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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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26 septembre 2008 5 26 /09 /septembre /2008 15:18

Bien que lisant beaucoup, je fais généralement assez peu de réclame pour les ouvrages que je lis.
C'est en partie du au fait, que, comme tel personnage d'un roman - que je ne recommanderai pas - terminé assez récemment, parce que j'ai toujours beaucoup de mal a accepter les conseils littéraires qu'on peut me donner. Je n'ai aucune explication a la chose, mais il s'avere que lorsqu'on me recommande un bouquin, ou lorsqu'on m'en offre (sauf cas particulier ou j'ai agrée l'achat), s'opere un blocage psychologique qui m'empeche de lire le-dit bouquin pendant un laps de temps conséquent. J'ai besoin de découvrir moi-meme romans ou écrivains, que ce soit en flanant dans une librairie, ou par le biais d'autres lectures (oui, quand c'est un écrivain que j'aime bien qui en recommande un autre dans un texte que je lis, la ça ne me dérange pas).
Du coup, charité bien ordonnée commençant par soi-meme, j'évite de faire aux autres ce que je n'aime pas qu'ils me fassent. Toutefois, comme la littérature est une de mes passions, qu'il est difficile de ne jamais évoquer ses passions, et que je suis un peu aussi un petit vaniteux qui aime bien étaler sa maigre culture, il m'arrive de déroger a cette regle, comme mes 5 fideles lecteurs ont pu le constater en ces pages. Surtout s'il ne s'agit pas d'un roman. Les essais de tous genres sont des lectures plus "immédiates", ou moins intemporelles, qui ne rentrent pas dans le schéma de culture globale que j'essaie de me construire.

Ainsi, aujourd'hui, je vais évoquer un ouvrage de Marc-Vincent Howlett, "Triomphe de la vulgarité". C'est un ouvrage assez court, qui se situe aux frontieres entre le traité philosophique, l'analyse politique, et le pamphlet. Howlett est un agrégé de philo, qui a aussi donné dans la psychanalyse et l'anthropologie, themes abordés dans l'essai.
Plutot qu'un long discours, je vais procéder a quelques citations: quelques passages m'ont particulierement interpelé, du coup autant vous les faire partager si j'arrive a les retrouver. Et puis ça pourra toujours me resservir plus tard, qui sait. 
Sachez juste que ce livre parle de l'élection de Nicolas Sarkozy et de ses premiers mois de mandat (avec un titre pareil on s'en serait douté), et qu'au-dela il propose une analyse de la société française contemporaine. Je n'approuve pas tout (notamment sa conception de la défaite de Segolene Royal), et certains passages m'ont semblé un brin abscons* (l'analyse de Mai 68), mais dans l'ensemble la réflexion est intéressante, bien documentée et a mon gout plutot lucide, l'engagement politique n'otant pas tout objectivite a l'auteur. Bien sur, si idéologiquement vous vous situez dans les memes eaux que la frange dure des Républicains, ça vous semblera un monceau de conneries. Mais j'ai dans l'idée que si tel est le cas, vous n'etes de toute façon pas un grand lecteur de pamphlets politiques (ni de quoi que ce soit d'ailleurs). La probabilité que vous tombiez dessus (et probablement sur mon blog) restera donc assez mince.

Ceci étant dit, les citations promises:

-  Les vertus de l'argent, la haine de l'étranger, le mépris pour les fonctionnaires et le savoir (et plus particulierement pour tous les intellectuels), la paranoïa sécuritaire, la haine des effets de la misere et son déni, la distance avec le peuple, l'opprobre jeté sur les assistés, l'autre considéré comme fainéant, profiteur, etc: ces passions politiques peuvent avoir leur origine dans le propre de la condition humaine. Mais toutes, quand elles sont habilement gérées par les politiques, nous conduisent au pire: le fascisme en période de grave crise démocratique, et la vulgarité dans les moments de la médiocratie démocratique.

- "Au fond, ce qu'on sent aujourd'hui a la vue du travail, c'est qu'un tel travail constitue la meilleure des polices, qu'il tient chacun en bride et s'entend a entraver puissamment le développement de la raison, des désirs, du gout de l'indépendance. Ainsi une société ou l'on travaille dur en permanence aura davantage de sécurité: et l'on adore aujourd'hui la sécurité comme la divinité supreme." Nietzsche, Aurore (1881, tout de meme...)

- "Nous ethnologues et anthropologues, dont la discipline a vocation comparative fonde son corpus de connaissances sur les questions de l'altérité et de l'identité, tenons a affirmer que la notion d'identité nationale ne saurait avoir de validité scientifique. Elle est une construction sociale imaginaire, qui, sous couvert d'unité, tend a renforcer les divisions, les discriminations et les inégalités. A travers le monde et les époques, les exemples que nous observons montrent que lorsque l'Etat s'empare de ce theme, c'est partout une incitation directe au mieux a la xénophobie, au pire a des violences entre groupes d'origine différentes..." Communiqué de l'AFA (association française des anthropologues), mai 2007.

- Il est certain qu'aujourd'hui se dessine la volonté de définir la justice en fonction des victimes, de leur soutien. Dérive fondamentale, des lors que l'on suppose la justice moins comme une réponse a une victime que comme l'affirmation de la nécessité, pour toute société, de penser en termes de collectivité. Or la victime ne peut avoir un regard neutre sur ce qu'elle est en mesure de réclamer: elle demande une solution immédiate, supposée combler la béance que le délit a ouverte. Cette immédiateté pousse le plus souvent a la radicalité, au point meme, puisque nous sommes tous des victimes en puissance, de recourir au seul droit pour désamorcer le danger de nos relations sociales. Comme l'a écrit Michéa, "le droit doit etre conçu comme, d'une part, le cadre général des relations humaines concretes, et d'autre part comme l'ultime instance a laquelle on doit se référer lorsque les différends et les conflits ne peuvent plus etre réglés au niveau primaire de l'existence sociale. Quand par conséquent le droit en vient a fonctionner comme un recours normal, voire préalable - quand en d'autres termes la menace de proces réciproques devient une forme ordinaire de la civilité - on entre alors dans le regne des individus procéduriers et dans la tyrannie du droit".

Voila. Et si ça vous intéresse, c'est aux Editions de l'Olivier pour le prix d'environ deux films sur le mal-etre des trentenaires dans n'importe quel cinéma.

* Il est vrai que, a l'instar de nombre de philosophes, l'auteur emploie frequemment des tournures pour le moins ampoulees, lourdeur grammaticale et jargon philosophique inclus. J'ai parfois l'impression que les philosophes aiment a volontairement complexifier leur discours. J'y vois deux raisons: la premiere c'est qu'ils ne savent pas ecrire, et que du coup ecrire complique ca masque un peu la chose. La seconde, c'est que c'est leur boulot de nous faire adherer a la surpuissance de leur pensee. Du coup, j'imagine qu'une pensee facile a comprendre et exprimee avec des mots simples, ca impressionne moins qu'une pensee qui necessite 25 neologismes par phrase. A la decharge de l'auteur, ayant passe la majorite des cours de philosophie de mon existence a jouer a la bataille navale, je manque aussi de references basiques dans le domaine: c'est bien simple, quand on me parle Descartes, je pense (donc je suis) belote.

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9 septembre 2008 2 09 /09 /septembre /2008 03:08

Je n'ai pas pour habitude de militer, j'entends par la descendre dans la rue exprimer mon mécontentement (ni quoi que ce soit d'ailleurs), adhérer a des associations ou mouvements, ou signer des pétitions. J'essaie, autant que possible, d'éviter de parler de politique en ces pages (c'est pas toujours facile), tant il est vrai que, des qu'on aborde ce vaste sujet, on raconte illico beaucoup de conneries (le on est ici inclusif).

Donc, une fois n'est pas coutume, je donne ici, sans forcer la main a personne (comme si c'était en mon pouvoir), le lien pour la pétition afin d'obtenir l'abandon du fichier Edvige. Pour ceux qui ne savent pas ce que c'est, meme si j'ai de loin l'impression que ça a fait couler beaucoup d'encre, les infos officielles sont ici: http://www.service-public.fr/actualites/00930.html
(et il y a trois articles par jour dans le Monde depuis une semaine...)

Ceux qui estiment que toujours plus de caméras, de policiers et de fichiers résoudra l'insécurité, que puisqu'ils n'ont rien a cacher ils peuvent bien se retrouver fichés tant et plus, ou que puisqu'on est deja fiché de partout, une fois de plus ou de moins ne changera rien, ne signeront pas ce texte. Peut-etre meme se rejouiront-ils.
Ceux qui s'en foutent ... s'en foutent.
Ceux qui estiment que, puisqu'ils n'ont rien a cacher, l'on devrait leur foutre la paix plutot que de créer de plus en plus de boites noires ou on stocke tout et n'importe quoi, de leurs éventuelles actions politiques en passant par leur orientation sexuelle jusqu'a leur groupe musical préféré ou les stations de métro qu'ils fréquentent, selon des criteres de plus en plus flous et arbitraires, y jetteront peut-etre un coup d'oeil.

Je donne ce lien sans valider la loi de Godwin, sans tomber dans les poncifs de la Théorie du Complot (chere aux deux grands intellectuels que sont Bigard et Cotillard), et sans couleur politique (entre Olivier Besancenot et Laurence Parisot, on a rarement vu telle communion). Mais avec l'inquiétude du citoyen attaché, tel Florent Pagny, a sa liberté de pensée, voire meme a sa liberté de bouger, ou encore a sa liberté de niquer.

"Ceux qui peuvent renoncer à la liberté essentielle pour obtenir un peu de sécurité temporaire ne méritent ni la liberté ni la sécurité." Benjamin Franklin. 

Mais stop. C'est ici:

http://nonaedvige.ras.eu.org/

Et parce qu'il faut bien rigoler un peu (il ne reste plus grand chose d'autre), un vieux site a remettre d'actualité:
http://www.delation-gouv.fr/

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29 août 2008 5 29 /08 /août /2008 03:54

Je ne sais pas si vous lisez beaucoup de blogs. Moi non plus. A part les quelques uns ou j'ai mes habitudes, pas forcément au-dessus de la médiocre moyenne, mais bon, qui ne s'est jamais étonné de la stupidité profonde de certaines de ses habitudes?
Enfin bref, chez certains blogueurs qui ont le courage d'affirmer leurs opinions les plus incongrues, telles que "j'aime beaucoup Vincent Delerm" ou "je trouve que les hypocrites sont méchants", on peut souvent lire cette phrase introductive: "je sais que je vais choquer en écrivant ça, mais...".
Je sais que je vais choquer en écrivant ça, mais j'ai rarement lu assertion plus stupide, la platitude de l'expression étant un facteur aggravant mais pas essentiel.
D'une part, la suite n'est jamais choquante, car dans le petit monde des blogs, on est souvent plus proche du flamby que de la harissa. On touche donc le fond du ridicule lorsqu'on lit, par exemple: "je sais que je vais choquer mais parfois je trouve mes parents - ça marche aussi avec enfants- pénibles", ou "je sais que je vais choquer mais j'ai pas vraiment aimé le dernier album de Camille". Non seulement, le propos est inoffensif, mais il est enrobé de précautions linguistiques a faire hurler de rire les membres du PMRC, au sens de l'humour pourtant peu développé.
D'autre part, imaginons cas exceptionnel ou le propos le serait vraiment, choquant. Ne serait-il pas profondément affaibli introduit de la sorte? Imagine-t-on par exemple Elie Semoun déclarer "je sais que je vais choquer, mais les fours allemands sont tres bons, il faut dire qu'ils ont fait leur preuve". Ou Desproges: "je sais que je vais choquer, mais il y a plus d'humanité dans l'oeil de mon chien quand il remue la queue que dans la queue de LePen quand il remue son oeil". Non. J'ai une explication, elle est simple: eux ont du talent, contrairement a 99% des blogueurs qui feraient mieux de tenir un journal intime et secret (ou de plus simplement fermer leur gueule) plutot que d'exposer leurs mornes pensées d'un morne style toute honte bue, me faisant ainsi perdre un temps précieux a séparer le bon grain de l'ivraie.



P.S.: Quand je vois les proportions prises par l'affaire Siné pour ne prendre que l'exemple le plus récent, je finis par croire que le politiquement correct dans ce qu'il a de plus niais et d'extremiste est définitivement entré dans nos moeurs. Bientot, comme aux USA, histoire d'éviter tout proces, les propos tendancieux seront réservés aux émissions programmées en meme temps que les pornos, interdites aux moins de 17 ans et clairement annoncées comme "émissions comiques a ne pas prendre au premier degré, attention".

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26 août 2008 2 26 /08 /août /2008 03:35

Je l'ai, je crois, déja dit ici, je suis un peu fataliste. Pas franchement le fatalisme stoïcien que raille Diderot dans Jacques le Fataliste et qui nierait tout pouvoir a la volonté humaine.

Non, plutot un fatalisme a la Hugo, qui écrit dans les Miséroïdes: "Nous avons beau tailler de notre mieux le bloc mystérieux dont notre vie est faite, la veine noire de la destinée y reparait toujours". Pour paraphraser, l'Homme conduit sa vie, mais il reste soumis a des évenements, positifs ou négatifs, qui le dépassent, sur lesquels ses actions quelles qu'elles soient n'ont aucune influence. La chance, ou la malchance, se provoquent, mais ne se controlent pas...

Comme le dit Mario Vargas Llosa dans sa fort intéressante analyse des susmentionnés Misérables, La tentation de l'Impossible, il est amusant qu'un homme de la trempe d'Hugo, "poete, romancier, politicien, académicien, ..., amant multiple, dessinateur, ..., mentor et conscience de sa société, révolutionnaire de l'éthique et des moeurs de son temps" souscrive a ce genre de théories, alors que la "fatalité" semble avoir joué un role extremement mineur dans sa vie comparativement a "la volonté, le travail, le sacrifice, la discipline, la confiance en soi, l'ambition, l'imagination et bien sur une extraordinaire aptitude au maniement de la langue française". Vargas Llosa souligne qu'Hugo fut au contraire le genre d'homme qui plia le destin a sa volonté plutot que de s'y soumettre.
Mais la "veine noire" ne l'épargna pas, de l'exil a la noyade de sa fille Léopoldine lors du dernier mascaret ayant touché la Seine... Comme il l'écrivit a Juliette Drouet, il sut faire la part de la fatalité, écrivit quelques uns de ses plus beaux poemes pour la défunte, écrivit quelques une de ses plus belles pages pendant ses dix-sept années d'exil.

Laissons la Victor et revenons plutot a cette "philosophie de vie", finalement mélange de fatalisme et de déterminisme, qui me va bien car elle s'accorde a ma façon de voir le monde, ni noir ni blanc, mais plutot gris, plus foncé que clair.

En meme temps, est-ce que vous connaissez l'histoire de Steven Bradbury
Champion olympique de patinage de vitesse en 2002 a Salt Lake City, il fut repeché au stade des quarts de finale par disqualification du 2eme alors qu'il avait terminé 3eme, seuls les 2 premiers étant qualifiés. En demi-finale, bon dernier, une chute collective de trois patineurs dans le dernier tour lui permit d'accrocher la seconde place. En finale, bon dernier encore, une chute collective, encore, mais cette fois-ci des quatre autres coureurs de la course a quelques metres de l'arrivée fit qu'il passa la ligne en vainqueur, les favoris rampant misérablement derriere lui pour au moins accrocher le podium.




Eh bien, que pouvez-vous m'opposer? Le destin de ce gars la n'était-il pas d'etre champion olympique? Le destin de ce gars la n'a-t-il pas été plus fort que lui-meme, plus fort que tous ses concurrents, plus fort que toutes les lois de probabilité?
Alors? Vous ne croyez toujours pas au destin?

La premiere vidéo est un résumé des trois courses, la seconde est la finale en intégralité.
Quant a la vidéo ci-dessus, elle n'a rien a voir, mais elle me fait rire. C'était sans doute son destin aussi. Le probleme c'est qu'on choisit pas.



Ah et puis, désolé pour l'article qui, tel une mauvaise dissertation de lycéen, compte 5 lignes de citations pour 10 lignes de texte. Mais apres tout, j'ai passé l'age ou il me fallait faire semblant d'avoir une opinion personnelle: maintenant, quand des mecs brillants ont eu des idées brillantes, je l'admets, leur rend hommage et éventuellement m'en inspire. Ce qui est mieux que de tout leur pomper sans rien dire a personne.
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9 juillet 2008 3 09 /07 /juillet /2008 21:50
C'est rigolo quand meme. Un peu comme quand le toit de l'église s'écroule sur la gueule des croyants en pleine priere.

Je n'ai pas tout compris, mais de ce que j'ai lu de loin, il semble que la nouvelle loi sur le temps de travail soit surtout destinée aux cadres, qui perdent potentiellement un bon paquet de RTT.
Petite remarque avant d'aborder le coeur de mon article: ce qu'il y a de bien avec le gouvernement, c'est qu'ils veulent nous faire un systeme a l'américaine, mais avec seulement les inconvénients. Les avantages, ça sera surement pour une prochaine fois. Exemple: moins de vacances pour les cadres, comme chez l'Oncle Sam. Ok, mais ici, les salaires sont conséquents, les jours de vacances deviennent plus nombreux apres quelques années passées dans la boite, et les cadres bossent 40h/semaine et pas une de plus, le boulot reste le boulot. Exemple: financements sur projets pour la recherche. Ok, mais ici, il y a pléthore de financements possibles, pas regardant sur le montant.

Mais revenons a mon propos. 
Bizarrement, tous ces jeunes cadres dynamiques fraichement issus d'écoles de commerce ou d'informatique, prompts a mettre en avant leurs capacités phénoménales de travail, leurs compétences, et a stigmatiser ces feignasses de privilégiés de fonctionnaires ou de salariés et l'immobilisme de la France sclérosée par les 35 heures et les chomeurs vivant grassement des allocs payées par ceux qui se levent tot, le tout généralement pendant leurs trois semaines de vacances a Taïwan ou a Marrakech ou leur week-end prolongé a Geneve, tous ces jeunes cadres donc, disais-je, sont beaucoup plus vindicatifs lorsque c'est leur tour de se faire, comment dire... ah voila: enculer profond (apres les retraités, les chomeurs, les profs, les chercheurs, les étudiants etc... il ne reste plus grand monde). Il n'y a qu'a lire les réactions aux articles du Monde sur le sujet pour apprécier leur légitime désarroi. Ils en sont meme a vouloir se syndiquer, autant dire que la situation est grave, vu l'estime dans laquelle ils tiennent habituellement ces réacs de syndiqués.
Finalement, travailler plus pour gagner pareil, ça ne leur plait pas tant que ça (et pour beaucoup, ceux qui ont des gosses notamment, travailler plus meme pour gagner plus n'est pas non plus, en y réfléchissant un peu, prioritaire), et les beaux discours sur le valeureux effort national a accomplir pour redresser notre belle France n'est plus vraiment de mise.

Peut-etre que bientot ils dépasseront le syndrome franco-français du donneur de leçons "moi je suis super et les autres c'est des cons" (si vous ne voyez pas ce que je veux dire, je donne un bel exemple de ce comportement dans cet article) et intégreront l'idée que les coleres des autres catégories socio-professionnelles sont probablement aussi légitimes que les leurs, causées par des réelles régressions sociales, ou pour le moins par des "réformes" qui ne vont pas dans le sens d'un monde franchement meilleur. Bref, pas que pour faire chier et pas que pour s'accrocher a des "privileges" (attention ces 17 jours de RTT que les cadres ne veulent pas lacher, ce ne sont pas des privileges, mais une juste récompense pour leurs journées de ouf, 8h-20h avec seulement 2h de pause déjeuner en notes de frais et 2h de pause café a refaire la France).

Du coup, d'ici quelques mois, quand tout le monde sera bien mécontent, a part les purs et durs et Laurence Parisot, quand ce seront les plombiers français qui envahiront la Pologne et plus l'inverse, on pourra tous se réunir derriere la bicyclette blanche d'Olivier B. pour aller pendre Carlita Brubru avec ses cordes de guitare. En mai 2009?


Et si on réformait encore un petit coup?
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26 juin 2008 4 26 /06 /juin /2008 20:53
Je ne sais pas si cette vieille suceuse de La Fontaine a pompé cette fable sur Esope comme une grande partie des autres:

Un mal qui répand la terreur,
Mal que le Ciel en sa fureur
Inventa pour punir les crimes de la terre,
La Peste (puisqu'il faut l'appeler par son nom)
Capable d'enrichir en un jour l'Achéron,
Faisait aux animaux la guerre.
Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés :
On n'en voyait point d'occupés
A chercher le soutien d'une mourante vie ;
Nul mets n'excitait leur envie ;
Ni Loups ni Renards n'épiaient
La douce et l'innocente proie.
Les Tourterelles se fuyaient :
Plus d'amour, partant plus de joie.
Le Lion tint conseil, et dit : Mes chers amis,
Je crois que le Ciel a permis
Pour nos péchés cette infortune ;
Que le plus coupable de nous
Se sacrifie aux traits du céleste courroux,
Peut-être il obtiendra la guérison commune.
L'histoire nous apprend qu'en de tels accidents
On fait de pareils dévouements :
Ne nous flattons donc point ; voyons sans indulgence
L'état de notre conscience.
Pour moi, satisfaisant mes appétits gloutons
J'ai dévoré force moutons.
Que m'avaient-ils fait ? Nulle offense :
Même il m'est arrivé quelquefois de manger
Le Berger.
Je me dévouerai donc, s'il le faut ; mais je pense
Qu'il est bon que chacun s'accuse ainsi que moi :
Car on doit souhaiter selon toute justice
Que le plus coupable périsse.
- Sire, dit le Renard, vous êtes trop bon Roi ;
Vos scrupules font voir trop de délicatesse ;
Et bien, manger moutons, canaille, sotte espèce,
Est-ce un péché ? Non, non. Vous leur fîtes Seigneur
En les croquant beaucoup d'honneur.
Et quant au Berger l'on peut dire
Qu'il était digne de tous maux,
Etant de ces gens-là qui sur les animaux
Se font un chimérique empire.
Ainsi dit le Renard, et flatteurs d'applaudir.
On n'osa trop approfondir
Du Tigre, ni de l'Ours, ni des autres puissances,
Les moins pardonnables offenses.
Tous les gens querelleurs, jusqu'aux simples mâtins,
Au dire de chacun, étaient de petits saints.
L'Ane vint à son tour et dit : J'ai souvenance
Qu'en un pré de Moines passant,
La faim, l'occasion, l'herbe tendre, et je pense
Quelque diable aussi me poussant,
Je tondis de ce pré la largeur de ma langue.
Je n'en avais nul droit, puisqu'il faut parler net.
A ces mots on cria haro sur le baudet.
Un Loup quelque peu clerc prouva par sa harangue
Qu'il fallait dévouer ce maudit animal,
Ce pelé, ce galeux, d'où venait tout leur mal.
Sa peccadille fut jugée un cas pendable.
Manger l'herbe d'autrui ! quel crime abominable !
Rien que la mort n'était capable
D'expier son forfait : on le lui fit bien voir.
Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.

En tout cas, la morale n'a jamais vraiment été démentie depuis. A tel point que ça a fini par devenir légitime (au sens littéral). Du coup, c'est devenu un poil plus subtil aussi: maintenant, quand on est puissant et qu'on commet un gros crime, on peut etre coupable, mais la punition sera juste moins sévere que celle réservée a un misérable qui commet un petit crime. Si on en a les moyens, et c'est somme toute logique, mieux vaut voler un boeuf qu'un oeuf. Ou avoir des hommes de main plutot que de tabasser soi-meme une petite vieille.  

Par exemple, au hasard:
Un prof, apparemment un peu fragile psychologiquement parlant et qui a reconnu les faits, risque 5 ans de taule pour avoir giflé un gamin de onze ans qui l'avait traité de connard. Le pere du miard, un policier, a porté plainte pour "violences sur mineur de moins de 15 ans".
Noël Forgeard risque pour son délit d'initié (2.5 millions d'euros dans la poche pendant que le blaireau de base voyait une semaine plus tard ses trois actions se casser la gueule et ses perspectives de vacances a la Baule s'envoler en fumée) 2 ans de prison. Pour avoir presque coulé la boite et pris 8 millions et quelques pour daigner se barrer, il n'a aucun compte a rendre.

Vous me direz que ça n'a pas grand chose a voir et vous aurez raison. Mais personnellement, en toute subjectivité et sans aucune notion de droit, puisqu'on en est a parler de tarte dans la gueule, il y en a un qui, a mon humble avis, en mériterait quelques unes de plus que l'autre (surtout quand, non content de prendre le pognon, il se permet en plus sans vergogne de la ramener en jouant la pucelle effarouchée). 
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20 juin 2008 5 20 /06 /juin /2008 15:21
Certains, comme un moustachu qui aime bien passer a la télévision, arrachent des plans de maïs transgénique ta mere ou défoncent un Mc Do avant d'aller se faire défoncer autre chose en passant par la case prison.
Soit, mais la lutte alter-mondialiste, ce n'est pas seulement ça.
Moi qui vous parle par exemple, je suis a la pointe de la résistance depuis maintenant plus de 10 ans.
Parmi mes actes majeurs, entre autres:
- je ne suis jamais allé voir Titanic au cinéma (et je ne l'ai ni regardé a la télévision depuis, ni acheté en DVD)
- je n'ai jamais regardé X-files ou Urgences
- je n'ai jamais lu Harry Potter
- je n'ai pas acheté de Blackberry
- je ne suis jamais allé dans un Starbucks Coffee a Paris (aux US, il y a moins le choix, et puis c'est ça ou Dunkin' Donuts pour avoir un café le matin)

Rien que ça, déja, ça vous classe un homme parmi les plus rebelles de son temps.

Pourtant, oui, pourtant, tel un homme d'église qui sent parfois sa foi défaillir, j'ai moi aussi cédé aux sirenes réconfortantes du mouton de panurgisme:
- je me suis fait offrir un jean Diesel (une merde qui en plus de couter 150 euros, m'a duré 4 fois moins de temps qu'un bon vieux 501 moche - le trou a l'entrejambe, meme si ça flatte l'ego viril, ça le fait pas trop pour se ballader)
- j'ai vu deux films Harry Potter au cinéma
- j'ai suivi 3 ou 4 saisons de Friends
- apres 5 ans de résistance, en période de grande détresse psychologique, j'ai vu et aimé le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain
- j'ai lu (parfois avec plaisir) du Amélie Nothomb
- j'ai, de temps a autre apres les lendemains de cuite, une envie irrépressible de gros burger immonde du McDo avec des potatoes.

Camarade, avec ou sans moustache, ne te méprise pas car toi aussi tu as a tout prix voulu t'acheter des pumas et un T-shirt Van Dutch. Meme les meilleurs ont leurs instants de faiblesse: peut-etre le Che, s'il était vivant, se paierait un T-shirt rebelle avec sa gueule dessus.
Ce n'est qu'un combat, continuons le début. Hasta siempre.
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13 juin 2008 5 13 /06 /juin /2008 22:43

Je viens de voir la branlée que l'équipe de France vient de se prendre a l'Euro contre la Hollande. Oui, c'est cool, c'est diffusé sur ESPN2 a la cafete de la fac donc je peux m'éclipser subrepticement pour "déjeuner" (le premier match est a 12h) ou pour '"m'acheter un coca" (le deuxieme match est a 15h).

Je ne vais pas crier haro sur le baudet Domenech, encore que certains de ses choix me paraissent discutables, notamment:
- continuer a titulariser Sagnol, qui, certes a fait une passe décisive, mais a a part cela distribué 42 centres directement dans la tribune en deux matchs. Et qui défensivement a été tres a la peine (coups francs dangereux concédés, mise dans le vent par les attaquants oranges etc)
- continuer a faire rentrer Gomis (sans parler de l'avoir sélectionné: apres Chibombda, c'est la nouvelle blagounette de Raymond), qui en 45 minutes a touché 14 ballons et en a perdu 13 sur le controle (le 14eme étant une passe en retrait pour Toulalan, arreté dans le rond central).


Ce qui m'interpelle surtout, c'est notre incapacité offensive. Elle vient pour moi, d'une raison assez simple, bien que les causes soient difficiles a déchiffrer.
En effet, ce n'est pas facile de marquer, quand, quel que soit le joueur ayant le ballon dans la zone en bleue dans le dessin ci-dessous, il se passe ceci:
-90% du temps, meme lancé, donc en bonne position potentielle de frappe, le joueur freine, hésite, s'arrete, puis fait une passe foireuse a un coéquipier arreté qui ne sait pas quoi faire du ballon.
-  8% du temps, meme lancé, le joueur freine, hésite, s'arrete, décide quand meme de frapper sans élan mais se fait contrer par un défenseur qui a eu le temps de fumer une clope avant de venir essayer de contrer le ballon.
- 1% du temps, frappe dans les nuages.
- 1% du temps, fait une frappe écrasée minable au milieu de la cage que le gardien stoppe avec la narine gauche.



Cette incapacité a prendre sa chance, non seulement de loin, mais aussi au dela des six metres, n'est pas nouvelle et me frappe constamment, surtout depuis l'introduction des nouveaux ballons (il y a quand meme plusieurs années) dont les trajectoires foireuses ont amené toutes les équipes, sauf la notre, a envoyer des pruneaux de toutes les positions (regardez les buts hollandais, allemands, anglais - ah non pas cette fois-...).
 
Résultat, dans ce match, pour les hollandais: 3 buts (le 4eme est une tete). Sans se poser de question, prises d'initiative dont la probabilité de réussite étaient faibles mais qui ont payé (une frappe excentrée, une reprise de volée au point de pénalty, une frappe des trente metres).
Pour qu'un français marque, il faut qu'il soit dans les six metres ou a peine derriere (zone en rouge), et que si possible il n'y ait pas de défenseur a moins de trois metres, et que le gardien soit en train de se faire soigner.
Et pourtant, il y avait moyen tant la défense hollandaise a été poreuse.

Enfin, heureusement qu'hier, pour remonter un peu le moral, il y a eu en finale NBA le plus gros retournement de l'histoire, avec les Boston Celtics revenant de l'enfer et de 20 points de déficit a 15 minutes de la fin pour l'emporter avec une défense de fer et de grosses burnes. En parlant de burnes, j'étais pret a parier, a la mi-temps (-24 points), que je m'en couperais une s'ils gagnaient ce match. Heureusement que j'ai regardé le match tout seul donc.

*Oui, j'avais du temps a perdre pour me faire chier a faire ce dessin sous powerpoint...

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6 juin 2008 5 06 /06 /juin /2008 21:04
Personne n'en a parlé, de cette économie judicieuse réalisée par le gouvernement en 2008:

Depuis quelques années avaient été lancées les "bourses initiatives post-doc", devant favoriser le retour au pays de jeunes post-doctorants, afin de limiter un peu la "fuite des cerveaux" tant décriée.
Ces bourses permettaient de financer a hauteur de quelques milliers d'euros des aller-retours ponctuels en France de jeunes chercheurs a l'étranger pour donner des séminaires, visiter des laboratoires, éventuellement permettre de commencer l'écriture d'un projet, bref de lier des contacts en vue des auditions aux concours CNRS et MdC.
Certes, les foireux tenants de l'égalitarisme a tout crin, prompts a pourfendre tous ceux qui ont l'indécence de se bouger le fion pour trouver un job et tout ce qui est fait pour le leur permettre (sous le prétexte fallacieux qu'on pourrait faire mieux), n'appréciaient pas. Ce sont les memes qui voudraient supprimer les classes prépas, les grandes écoles etc: a la place, soyons tous unis dans la médiocrité, ça sera mieux.

Enfin, voila, ça devait faire un budget de quelques centaines de milliers d'euros, tres probablement moins de 5 millions d'euros quoi qu'il en soit.
Eh ben paf, personne n'a été informé, mais dans le cul, quéquette, j'ai eu confirmation par l'ambassade que pour cette année, on pouvait se brosser.
Il n'y a pas de petites économies, comme disait mamie tromblon. Et puis, la "fuite des cerveaux", c'est pas ce qui inquiete le plus le gouvernement. Il faut dire que Johnny est sur le point de revenir, lui, donc tout va pour le mieux.

Et dans deux-trois ans, on nous ressortira des vieux dossiers ou on s'étonnera que la recherche française n'est pas assez compétitive et que les jeunes partent dans le privé ou a l'étranger.
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2 juin 2008 1 02 /06 /juin /2008 16:43

Le concept de l'homme pressé a été assez bien décrit par Super Trempe, euh pardon, Noir Désir.

Ici, ou on est moins enclin a l'ironie, on appelle ça tout bonnement des workaholic, terme qui finalement décrit assez bien le coté pathologique de ceux qui, meme lorsqu'ils font caca, ne se séparent pas de leur blackberry, de ceux qui, meme lorsqu'ils fourrent, songent a la productibilité et a la rentibilité de la chose (quantité de sperme émise, plaisir ressenti, temps passé aux préliminaires, calories brulées, une bonne branlette finalement c'est plus efficace).

Cela dit, on a tous un petit coté homme pressé, je pense.

Prenons un exemple au hasard: moi.

Certes, je n'ai pas de blackberry. Depuis quatre mois je n'ai meme plus de portable (objet certes utile mais qui ne m'a jamais absorbé plus d'une heure de mon temps par mois). Quand j'en possédais un, je ne m'en servais pas au restaurant, je ne m'en servais pas dans les transports en commun, et je n'envoyais pas de SMS quand j'assistais a une conférence (ou quand je parlais au Pape). 
Je n'ai pas non plus d'attaché-case, et je ne comprends rien a La Tribune.

Bref, je  suis assez éloigné du stéréotype habituel.

Pourtant, il y a des choses qui me donnent vraiment l'impression de perdre mon temps, qui me font consulter ma montre toutes les trois minutes tel un businessman sur le point de rater son avion pour Tokyo, alors meme que je n'ai strictement rien d'autre a faire apres:

- conduire. Aller d'un point A a un point B. Ca me broute. C'est long, pénible, inintéressant et l'exemple parfait de l'anti-stimulant intellectuel. Globalement, etre dans les transports ça me crispe des que ca dépasse 1 heure ou deux, mais a la limite je préfere le train ou l'avion (ou etre conduit), au moins je peux lire ou écouter de la musique (ou discuter avec celui qui tient le volant, s'il faut vraiment se montrer bien élevé).
- les réunions. La réunionnite aigüe a l'air d'etre une maladie universelle. Elle est sans doute apparue pour que l'homme puisse un peu oublier son inutilité flagrante et se laisse aller quelques heures a la vanité d'etre indispensable. Pour moi, cependant, c'est le symbole absolu du vide intersidéral, de la perte de temps dans sa quintessence. Non, j'exagere: souvent, il y a un quart d'heure de productif sur deux heures de réunion. Ce que je me demande, c'est si les autres ressentent aussi que les 1h45 restantes sont inefficaces au possible (entre ceux qui s'écoutent parler, ceux qui n'écoutent pas du tout et pensent a leur repas de la veille ou envoient des SMS et moi qui regarde tout ça d'un oeil a la fois désabusé et hargneux)?
- le shopping. Pas celui qui consiste a aller acheter des slips parce qu'on n'a plus de slips valides, mais celui qui consiste a passer une apres-midi aux Galeries Lafayette sans avoir rien de spécial a y faire. Ca m'insupporte, ce d'autant plus que le magasin est rempli. Deux exceptions: les magasins de disques et les librairies. Avec deux conditions (1 heure maximum, et autant que faire ce peut pas le week-end). J'ai heureusement la chance d'avoir pour compagne l'une des seules personnes de sexe féminin qui préférera 999 fois sur 1000 une apres-midi biere-foot a la télé a une apres-midi Pretty Woman. Et la fois qui reste, elle ne m'obligera meme pas a l'accompagner pour que je lui donne mes avis (sachant que, de toute façon, elle ne les écoutera pas).

Il y en a probablement d'autres, mais si déja je pouvais supprimer ces trois choses de ma vie, mon ulcere s'en porterait mieux.

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