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  • : La vie au labo
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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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  • Misanthrope optionnellement misogyne et Esprit Universel.

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15 mai 2008 4 15 /05 /mai /2008 22:15
100000 morts en Birmanie, 50000 morts en Chine. Les pauvres sont vraiment prets a tout pour qu'on parle d'eux. On pourrait meme dire qu'ils tirent la couverture (fournie par MSF) a eux.

Enfin, heureusement, le Festival de Cannes débute. Enfin on arretera de voir au JT ces gens sales, sanguinolents, bavochant et hurlant leur détresse.
Montrez nous du soleil, de la mer, du Dior, du Chanel, des nibards protubérants, du botox, des Ray-Ban, de la chemise ouverte, de la vie quoi.
Du sexy, du glamour, du français.   
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6 mai 2008 2 06 /05 /mai /2008 15:37
Ca fait un an jour pour jour qu'on est ensemble. J'ai pas grand chose a te dire, mais comme tout le monde cause de cet anniversaire, voila ces quelques mots:

Qu'on soit ensemble, moi je voulais pas vraiment, mais une forte majorité de ma famille l'avait décidé. et bon gré mal gré j'ai du m'y plier. Faut dire que le choix n'était pas facile, et il fallait bien quelqu'un pour remplacer le Vieux.
 
Des le début, je te sentais pas trop, je te trouvais grande gueule, trop ambitieux. C'est bien l'ambition, hein. Mais quand c'est le seul moteur chez quelqu'un, je trouve que ca rend con.
Parfois meme tu me faisais un peu peur avec tes airs bravache et tes discours foireux qui prechaient peut-etre pas la haine, mais au moins la méfiance et la dissension sociale. Et puis, tous les jours on voyait ta gueule partout, on se farcissait tes opinions navrantes d'inculture et tes fautes de francais, j'étais deja saoulé de toi avant meme que ca ne commence vraiment entre nous.

On aurait pu croire que tu allais changer, tu nous l'avais tellement répété. Quand tu nous as dit que tu partais méditer pour etre a la hauteur de ta tache, j'y ai cru, deux minutes. Et quand je t'ai vu avec tes grosses lunettes de soleil, ton poitrail au vent sur un yacht au soleil, j'ai compris que effectivement, tu avais changé: ou plutot, tu allais enfin te montrer sous ton vrai jour. Avant tu te retenais un peu, mais enfin tout en haut, tu allais te lacher. Et effectivement, je te trouvais grande gueule, je t'ai découvert nouveau riche vulgaire. Tu m'auras tout fait: les grosses montres, les chemises ouvertes, les restos pourris mais chers et people, les jets privés, le divorce, la mannequin, les échanges musclés en public, les unes de Voici.

Le pire c'est que je ne m'intéresse qu'a ca. Pourtant je vois bien que ce que tu fais dans mon dos avec le mec a la meche, que je ne comprends pas parce que je suis bete, ca a l'air pire. Je vois bien que tu ne peux pas lutter contre tes penchants, que ce que tu aimes, c'est le pognon, et que tous les moyens pauvres comme moi (ne parlons pas des beaucoup beaucoup beaucoup plus pauvres), tu t'en fous completement. Mais voila, tout ca c'est trop dur a suivre alors on ne nous en parle pas, on ne nous l'explique pas. On préfere quand tu pars en vacances, la ma famille et moi, on peut heure par heure savoir ce que tu fais.

Et j'en ai eu assez.

Alors je suis parti. Je dois avouer que tu ne me manques pas trop. Je te suis encore, de loin, parce que tu restes important pour moi, mais décidément je ne t'aime pas.
Oh, sans doute, un an c'est trop tot pour te juger, il t'en reste quatre. Mais tout de meme, c'etait pas super super ces un an.
A moins que tu ne changes vraiment beaucoup (et je ne te crois plus quand tu me dis que tu as encore changé, que tu es plus calme, plus posé), j'espere que ma famille ne te laissera pas une seconde chance.

Parce que, avec ou sans toi, j'ai quand meme envie de rentrer, eux, ils me manquent.

BIen a toi,
Mix

PS: je sais que tu ne m'en voudras pas pour le tutoiement, tu n'es pas de ces has been qui apprécient la classe feutrée inhérente au vouvoiement.
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28 avril 2008 1 28 /04 /avril /2008 16:58

J'aurais pu rajouter un paragraphe dans mon article sur les stéréotypes.
Mais ne soyons pas mesquins, ils méritent amplement une chronique personnelle, pour l'ensemble de leur non-oeuvre.

Je parle de ces employés, souvent fonctionnaires mais pas que, bien particuliers, assignés a des taches purement administratives et qu'on appelle bureaucrates.
Quelle universalité de comportement chez tous ceux que j'ai cotoyes, c'est impressionnant.

Une inefficacité jamais démentie, une propension a ce que meme les choses les plus simples prennent trois plombes et vous fassent perdre sans coup férir votre lucidité compacte et sans fissures.

J'ai tendance a croire que pour faire un métier correctement, l'une des conditions nécessaires (mais non suffisante) est d'etre, a défaut de passionné, au moins intéressé par celui-ci. Or, j'ai du mal a concevoir qu'on puisse trouver un quelconque interet a faire remplir le formulaire 22B au 2345eme usager n'y comprenant rien, n'y mettant aucune bonne volonté (ni aucune volonté tout court) et tirant la gueule par avance (l'autre alternative étant la mémé solitaire tentant désespérément de combler un peu le vide de sa fin de vie entre deux bus bondés, le supermarché, la cage d'escalier, son chat et Julien Lepers). Des questions restent toutefois sans réponse: quels sont ceux qui choisissent ce métier (oui, c'est quand meme un choix, en France il faut passer un concours et tout), quelles sont donc leurs motivations secretes (en ont-ils, les perdent-ils en moins de temps qu'il n'en faut pour l'ecrire?), sont-ils universellement incompétents par une sorte de fatalité extraordinaire?

Deux exemples, parmi tant d'autres, mais récents:

-j'ai rempli a Jussieu un dossier de remboursement des frais de scolarité pour l'année universitaire en cours. En effet, pour soutenir sa these, il faut a tout prix se reinscrire a l'Université (donc remplir un dossier spécial si on soutient apres le 1er octobre, car ce n'est automatisé que pour les deux premieres réinscriptions, la troisieme réinscription etant consideree comme un "cas particulier". Précisons que, sachant que la scolarité de Jussieu qui doit valider votre date de soutenance deux mois avant icelle, et qu'ils sont en vacances jusqu'au premier septembre, peu nombreux sont les elus parvenant a soutenir avant début octobre, il faut en vouloir). Cela dit, si on soutient avant le 20 décembre, on peut se faire rembourser les 375 euros de frais d'inscription, apres, bien sur, examen d'un dossier prevu pour l'occasion. Bref, ce dossier je l'ai rempli et donné a l'inutile de service fin decembre, quelques jours avant les vacances de Noël (et tout etait en ordre). Eh bien, j'attends toujours mes 375 euros (et quand j'appelle pour savoir ou ca en est - et que j'ai la chance de tomber sur quelqu'un, car avant 10h et apres 16h il n'y a personne, et ils ne répondent pas s'ils ont du "travail" ou pendant la pause déjeuner de 2 heures - on me dit d'etre "patient". 4 mois plus tard, je pense faire preuve d'une certaine patience, voire d'une patience certaine).

-Pour les visas de travail temporaires, il existe des accords entre la France et les Etats-Unis permettant de ne pas payer les impots gouvernementaux américains pendant les deux premieres années. Comme ces taxes représentent environ 400 dollars par mois sur mon salaire, j'ai rempli les papiers. Pour compléter mon dossier, il me fallait une carte de sécurité sociale. J'ai donc la aussi fait une demande (bureau ouvert une fois par mois...): on m'a dit que je recevrais ma carte entre 3 et 5 semaines plus tard. 6 semaines apres, tel Soeur Anne, ne voyant rien venir, je m'inquiete un peu. On me dit que les retards sont habituels et que le mieux a faire est sans doute  d'attendre deux semaines de plus histoire d'etre sur (notez qu'en attendant, les taxes, je les paye). Forcément, 15 jours apres, toujours rien. On me dit donc qu'il faut que je refasse une demande, en remplissant un nouveau dossier au bureau ouvert une fois par mois de 9 a 12h. Mais ils m'ont quand meme donné un numéro de sécu: bref, je suis inscrit, j'ai mon numéro, mais je dois quand meme recommencer a zéro pour qu'ils me renvoient une carte (servant juste a indiquer mon numéro...).
Finalement, les choses se sont un peu arrangées car j'ai pu remplir un dossier aux ressources humaines (sans aller au bureau spécial, qui, semble-t-il ne sert donc a rien puisqu'on peut faire sa demande ailleurs), et ils ont ete assez sympas pour accepter ma demande d'exemption de taxes avec simplement le numéro (normalement il leur faut la carte). Oui, soyons francs, les fonctionnaires ricains ne sont donc pas beaucoup plus efficaces que les notres, mais ils sont plutot plus sympas (au lieu de vous dire "Vous avez rendez-vous, non, il faut prendre rendez-vous Monsieur, la personne que vous cherchez n'est la que de 9 a 11h le matin" et de vous virer, ils vous disent "Vous avez rendez-vous, non, il faut prendre rendez-vous Monsieur, la personne que vous cherchez n'est la que de 9 a 11h le matin, je vais voir si je la trouve" et ils vous prennent un peu en pitié).

Pour conclure, voici les bureaucrates croqués il y a plus de 30 ans par quelqu'un de beaucoup plus talentueux que moi (René Goscinny, avec tout mon respect). Messieurs les ronds-de-cuir, écrit par Courteline en 1893, n'a pas vieilli non plus.

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23 avril 2008 3 23 /04 /avril /2008 15:35
Un article que je voulais ecrire il y a longtemps.

Le 1er janvier 2008, tous les établissements sont devenus non-fumeurs (excepté le foyer des éleves de mon ex-ecole, peuplée d'irréductibles emmerdeurs totalement irrespectueux, qui, pour la plupart, dois-je l'avouer, me manquent).
Je ne sais pas si je dois m'en réjouir.

Description: Je suis ce que les américains appellent un "fumeur social". Je n'ai pas dépassé le stade mental du lycéen (ou du collégien) qui fume pour etre cool quand il veut s'intégrer parmi les rebelles fumeurs, les cadors. Bref, quand je suis avec mes potes (en grande majorité gros fumeurs), je fume. Probablement 4-5 cigarettes par jour (quand je les cotoie en permanence, comme au cours des trois dernieres années), parfois plus en soirée. Quand je suis chez moi, je ne fume pas, quand je pars en vacances ou travaille dans un environnement non-fumeur je ne fume pas, et depuis que je suis aux Etats-Unis, je n'ai pas fumé une cigarette, et je n'en ai pas souvent eu l'envie.
Il faut dire qu'ici, on ne peut fumer que dehors, et quand il fait -10 avec 50 km/h de vent, il faut etre motivé. Ou dépendant. Je ne le suis pas assez.
Cependant, je pense que je refumerai quand je rentrerai en France, sans doute pas autant qu'avant mon départ, mais au moins occasionnellement.
Ceci posé, revenons a mon interrogation initiale.

Pour les restaurants, la réponse est clairement oui. Surtout dans les "bons". C'est agréable de pouvoir gouter a de la cuisine de haute qualité sans avoir a vos cotes rustre sans éducation  (mais riche) vous soufflant sa fumée de gitane dans les naseaux ou allant se planquer dans les chiottes pour attiser ses papilles gustatives de quelques bouffées de cigare cubain.
Bon, j'aurais aimé, de facon un peu egoiste, que dans les salons privés, pour les groupes, on puisse laisser le choix aux convives: ca aurait evite que mes 10 potes aillent s'en griller une toutes les trois minutes laissant les deux abstinents a table comme deux glands. Je dois avouer qu'a l'epoque ou ils clopaient a table, la bouffe avait moins de gout (on allait pas chez Ducasse de toute facon), mais il y avait du rythme dans la conversation...  

En ce qui concerne les etablissements de nuit, je suis plus sceptique. Je dois avouer que c'etait agreable de pouvoir s'en griller une avec sa pinte de Kilkenny ou de Gordon Red. Un des petits plaisirs (pas tres sain) de la vie. Je sais bien que c'est désagréable pour les non-fumeurs, mais on aurait pu laisser le choix aux établissements, pour qu'ils deviennent soit totalement non-fumeurs, soit totalement fumeurs (les non-fumeurs opprimés me diront que oui mais dans ce cas la tous les mechants patrons de bar choisiront d'etre etablissements fumeurs: je ne suis pas sur, meme avant le vote de la loi, de plus en plus d'etablissements parisiens fraichement crees etaient totalement non-fumeurs). On aurait pu essayer de faire appliquer correctement la loi Evin aussi. Bref, on aurait pu essayer beaucoup de choses avant d'en arriver a cette extremite un peu bebete, a mon sens.

Stephen Mc Cauley, dans Sexe et dépendances (livre assez moyen par ailleurs, je conseillerai plutot "Et qui va promener le chien?") fait une remarque assez fine sur la condition des fumeurs. Le personnage principal remarque, hors de la maison ou se tient une soirée mondaine, une jolie jeune femme seule sous la pluie en train de fumer. Il constate que vingt ans auparavant, les fumeurs etaient "fashion", toutes les stars hollywoodiennes fumaient, la cigarette était sexy. Puis la chute. Et maintenant, ce sont des parias. Qui en plus de ne pouvoir fumer nulle part, sont sans cesse morigénés, psychanalysés, honnis.

Effectivement, les fumeurs sont un bon bouc emissaire.
Qu'on ne se méprenne pas, je trouve ca bien que les non-fumeurs aient "gagné la bataille". Je trouve juste ca dommage qu'il y ait eu "bataille", par la faute de fumeurs irrespectueux et ayant trop longtemps abusé de leur position dominante. Je trouve ca dommage qu'apres la "bataille", les non-fumeurs n'aient pas fait preuve d'un peu de "pitié" et aient achevé l'adversaire deja a terre. Sans doute que la vengeance est un plat qui se mange froid et qu'il fallait faire payer les fumeurs pour toutes les humiliations subies depuis cent ans. Mais je regrette qu'on n'ait pas su ou pu trouver une solution acceptable pour cohabiter (pour reprendre le cri d'amour du crapaud). C'est sans doute mon cote Bisounours.
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18 avril 2008 5 18 /04 /avril /2008 18:53
L'une des rares choses que l'on apprend lorsqu'on "fait des sciences" qui soit relativement utile dans la vie de tous les jours, c'est la faculté de raisonner logiquement.
Oh, nous n'avons pas le monopole de la logique et sans doute nous ne le sommes pas toujours.
Mais tout de meme.
Il faut savoir poser un probleme. Et le poser correctement, avec toutes les données. Ce n'est pas si facile, pratiquement aussi dur que l'etape d'apres qui consiste a résoudre le probleme. Pour résoudre un probleme, il faut d'abord émettre des hypotheses. Généralement, quand on en est a ce stade, il est intéressant de penser qu'elle a une chance d'amener a la solution et donc de spécifier les éléments qui nous poussent a le croire (on peut aussi appliquer la méthode dite du pifometre, mais au bout du compte, l'un dans l'autre, ca fonctionne moyennement).

Tout ca pour dire que je ne suis pas convaincu par la capacité a raisonner logiquement de notre Ministre de l'Education Nationale, Xavier Darcos.
On pouvait déja avoir des doutes quand on le vit sécher lamentablement devant une regle de trois, en direct a la télévision. Certes, on peut vivre sans jamais faire de calcul mental (je me rappelle avec émotion notre buraliste qui chaque jour pendant trois ans sortait sa calculette quand mon pere achetait trois journaux, l'un a 75 centimes, l'autre a 85 et le dernier a 1 euro 20, preuve qu'on peut egalement vivre sans aucune mémoire). Toutefois, a défaut de savoir le résoudre, il aurait pu savoir le poser. Dont acte.

On eut confirmation de ses problemes de raisonnement quand il annonca qu'il y avait en France, dans le secondaire, 1 prof pour 12 eleves, comme preuve que le nombre de professeurs etait trop eleve. En toute rigueur, ce chiffre est exact:: il correspond au ratio nombre total d'éleves sur nombre total de professeurs. Toutefois, faire abstraction qu'au lycée un eleve n'a pas un professeur mais une dizaine (maths, physique, francais, anglais, histoire-geo, etc) me semble au pire completement stupide, au mieux de la mauvaise foi poussee a son comble (apres tout, nous parlons de politique).

Mais c'est encore autre chose qui me frappe le plus.
Le probleme posé est le suivant: l'education, a tous les niveaux, ne se porte pas tres bien en France. Jusque la, j'approuve. Apres tout, de nombreuses etudes a de nombreux echelons semblent bel et bien le prouver. Il faut donc faire quelque chose. Soit, faisons quelque chose.
La solution proposée est la suivante: puisque ca va mal, diminuons le nombre de professeurs. Avec comme lien prétendu logique: moins de professeurs travailleront mieux. 
Je dois avouer que je ne comprends absolument pas, a moins que la finalité ne soit simplement de faire une réforme basée sur l'idéologique (que les fonctionnaires sont des feignasses profiteurs) plutot que sur le rationnel parce que, de toute facon, il faut réformer. Dans ce cas la, disons le plutot que d'essayer de faire croire qu'il y a une logique implacable derriere tout ca.
Si quelqu'un a une autre explication ou les chainons manquants du raisonnement, je serais ravi qu'il me les communique...  
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10 avril 2008 4 10 /04 /avril /2008 21:54
Ceux qui ont lu mon article Révolufion  (j'apprends a me servir de mon blog en ce moment: en direct, premier lien) se souviennent peut-etre d'un certain, disons, mepris de ma part a l'egard d'une certaine frange de notre jeunesse.
Je n'ai pas tout a fait changé d'avis.
D'ailleurs, puisque j'ai le temps, je vais inserer ici un extrait de ce qui est sans doute ma Chronique de la Haine Ordinaire préférée:


"- Pardon, monsieur, vous n'avez rien contre les jeunes ?
- Si, j'ai. Et ce n'est pas nouveau. Je n'ai jamais aimé les jeunes.
Quand j'étais petit, à la maternelle, les jeunes, c'étaient des vieux poilus, avec des voix graves et de grandes main sales sans courage pour nous casser la gueule en douce à la récré.
Aujourd'hui, à l'âge mûr, les jeunes me sont encore plus odieux.
Leurs bubons d'acné me dégoûtent comme jamais.
Leurs chambres puent le pied confiné et l'incontinence pollueuse de leurs petites détresses orgasmiques.
Et quand ils baisent bruyamment, c'est à côté des trous.
Leur servilité sans faille aux consternantes musiques mort-nées que leur imposent les marchands de vinyle n'a d'égale que leur soumission béate au port des plus grotesques uniformes auquel les soumettent les maquignons de la fripe.
Il faut remonter à l'Allemagne des années 30, pour trouver chez les boutonneux un tel engouement collectif pour la veste à brandebourgs et le rythme des grosses caisses.
Et comment ne pas claquer ces têtes à claques devant l'irréelle sérénité de la nullité intello-culturelle qui les nimbe ?
Et s'ils n'étaient que nuls, incultes et creux, par la grâce d'un quart de siècle de crétinisme marxiste scolaire, renforcé par autant de diarrhétique démission parentale, passe encore.
Mais le pire est qu'ils sont fiers de leur obscurantisme, ces minables.
Ils sont fiers d'être cons.
"Jean Jaurès ? C'est une rue, quoi", me disait récemment l'étron bachelier d'une voisine, laquelle et son mari, par parenthèse, acceptent de coucher par terre chez eux les soirs où leur crétin souhaite trombiner sa copine de caleçon dans le lit conjugal.
Ceci expliquant cela : il n'y a qu'un "ah" de résignation entre défection et défécation.
J'entends déjà les commentaires de l'adolescentophilie de bonne mise : "Tu dis ça parce que t'es en colère.
En réalité, ta propre jeunesse est morte, et tu jalouses la leur, qui vit, qui vibre et qui a les abdominaux plats, "la peau lisse et même élastique", selon Alain Schifres, jeunologue surdoué au Nouvel Observateur.
Je m'insurge. J'affirme que je haïssais plus encore la jeunesse quand j'étais jeune moi-même.
J'ai plus vomi la période yéyé analphabète de mes vingt ans que je ne conchie vos années lamentables de rock abâtardi.
La jeunesse, toutes les jeunesses, sont le temps kafkaïen où la larve humiliée, couchée sur le dos, n'a pas plus de raison de ramener sa fraise que de chances de se remettre toute seule sur ses pattes.
L'humanité est un cafard.
La jeunesse est son ver blanc.
Autant que la vôtre, je renie la mienne, depuis que je l'ai vue s'échouer dans la bouffonerie soixante-huitarde où de crapoteux universitaires grisonnants, au péril de leur prostate, grimpaient sur des estrades à théâtreux pour singer les pitreries maoïstes de leurs élèves, dont les plus impétueux sont maintenant chefs de choucroute à Carrefour.
Mais vous, jeunes frais du jour, qui ne rêvez plus que de fric, de carrière et de retraîte anticipée, reconnaissez au moins à ces pisseux d'hier le mérite d'avoir eu la générosité de croire à des lendemains cheguevaresques sur d'irrésistibles chevaux sauvages."


Donc, les manifestations lycéennes actuelles auraient toutes les raisons de m'agacer, comme a l'accoutumee: géneralement, ca se passe au printemps, ces choses la: il commence a faire beau, glandouiller dehors c'est agréable entre les vacances de fevrier et celles de Paques et puis ca permet d'avoir son bac plus facilement.
Et pourtant. 
Est-ce parce que je ne peux suivre cela que de loin? J'ai toutefois l'impression que cette fois-ci, c'est un peu plus spontané et moins instrumentalisé que d'habitude (meme si je suis toujours effaré par leur globale pauvreté d'esprit quand je les entends essayer de s'exprimer: je reste persuadé que, a 16 ans, un etre humain n'est bien souvent pas dans la période de sa vie la plus intéressante spirituellement parlant, entre hormones, complexes et pseudo-sexualité).
Je trouve sympathique ces petits jeunes qui défendent les fonctionnaires. On me rétorquera que c'est sans doute parce que la réside désormais leur seule ambition (dans un sondage IPSOS en 2004, 35% des 15-25 ans declaraient que c'etait pour eux le boulot idéal). Peut-etre, mais baste, quelle que soit la cause, le résultat est la. Ce n'est pas que je sois un fan de la fonction publique, et comme a peu pres tout le monde j'ai ete confronte au cours de pérégrinations diverses a des parasites clairement payes pour en foutre le moins possible (j'ai un petit faible pour ceux de la fac de Jussieu, et plus particulierement la scolarité du doctorat). Toutefois, comme je l'ai deja un peu explicite
ici (on ne m'arrete plus avec les liens), la mode actuelle consistant a sans cesse remettre en cause le travail d'autrui et a designer des boucs emissaires a tout bout de champ pour tous les maux réels ou supposés me semble une dérive populiste dangereuse et hélas par trop répandue: je suis loin d'etre persuade que la proportion de glandus dans le public est plus grande que dans le prive, mais un observateur lambda est clairement plus souvent confronté a l'une qu'a l'autre. Mais avouons que depuis probablement Courteline, le fonctionnaire est parfait dans le role de tete de turc de la société francaise.
De plus, je ne suis pas persuadé que la suppression de postes dans l'Education ou la Recherche soit un signe franchement tres encourageant (meme si on me dira sans doute a raison que je preche pour ma paroisse) pour la France de demain.

Et puis, une part de moi, celle qui s'inquiete un peu de la direction que semble prendre le monde, se prend a imaginer, sans trop y croire, qu'une jeunesse moins desabusee que moi contribue a faire vraiment bouger les choses et n'accepte pas la nouvelle espece de servilité (travailler toujours plus pour gagner pareil), que beaucoup - généralement parmi ceux qui ne travaillent pas enormement pour gagner vraiment plus- essaient de nous vendre comme le seul modele viable. Qu'ils refusent cette société un peu gerbante ou la valeur premiere est devenue le fric. Bref, "que les pisseux d'aujourd'hui aient la générosité de croire a des lendemains cheguevaresques sur d'irrésistibles chevaux sauvages" et foutent dehors les vieux du jour, jeunes frais d'alors avec leurs valeurs pas franchement bandantes. 
Je ne sais pas si c'est le printemps, une poussée d'hormones, un démon de midi précoce et socialement au lieu de sexuellement orienté ou autre chose, mais si j'étais en France et si je n'avais que ca a foutre, je serais bien partant pour participer a une deuxieme manifestation dans ma vie. Allez, quoi, un petit Mai 2008 ?

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7 avril 2008 1 07 /04 /avril /2008 15:32
Il y a des bouquins, comme ca, qui ne vieillissent pas. On aurait meme l'impression qu'ils sont intemporels. Et bizarrement, assez souvent, ces bouquins la traitent de misere humaine.
Voila ce qui m'est venu a l'esprit hier en lisant "Le vaisseau des morts" de B. Traven. Cet ecrivain  de la premiere moitie du 20eme siecle un peu oublie chez nous etait pourtant le prefere d'Einstein (qui, en tant qu'instigateur de la bombe atomique, avait surement bon gout).

Quand on lit ceci: "Il y a un grand nombre de pays ou le fait d'etre sans-abri et sans ressources constitue un delit; et, par pur hasard, ce sont precisement les pays ou s'adonner a un pillage de grande envergure et ne pas se faire pincer, loin d'etre un delit, sert de marchepied pour devenir un citoyen estime."

Ou encore: "L'homme qui a emigre il y a cinq ans en Amerique et qui a obtenu hier sa nouvelle nationalite est aujourd'hui celui qui crie le plus sauvagement Fermez les frontieres ne laissez plus entrer personne. Et pourtant ce sont tous des immigrants et des fils d'immigrants, y compris le President"...

On se dit que, ecrit en 1926, la ressemblance avec la vie d'un fils d'immigre hongrois en France n'est, forcement, que fortuite, mais neanmoins troublante.

On peut ressentir les memes impressions un peu desagreables quand on compare ces quelques phrases a cet article du Monde d'aujourd'hui.

"Baba Traoré avait 29 ans. Vendredi 4 avril, ce Malien sans papiers s'est jeté dans la Marne pour échapper à un contrôle de police, et est décédé. Baba Traoré était venu en France, il y a quatre ans, pour donner un rein à sa soeur. Depuis, il travaillait clandestinement. Elisabeth Guerin a 38 ans. Entrée légalement en France pour épouser un Français, cette Béninoise n'avait qu'une carte de séjour temporaire en attendant d'avoir trois ans de mariage. Lorsque son mari est décédé, le préfet d'Indre-et-Loire a refusé de renouveller son titre de séjour - jusqu'à ce que la révélation du scandale par Le Monde l'oblige à changer de position.

Chaque jour apporte son lot d'exemples des incohérences de la politique de l'immigration. Certes, la lutte contre l'immigration clandestine et illégale est nécessaire, surtout si elle s'accompagne d'une action résolue contre les trafiquants de main-d'oeuvre, qui sont de véritables marchands d'esclaves. Mais elle ne saurait justifier tous les moyens, comme cette aberrante politique du chiffre qui entretient un climat de peur chez les sans-papiers et n'a même pas l'alibi de l'efficacité. En 2007, avec près de 23 000 "éloignements" d'étrangers, Brice Hortefeux, ministre de l'immigration et de l'identité nationale, n'a pas atteint l'objectif assigné, de 25 000. Or, dans le même temps, selon l'Insee, la France a accueilli 70 000 immigrés de plus.

Nicolas Sarkozy a fait adopter, pour la quatrième fois en quatre ans, une nouvelle loi sur l'immigration, qui définit les bases d'une immigration choisie. Le président de la République, qui s'était fait le chantre au soir de son élection des "valeurs de tolérance, de liberté, de démocratie et d'humanisme", prétend marier fermeté et justice : on perçoit bien la première, mais on cherche en vain la seconde. Indépendamment des aspects toujours contestables de cette loi, sur les tests ADN en particulier, la maîtrise de l'immigration n'a pas mis fin aux situations kafkaïennes d'immigrés - combien sont-ils ? - qui, aujourd'hui, ne sont ni régularisables ni expulsables.
....
Pour que la nouvelle immigration choisie soit crédible, encore faut-il que la lutte contre l'immigration clandestine soit menée avec discernement et humanité. Au pays des droits de l'homme, il est révoltant de voir un homme se jeter à l'eau simplement pour échapper à la police."

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3 avril 2008 4 03 /04 /avril /2008 21:08
Une fois n'est pas coutume, un petit bout de texte (vaguement resumé ou légerement modifié par endroits, mais il faudra vous en contenter) qui n'est pas de moi, mais que j'aurais aimé avoir écrit:

Il y a plusieurs modèles de bien-pensants.
Il y avait, grand classique, le bien-pensant catholique de droite de la 3ème république.
Il y a aujourd'hui le modèle X (la pensée unique européisto-libérale), le modèle Y (celui des anciens trotskystes pour qui la nation est toujours synonyme de nazisme, l'insécurité un fantasme, les flics toujours des ordures, les sans-papiers et les jeunes des cités toujours des victimes), le modèle Z (ceux qui défendent les palestiniens sont toujours antisémites, ceux qui attaquent Bush forcément antiaméricains), etc.
La nouveauté c'est que plusieurs modéles de bien-pensance contemporaine s'accomode éventuellement d'un ancrage au moins apparent à gauche.
Le bien-pensant se reconnaît d'abord à ce qu'il ne pense pas. Sur le plan du contenu, la bien-pensance est l'équivalent du cliché sur le plan de l'expression: une façon de dire qui a eu son originalité mais qui a été tellement reprise qu'elle a perdu tout son sens et est même devenue niaise à vomir.
Ensuite, le bien-pensant  est péremptoire, a des convictions bien tranchées et tout d'une pièce. Il accepte d'être dupe et de croire que les choses sont comme elles devraient être, oubliant que les choses ne sont jamais si simples et qu'il est le premier à faire entorse à ses principes.
Quand il était de droite, le bien-pensant ne devinait pas que ses normes morales servaient surtout à exclure de l'honorabilité tous ceux qu'il exploitait et marginalisait. Quand il est de gauche, il ne peut pas concevoir qu'un Juif, un Noir, un Arabe puisse lui même être raciste, ou qu'un ancien dominé puisse dominer à son tour.
Il vit dans un monde de héros ou de salauds à vie. L'idée n'est pas encore vivante que les hommes ne sont pas d'une pièce. Le bien-pensant méconnaît le mot "aussi".
Puis le bien-pensant est un prêcheur. Il ne garde pas ses convictions pour lui, il dit le bien, il le hurle. C'est une personne qui dit à une autre ce qu'il faut penser. Et qui lui reproche de ne pas le penser assez, de ne pas le mettre assez en pratique voire de ne pas proclamer suffisamment qu'il va le faire. Ainsi, se fantasmant en résistant par grâce divine retrospective, il va vouer aux gémonies quiconque se demandera en 2000 ce qu'il aurait réellement fait sous l'Occupation.
Enfin la bien-pensance refuse l'histoire et le simple fait de nommer les choses. Par exemple, au nom d'une louable lutte contre les discriminations, refuser totalement de tenir compte de l'histoire personnelle et des caractéristiques physiques des personnes. Avec l'article discrimination de code du travail, tellement retouché ces 20 dernières années, on pourrait gager qu'un alcoolique unijambiste obèse et manchot un peu procédurier pourrait obtenir sans mal de concourir pour un poste de pilote d'avion ou de mannequin.
De même, qu'il n'y ait plus de sourdingues, de nabots ou de pédés, soit. Mais plus non plus de sourds, nains ou homosexuels. A la rigueur, mal-entendants, personnes de petite taille ou gay. Mais ce serait encore trop dire, puisque dire c'est caractériser. Or, la caractérisation est toujours soupçonnée de cacher l'intolérance ou l'exclusion. Le bien-pensant croit qu'il va éradiquer la discrimination en supprimant son nom. Le paradoxe étant qu'à terme il se fait lui-même hypercaractérisant, dénonciateur, et source d'intolérances d'autant plus grande qu'il est assuré de se trouver du coté du bien.

Dominique Noguez, 20 choses qui vous rendent la vie infernale.

Ce petit texte illustre assez bien les derives a la mords-moi-le-zboub du politiquement correcto-tout le monde il est beau tout le monde il est gentil et meme si on est differents on est tous pareils (mais des fois que, soulignons bien qu'on est different).

Dernier exemple en date, ces employes noirs de chez Renault qui viennent de faire condamner la-dite compagnie pour discrimination raciale (
http://www.lemonde.fr/archives/article/2008/04/02/renault-reconnu-coupable-de-discrimination-raciale_1030292_0.html). Motif: ils n'avaient pas ete promus contrairement a dix de leurs collegues malgre leurs bonnes evaluations. Je ne defends pas particulierement Renault qui semble une de ces entreprises sympas ou il fait bon travailler plus pour vivre moins, comme en atteste la vague de suicides chez leurs employes ou ex-employes. Mais dans le cas present, outre que faire des statistiques sur un echantillon de 12 personnes me semble un peu leger, ce qui m'a semble aberrant est que ce soit a la defense de prouver son innocence et pas a l'accusation de prouver la culpabilite de Renault. N'ayant pu demontrer qu'ils n'avaient rien fait de mal, ils ont ete declares coupables. C'est une conception de la justice assez interessante, quoique generalement un peu passee de mode dans les pays non totalitaires. 

A ce compte la, comme nous sommes tous ou presque membres d'une minorite (bigleux, gras du bide, poilus, chauves, petits, grands, a mauvaise haleine...) si j'echoue au CNRS je les attaque parce que j'ai les pieds plats (ou une pilosite deficiente, les raisons ne manquent pas) et ils seront bien dans la merde s'ils doivent prouver que ce n'est pas a cause de cette raison qu'ils ne m'ont pas pris.
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24 mars 2008 1 24 /03 /mars /2008 22:02
Je ne comprends absolument rien a tout ce qui touche a l'economie.

Toutefois, je lis dans le Monde d'aujourd'hui, que, pour eviter que le "systeme bancaire ne s'ecroule", l'"Etat americain envisage d'intervenir et d'injecter environ 3000 milliards de dollars", ce qui couterait au moins "500 milliards au contribuable americain", selon un professeur d'economie de Harvard.

Bref, dans mon petit cerveau de beotien, voila comment je vois les choses. Quand le systeme est florissant, les speculateurs s'enrichissent a foison et maudissent cet Etat omnipresent et regulateur qui les empeche de se faire encore plus de pognon. Par contre quand le systeme s'effondre, c'est l'Etat, donc le contribuable, qui est appele illico a la rescousse et douille.
Bref bis, si les profits sont privatises, les pertes, elles, sont nationalisees. Pile je gagne, face tu perds. On joue?

Comme disait Coluche, "on dit que c'est la crise, les riches deviennent plus riches et les pauvres plus pauvres. Moi je vois pas tres bien en quoi c'est une crise".Ou comme disaient les dirigeants d'EADS apres avoir tous eu le flair genial de vendre leurs actions juste avant qu'elles ne s'ecroulent, "Gros porteurs, petits malins, petits porteurs, gros cons".
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14 mars 2008 5 14 /03 /mars /2008 15:42
Pendant la campagne il avait change (c'etait une de ses multiples phrases choc, souvenez-vous)

Depuis qu'il est president, il a aussi change (decomplexe a fond, yacht, rayban, rolex, SMS pendant qu'on parle au pape et main sur la croupe a Carla en voyage dans un pays musulman ou en visite a Nelson Mandela).

Et la il change encore, c'est le Monde qui l'annonce en une: http://www.lemonde.fr/politique/article/2008/03/14/a-defaut-de-virage-politique-m-sarkozy-change-de-style_1022921_823448.html#ens_id=998385

Est-ce que ca valait vraiment le coup de prendre un mec qui change trois fois en un an? Parce que s'il continue a changer a ce rythme la, il va changer encore une bonne douzaine de fois pendant son mandat et du coup c'est la France qui risque de ne pas changer (remarque, il vaudrait peut-etre mieux qu'elle ne change pas plutot qu'elle change dans la direction qu'il souhaite...).


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