8. Les dix petits negres, Agatha Christie
9. Lolita, Vladimir Nabokov
10. Et si c'est un homme, Primo Levi
11. La Vie mode d'emploi, Georges Perec
12. Les enfants de minuit, Salman Rushdie
13. Differentes saisons, Stephen King
14. Rafael derniers jours, Gregory McDonald
15. Chroniques de la Haine Ordinaire, Pierre Desproges

Apres reflexion, puisqu'apres tout ils m'ont marqué, essayons nous un peu a la critique litteraire et detaillons pourquoi.

Ceux qui ont pu lire les Miserables sans etre bouleversifies par tant de foi en l'humanité sont des cuistres. Ceux qui ont pu lire les Miserables sans etre assomes par la purete du style Hugolien doivent retourner illico a la lecture du Diable s'habille en Prada. Ceux qui ont pu lire le monologue final de Jean Valjean sans chialer doivent se faire greffer un coeur ou entrainer leurs glandes lacrymales en epluchant 12 kilos d'oignons par jour.
C'est dans 93 que l'on retrouve, outre grand nombre de qualites susmentionnees, la plus belle phrase de conclusion jamais ecrite: "Et ces deux âmes, sœurs tragiques, s'envolèrent ensemble, l'ombre de l'une mêlée à la lumière de l'autre."

Franchement, si j'etais capable de pondre des trucs pareils, j'irais me guibioler illico, ou pratique moins egocentrique (sans mauvais jeu de mots), fourrer un coup pour feter ca. Ca ne m'etonne pas vraiment que Monsieur Hugo ait ete un sacre queutard.

Dumas, en plus d'avoir lui aussi degorge le poireau plus souvent qu'a son tour, est l'inventeur, et sans doute le meilleur representant, du "suspense de bas de page" savamment distille. Il n'a pas son pareil pour vous faire rentrer dans ses romans et vous y rendre accroc. Chaque page ou presque est l'occasion de vous faire mondieuquevatilsepasser. Meme les moins lecteurs d'entre mes amis ayant reussi a depasser l'apprehension consistant a entamer un pave de 1000 pages les ont ensuite devorees en moins d'un mois. Bref, sans doute le meilleur conteur que je connaisse, capable de rendre captivant son repas du dimanche chez sa grande-tante dans la campagne de Melun. De plus, le cote historique souvent fouille est une source non negligeable de culture.

Murakami est un ecrivain japonais (ne pas confondre avec un homonyme se prenommant Ryu et donnant plus classiquement dans le roman "pop-trash", ressemblant a des versions ecrites de films de Tarantino) a cree un univers profondement original, un peu melancolique, desabuse, onirique, ecrit dans un style pur et tout simplement beau (avec autant que je puisse en juger un superbe travail du traducteur). Je prefere ses romans plus realistes, sur l'Amour manque ou decu, sur les illusions perdues (attention, ce ne sont pas des melodrames degoulinant de pathos pour autant) a ses romans plus "fantastiques" ou l'on oscille entre reves, mondes paralleles et realites.

La fleche du temps est le premier roman ecrit entierement a l'envers. A savoir qu'on commence par la fin de l'histoire pour aboutir a son commencement (y compris les dialogues). L'idee vient de Kurt Vonnegut, qui decrit pendant quelques pages dans Abattoir 5, l'un de ses personnages regardant un film de guerre defilant a l'envers ("une bombe est construite puis placee dans un avion qui decolle et s'en sert pour raser une ville" se transforme en :"un avion reconstruit une ville rasee en aspirant les flammes qui la detruisent. Ces flammes sont enfermees dans une petite boite que l'avion ramene a sa base, puis la petite boite est detruite"). Ce grand experimentateur qu'est Amis s'y essaye ici sur la duree d'un roman. Excessivement bien fait et palpitant.

Sterne, un pasteur anglais, a ecrit au 17eme siecle ce roman plus moderne, drole, original que 99.9% de la production actuelle. Que dire de plus si ce n'est "ils sont forts ces anglais"? Ah si. Ce livre est une auto-biographie de Tristram Shandy, gentilhomme. Cette auto-biographie ne depassera malheureusement jamais les 4 premieres annees de la vie de Tristram, car celui-ci tient a tout prix a ne laisser aucune ellipse dans ses ecrits, se condamnant ainsi a se perdre sans fin dans des anecdotes s'eloignant de plus en plus de son sujet de depart. On rit beaucoup, que ce soit gras ou raffine, et j'ai ete impressionne par la modernite inherente a ce livre et les questions litteraires qu'il souleve (la litterature n'est-elle pas l'art de l'ellipse, n'existe-t-elle pas paradoxalement par ce qu'elle ne dit pas plutot que par ce qu'elle dit?).

Les dix petits negres est a mon sens l'un des chefs d'oeuvre du polar. Le retournement de situation final (on parle de twist dans le milieu) est l'un des classiques du genre et ne tombe pas encore dans les ecueils du multi-twist (dans les polars modernes sans imagination, le mechant change six fois dans les deux derniers chapitres, ou dans les dix dernieres minutes si vous regardez un film). Grand fan de Poirot, je trouve que ce roman est sans doute le meilleur de Christie justement parce qu'il ne rentre pas dans ses moules usuels (Poirot, Marple, Parker Pyne etc).   

La suite au prochain episode, bonnes lectures (je serais content d'en avoir convaincu au moins un).

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10 mars 2008 1 10 /03 /mars /2008 23:23
Comme le classement  et  l'évaluation de tout et n'importe quoi (du vin aux medecins en passant par les universités), voici mon classement inutile du moment, celui de mes livres préférés. Ou plutot des livres qui m'ont le plus marqué.
Il ne regarde que moi, sera livré sans aucune explication (pour ceux qui en voudraient malgré tout, je leur conseille gratuitement et à la place la lecture de "comment parler des livres qu'on n'a pas lus?" de Pierre Bayard) et, je peux meme vous l'avouer, n'aura (au delà des 3 ou 4 premières places) pour ordre que  celui du à ma mémoire: le premier livre me revenant à l'esprit sera le plus haut dans le classement.

1. Les Miserables, Victor Hugo
2. 93, Hugo Victor
3. Le Comte de Monte-Cristo, Alexandre Dumas
4. 20 ans apres (et la trilogie des trois mousquetaires, ne soyons pas chien), Dumas Alexandre
5. Au sud de la frontiere, a l'ouest du soleil, Haruki Murakami
6. La fleche du temps, Martin Amis
7. Vie et opinions de tristram Shandy, Laurence Sterne
8. Les dix petits negres, Agatha Christie
9. Lolita, Vladimir Nabokov
10. Les liaisons dangereuses, Choderlos de Laclos
11. Et si c'est un homme, Primo Levi
12. La Vie mode d'emploi, Georges Perec
13. Les enfants de minuit, Salman Rushdie
14. Differentes saisons, Stephen King
15. Rafael derniers jours, Gregory McDonald
16. Chroniques de la Haine Ordinaire, Pierre Desproges


Dans les livres que j'hésite à mettre, 1984 de Georges Orwell, Le joueur d'échecs de Stefan Zweig, Le choix de Sophie de William Styron, Le seigneur des anneaux de J.R.R. Tolkien, Ca ou la Ligne Verte de Stephen KIng, le Meurtre de Roger Ackroyd d'Agatha Christie, les Chatiments de Hugo, et d'autres.

Je complèterai au fur et à mesure que ma mémoire reviendra... (oui, faire appel à sa mémoire alors qu'on est censé parler des livres qui ont marqué, c'est bizarre mais je suis chez moi).
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23 février 2007 5 23 /02 /février /2007 16:59
1. Da Vinci Code, Dan Brown
2. Harry Potter - la saga-, J K Rowling
3. Oeuvres intégrales de Mary Higgins Clark  et de Patricia Cornwell, à égalité
4. Et si c'était vrai, Marc Levy
5. Windows on the world, Frederic Beigbeder
6. Antechrista, Amelie Nothomb
7. Les fourmis -la saga-, Bernard Werber (commencée en 91)
8. La part de l'autre, Eric Emanuel Schmidt
9. Le monde de Sophie, Jostein Gaarder
10. L'alchimiste, Paulo Coelho

Ce classement est totalement subjectif et issu de mon amour profond pour la littérature.
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11 avril 2006 2 11 /04 /avril /2006 14:18

Le poête au front soucieux, penché sur son pupitre, cherche l'inspiration. L'image est datée, sans choix.

Non, c'est nul. Rature.

Ou plutôt, un monde moderne. L'écrivain, devant son ordinateur, se démène sur son traitement de texte, tapotant fiévreusement de ses deux index rougis par l'effort son clavier.

Non, c'est nul. Touche supprimer. Grave erreur, perte de mémoire instantanée, pas d'amélioration, pas de réécriture possible.

Un mot ajouté par ci par là, un adverbe en moins, un synonyme, revenir sans cesse sur une phrase, travail sur la forme, mais le fond y reste.

Le lectorat se lasse, l'impatience guette.

L'éthique personnelle en jeu: prêt à tout pour séduire? pour maintenir des liens?

Parler de football, de critique cinéma, de critique littéraire, de politique? Ne faire que critiquer, commenter, abandonner le créer. Trop facile.

Attendre, tout simplement, que ça vienne? Dur. Peur du vide, peur de l'abandon. Pression qui augmente. Réflexion qui s'embrume, obnubilée.

Penser à autre chose, écouter son i-pod, se ronger un ongle, fumer une cigarette, corriger ce qui précède, on n'avance plus.

Ecrire ce qui passe par la tête. Ok, on tente. Patrick Bruel et le World Poker Tour, tiens le nouveau première est sorti, pointues les griffes de Serval, les doigts s'emballent, rognure d'ongle coincé entre les dents, désagréable, chanson pourrie je zappe, fais beau mais pas chaud. Mallarmé applaudis-moi.

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8 février 2006 3 08 /02 /février /2006 11:14

Avant d'en parler, je vais commencer par en faire une, de citation.

"Si, pour enjoliver votre argument, vous citez un sombre inconnu, ça ne sert à rien, autant vous abstenir." Mon prof de français de prépa.

Remarquez ici le paradoxe étourdissant et génial (je m'impressionne de temps à autre), puisque j'applique dès mon début d'argumentaire l'antithèse de la citation susmentionnée, mon prof de français n'ayant, je crois, pas accédé entre temps à la célébrité.

Il n'empêche, je pense qu'il a raison. Et le corollaire, citer quelqu'un de plus ou moins unanimement balèze, ça peut permettre de renforcer l'argument. Attention, ça ne doit pas le remplacer (défaut malheureusement trop souvent observé), sinon ça ne compte pas.

Autre concept: citer peut être un moyen de montrer qu'on a été touché par une phrase, qu'elle nous a fait réfléchir. Dans mes lectures, je suis plus souvent marqué par quelques passages brefs, des "citations" qui m'ont amené à débattre intérieurement (à me reconnaître, à approuver, à contredire, à réfléchir en somme), que par la généralité de l'ouvrage (même si le style est souvent le facteur prédominant qui me fait m'attarder ou non). Je préfère par exemple Bukowski et ses histoires au renouvellement nul mais avec ses petites phrases parfois géniales de cynisme à la platitude gentillette de romans pourtant mieux ficelés.  

Pour conclure avec deux citations à propos des citations cet article sur les citations:

"Je me cite souvent, cela apporte du piment à ma conversation" de Georges Bernard Shaw

"Les citations sont les pilotis de l'écrivain fantôme: sans elles, il s'enfoncerait dans le néant", de Erik Orsenna.

Je vous laisse, amis lecteurs, le soin de les interpréter à votre guise.

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18 décembre 2005 7 18 /12 /décembre /2005 00:42
Qui suis-je pour parler d'influences?

Un petit thésard. Un scientifique. Je ne veux pas ici évoquer des personnalités scientifiques qui m'ont influencé. Hormis le fait qu'il n'y en a probablement pas à l'heure actuelle (plutôt des gens dont j'admire le génie scientifique), ça ne ferait pas un sujet de chronique très bandant.

Je voudrais écrire quelques mots sur mes influences artistiques. Le terme "influence" est sans doute mal choisi, puisque je ne suis ni écrivain, ni musicien, ni plus généralement artiste . Au sens propre du terme, ils ne m'ont donc pas influencé. Alors disons plutôt qu'ils ont provoqué en moi des émotions. Fortes.

Dans le domaine littéraire (je commence par là puisque, pour ceux qui ont la comprenette difficile malgré ce que montre ce blog, je suis un écrivain raté, ou un non-écrivain frustré, à votre convenance), mon hugophilie est très connue au sein de mon cercle d'amis. Sans parler de l'homme, si contrasté, l'écrivain Hugo est à mon sens le plus grand. The greatest, si ce surnom n'était pas déjà attribué à Mohammed Ali dans un tout autre domaine. Son talent de plume est inégalé. Hugo manie tellement bien la phrase dans son ensemble (sa longueur, son champ lexical, sa musicalité) qu'une argumentation hugolienne est toujours irréprochable et incontestable, quand bien même on ne partage pas son opinion. Ses affirmations apparaissent à la fois péremptoires et en même temps inattaquables. C'est très fort.
Sa faculté à provoquer l'émotion chez le lecteur est également phénoménale (amours impossibles, dévouement sublime...).
500.000 personnes se sont massées à son enterrement au Panthéon, en 1885. Autant que sur les Champs-Elysées en 1998 quand la France a gagné la Coupe du Monde. C'est dire si Hugo n'était pas n'importe qui, puisqu'il fut à un siècle décart l'égal de 22 footballeurs.

Toujours dans le romantisme français, j'ai une grande affection pour Alexandre Dumas père. "Je viole peut-être l'Histoire, mais je lui fais de si beaux enfants", aurait-il dit. Il n'y a rien à ajouter. Je passerai sans polémiquer sur ses "nègres" (perfidement, je soulignerais juste que Maquet, le plus célèbre d'entre eux, commença une carrière solo après leur séparation, pour sombrer illico dans les oubliettes de la littérature, tandis que Dumas restait à son sommet). Dumas écrit sans doute moins bien que Hugo, et que la plupart des écrivains de l'époque (Stendhal, Balzac, Flaubert), d'un strict point de vue technique. Mais son génie de conteur d'histoires n'a jamais été surpassé. Dumas et ses ficelles pas toujours très fines (suspense de bas de page, histoires à rallonges, de l'action à tout va, du sexe, de la mort) sait appâter le lecteur comme pas deux et provoquer un engouement, une quasi-dépendance. Je ne connais personne qui n'ait fini "le Comte de Monte Cristo" et ses 2000 pages en moins d'un mois, même chez des lecteurs rien moins qu'invétérés.

Dans la littérature contemporaine, Haruki Murakami a écrit les plus beaux romans d'amour qu'il m'ait été donné de lire. "La ballade de l'impossible" et surtout  "Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil", sont des chefs-d'oeuvre. Peut-être parce que j'y ai trouvé une métaphore de ma propre histoire, peut-être parce que je trouvais là superbement couché sur le papier des sentiments ressentis que je n'avais jamais su exprimer, moi, par écrit? Quoiqu'il en soit, le texte est poétique, éthéré, beau tout simplement. Sa deuxième facette, plus orientée vers un fantastique teinté d'absurde, m'est moins familière.

Enfin, j'apprécie grandement David Lodge, auteur britannique. David Lodge, à l'instar d'Umberto Eco, a d'abord été universitaire (prof de littérature anglaise, spécialiste de Joyce et Austen) avant de se lancer lui-même dans l'écriture. Avec une grande réussite. Les histoires (qui ne sont souvent, je le subodorre, que des prétextes) ne sont guère plus que du vaudeville. Tout est dans le traitement: Lodge, grâce à sa grande culture, développe dans chaque roman un thème philosophique (souvent théologique) qui ne tombe pas comme un cheveu sur la soupe (et n'est pas là que pour impressionner le lecteur, chose que j'aurais par exemple tendance à reprocher à Eco) mais vient subtilement donner plus d'intérêt à l'histoire. D'autre part, une grosse dose d'humour british, fait d'ironie, de petites méchancetés et d'une grosse dose d'auto-dérision, me correspond assez bien. Je me soupçonne d'aimer Lodge car il me montre, en quelque sorte, ce à quoi ressembleraient sans doute mes romans si j'étais capable d'en écrire.
J'apprécie plus généralement tous les romans de ce que j'appellerais les affiliés de David Lodge (qui commence à se faire vieux), les petits jeunes british qui montent: Hornby, Baddiel, Coe, Fielding, Mc Cauley (lui, il est de Boston).

En BD, je rendrai hommage à Greg et son Achille Talon, qui m'ont fait aimer la langue française et donné le plaisir d'enrichir mon vocabulaire à un âge ou ce n'est pas forcément la préoccupation première. Goscinny pour sa faculté à jouer avec les mots (que ce soit dans Lucky Luke, Astérix, avec Gotlib, etc) a toujours beaucoup compté.

Pour conclure sur le chapitre littéraire, je me dois de coucher ici le nom de Pierre Desproges, que j'ai déjà cité dans un autre article, qui alliait de grandes qualités d'écrivain et un humour dévastateur sorti droit d'un esprit férocement misanthrope. Coluche, quoique touchant un public plus populaire, était beaucoup plus subtil qu'on ne le présente souvent.

Musicalement, ce sera plus court: il y a un groupe qui a fait de moi l'amateur de musique que je suis devenu. Iron Maiden. Eh oui, ce n'est pas récent. De plus, la baffe qui m'a conduit au métal est venue d'une écoute, à la Fnac, de l'intro de "Sign of the cross" dans l'album X-Factor (alors que j'avais 14 ans) , album qui est sans doute (et sans doute à raison)  l'un des moins aimés du groupe. Je ne classerai pas ici les trois chanteurs de Maiden, puisque je les apprécie tous, et que selon moi la force du groupe vient plutôt des compos de Steve Harris, le bassiste. Maiden, certes, finit par tourner un peu en rond, mais a eu le mérite d'inventer ou de populariser les duels de guitare, et la basse type cheval au galop, deux éléments qui sont désormais quasiment des définitions du heavy métal.
J'ai toujours voulu jouer de la guitare comme dans Iron Maiden et quand je m'y suis mis, j'étais convaincu de devenir une rock star (comme tout le monde lorsqu'il commence la guitare). Malheureusement, mon manque de volonté patent m'a plutôt conduit à faire dans le Hughes Aufray: vous savez, le pote qui ramène sa gratte à toutes les soirées au coin du feu et qui vous fait chanter les grands classiques de U2 ou de Téléphone. Je suis sûr que vous en avez un comme ça dans votre entourage.

Enfin voilà, je ne suis pas devenu un guitar hero permanenté vêtu d'un collant moule-burnes et alignant les soli à 3000 à l'heure, mais Maiden m'a fait aimer le métal et découvrir une foultitude de groupes que j'écoute toujours aujourd'hui (WASP, Megadeth, Manowar, Metallica, Helloween, etc...), même si je suis maintenant un petit vieux (qui plus est, qui vit en couple. Et Manowar ne renforce bizarrement pas le couple) qui s'est mis aux Cranberries et à Ben Harper.

Je m'intéresserai au cinéma dans une chronique prochaine, car, voyez-vous, il est tard. En vous souhaitant, amis lecteurs, une bonne nuit, je m'éclipse.
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14 décembre 2005 3 14 /12 /décembre /2005 08:54

Ben oui, je ne vais pas parler que de ma vie et que du labo. Il faut trouver des sujets brûlants pour appâter le chaland. Quoi de mieux qu'Harry Potter, donc?

J'annonce fièrement la couleur, je brandis l'étendard du non-conformisme: je fais partie des sept blaireaux qui n'ont jamais, JAMAIS, ouvert un livre de J.K. Rowling, même sur un présentoir de fnac. Mes autres faits d'arme dans l'opposition bête et méchante à ce qui me semble être du moutondepanurgisme sont nombreux: je n'ai jamais vu Titanic. Je n'ai jamais lu le Da Vinci Code. Si, monsieur.

Dans la vie il y a deux catégories de personne. Celles qui aiment le cassoulet et celles qui ne l'aiment pas. Et puis deux autres: celles qui aiment lire et celles qui n'aiment pas. Le lecteur invétéré peut facilement passer pour un monomaniaque. Il lit n'importe quand. Quand il fait caca, quand il mange ses céréales, quand il prend son bain (il essaye quand il prend une douche, mais c'est vraiment pas facile). Il peut lire n'importe quoi. S'il n'a rien de mieux sous la main, il peut lire le mode d'emploi du shampoing quand il fait caca aussi bien que la composition énergétique de son pain de mie pendant le petit déjeuner.

Pourquoi des gens adorent lire? Eh bien, peut-être parce que la lecture fertilise l'imaginaire. Bon, c'est limité dans le cas du shampoing, mais des fois, je vous assure, c'est bien. Autre chose, ça occupe l'esprit. Lors de ma dépression nerveuse, par exemple, lire m'a sauvé. Lire permet de se concentrer sur quelque chose d'agréable et de ne pas avoir à penser. A cette époque là, je devais lire mes dix livres par mois au bas mot (le ryhtme a baissé depuis, heureusement). Je pense que les gens qui ne lisent pas manquent de courage, en quelque sorte. C'est plus l'effort de la lecture qui les rebute.

La grande qualité d'Harry Potter, à mon sens, est d'avoir fait accéder certains hermétiques de la lecture (notamment la génération Game Boy, et leurs parents que j'appellerais la génération Voici) aux joies que procure icelle. A cette élévation de pensée, à ce développement de l'imagination que j'ai essayé de décrire (brièvement, c'est une chronique, pas un essai philosophique de 600 pages) ci-dessus. Je pense que ce sentiment est suffisamment fort, pour, lorsqu'il est inconnu, provoquer lors de sa découverte les explosions commerciales auxquelles nous avons pu assister lors de la sortie des derniers épisodes de la saga (surtout lorsque le tout est saupoudré d'un marketting type rouleau-compresseur. Regardez le dernier Astérix: 95% des acheteurs s'accordent à dire que c'est une merde qui dénature la série entière et ferait se retourner René dans sa tombe. Pourtant, grâce au matraquage incessant, il est resté en tête des ventes un bon petit moment).

Je pense malgré tout que, pour ceux qui avaient déjà une certaine expérience du lire (ce n'est pas une faute de frapppe), Harry Potter reste une oeuvre mineure. Vous savez (enfin, ceux qui lisent savent), ce genre de bouquins qu'on lit pour se détendre entre deux "vrais" livres (ces livres qui vous apportent vraiment quelque chose. Des auteurs comme Hugo, Dumas, Levi, Rushdie, Lodge, Orwell, etc...). Moi, par exemple et entre autres, j'aime bien lire un polar de Connelly de temps en temps (plus jeune, c'était Patricia Cornwell).

Voila pour une première ébauche de réflexion, j'y reviendrai sans doute quand j'aurai plus de temps.

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Published by mixlamalice - dans Littérature
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