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  • : La vie au labo
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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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  • mixlamalice
  • Misanthrope optionnellement misogyne et Esprit Universel.

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13 juillet 2009 1 13 /07 /juillet /2009 23:01
J'en ai probablement déjà parlé mais j'ai tendance à ressasser quand quelque chose m'irrite: choper un ulcère, ça a quand même plus de panache que simplement passer outre et vivre heureux.

Donc, je m'insurge contre ceux qui répondent aux mails par des messages monolignes incompréhensibles, sans dire bonjour, ni merde, ni même signer. Notamment, j'ai des envies de meurtre quand les responsables de ce genre de mails sont des personnes dont le métier est justement principalement de répondre aux emails (i.e., les secrétaires, certains responsables administratifs etc)*.

Exemple récent:
J'envoie ce mail au sujet de mon DS-2019 à la responsable visa de la fac:
"Hi,
My visa is valid till January 2010 but my travel authorization in my DS-2019 is only valid till November 2009. I might have to go outside the US between November and the end of my visa.
Is it possible to have a new DS-2019 with a travel authorization valid till January 2010?
Thanks for your help,
Mixlamalice".
On pourrait trouver que je suis un peu familier, mais je l'ai vu une bonne douzaine de fois en dix-huit mois pour régler d'autres problèmes, dont elle était d'ailleurs partiellement responsable.

Quatre jours après (j'exagère, je sais, c'était le week-end, mais un peu de mauvaise foi aide à faire passer la pillule), je reçois la réponse suivante, que je livre intégralement, typos incluses, car elles contribuent à la confusion sémantique du dit message:
"Yes, I can just sign one year a t a time"

Plusieurs heures après, je ne suis pas sûr d'avoir compris, car le "yes" semble contredit par le reste de la phrase. Je reste donc dans l'expectative, et pour rire (jaune), j'ai renvoyé ce message, la aussi donné en version intégrale:
"I don't understand what that means."
Malheureusement, on ne peut que perdre à ce jeu là puisqu'elle ne me répondra pas, et ne saisira probablement même pas le côté ironique, si tant est qu'elle lise ma missive...
Bref, me voila condamné à renvoyer un mail pour demander des explications complémentaires: le plus simple serait d'ailleurs de renvoyer le message à l'identique mais là encore je pense que ça ne passerait pas.

Dans le même genre, il y a aussi ceux qui ne répondent qu'à une partie du message. Par exemple, si vous posez trois questions, ils ne répondront qu'à la première. Attitude assez répandue, je ne sais pas si elle indique qu'une majorité de mes congénères est réellement incapable de lire un message de plus de quatre lignes ou s'il y a une raison moins inquiétante. Quoi qu'il en soit, que faire, une fois de plus? Renvoyer un mail avec les deux questions restantes au risque de passer pour un reloud, se mettre ses interrogations derrière l'oreille, en dépit de leur importance éventuelle, pour ne pas déranger, ou dès le départ envoyer trois mails séparés avec une question dans chaque pour ne pas brûler les neurones du destinataire?

Par contraste, je voudrais souligner que la secrétaire d'un labo avec lequel je suis en contact tout ce qu'il y a de plus informel, répond à mes mails, me contacte d'elle-même lorsque nécessaire, commence par Bonjour ou Cher Monsieur, termine par une formule de politesse et sa signature, fait des phrases construites, intelligibles, sans fautes d'orthographe, formant un tout complet ne nécessitant pas de s'y reprendre à trois fois. Bref, il y a encore des employés "old school" qui font consciencieusement leur boulot. C'est à la fois rassurant, et inquiétant (quand on en vient à s'ébaubir de ce qui devrait être naturel, on est sans doute pas loin de toucher le fond).

* Quand un Professeur agit ainsi, je m'énerve également mais finit par me dire qu'il a autre chose à foutre: encore que, dans ces cas-là, finalement, autant ne pas répondre plutôt que d'envoyer un message tellement sibyllin que le destinaraire n'aura d'autre choix que de renvoyer un mail pour avoir une explication de texte sur le premier, ou d'abandonner.
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26 mai 2009 2 26 /05 /mai /2009 11:03

Je suis confronté depuis peu à une invention superbe, venue des Etats-Unis (ou en tout cas plus développée là-bas que chez nous, même si malheureusement ça ne semble plus pour très longtemps): la borne d'enregistrement automatique dans les comptoirs des compagnies d'aviation.
 
Plusieurs choses m'interpellent, car j'aime à méditer sur les sujets d'importance:
- le gain de temps est visiblement nul voire négatif. On tripote dix minutes son écran et de toute façon on finit par aller à un comptoir déposer ses bagages, sauf que l'hôtesse ne vous sort plus le billet comme avant, chose qui lui prenait 30 secondes. Cela devient beaucoup plus long qu'avant si comme dans mon cas la machine ne reconnaît ni mon passeport, ni mon numéro e-ticket, ni le scan de ma bite (pas encore), que du coup une hôtesse venant m'aider réitère à l'identique toutes les opérations que je viens d'effectuer, conclut qu'effectivement ça ne marche pas, va voir une autre hôtesse qui se rend derrière un comptoir et finit par me sortir mon billet ''à l'ancienne".
- le gain en personnel semble lui aussi nul, puisqu'il y a toujours des comptoirs avec des hôtesses derrière qui sont là pour enregistrer vos bagages comme avant, voire vérifier que le billet que la borne vient de vous pondre (si vous êtes chanceux) est correct. Puis il y a des hôtesses itinérantes chargés d'aider les handicapés ou malchanceux.
- les appareils ont du coûter un pognon fou.

Alors de deux choses l'une:
- soit ceux qui ont imposé ça pensaient vraiment avoir eu une idée géniale et dans ce cas-là il faudrait leur faire bouffer leur diplôme ès management entrepreuneurship d'Harvard plongé dans la harissa frelatée.
- soit ils savaient très bien que ça ne donnerait aucun résultat tangible. Là, c'est plus subtil. On peut par exemple penser que l'intérêt tient dans ce que la populace passe autant de temps à faire la queue mais elle est plus active et a donc moins l'occasion de s'emmerder: il y a plusieurs petites files d'attente au lieu d'une grosse, il y a le passage ou on tapote sur un écran tactile... à la fin on a quand même perdu une heure mais c'est passé plus vite. Autre hypothèse: les riches de business class ont toujours leurs comptoirs et leurs hôtesses. Du coup, ça permet de mieux marquer la différence avec les prolos qu'avant ou eux aussi avaient leurs comptoirs, même s'il y avait plus de queue. Le champagne à l'apéro ne devait plus suffire...

Bon sinon, je tiens à affirmer pour les fanas de l'auto-dénigrement à la française, que Air France, d'après mon expérience personnelle, est globalement une bonne classe au-dessus des compagnies ricaines, que ce soit American, Delta, United ou Continental (mais que les passagers ricains sont plutôt plus décontractés du gland zens lorsque des aléas surviennent). Voila.

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8 avril 2009 3 08 /04 /avril /2009 18:05
Qui n'est pas de moi, vous vous en seriez douté.
Je ne connais pas Mister Pierre, mais je le salue bas, l'image que ce texte en donne est celle d'un mec bien, tout simplement. Un mec qui fait ce qu'il croit être juste, pour les autres plus que pour lui.

Ses protégés l'appellent "Mister Pierre", et, quand ses finances le lui permettent, il traverse la Manche, se rend en Angleterre pour retrouver les clandestins qu'il a hébergés, dans sa petite maison, à Boulogne-sur-Mer. Parfois, il transporte leurs valises, qu'ils avaient stockées chez lui. Pierre Falk, discothéquaire, a eu droit à plusieurs gardes à vue. Il assume, et s'explique, dans un texte publié sur Internet (www.millebabords.org).

"Je n'ai pas forcément grand-chose à dire ni à justifier. C'est ainsi et pas autrement, je ne suis pas sûr d'avoir raison, mais ma vie et ma participation à la marche du monde sont ainsi. Je ne me considère pas comme au-dessus des lois, mais je pense qu'elles peuvent être éventuellement transgressées. Je ne me considère pas comme un Juste, un Militant, un Humanitaire, un Droit-de-l'Hommiste ou je ne sais quoi encore.

Je ne suis pas croyant, je ne demande aucune louange, je n'agis pas par pitié ou bon sentiment, je ne suis pas l'honneur de la France, je ne tire aucune fierté ni profit de ce que je fais, je mets même un point d'honneur à ne jamais demander aucune participation aux frais. Juste un humain sur la Terre qui a un peu plus de chance que celles et ceux, tout près, qu'il lui est possible de rencontrer... Alors OUI, depuis plus de six ans, j'essaie d'aider autant que je peux des personnes, d'autres citoyens du monde à survivre un peu mieux momentanément en les hébergeant et en faisant tourner ma vieille machine à laver par exemple.

Ma petite maison est un temps de pause et de repos où des choses élémentaires et vitales sont possibles : s'asseoir à une table pour manger, dormir son content dans du linge frais, se laver, se doucher, aller aux toilettes, prendre soin de soi, se coiffer, se maquiller, se raser, être protégé de la pluie, du froid, de l'angoisse et du stress quasi permanents, regarder des mappemondes, échanger des informations, parler, rencontrer (se), dire, créer du lien, cuisiner, jouer, rire...

Pour ces quelques moments de vie volés à l'adversité, je ne me considère pas comme un délinquant, peut-être comme un désobéissant, et eux, je ne les considère pas comme des sans-papiers, encore moins comme des délinquants. OK, ce sont des illégaux, des irréguliers, mais avant tout des migrants qui n'ont pas d'autre choix que de fuir des pays en guerre, liberticides ou ravagés par des crises économiques endémiques en rêvant d'une vie meilleure. Après des traversées de terres, de déserts, de mers pour le moins très difficiles, ils-elles arrivent ici dans cette espèce de cul-de-sac tenant du cul-de-basse-fosse... Ils y stagnent plusieurs semaines, voire plusieurs mois dans des conditions de vie qu'on ne souhaiterait à personne. Alors oui, c'est vrai, il y a des arnaqueurs, des gens peu fréquentables, des mafias qui prospèrent sur leur dos, un système généré par l'argent-roi, mais aussi l'immense fracture Nord-Sud, l'absence de politique migratoire ouverte, digne, respectueuse, l'hypocrisie anglaise, la nôtre.

Je ne m'associe pas vraiment à cette façon exagérée, disproportionnée (mais qui finalement peut être productive) de crier haro sur le baudet, de hurler à la Milice ou au fascisme, d'oser des comparaisons qui n'ont pas lieu d'être. Ma garde à vue, celle-là et les précédentes, s'est bien passée, j'ai eu affaire à une police correcte, qui fait le travail qu'on lui demande de faire, à des interrogatoires courtois et professionnels. Peut-être cette bienséance est-elle due au fait que je sois en situation régulière, citoyen européen, blanc, normal quoi... M'agacent juste un peu les petits sourires narquois : "Ah monsieur l'humaniste, vous êtes un doux rêveur, le monde est ce qu'il est et vous ne pourrez rien y changer." Mais me révoltent et m'atteignent toujours avec force des pratiques indignes, inadmissibles, injustifiables !

Face à ce qui nous est reproché, à nous, bénévoles (la solidarité ? la complicité ?), nous mettre sous écoute téléphonique, sous surveillance, mettre en route de telles procédures d'intimidation, coûteuses qui plus est, ne sert pas à grand-chose. Tout en ne le criant par sur les toits, je sais ce que je fais et je saurai quoi répondre si l'on venait m'interpeller à nouveau. Si jamais j'ai l'occasion de croiser une jeune femme voulant se refaire une beauté ou un homme à la jambe cassée, ma maison restera ouverte."

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6 mars 2009 5 06 /03 /mars /2009 17:12

"S'il n'y a pas d'évaluation, il n'y a pas de performance"
Nicolas Sarkozy, discours du 22 janvier dont j'ai déjà parlé.

On trouve une analyse extensive de ce discours à laquelle je n'adhère pas toujours (notamment parce qu'au sujet de la phrase mentionnée ci-dessus, le propos me semble peu clair) ici.

Je crois que beaucoup de choses sont resumées dans cette phrase.
En gros, il y a deux catégories de personnes: non pas les Juifs et les anti-sémites, comme disait Desproges.
Mais d'une part ceux qui pensent qu'on ne peut faire efficacement son travail que si on est soumis à des évaluations incessantes et mis en permanence en compétition. En gros, un système scolaire adapté au monde du travail.
Et d'autre part ceux qui pensent qu'il est possible d'être suffisamment interessé par son job pour le faire consciencieusement.
Oh, certes, on peut être impliqué, motivé, et nul malgré tout. Ou je m'en-foutiste et pourtant efficace. Oui, un peu comme à l'école.

Je ne cherche pas ici à justifier ou promouvoir un monde du travail sans évaluation.
Mais je veux juste souligner ceci: dire que sans évaluation, personne ne serait performant, cela me semble vraiment montrer la piètre idée que notre président se fait de ses contemporains - des garnements qui attendraient impatiemment que le surgé tourne le dos pour recommencer à se tourner les pouces.

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6 mars 2009 5 06 /03 /mars /2009 00:04

Nous vivons au siècle de l'éphémère.

J'ai l'impression que tout ce qui a été fait pour augmenter "le temps de cerveau disponible" du citoyen moyen pour favoriser son épanouissement consumériste a marché au-delà de toutes les espérances: au fur et à mesure que les informations défilent toujours plus nombreuses, toujours plus vite, plus personne ne semble capable de prendre le temps de la réflexion. Nous nous trouvons toujours dans l'action et/ou l'émotion.

Même nos "penseurs" pondent un livre, ou pire, un point de vue de trois pages dans n'importe quel journal acceptant de s'en faire l'écho, dès que surgit ou ressurgit un problème social, économique ou politique. Ainsi, l'immense majorité de ces écrits sans aucun recul ne sont qu'un vague enchaînement tout juste grammaticalement correct de poncifs au choix estampillés gauche caviar (nouvellement appelée bobo), droite néocon ou droite beauf.

Du coup c'est l'escalade, ou plutôt la descente aux enfers: lorsque ceux qui sont censés hausser le niveau du débat, hommes politiques ou "intellectuels" s'adonnent sans discontinuer aux propos de comptoir, sur le fond comme sur la forme, que se passe-t-il?
L'espèce de "barrière morale" qui faisait que le pékin moyen écoutait l'opinion de gens mieux informés et s'étant donné le temps de la réflexion avant de se forger la sienne propre, tombe. Si ceux qui sont censés nous éclairer sombrent dans la médiocrité et le lieu commun, confondent "faire peuple" et "être proche du peuple", à quoi bon continuer à les écouter?
Pourquoi nous aussi ne donnerions-nous pas notre avis, puisqu'apparemment c'est le même? En quoi suis-je moins pertinent, puisque je pense la même chose, même si ce n'est qu'un tissu de banals préjugés plus ou moins idéologiques, construit à la lumière de ma méconnaissance du sujet?

Ainsi, la cacophonie ambiante augmente, on parle mais on n'écoute plus, on écrive et on ne lit plus. A quoi bon, de toute façon le sujet de conversation changera d'ici deux jours. Et reviendra dans deux mois, mais tout, et particulièrement l'infime proportion de propos intelligents, aura déjà été largement oublié.
 
Internet est l'incarnation parfaite de cette nouvelle ère: prolifération des blogs, espaces d'expressions "personnelles" où en fait tout le monde raconte la même chose, réagit sur les mêmes sujets en même temps... explosion des fora où des millions de personnes tiennent à communiquer leurs opinions essentielles quel que soit le sujet, sans prêter aucune attention aux autres messages. Le culte du moi à son paroxysme (une autre incarnation parfaite de cet état de fait se trouve actuellement à l'Elysée, mais là n'est pas mon propos).

Voila donc pourquoi j'ai changé le titre de ce blog, histoire de mettre les nouveaux venus au courant: ici, je parle de ma vie, qui en soi n'est ni très passionnante ni très originale, mais qui est encore celle que je connais le mieux. Je parle aussi des choses qui me plaisent, qui me font rire, ou m'intéressent suffisamment pour que j'en parle, et qui ne sont elles non plus pas très originales et pas toujours très passionnantes, à part pour moi bien sûr.
Enfin, lorsqu'un sujet d'actualité m'interpelle, il peut m'arriver de m'exprimer dessus, et là encore ce n'est sûrement pas très original, même si j'aimerais croire le contraire.  
Et comme l'abus d'Internet et de Fox TV ont rendu mon cerveau largement aussi poreux que celui de la majorité de mes contemporains, je réécris en boucle les mêmes articles, facilitant ainsi la vie de mes lecteurs: les réguliers peuvent tranquillement parcourir mon blog, l'encéphalogramme plat, avec un sentiment de déjà vu rassurant. Quant à ceux qui ne viennent que de temps en temps, ils n'ont pas l'impression de rater grand chose.

Bref, il me semble que mon blog cadre parfaitement avec ce qui est l'essence même de la blogosphère, un espace de "réflexions" à la fois peu profondes et profondément éphémères. Seule petite originalité, la "persistance" puisque ce blog a maintenant plus de trois ans...

Qu'attend donc la foule pour s'y ruer?

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26 février 2009 4 26 /02 /février /2009 16:19
Il y a deux semaines on fetait le bicentenaire de la naissance de Charles, et l'ann 2009 est donc l'année Darwin. D'autant plus que cela fait aussi 150 ans qu'il a publié "De l'origine des espèces".

Comme ils disent ici dans les journaux, parce qu'il faut bien en parler un peu, "bien que controversée, la théorie de l'évolution a changé beaucoup de choses".
On ne leur dira pas qu'à part aux USA dans les franges de la population disons pas franchement réputées pour leur objectivité scientifique, elle n'est plus vraiment controversée par grand monde.

Cependant, j'ai fait une découverte récente qui pourrait tout remettre en cause: il y a trois siècles, à la Cour de Versailles, l'Homme, pour grimper dans la hiérarchie sociale où conquérir les faveurs de la femelle, se lançait dans des joutes verbales finement ciselées. Tout cela se réglait certes ensuite sur le pré, mais entre gentilhommes et de façon parfaitement codifiée.
Trois siècles plus tard, aux USA, pour grimper dans la hiérarchie sociale ou conquérir la femelle, l'Homme se lance dans des joutes verbales intitulées "Yo Mamma" (en francais, ca donne "ta mère est tellement grosse que quand elle pète, Al Gore fait une conférence sur les dangers du réchauffement"), et ça passe à la télé. A Paris dans les parcs, l'Homme se met torse nu pour catcher devant les yeux de la femelle ébahie. A Miami, à Lacanau ou à Cannes, l'Homme se met torse nu pour montrer a la femelle ebahie ses biceps et ses pectoraux sculptés quotidiennement à la salle de muscu; le moule-paquet revient à la mode.
Alors j'imagine que dans trois siecles, l'Homme, le cul et l'appareil génital à l'air, ne s'exprimera plus que par borborigmes et hurlements, avant de se rouler dans l'herbe avec un congénère pour voir qui c'est le plus fort et gagner ainsi le droit de devenir le chef et de fourrer toutes les femelles.

Je vais appeler ca la theorie de la dé(con)volution.

 


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9 janvier 2009 5 09 /01 /janvier /2009 04:08

Deuxième épisode pour ceux qui en redemandent (comment ça personne ?), suite à  ce mail qui tourne en ce moment, rigolo la première fois qu’on le lit, et rapidement pénible.

Pour ceux qui ne l’ont pas encore reçu, ça commence comme ça :

« Qui a écrit :

Que peut-il ? Tout. Qu'a-t-il fait ? Rien. Avec cette pleine puissance, en huit mois un homme de génie eût changé la face de la France, de l'Europe peut-être. Seulement voilà, il a pris la France et n'en sait rien faire. Dieu sait pourtant que le Président se démène : Il fait rage, il touche à tout, il court après les projets ; ne pouvant créer, il décrète ; il cherche à donner le change sur sa nullité ; c'est le mouvement perpétuel ; mais, hélas ! cette roue tourne à vide. L'homme qui, après sa prise du pouvoir a épousé une princesse étrangère est un carriériste avantageux. Il aime la gloriole, les paillettes, les grands mots, ce qui sonne, ce qui brille, toutes les verroteries du pouvoir. Il a pour lui l'argent, l'agio, la banque, la Bourse, le coffre-fort. Il a des caprices, il faut qu'il les satisfasse. Quand on mesure l'homme et qu'on le trouve si petit et qu'ensuite on mesure le succès et qu'on le trouve énorme, il est impossible que l'esprit n'éprouve pas quelque surprise. On y ajoutera le cynisme car, la France, il la foule aux pieds, lui rit au nez, la brave, la nie, l'insulte et la bafoue ! Triste spectacle que celui du galop, à travers l'absurde, d'un homme médiocre échappé.

 

Réponse : Victor Hugo, dans Napoléon le Petit »

 

-               JR : la comparaison Sarko – Napoléon 3 est pertinente (NdMix : sûrement, mais on n’en saura pas plus: est-ce un amour commun des talonnettes ou des Rolex qui les rapproche?…) 

-              Mix : Et dans le parallèle l'équivalent de Hugo ça serait qui? (NdMix : à ce moment là je ne tentais que de faire de l’humour)

 

-              Ben pas toi en tout cas, vu que tu passes plus de temps à essayer de te foutre de la gueule des gens qui parlent de notre époque qu'à parler de notre époque toi même. Probablement es-tu au dessus de tout ça, dans la "Grande Littérature"... tu as déjà tout vu, tout vécu, entre 2 parties de coinche et un tutorat de physicochimie des polymères (NdMix : j’avais eu le bonheur d’être son enseignant en tutorats, et j’aimais bien jouer à la belote «coinchée »  pendant mes pauses - déjeuner). Tu devrais arrêter de parler au petit vermisseau que je suis.
Nan sérieusement arrête, je me branle autant de ton avis, que je me torche avec celui des nouveaux philosophes. 

-              Tu sais, y a probablement largement autant à apprendre en lisant Hugo et la "Grande Littérature" qu'en se tapant les tracts du NPA ou des Jeunesses Communistes. Sinon peut-être un jour, quand Papa-Maman auront arrêté de te payer ton herbe et qu'il faudra bien que tu te tires les doigts au lieu de clamer "Société tu m'auras pas", rentreras-tu dans les basses conditions pécuniaires qui m'habitaient quand je donnais les tutorats (a savoir que perdre une heure de son temps a parler science fut-ce a des êtres totalement inintéressés – et inintéressants- dans ton genre pour augmenter son salaire mensuel de 10%, ça vaut le coup, et ça n'implique absolument pas qu'on ait une passion sans fin pour le sujet ni qu'on soit un salaud de capitaliste). 
Zob a la fin: - Si tu ne supportes pas le monde dans lequel tu vis, et c'est ton droit, tu fais comme Jacques Brel, Antoine ou Alex McCandless, et des milliers d'anonymes, tu fermes ta gueule et tu te casses, seul ou a plusieurs, vivre dans un endroit reculé ou personne t'emmerdera. Ca existe encore, profites-en.
- Si tu supportes pas le monde dans lequel tu vis, et c'est ton droit, et que tu veux essayer de le changer, tu fermes ta gueule et tu t'engages dans l'humanitaire ou dans l'associatif. Si un jour tu deviens un porte-parole, tu ouvres ta gueule.
- Mais si tu prends tout ce que la société t'offre sans rien lui rendre, qu'en gros tu profites du système (et a la limite pourquoi pas) mais que ta seule activité consiste a lui chier dessus de façon infiniment non constructive et surtout a donner des leçons d'intégrité morale a tout le monde, je suis désolé ça me casse les couilles. Faut quand même être un peu honnête avec soi-même. Si tu branles rien et que ça te plait, tant mieux pour toi, mais aies au moins la décence de fermer ta gueule.

 

-              Tu es perdu dans un univers que tu ne comprends pas, et ne cherche pas à comprendre, mais tu te rassures en te cachant derrière le "Style". Or ton style est bien plus proche de Bigard que de Céline, mais là n'est pas le point, "zob". Tu glorifies le style pur, non engagé, la forme sans fond, l'insignifiant, en fait, tu détestes les idées et te caches derrière les quelques fragments que tu es parvenu à arracher à l'océan d'incompréhension qui caractérise ta pensée. Ces fragments ne sont en fait que des opinions, toujours portant sur des sujets, des gens, jamais des objets. De plus, souvent ces opinions ne sont même pas les tiennes, tu t'es contenté de les lire sur internet. Enfin, comme les choses sont complexes, tu les simplifies volontiers en catégorisant les gens de façon très simpliste, et tu jubiles lorsque tu crois pouvoir faire rentrer quelqu'un dans une de tes catégories.
Mais le plus intéressant est que tu te justifies, même quand on ne te le demande pas, est-ce par insécurité personnelle, par peur du jugement de l'autre? Es-tu toujours comme un enfant se cachant derrière la jupe de sa mère lorsque quelque chose de nouveau arrive? La jupe de ta mère, c'est ton style désengagé, et tes catégories, mis à part ça tu n'as rien d'autre, et n'a jamais rien eu.
Aimer ou ne pas aimer les choses autour, c'est un choix mais plus encore un devoir, tu es juste un produit typique de la pensée post-2éme guerre, dégoûté par l'homme, dégoûté par les idéologies, les guides, au point de penser que toi, tu n'en as pas besoin. Mais tu as tes guides! comme tout le monde, on ne t'a pas seulement inculqué un code de la route, mais aussi un code de pensée, avec ses sens interdits, ses catégorisations, ses autoroutes autorisées et faciles d'accès. Tu te sens en sécurité à l'intérieur de ce code, ça te fait au moins un repère stable, avec tes parties de cartes, et les longues discussions à propos de ton travail passionnant de post-doc (facile de parler de boulot: pas de risque à prendre, ni d'idée à avoir, que de la récitation de son propre vécu sans interprétation ou analyse, quelque peu narcissique même).
Bien souvent, l'important est le contexte de l'énonciation plus que l'énonciation elle même, mais toi tu te vautres systématiquement dans la critique directe, instantanée et hargneuse de l'énoncé de l'autre que tu considères souvent comme ton adversaire, sauf s'il ne signifie rien. En plus tu imposes ta lourdeur en prétendant élever le débat! Un peu comme Sarkozy, tu n'acceptes l'autre que quand il ne dit rien ou est d'accord avec toi, et un peu comme les nouveaux philosophes, tu ne sers à rien, ne dis rien, et n'est là que pour occuper la place d'un autre (c'est encore plus vrai sur Néo que tu aurais dû quitter il y a 5 ans déjà). Qu'est ce qu'il y a, ils sont méchants avec toi les gens d'espci.org, ou bien trop vieux est pas assez faciles à casser, ou bien encore est-ce trop risqué pour toi, mix le justicier de la pensée commune, de t'attaquer à eux et tu préfères les p'tits taupins de 19 ans? Pédophile de la pensée, va.
Bon j'arrête là, sinon je risque de commencer à ne plus être courtois. 

-              Vaut mieux admettre qu'on ne comprend pas tout plutôt qu'être persuadé de détenir la vérité. "La science apprend avant tout a douter", mais douter, ça fait pas partie de ton système de pensée visiblement (ceci explique peut-être cela, vu ton niveau scientifique). Enfin si ça te rassure de penser que le monde c'est simple et scénarisé comme raconté sur Dailymotion.
Mon style est sans doute plus proche de Bigard que de Céline, on fait ce qu'on peut. Je n'aime pas vraiment Céline de toute façon. Après j'y peux rien, j'ai eu une éducation bourgeoise (j'écris ce mot pour te faire rougir) et on m'a appris a aimer les mots, mais aussi par courtoisie a essayer de faire des phrases qui ont un sens.
Tu me dis que je simplifie les choses et que je pompe mes idées sur Internet, on croit rêver... C'est peut-être un début de brin de lucidité qui vient de te frapper. Puisqu'on parle de catégories, dans ta "pensée" j'en vois deux: "ceux qui ont ouvert les yeux" et "les sarkozystes" (synonymes: "capitalistes" ou "libéraux" ou "néocons"). Ca fait léger. A la limite, je préfère le système ou les deux catégories sont "ceux qui racontent des conneries" et "ceux qui en racontent moins". Les gens binaires font généralement plutôt partie de la première catégorie (attention il y a un paradoxe dans ce que je viens d'écrire, te fais pas péter un neurone).
Je pourrais te dire que je parle rarement de mon boulot en dehors des heures de boulot, que je passe probablement beaucoup plus de temps que toi a essayer d'apprendre toutes sortes de choses (pas que scientifiques), bref, a essayer de m'ouvrir un peu l'esprit (d'avoir des guides si ça peut faire plaisir a ta nostalgie terminologique maoïste) plutôt que de rester dans un schéma bien manichéen comme le tien, mais tu me répondras sans doute que je suis "narcissique".
Mais bon t'as pas tort sur un point: pour te faire plaisir, par rapport aux catégories dont je parlais ci-dessus, y en a une autre à laquelle, je crois, j'appartiens. Celle des mecs qui sont pas forcément en accord avec le monde dans lequel ils vivent mais qui ont ni l'envie, ni l'énergie, ni le courage peut-être, de se barrer ou de lutter contre. Alors ils s'adaptent. Pour s'adapter, eh ben t'essaies de trouver un boulot plutôt stimulant intellectuellement (parce que, dans l'optique ou tu n'es pas un héritier il faut bien bosser pour vivre, et que faire 45 ans 8h par jour un truc qui te fait grave chier, ça doit pas être facile), sans trop de possibilités de se faire emmerder, qui laisse du temps libre pour faire autre chose (lire, écrire, voyager, faire de la musique, apprendre, ce que tu veux) et relativement assez de moyens pour le faire. Et finalement, en ce qui me concerne, faire de la recherche ça correspond bien à ça (même si pour toi visiblement avoir un boulot c'est forcément la preuve qu'on est qu'un mouton: j'imagine même pas ce que tu peux penser d'un mec qui aime son boulot, je ne sais d’ailleurs pas si tu peux assimiler ce concept).
Mais sinon t'as pas répondu: tu comptes t'engager un jour pour de vrai pour combattre le système, ou tu comptes passer ta vie a faire l'ectoplasme qui voudrait bien avoir l'air mais qui a pas l'air du tout, a faire un boulot pour lequel tu n'auras aucun intérêt et a vitupérer contre le monde de merde dans lequel tu vis? Ca va finir par te paraitre long, je pense.

 

En conclusion, il me semble qu’avoir une pensée suffisamment subtile pour que selon votre interlocuteur, vous soyez tantôt assimilé à un néo-conservateur, tantôt à un gauchiste (dans les cas où le dialogue reste cordial), n’est probablement pas une condition suffisante pour affirmer que la-dite pensée est profonde, mais est sans doute nécessaire.

PS: Désolé pour la mise en page, mais over-blog fait toujours un peu des siennes avec les gros articles. Et puis, avec tout ça, bon week-end, et bonne lecture (si j'ose dire: à votre place j'irais acheter l'Equipe plutôt).

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9 janvier 2009 5 09 /01 /janvier /2009 03:40

Voici un petit dialogue philosophique, qui vaut bien celui des pochtrons du PMU d’en bas, voire les socrateries popularisées par Platon : soit l’humanité n’a pas progressé depuis 2500 ans, soit je n’ai jamais rien compris à Socrate qui a toujours été pour moi le plus grand des Sophistes qu’il fustigeait pourtant. Ca fera oublier mon manque d’inspiration du moment. Au menu, Obama, antisémitisme, théorie du complot, Sarkozy, la crise économique etc, le tout servi chaud par deux demeurés d’accord sur rien. Du lourd: je prévois que vous n’allez pas utiliser de Prozac ce soir.  

Deux protagonistes :

Un jeune rebelle, vous savez les rebelles d’école d’ingénieur, pseudo-anars qui portent un foulard en peau de burne de chamois, qui se laissent pousser la barbe et passent leurs journées a fumer des pétards ou boire de la bière. Attention, je ne critique pas, j’étais un peu comme ça aussi à l’époque (moins le foulard afghan que j’ai toujours trouvé ridicule et la barbe pour cause de déficience capillaire). Une petite différence quand même: j’avais conscience d’être plutôt privilégié, et je ne branlais rien en accord avec moi-même. Je me foutais un peu de la gueule des «polards » (les bosseurs) parce qu’il faut assumer son statut de rebelle, fut-ce la version aseptisée école d'ingé, mais je ne donnais pas des leçons de morale à tout va accoudé derrière mon comptoir ni ne me posait en anti-système appelant à la révolution (posture qui lorsqu’on est futur ingénieur a 50 keuros/an, m’a toujours un peu fait rigoler). Et puis je ne suis jamais allé pleurer devant l’administration parce que je m’étais fait déboîter à un exam, avant d’expliquer à la terre entière que ces enfoirés m’en voulaient personnellement et m’avaient jamais prévenu que si je bossais pas un minimum j’aurai peut-être des soucis en fin d’année.
Nous l’appellerons JR (comme jeune rebelle, pas comme le personnage de Dallas)

Et moi, apolitique de droite, ou socialiste égoiste, comme vous préférez.

 

Premier épisode: Notre jeune rebelle  poste une vidéo de Jacques Cheminade, ancien haut fonctionnaire au Ministère des Finances, actuellement président d’un parti alternatif (Solidarité et Progrès). Dans cette vidéo, Cheminade se tripote allègrement car il aurait prévu la crise financière dès 1995. Dans une autre vidéo, on le présente en victime expiatoire des média inféodés aux grands partis. Classique, ça commence bien.

Je soulève alors que le mouvement de Monsieur Cheminade est défini comme « à tendance sectaire » par l’UNADFI, pourtant habituellement pas réputé pour son intransigeance.

-          JR : Putain Mix, t'es trop fort, tu sais relayer les accusations de Wikipédia comme un bon gros mouton. Tu sais que tout homme accusé d'Hitler n'en est pas forcément un et que par contre c'est LE meilleur moyen de discréditer les gens qui dérangent (tuer est efficace aussi)? (NdeMix : ça commence sur les chapeaux de roues, vous ne trouvez pas ?)

-          Mix : La contraposée c'est que tous les mecs qui, comme ils le disent eux-mêmes et comme le croient les trois benêts qui les suivent, "dérangent" (alors qu'en fait tout le monde s'en branle parce que personne ne les connait) et qui se disent victimes des méchants (i.e. le pouvoir en place, la CIA ou les extra-terrestres) ont quand même souvent des idées de merde (négationnisme, mais pas que: ça peut être anti-islamisme aussi).
Ce qui est rigolo, c'est que l'extrême gauche a une longue tradition d'antisémitisme: ça s’est exacerbé avec le conflit israélo-palestinien où les palestiniens sont les gentils opprimés et les israéliens les méchants riches soutenus par les salauds de ricains. Mais ça remonte à bien avant. Des la fin des années 60 les mecs de la Vieille Taupe (Guillaume, Rassinier) énonçaient les théories suivantes: en gros, la seconde guerre mondiale et les camps de concentration sont un leurre bourgeois (et le Juif c'est le Bourgeois, l'Argent) pour retarder l'inévitable révolution prolétarienne: hop la, alors que les prolos allaient se révolter, paf 50 millions de morts et le capitalisme repart à 0 (ils sont malins ceux qui tirent les ficelles quand même, et ils lésinent pas sur les moyens). Pire que ça après, les gens sont gentils avec les Juifs, ce qui leur permet à ceux qui sont pas morts de retourner à leurs projets de domination mondiale. Et comme en plus ils sont pas vraiment morts parce que c’était du cinéma tout ça, les Juifs peuvent aller créer Israël pépères. Ca a l'air con comme ça mais apparemment y en a qui en sont persuadés : le négationnisme est né.

-       Merci : les liens cachés des méchants mouvements ouvriers avec le monstre puant du fascisme... tu éclaires ma lanterne, je comprends beaucoup mieux le monde dans lequel je vis grâce à toi!
Donc il y a un complot mondial de négationnistes probablement alliés avec les méchants musulmans d'Al-Qaeda et le méchant Ahmadinejad qui veut "rayer Israël de la carte"; surement des descendants des antidreyfusards et des auteurs du Protocole des sages de Sion.
Bref des gens qui veulent nous ôter notre liberté comme dirait l'ami Bush.
Et concernant la crise actuelle, ce n'est du qu'à une petite poignée de fauteurs de troubles, de "mauvais banquiers" localisés aux États-Unis (par opposition aux bons banquiers), mais on se charge de les punir... et réjouissez vous Obamaaaa est élu, il va sauver le monde.
Mix tu te rends compte que je viens juste de poster une vidéo d'un homme de l'intérieur, ENArque aux finances sous Pompidou, Giscard, qui a pas l'air d'ultra gauche, qui critique le système, qui avait annoncé la crise dès 1995, qui décrypte la supercherie actuelle et préconise des solutions; et toi tu me balance les mots-anathèmes antisémite et négationniste avant même d'avoir regardé! tout ça parce que t'as vu ce que je ne sais pas quel banquier ou politique ennemi a mentionné sur sa page justement pour que tout le monde ait la même réaction d'abruti programmé que toi.
Regarde! cette vidéo est un acte citoyen, et tu te sentiras surement assez con d'avoir réagi comme ça a priori parce que ça parle de rien qui ait un quelconque rapport avec le judaïsme, (mais je te fais confiance pour en trouver quand même)
Ta réaction est à peu prés aussi stupide que celle des Illuminatistes d'internet qui croient que Lucifer est derrière tout ça. Bordiga le fondateur du PCI disait que le fascisme et l'antifascisme sont des concepts inventions de la bourgeoisie pour détourner le prolétariat de sa véritable lutte, et pour qu'ils passent leur temps à se traiter de fascistes les uns les autres, et à croire que c'est l'homme qui est mauvais par nature, jamais les systèmes politiques qui le corrompent.
Tendance qui s'accélère sur internet, il t'a pas phallus plus d'un post pour sortir ton point Godwin.
Pars pas du principe que t'as raison, expérimente et fais toi ton opinion, et si t'as des lectures à me proposer que tu juges pertinentes, je serais intéressé à les lire, tant que tu me sors pas les écrits des pseudo-philosophes du pouvoir décérébrant type Finkelkraut, Redeker, BHL avec qui tu sembles être d'accord...

-       Eh ben ça s'arrange pas.
Mon post précédent n'avait pas de rapport spécial avec Cheminade dont je n'ai rien a battre mais était plus général ou juste pour parler, au choix.
Je n'ai rien lu de Finky ni BHL ni Redeker (je suis pas convaincu d'ailleurs que les trois aient grand chose a voir entre eux mais niveau amalgames on est plus a ça près), sur le sujet extrême gauche - antisémitisme il y a pas mal de bouquins de Vidal-Nacquet sur le sujet (ou Valérie Igounet ou Florent Brayard).
Pour revenir a Cheminade, il a été condamné trois fois par la justice dont deux fois pour fraude fiscale ou équivalent et une fois pour diffamation (lui aussi a eu un point Godwin). Sa réponse est a chaque fois qu'il est condamné a cause du "regain d'une campagne d'acharnement en raison de ses prises de position et de sa dénonciation sans ambiguïté d'initiatives visant à démanteler les moyens de l'État-nation France. ». Ce genre d'arguments paranos a la mords moi le zboub (qui a intérêt a faire taire un mec déjà inaudible qui fait bravement 0.17% aux municipales de Paris?) me rassure pas franchement sur le sérieux du monsieur et me donne pas envie d'écouter ses conneries sur la crise actuelle (super, il l'a annoncé en 1995, personne d'autre au monde n'avait vu venir la merde causée par l'ultra-libéralisme). Quant aux mecs qui pètent un câble a un moment de leur carrière ils sont légions (voir les commentaires de C. Allegre sur le réchauffement climatique ou de Watson sur les nègres).
Et pour conclure, j'ai arrêté les actes citoyens tels que "éteindre ma lumière 1 minute par an" ou "regarder des vidéos engagées sur Dailymotion". Ou de signer les pétitions pour sauver les victimes du complot de l’administration qui cherche à virer de façon dégueulasse les mecs qui ont 10 de moyenne au lieu des 12 réglementaires.
Croire a priori que l'élection d'Obama va tout changer est surement aussi con que de penser a priori que de toute façon c'est un pourri suppôt du Grand Capital. Avoir l'espoir que les USA et le monde changeront un peu, en mieux, ça fait pas de mal.

-     Voila, débat stérile à base d' opinions personnelles sur des gens qu'on connait même pas en parlant jamais des idées en elles mêmes, et à base de moi j'suis un aaancien, une individualité accomplie, la crise, la politique, ça ne me concerne pas, j'ai rien compris, j'ai jamais étudié trop occupé à ma science, mais j'ai réponse à tout, et je ferai un post plus long que toi...
Laissons tomber veux-tu, c'est plus de notre âge.
Et la crise me concerne, et devrais nous concerner tous, des lors qu'elle fout même juste un seul mec à la rue... Et là ça sera ni un seul, ni confiné à l'Europe, et ton beau systeme capital-libéral que tu défends si ardemment va provoquer plus de morts que les goulags russes et les chambres à gaz réunis, sans même avoir besoin d'idéologie pour cela, la loi du profit se suffit a elle-même.
Tu te rends compte que tu t'adjuges le rôle de "grand Inquisiteur" autoproclamé ... et que tu fait pas avancer les débats?

-     Je sais pas je te donne des lectures comme tu demandais c'est déjà pas mal.
J'ai d'autre part jamais déconseillé de regarder la vidéo je dis juste qu'elle m'intéresse pas et que le mec dedans a pas forcément un statut super crédible c'est tout (parce que bon, Internet c'est bien beau mais faut quand même se renseigner sur les sources un minimum). J'inquisitionne personne mais j'aime bien mettre le doigt sur la merde. C'est pareil pour la longueur des messages: ils sont longs parce que j'essaie de répondre point par point, pas pour faire genre. Je pourrais aussi répondre "arrête de raconter de la merde, parce que les jeunes ingénieurs qui se la jouent révolutionnaire en profitant bien du système qu'ils conchient c'est pathétique" ou "tous des pourris de toute façon lol" mais bon, ça perdrait un peu de sel.

C'est vrai que, je cite, "et là ça sera ni un seul, ni confiné à l'Europe, et ton beau système capital-libéral que tu défends si ardemment va provoquer plus de morts que les goulags russes et les chambres à gaz réunis" ça c'est du subtil qui fait avancer le débat.

Alors je réponds du tac au tac: Moi je trouve que si la crise financière amène deux-trois traders a se rendre compte qu'ils font un boulot de merde et a se lancer dans la prêtrise, c'est un mal pour un bien.

Sinon je suis allé me balader sur le site de Progrès et Solidarité et en première page il y a un article qui sur la foi d'un documentaire de la chaine anglaise Channel 4 (qui ne cite aucune de ses sources mais ça doit être fait exprès pour ne pas assommer les moutons) nous annonce que la théorie du réchauffement climatique anthropique est en fait un complot (décidément) pour faire passer des lois inhumaines et liberticides. Je fais mon mea culpa, en voila des gens bien qui sont pas des moutons et qui savent regarder avec leurs yeux.
Tiens, une autre lecture: Pierre-André Taguieff, L'Imaginaire du complot mondial, 2006. 
 

-     La campagne américaine a duré 2 ans (sur 4 ans de mandat!, la démocratie américaine, c'est 50% de campagne électorale médiatique, et 50% de ... préparation de la campagne d'après, ou bien de scandales à base de cigare dans la chatte). Le mec élu Obama était inconnu à peine quelques mois avant le début de cette même campagne.
C'est comme une émission de téléréalité qui durerait deux ans, et à l'issue de laquelle on aurait oublié même qu'on était en train de regarder une simple  émission de téléréalité, donc montrant tout sauf la réalité, puisqu'il y des caméras.
Vivre de l'intérieur une campagne hystérique, et qui n'a plus grand chose à voir avec le sens du mot démocratie, mais beaucoup plus avec la délation, les techniques (maintenant très au point) de marketing, de pub, le mensonge institutionnalisé... je suis pas sûr que ce soit un gage d'opinion juste.
A moins qu'on soit plus conscient sous hypnose?

Je t'avais demandé de ne pas me citer un mec de la bande à Finkel, BHL, Redeker, ça a pas manqué...

Si tu veux jouer à seulement donner des opinions à propos des personnes et pas des idées, je peux jouer aussi...
Redeker attise la haine des arabes dans les médias, à la TV, comme on attisait la haine des juifs il y 1 siècle, il pense que les émeutes dans les cités sont l'oeuvre de petits sauvageons éduqués dans la haine et la violence prônés par l'Islam (dont la plupart se branlent profondément au passage), bref le genre de discours qui nous amènent à trouver normal de guerroyer à tout va contre les méchants arabes islamistes sous des prétextes fallacieux, et pour des raisons économiques cachées (et pour ça pas besoin de complot, il suffit juste de pas en parler!).
Le "Cercle de l'Oratoire", créé en 2002 par les enfants de Bush en france, et dont fait partie Taguieff, est un de ces think tank qui n'ont eu de cesse de soutenir le Pouvoir en place depuis le 11 septembre 2001.
Taguieff, conseiller au CRIF par ailleurs,et rapporteur de Borloo et Luc Ferry... a signé en 2005 l'appel contre le "racisme anti-blanc" avec Finkel, Kouchner et cie!
Chacun ses combats! après le leurre de l'antiracisme, celui de l'anti"racisme anti-blanc", je sais pas jusqu'ou ils vont aller dans le néologisme pour nous diviser, et nous détourner de la chose véritable qu'il faut surveiller: le Pouvoir, les pouvoirs institués par l'homme.
Celui que nos ancêtres ont institué pour créer une société humaine viable, et qui a tendance ces temps ci à se nier lui même, ainsi que ses effets néfastes, et à rejeter toute la faute sur la Nature humaine( à peu près le seul facteur qu'on ne pourra jamais changer); tout en démantelant absolument tout ce qui a fait notre société dans ses bon côtés (Hopitaux, Ecole, Recherche publique, Minima sociaux, protection sociale, santé.., et même repos hebdomadaire, RTT des cadres, jours fériés, droit de grève, liberté d'expression, droit d'être jugé équitablement............), donc en créant les conditions d'un chaos.
Donc voilà ...La revue "Le meilleur des mondes" créé en 2006 avec Taguieff, Val de Charlie Hebdo(!), Adler, Sorman, Pol Droit, bref que du lourd, a été le principal soutien de Redeker, harcelé par les méchants narabes tueurs d'enfants. Et je peux citer des bouquins aussi:
- Emmanuel Lemieux, Pouvoir intellectuel : les nouveaux réseaux, Paris, Édtions Denoël, 2003
- Emmanuel Poncet, « L'anti-anti. Portrait de Pierre-André Taguieff », dans Libération, mardi 5 avril 2005
- Elisabeth Schemla et Pascal Boniface, Halte aux feux. Antisémitisme, Médias, Islamophobie, Communautarisme, Banlieues..., Paris, Flammarion, 2006
- Guillaume Weill-Raynal, Une haine imaginaire ? Contre enquête sur le « nouvel antisémitisme », Paris, Armand Colin, Paris, 2005
- Sébastien Fontenelle, La position du penseur couché : Répliques à Alain Finkielkraut, Paris, Éditions Privé, 2007

On est vachement plus avancés maintenant , mais je vous laisse à votre débat sur

"est ce que l'homme est SEUL responsable du changement climatique?" qui est une question quasi métaphysique, mais à laquelle la Science a trouvé apparemment réponse définitive après le film du démocrate américain Al Gore! la réponse étant, que OUI l'homme est seul responsable, et on doit donc tous arrêter de péter pendant que nos dirigeants nous concoctent une solution de derrière les fagots.
Ce qui ne me gênerait pas en soi, si ça menait à une vraie prise de conscience écologique, et pas seulement, dans la réalité du monde réel donc politique, à la simple mise en marché du Carbone, donc de la pollution, et à quelques bonus-malus.
Mécanisme finalement un peu similaire à la mise en marché du risque lié à la contraction d'une dette, à l'origine de la crise de 2007: on ne s'occupe pas de limiter les causes produisant les effets néfastes, on se contente de vendre notre propre merde, un peu comme Manzoni l'artiste italien précurseur.
et Mix, si tu me réponds, et je sais que tu vas me répondre, apprends moi quelque chos.
S'il te plait, trouve un truc autre que antisémiiiite, négationniste de la Shoah, négationniste du réchauffement climatique, adepte de "La théorie du Complot" selon laquelle nous ne serions pas libres ! scoop!! hé oui nous ne sommes pas libres "à priori", il faut nous désenchainer premièrement de la "Force du Préjugé" que dénonçait ton ami Taguieff à l'époque ou il se disait de gauche, avant de devenir un des ces néoconservateurs, philosophes de service du Pouvoir, et d'utiliser à son tour le pouvoir du préjugé à son compte et à celui de ses boss.
Autrement dit, Taguieff n'est qu'un nègre littéraire du Roi.
Que tu cites, sûr de toi, et de son intégrité, par opposition à Cheminade, qui a laissé les étudiants qui s'occupent de son site web passer un reportage sur l'exploitation politique du réchauffement, ce qui bien entendu discrédite son discours sur la crise financière.
Et en plus il se vante d'avoir compris, le salaud! et toi tu fais quoi sinon te vanter de dire que tu as compris que je n'ai pas compris. 
 

-     Juste une remarque, parce que je voudrais pas te décevoir: quand un mec dit des trucs intelligents, je regarde pas son pedigree politique pour savoir s'il est de gauche ou de droite, néocon ou s'il fait partie du think tank machin bidule.
A priori, la connerie et/ou l'intelligence s'arrêtent pas a la gauche de la gauche ou a la nouvelle droite. Justement si le mec est relativement intelligent, il essaie d'être surtout objectif (après c'est sur que les perceptions politiques influent sur la perception qu'on a du monde, et donc l'objectivité c'est finalement quelque chose de très subjectif, mais il est quand même possible de ne pas trop verser dans l'idéologie: malheureusement pour les révolutionno-anarcho-trotsko-blaireaux ou les nationalo-xénophobo-connos qui se rejoignent dans l'anti-tout - il n'y a qu'eux qui ne se rendent pas compte que même s'ils s'aiment pas, ils sont pareils en fait- c'est pas facile).
Un exemple qui m'avait frappé, a l'époque du CPE et lors d’un débat télévisé à son propos: je pense être de gauche (même si pour toi je suis visiblement un néocon -tiens il y a con dans néocon- pour le fait d'avoir écrit "antisémitisme"), ça n'empêche qu'il m'a bien fallu admettre, après 1h de pauvreté intellectuelle affligeante, que le seul mec qui racontait des trucs intéressants était un patron de PME, se qualifiant de droite. Ce qui suffisait a le rendre inaudible par la grâce de tous les puceaux sauvages avec leurs foulards en peaux de fesses de caribous présents dans la salle. J'avais trouvé ça un peu dommage.
Autre exemple, que tu apprécieras peut-être: Finkelkraut est un bon gros conservateur pour lequel je n'ai pas spécialement de respect, qui a à mon sens raconté pas mal de conneries notamment a l'époque de la crise des banlieues, ça l'empêche pas de dire des trucs pas plus cons que d’autres sur l'éducation. 
Alors voila, je sais pas si Taguieff (ou Finky ou n'importe quel autre) est un "nègre de Sarkozy" mais il écrit des choses intéressantes sur certains sujets (ce qui l'empêche surement pas de raconter des conneries sur d'autres sujets) dont les théories du complot, contestables surement mais pas seulement avec l'argument "de toute façon c'est un salaud de néocon a la botte de Bush". Enfin, bon, c'est mon idée hein (en gros c'est un peu du délit de sale gueule mais pas de la tienne en propre, plutôt de celle pour qui tu votes, surtout s'il est de droite: histoire que tu me lises jusqu'au bout, je n'ai pas voté Sarkozy aux présidentielles - mais bon j'avoue je n'ai pas voté Shivardi non plus).
Pour revenir a Cheminade, j'ai craqué au bout d'une demi-heure, voir un vieil homme content de lui se sucer ça finit par lasser. J'imagine que les solutions sont néanmoins très intéressantes, même si effectivement laisser "ses étudiants" gérer le site de son association et y poster des conneries le discrédite un peu, je trouve (sans parler de la vidéo précédente ou on nous explique que c'est une autre victime des médias inféodés au pouvoir en place).
Allez un dernier conseil, arrête de lire Orwell, Huxley ou Zamiatine, je crois que ça te porte un peu au cerveau.

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20 octobre 2008 1 20 /10 /octobre /2008 16:23

Soeur Emmanuelle est morte aujourd'hui, a moins d'un mois de son centieme anniversaire.
J'avais vu ce bout de femme tout fripé il y a quelques années dans une émission quelconque a la télé, et elle m'avait fait chialer. A 95 balais bien tassés, elle m'avait retourné le coeur. Vive d'esprit, pleine de réparties, touchante dans son évocation des bidonvilles du Caire ou elle passa 20 ans de sa vie, mais aussi lucide sur ses travers (sa petite vanité qui la poussait a se montrer dans les medias) et surtout sur les tourments du croyant, sur la folie de notre monde qui parfois fait chavirer la foi la plus authentique. Elle racontait je crois, ses prieres a Dieu, ne comprenant pas quel était le dessin divin vis a vis de ces chiffoniers. Elle évoquait aussi ses "tourments charnels" avec une grande honneteté.

C'est en l'écoutant que pour la premiere fois, moi petit athée (ou agnostique pour faire joli) me suis dit que la foi ne conduisait pas qu'a l'Inquisition, au 11 septembre, a l'excision, a l'inceste ou a la polygamie. Que la foi, ce n'était pas simplement une conception de petits bigots qui vont laver a peu de frais leur conscience en allant hypocritement anonner quelques prieres a la messe de minuit. Que les véritables représentants de la foi, ce n'était pas les Borgia, Pie 12 ou Khomeini.

La foi, chez les justes, permet de sacrifier sa vie pour ceux qui sont démunis. Sans ressentir ce sacrifice comme tel, mais au contraire le vivant comme une transcendance. Je pense que c'est un "don", meme si, comme tous les dons il doit etre entretenu par l'ascese pour s'exprimer pleinement. Ce don du sacrifice, cette vie au service des autres, semble conduire paradoxalement a un bonheur que peu d'entre nous peuvent connaitre. Malgré le pognon, les gonzesses, les bagnoles, le foot ou meme le pinard.
 
L'abbé Pierre, Soeur Emmanuelle... et leurs pairs, lorsque je les écoute ou simplement les vois, m'émeuvent profondément, et me font ressentir avec acuité mes petits travers et mes gros égoïsmes, et ceux de mes semblables.

Je ne crois malheureusement pas que le Paradis existe, mais si je me trompe il compte depuis aujourd'hui un membre de plus.

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26 septembre 2008 5 26 /09 /septembre /2008 15:18

Bien que lisant beaucoup, je fais généralement assez peu de réclame pour les ouvrages que je lis.
C'est en partie du au fait, que, comme tel personnage d'un roman - que je ne recommanderai pas - terminé assez récemment, parce que j'ai toujours beaucoup de mal a accepter les conseils littéraires qu'on peut me donner. Je n'ai aucune explication a la chose, mais il s'avere que lorsqu'on me recommande un bouquin, ou lorsqu'on m'en offre (sauf cas particulier ou j'ai agrée l'achat), s'opere un blocage psychologique qui m'empeche de lire le-dit bouquin pendant un laps de temps conséquent. J'ai besoin de découvrir moi-meme romans ou écrivains, que ce soit en flanant dans une librairie, ou par le biais d'autres lectures (oui, quand c'est un écrivain que j'aime bien qui en recommande un autre dans un texte que je lis, la ça ne me dérange pas).
Du coup, charité bien ordonnée commençant par soi-meme, j'évite de faire aux autres ce que je n'aime pas qu'ils me fassent. Toutefois, comme la littérature est une de mes passions, qu'il est difficile de ne jamais évoquer ses passions, et que je suis un peu aussi un petit vaniteux qui aime bien étaler sa maigre culture, il m'arrive de déroger a cette regle, comme mes 5 fideles lecteurs ont pu le constater en ces pages. Surtout s'il ne s'agit pas d'un roman. Les essais de tous genres sont des lectures plus "immédiates", ou moins intemporelles, qui ne rentrent pas dans le schéma de culture globale que j'essaie de me construire.

Ainsi, aujourd'hui, je vais évoquer un ouvrage de Marc-Vincent Howlett, "Triomphe de la vulgarité". C'est un ouvrage assez court, qui se situe aux frontieres entre le traité philosophique, l'analyse politique, et le pamphlet. Howlett est un agrégé de philo, qui a aussi donné dans la psychanalyse et l'anthropologie, themes abordés dans l'essai.
Plutot qu'un long discours, je vais procéder a quelques citations: quelques passages m'ont particulierement interpelé, du coup autant vous les faire partager si j'arrive a les retrouver. Et puis ça pourra toujours me resservir plus tard, qui sait. 
Sachez juste que ce livre parle de l'élection de Nicolas Sarkozy et de ses premiers mois de mandat (avec un titre pareil on s'en serait douté), et qu'au-dela il propose une analyse de la société française contemporaine. Je n'approuve pas tout (notamment sa conception de la défaite de Segolene Royal), et certains passages m'ont semblé un brin abscons* (l'analyse de Mai 68), mais dans l'ensemble la réflexion est intéressante, bien documentée et a mon gout plutot lucide, l'engagement politique n'otant pas tout objectivite a l'auteur. Bien sur, si idéologiquement vous vous situez dans les memes eaux que la frange dure des Républicains, ça vous semblera un monceau de conneries. Mais j'ai dans l'idée que si tel est le cas, vous n'etes de toute façon pas un grand lecteur de pamphlets politiques (ni de quoi que ce soit d'ailleurs). La probabilité que vous tombiez dessus (et probablement sur mon blog) restera donc assez mince.

Ceci étant dit, les citations promises:

-  Les vertus de l'argent, la haine de l'étranger, le mépris pour les fonctionnaires et le savoir (et plus particulierement pour tous les intellectuels), la paranoïa sécuritaire, la haine des effets de la misere et son déni, la distance avec le peuple, l'opprobre jeté sur les assistés, l'autre considéré comme fainéant, profiteur, etc: ces passions politiques peuvent avoir leur origine dans le propre de la condition humaine. Mais toutes, quand elles sont habilement gérées par les politiques, nous conduisent au pire: le fascisme en période de grave crise démocratique, et la vulgarité dans les moments de la médiocratie démocratique.

- "Au fond, ce qu'on sent aujourd'hui a la vue du travail, c'est qu'un tel travail constitue la meilleure des polices, qu'il tient chacun en bride et s'entend a entraver puissamment le développement de la raison, des désirs, du gout de l'indépendance. Ainsi une société ou l'on travaille dur en permanence aura davantage de sécurité: et l'on adore aujourd'hui la sécurité comme la divinité supreme." Nietzsche, Aurore (1881, tout de meme...)

- "Nous ethnologues et anthropologues, dont la discipline a vocation comparative fonde son corpus de connaissances sur les questions de l'altérité et de l'identité, tenons a affirmer que la notion d'identité nationale ne saurait avoir de validité scientifique. Elle est une construction sociale imaginaire, qui, sous couvert d'unité, tend a renforcer les divisions, les discriminations et les inégalités. A travers le monde et les époques, les exemples que nous observons montrent que lorsque l'Etat s'empare de ce theme, c'est partout une incitation directe au mieux a la xénophobie, au pire a des violences entre groupes d'origine différentes..." Communiqué de l'AFA (association française des anthropologues), mai 2007.

- Il est certain qu'aujourd'hui se dessine la volonté de définir la justice en fonction des victimes, de leur soutien. Dérive fondamentale, des lors que l'on suppose la justice moins comme une réponse a une victime que comme l'affirmation de la nécessité, pour toute société, de penser en termes de collectivité. Or la victime ne peut avoir un regard neutre sur ce qu'elle est en mesure de réclamer: elle demande une solution immédiate, supposée combler la béance que le délit a ouverte. Cette immédiateté pousse le plus souvent a la radicalité, au point meme, puisque nous sommes tous des victimes en puissance, de recourir au seul droit pour désamorcer le danger de nos relations sociales. Comme l'a écrit Michéa, "le droit doit etre conçu comme, d'une part, le cadre général des relations humaines concretes, et d'autre part comme l'ultime instance a laquelle on doit se référer lorsque les différends et les conflits ne peuvent plus etre réglés au niveau primaire de l'existence sociale. Quand par conséquent le droit en vient a fonctionner comme un recours normal, voire préalable - quand en d'autres termes la menace de proces réciproques devient une forme ordinaire de la civilité - on entre alors dans le regne des individus procéduriers et dans la tyrannie du droit".

Voila. Et si ça vous intéresse, c'est aux Editions de l'Olivier pour le prix d'environ deux films sur le mal-etre des trentenaires dans n'importe quel cinéma.

* Il est vrai que, a l'instar de nombre de philosophes, l'auteur emploie frequemment des tournures pour le moins ampoulees, lourdeur grammaticale et jargon philosophique inclus. J'ai parfois l'impression que les philosophes aiment a volontairement complexifier leur discours. J'y vois deux raisons: la premiere c'est qu'ils ne savent pas ecrire, et que du coup ecrire complique ca masque un peu la chose. La seconde, c'est que c'est leur boulot de nous faire adherer a la surpuissance de leur pensee. Du coup, j'imagine qu'une pensee facile a comprendre et exprimee avec des mots simples, ca impressionne moins qu'une pensee qui necessite 25 neologismes par phrase. A la decharge de l'auteur, ayant passe la majorite des cours de philosophie de mon existence a jouer a la bataille navale, je manque aussi de references basiques dans le domaine: c'est bien simple, quand on me parle Descartes, je pense (donc je suis) belote.

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